{"id":3829,"date":"2022-05-04T14:55:05","date_gmt":"2022-05-04T14:55:05","guid":{"rendered":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/?p=3829"},"modified":"2022-05-04T14:55:05","modified_gmt":"2022-05-04T14:55:05","slug":"review-of-saul-griffiths-electrify-an-optimists-playbook-for-our-clean-energy-future1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/fr\/book-reviews\/review-of-saul-griffiths-electrify-an-optimists-playbook-for-our-clean-energy-future1","title":{"rendered":"Analyse de Saul Griffith intitul\u00e9 <em>Electrify: An Optimist\u2019s Playbook for Our Clean Energy Future<\/em><sup>[1]<\/sup>"},"content":{"rendered":"<p>Un plaidoyer passionn\u00e9 en faveur de la mise hors service et du remplacement de tous les \u00e9quipements existants dans la cha\u00eene des combustibles fossiles \u2014 de l\u2019exploration et de la production \u00e0 l\u2019utilisation \u2014 le livre de Saul Griffith intitul\u00e9 <i>Electrify: An Optimist\u2019s Playbook for our Clean Energy Future <\/i>(2021) (ci-apr\u00e8s <i>Electrify<\/i>) est tout le contraire de <i>Unsettled <\/i>(2021) de Steven E. Koonin Ph.. Les deux auteurs scientifiques repr\u00e9sentent des points d\u2019appui dans le d\u00e9bat sur la question de savoir si la soci\u00e9t\u00e9 doit rapidement r\u00e9duire sa d\u00e9pendance aux hydrocarbures pour r\u00e9pondre \u00e0 ses besoins \u00e9nerg\u00e9tiques et att\u00e9nuer la pr\u00e9sence de gaz \u00e0 effet de serre (GES) dans l\u2019atmosph\u00e8re.<\/p>\n<p>Griffith<sup>[2]<\/sup>, contrairement \u00e0 Koonin, n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 prescrire des solutions concr\u00e8tes; son livre en est rempli. En effet, l\u2019auteur caract\u00e9rise <i>Electrify <\/i>comme un \u00ab plan d\u2019action pour lutter pour l\u2019avenir \u00bb, ainsi qu\u2019une feuille de route technique vers un avenir \u00e9nerg\u00e9tique propre<sup>[3]<\/sup>. Dans sa premi\u00e8re salve (la pr\u00e9face, pp. xi \u2013 xiii), il invoque le langage de la pr\u00e9paration \u00e0 la guerre pour souligner \u00e0 la fois l\u2019ampleur et l\u2019urgence de ses recommandations :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">[Traduction]<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u00ab Les \u00c9tats-Unies n\u2019ont besoin de rien d\u2019autre qu\u2019une mobilisation concert\u00e9e de la technologie, de l\u2019industrie, de la main-d\u2019oeuvre, de la r\u00e9forme r\u00e9glementaire et, surtout, de la finance<sup>[4]<\/sup>. \u00bb<\/p>\n<p>Pour r\u00e9ussir cette transformation, Griffith d\u00e9clare : \u00ab Nous devons tripler la quantit\u00e9 d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 fournie aux \u00c9tats-Unis<sup>[5]<\/sup>. Ce qu\u2019il faut, c\u2019est un projet d\u2019ing\u00e9nierie de \u201clancement vers la lune\u201d pour fournir un nouveau r\u00e9seau \u00e9nerg\u00e9tique avec de nouvelles r\u00e8gles \u2014 un r\u00e9seau qui fonctionne davantage comme Internet<sup>[6]<\/sup> \u00bb [traduction]. Toutefois, conform\u00e9ment \u00e0 son sous-titre \u2014 \u00ab un livre de jeu optimiste \u00bb \u2014 Griffith affirme que si ses rem\u00e8des sont adopt\u00e9s, l\u2019\u00e9nergie sera moins ch\u00e8re et plus abondante \u00e0 long terme, en indiquant que \u00ab si la technologie, le financement et les r\u00e9glementations sont adapt\u00e9s, chaque famille am\u00e9ricaine pourra \u00e9conomiser des milliers de dollars chaque ann\u00e9e<sup>[7]<\/sup> \u00bb. Il envisage \u00e9galement une avalanche d\u2019emplois pour aider le pays \u00e0 se remettre de la \u00ab pand\u00e9mie et de la crise \u00e9conomique \u00bb, citant l\u2019avis d\u2019un coll\u00e8gue selon lequel \u00ab pas moins de 25 millions d\u2019emplois bien r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s \u00bb d\u00e9couleront de la conversion de tous les syst\u00e8mes \u00e9nerg\u00e9tiques am\u00e9ricains \u00e0 des solutions d\u2019\u00ab \u00e9nergie propre<sup>[8]<\/sup> \u00bb.<\/p>\n<p>De temps en temps, l\u2019enthousiasme de Griffith peut d\u00e9border sur des d\u00e9clarations \u00e9tranges. Par exemple, dans sa pr\u00e9face, il se dit qu\u2019\u00ab [avec] notre avenir en p\u00e9ril [\u2026] Les milliardaires peuvent r\u00eaver de s\u2019\u00e9chapper sur Mars, mais le reste d\u2019entre nous [\u2026] nous devons rester et nous battre \u00bb [traduction]. Les lecteurs se diront peut-\u00eatre que l\u2019atmosph\u00e8re de Mars est moins hospitali\u00e8re que celle de la Terre, m\u00eame dans les pires sc\u00e9narios d\u00e9crits par les climatologues.<\/p>\n<p>Conform\u00e9ment \u00e0 son appel \u00e0 une action radicale et globale, Griffith demande l\u2019arr\u00eat de la construction ou de l\u2019acquisition de \u00ab machines ou technologies \u00bb qui utilisent des combustibles fossiles. \u00ab Il n\u2019y a pas de temps, plaide-t-il, pour que tout le monde installe une chaudi\u00e8re au gaz naturel de plus dans son sous-sol; il n\u2019y a pas de place pour une nouvelle centrale d\u2019\u201cappoint\u201d au gaz naturel [\u2026] Quelle que soit la machine \u00e0 combustible fossile que vous poss\u00e9dez, que ce soit en tant que gestionnaire de r\u00e9seau, petite entreprise ou foyer, cette machine fossile doit \u00eatre votre derni\u00e8re<sup>[9]<\/sup> \u00bb [traduction].<\/p>\n<p><b>LES \u00ab DONN\u00c9ES SCIENTIFIQUES \u00bb SONT DISPONIBLES, LES DANGERS SONT IMMINENTS <\/b><\/p>\n<p>Griffith insiste sur le fait que \u00ab nous ne pouvons plus d\u00e9battre de la science \u00bb, m\u00eame si \u00ab pour certaines personnes, les arguments scientifiques ne seront jamais suffisants<sup>[10]<\/sup> \u00bb [traduction]. Il fait preuve d\u2019une foi totale dans les mod\u00e8les climatiques et leurs pr\u00e9dictions souvent effrayantes :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">[Traduction]<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u00ab Les scientifiques ont r\u00e9dig\u00e9 un grand nombre de travaux sur le r\u00e9chauffement de la plan\u00e8te et peuvent pr\u00e9dire le climat futur \u00e0 partir des estimations de nos \u00e9missions actuelles de carbone. Nous savons, avec certitude, que nous nous dirigeons vers de multiples catastrophes environnementales et humaines<sup>[11]<\/sup>. \u00bb<\/p>\n<p>En guise d\u2019avant-go\u00fbt du d\u00e9sastre imminent, Griffith pr\u00e9sente une litanie de calamit\u00e9s m\u00e9t\u00e9orologiques sp\u00e9cifiques que les habitants de la plan\u00e8te ont endur\u00e9es ces derni\u00e8res ann\u00e9es, ou qu\u2019ils devront affronter plus fr\u00e9quemment \u00e0 l\u2019avenir, selon lui, <i>si <\/i>on laisse les temp\u00e9ratures moyennes mondiales augmenter au-del\u00e0 des lignes rouges trac\u00e9es par le Groupe d\u2019experts intergouvernemental sur l\u2019\u00e9volution du climat (GIEC) des Nations unies (<i>c.-\u00e0-d. <\/i>1,5 \u00b0C ou, au pire, 2 \u00b0C au-dessus des niveaux pr\u00e9industriels)<sup>[12]<\/sup>. Selon Griffith, de telles calamit\u00e9s sont directement li\u00e9es \u00e0 l\u2019accumulation d\u2019\u00e9missions excessives de GES. Selon <i>Electrify<\/i>, le choix qui s\u2019impose est le suivant : soit les nations peuvent continuer sur la voie p\u00e9rilleuse qu\u2019elles empruntent actuellement, soit \u2014 gr\u00e2ce \u00e0 une action audacieuse et visionnaire \u2014 elles peuvent non seulement \u00e9viter une prolif\u00e9ration de crises environnementales, mais aussi enclencher un cycle \u00e9conomique vertueux :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">[Traduction]<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">C\u2019est l\u2019occasion de revitaliser nos villes, de rajeunir nos banlieues et de redonner vie \u00e0 nos petites villes. Nous pouvons reconstruire une classe moyenne prosp\u00e8re et ouverte \u00e0 tous, comme nous l\u2019avons connue apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale, avec des dizaines de millions de nouveaux emplois de qualit\u00e9 [\u2026] Si les \u00c9tats-Unis font correctement, les co\u00fbts \u00e9nerg\u00e9tiques de chacun diminueront. Chacun a un r\u00f4le \u00e0 jouer dans l\u2019effort de guerre<sup>[13]<\/sup>.<\/p>\n<p>Ainsi, au coeur du livre se trouve un message populiste \u2014 souvent r\u00e9p\u00e9t\u00e9 \u2014 selon lequel les changements n\u00e9cessaires pour \u00e9viter une crise climatique ne seront pas une pilule am\u00e8re, mais plut\u00f4t une voie vers une soci\u00e9t\u00e9 \u2014 plus saine et financi\u00e8rement plus solvable.<\/p>\n<p><b>GAINS D\u2019EFFICACIT\u00c9 \u00c0 PROFUSION <\/b><\/p>\n<p>Un autre pilier de l\u2019optimisme de Griffith est son anticipation de gains d\u2019efficacit\u00e9 substantiels r\u00e9alisables dans une \u00e9conomie \u00e9nerg\u00e9tique plus verte. Toutefois, cela n\u2019a rien \u00e0 voir avec l\u2019efficacit\u00e9 ax\u00e9e sur la conservation et le \u00ab faire avec moins \u00bb pr\u00f4n\u00e9s \u00e0 partir des ann\u00e9es 1970, lorsque le p\u00e9trole est devenu une denr\u00e9e plus rare et plus ch\u00e8re \u00e0 la suite des manipulations du march\u00e9 par l\u2019OPEP. Au contraire, Griffith proph\u00e9tise un \u00ab nouveau r\u00e9cit \u00bb :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">[Traduction]<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">[\u2026] une \u00ab histoire sur ce que nous avons \u00e0 gagner \u2014 un avenir \u00e9lectrifi\u00e9 plus propre avec des maisons confortables et des voitures rapides \u2014 qui vaut mieux que des cauchemars sur ce que nous avons \u00e0 perdre. Nous avons un chemin vers la d\u00e9carbonisation qui n\u00e9cessitera des changements, certes, mais pas des privations<sup>[14]<\/sup>. \u00bb<\/p>\n<p>Le rejet par Griffith de l\u2019efficacit\u00e9 en tant que sacrifice est suivi d\u2019un examen approfondi des modes de production et de consommation actuels des combustibles \u2014 ventil\u00e9s par secteurs individuels de l\u2019\u00e9conomie (<i>p. ex. <\/i>industriel, commercial et r\u00e9sidentiel) et par application (<i>p. ex. <\/i>chauffage ou refroidissement des locaux, transport ou processus de fabrication)<sup>[15]<\/sup>. Il s\u2019av\u00e8re que l\u2019auteur a pass\u00e9 une bonne partie de sa carri\u00e8re \u00e0 \u00e9tudier les caract\u00e9ristiques des carburants et la consommation d\u2019\u00e9nergie par secteur, et qu\u2019il a beaucoup \u00e0 dire sur le sujet. Un argument distinctif d\u2019<i>Electrify <\/i>est que le d\u00e9veloppement d\u2019un m\u00e9lange de combustibles plus verts <i>ne <\/i>devrait <i>pas <\/i>se concentrer sur la production de combustibles liquides ou gazeux d\u00e9carbonis\u00e9s; c.-\u00e0-d. les types de combustibles qui pourraient plus facilement remplacer les combustibles fossiles dans l\u2019infrastructure existante. Griffith fonde ce conseil sur l\u2019efficacit\u00e9 \u2014 plus pr\u00e9cis\u00e9ment sur sa conviction que les \u00e9tapes de la production, du transport et de la conversion de ces combustibles en \u00e9nergie utile entra\u00eenent des pertes excessives \u00e0 chaque phase. En r\u00e9sum\u00e9, l\u2019auteur estime que les \u00ab machines \u00bb qui fonctionnent gr\u00e2ce \u00e0 la combustion de combustibles liquides ou gazeux \u2014 qu\u2019ils soient \u00e0 base de p\u00e9trole ou de l\u2019une des alternatives plus vertes \u2014 gaspillent trop d\u2019\u00e9nergie par rapport \u00e0 une conversion g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e \u00e0 des infrastructures fonctionnant \u00e0 l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 (provenant de pr\u00e9f\u00e9rence du vent ou du soleil).<\/p>\n<p>Griffith utilise des graphiques (parfois assez charg\u00e9s) pour illustrer les flux et les pertes d\u2019\u00e9nergie survenant dans la cha\u00eene de valeur, de l\u2019extraction et du raffinage au transport et \u00e0 l\u2019utilisation. Malgr\u00e9 la complexit\u00e9 des d\u00e9tails de cette pr\u00e9sentation, Griffith a une id\u00e9e ma\u00eetresse \u00e0 faire passer : que gr\u00e2ce \u00e0 une \u00e9lectrification beaucoup plus importante coupl\u00e9e \u00e0 une production d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 d\u00e9carbon\u00e9e, \u00ab nous n\u2019avons probablement besoin que de 42 % de l\u2019\u00e9nergie primaire dont nous avons besoin aujourd\u2019hui [\u2026]<sup>[16]<\/sup> \u00bb [traduction]. Apr\u00e8s avoir pr\u00e9sent\u00e9 ce point de donn\u00e9es saisissant, il renonce \u00e0 \u00eatre aussi \u00ab granulaire \u00bb, reconnaissant que la demande \u00e9nerg\u00e9tique globale d\u2019un pays fluctue en fonction des progr\u00e8s technologiques, des nouvelles inventions et des nouveaux passe-temps<sup>[17]<\/sup> :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">[Traduction]<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">En tenant compte de ces variables, il est plus simple de dire que les Am\u00e9ricains n\u2019auront besoin que de la moiti\u00e9 de l\u2019\u00e9nergie qu\u2019ils utilisent aujourd\u2019hui, si nous \u00e9lectrifions tout, tout en am\u00e9liorant nos vies. Quelle victoire<sup>[18]<\/sup>.<\/p>\n<p>De cette mani\u00e8re r\u00e9solument optimiste, <i>Electrify <\/i>nous rassure en nous disant que nous n\u2019aurons pas \u00e0 r\u00e9duire la taille de nos maisons ou \u00e0 baisser les thermostats, que nos voitures pourront \u00eatre \u00ab plus sportives lorsqu\u2019elles seront \u00e9lectriques \u00bb, que la qualit\u00e9 de l\u2019air s\u2019am\u00e9liorera, que nous n\u2019aurons pas \u00e0 nous tourner vers les transports en commun ou \u00e0 \u00ab porter un pull Jimmy Carter \u00bb, et que nous n\u2019aurons m\u00eame pas \u00e0 \u00ab interdire l\u2019avion \u00bb<sup>[19]<\/sup>.<\/p>\n<p><b>D\u00c9VELOPPER LE R\u00c9SEAU <\/b><\/p>\n<p>Pour obtenir les avantages globaux que Griffith envisage en \u00e9lectrifiant l\u2019\u00e9conomie de l\u2019\u00e9nergie, il reconna\u00eet que nous aurons besoin de beaucoup plus d\u2019\u00e9nergie \u2014 en fait, de trois fois la quantit\u00e9 actuelle de production d\u2019\u00e9lectricit\u00e9<sup>[20]<\/sup>. Par cons\u00e9quent, il consacre un chapitre sur la question \u00e0 savoir o\u00f9 se procurer toute cette \u00e9nergie \u2014 \u00ab Where Will We Get All That Electricity? \u00bb \u2014 pour r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 cette question importante.<\/p>\n<p>Puisque l\u2019\u00e9nergie de l\u2019avenir doit \u00eatre enti\u00e8rement d\u00e9carbonis\u00e9e dans la vision du monde de Griffith, il s\u2019attend \u00e0 ce que l\u2019approvisionnement soit assur\u00e9 par les principales \u00e9nergies renouvelables \u2014 \u00e9olienne, solaire, hydro\u00e9lectrique \u2014 et \u00ab \u00e9ventuellement \u00bb aussi par le nucl\u00e9aire (en tenant compte de cette derni\u00e8re, car toutes les r\u00e9gions ne disposent pas de ressources solaires, \u00e9oliennes ou hydro\u00e9lectriques suffisantes)<sup>[21]<\/sup>. Dans les zones proches de l\u2019oc\u00e9an, il s\u2019attend \u00e0 ce que \u00ab l\u2019\u00e9olien en mer soit probablement le grand producteur<sup>[22]<\/sup> \u00bb. Dans une digression sur la question de savoir si l\u2019\u00e9nergie nucl\u00e9aire a sa place dans le tableau d\u2019ensemble, Griffith fait allusion \u00e0 une vive controverse entre professeurs d\u2019universit\u00e9 sur la question de savoir si \u00ab le solaire, le vent et l\u2019eau \u00bb peuvent, \u00e0 eux seuls, fournir la capacit\u00e9 et la fiabilit\u00e9 requises. Lorsqu\u2019un professeur de Stanford, Mark Jacobson, a soutenu que ces ressources renouvelables \u00e9taient en effet \u00e0 la hauteur de la t\u00e2che, cette proposition a suscit\u00e9 \u00ab une r\u00e9action vicieuse [\u2026] m\u00eame pour les standards acad\u00e9miques mesquins [\u2026]<sup>[23]<\/sup> \u00bb [traduction]. L\u2019auteur laisse entendre que Jacobson est peut-\u00eatre \u00ab trop anti-nucl\u00e9aire \u00bb, mais il laisse ensuite entendre qu\u2019il pourrait \u00eatre \u00ab plus facile que nous le pensons \u00bb d\u2019atteindre la fiabilit\u00e9 \u00e0 partir des seules \u00e9nergies renouvelables, renvoyant finalement \u00e0 un chapitre ult\u00e9rieur pour plus de d\u00e9tails sur cette question<sup>[24]<\/sup>.<\/p>\n<p>Revenant \u00e0 sa vision du m\u00e9lange de production de l\u2019avenir, Griffith observe que le \u00ab gros du travail \u00bb sera effectu\u00e9 par le solaire et l\u2019\u00e9olien, que la \u00ab majorit\u00e9 \u00bb de l\u2019\u00e9nergie renouvelable proviendra de ces deux ressources ainsi que de la g\u00e9othermie et de l\u2019hydro\u00e9lectricit\u00e9 (compl\u00e9t\u00e9e par \u00ab un nucl\u00e9aire mod\u00e9r\u00e9 et quelques biocarburants comme filet de s\u00e9curit\u00e9 \u00bb) et, enfin, que \u00ab l\u2019\u00e9quilibre exact \u00bb sera d\u00e9termin\u00e9 par des consid\u00e9rations r\u00e9gionales, les forces du march\u00e9 et l\u2019opinion publique<sup>[25]<\/sup>.<\/p>\n<p>Quoi qu\u2019il en soit, <i>Electrify <\/i>pr\u00e9voit que \u00ab les panneaux solaires et les \u00e9oliennes \u00bb deviennent omnipr\u00e9sents au \u00c9tats-Unis. Un r\u00e9seau enti\u00e8rement solaire n\u00e9cessiterait l\u2019occupation d\u2019environ 1 % de la masse terrestre, soit l\u2019\u00e9quivalent de l\u2019espace occup\u00e9 par les routes<sup>[26]<\/sup>. Les toits, les stationnements et les b\u00e2timents commerciaux et industriels feraient doublement office de collecteurs de panneaux solaires, tandis que les terres actuellement utilis\u00e9es pour les cultures accueilleraient \u00e9galement des parcs \u00e9oliens. En chiffres ronds, Griffith estime que les \u00c9tats-Unis devraient produire de 1 500 \u00e0 1 800 gigawatts (GW) pour alimenter sa soci\u00e9t\u00e9 tout \u00e9lectrique, ce qui n\u00e9cessiterait 15 millions d\u2019acres de panneaux solaires dans un sc\u00e9nario tout solaire, ou 100 millions d\u2019acres de parcs \u00e9oliens (dans un sc\u00e9nario tout \u00e9olien)<sup>[27]<\/sup>. Si ces chiffres semblent \u00e9crasants, Griffith nous rappelle que le terrain de jeu \u2014 l\u2019ensemble de la masse terrestre des \u00c9tats-Unis \u2014 contient 2,4 milliards d\u2019acres.<sup>[28]<\/sup><\/p>\n<p>En cherchant \u00e0 savoir o\u00f9 pourraient aller tous ces panneaux solaires, Griffith a tout d\u2019abord mis en place \u2014 et renvers\u00e9 \u2014 deux hommes de paille. Sa premi\u00e8re hypoth\u00e8se extr\u00eame est celle d\u2019une station centrale dans le d\u00e9sert de l\u2019Arizona qui alimenterait \u00ab toute l\u2019Am\u00e9rique \u00bb; l\u2019autre, qui, selon lui, a la faveur de certains \u00e9cologistes, est un mod\u00e8le enti\u00e8rement distribu\u00e9 (<i>c.-\u00e0-d. <\/i>limit\u00e9 aux toits des b\u00e2timents occup\u00e9s). Mais la premi\u00e8re solution ne fonctionne pas, affirme-t-il, car la transmission et la distribution seraient d\u2019un co\u00fbt prohibitif; et l\u2019autre solution \u2014 un mod\u00e8le enti\u00e8rement distribu\u00e9 \u2014 serait intenable, car il n\u2019y a tout simplement pas assez d\u2019espace sur les toits des r\u00e9sidences ou des petites entreprises pour tout le monde; des installations industrielles et commerciales, <i>entre autres<\/i>, seront \u00e9galement n\u00e9cessaires. Sa conclusion, sans surprise, est que l\u2019expansion du syst\u00e8me n\u00e9cessitera une approche tous azimuts : quelques installations centralis\u00e9es (vraisemblablement <i>pas <\/i>dans des d\u00e9serts recul\u00e9s), ainsi que l\u2019exploitation de \u00ab toute l\u2019\u00e9nergie distribu\u00e9e que nous pouvons exploiter<sup>[29]<\/sup> \u00bb. Les terre-pleins centraux des autoroutes et les aires de stationnement sont \u00e9galement \u00e0 prendre en compte dans le spectre des possibilit\u00e9s de Griffith<sup>[30]<\/sup>.<\/p>\n<p>De m\u00eame, Griffith fait l\u2019inventaire des terres susceptibles d\u2019accueillir des parcs \u00e9oliens \u2014 en mettant l\u2019accent sur les terres cultiv\u00e9es actives et inactives, ainsi que sur les parcelles de p\u00e2turage \u2014 et estime qu\u2019elles sont plus que suffisantes<sup>[31]<\/sup>. Quant \u00e0 la possibilit\u00e9 que des attitudes de type \u00ab pas dans ma cour \u00bb puissent r\u00e9sister \u00e0 la perspective de voir des \u00e9oliennes parsemer le paysage, il propose cette s\u00e9rie de r\u00e9pliques : (1) les combustibles fossiles \u00ab sont omnipr\u00e9sents et polluent l\u2019arri\u00e8re-cour de chacun \u00bb; (2) la soci\u00e9t\u00e9 a \u00ab appris \u00e0 vivre avec de nombreux changements \u00bb dans le paysage; (3) nous aurons en retour \u00ab une \u00e9nergie moins ch\u00e8re \u00bb et un air plus pur et (4) \u00ab nous devrons \u00e9quilibrer l\u2019utilisation des terres avec les besoins \u00e9nerg\u00e9tiques \u00bb<sup>[32]<\/sup>. Reste \u00e0 savoir si ces arguments trouveront un \u00e9cho dans l\u2019Am\u00e9rique rurale \u2014 en particulier dans les \u00c9tats producteurs d\u2019hydrocarbures \u2014 ou s\u2019ils convaincront les d\u00e9fenseurs de l\u2019environnement qui pr\u00e9f\u00e8rent ne pas voir de panoramas d\u2019\u00e9oliennes partout o\u00f9 ils vont. D\u2019autre part, certains agriculteurs et \u00e9leveurs peuvent \u00eatre avides de tout revenu suppl\u00e9mentaire provenant des installations d\u2019\u00e9nergie \u00e9olienne. Cela pourrait donner lieu \u00e0 une sacr\u00e9e bataille politique \u00e0 l\u2019avenir.<\/p>\n<p>Dans une discussion plus longue sur la viabilit\u00e9 \u00e0 long terme de l\u2019\u00e9nergie nucl\u00e9aire \u2014 une technologie mature et \u00e0 faible \u00e9mission de carbone maintenant en place \u2014 Griffith observe que le co\u00fbt total s\u2019est av\u00e9r\u00e9 beaucoup plus \u00e9lev\u00e9 que pr\u00e9vu (\u00ab probablement plus cher que les \u00e9nergies renouvelables \u00bb), m\u00eame s\u2019il conc\u00e8de que les co\u00fbts d\u2019exploitation sont faibles et que la production est fiable<sup>[33]<\/sup>. Il s\u2019attaque \u00e9galement au paradigme traditionnel des planificateurs de syst\u00e8mes qui soutiennent qu\u2019une certaine \u00e9nergie de \u00ab base \u00bb est essentielle, affirmant que cette question est d\u00e9sormais d\u00e9battue par les experts. \u00c0 l\u2019appui de l\u2019hypoth\u00e8se selon laquelle l\u2019approvisionnement en charge de base ne sera pas n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019avenir, il cite la \u00ab capacit\u00e9 de stockage inh\u00e9rente aux v\u00e9hicules \u00e9lectriques \u00bb, les \u00ab charges thermiques variables \u00bb dans les foyers, les entreprises et les installations industrielles, ainsi que la \u00ab capacit\u00e9 potentielle des biocarburants de secours et de diverses batteries \u00bb<sup>[34]<\/sup>. Sa conclusion est que \u00ab nous avons probablement besoin de moins d\u2019\u00e9nergie de base que l\u2019on ne croit, voire de rien du tout \u00bb [traduction].<\/p>\n<p>Reprenant ce th\u00e8me, Griffith souligne que le Japon et l\u2019Allemagne ont tous deux ferm\u00e9 leurs unit\u00e9s nucl\u00e9aires, tandis que la Chine \u00ab ralentit le d\u00e9veloppement de la technologie nucl\u00e9aire<sup>[35]<\/sup> \u00bb. Cependant, <i>Electrify <\/i>aurait pu fournir un contexte plus complet \u00e0 cet \u00e9gard. La fermeture et l\u2019examen de la s\u00e9curit\u00e9 de toutes les unit\u00e9s nucl\u00e9aires du Japon \u00e0 la suite de la catastrophe de Fukushima en 2011, bien qu\u2019achev\u00e9s, \u00e9taient provisoires : bien que de nombreuses unit\u00e9s nucl\u00e9aires aient finalement \u00e9t\u00e9 d\u00e9class\u00e9es, neuf r\u00e9acteurs sur cinq sites avaient repris leur exploitation commerciale en mars 2021<sup>[36]<\/sup>. En outre, une agence gouvernementale a observ\u00e9 que le Japon devra activer davantage de capacit\u00e9s nucl\u00e9aires pour remplacer sa production au gaz et au charbon s\u2019il veut atteindre ses objectifs dans le cadre de l\u2019Accord de Paris sur le climat<sup>[37]<\/sup>. L\u2019Allemagne, pour sa part, s\u2019est heurt\u00e9e \u00e0 toute une s\u00e9rie de probl\u00e8mes de fiabilit\u00e9 et de difficult\u00e9s \u00e9conomiques en poursuivant sa d\u00e9cision controvers\u00e9e de d\u00e9manteler sa capacit\u00e9 nucl\u00e9aire, tout en recourant \u00e0 davantage de capacit\u00e9s de combustion de combustibles fossiles pour compl\u00e9ter son important parc d\u2019\u00e9nergies renouvelables. Enfin, il semble utile de mentionner que la France et d\u2019autres pays europ\u00e9ens n\u2019ont pas renonc\u00e9 \u00e0 la production nucl\u00e9aire.<\/p>\n<p>Aussi sceptique soit-il, Griffith se garde bien de pr\u00e9dire la fin de l\u2019\u00e9nergie nucl\u00e9aire. Il pr\u00e9dit que (1) pour des \u00ab raisons de s\u00e9curit\u00e9 nationale \u00bb, les \u00c9tats-Unis n\u2019\u00e9limineront pas l\u2019\u00e9nergie nucl\u00e9aire et (2) qu\u2019au-del\u00e0 des fronti\u00e8res am\u00e9ricaines, les nations tr\u00e8s dens\u00e9ment peupl\u00e9es \u2014 ou celles qui \u00ab manquent de ressources renouvelables \u00bb \u2014 devront soit recourir au nucl\u00e9aire, soit acc\u00e9der aux \u00e9nergies renouvelables gr\u00e2ce aux importations<sup>[38]<\/sup>. Il garde \u00e9galement la porte ouverte \u00e0 la d\u00e9carbonisation des technologies qui, selon lui, ne peuvent pas se suffire \u00e0 elles-m\u00eames pour le moment. Peut-\u00eatre que les \u00e9nergies renouvelables liqu\u00e9fi\u00e9es ou la s\u00e9questration du carbone, admet-il, finiront par faire leurs preuves, mais il ajoute sans ambages : \u00ab Il est trop tard et trop dangereux de compter sur les miracles<sup>[39]<\/sup> \u00bb [traduction]. Il cl\u00f4t le chapitre par une rafale de rh\u00e9torique \u00e9colo-populiste, fustigeant d\u2019abord ceux qui pr\u00e9tendent, \u00e0 l\u2019aide d\u2019\u00ab arguments cyniques et sp\u00e9cieux \u00bb et d\u2019une \u00ab d\u00e9sinformation massive \u00bb, que les \u00e9nergies renouvelables ne peuvent pas \u00ab tout faire \u00bb, puis r\u00e9primandant \u00ab le monopole des services publics parrain\u00e9 par l\u2019\u00c9tat qui accorde des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat bas aux grands projets plut\u00f4t qu\u2019aux consommateurs qui ont besoin de remplacer leur chauffage au gaz par des syst\u00e8mes solaires et des pompes \u00e0 chaleur<sup>[40]<\/sup> \u00bb [traduction].<\/p>\n<p><b>FIABILIT\u00c9 EN TOUT TEMPS <\/b><\/p>\n<p>\u00c9tant donn\u00e9 que Griffith rejette l\u2019id\u00e9e selon laquelle les \u00e9nergies renouvelables ne peuvent pas faire pour le r\u00e9seau ce que l\u2019\u00e9nergie de base fait, il n\u2019est gu\u00e8re surprenant qu\u2019il consacre un chapitre<sup>[41]<\/sup> \u00e0 imaginer en quoi consiste la fiabilit\u00e9 dans un environnement \u00e0 forte intensit\u00e9 d\u2019\u00e9nergies renouvelables. Il commence par qualifier les \u00ab personnes qui r\u00e9sistent \u00e0 la d\u00e9carbonisation \u00bb pour des raisons de fiabilit\u00e9 de \u00ab dinosaures \u00bb qui \u00ab ont souvent des int\u00e9r\u00eats particuliers \u00bb<sup>[42]<\/sup>. Poursuivant sur ce mode, il \u00e9voque le \u00ab grand march\u00e9 \u00bb du 20<sup>e <\/sup>si\u00e8cle qui a donn\u00e9 aux services publics un monopole en \u00e9change de l\u2019assurance que le service serait \u00e0 la fois continu et abordable pour les \u00ab mal desservis \u00bb<sup>[43]<\/sup>. Cet \u00ab accord a plut\u00f4t bien fonctionn\u00e9 \u00bb, conc\u00e8de-t-il, au cours du si\u00e8cle dernier, mais il accuse les \u00ab entreprises de services publics \u00bb et les coop\u00e9ratives rurales de disposer d\u2019un \u00ab ensemble h\u00e9t\u00e9roclite d\u2019incitations \u00bb qui les emp\u00eache de se d\u00e9carboniser rapidement pour faire face au changement climatique<sup>[44]<\/sup>.<\/p>\n<p>Griffith se concentre ensuite sur une s\u00e9rie de concepts qui, selon lui, permettront au r\u00e9seau de r\u00e9pondre en permanence \u00e0 la demande, m\u00eame s\u2019il d\u00e9pend dans une bien plus large mesure de ressources \u00ab intermittentes \u00bb. Les cl\u00e9s r\u00e9sident \u00e0 la fois dans l\u2019augmentation, par un facteur de \u00ab trois \u00e0 quatre fois \u00bb, de la quantit\u00e9 d\u2019\u00e9nergie produite et dans la r\u00e9imagination du r\u00e9seau :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">[Traduction]<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u00ab Nous n\u2019y parviendrons pas en r\u00e9glant l\u2019ancien r\u00e9seau; il faudra reconstruire le r\u00e9seau avec les nouvelles r\u00e8gles du XXI<sup>e <\/sup>si\u00e8cle et une technologie de type Internet<sup>[45]<\/sup>. \u00bb<\/p>\n<p>Griffith d\u00e9crit tout d\u2019abord l\u2019irr\u00e9gularit\u00e9 inh\u00e9rente aux charges r\u00e9sidentielles, et il reconna\u00eet qu\u2019elles seront encore plus irr\u00e9guli\u00e8res si, comme il le recommande, toutes les formes de consommation d\u2019\u00e9nergie domestique (plus le transport) sont converties en \u00e9lectricit\u00e9. Il d\u00e9peint une demande plus forte le matin, une demande d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 presque nulle \u00e0 15 heures et une forte augmentation de la demande (y compris la recharge des v\u00e9hicules \u00e9lectriques) lorsque la famille rentre chez elle le soir<sup>[46]<\/sup>. Enfin, du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019offre, il esquisse les variabilit\u00e9s naturelles quotidiennes et saisonni\u00e8res de la production d\u2019\u00e9nergie \u00e9olienne et solaire avant de se demander comment faire correspondre toutes ces variations de charge et d\u2019offre.<\/p>\n<p>La solution, selon lui, consiste \u00e0 cr\u00e9er \u00ab beaucoup de stockage \u00bb pour les \u00e9nergies renouvelables<sup>[47]<\/sup>. Ce n\u2019est pas une nouveaut\u00e9 pour le secteur de l\u2019\u00e9nergie dans son ensemble, souligne-t-il, en notant les quantit\u00e9s consid\u00e9rables de stockage de gaz naturel et de p\u00e9trole aux \u00c9tats-Unis, ainsi que les piles de charbon \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des centrales au charbon<sup>[48]<\/sup>. Le stockage par batterie chimique, bien qu\u2019il soit \u00ab assez cher \u00bb, admet-il, voit son co\u00fbt baisser rapidement, et \u00ab le d\u00e9ploiement \u00e0 grande \u00e9chelle [\u2026] devient une possibilit\u00e9 r\u00e9aliste<sup>[49]<\/sup> \u00bb [traduction]. Mais le probl\u00e8me, poursuit-il, c\u2019est que les batteries sont adapt\u00e9es pour \u00ab compenser \u00bb les variations horaires ou diurnes, et non pour servir de r\u00e9servoirs de stockage \u00e0 long terme, car elles sont trop co\u00fbteuses. Cependant, il pr\u00e9voit qu\u2019un jour, dans un avenir pas trop lointain, le stockage domestique par batteries associ\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9nergie solaire sur les toits battra le co\u00fbt actuel de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 du r\u00e9seau public<sup>[50]<\/sup>.<\/p>\n<p>Le chapitre passe ensuite en revue les autres types de stockage d\u2019\u00e9nergie, qu\u2019il s\u2019agisse de batteries ou autres. La premi\u00e8re est repr\u00e9sent\u00e9e principalement par les v\u00e9hicules \u00e9lectriques (VE) servant de batteries suppl\u00e9mentaires pour alimenter le r\u00e9seau (Griffith pr\u00e9voit que des centaines de millions de VE le feront, fournissant ainsi une nouvelle source d\u2019approvisionnement importante, une fois que la flotte de transport am\u00e9ricaine sera convertie \u00e0 l\u2019\u00e9lectricit\u00e9). Les autres types sont le \u00ab stockage thermique \u00bb, le stockage hydro\u00e9lectrique par pompage et un assortiment d\u2019autres technologies qu\u2019il ne consid\u00e8re pas comme pr\u00eats pour l\u2019heure de pointe<sup>[51]<\/sup>. Enfin, l\u2019auteur \u00e9voque les biocarburants \u2014 du bois aux d\u00e9chets agricoles en passant par les eaux us\u00e9es \u2014 comme substituts des batteries pour \u00ab combler les lacunes saisonni\u00e8res [\u2026]<sup>[52]<\/sup> \u00bb.<\/p>\n<p>Pour en revenir \u00e0 la gestion de la demande, Griffith sugg\u00e8re \u00e9galement de faire fonctionner les grosses charges des usines pendant la journ\u00e9e afin de profiter de la nouvelle abondance d\u2019\u00e9nergie solaire, observe-t-il : \u00ab nous avons r\u00e9agi \u00e0 l\u2019\u00e9nergie bon march\u00e9 la nuit en cr\u00e9ant des \u00e9quipes de nuit dans l\u2019industrie lourde afin que celle-ci puisse consommer cette \u00e9nergie \u00bb, mais dans un \u00ab monde aliment\u00e9 par l\u2019\u00e9nergie solaire et \u00e9olienne, nous aurons l\u2019occasion de repenser certaines de ces d\u00e9cisions \u00bb<sup>[53]<\/sup> [traduction]. Toutefois, les lecteurs pourraient s\u2019arr\u00eater sur l\u2019id\u00e9e que les \u00e9quipes de nuit ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es pour profiter d\u2019une \u00e9nergie moins ch\u00e8re. Bien qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un avantage dans les endroits o\u00f9 des taux modul\u00e9s selon l\u2019heure du jour sont en vigueur (ou des contrats sp\u00e9ciaux ont \u00e9t\u00e9 n\u00e9goci\u00e9s), les industries lourdes, \u00e0 forte intensit\u00e9 de capital, avec des quarts sur 24 heures et une production continue, sont principalement organis\u00e9es de cette mani\u00e8re pour r\u00e9duire les co\u00fbts unitaires en r\u00e9partissant les co\u00fbts fixes sur le plus grand nombre d\u2019unit\u00e9s possible. En outre, certains grands proc\u00e9d\u00e9s industriels se pr\u00eatent \u00e0 un fonctionnement continu plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 des cycles de mont\u00e9e et de descente<sup>[54]<\/sup>. De m\u00eame, Griffith surestime probablement la flexibilit\u00e9 des fabricants qui peuvent modifier les calendriers de production pour mieux se synchroniser avec les flux et reflux de la production intermittente lorsqu\u2019il affirme : \u00ab Les fabricants peuvent toujours produire la m\u00eame quantit\u00e9 de biens \u00e0 long terme, mais ils peuvent adapter leurs principales charges \u00e0 l\u2019offre d\u2019\u00e9nergie disponible au fil du temps<sup>[55]<\/sup> \u00bb [traduction].<\/p>\n<p>Pour mettre en place un tel r\u00e9seau futur bas\u00e9 sur des \u00e9nergies renouvelables enti\u00e8rement (ou en grande partie) intermittentes, Griffith, comme on pouvait s\u2019y attendre, pr\u00e9conise \u00e9galement la construction d\u2019une infrastructure de transmission beaucoup plus importante \u2014 surtout pour tirer parti des diversit\u00e9s interr\u00e9gionales que procurent les \u00e9nergies \u00e9oliennes et solaires<sup>[56]<\/sup>. Il pr\u00e9conise en outre, en tant qu\u2019id\u00e9e \u00ab radicale \u00bb, de d\u00e9passer les limites de la capacit\u00e9 solaire et \u00e9olienne \u00e0 d\u00e9velopper, en vue de satisfaire m\u00eame les pics hivernaux (lorsqu\u2019un syst\u00e8me uniquement bas\u00e9 sur les \u00e9nergies renouvelables est mis \u00e0 rude \u00e9preuve en raison de la baisse de la disponibilit\u00e9 du soleil, au moment o\u00f9 les demandes de chauffage et d\u2019\u00e9clairage augmentent). Griffith propose deux raisonnements pour \u00e9tayer cette proposition \u00ab radicale \u00bb : tout d\u2019abord, le co\u00fbt additionnel de la construction d\u2019installations \u00e9oliennes et solaires suppl\u00e9mentaires pour faire face aux pics hivernaux serait moins \u00e9lev\u00e9 que celui de la construction de batteries de stockage suffisantes<sup>[57]<\/sup>; et deuxi\u00e8mement, l\u2019exc\u00e9dent solaire estival qui en r\u00e9sulterait pourrait \u00eatre utilis\u00e9 \u00e0 bon escient \u00ab pour la production d\u2019hydrog\u00e8ne ou d\u2019ammoniac ou m\u00eame pour l\u2019\u00e9limination du carbone de l\u2019atmosph\u00e8re \u00bb [traduction] (<i>c.-\u00e0-d. <\/i>la s\u00e9questration du carbone) \u2014 des strat\u00e9gies qu\u2019il avait auparavant rel\u00e9gu\u00e9es au rang d\u2019impraticables ou d\u2019improbables.<\/p>\n<p><b>L\u2019INFRASTRUCTURE SE TROUVE \u00c0 LA MAISON <\/b><\/p>\n<p>L\u2019auteur d\u2019<i>Electrify <\/i>a beaucoup \u00e0 dire sur le co\u00fbt et le financement d\u2019une d\u00e9carbonisation de fond en comble des foyers et des entr\u00e9es. Qu\u2019il s\u2019agisse de l\u2019\u00e9nergie solaire universelle install\u00e9e sur les toits ou des fours et chauffe-eau \u00e9lectriques, Griffith pr\u00e9voit un cycle de remplacement massif, accompagn\u00e9, ce qui n\u2019est pas une co\u00efncidence, d\u2019un boom de l\u2019emploi et de la prosp\u00e9rit\u00e9 qui en d\u00e9coule dans tous les secteurs de l\u2019\u00e9conomie. L\u2019un de ses pr\u00e9ceptes fondamentaux est que notre conception de l\u2019\u00ab infrastructure \u00bb doit \u00eatre \u00e9largie pour englober ces nouveaux appareils domestiques enti\u00e8rement \u00e9lectriques, y compris le stockage sur batteries et les VE<sup>[58]<\/sup>.<\/p>\n<p>Le fait de qualifier ces \u00e9quipements domestiques d\u2019\u00ab infrastructures \u00bb est le tremplin de Griffith pour demander l\u2019adoption de nouvelles politiques publiques vastes pour financer leur achat. Les garanties de pr\u00eat et les subventions f\u00e9d\u00e9rales accord\u00e9es aux propri\u00e9taires de maisons (et aux propri\u00e9taires de logements locatifs, lorsque les maisons ne sont pas des propri\u00e9t\u00e9s individuelles) sont des catalyseurs essentiels pour rendre le cycle de remplacement abordable. Tout au long de l\u2019ouvrage, Griffith compare la d\u00e9carbonisation de l\u2019\u00e9conomie \u00e0 un effort de guerre, de sorte que la requalification des dispositifs \u00e9nerg\u00e9tiques domestiques en infrastructures semi-publiques renforce ce th\u00e8me : <i>c.-\u00e0-d. <\/i>qu\u2019il est du devoir du gouvernement, en cas d\u2019urgence publique, de susciter la mobilisation et de conduire le changement<sup>[59]<\/sup>. Avec son air typiquement joyeux, il \u00e9crit :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">[Traduction]<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u00ab La red\u00e9finition des infrastructures nous permet d\u2019envisager la notion intrigante selon laquelle les \u00c9tats-Unis ne sont peut-\u00eatre qu\u2019\u00e0 un taux d\u2019int\u00e9r\u00eat pr\u00e8s d\u2019une cure climatique [\u2026] Le financement de qualit\u00e9 des infrastructures au co\u00fbt le plus bas est crucial<sup>[60]<\/sup>. \u00bb<\/p>\n<p>Dans le chapitre suivant (ch. 10 \u00ab Too Cheap to Meter \u00bb), Griffith explique en d\u00e9tail que, gr\u00e2ce \u00e0 la technologie actuelle, la production d\u2019\u00e9nergie solaire et \u00e9olienne \u00e0 l\u2019\u00e9chelle d\u2019un service public surpasse d\u00e9j\u00e0 celle du gaz naturel et du charbon en termes de co\u00fbts<sup>[61]<\/sup>. Mais sa qu\u00eate ultime est de convaincre les lecteurs que <i>pratiquement tous les toits am\u00e9ricains <\/i>devraient \u00eatre \u00e9quip\u00e9s de panneaux solaires afin de r\u00e9aliser des \u00e9conomies encore plus importantes que celles offertes par les \u00e9nergies renouvelables \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du r\u00e9seau. Sa vision est r\u00e9sum\u00e9e dans cet extrait :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">[Traduction]<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u00ab Voici le point de transformation de l\u2019\u00e9nergie solaire sur les toits : parce qu\u2019il n\u2019y a pas de co\u00fbts de transmission et de distribution, il peut \u00eatre ph\u00e9nom\u00e9nalement bon march\u00e9. M\u00eame si le co\u00fbt de la production \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des services publics \u00e9tait gratuit, nous ne savons pas comment vous le transmettre et vous le vendre \u00e0 un prix inf\u00e9rieur au co\u00fbt de l\u2019\u00e9nergie solaire sur les toits. Cela ne signifie pas que le monde entier fonctionnera gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00e9nergie solaire et aux ressources distribu\u00e9es, mais cela signifie que si nous cherchons \u00e0 mettre en place le syst\u00e8me \u00e9nerg\u00e9tique le moins co\u00fbteux, une grande partie de l\u2019\u00e9nergie am\u00e9ricaine proviendra de nos toits et de nos communaut\u00e9s<sup>[62]<\/sup>. \u00bb<\/p>\n<p>Le chapitre d\u00e9crit ensuite la mani\u00e8re dont les co\u00fbts de la production d\u2019\u00e9nergie \u00e9olienne et solaire ont chut\u00e9 de fa\u00e7on spectaculaire ces derni\u00e8res ann\u00e9es, et on y pr\u00e9voit qu\u2019ils continueront \u00e0 chuter, \u00ab r\u00e9duisant probablement de moiti\u00e9 le co\u00fbt des \u00e9nergies renouvelables \u2014 un clou dans le cercueil des combustibles fossiles<sup>[63]<\/sup> \u00bb [traduction].<\/p>\n<p>Dans son chapitre de conclusion, \u00ab Bringing it all Home \u00bb<sup>[64]<\/sup>, Griffith d\u00e9ploie un effort de mod\u00e9lisation \u00e9labor\u00e9 pour d\u00e9montrer comment un grand programme de d\u00e9penses d\u2019investissement avec un financement \u00e0 faible co\u00fbt pour \u00e9quiper les maisons en vue d\u2019une production et d\u2019une utilisation maximales des \u00e9nergies renouvelables permettrait, \u00e0 long terme, de \u00ab nous faire \u00e9conomiser de l\u2019argent \u00e0 tous \u00bb par rapport au statu quo<sup>[65]<\/sup>. Le chapitre est instructif en ce qu\u2019il d\u00e9crit l\u2019\u00e9ventail complet des co\u00fbts des m\u00e9nages, la place de l\u2019\u00e9nergie dans le budget total et la mesure dans laquelle les co\u00fbts \u00e9nerg\u00e9tiques pourraient \u00eatre r\u00e9duits en adoptant pleinement les recommandations du livre<sup>[66]<\/sup>. La synth\u00e8se des donn\u00e9es effectu\u00e9e par Griffith indique que l\u2019\u00e9nergie solaire sur les toits devrait couvrir environ 75 % des besoins \u00e9nerg\u00e9tiques totaux des foyers et, en calculant un co\u00fbt \u00e0 long terme de 5 cents\/kWh pour cette \u00e9nergie produite \u00e0 domicile (sur la base d\u2019un co\u00fbt de financement de 2,9 %), tout en supposant un co\u00fbt moyen national de 14 cents\/ kWh pour l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 fournie par les services publics, il obtient une \u00e9conomie annuelle estim\u00e9e par foyer d\u2019<i>au moins <\/i>1 000 dollars et, \u00ab si nous nous en sortons tr\u00e8s bien \u00bb, de 2 500 dollars<sup>[67]<\/sup>.<\/p>\n<p>N\u00e9cessairement, une telle mod\u00e9lisation est pleine d\u2019hypoth\u00e8ses. Griffith admet que ses hypoth\u00e8ses sont \u00ab pouss\u00e9es \u00bb, mais \u00ab pas sans pr\u00e9c\u00e9dent \u00bb<sup>[68]<\/sup>. Ce qui pourrait laisser les lecteurs perplexes, c\u2019est ce qu\u2019il advient des co\u00fbts de transmission et de distribution qui, selon le livre, sont des \u00e9l\u00e9ments importants du co\u00fbt de l\u2019\u00e9nergie livr\u00e9e, sans parler des co\u00fbts fixes li\u00e9s au maintien de stations centrales pr\u00eates \u00e0 l\u2019emploi. Griffith ne tient apparemment pas compte de ces co\u00fbts lorsqu\u2019il s\u2019agit de calculer les \u00e9conomies massives suppos\u00e9es pour les utilisateurs finaux<sup>[69]<\/sup>. Mais les propri\u00e9taires d\u2019\u00e9nergie distribu\u00e9e d\u00e9pendent toujours du r\u00e9seau pour l\u2019\u00e9nergie de secours, <i>c.-\u00e0-d. <\/i>l\u2019\u00e9nergie produite la nuit ou par temps nuageux, \u00e0 moins qu\u2019ils ne soient pr\u00eats \u00e0 se d\u00e9coupler et \u00e0 compter sur les batteries de leur v\u00e9hicule \u00e9lectrique (ou sur les g\u00e9n\u00e9rateurs domestiques \u00e0 combustible fossile) pour traverser les heures sans soleil. Mais m\u00eame Griffith ne va pas aussi loin.<\/p>\n<p>L\u2019argument de Griffith en faveur d\u2019une participation importante du gouvernement dans le financement de l\u2019\u00e9lectrification des foyers et des voitures s\u2019appuie \u00e9galement sur des consid\u00e9rations de \u00ab justice climatique \u00bb. Il souligne \u00e0 juste titre que les riches sont les mieux plac\u00e9s pour assumer les \u00ab co\u00fbts d\u2019investissement initiaux \u00bb des panneaux solaires, des v\u00e9hicules \u00e9lectriques et autres gadgets de d\u00e9carbonisation, car \u00ab ils ont acc\u00e8s \u00e0 des cr\u00e9dits faciles et \u00e0 des pr\u00eats immobiliers \u00bb<sup>[70]<\/sup> [traduction]. En effet, certains Am\u00e9ricains bien nantis peuvent se permettre de payer leur VE de luxe gr\u00e2ce \u00e0 leurs \u00e9conomies et \u00e0 leurs liquidit\u00e9s. Pourtant, comme le souligne l\u2019auteur, c\u2019est le segment de la population \u00e0 faible revenu qui b\u00e9n\u00e9ficierait le plus de toute \u00e9conomie de co\u00fbts attribuable \u00e0 l\u2019\u00e9lectrification. Et il est \u00e9vident qu\u2019une conversion massive \u00e0 des syst\u00e8mes domestiques et de transport enti\u00e8rement \u00e9lectriques n\u00e9cessite une approche de ne \u00ab laisser aucun m\u00e9nage pour compte \u00bb. Griffith saisit donc le moment des \u00ab taux d\u2019int\u00e9r\u00eat historiquement bas \u00bb, qui co\u00efncident avec la pand\u00e9mie de 2020-2021, pour \u00ab financer les technologies et les infrastructures domestiques qui d\u00e9carboniseront nos futurs modes de vie \u00bb<sup>[71]<\/sup> [traduction].<\/p>\n<p><b>COMPENSER LES ANCIENNES ENTREPRISES \u00c9NERG\u00c9TIQUES <\/b><\/p>\n<p>Il est peut-\u00eatre surprenant, \u00e9tant donn\u00e9 les fr\u00e9quentes expressions de m\u00e9pris de Griffith \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019\u00ab industrie des combustibles fossiles \u00bb, qu\u2019<i>Electrify <\/i>propose un programme de compensation pour les \u00ab actifs abandonn\u00e9s \u00bb des anciennes soci\u00e9t\u00e9s d\u2019hydrocarbures. Selon lui, agir autrement reviendrait \u00e0 provoquer le genre de calamit\u00e9 financi\u00e8re que les \u00c9tats-Unis (et une grande partie du monde d\u00e9velopp\u00e9) ont connu lors de la crise du march\u00e9 hypoth\u00e9caire et du krach boursier de 2008. \u00ab Il est clair, d\u00e9clare-t-il, que nous ne pouvons pas simplement couper l\u2019herbe sous le pied de l\u2019industrie qui nous a donn\u00e9 la modernit\u00e9. Nous avons besoin d\u2019un plan<sup>[72]<\/sup> \u00bb [traduction].<\/p>\n<p>L\u2019auteur jette quelques hypoth\u00e8ses sur les marges b\u00e9n\u00e9ficiaires des r\u00e9serves prouv\u00e9es (des chiffres qui ne sont pas forc\u00e9ment compensatoires, \u00e9tant donn\u00e9 la hausse spectaculaire des prix du p\u00e9trole et du gaz depuis la mi-2021), et il arrive \u00e0 une hypoth\u00e8se de rachat de plusieurs milliards de dollars. La section est loin d\u2019\u00eatre \u00e9toff\u00e9e; elle ressemble davantage \u00e0 un geste \u2014 une offre d\u2019ouverture dans une n\u00e9gociation imaginaire. De plus, on ne sait pas exactement qui <i>paierait <\/i>les billions ou si les entreprises \u00e9nerg\u00e9tiques internationales et publiques (<i>p. ex. <\/i>les entreprises russes, saoudiennes et v\u00e9n\u00e9zu\u00e9liennes) allaient <i>recevoir <\/i>des versements ou si le plan de sauvetage \u00e9tait limit\u00e9 aux entreprises d\u00e9mocratiques occidentales.<\/p>\n<p>Le d\u00e9lai dans lequel les entreprises de combustibles fossiles seraient rachet\u00e9es n\u2019est pas non plus tr\u00e8s clair. Ailleurs, <i>Electrify <\/i>implique ce qui \u00e9quivaut \u00e0 un retrait progressif, les nouvelles machines \u00e0 \u00ab \u00e9nergie propre \u00bb \u00e9tant achet\u00e9es lorsque les anciennes atteignent la fin de leur vie utile<sup>[73]<\/sup>. Cela pourrait prendre des d\u00e9cennies. Pourtant, dans le chapitre sur la compensation de l\u2019industrie, tout en applaudissant l\u2019esprit des campagnes de \u00ab d\u00e9sinvestissement \u00bb visant \u00e0 \u00ab priver lentement l\u2019industrie des combustibles fossiles du pr\u00e9cieux capital dont elle a besoin \u00bb, l\u2019auteur affirme que cette strat\u00e9gie est trop lente pour \u00eatre efficace au vu de \u00ab l\u2019urgence et du caract\u00e8re in\u00e9vitable du changement climatique [\u2026] \u00bb<sup>[74]<\/sup> [traduction].<\/p>\n<p>Dans un chapitre particuli\u00e8rement int\u00e9ressant pour la communaut\u00e9 des r\u00e9gulateurs (\u00ab Rewrite the Rules ! \u00bb<sup>[75]<\/sup>), Griffith passe en revue les diverses lois et r\u00e9glementations f\u00e9d\u00e9rales et locales et les d\u00e9clare largement inadapt\u00e9es pour acc\u00e9l\u00e9rer la transition vers un monde d\u2019\u00e9nergie propre. Le chapitre aborde de nombreux aspects, des codes de construction \u00e0 la tarification, et s\u2019en prend notamment au \u00ab comptage net \u00bb \u2014 g\u00e9n\u00e9ralement consid\u00e9r\u00e9 comme une aubaine pour les producteurs d\u2019\u00e9nergie solaire domestique \u2014 qui <i>n\u2019est pas <\/i>\u00ab suffisant \u00bb, car les clients qui offrent un exc\u00e9dent d\u2019\u00e9nergie au r\u00e9seau ne se voient proposer que la valeur de gros, et non de d\u00e9tail, de leur kWh. De m\u00eame, la tarification en fonction de l\u2019heure de consommation \u00ab n\u2019est pas non plus suffisante \u00bb, selon Griffith, car \u00ab tout le monde n\u2019a pas le choix \u00bb du moment de la consommation<sup>[76]<\/sup>.<\/p>\n<p>Au lieu de cela, Griffith pr\u00e9conise une construction qu\u2019il appelle la \u00ab neutralit\u00e9 du r\u00e9seau \u00bb, qu\u2019il consid\u00e8re \u00e9videmment comme une d\u00e9mocratisation du syst\u00e8me \u00e9lectrique, tout comme Internet l\u2019a fait pour l\u2019information et le commerce<sup>[77]<\/sup>. Dans le cadre de ce syst\u00e8me, les m\u00e9nages, comme les services publics, pouvaient acheter et vendre de l\u2019\u00e9nergie entre eux. Les services publics, admet-il, \u00ab n\u2019aiment pas cette id\u00e9e, en particulier ceux qui essaient \u00e9galement de prot\u00e9ger leurs activit\u00e9s dans le domaine du gaz naturel \u00bb, mais cet int\u00e9r\u00eat personnel patent\u00e9 ne devrait pas, selon Griffith, intimider le public et l\u2019emp\u00eacher d\u2019imposer une r\u00e9flexion plus avant-gardiste :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">[Traduction]<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u00ab Mais rappelez-vous que \u00ab nous, le peuple \u00bb, r\u00e9gulons les services publics, donc nous n\u2019avons pas \u00e0 les craindre. Nous pouvons les contr\u00f4ler; nous devons simplement exprimer notre volont\u00e9 collective \u00bb<sup>[78]<\/sup>.<\/p>\n<p><b>CONCLUSION <\/b><\/p>\n<p>L\u2019ambitieux \u00ab livre de jeu \u00bb de 269 pages de Griffith pour un avenir \u00e9nerg\u00e9tique d\u00e9carbon\u00e9, qui comporte plusieurs volets, est \u00e0 la fois exhaustif et \u00e9puisant. Le d\u00e9fi du lecteur consiste en partie \u00e0 trier, dans les boisseaux remplis de faits, de chiffres, de graphiques et d\u2019opinions, ce qui est incontestable de ce qui est plus controvers\u00e9 ou \u00ab hors sujet \u00bb. Les arguments qui rel\u00e8vent de ces deux derni\u00e8res cat\u00e9gories obligeront les lecteurs \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir et, si leur expertise est limit\u00e9e, \u00e0 chercher d\u2019autres sources pour s\u2019informer davantage \u2014 et \u00e0 se pr\u00e9parer au d\u00e9bat.<\/p>\n<p>Griffith n\u2019est pas le plus objectif des guides. Dans un domaine qui fait g\u00e9n\u00e9ralement appel \u00e0 l\u2019empirisme, \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre, \u00e0 des hypoth\u00e8ses conservatrices et \u00e0 des jugements sobres, il appara\u00eet souvent comme un meneur de claque et un proph\u00e8te d\u2019un mouvement qu\u2019il consid\u00e8re litt\u00e9ralement comme le sauveur du monde. Le s\u00e9rieux et la passion qu\u2019il apporte \u00e0 sa t\u00e2che semblent authentiques. Et il est bon de savoir que, m\u00eame si <i>Electrify <\/i>s\u2019enfonce dans les profondeurs techniques et politiques de son sujet, le style d\u2019\u00e9criture de Griffith est d\u2019une clart\u00e9 et d\u2019une aisance louables \u2014 souvent plaisantin et parfois m\u00eame profane \u2014 car il s\u2019efforce de d\u00e9tendre l\u2019atmosph\u00e8re et de forger une camaraderie avec son lectorat.<\/p>\n<p>Parfois, Griffith se trompe tout simplement. Il fait inexplicablement r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 \u00ab l\u2019Accord de Paris de 2016 [sic] pour \u00e9viter une crise climatique \u00bb<sup>[79]<\/sup>. Dans son chapitre sur la pr\u00e9paration \u00e0 la \u00ab guerre \u00bb, il nous dit qu\u2019en 1939, \u00ab l\u2019humeur du pays, en particulier parmi les d\u00e9mocrates du New Deal, \u00e9tait contre l\u2019intervention dans les affaires internationales \u00bb [traduction]. Alors que le sentiment de ne pas s\u2019impliquer en Europe \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1930 avait des adh\u00e9rents de gauche et de droite, le pr\u00e9sident Roosevelt \u2014 le leader du New Deal \u2014 a cherch\u00e9 \u00e0 s\u2019impliquer <i>davantage<\/i>, alors qu\u2019il naviguait entre les vents contraires politiques qui s\u2019opposaient \u00e0 une aide active aux Alli\u00e9s<sup>[80]<\/sup>. Le chapitre de Griffith suscitant l\u2019enthousiasme pour une explosion des d\u00e9penses publiques afin de lutter contre le ch\u00f4mage et de sortir le pays de la r\u00e9cession<sup>[81]<\/sup> semble presque pittoresque au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 2022, alors que le ch\u00f4mage est faible, que les bons emplois se font rares et que l\u2019inflation (en partie due aux mesures de relance du gouvernement) est une r\u00e9elle pr\u00e9occupation. Dans une annexe<sup>[82]<\/sup>, Griffith s\u2019en prend violemment \u00e0 la s\u00e9questration et \u00e0 l\u2019utilisation du carbone (m\u00eame en tant que compl\u00e9ment \u00e0 la combustion de combustibles carbonif\u00e8res) et d\u00e9nonce la fracturation et le gaz naturel \u2014 tous des piliers \u00e9nerg\u00e9tiques du XX<sup>e <\/sup>si\u00e8cle (ou, dans le cas de la s\u00e9questration du carbone, une technologie de pointe prometteuse)<sup>[83]<\/sup>.<\/p>\n<p>Il convient de garder \u00e0 l\u2019esprit deux mises en garde importantes. Premi\u00e8rement, Griffith est un scientifique et un ing\u00e9nieur, mais pas un climatologue, et il ne tente pas de r\u00e9examiner le consensus sur les GES. Au contraire, il adh\u00e8re sans r\u00e9serve \u00e0 ses pr\u00e9dictions les plus sombres et s\u2019en sert comme d\u2019un tremplin pour mettre au d\u00e9fi le secteur \u00e9nerg\u00e9tique en place d\u2019accepter une s\u00e9rie de changements. Deuxi\u00e8mement, son analyse et ses prescriptions en mati\u00e8re de r\u00e9forme visent express\u00e9ment les \u00c9tats-Unis. Bien que le changement climatique soit manifestement un probl\u00e8me mondial, le reste de la plan\u00e8te ne fait l\u2019objet que d\u2019une attention superficielle. Son postulat est que si les \u00c9tats-Unis font le m\u00e9nage, le reste du monde suivra. Les lecteurs peuvent se demander si cette pr\u00e9misse tient la route.<\/p>\n<p>Pour ceux qui sont d\u00e9j\u00e0 enclins \u00e0 accepter que le changement climatique soit le d\u00e9fi le plus redoutable pour l\u2019humanit\u00e9, l\u2019absolutisme de l\u2019auteur et sa d\u00e9votion \u00e0 l\u2019action radicale se r\u00e9v\u00e9leront stimulants. Ses strat\u00e9gies de rem\u00e9diation, teint\u00e9es d\u2019un optimisme ensoleill\u00e9, permettront aux lecteurs persuad\u00e9s d\u2019entrer dans la m\u00eal\u00e9e avec des concepts sp\u00e9cifiques, ainsi que des statistiques et des graphiques \u00e0 profusion. D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, les pragmatiques de l\u2019\u00e9nergie et les sceptiques du changement climatique devraient trouver l\u2019ouvrage utile en tant que recueil des positions que les d\u00e9fenseurs de l\u2019\u00e9nergie verte d\u00e9fendront dans les forums publics, alors autant se familiariser avec elles.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol class=\"footnote\">\n<li>L\u2019article qui suit est une r\u00e9impression avec la permission de celui qui est paru dans l\u2019Energy Law Journal, Volume 43, No 1.<\/li>\n<\/ol>\n<p class=\"footnote\">* Kenneth A. Barry est l\u2019ancien conseiller principal en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie de Reynolds Metals Co. \u00e0 Richmond, VA, et il a \u00e9t\u00e9 conseiller dans la section de r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie du bureau de Hunton Andrews Kurth \u00e0 Washington, D.C. Il a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 collaborateur r\u00e9gulier de deux publications nationales sur le droit de l\u2019\u00e9nergie.<\/p>\n<ol class=\"footnote\" start=\"2\">\n<li>La jaquette du livre d\u00e9crit Griffith comme un \u00ab inventeur, entrepreneur et ing\u00e9nieur \u00bb, fondateur de Rewiring America (une organisation \u00e0 but non lucratif dont la mission est de \u00ab d\u00e9carboniser l\u2019Am\u00e9rique en \u00e9lectrifiant tout \u00bb). Dans le texte, il se pr\u00e9sente comme un \u00ab expert en syst\u00e8mes \u00e9nerg\u00e9tiques \u00bb. Saul Griffith, <i>Electrify: An Optimist\u2019s Playbook for Our Clean Energy Future<\/i>, Cambridge, MIT Press, 2021 \u00e0 la p 2 (\u00ab <i>Electrify <\/i>\u00bb).<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>aux pp xi, 2.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>\u00e0 la p xi.<\/li>\n<li>L\u2019ouvrage de Griffith vise directement les politiques et les pratiques des \u00c9tats-Unis, m\u00eame s\u2019il \u00e9largit parfois sa perspective.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>\u00e0 la p xiii.<\/li>\n<li><i>Ibid<\/i>.<\/li>\n<li><i>Ibid<\/i>. Toutefois, pour illustrer la rapidit\u00e9 avec laquelle les choses changent dans l\u2019\u00e9conomie, au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 2022 (date de la pr\u00e9sente \u00e9tude), le taux de ch\u00f4mage est revenu \u00e0 un niveau inf\u00e9rieur \u00e0 10 % aux \u00c9tats-Unis, et le plus grand d\u00e9fi consiste \u00e0 trouver des candidats pour occuper les nombreux postes vacants.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 2.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 11.<\/li>\n<li><i>Ibid<\/i>. \u00c0 ce stade, le livre renvoie les lecteurs \u00e0 un \u00ab ab\u00e9c\u00e9daire de la science du climat \u00bb \u00e0 l\u2019annexe C.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>aux pp 12, 14.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 20. Dans le chapitre qui suit imm\u00e9diatement sur les occasions que repr\u00e9sentent les urgences (\u00ab Emergencies Are Opportunities for Lasting Change \u00bb, aux pp 21\u201328), Griffith propose un montage de moments de l\u2019histoire des \u00c9tats-Unis o\u00f9 les dirigeants ont r\u00e9pondu \u00e0 des d\u00e9fis ou \u00e0 des crises par des programmes majeurs, impliquant souvent des fardeaux financiers importants. Le \u00ab New Deal \u00bb, la mobilisation pour la Seconde Guerre mondiale et la course \u00e0 l\u2019espace sont quelques exemples de cette tourn\u00e9e des points d\u2019inflexion de l\u2019histoire du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 47.<\/li>\n<li>Voir g\u00e9n\u00e9ralement <i>ibid <\/i>aux pp 51\u201361 (chapitre \u00ab Electrify! \u00bb).<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 61.<\/li>\n<li><i>Ibid<\/i>.<\/li>\n<li><i>Ibid<\/i>.<\/li>\n<li><i>Ibid<\/i>. Pour l\u2019application dans les avions, Griffith pr\u00e9cise que les biocarburants, plut\u00f4t que les batteries, constitueront un remplacement durable.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 63.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 65.<\/li>\n<li><i>Ibid<\/i>.<\/li>\n<li><i>Ibid<\/i>.<\/li>\n<li><i>Ibid<\/i>.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 66.<\/li>\n<li><i>Ibid<\/i>.<\/li>\n<li><i>Ibid<\/i>.<\/li>\n<li><i>Ibid<\/i>. Pour nous aider \u00e0 visualiser l\u2019espace terrestre requis, Griffith inclut une page avec des carr\u00e9s de diff\u00e9rentes tailles indiquant la quantit\u00e9 de terre, proportionnellement, consacr\u00e9e aux terres cultiv\u00e9es, aux for\u00eats, aux p\u00e2turages, aux parcs ruraux, aux villes, aux routes, <i>etc. Ibid <\/i>\u00e0 la p 67.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 68. Il se peut que certains propri\u00e9taires ne veuillent pas voir de panneaux solaires orner leur propre toit ou celui de leurs voisins, mais la consid\u00e9ration esth\u00e9tique n\u2019est pas abord\u00e9e. En outre, dans la mesure o\u00f9 les syst\u00e8mes de distribution sont d\u00e9j\u00e0 install\u00e9s l\u00e0 o\u00f9 les gens vivent, il n\u2019est pas \u00e9vident qu\u2019une approche relativement plus centralis\u00e9e de l\u2019implantation des capteurs solaires co\u00fbterait trop cher du c\u00f4t\u00e9 de la transmission et de la distribution.<\/li>\n<li><i>Ibid<\/i>.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 69.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>aux pp 69\u201370.<\/li>\n<li><i>Ibid<\/i>.<\/li>\n<li><i>Ibid<\/i>.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 71. Dire que la Chine \u00ab ralentit \u00bb semble \u00eatre une exag\u00e9ration. Une \u00e9tude rapide de la litt\u00e9rature en ligne permet d\u2019apprendre que la Chine met l\u2019accent sur la construction de centrales nucl\u00e9aires pour se diversifier et s\u2019affranchir de sa forte d\u00e9pendance actuelle \u00e0 l\u2019\u00e9gard des combustibles fossiles. Elle a fait part de son intention de construire un grand nombre de nouveaux r\u00e9acteurs dans le cadre de l\u2019engagement qu\u2019elle a pris lors de la conf\u00e9rence mondiale sur le changement climatique qui se tiendra \u00e0 Glasgow en 2021. Voir \u00ab Nuclear power in China \u00bb (derni\u00e8re modification le 10 mars 2022), en ligne : <i>Wikipedia <\/i>&lt;<a href=\"http:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Nuclear_power_in_China\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">en.wikipedia.org\/wiki\/Nuclear_power_in_China<\/a>&gt;.<\/li>\n<li>Voir \u00ab Japan\u2019s Nuclear Power Plants in 2021 \u00bb (31 mars 2021), en ligne : <i>Nippon <\/i>&lt;<a href=\"http:\/\/www.nippon.com\/en\/japan-data\/h00967\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">www.nippon.com\/en\/japan-data\/h00967\/<\/a>&gt;.<\/li>\n<li>Voir \u00ab Nuclear power in Japan \u00bb (derni\u00e8re modification 9 mars 2021), en ligne : <i>Wikipedia <\/i>&lt;<a href=\"http:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Nuclear_power_in_Japan\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">en.wikipedia.org\/wiki\/Nuclear_power_in_Japan<\/a>&gt;.<\/li>\n<li><i>Electrify<\/i>, <i>supra <\/i>note 2 \u00e0 la p 71.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 72.<\/li>\n<li><i>Ibid<\/i>.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>aux pp 75\u201395.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 76.<\/li>\n<li><i>Ibid<\/i>.<\/li>\n<li><i>Ibid<\/i>.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 77.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 78. En l\u2019occurrence, dans son livre <i>Electrify<\/i>, il ne tient pas compte des nouvelles habitudes de t\u00e9l\u00e9travail des travailleurs de bureau engendr\u00e9es par la pand\u00e9mie; de m\u00eame, un cycle diurne aussi simplifi\u00e9 ne semble pas reconna\u00eetre que les charges de chauffage ou de climatisation restent actives l\u2019apr\u00e8s-midi, selon la p\u00e9riode de l\u2019ann\u00e9e, dans la plupart des climats \u2014 bien que Griffith reconnaisse presque simultan\u00e9ment que \u00ab les charges thermiques [\u00e9lectriques] sont grandes et lourdes \u00bb.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 83.<\/li>\n<li><i>Ibid<\/i>.<\/li>\n<li><i>Ibid<\/i>.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 84.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>aux pp 84\u201385. Ce chapitre ne montre pas clairement comment le stockage thermique fonctionne comme celui d\u2019\u00e9lectricit\u00e9, \u00e0 moins que Griffith ne parle simplement d\u2019incitations \u00e0 l\u2019interruption de la demande et au d\u00e9placement de la charge. Quelques pages plus loin, l\u2019auteur aborde la \u00ab r\u00e9ponse \u00e0 la demande \u00bb en tant que m\u00e9thode de gestion de l\u2019inad\u00e9quation entre la charge et l\u2019offre.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 86.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 87.<\/li>\n<li>Cet examinateur conna\u00eet bien l\u2019industrie de l\u2019aluminium, par exemple, qui est con\u00e7ue pour une production en continu. L\u2019industrie n\u00e9gocie pour obtenir de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 \u00e0 moindre co\u00fbt associ\u00e9e \u00e0 un service continu et peut supporter certaines interruptions temporaires, mais pas pendant plusieurs heures d\u2019affil\u00e9e. Une journ\u00e9e nuageuse entra\u00eenant une p\u00e9nurie prolong\u00e9e d\u2019\u00e9nergie solaire pourrait \u00eatre une catastrophe pour une fonderie d\u2019aluminium.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 87.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>aux pp 90\u201391.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 93. Notamment, Griffith utilise un co\u00fbt de production hypoth\u00e9tique pour l\u2019\u00e9olien et le solaire de seulement 2 \u00e0 4 cents par kWh; ce qui semble peu, m\u00eame pour l\u2019\u00e9nergie solaire \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du service public, et ne tient pas compte des co\u00fbts d\u2019investissement suppl\u00e9mentaires li\u00e9s \u00e0 la transmission.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>aux pp 98\u2013101.<\/li>\n<li>Plus loin dans son livre, Griffith consacre un chapitre entier \u2014 \u00ab Mobilizing for World War Zero \u00bb \u2014 \u00e0 l\u2019approfondissement de ce point, au cas o\u00f9 les lecteurs l\u2019auraient perdu jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent. <i>Ibid <\/i>aux pp 163\u201372.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 101.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>aux pp 104 et s. Les comparaisons des co\u00fbts de production sont toujours un sujet compliqu\u00e9, et d\u00e9pendent fortement des hypoth\u00e8ses. On peut voir imm\u00e9diatement que la comparaison dans le chapitre en question utilise le \u00ab co\u00fbt nivel\u00e9 de l\u2019\u00e9nergie \u00bb pour la capacit\u00e9 \u00e9olienne, solaire et de combustibles fossiles. Mais une grande partie de la capacit\u00e9 des centrales au gaz naturel et au charbon est d\u00e9j\u00e0 construite et en service; par cons\u00e9quent, leur co\u00fbt d\u2019exploitation variable est \u00e9galement pertinent pour une comparaison.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 105.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 109. Griffith oublie de mentionner qu\u2019une grande partie de la r\u00e9duction des co\u00fbts de l\u2019\u00e9nergie solaire est due \u00e0 la prise de contr\u00f4le du secteur par la Chine. Voir Daniel Yergin, <i>The New Map<\/i>, New York, Penguin Random House, 2020 aux pp 396-97, indiquant que pr\u00e8s de 70 % des panneaux solaires sont fabriqu\u00e9s en Chine; plus de 80 % par des entreprises chinoises \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur ou \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de la Chine, et que pr\u00e8s de 95 % des cellules solaires, qui constituent le coeur des cellules solaires, y sont produits. Yergin note que \u00ab le co\u00fbt des panneaux solaires a connu une baisse extraordinaire de 85 % entre 2010 et 2019, principalement gr\u00e2ce \u00e0 la fabrication et \u00e0 la capacit\u00e9 massive de la Chine et aux am\u00e9liorations techniques \u00bb, ainsi qu\u2019\u00e0 ce qu\u2019une organisation de d\u00e9fense des \u00e9nergies renouvelables a qualifi\u00e9 de \u00ab prix d\u00e9fiant toute concurrence \u00bb en raison de la surcapacit\u00e9 de la Chine. <i>Ibid <\/i>aux pp 397\u201398.<\/li>\n<li><i>Electrify<\/i>, <i>supra <\/i>note 2 aux pp 112\u201329 (chapitre 10).<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 112.<\/li>\n<li>Le chapitre contient m\u00eame un tableau d\u00e9crivant l\u2019utilisation de l\u2019\u00e9nergie par les m\u00e9nages, \u00c9tat par \u00c9tat, ventil\u00e9e par source de combustible. <i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 116.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>aux pp 121\u201322.<\/li>\n<li><i>Ibid<\/i>.<\/li>\n<li>Outre la citation du \u00ab point de transformation \u00bb ci-dessus (<i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 105), Griffith souligne (<i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 104) que m\u00eame les co\u00fbts \u00ab remarquablement bas \u00bb de l\u2019\u00e9nergie solaire \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du r\u00e9seau peuvent \u00eatre battus par la production domestique : \u00ab Bizarrement, cependant, l\u2019\u00e9nergie solaire sur les toits peut \u00eatre encore moins ch\u00e8re, car si vous produisez vous-m\u00eame de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, vous n\u2019avez pas \u00e0 payer pour la distribution \u00bb (<i>Ibid<\/i>).<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 125.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 129. Les lecteurs en 2022 noteront toutefois que les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat quasi nuls invoqu\u00e9s par Griffith sont en train de passer \u00e0 des taux plus \u00e9lev\u00e9s, l\u2019inflation devenant une pr\u00e9occupation dominante.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 133.<\/li>\n<li>Voir par ex l\u2019argument de Griffith selon lequel le paiement du gouvernement pour le co\u00fbt de la transition \u00ab ne s\u2019\u00e9l\u00e8verait qu\u2019\u00e0 environ 300 milliards de dollars par an pendant les 15 ann\u00e9es de mobilisation \u00bb [traduction]. <i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 154, ou lorsque Griffith sugg\u00e8re que le prix \u00e9lev\u00e9 du \u00ab Green New Deal \u00bb doit \u00eatre relativis\u00e9 : \u00ab [\u2026] ce montant sera \u00e9tal\u00e9 sur 15 \u00e0 20 ans. Il s\u2019agit principalement de d\u00e9penses que le pays allait faire de toute fa\u00e7on \u2014 tout le monde va acheter une nouvelle voiture ou deux au cours de ces 20 ans, et des appareils \u00e9lectrom\u00e9nagers, et fera des r\u00e9novations de maisons [\u2026] \u00bb [traduction] <i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 153.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>aux pp 133\u201334.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>aux pp 137\u201344.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 142.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>aux pp 143\u201344.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 143.<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>\u00e0 la p 14. L\u2019entente \u00e9t\u00e9 conclu en d\u00e9cembre 2015.<\/li>\n<li>\u00c0 l\u2019inverse, le s\u00e9nateur Robert Taft, \u00e9minent leader r\u00e9publicain, s\u2019est oppos\u00e9 ardemment \u00e0 toute implication des \u00c9tats-Unis dans le conflit en Europe, jusqu\u2019au bombardement de Pearl Harbor en d\u00e9cembre 1941, bien que l\u2019isolationnisme de Taft lui attire les feux crois\u00e9s des r\u00e9publicains lib\u00e9raux. Voir g\u00e9n\u00e9ralement Sarah Churchwell, <i>Behold, America<\/i>, New York, Basic Books, 2018 pour un compte rendu du soutien ou de la tol\u00e9rance des \u00c9tats-Unis envers les r\u00e9gimes fascistes en Europe \u00e0 cette \u00e9poque.<\/li>\n<li><i>Electrify<\/i>, <i>supra <\/i>note 2 aux pp 145\u201361 (chapitre 15 : \u00ab Jobs, Jobs, Jobs \u00bb).<\/li>\n<li><i>Ibid <\/i>aux pp 193\u201394.<\/li>\n<li>Voir Yergin, <i>supra <\/i>note 63 \u00e0 la p 405 (\u00ab Le pacte climatique de Paris de 2015 a donn\u00e9 un nouvel \u00e9lan au d\u00e9veloppement du \u201ccaptage et du stockage du carbone\u201d, ou CSC. \u00c0 peu pr\u00e8s \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque, un \u201cU\u201d pour \u201cutilisation\u201d a \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9 \u00e0 l\u2019acronyme\u2026 CSUC prend de nombreuses formes aujourd\u2019hui. Par exemple, le carbone captur\u00e9 est utilis\u00e9 pour fabriquer des produits comme le ciment et l\u2019acier. la \u201ccapture directe dans l\u2019air\u201d, qui consiste \u00e0 extraire le CO<sub>2 <\/sub>de l\u2019air, semblait fantaisiste, mais des progr\u00e8s ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s et des unit\u00e9s sont mises \u00e0 l\u2019\u00e9chelle \u00bb [traduction].)<\/li>\n<\/ol>\n<p><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un plaidoyer passionn\u00e9 en faveur de la mise hors service et du remplacement de tous les \u00e9quipements existants dans la cha\u00eene des combustibles fossiles \u2014 de l\u2019exploration et de la production \u00e0 l\u2019utilisation \u2014 le livre de Saul Griffith intitul\u00e9 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":12,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[36],"tags":[],"coauthors":[264],"class_list":["post-3829","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-book-reviews","volume-volume-10-issue-1-2022"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.4 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Analyse de Saul Griffith intitul\u00e9 Electrify: An Optimist\u2019s Playbook for Our Clean Energy Future[1] - Publication trimestrielle sur la r\u00e8glementation de l\u2019\u00e9nergie<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/book-reviews\/review-of-saul-griffiths-electrify-an-optimists-playbook-for-our-clean-energy-future1\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"[:en]Review of Saul Griffith\u2019s Electrify: An Optimist\u2019s Playbook for Our Clean Energy Future[1][:fr]Analyse de Saul Griffith intitul\u00e9 Electrify: An Optimist\u2019s Playbook for Our Clean Energy Future[1][:] - Publication trimestrielle sur la r\u00e8glementation de l\u2019\u00e9nergie\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Un plaidoyer passionn\u00e9 en faveur de la mise hors service et du remplacement de tous les \u00e9quipements existants dans la cha\u00eene des combustibles fossiles \u2014 de l\u2019exploration et de la production \u00e0 l\u2019utilisation \u2014 le livre de Saul Griffith intitul\u00e9 [&hellip;]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/book-reviews\/review-of-saul-griffiths-electrify-an-optimists-playbook-for-our-clean-energy-future1\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Publication trimestrielle sur la r\u00e8glementation de l\u2019\u00e9nergie\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2022-05-04T14:55:05+00:00\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"Kenneth A. 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