{"id":3331,"date":"2021-04-14T17:37:33","date_gmt":"2021-04-14T17:37:33","guid":{"rendered":"https:\/\/www.energyregulationquarterly.ca\/?p=3331"},"modified":"2022-06-24T14:17:15","modified_gmt":"2022-06-24T14:17:15","slug":"2020-developments-in-administrative-law-relevant-to-energy-law1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/fr\/regular-features\/2020-developments-in-administrative-law-relevant-to-energy-law1","title":{"rendered":"\u00c9volution du droit administratif pertinent au droit et \u00e0 la r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie en 2020<sup>1<\/sup>"},"content":{"rendered":"<p><strong>INTRODUCTION<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir boulevers\u00e9 les principes et la m\u00e9thodologie du contr\u00f4le judiciaire canadien des actions administratives \u00e0 la toute fin de 2019, la Cour supr\u00eame du Canada a fait une pause dans le droit administratif tout au long de 2020. Ce n\u2019est qu\u2019en f\u00e9vrier 2021, avec l\u2019audience pr\u00e9vue de l\u2019appel dans l\u2019affaire <em>Northern Regional Health Authority v Manitoba <\/em>(<em>Human Rights Commission<\/em>)<sup>[2]<\/sup>, que la Cour supr\u00eame reviendra \u00e0 la charge et sera confront\u00e9e \u00e0 au moins une question en suspens r\u00e9sultant de l\u2019affaire <em>Canada (ministre de la Citoyennet\u00e9 et de l\u2019Immigration) c Vavilov<\/em><sup>[3]<\/sup>, et des deux autres arr\u00eats<sup>[4]<\/sup> associ\u00e9s \u00e0 ce pr\u00e9c\u00e9dent fondamental.<\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, cet examen annuel du droit administratif et de son impact sur le droit et la r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie n\u2019impliquera pas le d\u00e9ballage de nouveaux arr\u00eats de la Cour supr\u00eame. Il se concentrera plut\u00f4t sur l\u2019impact imm\u00e9diat de l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov <\/em>et de ses proches parents sur la conduite du contr\u00f4le judiciaire et des appels pr\u00e9vus par la loi des d\u00e9cisions de toutes sortes des organismes de r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie. En aucun cas cela ne permettra-t-il de rendre un examen exhaustif des cons\u00e9quences de l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov <\/em>sur l\u2019ensemble des d\u00e9cisions administratives. Il s\u2019agira plut\u00f4t d\u2019un aper\u00e7u de l\u2019impact de l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov <\/em>dans le domaine du droit r\u00e9glementaire dont traite cette revue. Qu\u2019est-ce qui a chang\u00e9 en ce qui concerne le contr\u00f4le judiciaire des d\u00e9cisions en mati\u00e8re de r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie par suite de l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov<\/em>, et quelles incertitudes ce dernier a-t-il cr\u00e9\u00e9es ou laiss\u00e9es non r\u00e9solues<sup>[5]<\/sup>?<\/p>\n<p>Parmi ces incertitudes figure l\u2019impact de l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov <\/em>sur l\u2019obligation de consulter et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, d\u2019accommoder les droits, les revendications et les int\u00e9r\u00eats des peuples autochtones. J\u2019ai consacr\u00e9 une section \u00e0 l\u2019examen de la question de savoir si l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov <\/em>implique un recalibrage de la norme \u00e0 appliquer lors du contr\u00f4le judiciaire des d\u00e9cisions des organismes de r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie concernant ces droits, revendications et int\u00e9r\u00eats. Dans une section s\u00e9par\u00e9e, je couvrirai \u00e9galement un champ plus large et examinerai d\u2019autres cas de jurisprudence se rapportant \u00e0 l\u2019\u00e9volution continue de l\u2019obligation de consulter ainsi que d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments de l\u2019honneur de la Couronne qui ont une incidence sur la loi et la r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie. Enfin, dans ce contexte, je vais \u00e9galement sp\u00e9culer sur les ramifications possibles pour les organismes de r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie si le projet de loi C-15, <em>Loi concernant la D\u00e9claration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones<\/em>, devait \u00eatre adopt\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019autre domaine que j\u2019examinerai concerne les consid\u00e9rations discr\u00e9tionnaires relatives \u00e0 l\u2019acc\u00e8s au contr\u00f4le judiciaire et aux appels pr\u00e9vus par la loi des d\u00e9cideurs administratifs, tant au d\u00e9but de ces proc\u00e9dures que lorsque des recours sont accord\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>L\u2019IMPACT DE L\u2019ARR\u00caT <em>VAVILOV<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>Contr\u00f4le par voie d\u2019appel<\/strong><\/p>\n<p>Sans aucun doute, le changement le plus important, et d\u2019ailleurs le plus critiqu\u00e9<sup>[6]<\/sup>, apport\u00e9 par l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov <\/em>est l\u2019adoption d\u2019une r\u00e8gle selon laquelle, \u00e0 moins que d\u2019autres normes ne soient sp\u00e9cifi\u00e9es dans la l\u00e9gislation, lorsqu\u2019une d\u00e9cision administrative est port\u00e9e devant les tribunaux par le biais d\u2019un appel pr\u00e9vu par la loi, le contr\u00f4le aura lieu selon les crit\u00e8res \u00e9tablis pour les appels dans les litiges civils dans l\u2019affaire <em>Housen c Nikolaisen<\/em><sup>[7]<\/sup> \u2014 la d\u00e9cision correcte pour les pures questions de droit, et erreur manifeste et dominante pour les questions de fait et les questions mixtes de droit et de fait dont il n\u2019est pas possible d\u2019extraire facilement une pure question de droit.<\/p>\n<p>Pour les adeptes de la d\u00e9f\u00e9rence, cela a sonn\u00e9 l\u2019alarme. Avec l\u2019abandon de la pr\u00e9somption de contr\u00f4le selon la norme de la d\u00e9cision raisonnable dans les appels pr\u00e9vus par la loi au profit d\u2019un r\u00e9gime selon la norme de la d\u00e9cision correcte, m\u00eame lorsqu\u2019un d\u00e9cideur interpr\u00e8te sa propre loi ou une loi fr\u00e9quemment rencontr\u00e9e, on a dit qu\u2019il y aurait un abandon de la d\u00e9f\u00e9rence judiciaire ou du respect des d\u00e9cisions de plusieurs des principaux organismes de r\u00e9glementation du Canada. Il a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 avanc\u00e9 que cette diminution de l\u2019engagement \u00e0 la d\u00e9f\u00e9rence ouvrirait la porte \u00e0 un recours plus fr\u00e9quent aux tribunaux pour les d\u00e9cisions r\u00e9glementaires. Certains ont estim\u00e9 que cela \u00e9tait bien plus \u00e0 l\u2019avantage des entreprises r\u00e9glement\u00e9es que de celles qui cherchent \u00e0 d\u00e9fendre l\u2019int\u00e9r\u00eat public sur lequel reposent les r\u00e9gimes r\u00e9glementaires<sup>[8]<\/sup>. En revanche, d\u2019autres personnes tout aussi pr\u00e9occup\u00e9es ont consid\u00e9r\u00e9 cet aspect de l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov <\/em>comme un risque r\u00e9glementaire croissant pour un secteur d\u00e9j\u00e0 menac\u00e9 par une exposition r\u00e9guli\u00e8re au contr\u00f4le judiciaire et \u00e0 l\u2019appel<sup>[9]<\/sup>.<\/p>\n<p>\u00c0 ce stade, il est bien trop t\u00f4t pour \u00e9valuer si ce changement radical a eu ces effets \u2014 une augmentation du nombre d\u2019appels pr\u00e9vus par la loi, la majorit\u00e9 \u00e9tant introduite par des entit\u00e9s r\u00e9glement\u00e9es par opposition aux groupes d\u2019int\u00e9r\u00eat public ou aux participants individuellement concern\u00e9s par le processus r\u00e9glementaire. Il faut \u00e9galement \u00e9valuer dans quelle mesure l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov <\/em>a r\u00e9duit l\u2019\u00e9cart entre le contr\u00f4le selon la norme de la d\u00e9cision correcte et de la d\u00e9cision raisonnable. En d\u2019autres termes, pour les adeptes de la d\u00e9f\u00e9rence et les organismes de r\u00e9glementation qui cherchent \u00e0 pr\u00e9server le respect de leur expertise et, plus g\u00e9n\u00e9ralement, leur autonomie et leurs imp\u00e9ratifs op\u00e9rationnels, la v\u00e9ritable question n\u2019est peut-\u00eatre pas tant l\u2019impact de la r\u00e9duction de la d\u00e9f\u00e9rence dans le domaine des appels pr\u00e9vus par la loi que l\u2019orientation plus g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov <\/em>vers une r\u00e9vision minutieuse de toutes les questions de droit, qu\u2019elles soient port\u00e9es devant les tribunaux par un appel pr\u00e9vu par la loi <strong>ou <\/strong>un contr\u00f4le judiciaire.<\/p>\n<p>Cette possibilit\u00e9 est soulign\u00e9e par plusieurs des facteurs contextuels potentiellement pertinents que la majorit\u00e9 dans <em>Vavilov <\/em>a d\u00e9sign\u00e9s comme ayant une incidence sur la conduite du contr\u00f4le selon la norme de la d\u00e9cision raisonnable. Il y avait un avertissement g\u00e9n\u00e9ral selon lequel la norme de la d\u00e9cision raisonnable est une forme de contr\u00f4le \u00ab\u00a0rigoureux\u00a0\u00bb<sup>[10]<\/sup>. Lorsque cela est li\u00e9 par des renvois \u00e0 des questions auxquelles il n\u2019y a qu\u2019une seule r\u00e9ponse correcte<sup>[11]<\/sup>, un concept de manque d\u2019autorit\u00e9<sup>[12]<\/sup> qui ressemble remarquablement \u00e0 la cat\u00e9gorie de comp\u00e9tence maintenant discr\u00e9dit\u00e9e, et l\u2019imp\u00e9ratif de suivre l\u2019approche moderne d\u2019interpr\u00e9tation l\u00e9gislative<sup>[13]<\/sup>, il existe une possibilit\u00e9 distincte que, dans de nombreux cas, il y aura peu ou pas de diff\u00e9rence \u00e0 la fois dans le discours et le r\u00e9sultat entre le contr\u00f4le selon la norme de la d\u00e9cision correcte et celle de la d\u00e9cision raisonnable. Il est cependant trop t\u00f4t, \u00e0 mon avis, pour \u00e9valuer en se fondant sur la jurisprudence si ces craintes sont justifi\u00e9es. Il faut attendre une \u00e9valuation empirique bas\u00e9e sur un \u00e9chantillon plus large que celui qui existe actuellement.<\/p>\n<p>Entre-temps, cependant, plusieurs des r\u00e9visions judiciaires et des appels pr\u00e9vus par la loi et la r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie \u00e0 partir de 2020 montrent comment les tribunaux inf\u00e9rieurs r\u00e9agissent ou font face \u00e0 la nouvelle dispense.<\/p>\n<p><strong>La d\u00e9f\u00e9rence ou du moins le respect dans le cadre du contr\u00f4le selon la norme de la d\u00e9cision correcte<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019ai soutenu ailleurs<sup>[14]<\/sup> que le passage du contr\u00f4le selon la norme de d\u00e9cision raisonnable \u00e0 la norme de d\u00e9cision correcte dans le contexte des appels pr\u00e9vus par la loi a eu un impact imm\u00e9diat dans l\u2019affaire <em>Bell Canada c Canada (Procureur g\u00e9n\u00e9ral)<\/em><sup>[15]<\/sup>, l\u2019appel que la Cour supr\u00eame a li\u00e9 \u00e0 <em>Vavilov <\/em>dans son recalibrage des principes et de la m\u00e9thodologie de la r\u00e9vision judiciaire sur des motifs de fond des d\u00e9cisions administratives. Je soutiens qu\u2019en vertu de la norme de la d\u00e9cision raisonnable, l\u2019ordonnance du Conseil de la radiodiffusion et des t\u00e9l\u00e9communications canadiennes aurait r\u00e9sist\u00e9 au contr\u00f4le judiciaire. La norme de la d\u00e9cision correcte ayant \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e, l\u2019ordonnance a \u00e9t\u00e9 annul\u00e9e parce qu\u2019elle \u00e9tait fond\u00e9e sur une erreur de droit.<\/p>\n<p>Par la suite<sup>[16]<\/sup>, dans un contexte de droit de l\u2019\u00e9nergie, Paul Daly a pr\u00e9sent\u00e9 le m\u00eame argument en ce qui concerne l\u2019arr\u00eat de la Cour d\u2019appel du Manitoba dans l\u2019affaire <em>Manitoba (Hydro-Electric Board) v Manitoba (Public Utilities Board)<\/em><sup>[17]<\/sup>. Dans cette affaire, la Cour, appliquant la norme de la d\u00e9cision correcte dans le contexte d\u2019un appel devant la Cour d\u2019appel en vertu de la <em>Loi sur la R\u00e9gie des services publics<\/em><sup>[18]<\/sup>, a annul\u00e9 une directive de l\u2019organisme de r\u00e9glementation \u00e0 Manitoba Hydro\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">pour cr\u00e9er une classe de clients r\u00e9sidentiels des Premi\u00e8res Nations dans les r\u00e9serves\u2026 qui devait recevoir une augmentation de z\u00e9ro pour cent. [traduction]<\/p>\n<p>Il a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9 que la commission des services publics n\u2019\u00e9tait pas comp\u00e9tente pour rendre une telle ordonnance. Cette d\u00e9cision \u00e9tait contraire \u00e0 une disposition de la <em>Loi sur l\u2019Hydro<\/em><sup>[19]<\/sup> qui exigeait que les clients du service public ne soient pas class\u00e9s uniquement en fonction de la r\u00e9gion de la province dans laquelle ils vivaient ou de la densit\u00e9 de la population.<\/p>\n<p>Cet arr\u00eat a d\u00e9j\u00e0 fait l\u2019objet d\u2019un commentaire d\u00e9taill\u00e9 dans la <em>Publication trimestrielle <\/em>par Patrick Duffy<sup>[20]<\/sup> et je m\u2019abstiendrai de tout autre d\u00e9tail ou analyse. Toutefois, dans son commentaire sur l\u2019affaire, Daly pr\u00e9sente un argument \u00e0 l\u2019appui de la validit\u00e9 juridique de la directive et affirme que\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u2026 si la d\u00e9cision de la commission avait \u00e9t\u00e9 soumis \u00e0 un contr\u00f4le selon la norme de la d\u00e9cision raisonnable, le r\u00e9sultat aurait pu \u00eatre diff\u00e9rent. On peut au moins soutenir que l\u2019article 39(2.2) peut raisonnablement supporter l\u2019interpr\u00e9tation de la commission<sup>[21]<\/sup> [traduction].<\/p>\n<p>Duffy n\u2019est pas aussi franc, mais il y a aussi des indices dans son analyse qui laissent penser que le r\u00e9sultat a pu d\u00e9pendre du passage du contr\u00f4le selon la norme de la d\u00e9cision raisonnable \u00e0 la norme de la d\u00e9cision correcte. Et, sans aucun doute, cette forme de sp\u00e9culation se poursuivra car le changement a de plus en plus d\u2019int\u00e9r\u00eat dans le domaine des appels pr\u00e9vus par la loi des d\u00e9cideurs administratifs<sup>[22]<\/sup>.<\/p>\n<p>Cependant, <em>Planet Energy (Ontario) Corp. v Ontario Energy Board<\/em><sup>[23]<\/sup>, un jugement de la Cour divisionnaire de l\u2019Ontario rendu d\u00e9but 2020 par la juge Swinton, jette quelques doutes sur les craintes que j\u2019ai exprim\u00e9es quant \u00e0 la mesure dans laquelle le contr\u00f4le selon la norme de la d\u00e9cision correcte des appels pr\u00e9vus par la loi sapera le projet de d\u00e9f\u00e9rence. Il s\u2019agissait d\u2019un appel pr\u00e9vu par la loi devant la Cour sur une question de droit et de comp\u00e9tence concernant l\u2019imposition de p\u00e9nalit\u00e9s \u00e0 l\u2019appelant par la Commission de l\u2019\u00e9nergie de l\u2019Ontario, suite \u00e0 la conclusion que ce dernier avait enfreint des dispositions de la <em>Loi de 2010 sur la protection du consommateur d\u2019\u00e9nergie<\/em><sup>[24]<\/sup> et du <em>Code de conduite des d\u00e9taillants d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 <\/em>\u00e9labor\u00e9 par la Commission. Le principal argument de l\u2019appelant \u00e9tait que la Commission n\u2019avait pas comp\u00e9tence pour imposer une p\u00e9nalit\u00e9 administrative car le d\u00e9lai de prescription pertinent de la <em>Loi de 1998 sur la Commission de l\u2019\u00e9nergie de l\u2019Ontario<\/em><sup>[25]<\/sup> \u00e9tait expir\u00e9. Pour des raisons dont je parlerai plus loin dans cette enqu\u00eate, la juge Swinton a estim\u00e9 que l\u2019appelant aurait d\u00fb soulever la question des limitations aupr\u00e8s de la Commission, soit pendant l\u2019audience, alors que la d\u00e9cision \u00e9tait encore en instance, soit par le biais d\u2019une demande de r\u00e9examen, comme le pr\u00e9voit la <em>Loi sur la Commission de l\u2019\u00e9nergie de l\u2019Ontario<\/em>. En examinant la jurisprudence et les principes relatifs \u00e0 la question de savoir si un appelant devrait \u00eatre autoris\u00e9 \u00e0 soulever une nouvelle question pour la premi\u00e8re fois lors d\u2019un appel devant la Cour, la juge Swinton a estim\u00e9 que le contr\u00f4le selon la norme de d\u00e9cision correcte ne signifiait pas que la d\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019expertise n\u2019avait aucun r\u00f4le \u00e0 jouer, du moins dans le contexte de la question de savoir si un argument pouvait \u00eatre soulev\u00e9 pour la premi\u00e8re fois lors d\u2019un appel devant un tribunal :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">Bien que la Cour examine en dernier ressort l\u2019interpr\u00e9tation de la loi selon la norme de la d\u00e9cision correcte, le respect de la fonction sp\u00e9cialis\u00e9e de la Commission reste important. L\u2019un des messages importants de l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov <\/em>est la n\u00e9cessit\u00e9 pour les tribunaux de respecter la conception institutionnelle choisie par la l\u00e9gislature lorsqu\u2019elle a \u00e9tabli un tribunal administratif (au para 36). Dans le cas pr\u00e9sent, la t\u00e2che d\u2019interpr\u00e9tation de la Cour serait grandement facilit\u00e9e par l\u2019interpr\u00e9tation de la Commission concernant les mots de la Loi, l\u2019\u00e9conomie g\u00e9n\u00e9rale de la Loi et les objectifs politiques derri\u00e8re la disposition<sup>[26]<\/sup> [traduction].<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019appui de cette consid\u00e9ration, la juge Swinton a soulign\u00e9 qu\u2019elle \u00e9tait aussi pertinente pour les questions soumises \u00e0 la Cour par voie d\u2019appel en vertu de la norme de la d\u00e9cision correcte que dans le contexte d\u2019une demande de contr\u00f4le judiciaire o\u00f9 la norme de contr\u00f4le serait celle de la d\u00e9cision raisonnable<sup>[27]<\/sup>. Plus g\u00e9n\u00e9ralement, cette posture montre combien il est important que les tribunaux qui entendent un appel d\u2019une d\u00e9cision administrative en vertu d\u2019un contr\u00f4le selon la norme de la d\u00e9cision correcte soient attentifs aux motifs fournis par l\u2019organisme ou le tribunal. Le contr\u00f4le selon la norme de la d\u00e9cision correcte n\u2019est pas une excuse pour ignorer ou ne pas \u00e9valuer s\u00e9rieusement les motifs pour lesquels la d\u00e9cision de premi\u00e8re instance a \u00e9t\u00e9 prise.<\/p>\n<p>Par la suite, dans l\u2019affaire <em>Enbridge Gas Inc. v Ontario Energy Board<\/em><sup>[28]<\/sup>, la juge Swinton, qui a de nouveau rendu (avec la juge Favreau) le jugement de la Cour divisionnaire, a permis qu\u2019un argument soit soulev\u00e9 pour la premi\u00e8re fois lors d\u2019un appel de la Commission. Cependant, dans ce cas, parmi les justifications d\u2019une exception au principe g\u00e9n\u00e9ral, la juge Swinton a not\u00e9 que la question \u00e0 l\u2019examen avait \u00e9t\u00e9 discut\u00e9e et tranch\u00e9e par la Commission dans \u00ab\u00a0trois d\u00e9cisions ant\u00e9rieures\u00a0\u00bb<sup>[29]<\/sup>. En concluant sur cette question, elle s\u2019est efforc\u00e9e de souligner que le fait d\u2019autoriser la poursuite de l\u2019appel ne signifiait en aucun cas une rupture avec <em>Planet Energy <\/em>et son insistance sur l\u2019avantage pour les cours d\u2019appel de disposer de la conclusion du tribunal sur une question pertinente<sup>[30]<\/sup>.<\/p>\n<p><strong>La pertinence de l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov <\/em>pour les appels, les r\u00e9visions et les r\u00e9examens internes ou nationaux<\/strong><\/p>\n<p>La d\u00e9f\u00e9rence a \u00e9galement fait surface dans un sens assez diff\u00e9rent dans le jugement de la Cour divisionnaire rendu par le juge Ducharme dans l\u2019affaire <em>Hydro One Networks Inc. v Ontario Energy Board<\/em><sup>[31]<\/sup>. Il s\u2019agissait de la d\u00e9cision finale de la Commission de l\u2019\u00e9nergie de l\u2019Ontario sur une question r\u00e9glementaire type li\u00e9e aux tarifs : le refus de l\u2019affirmation d\u2019Hydro One selon laquelle les \u00e9conomies d\u2019imp\u00f4ts futures de 2,595\u00a0milliards de dollars devraient \u00eatre enti\u00e8rement allou\u00e9es aux actionnaires, et l\u2019acceptation de l\u2019argument selon lequel 38 % de ces \u00e9conomies d\u2019imp\u00f4ts devraient \u00eatre allou\u00e9es aux besoins de revenus d\u2019Hydro One pour 2017 et 2018, ce qui entra\u00eenerait une baisse des tarifs pour les clients.<\/p>\n<p>En premi\u00e8re instance, le Panel de la Commission de l\u2019\u00e9nergie de l\u2019Ontario a rejet\u00e9 la position d\u2019Hydro One. Cependant, un Panel de r\u00e9vision de la Commission a annul\u00e9 cette d\u00e9cision en se basant sur quatre erreurs interd\u00e9pendantes. Elle a donc ordonn\u00e9 que l\u2019affaire soit r\u00e9examin\u00e9e par un Panel de nouvelle audience en tenant compte des conclusions du Panel de r\u00e9vision et de toutes les preuves et arguments entendus par les deux Panels.<\/p>\n<p>Le Panel de nouvelle audience \u00e9tait compos\u00e9 de deux membres du Panel d\u2019audience et d\u2019un membre du Panel de r\u00e9vision. Dans sa d\u00e9cision, le Panel de nouvelle audience ne s\u2019est pas concentr\u00e9 sur la question de savoir si la d\u00e9cision finale du Panel de premi\u00e8re instance pouvait encore \u00eatre maintenue, <strong>\u00e9tant donn\u00e9 <\/strong>les d\u00e9fauts que le Panel de r\u00e9vision avait relev\u00e9s dans ses motifs. Le Panel de nouvelle audience s\u2019est plut\u00f4t demand\u00e9 si les conclusions auxquelles il est parvenu pouvaient encore se justifier malgr\u00e9 les quatre d\u00e9fauts interd\u00e9pendants. En appliquant un crit\u00e8re de d\u00e9cision raisonnable \u00e0 ces conclusions initiales, le Panel de nouvelle audience a d\u00e9termin\u00e9 qu\u2019elles pouvaient encore \u00eatre soutenues et a donc confirm\u00e9 la d\u00e9cision initiale. Ce faisant, le Panel de nouvelle audience n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 identifier une approche ou une m\u00e9thodologie diff\u00e9rente qui justifierait une telle conclusion. Hydro One a fait appel \u00e0 la Cour divisionnaire sur une question de droit et de comp\u00e9tence.<\/p>\n<p>En accueillant l\u2019appel, le juge Ducharme, au nom d\u2019un Panel unanime de la Cour divisionnaire, a estim\u00e9 qu\u2019en soumettant les motifs erron\u00e9s d\u2019un Panel d\u2019audience \u00e0 une \u00e9valuation du caract\u00e8re raisonnable \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un contr\u00f4le judiciaire d\u00e9f\u00e9rente ou d\u2019un appel pr\u00e9vu par la loi<sup>[32]<\/sup>, le Panel de nouvelle audience avait restreint son pouvoir discr\u00e9tionnaire et appliqu\u00e9 un crit\u00e8re juridique incorrect<sup>[33]<\/sup>. Il n\u2019a pas proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 un examen complet du bien-fond\u00e9 du r\u00e9sultat final, conditionn\u00e9 par les erreurs constat\u00e9es par le Panel de r\u00e9vision. Cela \u00e9quivalait \u00e0 une erreur sur une question de droit ou de comp\u00e9tence, si l\u2019on se place dans une perspective de d\u00e9cision correcte post-<em>Vavilov<\/em>. La caract\u00e9risation plus pouss\u00e9e de la d\u00e9cision comme impliquant une entrave inappropri\u00e9e \u00e0 la discr\u00e9tion ou \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 \u00e9tait vraisemblablement bas\u00e9e sur la proposition que, lorsque le Panel de nouvelle audience a consid\u00e9r\u00e9 la d\u00e9cision originale du point de vue de la d\u00e9cision raisonnable, il s\u2019est abstenu de proc\u00e9der \u00e0 un examen plus \u00e9tendu selon la norme de la d\u00e9cision correcte.<\/p>\n<p>Avec cette d\u00e9cision, la Cour divisionnaire a \u00e0 tout le moins rejet\u00e9 le d\u00e9ploiement par un Panel de nouvelle audience d\u2019un contr\u00f4le selon la norme de la d\u00e9cision raisonnable lorsqu\u2019une commission d\u2019examen a en fait demand\u00e9 une nouvelle d\u00e9termination du bien-fond\u00e9. Cependant, il est \u00e9galement possible que le juge Ducharme parle d\u2019une pr\u00e9occupation plus g\u00e9n\u00e9rale concernant le d\u00e9ploiement d\u2019une norme de d\u00e9cision raisonnable avec d\u00e9f\u00e9rence dans la conduite d\u2019une r\u00e9vision ou d\u2019une nouvelle audience.<\/p>\n<p>En fait, une telle caract\u00e9risation de la position prise par le comit\u00e9 de nouvelle audience trouve sa justification dans la jurisprudence r\u00e9cente. La norme de contr\u00f4le \u00e0 appliquer par les organes internes de r\u00e9vision ou d\u2019appel de tribunaux ou d\u2019organismes ne repose pas sur la m\u00e9thodologie \u00e9labor\u00e9e par <em>Dunsmuir <\/em>(et maintenant, vraisemblablement, <em>Vavilov<\/em>) pour la s\u00e9lection de la norme de r\u00e9vision dans le cadre de contr\u00f4les judiciaires et d\u2019appels pr\u00e9vus par la loi de d\u00e9cisions administratives devant les tribunaux. La norme de contr\u00f4le appropri\u00e9 devrait plut\u00f4t \u00eatre bas\u00e9e sur une interpr\u00e9tation des dispositions l\u00e9gislatives pertinentes<sup>[34]<\/sup> \u00e9tablissant l\u2019acc\u00e8s \u00e0 une r\u00e9vision ou \u00e0 un appel interne, un exercice d\u2019interpr\u00e9tation qui peut produire une vari\u00e9t\u00e9 de normes d\u2019appel ou de contr\u00f4le, y compris, mais sans en exclure d\u2019autres, la norme de la d\u00e9cision raisonnable<sup>[35]<\/sup>.<\/p>\n<p>Avec une telle approche, dans le cas de la Commission de l\u2019\u00e9nergie de l\u2019Ontario, le point de r\u00e9f\u00e9rence devient la Partie VII \u2013 R\u00e9examen des R\u00e8gles de pratique et de proc\u00e9dure de la Commission et, en particulier, la r\u00e8gle 42 \u2013 Motion de r\u00e9examen. La r\u00e8gle 42(1)(a) stipule que les personnes qui demandent une r\u00e9vision doivent\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u2026 \u00e9nonc[er] \u00e0 l\u2019appui de la motion des motifs qui soul\u00e8vent la question de la <strong>justesse <\/strong>de l\u2019ordonnance ou de la d\u00e9cision\u2026<\/p>\n<p>Cela sugg\u00e8re que, dans ce contexte, la norme applicable sera celle de la d\u00e9cision correcte et non de la d\u00e9cision d\u00e9raisonnable.<\/p>\n<p>Compte tenu du fait que l\u2019appel avait \u00e9t\u00e9 plaid\u00e9 avant l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov<\/em>, le juge Ducharme s\u2019est \u00e9galement exprim\u00e9 sur les raisons pour lesquelles la d\u00e9cision du Panel de nouvelle audience n\u2019aurait pas pu, en tout \u00e9tat de cause, r\u00e9sister \u00e0 un contr\u00f4le selon la norme de la de d\u00e9cision raisonnable. Le Panel de nouvelle audience n\u2019avait pas expliqu\u00e9 comment la d\u00e9cision initiale du Panel d\u2019audience pouvait encore \u00eatre maintenue malgr\u00e9 les d\u00e9fauts relev\u00e9s par la commission d\u2019examen et que la commission avait \u00e9t\u00e9 enjointe d\u2019accepter comme donn\u00e9e. Les motifs n\u2019\u00e9taient pas \u00ab\u00a0transparents, intelligibles et justifi\u00e9s\u00a0\u00bb, et ils manquaient de coh\u00e9rence interne et d\u2019une cha\u00eene d\u2019analyse rationnelle bas\u00e9e sur les preuves<sup>[36]<\/sup>.<\/p>\n<p>L\u2019affaire est \u00e9galement int\u00e9ressante du point de vue du redressement, car le paragraphe 33(4) de la <em>Loi sur la Commission de l\u2019\u00e9nergie de l\u2019Ontario<\/em><sup>[37]<\/sup> pr\u00e9voit que, lors d\u2019un appel\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">La Cour divisionnaire communique son avis \u00e0 la Commission, qui rend une ordonnance conform\u00e9ment \u00e0 ses termes, sans toutefois lui donner d\u2019effet r\u00e9troactif.<\/p>\n<p>Le juge Ducharme a conclu<sup>[38]<\/sup> que cette disposition pr\u00e9valait sur l\u2019article 134(1) de la <em>Loi sur les tribunaux judiciaires<\/em><sup>[39]<\/sup> qui stipule :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">Sauf disposition contraire, le tribunal saisi d\u2019un appel peut\u00a0: a) rendre l\u2019ordonnance ou la d\u00e9cision que le tribunal dont il y a appel aurait d\u00fb ou pu rendre;\u2026<\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, la Cour divisionnaire s\u2019est limit\u00e9e \u00e0 r\u00e9pondre au r\u00e9sultat de l\u2019appel par le biais d\u2019un certificat; elle ne pouvait pas se mettre directement \u00e0 la place de la Commission et rendre une ordonnance ou une d\u00e9cision en faveur d\u2019Hydro One et de ses actionnaires sur le fond des questions d\u2019attribution. En revanche, le juge Ducharme a rejet\u00e9 l\u2019argument de la Commission selon lequel l\u2019affaire devrait \u00eatre renvoy\u00e9e \u00e0 la Commission pour un examen plus approfondi. \u00c9tant donn\u00e9 que la Cour divisionnaire \u00e9tait d\u2019avis que toute allocation du produit de l\u2019\u00e9pargne fiscale future ne pouvait pas, en droit, \u00eatre attribu\u00e9e au b\u00e9n\u00e9fice ultime des contribuables par opposition aux actionnaires, il \u00e9tait appropri\u00e9 pour la Cour, dans la certification de son opinion \u00e0 la Commission, de formuler le certificat en ces termes. En g\u00e9n\u00e9ral, une telle d\u00e9marche peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un \u00e9v\u00e9nement exceptionnel. N\u00e9anmoins, lorsque, dans le cadre d\u2019un appel, la Cour estime que la Commission a commis une erreur de droit et que le r\u00e9sultat est alors in\u00e9vitable, l\u2019autorit\u00e9 de certification autorise la Cour \u00e0 ordonner que la Commission \u00ab\u00a0reconsid\u00e8re\u00a0\u00bb et rende une ordonnance corrigeant la d\u00e9cision du comit\u00e9 d\u2019audience et ordonnant l\u2019attribution des \u00e9conomies d\u2019imp\u00f4t.<\/p>\n<p><strong>L\u2019arr\u00eat <em>Vavilov<\/em>, la d\u00e9f\u00e9rence et l\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale<sup>[40]<\/sup><\/strong><\/p>\n<p>Ni dans <em>Vavilov <\/em>ni dans <em>Bell Canada <\/em>l\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale n\u2019\u00e9tait-elle en cause dans les faits. Par cons\u00e9quent, les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 l\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale \u00e9taient peu nombreuses. Au d\u00e9but, la majorit\u00e9 dans l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov <\/em>a d\u00e9clar\u00e9\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u2026 la d\u00e9cision raisonnable est une approche visant \u00e0 faire en sorte que les cours de justice interviennent dans les affaires administratives uniquement lorsque cela est vraiment n\u00e9cessaire pour pr\u00e9server la l\u00e9gitimit\u00e9, la rationalit\u00e9 et <strong>l\u2019\u00e9quit\u00e9 <\/strong>du processus administratif<sup>[41]<\/sup> [je souligne].<\/p>\n<p>Cela laisse entendre que la raisonnabilit\u00e9 pourrait \u00eatre d\u00e9ploy\u00e9 lorsque les tribunaux examinent les r\u00e8gles de proc\u00e9dure et les d\u00e9cisions pour en v\u00e9rifier l\u2019\u00e9quit\u00e9. Cependant, quelques paragraphes plus tard, au paragraphe 23, la majorit\u00e9 a parl\u00e9 de la pr\u00e9somption du contr\u00f4le selon la norme de la d\u00e9cision raisonnable comme \u00e9tant li\u00e9e\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u2026 [au] contr\u00f4le judiciaire d\u2019une mesure administrative <strong>qui ne comporte pas d\u2019examen d\u2019un manquement \u00e0 la justice naturelle ou \u00e0 l\u2019obligation d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale<\/strong><sup>[42]<\/sup> [je souligne].<\/p>\n<p>Cela peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 de deux fa\u00e7ons : la pr\u00e9somption ne s\u2019applique pas aux r\u00e8gles et d\u00e9cisions de proc\u00e9dure et le droit d\u2019un d\u00e9cideur \u00e0 une norme de la d\u00e9cision raisonnable doit \u00eatre autrement justifi\u00e9, ou, plus g\u00e9n\u00e9ralement, il n\u2019y a pas de place pour la norme de la d\u00e9cision dans de tels cas, la norme de la d\u00e9cision correcte \u00e9tant la norme universelle, ou bien, la norme de contr\u00f4le \u00e9tant un concept \u00e9tranger dans le domaine de l\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale.<\/p>\n<p>Enfin, dans une section de l\u2019arr\u00eat intitul\u00e9e \u00ab\u00a0L\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale et le contr\u00f4le judiciaire sur le fond\u00a0\u00bb<sup>[43]<\/sup>, la majorit\u00e9 a explor\u00e9 les liens entre l\u2019obligation qu\u2019un d\u00e9cideur motive sa d\u00e9cision (souvent consid\u00e9r\u00e9e comme de nature proc\u00e9durale) et le contr\u00f4le selon la norme de la d\u00e9cision raisonnable. Au cours de cette analyse, la majorit\u00e9 a d\u00e9clar\u00e9\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u2026 les exigences proc\u00e9durales applicables sont d\u00e9termin\u00e9es eu \u00e9gard \u00e0 l\u2019ensemble des circonstances.<sup>[44]<\/sup><\/p>\n<p>La majorit\u00e9 a ensuite approuv\u00e9 la liste non exhaustive en cinq parties des facteurs \u00e9num\u00e9r\u00e9s dans l\u2019affaire <em>Baker c Canada (Ministre de la Citoyennet\u00e9 et de l\u2019Immigration)<\/em> <sup>[45]<\/sup> qui devrait \u00ab\u00a0d\u00e9finir le contenu de l\u2019obligation d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale dans un cas donn\u00e9<sup>[46]<\/sup>\u00a0\u00bb. L\u2019un de ces cinq facteurs a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit comme \u00ab\u00a0les choix de proc\u00e9dure faits par le d\u00e9cideur administratif lui-m\u00eame<sup>[47]<\/sup>\u00a0\u00bb. \u00c9tant donn\u00e9 la difficult\u00e9 de r\u00e9unir chacune de ces propositions en un ensemble coh\u00e9rent, il faut dire que la majorit\u00e9 n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 suffisamment attentive \u00e0 la fa\u00e7on dont son nouveau r\u00e9gime affecterait les contestations des r\u00e8gles et des d\u00e9cisions pour des raisons de proc\u00e9dure.<\/p>\n<p>Cependant, la plupart des tribunaux canadiens, tant avant qu\u2019apr\u00e8s <em>Vavilov<\/em>, ont consid\u00e9r\u00e9 que la pr\u00e9somption du contr\u00f4le selon la norme de la d\u00e9cision raisonnable ne s\u2019appliquait pas aux questions d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale. L\u2019affaire <em>Nation Rise Wind Farm Limited Partnership v Ontario (Minister of the Environment, Conservation and Parks)<\/em> <sup>[48]<\/sup> fournit un exemple post-<em>Vavilov <\/em>dans le cadre de la r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie. La Cour divisionnaire a interpr\u00e9t\u00e9 le paragraphe 23 de l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov <\/em>comme \u00e9tablissant que la \u00ab\u00a0pr\u00e9somption de d\u00e9cision raisonnable ne s\u2019applique pas aux questions d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale<sup>[49]<\/sup>\u00a0\u00bb\u00a0[traduction]. Le jugement fait ensuite r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 d\u2019autres perp\u00e9tuations post-<em>Vavilov <\/em>de la position canadienne pr\u00e9dominante :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">La plupart du temps, \u00e0 la Cour divisionnaire et ailleurs, ces questions sont soit r\u00e9vis\u00e9es selon la norme de la d\u00e9cision correcte, soit on dit qu\u2019aucune norme de r\u00e9vision ne s\u2019applique<sup>[50]<\/sup> [traduction].<\/p>\n<p>Par la suite, la Cour divisionnaire a fait tr\u00e8s peu de cas de l\u2019argument du ministre selon lequel ses choix proc\u00e9duraux avaient droit \u00e0 la d\u00e9f\u00e9rence en se r\u00e9f\u00e9rant au cinqui\u00e8me facteur d\u2019intensit\u00e9 de l\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale de <em>Baker <\/em>:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">Toutefois, le ministre, comme les autres d\u00e9cideurs administratifs, est toujours tenu de se conformer aux obligations d\u2019\u00e9quit\u00e9 de la common law, \u00e0 moins que ces r\u00e8gles n\u2019aient \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9es par un texte l\u00e9gislatif explicite ou par une implication n\u00e9cessaire (ce qui n\u2019est pas le cas)\u2026<sup>[51]<\/sup> [traduction].<\/p>\n<p>Cependant, dans l\u2019affaire <em>Rogers Communications Canada Inc. v Ontario Energy Board<\/em><sup>[52]<\/sup>, la Cour divisionnaire a tent\u00e9 de r\u00e9soudre l\u2019incertitude persistante concernant le respect des r\u00e8gles de proc\u00e9dure et des d\u00e9cisions et le r\u00f4le du cinqui\u00e8me crit\u00e8re <em>Baker <\/em>afin de produire un ensemble de principes r\u00e9alisables.<\/p>\n<p>L\u2019enjeu \u00e9tait une contestation par Rogers, pour des raisons de proc\u00e9dure, du r\u00e9sultat d\u2019une r\u00e9vision compl\u00e8te de la politique, entre autres, du r\u00e9gime r\u00e9gissant les conditions dans lesquelles les entreprises d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 r\u00e9glement\u00e9es par la Commission \u00e9taient tenues de permettre aux entreprises de t\u00e9l\u00e9vision par c\u00e2ble, non autrement r\u00e9glement\u00e9es par la Commission, de fixer leurs fils aux poteaux appartenant aux entreprises. Cette politique fixait le tarif factur\u00e9 par les services publics, \u00e0 moins qu\u2019il ne soit modifi\u00e9 par un accord approuv\u00e9 par la Commission. Au fil des ans, il est apparu clairement, \u00e0 la lumi\u00e8re des variations de tarifs convenues entre les parties et approuv\u00e9es par la Commission, que le taux de raccordement de la politique \u00e9tait nettement hors des normes.<\/p>\n<p>Pour les besoins de cette r\u00e9vision, la Commission a cr\u00e9\u00e9 un groupe de travail sur le raccordement aux poteaux (\u00ab\u00a0le Groupe\u00a0\u00bb) et a engag\u00e9 un consultant expert externe pour faciliter l\u2019exercice de r\u00e9vision et, en particulier, le fonctionnement efficace du Groupe. Comme l\u2019a d\u00e9crit le juge Lederer<sup>[53]<\/sup>, qui a rendu le jugement de la Cour divisionnaire, le groupe n\u2019incluait pas toutes les parties int\u00e9ress\u00e9es. Il a plut\u00f4t \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9 par la Commission sur la base de manifestations d\u2019int\u00e9r\u00eat, et comprenait des repr\u00e9sentants \u00ab\u00a0de\u00a0l\u2019industrie du fil de fer, des distributeurs d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 et de groupes de consommateurs\u00a0\u00bb. Rogers ne faisait pas partie du Groupe.<\/p>\n<p>Plus tard dans le jugement, le juge Lederer a d\u00e9crit le processus qui a \u00e9t\u00e9 suivi :<\/p>\n<ul>\n<li>Quatre r\u00e9unions du Groupe;<\/li>\n<li>Une autre consultation initiale par le biais d\u2019une demande de commentaires de la part des membres du Groupe;<\/li>\n<li>Un examen \u00ab\u00a0ult\u00e9rieur\u00a0\u00bb par le consultant;<\/li>\n<li>Suivi d\u2019un rapport du consultant;<\/li>\n<li>Suivi d\u2019un rapport pr\u00e9liminaire de la Commission de l\u2019\u00e9nergie de l\u2019Ontario;<\/li>\n<li>Une consultation plus pouss\u00e9e par le biais des commentaires des membres du Groupe;<\/li>\n<li>Un rapport final de la Commission<sup>[54]<\/sup>.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Il importait \u00e9galement que le rapport du consultant soit mis \u00e0 disposition pour les commentaires non seulement du Groupe mais aussi d\u2019autres intervenants et du public sur le site web de la Commission<sup>[55]<\/sup>. La Commission a \u00e9galement invit\u00e9 les personnes int\u00e9ress\u00e9es \u00e0 faire part de leurs commentaires sur son rapport provisoire et a re\u00e7u trente-trois commentaires de la part\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u2026 d\u2019intervenants int\u00e9ress\u00e9s, y compris [des propri\u00e9taires de poteaux], des groupes de contribuables et de consommateurs, et des repr\u00e9sentants des [entreprises de c\u00e2blodistribution]<sup>[56]<\/sup>. [traduction]<\/p>\n<p>Ce dernier groupe comprenait Rogers qui s\u2019\u00e9tait plaint tout au long du processus de la Commission<sup>[57]<\/sup>. Dans son rapport final, la Commission a r\u00e9pondu aux commentaires et a r\u00e9duit les frais de fixation des poteaux qu\u2019elle avait propos\u00e9s dans son projet de rapport, tout en apportant quelques autres ajustements transitoires et en pr\u00e9cisant que les nouveaux frais standard ne s\u2019appliqueraient pas \u00e0 ceux qui avaient conclu d\u2019autres accords de tarification avec l\u2019approbation de la Commission.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la publication du rapport, Rogers ainsi que douze autres entreprises de c\u00e2blodistribution ou exploitants de r\u00e9seaux de c\u00e2bles ont fait appel \u00e0 la Cour divisionnaire en vertu de l\u2019article 33(1) de la <em>Loi sur la Commission de l\u2019\u00e9nergie de l\u2019Ontario<\/em><sup>[58]<\/sup>, demandant l\u2019annulation du rapport final et le renvoi de l\u2019affaire \u00e0 la Commission pour une audience compl\u00e8te.<\/p>\n<p>L\u2019appel a soulev\u00e9 plusieurs questions. Parmi elles, la Commission a fait valoir que, comme elle n\u2019avait pas rendu d\u2019ordonnance mais simplement produit un rapport, la proc\u00e9dure appropri\u00e9e \u00e9tait une demande de contr\u00f4le judiciaire en vertu de la <em>Loi sur la proc\u00e9dure de r\u00e9vision judiciaire<\/em><sup>[59]<\/sup>. En ce qui concerne les entreprises de c\u00e2blodistribution ou les exploitants de r\u00e9seaux de c\u00e2bles, il a \u00e9t\u00e9 affirm\u00e9 que, sur le plan de l\u2019interpr\u00e9tation l\u00e9gislative, le processus de r\u00e9vision mettait en jeu l\u2019article 21(2) de la <em>Loi sur la Commission de l\u2019\u00e9nergie de l\u2019Ontario<\/em><sup>[60]<\/sup> et son exigence d\u2019une audience \u00ab\u00a0[s]ous r\u00e9serve des dispositions contraires\u00a0\u00bb. Pour sa part, la Commission a fait valoir que l\u2019affaire relevait de l\u2019article 70(1.1) de la Loi qui lui conf\u00e9rait un pouvoir discr\u00e9tionnaire \u00ab\u00a0avec ou sans audience\u00a0\u00bb pour\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u2026 accorder une approbation ou un consentement ou rendre une d\u00e9cision qui peut \u00eatre exig\u00e9e pour n\u2019importe lesquelles des questions pr\u00e9vues dans un permis.<\/p>\n<p>\u00c0 titre subsidiaire, les appelants ont fait valoir que, m\u00eame si le processus ne relevait pas de l\u2019article 21(2), ils avaient des droits proc\u00e9duraux plus importants par renvoi \u00e0 la doctrine de l\u2019attente l\u00e9gitime et fond\u00e9s sur des pratiques et des repr\u00e9sentations ant\u00e9rieures de la Commission.<\/p>\n<p>Pour les besoins du pr\u00e9sent examen, je ne m\u2019\u00e9tendrai pas davantage sur ces motifs. Il suffit de dire que la Cour divisionnaire a jug\u00e9 que le rapport final \u00e9tait en fait une ordonnance, ce qui signifie que la mani\u00e8re appropri\u00e9e de proc\u00e9der \u00e9tait de faire appel en vertu de l\u2019article 33(1)<sup>[61]<\/sup>. Cependant, l\u2019article 21(2) qui pr\u00e9voit la tenue d\u2019une audience a \u00e9t\u00e9 annul\u00e9 parce que l\u2019affaire relevait de l\u2019article 70(1.1) de la <em>Loi<\/em><sup>[62]<\/sup>. En effet, il n\u2019y a pas eu de d\u00e9clenchement d\u2019une attente l\u00e9gitime que certaines proc\u00e9dures soient suivies<sup>[63]<\/sup>. Par cons\u00e9quent, pour obtenir gain de cause, les appelants ont d\u00fb fonder leurs demandes proc\u00e9durales sur les crit\u00e8res de seuil et d\u2019intensit\u00e9 de l\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale de la common law.<\/p>\n<p>En ce qui concerne la norme de contr\u00f4le \u00e0 appliquer au r\u00e9gime proc\u00e9dural de la Commission pour sa r\u00e9vision compl\u00e8te de la politique de raccordement aux poteaux, les parties avaient pris des positions oppos\u00e9es. Rogers affirmait un contr\u00f4le selon la norme de la d\u00e9cision correcte sans aucune d\u00e9f\u00e9rence alors que la Commission soutenait que ses choix avaient droit \u00e0 une \u00ab\u00a0d\u00e9f\u00e9rence importante<sup>[64]<\/sup>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>En r\u00e9ponse, le juge Lederer<sup>[65]<\/sup> a d\u2019abord cit\u00e9 deux jugements qui avaient \u00e9t\u00e9 rendus sur cette question, l\u2019un d\u2019une Cour divisionnaire constitu\u00e9e diff\u00e9remment, et l\u2019autre de la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale.<\/p>\n<p>Dans la d\u00e9cision post-<em>Vavilov <\/em>pour l\u2019affaire <em>Quadrexx Hedge Capital Management v Ontario Securities Commission<\/em>, la Cour divisionnaire a reconnu la soumission \u00e0 la r\u00e9vision de la d\u00e9cision correcte des questions d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale, mais a ensuite reconnu qu\u2019il n\u2019y a\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u2026 pas toujours une seule vue \u00ab\u00a0juste\u00a0\u00bb des proc\u00e9dures \u00e0 suivre<sup>[66]<\/sup> [traduction].<\/p>\n<p>Plus t\u00f4t, dans le jugement rendu avant l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov <\/em>dans l\u2019affaire <em>Maritime Broadcasting System Limited c La guilde canadienne des m\u00e9dias<\/em>, le juge Stratas de la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale avait pr\u00e9sent\u00e9 un argument solide en faveur de l\u2019application de la norme de contr\u00f4le selon la d\u00e9cision raisonnable \u00e0 l\u2019examen des choix proc\u00e9duraux des tribunaux et des organismes administratifs<sup>[67]<\/sup>.<\/p>\n<p>Le juge Lederer a ensuite<sup>[68]<\/sup> adopt\u00e9 un compromis qui, en fait, a distill\u00e9 la position prise par la Cour divisionnaire :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">Ce n\u2019est pas qu\u2019une norme de d\u00e9cision raisonnable s\u2019applique. C\u2019est que la norme de la d\u00e9cision correcte ne per\u00e7oit pas, en ce qui concerne la proc\u00e9dure, une r\u00e9ponse unique. Le tribunal concern\u00e9 est le mieux plac\u00e9 pour d\u00e9terminer la proc\u00e9dure appropri\u00e9e. Le niveau de d\u00e9f\u00e9rence est d\u00e9termin\u00e9 par l\u2019application des facteurs \u00e9nonc\u00e9s dans l\u2019affaire <em>Baker c. Canada<\/em>, en particulier :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 80px;\">Bien que cela ne soit bien s\u00fbr pas d\u00e9terminant, un poids important doit \u00eatre accord\u00e9 au choix des proc\u00e9dures faites par l\u2019organisme lui-m\u00eame et \u00e0 ses contraintes institutionnelles<sup>[69]<\/sup> [traduction].<\/p>\n<p>Lorsque le juge Lederer revient pour appliquer cette norme aux proc\u00e9dures adopt\u00e9es par la Commission, il commence<sup>[70]<\/sup> par citer un extrait de l\u2019arr\u00eat de la Cour supr\u00eame du Canada dans l\u2019affaire <em>Martineau c Comit\u00e9 de discipline de l\u2019Institution de Matsqui <\/em>qui \u00e9tablissait un spectre de prise de d\u00e9cisions aux fins d\u2019\u00e9valuer le seuil et l\u2019intensit\u00e9 des obligations d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale<sup>[71]<\/sup>. \u00c0 une extr\u00e9mit\u00e9, o\u00f9 il n\u2019y avait aucune obligation d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale, il s\u2019agissait de d\u00e9cisions \u00ab\u00a0de nature discr\u00e9tionnaire et en fonction d\u2019une politique\u00a0\u00bb qui ne s\u2019accompagnaient d\u2019aucune obligation d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale en vertu de la common law, tandis qu\u2019\u00e0 l\u2019autre extr\u00eame, et n\u00e9cessitant une panoplie compl\u00e8te d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale, il s\u2019agissait de d\u00e9cisions judiciaires ou adjudicatives. Entre les deux, il y avait une \u00ab\u00a0myriade\u00a0\u00bb d\u2019autres formes de d\u00e9cisions engageant une gradation flexible de l\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale.<\/p>\n<p>Il est int\u00e9ressant de noter que le juge Lederer a situ\u00e9 cette r\u00e9vision de la politique dans le cadre d\u2019une disposition qui permettait \u00e0 la Commission d\u2019agir avec ou sans audience, il ne s\u2019est pas attard\u00e9 \u00e0 savoir si ce processus et son r\u00e9sultat \u00e9taient \u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 \u00ab\u00a0de nature discr\u00e9tionnaire et en fonction d\u2019une politique\u00a0\u00bb du spectre et, en tant que tel, n\u2019engageait <strong>aucune <\/strong>obligation d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale. On a plut\u00f4t suppos\u00e9 que le seuil de l\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale avait \u00e9t\u00e9 franchi et que ce qui \u00e9tait en jeu \u00e9tait l\u2019intensit\u00e9 de cette obligation par rapport aux cinq facteurs <em>Baker<\/em>.<\/p>\n<p>Parmi ces facteurs, cependant, le juge Lederer a clairement indiqu\u00e9 que, dans ce cas, les choix de proc\u00e9dure de la Commission avaient une \u00ab\u00a0importance particuli\u00e8re<sup>[72]<\/sup>\u00a0\u00bb. Il a ensuite cit\u00e9 deux autres arr\u00eats de la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale<sup>[73]<\/sup>, dont le second<sup>[74]<\/sup>, rendu par le juge d\u2019appel Evans<sup>[75]<\/sup>, dans lequel la position adopt\u00e9e \u00e9tait que la \u00ab\u00a0d\u00e9cision correcte\u00a0\u00bb \u00e9tait la norme mais que le tribunal, en proc\u00e9dant \u00e0 cette \u00e9valuation, \u00ab\u00a0doit le faire en se montrant respectueux de[s] choix [de l\u2019organisme]\u00bb.<\/p>\n<p>Comme l\u2019a d\u00e9j\u00e0 dit le juge Lederer, cette notion de d\u00e9f\u00e9rence ou de respect des choix proc\u00e9duraux en tant que composante du contr\u00f4le selon la norme de la d\u00e9cision correcte est un compromis quelque peu g\u00eanant. Cela est encore soulign\u00e9 par l\u2019incongruit\u00e9 d\u2019une affirmation selon laquelle il n\u2019y a pas n\u00e9cessairement de r\u00e9ponses \u00ab\u00a0correctes\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0uniques\u00a0\u00bb dans l\u2019\u00e9valuation du degr\u00e9 d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale requis, m\u00eame si la norme formelle de contr\u00f4le est celle de la d\u00e9cision correcte. En r\u00e9alit\u00e9, ce qui semble se passer, c\u2019est que le tribunal de r\u00e9vision \u00e9value si, compte tenu des quatre premiers facteurs de <em>Baker<\/em>, les choix proc\u00e9duraux discr\u00e9tionnaires faits par l\u2019organisme, de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale ou dans un cas particulier, entrent dans la gamme des possibilit\u00e9s \u00e9quitables sur le plan proc\u00e9dural. Bien que cette formulation n\u2019utilise pas sp\u00e9cifiquement le terme \u00ab\u00a0raisonnable\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0caract\u00e8re raisonnable\u00a0\u00bb, elle porte toutes les marques d\u2019une rose sous un autre nom.<\/p>\n<p>Cela est encore soulign\u00e9 par l\u2019\u00e9valuation du juge Lederer des proc\u00e9dures adopt\u00e9es dans ce cas :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">Il s\u2019agit d\u2019un cas o\u00f9 la d\u00e9f\u00e9rence est due \u00e0 la Commission de l\u2019\u00e9nergie de l\u2019Ontario. Le processus est un \u00e9quilibre entre les exigences de la r\u00e9vision et les int\u00e9r\u00eats des parties. La r\u00e9vision \u00e9tait n\u00e9cessaire. Les frais par d\u00e9faut sont rest\u00e9s inchang\u00e9s pendant 10\u00a0ans. La contribution des parties concern\u00e9es a \u00e9t\u00e9 requise et obtenue par le biais du Groupe et des commentaires ult\u00e9rieurs. Une assistance d\u2019expert \u00e9tait n\u00e9cessaire, et un consultant a \u00e9t\u00e9 retenu et utilis\u00e9. En fin de compte, c\u2019est \u00e0 la Commission de l\u2019\u00e9nergie de l\u2019Ontario qu\u2019il incombait d\u2019envisager et d\u2019\u00e9laborer l\u2019approche de raccordement aux poteaux. Un rapport pr\u00e9liminaire a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9. Des commentaires ont \u00e9t\u00e9 sollicit\u00e9s et, seulement ensuite, un rapport final a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9<sup>[76]<\/sup> [traduction].<\/p>\n<p>Il conclut ensuite :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">La d\u00e9f\u00e9rence s\u2019applique \u00e0 la d\u00e9cision de la Commission de l\u2019\u00e9nergie de l\u2019Ontario quant au processus qu\u2019elle a adopt\u00e9 pour mener la r\u00e9vision de la politique. Le processus, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9, tient compte et assure l\u2019\u00e9quilibre des facteurs \u00e9nonc\u00e9s dans l\u2019affaire <em>Baker c Canada <\/em>d\u2019une mani\u00e8re raisonnable et appropri\u00e9e. Le processus faisant l\u2019objet de l\u2019appel, dans ses circonstances particuli\u00e8res, \u00e9tait \u00e9quitable sur le plan de la proc\u00e9dure<sup>[77]<\/sup> [traduction].<\/p>\n<p>Sans doute n\u2019a-t-on pas entendu parler de l\u2019approche \u00e0 adopter pour \u00e9valuer la conformit\u00e9 des choix proc\u00e9duraux des tribunaux avec les principes de l\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale. Ce qui devient cependant plus clair est que, m\u00eame si la norme formelle de contr\u00f4le est celle de la d\u00e9cision correcte, les tribunaux et les organismes qui font des choix proc\u00e9duraux raisonnables \u00e0 la lumi\u00e8re des facteurs <em>Baker <\/em>ont droit \u00e0 une d\u00e9f\u00e9rence consid\u00e9rable lorsqu\u2019ils sont contest\u00e9s lors d\u2019un contr\u00f4le judiciaire ou d\u2019un appel pr\u00e9vu par la loi pour des raisons de proc\u00e9dure. Cela devrait \u00eatre d\u2019un grand r\u00e9confort pour les tribunaux et les organismes qui sont confront\u00e9s \u00e0 la t\u00e2che de concevoir des moyens appropri\u00e9s pour r\u00e9pondre aux demandes de droits de participation, surtout lorsque les questions en jeu sont d\u2019une vari\u00e9t\u00e9 complexe et charg\u00e9e sur la plan politique.<\/p>\n<p><strong>L\u2019arr\u00eat <em>Vavilov <\/em>et l\u2019obligation de consulter et d\u2019accommoder les peuples autochtones<\/strong><\/p>\n<p>Dans un excellent blogue en deux parties<sup>[78]<\/sup>, Howard Kislowicz et Robert Hamilton abordent la question de savoir comment, le cas \u00e9ch\u00e9ant, l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov <\/em>a affect\u00e9 la norme de contr\u00f4le \u00e0 appliquer \u00e0 la prise de d\u00e9cisions concernant les droits, les revendications et les int\u00e9r\u00eats des autochtones. Dans la premi\u00e8re partie, ils examinent les appels pr\u00e9vus par la loi, et dans la seconde, le contr\u00f4le judiciaire.<\/p>\n<p>Dans le cadre des appels pr\u00e9vus par la loi, la nouvelle norme s\u2019appliquera. Sur les questions de droit \u00ab\u00a0y compris les questions d\u2019interpr\u00e9tation de la loi et celles concernant l\u2019\u00e9tendue de l\u2019autorit\u00e9 du d\u00e9cideur\u00a0\u00bb, la d\u00e9cision correcte s\u2019appliquera tout autant dans les cas soulevant des questions d\u2019obligation de consulter et d\u2019accommodement que dans les autres contextes d\u2019appel. Il en va de m\u00eame pour le crit\u00e8re de \u00ab\u00a0l\u2019erreur manifeste et domiante\u00a0\u00bb pour les questions de fait ou les questions mixtes de droit et de fait. Cependant, en ce qui concerne cette deuxi\u00e8me branche du crit\u00e8re <em>Housen<\/em>, les auteurs sugg\u00e8rent que, quelles qu\u2019aient pu \u00eatre les ambitions de la majorit\u00e9 dans l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov <\/em>pour une r\u00e9vision plus intrusive lorsqu\u2019une affaire est port\u00e9e devant les tribunaux dans le cadre d\u2019un appel l\u00e9gal, l\u2019ironie est peut-\u00eatre que pour les questions de fait et les questions mixtes de droit et fait, c\u2019est l\u2019inverse qui se produit. En effet, selon les auteurs, il semble probable que, dans le cadre d\u2019un contr\u00f4le en appel des d\u00e9cisions administratives, les tribunaux de r\u00e9vision traiteront \u00ab\u00a0l\u2019erreur manifeste et dominante\u00a0\u00bb comme une norme plus d\u00e9f\u00e9rente que le caract\u00e8re d\u00e9raisonnable tel qu\u2019il est appliqu\u00e9 \u00e0 ces questions dans le cadre d\u2019un contr\u00f4le judiciaire traditionnelle<sup>[79]<\/sup>. Comme le sugg\u00e8rent les auteurs dans leur paragraphe de conclusion de la premi\u00e8re partie, c\u2019est comme si la majorit\u00e9 dans l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov <\/em>avait r\u00e9introduit deux vari\u00e9t\u00e9s de d\u00e9f\u00e9rence rappelant l\u2019\u00e8re pr\u00e9-<em>Dunsmuir<\/em>, \u00e0 savoir le caract\u00e8re d\u00e9raisonnable et le caract\u00e8re manifestement d\u00e9raisonnable. \u00c9tait-ce vraiment le but ou l\u2019intention de la majorit\u00e9?<\/p>\n<p>Et il faut reconna\u00eetre que cette question ne se pose pas pour de nombreux organismes de r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie en raison du fait que la l\u00e9gislation limite les appels de leurs d\u00e9cisions devant les tribunaux aux questions de droit et de comp\u00e9tence. Dans ce contexte, les questions cruciales tourneront autour de la port\u00e9e des questions de droit et de comp\u00e9tence et du moment o\u00f9 une question de droit peut \u00eatre facilement soustraite \u00e0 une d\u00e9termination mixte de fait et de droit<sup>[80]<\/sup>.<\/p>\n<p>Dans <em>Vavilov<\/em>, la majorit\u00e9 a articul\u00e9 comme suit la port\u00e9e de l\u2019exception des questions constitutionnelles \u00e0 la norme de la d\u00e9cision raisonnable des demandes de contr\u00f4le judiciaire\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">L\u2019examen des questions touchant au partage des comp\u00e9tences entre le Parlement et les provinces, au rapport entre le l\u00e9gislateur et les autres organes de l\u2019\u00c9tat, \u00e0 la <strong>port\u00e9e des droits ancestraux et droits issus de trait\u00e9s reconnus \u00e0 l\u2019art. 35 de la <em>Loi constitutionnelle de 1982<\/em>, et \u00e0 d\u2019autres questions de droit constitutionnel <\/strong>n\u00e9cessite une r\u00e9ponse d\u00e9cisive et d\u00e9finitive des cours de justice. Il faut donc continuer d\u2019appliquer la norme de la d\u00e9cision correcte au moment d\u2019examiner les questions de cette nature<sup>[81]<\/sup> [je souligne].<\/p>\n<p>D\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, l\u2019une des questions soulev\u00e9es par cette d\u00e9claration est de savoir dans quelle mesure cette affirmation du contr\u00f4le selon la norme de la d\u00e9cision correcte s\u2019applique, au-del\u00e0 des pures questions de droit, aux questions de fait, aux questions mixtes de droit et de fait et \u00e0 l\u2019exercice du pouvoir discr\u00e9tionnaire. Le poids des pr\u00e9c\u00e9dents, y compris l\u2019obligation de consulter et d\u2019accommoder la jurisprudence<sup>[82]<\/sup>, et la r\u00e9ticence de la majorit\u00e9 dans l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov <\/em>\u00e0 s\u2019ing\u00e9rer<sup>[83]<\/sup> dans l\u2019approche <em>Dor\u00e9 c Barreau du Qu\u00e9bec<\/em><sup>[84]<\/sup> en mati\u00e8re de contr\u00f4le judiciaire lorsque les droits, libert\u00e9s et valeurs de la Charte sont en jeu semblent sugg\u00e9rer, bien que ce ne soit pas explicite, que la majorit\u00e9 n\u2019\u00e9tendait pas le contr\u00f4le selon la norme de la d\u00e9cision correcte \u00e0 tous les aspects de ce type de d\u00e9cision. En d\u2019autres termes, il ne s\u2019agissait pas de rejeter le contr\u00f4le selon la norme de la d\u00e9cision raisonnable en ce qui concerne les questions mixtes de droit et de fait, de fait et de discr\u00e9tion lorsque des questions constitutionnelles sont en jeu.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, comme le soutiennent Kislowicz et Hamilton<sup>[85]<\/sup>, la Cour supr\u00eame n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 un mod\u00e8le de clart\u00e9 en ce qui concerne les aspects de l\u2019obligation de consulter et d\u2019accommoder qui font l\u2019objet d\u2019un contr\u00f4le selon la norme de la d\u00e9cision correcte et les \u00e9l\u00e9ments pour lesquels le caract\u00e8re d\u00e9raisonnable avec d\u00e9f\u00e9rence est la norme. Ils soul\u00e8vent \u00e9galement des questions quant \u00e0 savoir si l\u2019obligation de consulter et d\u2019accommoder est correctement caract\u00e9ris\u00e9e comme relevant de la \u00ab\u00a0port\u00e9e des droits ancestraux et des droits issus de trait\u00e9s reconnus \u00e0 l\u2019art. 35 de la <em>Loi constitutionnelle de 1982\u00a0<\/em>\u00bb. Bien que cela ne donne pas tout \u00e0 fait cr\u00e9dit \u00e0 la nature sophistiqu\u00e9e des arguments des auteurs, l\u2019obligation de consulter et d\u2019accommoder n\u2019est-elle pas associ\u00e9e non seulement aux \u00ab\u00a0droits\u00a0\u00bb des peuples autochtones mais aussi \u00e0 leurs revendications en cours? Je laisserai cette question fascinante pour un autre jour, mais ce faisant, je ferai remarquer que la caract\u00e9risation de la port\u00e9e de l\u2019exception des questions constitutionnelles \u00e0 la pr\u00e9somption du contr\u00f4le selon la norme de la d\u00e9cision raisonnable de la majorit\u00e9 dans l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov <\/em>inclut \u00e9galement \u00ab\u00a0d\u2019autres questions constitutionnelles\u00a0\u00bb. Cependant, m\u00eame cela ne peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 comme excluant la possibilit\u00e9 d\u2019une approche <em>sui generis <\/em>de la t\u00e2che qui consiste \u00e0 tracer une ligne constitutionnellement appropri\u00e9e entre le contr\u00f4le selon la norme de la d\u00e9cision correcte et de la d\u00e9cision raisonnable dans le domaine de l\u2019obligation de consulter et d\u2019accommoder. Et, en fin de compte, une telle solution semble \u00eatre ce que recherchent les auteurs, une solution qui, pour eux, se r\u00e9soudrait en faveur de la norme de la d\u00e9cision correcte pour certaines des zones d\u2019incertitude en marge.<\/p>\n<p>Avant ces blogues, la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale avait rendu son arr\u00eat dans lequel la deuxi\u00e8me approbation de l\u2019expansion du pipeline TransMountain par le gouverneur en conseil \u00e9tait contest\u00e9e par six groupes autochtones au motif que le processus du gouverneur en conseil n\u2019avait pas respect\u00e9 les obligations d\u00e9coulant de l\u2019obligation de consulter et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, d\u2019accommoder les droits, les revendications et les int\u00e9r\u00eats des autochtones : <em>Premi\u00e8re Nation Coldwater c Canada (Procureur g\u00e9n\u00e9ral)<\/em><sup>[86]<\/sup>.<\/p>\n<p>En r\u00e9ponse \u00e0 la demande sur laquelle \u00e9tait fond\u00e9e la demande de contr\u00f4le judiciaire, la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale a affirm\u00e9 (et toutes les parties \u00e9taient apparemment d\u2019accord) que l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov <\/em>n\u2019avait pas modifi\u00e9 sensiblement les principes r\u00e9gissant le choix de la norme de contr\u00f4le appropri\u00e9e<sup>[87]<\/sup>. \u00c9tant donn\u00e9 que l\u2019approbation du gouverneur en conseil \u00e9tait survenue avant la demande de contr\u00f4le judiciaire devant la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale, il a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sum\u00e9 que la norme de contr\u00f4le serait celle de la d\u00e9cision raisonnable<sup>[88]<\/sup>. De plus, \u00e9tant donn\u00e9 que la \u00ab\u00a0port\u00e9e\u00a0\u00bb de l\u2019obligation de consulter n\u2019\u00e9tait pas contest\u00e9e, l\u2019exception de la norme de la d\u00e9cision correcte relev\u00e9e dans l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov<\/em>, en vertu de l\u2019article 35 de la <em>Loi constitutionnelle de 1982<\/em>, n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9clench\u00e9e<sup>[89]<\/sup>. (Il convient de noter, en ce qui concerne le blogue, que la Cour a \u00e9lud\u00e9 la \u00ab\u00a0port\u00e9e\u00a0\u00bb dans le contexte de l\u2019\u00e9tendue de l\u2019article 35, et la \u00ab\u00a0port\u00e9e\u00a0\u00bb en termes de d\u00e9termination de la question de savoir si l\u2019obligation de consulter et son \u00e9tendue s\u2019appliquait sans se demander si l\u2019article 35 \u00e9tait le seul ou le principal lieu pour l\u2019affirmation de l\u2019existence de l\u2019obligation de consulter et d\u2019accommoder.)<\/p>\n<p>Dans ce contexte, la Cour a \u00e9galement d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019il ne lui appartenait pas d\u2019exprimer un avis quant \u00e0 la pertinence de la consultation. Cela reviendrait \u00e0 s\u2019engager dans un contr\u00f4le d\u00e9guis\u00e9e selon la norme de la d\u00e9cision correcte<sup>[90]<\/sup>. \u00c0 premi\u00e8re vue, cela peut sembler une position assez particuli\u00e8re \u00e9tant donn\u00e9 que la demande de contr\u00f4le judiciaire portait pr\u00e9cis\u00e9ment sur la question de savoir si le gouverneur en conseil avait r\u00e9pondu ad\u00e9quatement au jugement ant\u00e9rieur de la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale<sup>[91]<\/sup> concluant \u00e0 l\u2019existence de d\u00e9fauts dans le processus de consultation qui avait pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 l\u2019approbation initiale de l\u2019expansion du pipeline. Cependant, la nuance devient apparente dans le paragraphe suivant o\u00f9 il y a une autre \u00e9lision qui concerne cette fois le bien-fond\u00e9 de la d\u00e9cision d\u2019approbation et l\u2019obligation de consulter et, peut-\u00eatre, d\u2019accommoder :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">La Cour doit donc concentrer son attention sur la raisonnabilit\u00e9 de la d\u00e9cision du gouverneur en conseil, y compris l\u2019issue et le justificatif. Il ne s\u2019agit pas de savoir si le gouverneur en conseil aurait pu ou aurait d\u00fb arriver \u00e0 une conclusion diff\u00e9rente ni si les consultations auraient pu durer plus longtemps ou mieux se d\u00e9rouler. Il s\u2019agit de r\u00e9pondre \u00e0 la question de savoir si la d\u00e9cision d\u2019approuver le projet et le justificatif offert sont acceptables et d\u00e9fendables compte tenu de la l\u00e9gislation applicable, de la preuve pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 la Cour et des circonstances ayant une incidence sur le contr\u00f4le selon la norme de la d\u00e9cision raisonnable<sup>[92]<\/sup>.<\/p>\n<p>Ce qui reste incertain, cependant, c\u2019est de savoir si ce repli de l\u2019obligation de consulter dans l\u2019\u00e9valuation du bien-fond\u00e9 de l\u2019approbation est destin\u00e9 \u00e0 signaler qu\u2019il n\u2019y a pas de place pour des contestations distinctes du caract\u00e8re raisonnable, d\u2019une part, du processus de consultation et, d\u2019autre part, de la d\u00e9termination de fond.<\/p>\n<p>Par la suite, la Cour a appliqu\u00e9 l\u2019approche contextuelle de l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov <\/em>\u00e0 la conduite du contr\u00f4le selon la norme de la d\u00e9cision raisonnable<sup>[93]<\/sup>. \u00c0 cet \u00e9gard, la Cour a reconnu l\u2019insistance de l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov <\/em>sur le fait que la toile de fond de cette \u00e9valuation doit commencer par les raisons de la d\u00e9cision et s\u2019y concentrer<sup>[94]<\/sup>. Elle a \u00e9galement soulign\u00e9 la pertinence de l\u2019identification par la Cour pr\u00e9c\u00e9dente de ce qui \u00e9tait n\u00e9cessaire dans le cadre d\u2019un \u00ab\u00a0processus de consultation bref et efficace<sup>[95]<\/sup>\u00a0\u00bb pour rem\u00e9dier aux lacunes du premier processus. Il s\u2019en est suivi une liste et une application de celles qui, parmi les consid\u00e9rations contextuelles de l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov<\/em>, \u00e9taient pertinentes pour une \u00e9valuation du second processus d\u2019approbation.<\/p>\n<p>Ici, la Cour a commenc\u00e9 avec la loi habilitante et son attribution implicite de la primaut\u00e9 au gouverneur en conseil, et non aux tribunaux, pour une d\u00e9termination sur le fond incluant comme partie int\u00e9grante l\u2019\u00e9valuation du caract\u00e8re ad\u00e9quat de la consultation<sup>[96]<\/sup>. Ensuite, la Cour est pass\u00e9e au droit concernant le contenu proc\u00e9dural de l\u2019obligation de consulter<sup>[97]<\/sup>, droit qui, dans un certain sens, correspondait aux normes d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale en droit administratif, mais qui insistait sur le fait que, selon la norme de la d\u00e9cision raisonnable, la perfection n\u2019\u00e9tait pas attendue<sup>[98]<\/sup>. Plus g\u00e9n\u00e9ralement, dans ce qui trouve des parall\u00e8les dans l\u2019affaire <em>Rogers Communications Canada Inc. v Ontario Energy Board<\/em><sup>[99]<\/sup>, dont il a \u00e9t\u00e9 question pr\u00e9c\u00e9demment, les personnes ayant pris part \u00e0 la conception et \u00e0 la mise en \u0153uvre du processus suivi devaient b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une \u00ab\u00a0marge de man\u0153uvre<sup>[100]<\/sup>\u00a0\u00bb ou, ce qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit dans d\u2019autres formulations du contr\u00f4le selon la norme de la d\u00e9cision raisonnable, d\u2019une \u00ab\u00a0marge d\u2019appr\u00e9ciation<sup>[101]<\/sup>\u00a0\u00bb. D\u2019autre part, le processus de consultation doit d\u00e9montrer que \u00ab\u00a0les droits revendiqu\u00e9s par les peuples autochtones\u00a0\u00bb ont \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0pris en compte et trait\u00e9s\u2026 de mani\u00e8re significative<sup>[102]<\/sup>\u00a0\u00bb. D\u2019autres mots et expressions tir\u00e9s de la jurisprudence abondante ont ensuite suivi, la Cour ayant pr\u00e9cis\u00e9 ce qu\u2019impliquaient les termes \u00ab\u00a0significatif\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0raisonnable\u00a0\u00bb : \u00ab\u00a0bonne foi<sup>[103]<\/sup>\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0dialogue<sup>[104]<\/sup>\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0de se pencher sur les r\u00e9elles pr\u00e9occupations<sup>[105]<\/sup>\u00a0\u00bb. Quant aux situations o\u00f9 une \u00ab\u00a0consultation approfondie<sup>[106]<\/sup>\u00a0\u00bb \u00e9tait n\u00e9cessaire, la Cour a d\u00e9fini des \u00e9tapes proc\u00e9durales sp\u00e9cifiques mais non contraignantes :<\/p>\n<ul>\n<li>la possibilit\u00e9 de pr\u00e9senter des observation;<\/li>\n<li>la participation officielle \u00e0 la prise de d\u00e9cisions;<\/li>\n<li>la pr\u00e9sentation de motifs montrant que les pr\u00e9occupations des Autochtones ont \u00e9t\u00e9 prises en compte et pr\u00e9cisant quelle a \u00e9t\u00e9 l\u2019incidence de ces pr\u00e9occupations sur la d\u00e9cision;<\/li>\n<li>un m\u00e9canisme de r\u00e9solution des diff\u00e9rends tel que la m\u00e9diation ou autre processus administratif dot\u00e9 de d\u00e9cideurs neutres<sup>[107]<\/sup>.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Fournir un contexte ou encadrer tout cela<sup>[108]<\/sup> sont les objectifs \u00e9nonc\u00e9s dans l\u2019arr\u00eat fondateur de la Cour supr\u00eame du Canada sur l\u2019obligation de consulter et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, d\u2019accommoder, <em>Nation ha\u00efda c Colombie-Britannique (Ministre des For\u00eats) <\/em>:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">[Qu\u2019est-ce] qui est n\u00e9cessaire pour pr\u00e9server l\u2019honneur de la Couronne et pour concilier les int\u00e9r\u00eats de la Couronne et ceux des Autochtones[?]<sup>[109]<\/sup><\/p>\n<p>Il s\u2019ensuit une longue analyse des concepts \u00ab\u00a0d\u2019honneur de la Couronne<sup>[110]<\/sup>\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0r\u00e9conciliation<sup>[111]<\/sup>\u00a0\u00bb. Il convient de souligner que la Cour reconna\u00eet continuellement la proposition selon laquelle un engagement envers la r\u00e9conciliation\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u2026 n\u2019exige pas qu\u2019on en arrive \u00e0 une fin particuli\u00e8re<sup>[112]<\/sup>.<\/p>\n<p>Cela voudrait dire que les peuples autochtones\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u2026 auraient en fait un droit de veto sur les projets tels que celui\u2011ci<sup>[113]<\/sup>.<\/p>\n<p>Cela a conduit la Cour \u00e0 reconna\u00eetre qu\u2019il fallait \u00e9viter d\u2019imposer une norme trop stricte dans l\u2019\u00e9valuation des consultations. Cela risquerait de cr\u00e9er un droit de veto <em>de facto<\/em><sup>[114]<\/sup>. De plus, il en va de m\u00eame dans le cadre du processus d\u2019accommodement<sup>[115]<\/sup>. En passant, cependant, et j\u2019y reviendrai plus tard, la question du droit de veto a refait surface avec l\u2019introduction du projet de loi C-15 et sa pr\u00e9tendue incorporation dans la l\u00e9gislation canadienne des droits et obligations \u00e9nonc\u00e9s dans la <em>D\u00e9claration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones<\/em>.<\/p>\n<p>La Cour a ensuite not\u00e9 que l\u2019approbation du gouverneur en conseil ne marquait pas la fin de l\u2019obligation de consulter; il y aurait des obligations de consulter pendant toute la dur\u00e9e du projet<sup>[116]<\/sup>. De m\u00eame<sup>[117]<\/sup>, par rapport \u00e0 la sp\u00e9cification de l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov <\/em>sur l\u2019importance de la d\u00e9cision en cours d\u2019examen pour les personnes concern\u00e9es en tant que facteur contextuel<sup>[118]<\/sup>, il y avait la possibilit\u00e9 que le processus de consultation et d\u2019accommodement puisse d\u00e9boucher sur des \u00ab\u00a0relations \u00e0 long terme b\u00e9n\u00e9fiques<sup>[119]<\/sup>\u00a0\u00bb entre la Couronne et les groupes autochtones et, probablement aussi, les partisans.<\/p>\n<p>Par la suite, la Cour d\u2019appel a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une analyse d\u00e9taill\u00e9e du processus qui avait \u00e9t\u00e9 suivi en r\u00e9ponse aux lacunes relev\u00e9es dans le pr\u00e9c\u00e9dent jugement de la Cour d\u2019appel. Je ne m\u2019attarderai pas \u00e0 cet examen dans ce contexte. Cependant, les conditions de la d\u00e9cision finale de la Cour sont pertinentes pour comprendre comment cette Cour a con\u00e7u l\u2019approche du contr\u00f4le selon la norme de la d\u00e9cision raisonnable avec d\u00e9f\u00e9rence\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">Comme le gouverneur en conseil l\u2019a expliqu\u00e9 dans les attendus du d\u00e9cret et la note explicative, et comme le d\u00e9montre le dossier dont sous somme saisis, le gouverneur en conseil pouvait, de fa\u00e7on raisonnable, conclure qu\u2019on avait corrig\u00e9 convenablement les lacunes limit\u00e9es que notre Cour avait signal\u00e9es [lors du contr\u00f4le judiciaire pr\u00e9c\u00e9dent] et qu\u2019il y avait eu une consultation raisonnable et v\u00e9ritable.<\/p>\n<p>En reconnaissance de l\u2019admonition de <em>Vavilov <\/em>selon laquelle le contr\u00f4le selon la norme de la d\u00e9cision raisonnable devrait commencer par les motifs, il convient \u00e9galement de noter que l\u2019\u00e9valuation par la Cour de la question de savoir si la d\u00e9cision du gouverneur en conseil \u00e9tait raisonnable commence par la proposition suivante\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">Les explications du gouverneur en conseil ne r\u00e9v\u00e8lent pas d\u2019erreur de raisonnement ou de logique semblable \u00e0 celles que la Cour supr\u00eame mentionne dans <em>Vavilov<\/em><sup>[120]<\/sup>.<\/p>\n<p>Il suffit de dire en conclusion que le mod\u00e8le de la Cour pour la conduite du contr\u00f4le selon la norme de la d\u00e9cision raisonnable des questions de consultation et d\u2019accommodement fournit une base \u00e9minemment pratique pour les futurs tribunaux traitant de ces questions conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019esprit de <em>Vavilov<\/em>. Certes, il peut rester des probl\u00e8mes quant \u00e0 l\u2019emplacement pr\u00e9cis de la ligne de d\u00e9marcation entre le contr\u00f4le selon la norme de la d\u00e9cision correcte et celle de d\u00e9cision raisonnable dans ce contexte. Cependant, \u00e0 aucun moment de l\u2019\u00e9laboration de la r\u00e9vision de d\u00e9cision raisonnable par renvoi \u00e0 plusieurs des facteurs contextuels de <em>Vavilov <\/em>la Cour ne succombe-t-elle \u00e0 la tentation d\u2019un contr\u00f4le selon la norme de la d\u00e9cision correcte d\u00e9guis\u00e9e. La pomme pendouillait, mais elle a \u00e9t\u00e9 reconnue et personne ne l\u2019a croqu\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9rogation l\u00e9gislative<\/strong><\/p>\n<p>Dans la revue de l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, j\u2019ai cit\u00e9 le blogue de Nigel Bankes<sup>[121]<\/sup>, dans lequel il critiquait le fait que l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov <\/em>soumette les appels pr\u00e9vus par la loi des d\u00e9cideurs administratifs au contr\u00f4le selon la norme de la d\u00e9cision correcte sur des questions de droit, et, plus g\u00e9n\u00e9ralement, aux normes de contr\u00f4le des tribunaux d\u2019appel pour les jugements en mati\u00e8re de droit civil, tel qu\u2019il est d\u00e9fini dans l\u2019affaire <em>Housen c Nikolaisen<\/em>. Par principe, cela \u00e9tait malavis\u00e9 et soul\u00e8verait de toute fa\u00e7on ses propres probl\u00e8mes d\u2019application. Le professeur Bankes a cependant reconnu que la majorit\u00e9 dans l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov <\/em>avait laiss\u00e9 la place \u00e0 une pr\u00e9cision l\u00e9gislative d\u2019autres normes de r\u00e9vision pour les appels pr\u00e9vus par la loi<sup>[122]<\/sup>.<\/p>\n<p>Dans la foul\u00e9e imm\u00e9diate de <em>Vavilov<\/em>, les l\u00e9gislateurs ne se sont pas pr\u00e9cipit\u00e9s pour accepter cette offre. Cependant, il y a un exemple en Alberta qui a un impact tangentiel sur le droit et la r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie. L\u2019article 19 de la partie 4 \u2013 Appel et r\u00e9vision judiciaire de la <em>Land and Property Rights Tribunal act<\/em><sup>[123]<\/sup>, une loi qui fusionne en un seul tribunal quatre tribunaux de r\u00e9glementation fonci\u00e8re auparavant s\u00e9par\u00e9s (y compris le Surface Rights Board<sup>[124]<\/sup>), pr\u00e9voit :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">Lors d\u2019une demande de contr\u00f4le judiciaire ou d\u2019autorisation d\u2019appel d\u2019une d\u00e9cision ou d\u2019une ordonnance du Tribunal ou lors d\u2019un appel d\u2019une d\u00e9cision ou d\u2019une ordonnance du Tribunal, la norme de contr\u00f4le \u00e0 appliquer est celui de la d\u00e9cision raisonnable [traduction].<\/p>\n<p>Ce qui est imm\u00e9diatement frappant dans cette disposition, c\u2019est son application d\u2019une norme universelle de d\u00e9cision raisonnable dans tout le spectre de contr\u00f4le judiciaire des d\u00e9cisions du Tribunal en vertu de la <em>Loi<\/em> : contr\u00f4le judiciaire, appels pr\u00e9vus par la loi et m\u00eame demandes d\u2019autorisation d\u2019appel. L\u2019une des cons\u00e9quences est que, dans le domaine des appels pr\u00e9vus par la loi, l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov <\/em>est par voie l\u00e9gislative annul\u00e9. Cela signifie que non seulement sur les questions de droit pure, mais aussi sur les questions de fait et les questions mixtes de droit et de fait, l\u2019arr\u00eat <em>Housen c Nikolaisen<\/em><sup>[125]<\/sup> ne sera plus applicable. La norme de la d\u00e9cision raisonnable sera la norme universelle; il ne s\u2019agira pas de la norme de la d\u00e9cision correcte sur des questions de droit pur ou d\u2019une \u00ab\u00a0erreur manifeste et dominante\u00a0\u00bb pour les questions de fait, de discr\u00e9tion et mixtes de droit et de fait.<\/p>\n<p>Cependant, cette imposition d\u2019une norme universelle de la d\u00e9cision raisonnable soul\u00e8ve une autre question plus g\u00e9n\u00e9rale : Qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019appels pr\u00e9vus par la loi ou de demandes de contr\u00f4le judiciaire, est-il constitutionnellement admissible pour un l\u00e9gislateur de substituer le contr\u00f4le selon la norme de la d\u00e9cision raisonnable au contr\u00f4le selon la norme de la d\u00e9cision correcte en ce qui concerne les cat\u00e9gories de l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov <\/em>pour lesquelles la d\u00e9cision correcte est la norme de contr\u00f4le appropri\u00e9e\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">les questions constitutionnelles, les questions de droit g\u00e9n\u00e9rales d\u2019une importance capitale pour le syst\u00e8me juridique dans son ensemble, et les questions li\u00e9es aux d\u00e9limitations des comp\u00e9tences respectives d\u2019organismes administratifs<sup>[126]<\/sup>.<\/p>\n<p>Il reste \u00e0 voir, si et quand cette question se posera dans le contexte du Tribunal des droits fonciers et de propri\u00e9t\u00e9, comment une cour de r\u00e9vision y r\u00e9pondra.<\/p>\n<p>Il est int\u00e9ressant de noter que dans le domaine f\u00e9d\u00e9ral, dans le projet de loi C-11, dont la partie 2 est la <em>Loi sur le Tribunal de la protection des renseignements personnels et des donn\u00e9es<\/em>, la section 102(2) pr\u00e9voit que, pour les appels au Tribunal, la norme de contr\u00f4le pour les questions de droit sera la d\u00e9cision correcte, et, pour les questions de fait et les questions mixtes de droit et de fait, \u00ab\u00a0l\u2019erreur manifeste et dominante\u00a0\u00bb \u2013 un mandat l\u00e9gislatif de la norme de r\u00e9vision des appels civils dans <em>Housen c Nikolaisen<\/em>. Le projet de loi ne dit rien sur la norme de contr\u00f4le \u00e0 appliquer par la Cour f\u00e9d\u00e9rale aux demandes de contr\u00f4le judiciaire de la d\u00e9cision du Tribunal. Si cette disposition est adopt\u00e9e dans sa forme actuelle, cela soul\u00e8vera sans aucun doute des questions quant \u00e0 savoir si le r\u00f4le de la cour de r\u00e9vision sera d\u2019\u00e9valuer la d\u00e9cision en appel en se r\u00e9f\u00e9rant aux m\u00eames normes que le Tribunal lui-m\u00eame \u00e9tait tenu d\u2019appliquer ou si le Tribunal aura droit \u00e0 la pr\u00e9somption d\u2019un contr\u00f4le selon la norme de la d\u00e9cision raisonnable non seulement pour sa d\u00e9termination des questions de droit mais aussi pour ses d\u00e9cisions sur des questions mixtes de fait et de droit.<\/p>\n<p>Il convient \u00e9galement de noter les recommandations du rapport final de janvier 2021 du Groupe de travail sur la modernisation des march\u00e9s financiers de l\u2019Ontario. En proposant qu\u2019il y ait un tribunal d\u2019arbitrage s\u00e9par\u00e9 \u00e9tabli dans le cadre de la r\u00e9glementation des valeurs mobili\u00e8res en Ontario<sup>[127]<\/sup>, le Groupe de travail, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov<\/em>, recommande de r\u00e9tablir la d\u00e9cision raisonnable comme norme de contr\u00f4le pour les questions de droit dans tout appel devant les tribunaux des d\u00e9cisions du tribunal recommand\u00e9<sup>[128]<\/sup>. Cette formulation laisse alors de c\u00f4t\u00e9 la question de savoir si la norme de contr\u00f4le pour les questions de fait, de discr\u00e9tion ou mixtes de droit et de fait serait \u00e9galement la norme de la d\u00e9cision raisonnable, ou la norme <em>Housen c Nikolaisen <\/em>d\u2019erreur manifeste et dominante.<\/p>\n<p>Il est int\u00e9ressant de noter que le Groupe de travail ne fait pas r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 cette question mais indique clairement que la norme de contr\u00f4le pr\u00e9vue par la loi ne devrait pas s\u2019appliquer aux questions de justice naturelle ou d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale, ni \u00e0 aucune des cat\u00e9gories existantes de d\u00e9cision correcte fond\u00e9es sur la primaut\u00e9 du droit de l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov<\/em>.<sup>[129]<\/sup> Cela permet au moins d\u2019\u00e9viter la question pos\u00e9e ci-dessus en ce qui concerne la d\u00e9signation de la norme de contr\u00f4le dans la <em>Loi <\/em>\u00e9tablissant le Land and Property Rights Tribunal de l\u2019Alberta.<\/p>\n<p>Il reste maintenant \u00e0 voir si l\u2019initiative albertaine ou des versions de celle-ci sont reprises par rapport \u00e0 d\u2019autres tribunaux et organismes (y compris les organismes de r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie), non seulement dans cette province mais aussi plus largement dans tout le Canada. Cependant, si un territoire de comp\u00e9tence souhaite un retour \u00e0 la position d\u2019avant l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov<\/em>, Nigel Bankes<sup>[130]<\/sup>, en se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 l\u2019Alberta Utilities Commission, a une solution \u00e9l\u00e9gante :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><strong>Norme de contr\u00f4le en appel<\/strong><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">29A Nonobstant l\u2019utilisation du mot \u00ab\u00a0appel\u00a0\u00bb dans l\u2019article 29, la Cour d\u2019appel applique \u00e0 un appel la m\u00eame norme de contr\u00f4le que celui qui s\u2019appliquerait \u00e0 une demande de contr\u00f4le judiciaire en vertu de la partie 3, section 2 des R\u00e8gles de proc\u00e9dure de la Cour. [traduction]<\/p>\n<p><strong>DROITS DES PEUPLES AUTOCHTONES ET R\u00c9GLEMENTATION DE L\u2019\u00c9NERGIE<\/strong><\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas seulement en ce qui concerne l\u2019obligation de consulter et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, d\u2019accommoder, que les organismes de r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie doivent faire face aux questions qui touchent les peuples autochtones. En 2020, ce point a \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9 dans deux contextes assez diff\u00e9rents, mais pas totalement sans rapport, que j\u2019aborderai dans cette section.<\/p>\n<p><strong>La D\u00e9claration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (\u00ab\u00a0DNUDPA\u00a0\u00bb)<\/strong><\/p>\n<p>De diverses fa\u00e7ons, depuis son adoption par l\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations Unies le 13 septembre 2007, la DNUDPA a occup\u00e9 une place importante dans le discours sur l\u2019avenir de la r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie au Canada. Les dispositions de la DNUDPA relatives au \u00ab\u00a0consentement pr\u00e9alable, donn\u00e9 librement et en connaissance de cause\u00a0\u00bb ont \u00e9t\u00e9 le principal point chaud. L\u2019article 19 pr\u00e9voit ce qui suit :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">Les \u00c9tats se concertent et coop\u00e8rent de bonne foi avec les peuples autochtones int\u00e9ress\u00e9s \u2013 par l\u2019interm\u00e9diaire de leurs propres institutions repr\u00e9sentatives \u2013 avant d\u2019adopter et d\u2019appliquer des mesures l\u00e9gislatives ou <strong>administratives <\/strong>susceptibles de concerner les peuples autochtones, afin d\u2019obtenir leur consentement pr\u00e9alable, donn\u00e9 librement et en connaissance de cause [je souligne].<\/p>\n<p>De m\u00eame, par l\u2019article 32, les \u00c9tats s\u2019engagent\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u2026 [\u00e0] consult[er] les peuples autochtones concern\u00e9s et [\u00e0] coop[\u00e9rer] avec eux de bonne foi par l\u2019interm\u00e9diaire de leurs propres institutions repr\u00e9sentatives, en vue d\u2019obtenir leur consentement, donn\u00e9 librement et en connaissance de cause, avant l\u2019approbation de tout projet ayant des incidences sur leurs terres ou territoires et autres ressources, notamment en ce qui concerne la mise en valeur, l\u2019utilisation ou l\u2019exploitation des ressources min\u00e9rales, hydriques ou autres.<\/p>\n<p>Ce sont ces dispositions qui ont conduit au refus initial du Canada de souscrire \u00e0 la D\u00e9claration. La principale pr\u00e9occupation \u00e9tait que, si elles \u00e9taient incorpor\u00e9es dans le droit canadien, elles donneraient en fait aux peuples autochtones un droit de veto sur l\u2019approbation administrative ou l\u00e9gislative de tout projet ayant des r\u00e9percussions sur leurs droits, leurs revendications et leurs int\u00e9r\u00eats. L\u2019exigence apparente de \u00ab\u00a0consentement pr\u00e9alable, donn\u00e9 librement et en connaissance de cause\u00a0\u00bb l\u2019emporterait sur la position adopt\u00e9e par la Cour supr\u00eame du Canada selon laquelle l\u2019obligation de consulter et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, d\u2019accommoder ne conf\u00e8re pas aux peuples autochtones un droit illimit\u00e9 de refuser de consentir \u00e0 tout projet qui touche leurs droits en vertu de l\u2019article 35 et d\u2019autres droits constitutionnels.<\/p>\n<p>Cependant, malgr\u00e9 la perp\u00e9tuation de ces pr\u00e9occupations quant \u00e0 l\u2019impact de l\u2019adoption de la DNUDPA dans le cadre du droit interne canadien, le Canada a finalement approuv\u00e9 la D\u00e9claration en 2010 de fa\u00e7on nuanc\u00e9e. Cinq ans plus tard, le programme \u00e9lectoral des lib\u00e9raux promettait la mise en \u0153uvre de la D\u00e9claration, ce qui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9it\u00e9r\u00e9 lors de la campagne \u00e9lectorale de 2019. Entre-temps, en 2016, le Canada avait inscrit un appui sans r\u00e9serve \u00e0 la D\u00e9claration aux Nations Unies. Par la suite, la Colombie-Britannique a promulgu\u00e9 une loi int\u00e9grant la D\u00e9claration dans son droit<sup>[131]<\/sup>. \u00c0 Ottawa, un projet de loi \u00e9manant des d\u00e9put\u00e9s <sup>[132]<\/sup> visant \u00e0 int\u00e9grer la D\u00e9claration dans le droit canadien avait \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 par la Chambre des communes en 2018, mais il est finalement mort au feuilleton lorsque le Parlement a \u00e9t\u00e9 dissous lors du d\u00e9clenchement des \u00e9lections \u00e0 l\u2019automne 2019.<\/p>\n<p>Puis, finalement, le 3 d\u00e9cembre 2020, le gouvernement a pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 la Chambre des communes le projet de loi C-15, <em>Loi concernant la D\u00e9claration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones<\/em><sup>[133]<\/sup>.<\/p>\n<p>Dans le r\u00e9sum\u00e9 du minist\u00e8re de la Justice annex\u00e9 au projet de loi, il est indiqu\u00e9 que, lorsqu\u2019il sera promulgu\u00e9, le Canada s\u2019engagera \u00e0 \u00ab\u00a0prendre les mesures n\u00e9cessaires pour veiller \u00e0 ce que les lois f\u00e9d\u00e9rales soient compatibles\u00a0\u00bb\u00a0avec la D\u00e9claration. L\u2019article 4(a) pr\u00e9voit ensuite que la l\u00e9gislation a notamment pour objet\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">de confirmer que la D\u00e9claration constitue un instrument international universel en mati\u00e8re de droits de la personne qui trouve application dans le droit canadien.<\/p>\n<p>Cela fait suite et semble aller un peu plus loin que l\u2019un des nombreux attendus du pr\u00e9ambule de la Loi :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">Attendu qu\u2019il y a lieu de confirmer que la D\u00e9claration est une source <strong>d\u2019interpr\u00e9tation <\/strong>du droit canadien [je souligne].<\/p>\n<p>Cependant, le minist\u00e8re de la Justice<sup>[134]<\/sup>, dans son entr\u00e9e sur le site Web expliquant le projet de loi et ses objectifs, semblait consid\u00e9rer que l\u2019impact du projet de loi ne donnait pas effet \u00e0 l\u2019exigence du \u00ab\u00a0consentement pr\u00e9alable, donn\u00e9 librement et en connaissance de cause\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">Des renvois au \u00ab\u2005consentement pr\u00e9alable, donn\u00e9 librement et en connaissance de cause\u2005\u00bb figurent dans l\u2019ensemble de la D\u00e9claration. Cette expression souligne l\u2019importance de reconna\u00eetre et d\u2019assurer le respect des droits des peuples autochtones et de veiller \u00e0 ce que les peuples autochtones participent effectivement et de mani\u00e8re significative aux d\u00e9cisions qui les concernent, ainsi que leurs communaut\u00e9s et territoire.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u2026 Une fois adopt\u00e9, ce projet de loi ne modifierait pas l\u2019obligation actuelle du Canada de consulter les groupes autochtones ou les autres obligations de consultation et de participation \u00e9nonc\u00e9es dans d\u2019autres mesures l\u00e9gislatives, comme la nouvelle Loi sur l\u2019\u00e9valuation d\u2019impact.<\/p>\n<p>Lors d\u2019une s\u00e9ance d\u2019information technique sans attribution pour la presse, un haut fonctionnaire du gouvernement aurait d\u00e9clar\u00e9 de fa\u00e7on assez remarquable\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u2026 le projet de loi n\u2019est pas \u00e9crit pour faire de la DNUDPA une partie du droit f\u00e9d\u00e9ral canadien, mais d\u00e9signe plut\u00f4t la D\u00e9claration comme un instrument des droits de la personne que les gouvernements et les tribunaux peuvent utiliser pour guider l\u2019\u00e9laboration et l\u2019interpr\u00e9tation du droit canadien<sup>[135]<\/sup> [traduction].<\/p>\n<p>Quoi qu\u2019il en soit, le ministre de la Justice aurait dit \u00e0 la presse\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u2026 une consultation significative est ce qui est incarn\u00e9 dans le consentement pr\u00e9alable, donn\u00e9 librement et en connaissance de cause. Le mot \u00ab\u00a0veto\u00a0\u00bb n\u2019existe pas dans le document<sup>[136]<\/sup> [traduction].<\/p>\n<p>Cependant, comme l\u2019indique un \u00e9ditorial du <em>Globe and Mail <\/em>:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">Le probl\u00e8me est que le mot \u00ab\u00a0consentement\u00a0\u00bb a un sens. Il signifie normalement le pouvoir de dire oui ou non, point final<sup>[137]<\/sup> [traduction].<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, je suppose qu\u2019une interpr\u00e9tation tendancieuse des dispositions pertinentes de la D\u00e9claration pourrait cependant \u00eatre que les mots \u00ab\u00a0<strong>en vue d\u2019obtenir <\/strong>leur consentement pr\u00e9alable, donn\u00e9 librement et en connaissance de cause\u00a0\u00bb devraient \u00eatre lus comme \u00ab\u00a0<strong>s\u2019efforcer de bonne foi d\u2019obtenir <\/strong>leur consentement pr\u00e9alable, donn\u00e9 librement et en connaissance de cause\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0<strong>dans le but d\u2019obtenir <\/strong>leur consentement pr\u00e9alable, donn\u00e9 librement et en connaissance de cause\u00a0\u00bb. Ainsi, par exemple, les obligations impos\u00e9es par le projet de loi pourraient \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme ne donnant pas de droit de veto mais permettant de perp\u00e9tuer les principes existants de la Cour supr\u00eame concernant l\u2019obligation de consulter et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, d\u2019accommoder. Toutefois, \u00e0 mon avis, cela pourrait \u00eatre trop ambitieux. Ce qui est \u00e9galement clair, c\u2019est que si le projet de loi devient une loi, il y aura presque in\u00e9vitablement des proc\u00e9dures r\u00e9glementaires et des litiges dans lesquels les groupes autochtones demanderont aux organismes de r\u00e9glementation et aux juges leur version de la signification de la formulation critique et que cela cr\u00e9e en fait un pouvoir de veto.<\/p>\n<p><strong>L\u2019honneur de la Couronne \u2013 Au-del\u00e0 de l\u2019obligation de consulter et d\u2019accommoder<\/strong><\/p>\n<p>Dans l\u2019affaire <em>Fort McKay First Nation v Prosper Petroleum Ltd. <\/em><sup>[138]<\/sup>, la Premi\u00e8re Nation a fait appel d\u2019une d\u00e9cision de l\u2019Alberta Energy Regulator (AER) approuvant (sous r\u00e9serve de l\u2019autorisation du lieutenant-gouverneur en conseil<sup>[139]<\/sup>) un projet de r\u00e9cup\u00e9ration du bitume qui serait situ\u00e9 \u00e0 proximit\u00e9 des r\u00e9serves de Moose Lake de la Premi\u00e8re Nation. La Premi\u00e8re Nation a fait valoir que l\u2019AER avait refus\u00e9 \u00e0 tort d\u2019examiner si l\u2019honneur de la Couronne exigeait que le projet ne soit pas approuv\u00e9 avant la conclusion des n\u00e9gociations en cours entre la Premi\u00e8re Nation et le gouvernement de l\u2019Alberta sur la cr\u00e9ation d\u2019un plan de gestion de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 Moose Lake (PGAML) \u00ab\u00a0pour traiter des effets cumulatifs de l\u2019exploitation des sables bitumineux sur les huit droits issus de trait\u00e9s de la Premi\u00e8re Nation<sup>[140]<\/sup>\u00a0\u00bb[traduction].<\/p>\n<p>En ce qui concerne la proc\u00e9dure, Prosper<sup>[141]<\/sup> et l\u2019Alberta<sup>[142]<\/sup> ont fait valoir que la question de savoir si l\u2019honneur de la Couronne \u00e9tait engag\u00e9 et si la d\u00e9cision touchait \u00e0 l\u2019honneur d\u00e9passait la comp\u00e9tence de l\u2019AER. L\u2019article 21 de <em>l\u2019Energy Development Act<\/em><sup>[143]<\/sup> stipule que l\u2019AER n\u2019a pas comp\u00e9tence pour examiner l\u2019ad\u00e9quation de la consultation de la Couronne dans les affaires qui lui sont soumises. La raison de cette disposition \u00e9tait l\u2019attribution de cette responsabilit\u00e9 et, plus g\u00e9n\u00e9ralement, de la gestion des consultations \u00e0 l\u2019Aboriginal Consultation Office<sup>[144]<\/sup>.<\/p>\n<p>Cependant, la Cour d\u2019appel a d\u00e9termin\u00e9 que cela ne dispensait pas l\u2019AER d\u2019examiner d\u2019autres \u00ab\u00a0questions pertinentes concernant les peuples autochtones<sup>[145]<\/sup>\u00a0\u00bb [traduction] d\u00e9coulant de son mandat. Dans la mesure o\u00f9 la Premi\u00e8re Nation invoquait l\u2019honneur de la Couronne, bien que l\u2019honneur de la Couronne ne donne pas lieu \u00e0 une \u00ab\u00a0cause d\u2019action ind\u00e9pendante<sup>[146]<\/sup>\u00a0\u00bb\u00a0[traduction], il ne se limitait pas \u00e0 assurer l\u2019accomplissement de l\u2019obligation de consulter. Il a \u00e9t\u00e9 reconnu comme pertinent dans trois autres situations<sup>[147]<\/sup>. Il peut donner lieu \u00e0 une obligation fiduciaire lorsque la Couronne \u00ab\u00a0assume des pouvoirs discr\u00e9tionnaires \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019un int\u00e9r\u00eat autochtone particulier\u00a0\u00bb. Il \u00ab\u00a0r\u00e9git l\u2019\u00e9laboration et la mise en \u0153uvre de trait\u00e9s\u00a0\u00bb. Il \u00ab\u00a0exige \u00e9galement que la Couronne agisse de mani\u00e8re \u00e0 atteindre l\u2019objectif vis\u00e9 par les trait\u00e9s et les concessions d\u2019origine l\u00e9gislative accord\u00e9es aux peuples autochtones \u00bb. De plus, il ne s\u2019agissait pas d\u2019un cas o\u00f9 la Premi\u00e8re Nation s\u2019appuyait sur l\u2019obligation de consulter. En ce qui concerne les trois autres situations li\u00e9es \u00e0 l\u2019honneur de la Couronne, la Premi\u00e8re nation fondait sa revendication sur l\u2019affirmation qui engageait la mise en \u0153uvre des obligations contenues dans le Trait\u00e9 8<sup>[148]<\/sup>. Cela mis \u00e0 part, ses revendications avaient un fondement plus large dans le sens o\u00f9 la Premi\u00e8re Nation affirmait, sur la base du principe de r\u00e9conciliation, que l\u2019AER aurait d\u00fb \u00e9valuer \u00ab\u00a0si le processus du PGAML \u00e9tait pertinent pour d\u00e9terminer si le projet \u00e9tait dans l\u2019int\u00e9r\u00eat du public<sup>[149]<\/sup>\u00a0\u00bb\u00a0[traduction]. La Cour a \u00e9galement rejet\u00e9 l\u2019argument selon lequel ces questions \u00e9taient du ressort du Cabinet lorsqu\u2019il s\u2019agissait de d\u00e9terminer s\u2019il devait donner effet \u00e0 l\u2019approbation du projet par l\u2019AER<sup>[150]<\/sup>.<\/p>\n<p>Comme l\u2019AER n\u2019avait jamais abord\u00e9 ces questions<sup>[151]<\/sup>, la ligne de conduite appropri\u00e9e \u00e9tait de renvoyer l\u2019affaire pour r\u00e9examen en tenant compte de \u00ab\u00a0l\u2019honneur de la Couronne et du PGAML<sup>[152]<\/sup>\u00a0\u00bb [traduction].<\/p>\n<p>Dans son accord, la juge Greckol est all\u00e9e un peu plus loin que les deux autres membres de la Cour d\u2019appel. Selon elle, la Premi\u00e8re Nation avait \u00e9tabli que l\u2019honneur de la Couronne en ce qui concerne la mise en \u0153uvre du trait\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 engag\u00e9<sup>[153]<\/sup>. La majorit\u00e9 a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 laisser \u00e0 l\u2019AER le soin de r\u00e9examiner la question du seuil, un r\u00e9examen qui se ferait sur la base d\u2019un dossier de preuve complet qui n\u2019a pas encore \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9<sup>[154]<\/sup>.<\/p>\n<p>La confiance en l\u2019honneur de la Couronne a \u00e9galement fait surface dans le contexte d\u2019une d\u00e9cision de l\u2019Alberta Utilities Commission (AUC) qui a donn\u00e9 l\u2019autorisation d\u2019interjeter appel aupr\u00e8s de la Cour d\u2019appel : <em>AltaLink Management Ltd. v Alberta Utilities Commission<\/em><sup>[155]<\/sup>. Le litige est n\u00e9 de la cession par AltaLink d\u2019une participation dans une partie d\u2019une ligne de transport d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 \u00e0 deux Premi\u00e8res Nations. Ce transfert a entra\u00een\u00e9 des frais d\u2019audit et d\u2019audience annuels suppl\u00e9mentaires en raison du partenariat entre AltaLink et les deux Premi\u00e8res Nations. En approuvant le transfert, la Commission a d\u00e9cid\u00e9 que ces co\u00fbts suppl\u00e9mentaires ne devaient pas \u00eatre assum\u00e9s par les contribuables mais par le partenariat. Cette d\u00e9cision a \u00e9t\u00e9 contest\u00e9e notamment parce qu\u2019elle ne respectait pas l\u2019honneur de la Couronne. L\u2019AUC, a-t-on affirm\u00e9, aurait d\u00fb agir sur une base plus globale et en se r\u00e9f\u00e9rant particuli\u00e8rement \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat public dans la cr\u00e9ation de tels partenariats entre les services publics r\u00e9glement\u00e9s et les Premi\u00e8res Nations<sup>[156]<\/sup>. Fondamentalement, l\u2019affirmation \u00e9tait que l\u2019int\u00e9r\u00eat public dans de tels efforts de r\u00e9conciliation devrait conduire \u00e0 ce que les co\u00fbts suppl\u00e9mentaires soient assum\u00e9s par les contribuables, et non par le partenariat.<\/p>\n<p>Si cet appel aboutit, cela pourrait tr\u00e8s bien laisser pr\u00e9sager des appels plus fr\u00e9quents \u00e0 l\u2019honneur de la Couronne dans les proc\u00e9dures r\u00e9glementaires mettant en cause les droits, les revendications et les int\u00e9r\u00eats des peuples autochtones. Le processus, non pas au sens de la m\u00e9canique de la consultation mais du canevas sur lequel se d\u00e9roule cette prise de d\u00e9cision (l\u2019\u00e9ventail des facteurs pertinents), pourrait s\u2019\u00e9tendre consid\u00e9rablement.<\/p>\n<p><strong>AUTRES QUESTIONS RELATIVES AU PROCESSUS ET AUX MESURES CORRECTIVES<\/strong><\/p>\n<p><strong>Demandes d\u2019autorisation d\u2019appel<\/strong><\/p>\n<p>En accordant l\u2019autorisation d\u2019appel dans l\u2019affaire <em>AltaLink Management Ltd. v Alberta Utilities Commission<\/em><sup>[157]<\/sup>, le juge Strekaf a fait r\u00e9f\u00e9rence aux cinq facteurs que la Cour d\u2019appel de l\u2019Alberta a g\u00e9n\u00e9ralement pris en compte pour d\u00e9terminer s\u2019il fallait accorder l\u2019autorisation d\u2019appel d\u2019une d\u00e9cision de r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie<sup>[158]<\/sup> et, peu de temps apr\u00e8s, a fourni les raisons pour lesquelles la demande avait \u00e9t\u00e9 accept\u00e9e. Cela contraste fortement avec certains autres arr\u00eats de juges uniques de la Cour sur des demandes d\u2019autorisation, en particulier dans les cas o\u00f9 l\u2019autorisation est refus\u00e9e.<\/p>\n<p>L\u2019arr\u00eat du juge Watson dans l\u2019affaire <em>FortisAlberta Inc. v Alberta (Utilities Commission)<\/em><sup>[159]<\/sup> illustre bien ce contraste. En se concentrant largement sur le troisi\u00e8me crit\u00e8re (\u00ab\u00a0le recours vaut <em>prima facie <\/em>d\u2019\u00eatre instruit\u00a0\u00bb) de la liste des consid\u00e9rations pertinentes, le juge Watson<sup>[160]<\/sup> a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 ce qui \u00e9tait \u00e0 toutes fins utiles un examen approfondi, fond\u00e9 sur la jusridprudence, du bien-fond\u00e9 du principal motif sur lequel l\u2019autorisation d\u2019interjeter appel a \u00e9t\u00e9 demand\u00e9e.<\/p>\n<p>Il est int\u00e9ressant de se demander si l\u2019objectif d\u2019imposer une obligation d\u2019autorisation l\u00e9gale est bien servi par un examen aussi approfondi du bien-fond\u00e9. Dans la mesure o\u00f9 cela permet aux demandeurs de comprendre pourquoi ils risquent de perdre sur le fond des motifs pour lesquels ils demandent l\u2019autorisation, cela peut peut-\u00eatre \u00eatre justifi\u00e9 dans le sens o\u00f9 des motifs ad\u00e9quats, m\u00eame s\u2019ils ne viennent pas de la personne avec laquelle vous vouliez traiter votre appel, peuvent apaiser la d\u00e9ception du perdant. Cela peut \u00e9galement servir \u00e0 souligner que, si les motifs de premi\u00e8re instance \u00e9taient discutables, il y avait n\u00e9anmoins d\u2019autres tr\u00e8s bonnes raisons pour lesquelles le demandeur avait m\u00e9rit\u00e9 de perdre en premi\u00e8re instance. Cela aussi peut rendre plus acceptable le refus de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 un appel en bonne et due forme.<\/p>\n<p>D\u2019autre part, \u00e0 l\u2019avenir, dans la mesure o\u00f9 le juge des requ\u00eates se prononcera sur le fond de l\u2019affaire, il y aura, si la m\u00eame question se pose \u00e0 nouveau, des questions quant \u00e0 la valeur de pr\u00e9c\u00e9dent de ces prononc\u00e9s. Il faut \u00e9galement se demander dans quelle mesure la longue \u00e9laboration de motifs pour accorder ou refuser l\u2019autorisation d\u2019interjeter appel constitue une utilisation appropri\u00e9e du temps judiciaire, \u00e9tant donn\u00e9 que les dispositions relatives \u00e0 l\u2019autorisation d\u2019interjeter appel sont g\u00e9n\u00e9ralement per\u00e7ues comme un filtre contre les appels ayant peu ou pas de chance d\u2019atteindre le niveau suivant. Si l\u2019affaire ne m\u00e9rite pas le temps de la Cour d\u2019appel, pourquoi un tiers ou plus de ce temps devrait-il \u00eatre transf\u00e9r\u00e9 juge des autorisations ou repris par celui-ci pour un expos\u00e9 en d\u00e9tail du bien-fond\u00e9 des motifs d\u2019appel?<\/p>\n<p><strong>Soulever de nouvelles questions lors d\u2019une demande de contr\u00f4le judiciaire ou d\u2019un appel pr\u00e9vu par la loi<\/strong><\/p>\n<p>Comme mentionn\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, l\u2019affaire <em>Planet Energy (Ontario) Corp. v Ontario Energy Board<\/em><sup>[161]<\/sup> a soulev\u00e9 la question de savoir si la Commission avait impos\u00e9 une p\u00e9nalit\u00e9 administrative hors d\u00e9lai. L\u2019article 112.5(2) de la <em>Loi sur la Commission de l\u2019\u00e9nergie de l\u2019Ontario<\/em><sup>[162]<\/sup> stipule\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">La Commission ne doit pas rendre d\u2019ordonnance en vertu du paragraphe (1) \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019une contravention plus de deux ans apr\u00e8s celle des dates suivantes qui est post\u00e9rieure \u00e0 l\u2019autre\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 80px;\">a) la date \u00e0 laquelle la contravention a \u00e9t\u00e9 commise;<\/p>\n<p style=\"padding-left: 80px;\">b) la date \u00e0 laquelle les preuves de la contravention ont \u00e9t\u00e9 port\u00e9es pour la premi\u00e8re fois \u00e0 la connaissance de la Commission.<\/p>\n<p>Planet Energy n\u2019avait pas soulev\u00e9 cette question lors de l\u2019audience devant la Commission \u00e9tant donn\u00e9 que le d\u00e9lai de prescription n\u2019avait pas expir\u00e9, et ne l\u2019avait fait que lorsque la d\u00e9cision de la Commission \u00e9tait encore en suspens. Cela a conduit Planet Energy \u00e0 soutenir que la situation \u00e9tait une exception au principe normal selon lequel toutes les questions doivent \u00eatre soulev\u00e9es devant le d\u00e9cideur administratif; que ni sur une demande de contr\u00f4le judiciaire ni, comme ici, sur un appel pr\u00e9vu par la loi<sup>[163]<\/sup>, elles ne pouvaient \u00eatre avanc\u00e9es pour la premi\u00e8re fois devant la cour de r\u00e9vision.<\/p>\n<p>En rejetant cet argument<sup>[164]<\/sup>, la juge Swinton a expos\u00e9 les motifs qui sous-tendent la position accept\u00e9e. Permettre que l\u2019affaire soit plaid\u00e9e pour la premi\u00e8re fois devant la cour de r\u00e9vision signifierait que la cour irait \u00e0 l\u2019encontre du choix du l\u00e9gislateur de laisser ces questions en premi\u00e8re instance \u00e0 la d\u00e9cision de la Commission ou du tribunal. Cela signifierait \u00e9galement que la cour de r\u00e9vision ne b\u00e9n\u00e9ficierait pas de la position de la Commission ou du tribunal sur la question contest\u00e9e. Enfin, dans certains cas, cela pourrait nuire \u00e0 la capacit\u00e9 de l\u2019intim\u00e9 \u00e0 pr\u00e9senter des preuves pertinentes et conduire le tribunal \u00e0 devoir examiner l\u2019affaire en se fondant sur un dossier incomplet<sup>[165]<\/sup>.<\/p>\n<p>En r\u00e9ponse \u00e0 la demande de Planet Energy de traiter cette situation comme une situation exceptionnelle, la juge Swinton a rejet\u00e9 un argument bas\u00e9 sur le temps que la Commission prend normalement pour rendre une d\u00e9cision. La norme de rendement sur laquelle l\u2019avocat s\u2019est bas\u00e9 \u00e9tait pour le tarif, et non pour la proc\u00e9dure d\u2019application<sup>[166]<\/sup>. Deuxi\u00e8mement, elle a reproch\u00e9 \u00e0 l\u2019appelante de ne pas avoir attir\u00e9 l\u2019attention de la Commission sur le probl\u00e8me potentiel \u00e0 l\u2019approche de l\u2019expiration du d\u00e9lai de prescription<sup>[167]<\/sup>. Alternativement, l\u2019appelant aurait pu demander \u00e0 la Commission de reconsid\u00e9rer sa d\u00e9cision, comme le pr\u00e9voit la <em>Loi<\/em><sup>[168]<\/sup>. \u00c0 cet \u00e9gard, la Cour a rejet\u00e9 comme principe g\u00e9n\u00e9ral la position prise par la Cour d\u2019appel de l\u2019Alberta dans l\u2019affaire <em>Alberta Power Ltd. v Alberta (Public Utilities Board)<\/em><sup>[169]<\/sup> selon laquelle l\u2019existence d\u2019un pouvoir de r\u00e9examen ou de r\u00e9vision n\u2019emp\u00eachait pas l\u2019exercice d\u2019un droit d\u2019appel devant les tribunaux. Dans les circonstances de cette proc\u00e9dure, un r\u00e9examen aurait d\u00fb \u00eatre demand\u00e9. Enfin<sup>[170]<\/sup>, la juge Swinton a rejet\u00e9 l\u2019argument selon lequel une exception devrait \u00eatre faite \u00e9tant donn\u00e9 que ce qui \u00e9tait en jeu \u00e9tait une \u00ab\u00a0pure question de droit\u00a0\u00bb sur laquelle, depuis l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov<\/em>, la norme de contr\u00f4le serait celle de la d\u00e9cision correcte. M\u00eame en admettant qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une pure question de droit soumise \u00e0 la norme de la d\u00e9cision correcte, cela ne tenait pas compte du fait que\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u2026 la Commission est un tribunal expert et hautement sp\u00e9cialis\u00e9 qui peut aider la Cour dans l\u2019exercice de l\u2019interpr\u00e9tation des lois en fournissant un contexte et une consid\u00e9ration des diverses interpr\u00e9tations<sup>[171]<\/sup> [traduction].<\/p>\n<p>Quoi qu\u2019il en soit, elle a d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019il ne s\u2019agissait pas d\u2019une pure question de droit puisque, par r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la disposition sur la prescription, il fallait d\u00e9terminer \u00e0 quel moment, en fait, la Commission disposait de la preuve de la contravention en question<sup>[172]<\/sup>.<\/p>\n<p>Pour \u00e9tayer cette analyse, la juge Swinton a not\u00e9 que l\u2019article n\u2019avait jamais \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9 par la Commission et a d\u00e9crit certaines des difficult\u00e9s pour donner un sens ou un effet \u00e0 ce qu\u2019elle a d\u00e9crit comme une \u00ab\u00a0disposition inhabituelle<sup>[173]<\/sup>\u00a0\u00bb. N\u00e9anmoins, le rejet par la Cour divisionnaire des arguments de l\u2019appelant sur cette question me semble se jouer dans un mouchoir de poche. Cependant, il illustre certainement comment la d\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019\u00e9gard des pr\u00e9rogatives d\u00e9cisionnelles d\u2019un organisme de r\u00e9glementation fond\u00e9es sur le choix l\u00e9gislatif de l\u2019instrument de r\u00e9glementation peut jouer un r\u00f4le dans l\u2019exercice des pouvoirs discr\u00e9tionnaires de proc\u00e9dure et de redressement sur les contr\u00f4les judiciaires et les appels pr\u00e9vus par la loi des tribunaux et des organismes.<\/p>\n<p>La distinction faite par la juge Swinton concernant l\u2019arr\u00eat de la Cour d\u2019appel de l\u2019Alberta dans l\u2019affaire <em>Alberta Power Ltd. <\/em>soul\u00e8ve \u00e9galement la question de savoir si, lorsqu\u2019il y a acc\u00e8s \u00e0 un contr\u00f4le ou \u00e0 un r\u00e9examen au sein du tribunal, le point de d\u00e9part devrait \u00eatre que ces avenues coexistent; que, sauf dans des circonstances exceptionnelles, le choix de renoncer \u00e0 la possibilit\u00e9 de r\u00e9vision ou de r\u00e9examen et de proc\u00e9der directement \u00e0 un contr\u00f4le judiciaire ou \u00e0 un appel pr\u00e9vu par la loi devrait \u00eatre celui de la partie perdante. \u00c0 un moment donn\u00e9, cela m\u00e9rite une \u00e9valuation judiciaire plus d\u00e9velopp\u00e9e des motifs pour lesquels les principes d\u2019\u00e9puisement des voies de recours internes ne s\u2019appliquent pas aux dispositions de contr\u00f4le et de r\u00e9examen.<\/p>\n<p>Il est \u00e9galement pertinent de rappeler que, comme indiqu\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, dans l\u2019affaire <em>Enbridge Gas v Ontario Energy Board<\/em><sup>[174]<\/sup>, les juges Swinton et Favreau ont permis qu\u2019une question soit soulev\u00e9e pour la premi\u00e8re fois dans un appel de la Commission devant la Cour. La question qui se pose ici est de savoir si, en mati\u00e8re de fixation des tarifs, le moment o\u00f9 le service public applique ses tarifs doit \u00eatre un facteur dans la fixation des tarifs d\u00e9finitifs et, plus particuli\u00e8rement, si la date \u00e0 partir de laquelle les tarifs d\u00e9finitifs doivent entrer en vigueur ne doit pas n\u00e9cessairement correspondre \u00e0 la date fix\u00e9e plus t\u00f4t pour le commencement des tarifs provisoires.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une longue citation<sup>[175]<\/sup> de <em>Planet Energy<\/em>, les juges Swinton<sup>[176]<\/sup> et Favreau ont statu\u00e9, en s\u2019appuyant sur l\u2019arr\u00eat du juge Rothstein dans l\u2019affaire <em>Alberta (Information and Privacy Commissioner) c Alberta Teachers\u2019 Association<\/em><sup>[177]<\/sup>, que cette situation devait \u00eatre trait\u00e9e comme une situation exceptionnelle m\u00eame si \u00ab\u00a0l\u2019appelant aurait d\u00fb soulever la question devant la CEO<sup>[178]<\/sup>\u00a0\u00bb [traduction]. Tout d\u2019abord, la question de savoir si le moment de la demande \u00e9tait un facteur pertinent pour fixer la date \u00e0 partir de laquelle les taux d\u00e9finitifs s\u2019appliquaient a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite comme une question de droit sur laquelle il n\u2019y avait pas de faits contest\u00e9s. Deuxi\u00e8mement, il s\u2019agit d\u2019une question que la Commission avait d\u00e9j\u00e0 abord\u00e9e dans des affaires pr\u00e9c\u00e9dentes et pour laquelle elle a estim\u00e9 que, d\u2019un point de vue juridique, le moment de la demande \u00e9tait un facteur pertinent. En d\u2019autres termes, la Cour a pu b\u00e9n\u00e9ficier de la justification la Commission sur cette question. \u00ab\u00a0<strong>Plus important encore<\/strong><sup>[179]<\/sup>\u00a0\u00bb [traduction], la r\u00e9currence du probl\u00e8me apr\u00e8s trois d\u00e9cisions pr\u00e9c\u00e9dentes a soutenu la proposition selon laquelle le moment \u00e9tait venu de trouver une solution d\u00e9finitive. Pour soutenir la r\u00e8gle normale, la juge Swinton a toutefois soulign\u00e9 que cela ne devait en aucun cas \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 comme une invitation \u00e0 contourner la Commission. Il s\u2019agissait d\u2019une question impliquant des \u00ab\u00a0circonstances uniques<sup>[180]<\/sup>\u00a0\u00bb [traduction].<\/p>\n<p><strong>Quand renvoyer une cause<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019une des questions collat\u00e9rales examin\u00e9es par la majorit\u00e9 dans l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov<\/em><sup>[181]<\/sup> \u00e9tait la question de savoir quand une cour de r\u00e9vision devrait simplement annuler une d\u00e9cision et ne pas renvoyer l\u2019affaire au d\u00e9cideur pour qu\u2019il la d\u00e9termine conform\u00e9ment aux motifs fournis par la cour de r\u00e9vision ou d\u2019appel. Normalement, le respect des pr\u00e9rogatives d\u00e9cisionnelles du d\u00e9fendeur dicte que le renvoi pour r\u00e9examen est la ligne de conduite appropri\u00e9e. De plus, comme nous l\u2019avons vu dans la discussion pr\u00e9c\u00e9dente sur <em>Hydro One Networks Inc. v Ontario Energy Board<\/em><sup>[182]<\/sup>, le renvoi au sens formel est exig\u00e9 par l\u2019article 33(4) de la <em>Loi sur la Commission de l\u2019\u00e9nergie de l\u2019Ontario<\/em><sup>[183]<\/sup>.<\/p>\n<p>Cependant, la majorit\u00e9 dans l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov <\/em>a ensuite accept\u00e9 qu\u2019il existe des situations dans lesquelles un renvoi\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">\u2026 fait \u00e9chec au souci de r\u00e9solution rapide et efficace d\u2019une mani\u00e8re telle qu\u2019aucune l\u00e9gislature n\u2019aurait pu souhaiter<sup>[184]<\/sup>.<\/p>\n<p>L\u2019affaire <em>Nation Rise Wind Farm Limited Partnership v Ontario (Minister of the Environment, Conservation and Parks)<\/em><sup>[185]<\/sup>, un jugement de la Cour divisionnaire de l\u2019Ontario post-<em>Vavilov<\/em>, fournit un exemple de ce type dans un contexte de r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie.<\/p>\n<p>Il s\u2019agissait d\u2019un appel aupr\u00e8s du ministre d\u2019une d\u00e9cision de la Commission de r\u00e9vision environnementale de l\u2019Ontario donnant l\u2019approbation r\u00e9glementaire \u00e0 un grand projet d\u2019\u00e9nergie \u00e9olienne. Le ministre a accueilli l\u2019appel et a r\u00e9voqu\u00e9 l\u2019approbation r\u00e9glementaire au motif que le projet causerait des dommages catastrophiques \u00e0 une colonie de chauves-souris. Sur une demande de r\u00e9vision judiciaire de la d\u00e9cision du ministre, la Cour divisionnaire<sup>[186]<\/sup> a jug\u00e9 que le ministre n\u2019avait pas le droit de soulever une question qui n\u2019\u00e9tait pas en jeu devant la Commission et qui n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9e dans les observations des parties \u00e0 l\u2019appel. Selon la norme de la d\u00e9cision raisonnable, le ministre avait mal compris l\u2019\u00e9tendue de son r\u00f4le et, selon le dossier, il n\u2019y avait aucune preuve \u00e0 l\u2019appui de sa conclusion factuelle quant au pr\u00e9judice qui serait subi par la colonie de chauves-souris<sup>[187]<\/sup>. Il n\u2019avait pas non plus agi de mani\u00e8re \u00e9quitable sur le plan de la proc\u00e9dure \u00e0 plusieurs \u00e9gards<sup>[188]<\/sup>.<\/p>\n<p>La Cour a ensuite examin\u00e9 la mesure corrective appropri\u00e9e conform\u00e9ment aux directives fournies par les juges majoritaires dans l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov<\/em><sup>[189]<\/sup>. Cela a conduit la Cour \u00e0 d\u00e9terminer qu\u2019il ne s\u2019agissait pas d\u2019un cas d\u2019annulation et de renvoi au ministre pour une nouvelle d\u00e9termination conform\u00e9ment aux motifs de la Cour. La d\u00e9cision du ministre devrait plut\u00f4t \u00eatre simplement annul\u00e9e, ce qui aurait pour effet de r\u00e9tablir la d\u00e9cision initiale de la Commission.<\/p>\n<p>La Cour a fourni plusieurs motifs pour cette position qui se sont combin\u00e9s pour justifier la d\u00e9termination discr\u00e9tionnaire :<\/p>\n<ol>\n<li>\u00c9tant donn\u00e9 que le ministre n\u2019a pas le pouvoir de statuer sur l\u2019appel pour des motifs non soulev\u00e9s par les parties, il ne servirait \u00e0 rien de renvoyer l\u2019affaire au ministre simplement pour rem\u00e9dier \u00e0 ce d\u00e9faut.<\/li>\n<li>M\u00eame si le ministre avait le pouvoir de prendre en compte le sort des chauves-souris, il n\u2019y avait aucune preuve dans le dossier soutenant son pronostic d\u00e9sastreux quant \u00e0 leur sort.<\/li>\n<li>De plus, le ministre avait clairement indiqu\u00e9 que la seule raison pour laquelle il avait accept\u00e9 l\u2019appel \u00e9tait \u00e0 cause des chauves-souris.<\/li>\n<li>Enfin, et s\u2019appuyant sur l\u2019approbation par la majorit\u00e9 dans l\u2019arr\u00eat <em>Vavilov <\/em>du \u00ab\u00a0besoin urgent de r\u00e9gler le diff\u00e9rend \u00bb comme consid\u00e9ration pertinente, la Cour a fait r\u00e9f\u00e9rence aux pressions d\u2019ach\u00e8vement auxquelles le projet \u00e9tait confront\u00e9 de la part de l\u2019exploitant ind\u00e9pendant du service d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 et \u00e0 la possibilit\u00e9 d\u2019annulation du projet m\u00eame si le ministre rejetait l\u2019appel lors d\u2019un r\u00e9examen.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Compte tenu de toutes ces consid\u00e9rations, la Cour divisionnaire a clairement eu raison de simplement annuler la d\u00e9cision du ministre, le message implicite \u00e9tant que cette d\u00e9cision ne laisse aucune marge de man\u0153uvre au ministre pour tenter de reconsid\u00e9rer sa propre initiative.<\/p>\n<ol class=\"footnote\">\n<li>Je suis reconnaissant des interactions avec Paul Daly, ancien juge d\u2019appel, John Evans et David Stratas, juge d\u2019appel, qui m\u2019ont tous deux fourni des informations essentielles pour la r\u00e9daction de cet article.<span style=\"display: inline-block; padding: 10px 0;\">* David J. Mullan, Professeur \u00e9m\u00e9rite, Facult\u00e9 de droit, Queen\u2019s University.<\/span><\/li>\n<li>2017 MBCA 98, 416 DLR (4<sup>th<\/sup>) 385, autorisation de pourvoi \u00e0 la CSC accord\u00e9e, [2017] SCCA 462 (QL). L\u2019une des questions dans cette affaire est de savoir si, dans le cadre d\u2019un appel d\u2019un contr\u00f4le judiciaire, la Cour d\u2019appel doit appliquer les normes applicables aux appels d\u2019une juridiction inf\u00e9rieure dans une affaire civile, continuer \u00e0 \u00eatre sur une base <em>de novo<\/em> ou de d\u00e9cision correcte, ou une autre combinaison <em>sui generis<\/em>. Il est pr\u00e9vu que l\u2019affaire soit plaid\u00e9e le 16 f\u00e9vrier 2021.<\/li>\n<li>2019 CSC 65 [<em>Vavilov<\/em>].<\/li>\n<li><em>Bell Canada c Canada (Procureur g\u00e9n\u00e9ral)<\/em>, 2019 CSC 66 [<em>Bell<\/em>], et, remis le lendemain,<em> Soci\u00e9t\u00e9 canadienne des postes c Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes<\/em>, 2019 CSC 67.<\/li>\n<li>Pour une autre \u00e9valuation, voir Shaun Fluker, \u00ab <em>Vavilov<\/em> and the Judicial Review of Natural Resources, Energy, and Environmental Decisions in Canada \u00bb (2020) 123 Ressources 1, en ligne : &lt;<a href=\"http:\/\/ssrn.com\/abstract=3702774\">ssrn.com\/abstract=3702774<\/a>&gt;.<\/li>\n<li>\u00c0 commencer par l\u2019excellent et toujours convaincant blogue de Nigel Bankes, \u00ab Statutory Appeal Rights in Relation to Administrative Decision-Maker Now Attract an Appellate Standard of Review : A Possible Legislative Intervention \u00bb (3 janvier 2020), en ligne (blogue) : <em>Ablawg<\/em> &lt;<a href=\"http:\/\/ablawg.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Blog_NB_Vavilov.pdf\">ablawg.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Blog_NB_Vavilov.pdf<\/a>&gt;.<\/li>\n<li>2002 CSC 33.<\/li>\n<li>Voir, en particulier, la pr\u00e9sentation de Cristie Ford, \u00ab <em>Vavilov<\/em>\u2019s First Birthday \u00bb (5 janvier 2021) \u00e0 01h:21m:20s, en ligne (vid\u00e9o) : <em>Youtube<\/em> &lt;<a href=\"http:\/\/youtu.be\/TPEgXuoXqqw?t=4880\">youtu.be\/TPEgXuoXqqw?t=4880<\/a>&gt; (La conf\u00e9rence a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e le 18 d\u00e9cembre 2020 par le professeur Paul Daly de la Facult\u00e9 de droit de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Ottawa).<\/li>\n<li>Voir par ex Jonathan Drance, Glenn Cameron et Rachel Hutton, \u00ab L\u2019arr\u00eat <em>Vavilov<\/em> de la CSC : Augmentera-t-il le risque r\u00e9glementaire \u00bb (2020) 8:4 Publication trimestrielle sur la r\u00e8glementation de l\u2019\u00e9nergie 69, en ligne (pdf) : <em>ERQ<\/em> &lt;<a href=\"http:\/\/www.energyregulationquarterly.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/ERQ_Volume-8_Num%C3%A9ro-4-2020.pdf\">www.energyregulationquarterly.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/ERQ_Volume-8_Num%C3%A9ro-4-2020.pdf<\/a>&gt;.<\/li>\n<li><em>Vavilov<\/em>,<em> supra <\/em>note 3 aux para 12, 13, 67, 72, 138.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 124.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>aux para 65\u201368, 109\u201311.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>aux para 116\u201322.<\/li>\n<li>David Mullan, \u00ab Judicial Scrutiny of Administrative Decision Making: Principled Simplification or Continuing Angst? \u00bb (2020) 50 Adv Q 423 \u00e0 la p 453.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 4.<\/li>\n<li>Paul Daly, \u00ab Rates and Reserves: <em>Manitoba (Hydro-Electric Board) v. Manitoba (Public Utilities Board)<\/em>, 2020 MBCA 60 \u00bb (13 octobre 2020), en ligne (blogue) : <em>Administrative Law Matters<\/em> &lt;<a href=\"http:\/\/www.administrativelawmatters.com\/blog\/2020\/10\/13\/rates-and-reserves-manitoba-hydro-electric-board-v-manitoba-public-utilities-board-2020-mbca-60\/\">www.administrativelawmatters.com\/blog\/2020\/10\/13\/rates-and-reserves-manitoba-hydro-electric-board-v-manitoba-public-utilities-board-2020-mbca-60\/<\/a>&gt;.<\/li>\n<li>2020 MBCA 60.<\/li>\n<li>CPLM c P280.<\/li>\n<li>CPLM c H190, arts 39(2.1)-(2.2).<\/li>\n<li>Patrick Duffy, \u00ab <em>Manitoba Hydro v Manitoba Public Utilities Board<\/em>: Annulation de la d\u00e9cision relative aux tarifs r\u00e9duits pour les peuples autochtones \u00bb (2020) 8:3 Publication trimestrielle sur la r\u00e8glementation de l\u2019\u00e9nergie 53, en ligne (pdf) : <em>ERQ<\/em> &lt;<a href=\"http:\/\/www.energyregulationquarterly.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/ERQ_Volume-8_Num%C3%A9ro-3-2020.pdf\">www.energyregulationquarterly.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/ERQ_Volume-8_Num%C3%A9ro-3-2020.pdf<\/a>&gt;.<\/li>\n<li>Daly, <em>supra<\/em> note 16.<\/li>\n<li>Voir aussi un autre appel de loi de nature r\u00e9glementaire non abord\u00e9 dans la pr\u00e9sente enqu\u00eate : <em>East Hants<\/em> <em>(Municipality) v Nova Scotia (Utility and Review Board)<\/em>, 2020 NSCA 41. La question est abord\u00e9e par Fluker,<em> supra <\/em>note 5 \u00e0 la p 4.<\/li>\n<li>2020 ONSC 598 <em>Planet Energy<\/em>.<\/li>\n<li>LO 2010, c 8.<\/li>\n<li>LO 1998, c 15, art 112.5(2).<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 23 au para 31.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>aux para 26\u201330.<\/li>\n<li>2020 ONSC 3616.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>aux para 31\u201333 (Je reviens sur cette question \u00e0 la section qui conclut cet article).<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 33.<\/li>\n<li>2020 ONSC 4331 [<em>Hydro One Networks<\/em>].<\/li>\n<li>La responsabilit\u00e9 pour cela pourrait en fait reposer, du moins en partie, sur la forme de l\u2019ordonnance proc\u00e9durale de nouvelle audience qui d\u00e9crit le r\u00f4le du comit\u00e9 de nouvelle audience quant \u00e0 savoir si la d\u00e9cision originale \u00e9tait \u00ab raisonnable en ce qui a trait \u00e0 l\u2019attribution d\u2019\u00e9conomies d\u2019imp\u00f4t futures entre les actionnaires et les contribuables \u00bb [traduction]. R\u00e9cit\u00e9 dans le jugement du juge Ducharme, <em>ibid<\/em> au para 41.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 31 aux para 48\u201351.<\/li>\n<li>De toute \u00e9vidence, on pourrait objecter que le choix entre la norme de la d\u00e9cision correcte et de la d\u00e9cision raisonnable aux fins de contr\u00f4le judiciaire et d\u2019appel pr\u00e9vu par la loi est aussi un exercice d\u2019interpr\u00e9tation l\u00e9gislative. Toutefois, cet exercice d\u2019\u00ab interpr\u00e9tation \u00bb a lieu au sein de la garantie constitutionnelle de contr\u00f4le judiciaire et d\u2019une gamme d\u2019autres imp\u00e9ratifs constitutionnels et de la primaut\u00e9 du droit, ce qui est bien plus g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 qu\u2019un exercice d\u2019interpr\u00e9tation l\u00e9gislative situ\u00e9 dans le cadre d\u2019un r\u00e9gime l\u00e9gislatif particulier, qui n\u2019est pas orn\u00e9 d\u2019un tel enrobage constitutionnel.<\/li>\n<li>Voir la longue analyse dans <em>Huruglica c Canada (Citoyennet\u00e9 et Immigration)<\/em>, 2016 CAF 93 aux para 36\u2013104, dans le contexte d\u2019appels de la Section de la protection des r\u00e9fugi\u00e9s de la Commission de l\u2019immigration et du statut de r\u00e9fugi\u00e9 \u00e0 la Section d\u2019appel des r\u00e9fugi\u00e9s. Et pour une confirmation post-<em>Vavilov<\/em> de cette position, voir <em>Mekhashishvili<\/em> <em>c Canada (ministre de la Citoyennet\u00e9 et de l\u2019Immigration)<\/em>, 2021 CF 65. Voir aussi<em> City Centre Equities Inc. v Regina (City)<\/em>, 2018 SKCA 43 aux para 37\u2013101, en ce qui concerne les appels d\u2019\u00e9valuation fonci\u00e8re du Saskatchewan Municipal Board of Revision \u00e0 l\u2019Assessment Appeals Committee. Paul Daly a \u00e9galement \u00e9crit \u00e0 ce sujet : voir par ex Paul Daly, \u00ab Unresolved Issues after Vavilov I: Internal Appeals \u00bb (4 mai 2020), en ligne (blogue) : <em>Administrative Law<\/em> <em>Matters <\/em>&lt;<a href=\"http:\/\/www.administrativelawmatters.com\/blog\/2020\/05\/04\/unresolved-issues-after-vavilov-i-internal-appeals\/\">www.administrativelawmatters.com\/blog\/2020\/05\/04\/unresolved-issues-after-vavilov-i-internal-appeals\/<\/a>&gt;.<\/li>\n<li><em>Hydro One Networks<\/em>,<em> supra <\/em>note 31, aux para 52\u201354.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 25.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 31 aux para 55\u201360.<\/li>\n<li>LRO 1990, c C.43 (modifi\u00e9).<\/li>\n<li>Pour mon examen ant\u00e9rieur de cette question, voir \u00ab Judicial Scrutiny of Administrative Decision Making: Principled Simplification or\u00a0 Continuing Angst? \u00bb, <em>supra<\/em> note 14 aux pp 434\u201335. Avant <em>Vavilov<\/em>, j\u2019ai aussi abord\u00e9 cette question dans \u00c9volution du droit administratif pertinent au droit et \u00e0 la r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie en 2014 \u00bb (2015) 3:1 Publication trimestrielle sur la r\u00e8glementation de l\u2019\u00e9nergie 19 aux pp 24\u201327, de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale ainsi qu\u2019en ce qui concerne les pouvoirs discr\u00e9tionnaires de l\u2019ancien ONE sur les droits de participation. La question de la d\u00e9termination par l\u2019organisme des droits de participation comme \u00e9l\u00e9ment de l\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale a \u00e9galement abord\u00e9e dans un examen de <em>Delta Air Lines<\/em> <em>c Luk\u00e1cs<\/em>, 2018 CSC 2, dans \u00ab \u00c9volution du droit administratif pertinent au droit et \u00e0 la r\u00e8glementation de l\u2019\u00e9nergie en 2017 \u00bb (2018) 6:1 Publication trimestrielle sur la r\u00e8glementation de l\u2019\u00e9nergie 21 \u00e0 21\u201327.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 3 au para 13.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 23.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>aux para 76\u201381.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 77.<\/li>\n<li>[1999] 2 RCS 817 aux para 22\u201323, 174 DLR (4<sup>e<\/sup>) 193,.<\/li>\n<li><em>Vavilov<\/em>,<em> supra <\/em>note 3 au para 77.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em>.<\/li>\n<li>2020 ONSC 2984.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 123.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 124.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 134.<\/li>\n<li>2020 ONSC 6549 [<em>Rogers Communications<\/em>].<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 14.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 77.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 16.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 17.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 15.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 25.<\/li>\n<li>On peut supposer qu\u2019une partie de la motivation pour la prise de position de la Commission a \u00e9t\u00e9 que le contr\u00f4le judiciaire des questions de droit en vertu de la <em>Loi sur la proc\u00e9dure de r\u00e9vision judiciaire<\/em>, LRO 1990, c J.1 aurait donn\u00e9 \u00e0 la Commission le b\u00e9n\u00e9fice de la pr\u00e9somption de la norme de la d\u00e9cision raisonnable alors qu\u2019en appel la norme de la d\u00e9cision correcte aurait \u00e9t\u00e9 la norme applicable \u00e0 la suite de <em>Vavilov<\/em>.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 25.<\/li>\n<li><em>Rogers Communications<\/em>,<em> supra <\/em>note 52 aux para 44\u201347. La Commission n\u2019avait pas rendu d\u2019ordonnance formelle \u00e9tablissant la nouvelle charge par d\u00e9faut plus \u00e9lev\u00e9e. Toutefois, le juge Lederer a soutenu que, quoi qu\u2019il en soit et peu importe la position de la Commission, la charge accrue occasionn\u00e9e par le rapport final \u00e9tait en r\u00e9alit\u00e9 et en effet une ordonnance.<\/li>\n<li>Fait int\u00e9ressant, malgr\u00e9 la conclusion selon laquelle la question s\u2019inscrivait dans la port\u00e9e du paragraphe 33(1) et de la juridiction de la Cour d\u2019appel, le juge Lederer a maintenu, <em>ibid<\/em> aux para 32\u201333, nonobstant <em>Vavilov<\/em>, que la norme de la d\u00e9cision raisonnable \u00e9tait le meilleur crit\u00e8re \u00e0 appliquer dans l\u2019interpr\u00e9tation \u00e0 savoir si cette question n\u00e9cessitait une audience par renvoi au paragraphe 21(2) ou s\u2019il s\u2019agissait d\u2019une question de discr\u00e9tion pour la Commission par renvoi au paragraphe 70(1.1).<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>aux para 61\u201368. (Bien que je n\u2019ai pas abord\u00e9 l\u2019argument de l\u2019attente l\u00e9gitime en d\u00e9tail, l\u2019analyse de la Cour et son application des principes d\u2019attente l\u00e9gitime des faits est instructive et constitue une ressource pr\u00e9cieuse pour comprendre la version canadienne de cette source de droits proc\u00e9duraux.)<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 27.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>aux para 28\u201329.<\/li>\n<li>2020 ONSC 4392 au para 81.<\/li>\n<li>2014 CAF 59 au para 50. J\u2019ai not\u00e9 cet arr\u00eat dans mon enqu\u00eate de 2014 : <em>supra<\/em> note 40 aux pp 24-26.<\/li>\n<li><em>Rogers Communications<\/em>,<em> supra <\/em>note 52 au para 30.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 45 au para 27.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 52 au para 79.<\/li>\n<li>[1980] 1 RCS 602 aux pp 628-29, 106 DLR (3e) 385.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 52 au para 94.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 95. Il s\u2019agit d\u2019un autre arr\u00eat du juge d\u2019appel Stratas, que j\u2019ai aussi abord\u00e9 dans mon enqu\u00eate de <span style=\"white-space: nowrap;\">2014 :<\/span> <em>Forest Ethics Advocacy Association c Canada (Office national de l\u2019\u00e9nergie) <\/em>dans lequel il fait mention d\u2019\u00ab une exp\u00e9rience et [d\u2019]une expertise \u00bb de l\u2019Office national de l\u2019\u00e9nergie dans la d\u00e9termination des droits de participation : voir 2014 CAF 245 au para 72.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 96.<\/li>\n<li><em>R\u00e9:Sonne c Conseil du secteur du conditionnement physique du Canada<\/em>, 2014 CAF 48 au para 42.<\/li>\n<li><em>Rogers Communications<\/em>,<em> supra <\/em>note 52 au para 97.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 100.<\/li>\n<li>Howard Kislowicz et Robert Hamilton, \u00ab The Standard of Review and the Duty to Consult and Accommodate Indigenous Peoples: What is the Impact of <em>Vavilov<\/em>? Part 1 \u00bb (20 novembre 2020), en ligne (pdf) : <em>ABlawg<\/em> &lt;<a href=\"http:\/\/ablawg.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Blog_HK_RH_DTCA_Part_1.pdf\">ablawg.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Blog_HK_RH_DTCA_Part_1.pdf<\/a>&gt;; Howard Kislowicz et Robert Hamilton, \u00ab The Standard of Review and the Duty to Consult and Accommodate Indigenous Peoples: What is the Impact of <em>Vavilov<\/em>? Part 2 \u00bb (24 novembre 2020), en ligne (pdf) : <em>ABlawg<\/em> &lt;<a href=\"http:\/\/ablawg.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Blog_HK_RH_DTCA_Part_2.pdf\">ablawg.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/Blog_HK_RH_DTCA_Part_2.pdf<\/a>&gt;.<\/li>\n<li>Toutefois, il est \u00e0 noter qu\u2019il n\u2019y a pas encore de consensus sur cette question. Par cons\u00e9quent, dans <em>Quadrexx Hedge<\/em> <em>Capital Management Ltd.<\/em>,<em> supra <\/em>note 66 au para 78, la Cour divisionnaire de l\u2019Ontario semble assimiler dans certains contextes le caract\u00e8re raisonnable et l\u2019erreur manifeste et dominante :<br \/>\n<span style=\"display: inline-block; padding-left: 30px;\">Le mot \u00ab manifeste \u00bb signifie \u00ab clair dans l\u2019esprit ou \u00e9vident \u00bb, et \u00ab dominante \u00bb signifie \u00ab d\u00e9terminante \u00bb dans le sens o\u00f9 l\u2019erreur a \u00ab eu une incidence sur le r\u00e9sultat \u00bb. La Cour supr\u00eame a soutenu que d\u2019autres formulations avaient le m\u00eame sens qu\u2019\u00ab erreur manifeste \u00bb : \u00ab manifestement erron\u00e9 \u00bb, \u00ab <strong>d\u00e9raisonnable<\/strong> \u00bb ou \u00ab non \u00e9tay\u00e9 par la preuve \u00bb [traduction ; je souligne et omet les notes de bas de page].<\/span><br \/>\nLes auteurs le reconnaissent et reconnaissent aussi un arr\u00eat d\u2019obligation de consulter de la Cour supr\u00eame de la Nouvelle-\u00c9cosse \u00e0 cet effet m\u00eame : <em>Sipekne\u2019katik v Nova Scotia (Minister of the Environment)<\/em>, 2020 NSSC 111 au para 60. Toutefois, ils citent nombre de pr\u00e9c\u00e9dents de plus de la Cour supr\u00eame du Canada et de la Cour d\u2019appel qui contiennent des caract\u00e9risations de la norme de l\u2019erreur \u00ab manifeste et dominante \u00bb en termes bien diff\u00e9rents. Ce faisant, ils citent le juge d\u2019appel Stratas de la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale dans <em>Canada c South Yukon Forest Corporation<\/em>, 2012 CAF 165 au para 46 :<br \/>\n<span style=\"display: inline-block; padding-left: 30px;\">L\u2019erreur manifeste et dominante constitue une norme de contr\u00f4le appelant un degr\u00e9 \u00e9lev\u00e9 de retenue\u2026 Par erreur manifeste \u00bb, on entend une erreur \u00e9vidente, et par erreur \u00ab dominante \u00bb, une erreur qui touche directement \u00e0 l\u2019issue de l\u2019affaire. Lorsque l\u2019on invoque une erreur manifeste et dominante, on ne peut se contenter de tirer sur les feuilles et les branches et laisser l\u2019arbre debout. On doit faire tomber l\u2019arbre tout entier.<\/span><\/li>\n<li>Voir par ex <em>Sipekne\u2019katik<\/em>, <em>ibid<\/em> aux para 61\u201367.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 3 au para 55.<\/li>\n<li>Commen\u00e7ant avec l\u2019arr\u00eat fondamental de la Cour supr\u00eame du Canada dans <em>Nation ha\u00efda c Colombie-Britannique<\/em> <em>(Ministre des For\u00eats)<\/em>, 2004 CSC 73 [<em>Nation ha\u00efda<\/em>].<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 3, au para 57.<\/li>\n<li>2012 CSC 12.<\/li>\n<li>En r\u00e9f\u00e9rence non seulement \u00e0 <em>supra<\/em> note 82, <em>mais<\/em> aussi plus particuli\u00e8rement \u00e0 <em>Beckman c Premi\u00e8re nation de Little<\/em> <em>Salmon\/Carmacks<\/em>, 2010 CSC 53.<\/li>\n<li>2020 CAF 34 [<em>Premi\u00e8re Nation Coldwater<\/em>].<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 25.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 26.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 27.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 28.<\/li>\n<li><em>Tsleil-Waututh Nation c Canada (Procureur g\u00e9n\u00e9ral)<\/em>, 2018 CAF 153.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 86 au para 29.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>aux para 32\u201363.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 31.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 32.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>aux para 33\u201336.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>aux para 37\u201346.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 38.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 52.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 86 au para 38.<\/li>\n<li>Dans le contexte de la r\u00e9vision des organismes de r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie et de la saga Northern Gateway, voir l\u2019arr\u00eat des juges d\u2019appel Dawson et Stratas dans <em>Nation Gitxaala c Canada<\/em>, 2016 CAF 187 au para 6.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 86 au para 40.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 41.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em>.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em>.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em>.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em>.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em>.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 82 au para 45<\/li>\n<li><em>Premi\u00e8re Nation Coldwater<\/em>,<em> supra <\/em>note 86 aux para 43\u201346.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>aux para 47\u201356.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 53.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em>.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 54.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 58.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 61.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>aux para 62\u201363.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 3 aux para 133\u201335.<\/li>\n<li><em>Premi\u00e8re Nation Coldwater<\/em>,<em> supra <\/em>note 86 au para 62.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 66.<\/li>\n<li>David Mullan, \u00ab \u00c9valuation du droit administratif relatif au droit et \u00e0 la r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie en 2019 \u00bb (2020) 8:1 Publication trimestrielle sur la r\u00e8glementation de l\u2019\u00e9nergie 30, en ligne (pdf ) : <em>ERQ<\/em> &lt;<a href=\"http:\/\/www.energyregulationquarterly.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/ERQ_Volume-8_Numero-1-2020.pdf\">www.energyregulationquarterly.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/ERQ_Volume-8_Numero-1-2020.pdf<\/a>&gt;.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 6.<\/li>\n<li>SA 2020, c L-2.3, \u00e9dict\u00e9 par l\u2019article 6 de la <em>Red Tape Reduction Implementation Act, 2020 (No. 2)<\/em>, SA 2020, c 39 (qui a re\u00e7u la sanction royale le 9 d\u00e9cembre 2020).<\/li>\n<li>Les autres \u00e9taient le Land Compensation Board, le Municipal Government Board et le New Home Buyer Protection Board.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 7.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 3 au para 53.<\/li>\n<li>Walied Soliman et al., \u00ab Groupe de travail sur la modernisation relative aux march\u00e9s financiers \u2013 Rapport final \u00bb (janvier 2021) \u00e0 la p 22, en ligne (pdf) : <em>Gouvernement de l\u2019Ontario<\/em> &lt;<a href=\"http:\/\/files.ontario.ca\/books\/mof-capital-markets-modernization-taskforce-final-report-fr-2021-01-22-v2.pdf\">files.ontario.ca\/books\/mof-capital-markets-modernization-taskforce-final-report-fr-2021-01-22-v2.pdf<\/a>&gt;.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>aux pp 25\u201326.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em>.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 6.<\/li>\n<li><em>Declaration on the Rights of Indigenous Peoples Act<\/em>, SBC 2019, c 44.<\/li>\n<li>PL C-262, <em>Loi visant \u00e0 assurer l\u2019harmonie des lois f\u00e9d\u00e9rales avec la D\u00e9claration des Nations Unies sur les droit des peuples<\/em> <em>autochtones<\/em>, 1<sup>re<\/sup> sess, 42<sup>e<\/sup> parl, 2019 (adopt\u00e9e par la Chambre des communes le 11 juin 2019).<\/li>\n<li>PL C-15, <em>Loi concernant la D\u00e9claration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones<\/em>, 2<sup>e<\/sup> sess, 43<sup>e<\/sup> parl, 2020 (premi\u00e8re lecture le 3 d\u00e9cembre 2020).<\/li>\n<li>Minist\u00e8re de la Justice, \u00ab Projet de loi C-15 \u2013 Loi sur la D\u00e9claration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones \u00bb (derni\u00e8re modification le 26 janvier 2021), en ligne : <em>Gouvernement du Canada<\/em> &lt;<a href=\"http:\/\/www.justice.gc.ca\/fra\/declaration\/apropos-about.html\">www.justice.gc.ca\/fra\/declaration\/apropos-about.html<\/a>&gt;.<\/li>\n<li>Ryan Patrick Jones, \u00ab Liberals introduce bill to implement UN Indigenous rights \u00bb, <em>CBC News<\/em> (3 d\u00e9cembre 2020), en ligne : &lt;<a href=\"http:\/\/www.cbc.ca\/news\/politics\/liberals-introduce-undrip-legislation-1.5826523\">www.cbc.ca\/news\/politics\/liberals-introduce-undrip-legislation-1.5826523<\/a>&gt;.<\/li>\n<li>\u00ab Question for the Trudeau government: What does UNDRIP stand for? \u00bb, <em>The<\/em> <em>Globe and Mail <\/em>(7 d\u00e9cembre 2020), en ligne : &lt;<a href=\"http:\/\/www.theglobeandmail.com\/opinion\/editorials\/article-question-for-the-trudeau-government-what-does-undrip-stand-for\">www.theglobeandmail.com\/opinion\/editorials\/article-question-for-the-trudeau-government-what-does-undrip-stand-for<\/a>\/&gt;.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em>.<\/li>\n<li>2020 ABCA 163. Pour d\u2019autres commentaires sur cet arr\u00eat, voir Nigel Bankes, \u00ab The AER Must Consider the Honour of the Crown \u00bb (28 avril 2020), en ligne (blogue) : <em>ABlawg<\/em> &lt;<a href=\"http:\/\/ablawg.ca\/2020\/04\/28\/the-aer-must-consider-the-honour-of-the-crown\/\">ablawg.ca\/2020\/04\/28\/the-aer-must-consider-the-honour-of-the-crown\/<\/a>&gt;; voir aussi Martin Ignasiak, Sander Duncanson et Jesse Baker, \u00ab Les projets li\u00e9s aux ressources et l\u2019honneur de la Couronne \u00bb (2020) 8:3 Publication Trimestrielle sur la r\u00e8glementation de l\u2019\u00e9nergie 49, en ligne (pdf ) : <em>ERQ<\/em> &lt;<a href=\"http:\/\/www.energyregulationquarterly.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/ERQ_Volume-8_Num%C3%A9ro-3-2020.pdf\">www.energyregulationquarterly.ca\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/ERQ_Volume-8_Num%C3%A9ro-3-2020.pdf<\/a>&gt;.<\/li>\n<li>En vertu du paragraphe 10(3) de la <em>Oil Sands Conservation Act<\/em>, RSA 2000, c O-7.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 138 au para 1.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 32.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 34.<\/li>\n<li>SA 2012, c R-17.3.<\/li>\n<li>Un bureau au sein du minist\u00e8re des Relations autochtones : <em>supra<\/em> note 138 au para 49.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 57<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 54.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 53<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 56.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 57.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>aux para 62\u201367.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>aux para 68\u201371.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 71.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>aux para 72\u201383.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 70.<\/li>\n<li>2019 ABCA 482.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>aux para 13\u201314.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 10.<\/li>\n<li>a.si la question en appel est importante pour la pratique;<br \/>\nb.si la question soulev\u00e9e est importante pour l\u2019action m\u00eame;<br \/>\nc.si l\u2019appel est valable en droit de prime abord;<br \/>\nd.si l\u2019appel nuira ind\u00fbment au progr\u00e8s de l\u2019action;<br \/>\ne.la norme de contr\u00f4le en appel qui sera appliqu\u00e9e au fond.<br \/>\n<span style=\"display: inline-block; margin-left: -23px !important;\">Dans une enqu\u00eate ant\u00e9rieure, j\u2019ai abord\u00e9 divers aspects de ce crit\u00e8re : David J. Mullan, \u00ab \u00c9volution du droit administratif pertinent au droit et \u00e0 la r\u00e8glementation de l\u2019\u00e9nergie en 2017 \u00bb (2018) 6:1 Publication trimestrielle sur la r\u00e8glementation de l\u2019\u00e9nergie 21 aux pp 35\u201337.<\/span><\/li>\n<li>2020 ABCA 271. Voir aussi <em>Milner Power Inc. v Alberta (Utilities Commission)<\/em>, 2019 ABCA 127.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>aux para 81\u2013111.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 23.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 25.<\/li>\n<li>Voir <em>Rowan v Ontario Securities Commission<\/em>, 2012 ONCA 208 aux para 70-71, 77, et cit\u00e9 par la juge Swinton, <em>supra <\/em>note 23 au para 20.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 23 aux para 16\u201334.<\/li>\n<li>Pour un autre examen r\u00e9cent de cette question dans le contexte d\u2019une contestation fond\u00e9e sur la Charte soulev\u00e9e pour la premi\u00e8re fois dans une proc\u00e9dure de contr\u00f4le judiciaire, voir l\u2019arr\u00eat du juge Stratas dans <em>Forest Ethics Advocacy<\/em> <em>Association c Canada (Office national de l\u2019\u00e9nergie)<\/em>, 2014 CAF 245 aux para 37 et s. J\u2019ai formul\u00e9 un commentaire sur cette question dans \u00ab \u00c9volution du droit administratif pertinent au droit et \u00e0 la r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie en 2014 \u00bb, <em>supra <\/em>note 40. Le pr\u00e9c\u00e9dent principal de la Cour supr\u00eame du Canada sur cette question demeure le jugement du juge Rothstein dans <em>Alberta (Information and Privacy Commissioner) c Alberta Teachers\u2019 Federation<\/em>, 2011 CSC 61 aux para 23\u201328, une cause dans laquelle une exception a \u00e9t\u00e9 faite \u00e0 la position normale. La juge Swinton le cite et en fait la distinction, <em>supra<\/em> note 23 aux para 17\u201319.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 23 aux para 21\u201322.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 23.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>aux para 24\u201325.<\/li>\n<li>1990 ABCA 33 aux para 7\u20138.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 23, aux para 26\u201333.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 26.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em>.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 27.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 28.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>aux para 27\u201328.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 23.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 165 au para 28.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 28 au para 29.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 33.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em>.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 3 aux para 139\u201342.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 31.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 25.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 3 au para 142.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 48.<\/li>\n<li>Avec les juges Swinton et Favreau \u00e0 nouveau membres du Comit\u00e9.<\/li>\n<li><em>Supra <\/em>note 48 aux para 118\u201320 (un r\u00e9sum\u00e9 des conclusions).<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>aux para 125\u201354.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>aux para 156\u201363, citant le para 157 de l\u2019arr\u00eat<em> Vavilov<\/em>,<em> supra <\/em>note 3 au para 142.<\/li>\n<\/ol>\n<p><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s avoir boulevers\u00e9 les principes et la m\u00e9thodologie du contr\u00f4le judiciaire canadien des actions administratives \u00e0 la toute fin de 2019, la Cour supr\u00eame du Canada a fait une pause dans le droit administratif tout au long de 2020[&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[],"coauthors":[22],"class_list":["post-3331","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-regular-features","volume-volume-9-issue-1-2021"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.4 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>\u00c9volution du droit administratif pertinent au droit et \u00e0 la r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie en 20201 - Publication trimestrielle sur la r\u00e8glementation de l\u2019\u00e9nergie<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/regular-features\/2020-developments-in-administrative-law-relevant-to-energy-law1\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"[:en]2020 Developments in Administrative Law Relevant to Energy Law1[:fr]\u00c9volution du droit administratif pertinent au droit et \u00e0 la r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie en 20201[:] - Publication trimestrielle sur la r\u00e8glementation de l\u2019\u00e9nergie\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"[:en]Having shaken up the principles and methodology of Canadian judicial review of administrative action at the very end of 2019, the Supreme Court of Canada took a breather from Administrative Law throughout 2020[...][:fr]Apr\u00e8s avoir boulevers\u00e9 les principes et la m\u00e9thodologie du contr\u00f4le judiciaire canadien des actions administratives \u00e0 la toute fin de 2019, la Cour supr\u00eame du Canada a fait une pause dans le droit administratif tout au long de 2020[...][:]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/regular-features\/2020-developments-in-administrative-law-relevant-to-energy-law1\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Publication trimestrielle sur la r\u00e8glementation de l\u2019\u00e9nergie\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2021-04-14T17:37:33+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2022-06-24T14:17:15+00:00\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"David J. Mullan\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"cga editor\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"170 minutes\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label3\" content=\"Written by\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data3\" content=\"David J. Mullan\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/energyregulationquarterly.ca\\\/regular-features\\\/2020-developments-in-administrative-law-relevant-to-energy-law1#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/energyregulationquarterly.ca\\\/regular-features\\\/2020-developments-in-administrative-law-relevant-to-energy-law1\"},\"author\":{\"name\":\"cga editor\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/energyregulationquarterly.ca\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/f35f105b643543fc3a0ffee1ab430821\"},\"headline\":\"\u00c9volution du droit administratif pertinent au droit et \u00e0 la r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie en 20201\",\"datePublished\":\"2021-04-14T17:37:33+00:00\",\"dateModified\":\"2022-06-24T14:17:15+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/energyregulationquarterly.ca\\\/regular-features\\\/2020-developments-in-administrative-law-relevant-to-energy-law1\"},\"wordCount\":34117,\"commentCount\":0,\"articleSection\":[\"Chroniques r\u00e9guli\u00e8res\"],\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"CommentAction\",\"name\":\"Comment\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/energyregulationquarterly.ca\\\/regular-features\\\/2020-developments-in-administrative-law-relevant-to-energy-law1#respond\"]}]},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/energyregulationquarterly.ca\\\/regular-features\\\/2020-developments-in-administrative-law-relevant-to-energy-law1\",\"url\":\"https:\\\/\\\/energyregulationquarterly.ca\\\/regular-features\\\/2020-developments-in-administrative-law-relevant-to-energy-law1\",\"name\":\"[:en]2020 Developments in Administrative Law Relevant to Energy Law1[:fr]\u00c9volution du droit administratif pertinent au droit et \u00e0 la r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie en 20201[:] - Publication trimestrielle sur la r\u00e8glementation de l\u2019\u00e9nergie\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/energyregulationquarterly.ca\\\/#website\"},\"datePublished\":\"2021-04-14T17:37:33+00:00\",\"dateModified\":\"2022-06-24T14:17:15+00:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/energyregulationquarterly.ca\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/f35f105b643543fc3a0ffee1ab430821\"},\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/energyregulationquarterly.ca\\\/regular-features\\\/2020-developments-in-administrative-law-relevant-to-energy-law1#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/energyregulationquarterly.ca\\\/regular-features\\\/2020-developments-in-administrative-law-relevant-to-energy-law1\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/energyregulationquarterly.ca\\\/regular-features\\\/2020-developments-in-administrative-law-relevant-to-energy-law1#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\\\/\\\/energyregulationquarterly.ca\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"[:en]2020 Developments in Administrative Law Relevant to Energy Law1[:fr]\u00c9volution du droit administratif pertinent au droit et \u00e0 la r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie en 20201[:]\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/energyregulationquarterly.ca\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/energyregulationquarterly.ca\\\/\",\"name\":\"Publication trimestrielle sur la r\u00e8glementation de l\u2019\u00e9nergie\",\"description\":\"Un forum pour discuter et d\u00e9battre des questions touchant les industries r\u00e8glement\u00e9es du secteur de l\u2019\u00e9nergie.\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/energyregulationquarterly.ca\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/energyregulationquarterly.ca\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/f35f105b643543fc3a0ffee1ab430821\",\"name\":\"cga editor\",\"url\":\"https:\\\/\\\/energyregulationquarterly.ca\\\/fr\\\/author\\\/cga-editor\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"[:en]2020 Developments in Administrative Law Relevant to Energy Law1[:fr]\u00c9volution du droit administratif pertinent au droit et \u00e0 la r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie en 20201[:] - Publication trimestrielle sur la r\u00e8glementation de l\u2019\u00e9nergie","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/regular-features\/2020-developments-in-administrative-law-relevant-to-energy-law1","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"[:en]2020 Developments in Administrative Law Relevant to Energy Law1[:fr]\u00c9volution du droit administratif pertinent au droit et \u00e0 la r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie en 20201[:] - Publication trimestrielle sur la r\u00e8glementation de l\u2019\u00e9nergie","og_description":"[:en]Having shaken up the principles and methodology of Canadian judicial review of administrative action at the very end of 2019, the Supreme Court of Canada took a breather from Administrative Law throughout 2020[...][:fr]Apr\u00e8s avoir boulevers\u00e9 les principes et la m\u00e9thodologie du contr\u00f4le judiciaire canadien des actions administratives \u00e0 la toute fin de 2019, la Cour supr\u00eame du Canada a fait une pause dans le droit administratif tout au long de 2020[...][:]","og_url":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/regular-features\/2020-developments-in-administrative-law-relevant-to-energy-law1","og_site_name":"Publication trimestrielle sur la r\u00e8glementation de l\u2019\u00e9nergie","article_published_time":"2021-04-14T17:37:33+00:00","article_modified_time":"2022-06-24T14:17:15+00:00","author":"David J. Mullan","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"cga editor","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"170 minutes","Written by":"David J. Mullan"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/regular-features\/2020-developments-in-administrative-law-relevant-to-energy-law1#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/regular-features\/2020-developments-in-administrative-law-relevant-to-energy-law1"},"author":{"name":"cga editor","@id":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/#\/schema\/person\/f35f105b643543fc3a0ffee1ab430821"},"headline":"\u00c9volution du droit administratif pertinent au droit et \u00e0 la r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie en 20201","datePublished":"2021-04-14T17:37:33+00:00","dateModified":"2022-06-24T14:17:15+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/regular-features\/2020-developments-in-administrative-law-relevant-to-energy-law1"},"wordCount":34117,"commentCount":0,"articleSection":["Chroniques r\u00e9guli\u00e8res"],"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"CommentAction","name":"Comment","target":["https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/regular-features\/2020-developments-in-administrative-law-relevant-to-energy-law1#respond"]}]},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/regular-features\/2020-developments-in-administrative-law-relevant-to-energy-law1","url":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/regular-features\/2020-developments-in-administrative-law-relevant-to-energy-law1","name":"[:en]2020 Developments in Administrative Law Relevant to Energy Law1[:fr]\u00c9volution du droit administratif pertinent au droit et \u00e0 la r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie en 20201[:] - Publication trimestrielle sur la r\u00e8glementation de l\u2019\u00e9nergie","isPartOf":{"@id":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/#website"},"datePublished":"2021-04-14T17:37:33+00:00","dateModified":"2022-06-24T14:17:15+00:00","author":{"@id":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/#\/schema\/person\/f35f105b643543fc3a0ffee1ab430821"},"breadcrumb":{"@id":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/regular-features\/2020-developments-in-administrative-law-relevant-to-energy-law1#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/regular-features\/2020-developments-in-administrative-law-relevant-to-energy-law1"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/regular-features\/2020-developments-in-administrative-law-relevant-to-energy-law1#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"[:en]2020 Developments in Administrative Law Relevant to Energy Law1[:fr]\u00c9volution du droit administratif pertinent au droit et \u00e0 la r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie en 20201[:]"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/#website","url":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/","name":"Publication trimestrielle sur la r\u00e8glementation de l\u2019\u00e9nergie","description":"Un forum pour discuter et d\u00e9battre des questions touchant les industries r\u00e8glement\u00e9es du secteur de l\u2019\u00e9nergie.","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/#\/schema\/person\/f35f105b643543fc3a0ffee1ab430821","name":"cga editor","url":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/fr\/author\/cga-editor"}]}},"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p4ekrL-RJ","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3331","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3331"}],"version-history":[{"count":17,"href":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3331\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3401,"href":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3331\/revisions\/3401"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3331"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3331"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3331"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=3331"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}