Canadian Energy Reliability Council
INTRODUCTION
Le 28 mai 2026, le Canadian Energy Reliability Council (« CERC ») a tenu à Ottawa un sommet sur la fiabilité énergétique (Energy Reliability Summit) afin de discuter des défis de fiabilité auxquels fait face le système énergétique canadien. Le sommet a réuni des dirigeants de l’industrie, des décideurs, des experts de la fiabilité et des représentants du secteur de l’énergie, à un moment où la fiabilité est mise à l’épreuve par les changements environnementaux, le vieillissement des infrastructures, les contraintes des chaînes d’approvisionnement, les cybermenaces, les défis de suffisance de l’approvisionnement en électricité, l’incertitude géopolitique et le rythme des politiques de carboneutralité.
Deux panels ont exploré les défis de la fiabilité énergétique sous divers angles. Le premier, composé de Bob Larocque, président et chef de la direction de l’Association canadienne des carburants; de Brad Herald, conseiller spécial principal de l’Association canadienne des producteurs pétroliers; de Paul Cheliak, chef de l’exploitation de l’Association canadienne du gaz; de Shannon Watt, présidente et chef de la direction de l’Association canadienne du propane; et de Michael Powell, vice-président, Relations gouvernementales, d’Électricité Canada, a livré ses réflexions sur les enjeux de fiabilité énergétique, sur les risques et les défis que l’industrie doit surmonter pour maintenir cette fiabilité, et sur la meilleure façon de travailler ensemble pour y répondre.
Le second réunissait Jim Robb, président et chef de la direction de la North American Electric Reliability Corporation; Robert Johnston, directeur des politiques de l’énergie et des ressources naturelles à la School of Public Policy de l’Université de Calgary; Tonja Leach, directrice générale de QUEST Canada, un organisme national qui fait la promotion de systèmes énergétiques efficaces, intégrés et à l’échelle des collectivités; et David Marshall, directeur, Exploitation des stations et Raccordements clients, d’Enbridge Gas. Ce panel a examiné plus avant la fiabilité réelle du système énergétique canadien et la façon dont nous pouvons maintenir cette fiabilité, essentielle à notre économie, à notre mode de vie ainsi qu’à notre santé et à notre sécurité.
Un message central s’est dégagé des discussions : la fiabilité n’est pas un simple attribut technique du réseau électrique. C’est une question de politique publique qui touche la sécurité économique, l’abordabilité, la santé et la sécurité, la préparation aux situations d’urgence et la confiance du public. Elle doit donc être considérée de pair avec l’abordabilité et la décarbonation, et non traitée comme un résultat présumé des politiques énergétiques.
Le présent article résume les principaux points à retenir du sommet et explique comment le CERC entreprend d’élaborer un plan d’action en réponse. Les initiatives décrites ci-dessous ne sont pas présentées comme un plan de travail achevé, mais comme les principaux axes de suivi actuellement à l’étude : la participation du public, des principes de fiabilité, des exercices sur table, une éventuelle réponse commune de l’industrie à la politique énergétique fédérale, une participation élargie au CERC et une plus grande transparence de la modélisation énergétique.
LES GRANDS POINTS À RETENIR DU SOMMET
Le sommet a confirmé que la fiabilité énergétique n’est pas qu’une question strictement technique. C’est un enjeu national d’économie, de sécurité, d’abordabilité et de sécurité publique.
Plusieurs messages clés s’en dégagent :
Premièrement, la fiabilité doit être abordée à l’échelle de l’ensemble du système énergétique, et non de la seule électricité. La fiabilité de l’électricité est essentielle, mais les Canadiens dépendent aussi d’un approvisionnement fiable en gaz naturel, en essence, en diesel, en propane et en produits pétroliers, de l’énergie de quartier et des infrastructures connexes. Une discussion sur la fiabilité qui ne porte que sur le réseau électrique risque de passer à côté de l’interdépendance des combustibles, des infrastructures, de la demande saisonnière, des interventions d’urgence, du transport, de l’approvisionnement alimentaire, du chauffage et de l’activité industrielle.
Le système énergétique canadien devient plus interdépendant. La fiabilité de l’électricité dépend de plus en plus de la disponibilité du gaz naturel, de la cyberrésilience, des chaînes d’approvisionnement, des minéraux critiques, de la main-d’œuvre qualifiée, des systèmes de communication et des infrastructures de transport et de distribution. De même, les combustibles liquides, le propane et les réseaux gaziers sont essentiels à l’alimentation de secours, aux interventions d’urgence, à la logistique et à la résilience lors d’événements extrêmes.
Deuxièmement, la fiabilité exige des investissements avant que survienne une crise. Le thème du sommet reconnaissait la nécessité d’investissements à long terme, de meilleures données, d’une flexibilité réglementaire accrue et d’une planification intégrée entre les secteurs énergétiques. Un constat récurrent est que la fiabilité est souvent davantage valorisée après avoir fait défaut, alors que les investissements nécessaires pour la préserver doivent être consentis des années à l’avance.
Troisièmement, le débat de politique publique sous-pondère peut-être la fiabilité. Les décideurs s’expriment souvent en matière de cibles d’émissions, d’abordabilité et d’objectifs de transition énergétique, mais la fiabilité est parfois traitée comme un présupposé implicite plutôt que comme un paramètre de conception explicite. Le CERC a un rôle important à jouer pour rendre la fiabilité plus visible, plus mesurable et plus compréhensible.
Quatrièmement, il faut une meilleure participation du public. La fiabilité n’est pas toujours au premier plan — jusqu’à ce que survienne une panne, une pénurie, un choc de prix, une rupture d’approvisionnement en combustible ou une urgence. Une occasion clé pour le CERC consiste à communiquer la fiabilité en des termes porteurs de sens pour les ménages, les entreprises, les communautés autochtones, les municipalités et les élus et fonctionnaires.
LES LEÇONS DU SOMMET
Le sommet a réussi à créer une conversation intersectorielle plutôt qu’une discussion centrée sur un seul combustible ou une seule technologie. L’invitation elle-même réunissait une large coalition d’organisations du secteur de l’énergie — gaz, carburants, pétrole, propane, électricité et organismes de fiabilité —, ce qui a contribué à renforcer le message voulant que la fiabilité soit un enjeu à l’échelle de l’ensemble du système.
Le second panel a réuni des expertises en fiabilité et en sécurité de l’électricité, en risques géopolitiques et de marché, en systèmes énergétiques intégrés à l’échelle des collectivités et en fiabilité opérationnelle du gaz. Cette combinaison a permis au sommet de dépasser les slogans pour entrer dans les réalités pratiques du maintien d’un service énergétique fiable.
Le choix d’Ottawa avait aussi sa valeur. Tenir le sommet à Ottawa a permis de positionner la conversation comme un enjeu national de politique publique, plutôt que comme une discussion technique réservée à l’industrie.
Une leçon clé du sommet est que les discussions sur la fiabilité sont les plus utiles lorsqu’elles passent de la sensibilisation générale à des livrables précis : principes de fiabilité, lacunes des politiques, outils de participation du public et exercices de planification concrets. Les événements futurs gagneraient à énoncer plus explicitement les résultats recherchés. Par exemple, le prochain sommet pourrait demander aux participants de produire ou d’entériner une courte liste de principes de fiabilité, de cerner des lacunes précises des politiques ou de convenir d’un plan de travail sur la participation du public.
Une participation plus structurée des décideurs et des fonctionnaires pourrait aussi être utile. Une formule de sommet comportant des discussions dirigées, des scénarios d’exercice sur table ou des exercices en petits groupes aiderait à faire passer la discussion de la « sensibilisation » à l’« application ».
Le sommet a aussi fait ressortir une question plus large pour le CERC : comment un organisme national voué à la fiabilité doit-il passer de l’organisation de discussions à l’élaboration d’outils concrets de politique publique?
DES POINTS À RETENIR AU PLAN D’ACTION
Le sommet n’avait pas pour objet de produire un plan d’action définitif. Il s’agissait plutôt d’une première étape pour cerner les enjeux de fiabilité qui appellent une attention accrue du public, des décideurs, des organismes de réglementation et de l’industrie. Avec l’infolettre du CERC et les activités de rayonnement connexes, le sommet peut être vu comme la première phase d’un effort plus vaste pour faire passer la fiabilité du rang de préoccupation technique à celui d’objectif explicite de politique publique.
L’engagement commun de l’industrie de l’énergie envers la fiabilité a été démontré, et les grands enjeux de fiabilité ont été exposés à un public élargi. Le sommet démontre aussi que le CERC pourrait occuper une position intermédiaire précieuse entre les experts techniques, les associations industrielles, les organismes de réglementation, les gouvernements et le public. Son rôle n’a pas à être — et ne devrait pas être — la défense d’un combustible ou d’une technologie. Le CERC peut plutôt militer pour la prise en compte rigoureuse de la fiabilité dans les politiques énergétiques.
Il faut toutefois une stratégie d’ensemble dans laquelle ces initiatives seront exécutées — si elles le sont. Les grands thèmes des deux prochaines phases sont :
Phase 2 : comment la fiabilité est-elle prise en compte dans les politiques publiques?
Cette phase examinerait les hypothèses, la modélisation, les moteurs des politiques et les compromis qui façonnent la politique énergétique canadienne. L’objectif serait de déterminer où la fiabilité est explicitement prise en compte, où elle est présumée et où elle est peut-être sous-pondérée. Les enjeux soulevés au sommet — dont la diversité de l’approvisionnement, l’abordabilité, la résilience des collectivités et le rythme des politiques de carboneutralité — feraient partie de cette analyse.
Phase 3 : quelle lacune en matière de fiabilité faut-il combler, qui la comblera, et comment?
Cette phase serait axée sur un dialogue concret avec les décideurs, les fournisseurs d’énergie, les organismes de réglementation, les clients et les collectivités. Elle chercherait à établir ce que l’industrie fait déjà bien, où subsistent les lacunes, et quels outils institutionnels, réglementaires, d’investissement ou de participation du public sont nécessaires pour renforcer la fiabilité.
Pour appuyer ces prochaines phases, le CERC a recensé plusieurs initiatives possibles à étudier davantage. Elles ne sont pas présentées comme un plan de travail définitif, mais comme un ensemble d’activités susceptibles d’aider à traduire les points à retenir du sommet en actions concrètes. Le CERC évaluera ces initiatives dans le cadre d’une stratégie plus large, y compris celles qui devraient être retenues, leur ordre de priorité et la question de savoir si elles relèvent de la phase 2, de la phase 3 ou d’un programme de travail à plus long terme.
FICHES EXPLICATIVES GRAND PUBLIC SUR LA FIABILITÉ
Le CERC pourrait élaborer de courtes fiches explicatives, en langage clair, sur des sujets tels que :
- Que signifie « fiabilité énergétique »?
- En quoi la fiabilité se distingue-t-elle de l’abordabilité?
- Pourquoi la fiabilité exige-t-elle de la redondance?
- Pourquoi les phénomènes météorologiques extrêmes modifient-ils les défis de planification?
- Pourquoi faut-il considérer ensemble l’électricité, le gaz, le propane, les produits pétroliers et les carburants de transport?
- Que se passe-t-il lorsque les systèmes énergétiques deviennent plus interdépendants?
PRINCIPES DE FIABILITÉ
Le CERC pourrait rédiger un court énoncé de principes de fiabilité à utiliser dans les mémoires de politique publique et les activités de participation du public. Par exemple :
- La fiabilité devrait être un objectif explicite de toute politique énergétique majeure.
- La fiabilité doit être évaluée pour tous les combustibles et tous les réseaux de livraison.
- La fiabilité exige des investissements à long terme, de la redondance et de la flexibilité opérationnelle.
- Les risques pour la fiabilité devraient être transparents pour les décideurs et le public.
- La fiabilité, l’abordabilité et la décarbonation doivent être considérées ensemble.
MODÉLISATION, TRANSPARENCE ET FIABILITÉ
L’enjeu de modélisation soulevé au sommet est important. Les gouvernements s’appuient de plus en plus sur la modélisation énergétique pour justifier leurs décisions de politique publique, la planification des infrastructures, les trajectoires d’émissions et les choix d’investissement. Or, bien des modèles sont difficiles à examiner pour les non-spécialistes. On voit souvent mal comment la fiabilité y est représentée, et quelles hypothèses sont retenues quant à la croissance de la demande, aux phénomènes météorologiques extrêmes, au stockage, aux combustibles de secours, aux importations, à la disponibilité du transport d’électricité, au comportement des clients, au déploiement des technologies et aux conditions d’urgence.
Le CERC pourrait aborder cet enjeu de plusieurs façons :
- Élaborer une liste de contrôle de la modélisation de la fiabilité.
- Commander une étude sur le traitement de la fiabilité dans les modèles énergétiques canadiens.
- Tenir un atelier technique réunissant modélisateurs, exploitants de réseaux, services publics, organismes de réglementation et industrie.
- Demander si les modèles distinguent la suffisance énergétique annuelle de la capacité de livraison en temps réel.
- Examiner comment les modèles traitent les événements à faible probabilité et à fort impact.
- Encourager les gouvernements à publier leurs hypothèses, leurs analyses de sensibilité et leurs indicateurs de fiabilité.
Un objectif concret est de faire en sorte que la modélisation utilisée aux fins des politiques publiques ne se contente pas de montrer qu’un futur système énergétique s’équilibre en moyenne, mais démontre qu’il peut fonctionner dans des conditions telles que les pointes estivales et hivernales, sous contrainte et dans des conditions extrêmes.
ÉLARGIR L’ADHÉSION AU CERC ET SES APPUIS
Le sommet a aussi soulevé la question de savoir qui devrait prendre part à la conversation du CERC sur la fiabilité. Parmi les participants additionnels possibles :
- Les groupes de clients, y compris les représentants des clients résidentiels, industriels, agricoles, commerciaux et vulnérables.
- Les grandes associations industrielles, notamment celles de l’électricité, du gaz, des carburants, du pétrole, du propane, des énergies renouvelables, du stockage, du nucléaire, des mines, du transport et de la fabrication.
- Les organisations municipales et autochtones, particulièrement là où la résilience énergétique des collectivités et les interventions d’urgence sont des préoccupations majeures.
- Les organisations de gestion des urgences.
- Les grands consommateurs d’énergie, dont les centres de données, les mines, les fabricants, les hôpitaux, les ports, les aéroports et les réseaux de distribution alimentaire.
- Les défenseurs des consommateurs et de l’abordabilité.
- Les universitaires et les experts en modélisation.
ÉVÉNEMENTS DE SUIVI POSSIBLES
A. Une séance de suivi à Ottawa
Une séance de suivi à Ottawa plus tard cette année pourrait valoir la peine, surtout si elle est articulée autour de livrables précis plutôt que comme une simple continuation de la discussion de mai. Parmi les thèmes possibles à Ottawa :
- La fiabilité comme objectif de politique nationale. Comment la politique fédérale devrait-elle intégrer explicitement la fiabilité pour l’électricité, le gaz naturel, les produits pétroliers, le propane, les carburants de transport et la préparation aux situations d’urgence?
- La fiabilité sous contrainte. Que se passe-t-il lors d’un événement météorologique extrême de plusieurs jours, d’une cyberattaque, d’une rupture d’approvisionnement ou d’une urgence de suffisance de l’approvisionnement en électricité?
- La fiabilité et la confiance du public. Comment les gouvernements et l’industrie peuvent-ils parler plus clairement aux Canadiens des compromis entre la fiabilité, l’abordabilité, la réduction des émissions et le développement des infrastructures?
B. Des sommets provinciaux ou des assemblées publiques
Des séances provinciales pourraient aussi être utiles, mais elles devraient sans doute d’abord viser les grandes provinces où les enjeux de système énergétique sont particulièrement lourds de conséquences : l’Ontario, le Québec, l’Alberta et la Colombie-Britannique.
Chaque province pourrait avoir un axe qui lui est propre. Par exemple :
- Ontario : la suffisance de l’approvisionnement en électricité, l’interdépendance gaz naturel-électricité, la réfection des centrales nucléaires et les nouveaux projets nucléaires, la croissance industrielle, l’électrification des transports et la préparation des réseaux de distribution.
- Québec : la fiabilité de l’hydroélectricité, les obligations d’exportation, les pointes hivernales, les pressions de l’électrification, les contraintes de transport d’électricité et l’interaction entre la fiabilité intérieure et les marchés régionaux élargis.
- Alberta : la suffisance des ressources, la conception du marché, la production au gaz naturel, l’intégration des énergies renouvelables, les phénomènes météorologiques extrêmes, la charge industrielle et la résilience de l’approvisionnement en combustibles.
- Colombie-Britannique : la variabilité de l’hydroélectricité, la croissance de la charge liée à l’électrification et au GNL, les contraintes de transport d’électricité, la résilience face aux feux de forêt et aux phénomènes météorologiques extrêmes, et les rapports entre l’électricité, le gaz naturel et les combustibles liquides dans les interventions d’urgence.
Une formule utile pourrait être une assemblée publique provinciale d’une demi-journée, avec une courte présentation de cadrage, un panel sur la fiabilité, un exercice de scénario et une discussion de clôture sur les actions concrètes.
EXERCICES SUR TABLE
Les exercices sur table pourraient être particulièrement utiles. Ils permettraient aux décideurs, à l’industrie, aux organismes de réglementation, aux gestionnaires des urgences et aux représentants des collectivités de mettre à l’épreuve la réaction du système à des événements de fiabilité précis.
Parmi les scénarios possibles :
- Une vague de froid hivernale combinée à une rareté de l’approvisionnement en électricité.
- Une cyberattaque prolongée touchant les activités d’électricité et de gaz.
- Un incendie de forêt majeur perturbant le transport d’électricité, les routes et la livraison de combustibles.
- Une panne énergétique urbaine de plusieurs jours touchant les hôpitaux, les télécommunications, le chauffage, l’eau et le transport.
- Une rupture géopolitique de l’approvisionnement en combustibles touchant les prix et la disponibilité.
- Un événement estival de forte charge combiné à la fumée des feux de forêt, à la demande de climatisation et aux contraintes de production.
Ces exercices pourraient aider à révéler où les hypothèses de planification sont incomplètes, où les responsabilités sont floues et où les interdépendances entre combustibles ne sont pas pleinement comprises.
MODIFICATIONS DU SITE WEB ET DE L’INFOLETTRE DU CERC
Le site Web et l’infolettre du CERC devraient aussi être revus dans le cadre de la prochaine phase de travail. Le site actuel gagnerait à être repensé pour communiquer plus clairement la mission, les priorités, la composition et les ressources du CERC en matière de fiabilité. De même, le format et la fréquence de l’infolettre devraient être évalués pour s’assurer qu’elle sert un objectif stratégique clair. Dans le cadre de cet examen, le CERC devrait définir les objectifs de l’infolettre, cerner ses publics cibles et envisager des moyens concrets d’en accroître la diffusion et l’impact.
CONCLUSION
Le sommet de mai a confirmé que la fiabilité énergétique mérite une place plus importante dans les politiques publiques canadiennes. La fiabilité n’est pas automatique, et elle n’est la responsabilité d’aucun secteur en particulier. Elle repose sur l’investissement, la planification, la discipline opérationnelle, la redondance des infrastructures, la transparence de la modélisation et une discussion publique réaliste sur les compromis.
L’occasion qui s’offre au CERC est de devenir le forum national qui garde la fiabilité visible, concrète et ancrée dans le fonctionnement réel du système énergétique canadien. La prochaine phase devrait faire passer de la sensibilisation à l’action : des principes plus clairs, un meilleur examen de la modélisation, une participation élargie et une voix industrielle coordonnée sur les exigences de fiabilité de l’avenir énergétique du Canada.
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* David Morton, Interprovincial Cooperation and Energy Reliability (Canadian Energy Reliability Council, 2025). M. Morton est ingénieur et compte plus de 45 ans d’expérience en réglementation des services publics et en politique énergétique; il a notamment été président et chef de la direction de la British Columbia Utilities Commission.
