{"id":241,"date":"2014-05-06T00:00:22","date_gmt":"2014-05-06T00:00:22","guid":{"rendered":"http:\/\/test.energyregulationquarterly.ca\/?p=241"},"modified":"2022-06-24T15:33:02","modified_gmt":"2022-06-24T15:33:02","slug":"the-crowns-duty-to-consult-and-the-role-of-the-energy-regulator","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/fr\/articles\/the-crowns-duty-to-consult-and-the-role-of-the-energy-regulator","title":{"rendered":"L\u2019obligation de la Couronne de Consulter et le R\u00f4le de l\u2019Organisme de R\u00e9glementation en Mati\u00e8re d\u2019\u00c9nergie"},"content":{"rendered":"<p><\/p>\n<p><a name=\"top\"><\/a><\/p>\n<h3><b>Introduction<\/b><\/h3>\n<p><b>L<\/b>\u2019automne prochain, le 18 novembre 2014, dix ann\u00e9es se seront \u00e9coul\u00e9es depuis que la Cour supr\u00eame du Canada a rendu deux d\u00e9cisions sources : <i>Nation ha\u00efda c. Colombie-Britannique (ministre des for\u00eats)<\/i>, 2004 CSC 73 et <i>Premi\u00e8re nation tlingit de Taku River c. Colombie Britannique (Directeur d\u2019\u00e9valuation de projet)<\/i>, 2004 CSC 74. Il s\u2019agissait d\u2019un moment d\u00e9cisif dans l\u2019une des \u00e9volutions les plus importantes du droit qui s\u2019applique aux organismes de r\u00e9glementation f\u00e9d\u00e9raux et provinciaux canadiens en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie ces derni\u00e8res ann\u00e9es \u2014 et sans doute parmi les plus importantes \u00e9volutions du droit canadien en g\u00e9n\u00e9ral ces derni\u00e8res ann\u00e9es \u2014 \u00e0 savoir, l\u2019\u00e9mergence et la clarification continue de l\u2019obligation de la Couronne de consulter les peuples autochtones et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, de trouver des accommodements \u00e0 leurs pr\u00e9occupations.<\/p>\n<p>Il y a dix ans, les questions rattach\u00e9es aux droits ancestraux et titre aborig\u00e8ne et \u00e0 l\u2019obligation de la Couronne de consulter les peuples autochtones n\u2019occupaient seulement que la p\u00e9riph\u00e9rie du droit et de la pratique en mati\u00e8re de r\u00e9glementation et d\u2019\u00e9nergie. Aujourd\u2019hui, pour de nombreux organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie, promoteurs de projets, groupes autochtones et intervenants, ces questions sont devenues cruciales dans les processus d\u2019approbations r\u00e9glementaires des projets de grande (et de moins grande) envergure. Comme la Cour supr\u00eame du Canada l\u2019a fait remarquer \u00e0 juste titre dans une d\u00e9cision plus r\u00e9cente :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">\u00ab Depuis lors [depuis la d\u00e9cision Ha\u00efda], la consultation des Autochtones par le gouvernement constitue un volet important du processus d\u2019exploitation des ressources<a href=\"#q2\"><sup>2<\/sup><\/a>\u2026 \u00bb<\/p>\n<p>Compte tenu de l\u2019importance des organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie dans le processus d\u2019exploitation des ressources, les questions rattach\u00e9es \u00e0 l\u2019obligation de la Couronne de consulter les peuples autochtones constituent \u00e9galement un volet important du processus de r\u00e9glementation. Toutefois, le r\u00f4le et la fonction de ces organismes dans les consultations avec les Autochtones et l\u2019examen des consultations avec les Autochtones men\u00e9es par d\u2019autres \u2014 et la fa\u00e7on dont ces questions s\u2019int\u00e8grent dans le processus de r\u00e9glementation \u2014 sont souvent encore mal compris et restent insuffisamment \u00e9tudi\u00e9s. Les organismes de r\u00e9glementation ont eu du mal \u00e0 d\u00e9finir leur r\u00f4le et \u00e0 comprendre leur comp\u00e9tence en ce qui a trait aux enjeux juridiques, historiques et sociaux complexes soulev\u00e9s par ces questions.<\/p>\n<p>La r\u00e9union du droit des Autochtones (et de ses praticiens) et du droit r\u00e9glementaire\/de l\u2019\u00e9nergie (et de ses praticiens) ne se fait pas toujours sans heurts. Dans les salles d\u2019audience des organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie d\u2019aujourd\u2019hui, il n\u2019est pas rare de voir des praticiens et avocats en droit des Autochtones (qui connaissent bien le droit relatif aux droits ancestraux et titre aborig\u00e8ne et \u00e0 l\u2019obligation de la Couronne de consulter) citer une foule de d\u00e9cisions de la jurisprudence autochtone \u00e0 un organisme de r\u00e9glementation (souvent un peu perplexe), tout en accordant souvent une importance n\u00e9gligeable aux questions concernant le r\u00f4le et la fonction v\u00e9ritables de l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie vis\u00e9. Il n\u2019est pas rare non plus de voir ces organismes aux prises avec de tels arguments et de tenter de concilier ces arguments avec leur r\u00f4le et leur fonction d\u2019ordre l\u00e9gislatif, sans trouver d\u2019indications importantes dans les descriptions de leur mandat l\u00e9gislatif.<\/p>\n<h4><b>Objectif et aper\u00e7u<\/b><\/h4>\n<p>Cet article entend d\u00e9montrer qu\u2019une grande partie de la confusion qui pr\u00e9vaut dans ce domaine du droit est le fait de ne pas \u00e9tablir une distinction appropri\u00e9e entre (i) les divers contextes juridiques dans lesquels l\u2019obligation de consulter peut s\u2019appliquer; (ii) les diff\u00e9rents types de structures d\u00e9cisionnelles dans lesquelles les organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie exercent leurs activit\u00e9s et (iii) les diff\u00e9rents types de parties (priv\u00e9es ou repr\u00e9sentantes de la Couronne) qui peuvent \u00eatre demandeurs ou parties devant ces m\u00eames organismes. Ce qu\u2019il faut, ce n\u2019est pas une recherche de r\u00e9ponses universelles qui conviendront \u00e0 tous les organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie et en toutes circonstances. Il faut plut\u00f4t un cadre d\u2019analyse qui aidera \u00e0 pr\u00e9ciser la nature des obligations de consultation et le r\u00f4le d\u2019un tel organisme de dans le contexte d\u2019un cadre l\u00e9gislatif, d\u2019une demande et d\u2019un demandeur pr\u00e9cis.<\/p>\n<p>Dans un effort pour commencer la discussion au sujet d\u2019un tel cadre analytique, cet article entend d\u00e9montrer ce qui suit :<\/p>\n<ul>\n<li>Il y a trois contextes juridiques distincts au Canada qu\u2019il importe de comprendre.: (i) les trait\u00e9s historiques; (ii) les trait\u00e9s modernes ou les revendications territoriales globales; et (iii) les secteurs non couverts par trait\u00e9.<\/li>\n<li>L\u2019obligation de la Couronne de consulter peut s\u2019appliquer dans ces trois contextes, mais le but, la port\u00e9e et l\u2019\u00e9tendue de l\u2019obligation de consulter peuvent \u00eatre diff\u00e9rents dans chaque contexte. Certains organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie peuvent se retrouver dans plus d\u2019un de ces contextes (parfois dans le cadre d\u2019une seule demande de projet) et doivent \u00eatre attentifs aux diff\u00e9rences \u00e9ventuelles dans les fa\u00e7ons dont l\u2019obligation de consulter peut s\u2019appliquer.<\/li>\n<li>L\u2019obligation de l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie de se pencher sur la consultation et sur la port\u00e9e de celle-ci d\u00e9pend du mandat que lui conf\u00e8re la loi constitutive du tribunal. Le l\u00e9gislateur peut ne d\u00e9l\u00e9guer aucun ou d\u00e9l\u00e9guer les deux pouvoirs pour s\u2019acquitter de l\u2019obligation de la Couronne de consulter ou d\u00e9terminer si une consultation ad\u00e9quate a eu lieu, l\u2019exercice de ce pouvoir faisant d\u00e8s lors partie de son processus d\u00e9cisionnel.<\/li>\n<li>Le r\u00f4le pr\u00e9cis de l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie peut varier selon la nature de la demande, la nature de la structure d\u00e9cisionnelle en place pour de telles demandes et le demandeur qui compara\u00eet, en particulier si ce demandeur est une entreprise priv\u00e9e ou un repr\u00e9sentant de la Couronne.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le pr\u00e9sent article tente de pr\u00e9senter un aper\u00e7u du point de vue du croisement du droit des Autochtones et du droit r\u00e9glementaire. Les personnes qui ont des connaissances sp\u00e9cialis\u00e9es en droit des Autochtones trouveront peut-\u00eatre que le traitement du principe et de la jurisprudence riches et vari\u00e9s est assez \u00e9l\u00e9mentaire. Les personnes qui ont des connaissances sp\u00e9cialis\u00e9es en droit de la r\u00e9glementation, quant \u00e0 elles, consid\u00e9reront peut-\u00eatre qu\u2019il en va de m\u00eame du traitement des principes et du droit de la r\u00e9glementation. Peut-\u00eatre est-ce l\u00e0 une cons\u00e9quence de la tentative de s\u2019adresser \u00e0 deux auditoires assez diff\u00e9rents \u00e0 la fois. Comme c\u2019est le cas pour une bonne partie du droit des Autochtones (et avec cette partie de l\u2019histoire du Canada), ce dialogue constitue n\u00e9cessairement une discussion \u00ab.interculturelle.\u00bb, et certaines subtilit\u00e9s et nuances (au moins au d\u00e9part) risquent d\u2019\u00eatre sacrifi\u00e9es en cours de route.<\/p>\n<p>Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, l\u2019objectif de cet article est de situer et d\u2019examiner le r\u00f4le de l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie en ce qui a trait \u00e0 l\u2019obligation de la Couronne de consulter. Compte tenu du nombre et de la diversit\u00e9 des organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie dans le paysage canadien, cet article ne tente pas et n\u2019a pas la pr\u00e9tention d\u2019examiner de fa\u00e7on exhaustive chaque organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie ni d\u2019examiner sa l\u00e9gislation. Il vise plut\u00f4t l\u2019objectif plus modeste de tenter de d\u00e9finir et de pr\u00e9ciser les principes directeurs et un cadre analytique qui s\u2019appliquent pour d\u00e9finir le r\u00f4le de l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie. J\u2019esp\u00e8re que cet effort pourra avoir une certaine utilit\u00e9 pour les organismes de r\u00e9glementation canadiens du secteur de l\u2019\u00e9nergie et la myriade de parties qui comparaissent devant eux, notamment les promoteurs de projets, les groupes autochtones et les autres intervenants qui veulent en savoir plus sur le r\u00f4le important (mais souvent mal compris) des organismes de r\u00e9glementation canadiens du secteur de l\u2019\u00e9nergie.<\/p>\n<p>Cet article s\u2019articule autour des trois parties suivantes :<\/p>\n<ol style=\"list-style-type: upper-alpha;\">\n<li style=\"list-style-type: upper-alpha;\">La partie I contient des notions \u00e9l\u00e9mentaires sur les droits ancestraux et titre aborig\u00e8ne et d\u00e9crit trois contextes juridiques distincts qui existent dans le Canada contemporain : les trait\u00e9s historiques, les trait\u00e9s modernes et les secteurs non couverts par trait\u00e9;<\/li>\n<li style=\"list-style-type: upper-alpha;\">La partie II traite des sources, du but et des principes applicables \u00e0 l\u2019obligation de la Couronne de consulter les peuples autochtones et comporte un examen de la fa\u00e7on dont cette obligation s\u2019applique dans chacun des trois contextes juridiques susmentionn\u00e9s;<\/li>\n<li style=\"list-style-type: upper-alpha;\">La partie III traite de l\u2019objectif premier de cet article en examinant le r\u00f4le de l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie en ce qui a trait \u00e0 l\u2019obligation de la Couronne de consulter;<\/li>\n<\/ol>\n<p>L\u2019aper\u00e7u des droits ancestraux et titre aborig\u00e8ne (Partie I) et de l\u2019obligation de la Couronne de consulter (Partie II) sert de fondement pour comprendre et constater l\u2019interrelation qui existe entre les principes du droit des Autochtones et le droit r\u00e9glementaire\/administratif applicable aux organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie (Partie III).<\/p>\n<h3><b>Partie 1 : Notions \u00e9l\u00e9mentaires sur les droits ancestraux et le titre autochtone au Canada<\/b><\/h3>\n<p>Le paragraphe 35(1) de la <i>Loi constitutionnelle de 1982<\/i><a href=\"#q3\"><sup>3<\/sup><\/a> pr\u00e9cise ce qui suit :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">\u00ab Les droits existants \u2014 ancestraux ou issus de trait\u00e9s \u2014 des peuples autochtones du Canada sont reconnus et confirm\u00e9s \u00bb.<\/p>\n<p>Derri\u00e8re cette simple phrase se cache un concentr\u00e9 de diversit\u00e9 et de complexit\u00e9.<\/p>\n<p>Au Canada, on compte plus de 600 Premi\u00e8res nations, de m\u00eame que de nombreux groupes et organismes des Inuits et des M\u00e9tis. Au sein de ces groupes, on retrouve de nombreuses traditions linguistiques et culturelles riches et vari\u00e9es. On y retrouve \u00e9galement une grande diversit\u00e9 de circonstances historiques et contemporaines et un \u00e9ventail tout aussi diversifi\u00e9 de perspectives, d\u2019orientations et d\u2019approches. Toute tentative de classer une telle diversit\u00e9 dans un nombre artificiellement bas de cadres juridiques risque d\u2019\u00eatre accus\u00e9e de n\u2019\u00eatre rien de plus qu\u2019une g\u00e9n\u00e9ralisation \u00e0 grande \u00e9chelle. La tentative d\u2019\u00e9tablir un classement de ces cadres juridiques n\u2019est nullement un manque de respect envers la diversit\u00e9 qui existe parmi et entre les groupes autochtones, elle constitue simplement un effort pour rendre une telle diversit\u00e9 g\u00e9rable pour les non-sp\u00e9cialistes de l\u2019histoire et des affaires autochtones.<\/p>\n<p>En gardant \u00e0 l\u2019esprit la mise en garde susmentionn\u00e9e, il semble y avoir, de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, trois cadres juridiques applicables aux peuples autochtones au Canada :<\/p>\n<ol style=\"list-style-type: lower-alpha;\">\n<li style=\"list-style-type: lower-alpha;\">les trait\u00e9s historiques;<\/li>\n<li style=\"list-style-type: lower-alpha;\">Les trait\u00e9s modernes ou les revendications territoriales globales;<\/li>\n<li style=\"list-style-type: lower-alpha;\">les secteurs non couverts par trait\u00e9.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Chacun de ces cadres juridiques est d\u00e9crit plus en d\u00e9tail ci-dessous.<\/p>\n<h4><b>Trait\u00e9s historiques dans des secteurs qui font partie de ce qui est aujourd\u2019hui le Canada<\/b><\/h4>\n<p>Dans certaines r\u00e9gions du Canada, il est de plus en plus courant d\u2019entendre l\u2019affirmation suivante.: \u00ab.nous sommes tous vis\u00e9s par les trait\u00e9s.\u00bb. Il est vrai que des trait\u00e9s entre la Couronne et les peuples autochtones ont \u00e9t\u00e9 conclus dans bon nombre de r\u00e9gions du Canada qui couvrent la plus grande partie de la masse territoriale canadienne. Toutefois, dans certaines parties importantes du Canada, la conclusion des trait\u00e9s n\u2019est pas encore achev\u00e9e. Malheureusement, il n\u2019est pas rare que des Canadiens non autochtones vivent de nombreuses ann\u00e9es ou m\u00eame pendant leur vie enti\u00e8re dans une r\u00e9gion du Canada sans conna\u00eetre ou comprendre les dispositions des trait\u00e9s qui auraient pu amorcer ou accompagner le peuplement non autochtone dans cette r\u00e9gion.<\/p>\n<p>Un examen approfondi de ces trait\u00e9s (et des r\u00e8gles d\u2019interpr\u00e9tation qui s\u2019appliquent \u00e0 eux) d\u00e9passe la port\u00e9e du pr\u00e9sent article, mais les trait\u00e9s historiques existants peuvent g\u00e9n\u00e9ralement \u00eatre regroup\u00e9s dans les cat\u00e9gories suivantes :<\/p>\n<ul>\n<li>\n<h5><i style=\"font-size: 0.83em;\">Trait\u00e9s de paix et de neutralit\u00e9 (1701-1760)<\/i><\/h5>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces trait\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9s par les Britanniques et les Fran\u00e7ais qui cherchaient \u00e0 \u00e9tablir des alliances militaires avec les Premi\u00e8res nations dans le contexte de la lutte pour gagner le contr\u00f4le de l\u2019Am\u00e9rique du Nord. Par exemple, le trait\u00e9 de Swegatchy et le trait\u00e9 Huron-Britannique \u2014 tous deux conclus en 1760, \u00e0 la fin de la Guerre de Sept Ans \u2014abordaient, entre autres, des questions comme la protection du territoire traditionnel des Premi\u00e8res nations, le droit de commerce avec les Britanniques et le maintien des pratiques traditionnelles.<\/p>\n<ul>\n<li>\n<h5><i style=\"font-size: 0.83em;\">Trait\u00e9s de paix et d\u2019amiti\u00e9(1725-1779)<\/i><\/h5>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces trait\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 conclus entre l\u2019autorit\u00e9 britannique en Nouvelle-\u00c9cosse et les Mi\u2019kmaq et les Maliseet dans les Maritimes.<\/p>\n<ul>\n<li>\n<h5><i style=\"font-size: 0.83em;\">Cessions de terres du Haut-Canada et les trait\u00e9s Williams (1781-1862\/1923)<\/i><\/h5>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces trait\u00e9s portaient sur des cessions de terre dans la r\u00e9gion des Grands Lacs. Pour la plupart, ces trait\u00e9s comportaient le paiement d\u2019un montant unique avec des obligations permanentes. En 1923, les trait\u00e9s Williams portaient sur des cessions de terre (contre le paiement d\u2019un montant unique fixe) dans la r\u00e9gion situ\u00e9e entre la baie G\u00e9orgienne, la rivi\u00e8re des Outaouais, le lac Simcoe et les terres \u00e0 l\u2019ouest de la baie de Quinte.<\/p>\n<ul>\n<li>\n<h5><i style=\"font-size: 0.83em;\">Les trait\u00e9s Robinson et les trait\u00e9s Douglas (1850-1854)<\/i><\/h5>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les trait\u00e9s Robinson de 1850 ont \u00e9t\u00e9 conclus entre William Robinson et les habitants autochtones, surtout des Ojibwa, de la r\u00e9gion du nord des Grands Lacs. Le trait\u00e9 Robinson-Sup\u00e9rieur visait la r\u00e9gion de la rive nord du lac Sup\u00e9rieur. Le trait\u00e9 Robinson-Huron visait les r\u00e9gions du lac Huron et de la baie Georgienne. Ces trait\u00e9s \u2014 contrairement aux trait\u00e9s n\u00e9goci\u00e9s ant\u00e9rieurement \u2014 proposaient d\u2019assurer la r\u00e9serve de terres pour les signataires, le paiement d\u2019annuit\u00e9 en perp\u00e9tuit\u00e9 et la conservation des droits de chasse et p\u00eache.<\/p>\n<p>Les trait\u00e9s Douglas \u2014 14 en tout \u2014 ont \u00e9t\u00e9 conclus, de 1850 \u00e0 1854, entre James Douglas (facteur en chef de la Compagnie de la Baie d\u2019Hudson et plus tard gouverneur de la colonie de l\u2019\u00eele de Vancouver) et certaines Premi\u00e8res nations de l\u2019\u00eele de Vancouver. Ces trait\u00e9s pr\u00e9voyaient la cession de terres pr\u00e8s des postes de la Compagnie de la Baie d\u2019Hudson sur l\u2019\u00eele de Vancouver en \u00e9change de r\u00e9serves, de paiements et du maintien des droits de chasse et p\u00eache.<\/p>\n<p>Cette nouvelle approche (reconnaissant le maintien des droits de chasse et de p\u00eache) sera d\u00e9velopp\u00e9e plus loin dans de nombreux trait\u00e9s (examin\u00e9s ci-dessous).<\/p>\n<ul>\n<li>\n<h5><i style=\"font-size: 0.83em;\">Les trait\u00e9s num\u00e9rot\u00e9s (1871-1921)<\/i><\/h5>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>Entre 1871 et 1921, le Canada a entrepris la signature de 11 trait\u00e9s \u00ab num\u00e9rot\u00e9s \u00bb (soit le Trait\u00e9 n<sup>o<\/sup> 1, le Trait\u00e9 n<sup>o<\/sup> 2, etc.) qui visaient les prairies, les vall\u00e9es de la rivi\u00e8re de la Paix et de la rivi\u00e8re Mackenzie, et le nord de l\u2019Ontario. Ces trait\u00e9s pr\u00e9voyaient la cession de terres en \u00e9change de r\u00e9serves, de paiements et du maintien des droits de chasse et p\u00eache<a href=\"#q4\"><sup>4<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>L\u2019autre classement souvent employ\u00e9 pour ces trait\u00e9s historiques est de les consid\u00e9rer dans les regroupements suivants : (i) les trait\u00e9s datant d\u2019avant la Conf\u00e9d\u00e9ration et (ii) les trait\u00e9s datant d\u2019apr\u00e8s la Conf\u00e9d\u00e9ration \u2014 avec la ligne de division trac\u00e9e \u00e0 1867. Le domaine d\u2019application et le contenu des trait\u00e9s historiques font l\u2019objet de d\u00e9bats et d\u2019incertitudes consid\u00e9rables. Par exemple, la \u00ab.clause relative au commerce \u00bb du trait\u00e9 de paix et d\u2019amiti\u00e9 de 1760 et 1761 a fait l\u2019objet d\u2019une c\u00e9l\u00e8bre contestation devant la Cour supr\u00eame du Canada en 1999 dans l\u2019affaire <i>R. c. Marshall<\/i><a href=\"#q5\"><sup>5<\/sup><\/a>. Une jurisprudence abondante et d\u00e9taill\u00e9e s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e concernant l\u2019interpr\u00e9tation de ces importants trait\u00e9s historiques<a href=\"#q6\"><sup>6<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>La carte suivante<a href=\"#q7\"><sup>7<\/sup><\/a> indique la localisation et les fronti\u00e8res approximatives des trait\u00e9s historiques au Canada.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.energyregulationquarterly.ca\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/image6.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-366\" alt=\"image6\" src=\"http:\/\/www.energyregulationquarterly.ca\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/image6-300x246.png\" width=\"300\" height=\"246\" srcset=\"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/image6-300x246.png 300w, https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/image6-66x55.png 66w, https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/image6.png 570w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Comme on peut le voir sur la carte, lorsque le processus d\u2019\u00e9tablissement de trait\u00e9s historiques s\u2019est conclu au d\u00e9but des ann\u00e9es 1900, de vastes sections du Canada actuel n\u2019\u00e9taient pas vis\u00e9es par des trait\u00e9s, notamment la majeure partie de la Colombie-Britannique, le Qu\u00e9bec, Terre-Neuve, Labrador, le Yukon, l\u2019est des Territoires-du-Nord-Ouest et le territoire de ce qui est maintenant le Nunavut<a href=\"#q8\"><sup>8<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Comme on le verra ci-apr\u00e8s, certains de ces secteurs non couverts par trait\u00e9 ont par la suite fait l\u2019objet de n\u00e9gociations de trait\u00e9s modernes. De plus, dans certaines r\u00e9gions o\u00f9 les trait\u00e9s historiques n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 pleinement mis en \u0153uvre (notamment, par exemple, en ce qui concerne le Trait\u00e9 n<sup>o<\/sup> 11 et certaines des r\u00e9gions nordiques du Trait\u00e9 n<sup>o<\/sup> 8), la Couronne et les groupes autochtones concern\u00e9s ont \u00e9galement entrepris des n\u00e9gociations de trait\u00e9s modernes et dans certains cas ont conclu des accords modernes.<\/p>\n<h4><b>\u00c9tablissement des trait\u00e9s modernes au Canada<\/b><\/h4>\n<p>Le processus des trait\u00e9s modernes sert \u00e0 terminer la conclusion des trait\u00e9s qui n\u2019est pas encore achev\u00e9e dans des r\u00e9gions du Canada o\u00f9 des trait\u00e9s historiques n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 sign\u00e9s. Le paragraphe 35(3) de la <i>Loi constitutionnelle de 1982<\/i>, pr\u00e9cise ce qui suit :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">\u00ab Il est entendu que sont compris parmi les droits issus de trait\u00e9s\u2026, les droits existants issus d\u2019accords sur des revendications territoriales ou ceux susceptibles d\u2019\u00eatre ainsi acquis \u00bb.<\/p>\n<p>Il n\u2019y a pas de ligne de d\u00e9marcation nette entre les trait\u00e9s \u00ab historiques \u00bb et \u00ab modernes \u00bb. La distinction artificielle est faite ici pour une simple raison pratique. Dans la plupart des tentatives de cat\u00e9gorisation, le premier trait\u00e9 dit moderne est cens\u00e9 \u00eatre la <i>Convention de la Baie-James et du Nord qu\u00e9b\u00e9cois<\/i>, sign\u00e9e en 1975. Ce qui distingue peut-\u00eatre le plus les trait\u00e9s modernes des trait\u00e9s historiques est leur longueur et leur pr\u00e9cision; ils se pr\u00e9sentent g\u00e9n\u00e9ralement sous la forme de centaines de pages et comportent de nombreuses annexes et cartes d\u00e9taill\u00e9es.<\/p>\n<p>Le juge Binnie, de la Cour supr\u00eame du Canada, a soulign\u00e9 ce qui suit :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">\u00ab Par leur complexit\u00e9 et leur caract\u00e8re d\u00e9taill\u00e9, les trait\u00e9s r\u00e9cents marquent un \u00e9norme progr\u00e8s, \u00e0 la fois par rapport aux trait\u00e9s historiques ant\u00e9rieurs \u00e0 la Conf\u00e9d\u00e9ration\u2026 et par rapport aux trait\u00e9s post\u00e9rieurs \u00e0 la Conf\u00e9d\u00e9ration tel le Trait\u00e9 n<sup>o<\/sup> 8 (1899)&#8230; Les trait\u00e9s historiques, habituellement formul\u00e9s en termes nobles d\u2019une grande g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9, \u00e9taient souvent ambigus. Les tribunaux se sont ainsi vus forc\u00e9s de recourir \u00e0 des principes g\u00e9n\u00e9raux (comme l\u2019honneur de la Couronne) pour pallier les lacunes et parvenir \u00e0 un r\u00e9sultat \u00e9quitable. En revanche, si les ententes r\u00e9centes sur des revendications territoriales globales \u2014 que l\u2019on pourrait sans doute faire remonter \u00e0 la <i>Convention de la Baie-James et du Nord qu\u00e9b\u00e9cois<\/i> (1975) \u2014 doivent elles aussi \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9es et appliqu\u00e9es en conformit\u00e9 avec l\u2019honneur de la Couronne, elles \u00e9taient n\u00e9anmoins cens\u00e9es de procurer une certaine pr\u00e9cision quant aux droits et obligations relatifs \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 et \u00e0 la gouvernance. Au lieu d\u2019instituer des m\u00e9canismes ponctuels facilitant la r\u00e9conciliation, les trait\u00e9s r\u00e9cents visent \u00e0 inscrire les relations entre Autochtones et non Autochtones dans le syst\u00e8me juridique g\u00e9n\u00e9ral, avec les avantages que cela pr\u00e9sente sur le plan de la continuit\u00e9, de la transparence et de la pr\u00e9visibilit\u00e9 \u00bb<a href=\"#q9\"><sup>9<\/sup><\/a>.<\/p>\n<h5><i>\u00c9tablissement de trait\u00e9s modernes au nord du 60<sup>e<\/sup> parall\u00e8le<\/i><\/h5>\n<p>Le processus d\u2019\u00e9tablissement de trait\u00e9s modernes demeure, \u00e0 ce jour, beaucoup plus prolifique dans le nord du Canada. Depuis 1973, 16 revendications territoriales globales ont \u00e9t\u00e9 conclues dans les territoires du Nord (Yukon, Territoires du Nord-Ouest et Nunavut).<\/p>\n<ul>\n<li>Au <b>Yukon<\/b>, on compte 14 Premi\u00e8res nations. \u00c0 ce jour, des ententes sur des revendications territoriales ont \u00e9t\u00e9 conclues avec 11 de ces Premi\u00e8res nations et sont appliqu\u00e9es. Voici ces 11 Premi\u00e8res nations avec la date \u00e0 laquelle leur entente a \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9e : les Premi\u00e8res nations de Champagne et d\u2019Aishihik (1993); le conseil des Tlingits de Teslin (1993); la Premi\u00e8re Nation des Gwitchin Vuntut (1993); la Premi\u00e8re Nation des Nacho Nyak Dun (1993); la Premi\u00e8re Nation de Little Salmon\/Carmacks (1997); la Premi\u00e8re Nation de Selkirk (1997); la Premi\u00e8re Nation des Tr\u2019ondek Hwech\u2019in (1998); la Premi\u00e8re Nation des Ta\u2019an Kwach\u2019an (2002); la Premi\u00e8re Nation de Kluane (2003); la Premi\u00e8re Nation des Kwanlin Dun (2005) et la Premi\u00e8re Nation Carcross Tagish (2005)<a href=\"#q10\"><sup>10<\/sup><\/a>.<\/li>\n<li>Dans les <b>Territoires du Nord-Ouest<\/b>, \u00e0 ce jour, des ententes sur des revendications territoriales ont \u00e9t\u00e9 conclues et sont appliqu\u00e9es avec les groupes autochtones suivants : les Inuvialuits (1984), les Gwich\u2019in (1992), les D\u00e9n\u00e9s et les M\u00e9tis du Sahtu (1994) et les Tlichos (2005). Dans la partie sud des Territoires du Nord-Ouest, les n\u00e9gociations sur les revendications territoriales se poursuivent avec un certain nombre de groupes des Premi\u00e8res nations et des M\u00e9tis.<\/li>\n<li>Au <b>Nunavut<\/b>, l\u2019Accord d\u00e9finitif du Nunavut conclu en 1993 a conduit \u00e0 la division des (jadis plus grands) Territoires du Nord-Ouest et \u00e0 la cr\u00e9ation du nouveau territoire du Nunavut en 1999.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les trait\u00e9s modernes au Canada comportent g\u00e9n\u00e9ralement deux volets : (i) les ententes sur des revendications territoriales globales et (ii) les ententes sur l\u2019autonomie gouvernementale. Certaines ententes portent sur les revendications territoriales et l\u2019autonomie gouvernementale. Toutefois, certaines ententes portent uniquement sur les revendications territoriales, et laissent les n\u00e9gociations sur l\u2019autonomie gouvernementale aboutir s\u00e9par\u00e9ment. Par exemple, dans les Territoires du Nord-Ouest, l\u2019accord d\u00e9finitif des Tlichos (2005) porte sur les revendications territoriales et l\u2019autonomie gouvernementale; toutefois, les ententes ant\u00e9rieures conclues dans ce territoire (avec les Inuvialuits, les Gwich\u2019in et du Sahtu) portent uniquement sur les revendications territoriales globales et laissent la question de l\u2019autonomie gouvernementale \u00e0 des n\u00e9gociations ult\u00e9rieures (en cours).<\/p>\n<h5><i>\u00c9tablissement de trait\u00e9s modernes au sud du 60<sup>e<\/sup> parall\u00e8le<\/i><\/h5>\n<p>Dans le reste du Canada (au sud du 60<sup>e<\/sup> parall\u00e8le) au cours de la m\u00eame p\u00e9riode, un nombre relativement restreint d\u2019autres ententes sur les revendications territoriales globales et sur l\u2019autonomie gouvernementale ont \u00e9t\u00e9 conclues :<\/p>\n<ul>\n<li>Au Qu\u00e9bec, il y a eu la <i>Convention de la Baie-James et du Nord qu\u00e9b\u00e9cois<\/i> (1977) susmentionn\u00e9e et la <i>Convention du Nord-Est qu\u00e9b\u00e9cois <\/i>(1978).<\/li>\n<li>Les \u00eeles au large et les zones marines adjacentes au Qu\u00e9bec ont fait l\u2019objet de l\u2019<i>Accord sur les revendications territoriales des Inuit du Nunavik<\/i> (2008) et de l\u2019<i>Accord sur les revendications territoriales concernant la r\u00e9gion marine d\u2019Eeyou <\/i>(2012).<\/li>\n<li>Le nord du Labrador a fait l\u2019objet de l\u2019<i>Accord sur les revendications territoriales des Inuits du Labrador <\/i>(2005).<\/li>\n<li>En Colombie-Britannique, il y a eu l\u2019<i>Accord d\u00e9finitif Nisga\u2019a<\/i> (2000), l\u2019<i>Accord d\u00e9finitif de la Premi\u00e8re Nation de Tsawwassen<\/i> (2009) et l\u2019<i>Accord d\u00e9finitif des Premi\u00e8res nations maa-nulthes <\/i>(2011). Des ententes sur l\u2019autonomie gouvernementale ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 conclues avec la bande indienne sechelte<a href=\"#q11\"><sup>11<\/sup><\/a> (1986) et dans le cadre de l\u2019<i>Accord d\u2019autonomie gouvernementale de la Premi\u00e8re Nation de Westbank<\/i> (2005).<\/li>\n<\/ul>\n<p>La carte suivante montre les r\u00e9gions du pays o\u00f9 des trait\u00e9s modernes ont \u00e9t\u00e9 conclus, notamment les ententes sur les revendications territoriales globales et sur l\u2019autonomie gouvernementale<a href=\"#q12\"><sup>12<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.energyregulationquarterly.ca\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/image2.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-332 aligncenter\" alt=\"image2\" src=\"http:\/\/www.energyregulationquarterly.ca\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/image2-300x198.png\" width=\"300\" height=\"198\" srcset=\"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/image2-300x198.png 300w, https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/image2-83x55.png 83w, https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/image2-75x50.png 75w, https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/image2.png 570w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<h5><i>Processus de la Commission des trait\u00e9s de la Colombie-Britannique<\/i><\/h5>\n<p>La Colombie-Britannique est la province o\u00f9 se retrouve sans doute la plus grande concentration de trait\u00e9s au Canada o\u00f9 la conclusion est rest\u00e9e inachev\u00e9e. Comme on l\u2019a vu pr\u00e9c\u00e9demment, il n\u2019y a pas de trait\u00e9s historiques ou modernes qui couvrent la majeure partie de la Colombie-Britannique. Toutefois, les gouvernements du Canada et de la Colombie-Britannique ont n\u00e9goci\u00e9 des trait\u00e9s avec de nombreuses Premi\u00e8res nations, conform\u00e9ment au processus \u00e9tabli par la Commission des trait\u00e9s de la C.-B. La Commission des trait\u00e9s et le processus des trait\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tablis en 1992 en vertu d\u2019une entente entre le gouvernement du Canada, le gouvernement de la C.-B. et le Sommet des Premi\u00e8res nations.<\/p>\n<p>La carte suivante illustre les nombreuses revendications (se chevauchant) soumises dans le cadre du processus \u00e9tabli par la Commission des trait\u00e9s de la C.-B.<a href=\"#q13\"><sup>13<\/sup><\/a> :<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.energyregulationquarterly.ca\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/image3.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-331 aligncenter\" alt=\"image3\" src=\"http:\/\/www.energyregulationquarterly.ca\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/image3-300x228.png\" width=\"300\" height=\"228\" srcset=\"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/image3-300x228.png 300w, https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/image3-72x55.png 72w, https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/image3.png 570w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Certaines bandes indiennes en Colombie-Britannique n\u00e9gocient individuellement, alors que d\u2019autres bandes se sont alli\u00e9es pour former de plus grands groupes de n\u00e9gociation de trait\u00e9s. Sur les plus de 200 bandes indiennes en Colombie-Britannique, il y un peu plus de 100 d\u2019entre elles qui participent au processus de la Commission des trait\u00e9s de la C.-B., regroup\u00e9s dans environ 60 tables de n\u00e9gociation des trait\u00e9s<a href=\"#q14\"><sup>14<\/sup><\/a>. Sur ces 60 groupes de n\u00e9gociation de trait\u00e9s :<\/p>\n<ul>\n<li>Deux (les Premi\u00e8res nations maa-nulthes et de Tsawwassen) sont en train de mettre en \u0153uvre des ententes relatives \u00e0 un trait\u00e9;<\/li>\n<li>Trois ont conclu des accords d\u00e9finitifs qui n\u2019ont pas encore \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9s;<\/li>\n<li>Cinq ont entrepris la n\u00e9gociation d\u2019ententes d\u00e9finitives ou ont conclu des ententes de principe;<\/li>\n<li>Dix sont bien avanc\u00e9s dans les n\u00e9gociations relatives \u00e0 une entente de principe;<\/li>\n<li>Vingt poursuivent activement des n\u00e9gociations relatives \u00e0 une entente de principe;<\/li>\n<li>Vingt ne n\u00e9gocient pas actuellement de trait\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<p>De nombreux observateurs ont exprim\u00e9 leur frustration devant la lenteur relative des n\u00e9gociations de trait\u00e9s et le fait \u2014 apr\u00e8s plus de vingt ans d\u2019existence du processus de la Commission des trait\u00e9s de la C.-B. \u2014 qu\u2019il n\u2019y ait qu\u2019une poign\u00e9e d\u2019accords d\u00e9finitifs conclus. On estime toutefois que la situation actuelle s\u2019est impos\u00e9e depuis quelques centaines d\u2019ann\u00e9es, et il est peut-\u00eatre irr\u00e9aliste d\u2019esp\u00e9rer ou d\u2019attendre que des n\u00e9gociations de trait\u00e9s soient conclues rapidement. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, en C.-B., un certain nombre de Premi\u00e8res nations ont sign\u00e9 des ententes \u00ab progressives \u00bb qui conf\u00e8rent un titre ou donnent acc\u00e8s \u00e0 un nombre limit\u00e9 de parcelles de terres de la Couronne avant la conclusion d\u2019une entente relative \u00e0 un trait\u00e9 complet.<\/p>\n<h5><i>Revendications territoriales modernes \u2013 caract\u00e9ristiques communes<\/i><\/h5>\n<p>\u00c9tant donn\u00e9 que le processus de n\u00e9gociation des trait\u00e9s modernes au Canada s\u2019\u00e9tend d\u00e9j\u00e0 sur quatre d\u00e9cennies, il n\u2019est pas \u00e9tonnant de constater une variation importante dans l\u2019approche et dans les d\u00e9tails des trait\u00e9s modernes mentionn\u00e9s pr\u00e9c\u00e9demment. Encore une fois, au risque d\u2019\u00eatre accus\u00e9 de g\u00e9n\u00e9ralisation, l\u2019analyse qui suit sera ax\u00e9e sur des \u00e9l\u00e9ments communs. Une approche commune \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ces ententes, qui ont chacune leurs propres dispositions structurales et proc\u00e9durales, est la suivante :<\/p>\n<ol style=\"list-style-type: upper-roman;\">\n<li style=\"list-style-type: upper-roman;\">Une parcelle de terre particuli\u00e8re est d\u00e9sign\u00e9e et confirm\u00e9e comme \u00e9tant d\u00e9tenue en fief simple par un groupe autochtone;<\/li>\n<li style=\"list-style-type: upper-roman;\">Une parcelle de terre plus vaste est d\u00e9sign\u00e9e comme zone de gestion, dans laquelle le groupe autochtone, le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral et le gouvernement provincial ou territorial participent \u00e0 la planification de l\u2019am\u00e9nagement du territoire, \u00e0 la d\u00e9livrance des permis et aux autorisations d\u2019utilisation des terres;<\/li>\n<li style=\"list-style-type: upper-roman;\">Une \u00e9tendue plus vaste dans laquelle certains droits relatifs aux terres, comme les droits de chasse, de p\u00eache, de pi\u00e9geage et de cueillette, continuent de s\u2019appliquer. Cette \u00e9tendue plus vaste chevauche souvent les zones de gestion ou d\u2019autres zones dans lesquelles les groupes autochtones voisins ont des droits et les exercent.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Il est \u00e9vident que les d\u00e9cisions concernant les projets sur les terrains et les ressources des terres en fief simple en vertu de ces ententes rel\u00e8vent du groupe autochtone, sous r\u00e9serve des lois et r\u00e8glements de ce groupe autochtone, ainsi que des lois et r\u00e8glements en mati\u00e8re d\u2019\u00e9valuation environnementale et de protection de l\u2019environnement g\u00e9n\u00e9ralement applicables. Le probl\u00e8me le plus complexe et d\u00e9licat est de d\u00e9terminer le degr\u00e9 de contr\u00f4le exerc\u00e9 par le groupe autochtone dans les deuxi\u00e8me et troisi\u00e8me cat\u00e9gories de terres susmentionn\u00e9es. Cette question sera examin\u00e9e de fa\u00e7on plus approfondie dans la Partie II ci-apr\u00e8s.<\/p>\n<h4><b>Secteurs non couverts par trait\u00e9 au Canada<\/b><\/h4>\n<p>Malgr\u00e9 les efforts de n\u00e9gociation des trait\u00e9s historiques et modernes, il reste encore des parties importantes du Canada o\u00f9 des trait\u00e9s n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 sign\u00e9s. Par exemple, en Colombie-Britannique, o\u00f9 il y a plus de 200 Premi\u00e8res nations (sur un peu plus de 600 dans l\u2019ensemble du Canada), la grande majorit\u00e9 des groupes autochtones n\u2019ont pas de trait\u00e9 en vigueur<a href=\"#q15\"><sup>15<\/sup><\/a>. En l\u2019absence de trait\u00e9s, les principaux d\u00e9veloppements au chapitre des droits ancestraux et titre aborig\u00e8ne d\u00e9coulent de d\u00e9cisions judiciaires. Dans le monde hi\u00e9rarchique des tribunaux, il n\u2019y a pas de d\u00e9cisions judiciaires plus importantes que celles qui ont \u00e9t\u00e9 prises par la Cour supr\u00eame du Canada. C\u2019est pourquoi les paragraphes qui suivent porteront sur les \u00e9tapes et les d\u00e9cisions judiciaires importantes de cette Cour.<\/p>\n<h5><i>Le jugement Calder<\/i><\/h5>\n<p>\u00c0 la fin des ann\u00e9es 1960, Frank Calder, le conseil tribal des Nisga\u2019as et quatre bandes indiennes ont intent\u00e9 une action contre le procureur g\u00e9n\u00e9ral de la Colombie-Britannique en vue d\u2019obtenir une d\u00e9claration \u00ab suivant laquelle le titre aborig\u00e8ne, autrement dit titre indien, que les demandeurs d\u00e9tiennent sur leur ancien territoire tribal\u2026 n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 juridiquement \u00e9teint \u00bb. La demande reposait en partie sur la <i>Proclamation royale<\/i> du 7 octobre 1763. L\u2019action a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e en premi\u00e8re instance, et la Cour d\u2019appel a rejet\u00e9 l\u2019appel de la d\u00e9cision.<\/p>\n<p>Un comit\u00e9 de sept juges de la Cour supr\u00eame du Canada a entendu l\u2019appel et, dans un jugement inhabituel sur le plan proc\u00e9dural, la d\u00e9cision a \u00e9t\u00e9 partag\u00e9e : 3-3-1<a href=\"#q16\"><sup>16<\/sup><\/a>.<\/p>\n<ul>\n<li>Trois juges (Hall, Spence et Laskin) auraient accueilli l\u2019appel et rejet\u00e9 comme \u00ab enti\u00e8rement erron\u00e9e \u00bb la proposition selon laquelle \u00ab apr\u00e8s la conqu\u00eate ou la d\u00e9couverte, les peuples aborig\u00e8nes n\u2019ont aucun droit \u00e0 l\u2019exception de ceux qui leur sont par la suite accord\u00e9s ou reconnus par le conqu\u00e9rant ou le d\u00e9couvreur \u00bb. Ils ont conclu que le titre aborig\u00e8ne a continu\u00e9 d\u2019exister et qu\u2019il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 c\u00e9d\u00e9.<\/li>\n<li>Trois juges (Martland, Judson et Ritchie) ont vot\u00e9 pour rejeter l\u2019appel en fondant leur opinion sur les termes m\u00eames de la Proclamation ainsi que \u00ab sur l\u2019histoire de la d\u00e9couverte, de la colonisation et de l\u2019\u00e9tablissement de ce qui est maintenant la Colombie-Britannique \u00bb. Comme la r\u00e9gion en question n\u2019a \u00e9t\u00e9 soumise \u00e0 la souverainet\u00e9 britannique qu\u2019en 1846, les appelants ne faisaient pas partie de l\u2019une des diverses bandes ou tribus indiennes soumises \u00e0 la protection britannique en 1763 et n\u2019\u00e9taient pas vis\u00e9s par la Proclamation.<\/li>\n<li>Le septi\u00e8me juge (Pigeon) a refus\u00e9 de trancher et a plut\u00f4t conclu que la Cour n\u2019est pas comp\u00e9tente (\u00e0 d\u00e9faut d\u2019une autorisation du lieutenant-gouverneur de cette province) pour faire la d\u00e9claration demand\u00e9e, puisqu\u2019il s\u2019agit de la revendication d\u2019un titre contre la Couronne du chef de la province de la Colombie-Britannique.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\u00c9tant donn\u00e9 la nature inhabituelle de cette d\u00e9cision partag\u00e9e 3-3-1, la d\u00e9cision finale n\u2019\u00e9tait\u00a0 pas concluante, mais elle est g\u00e9n\u00e9ralement reconnue pour avoir relanc\u00e9 le processus de n\u00e9gociation des trait\u00e9s modernes au Canada. (L\u2019accord d\u00e9finitif Nisga\u2019a est entr\u00e9 en vigueur en 2000.)<\/p>\n<h5><i>Jurisprudence relative \u00e0 l\u2019article 35<\/i><\/h5>\n<p>\u00c0 la suite de l\u2019introduction du paragraphe 35(1) de la <i>Loi constitutionnelle de 1982<\/i>, la Cour supr\u00eame du Canada en a examin\u00e9 la port\u00e9e dans l\u2019affaire <i>R. c. Sparrow<\/i>, [1990] 1 RCS 1075 [<i>Sparrow<\/i>]. Elle a estim\u00e9 qu\u2019il y a lieu d\u2019interpr\u00e9ter le paragraphe 35(1) \u00ab en fonction de l\u2019objet qu\u2019il vise \u00bb et qu\u2019une interpr\u00e9tation g\u00e9n\u00e9reuse et lib\u00e9rale s\u2019impose \u00e9tant donn\u00e9 que cette disposition vise \u00e0 confirmer les droits ancestraux. Un texte l\u00e9gislatif qui touche l\u2019exercice de droits ancestraux sera valide s\u2019il satisfait au crit\u00e8re applicable pour justifier une atteinte \u00e0 un droit reconnu et confirm\u00e9 au sens du paragraphe 35(1).<\/p>\n<p>\u00c0 la suite de l\u2019arr\u00eat <i>Sparrow<\/i> en 1990, un nombre croissant des litiges relatifs au droit applicable aux Autochtones au cours des ann\u00e9es 1990 ont port\u00e9 sur les droits ancestraux et titre aborig\u00e8ne, y compris le contenu de tels droits et comment ces droits peuvent \u00eatre \u00e9tablis. \u00c0 la fin des ann\u00e9es 1990, ces questions ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9battues jusqu\u2019\u00e0 la Cour supr\u00eame du Canada dans une s\u00e9rie d\u2019appels. Incontestablement, deux des plus importants appels de cette \u00e9poque \u00e9taient les suivants :<\/p>\n<ul>\n<li>\n<h5><i style=\"font-size: 0.83em;\">R. c. Van der Peet, [1996] 2 R.C.S. 507.<\/i><\/h5>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cet appel, entendu de concert avec les appels connexes <i>R. c. N.T.C. Smokehouse Ltd.<\/i>, [1996] 2 R.C.S. 672, et <i>R. c. Gladstone<\/i>, [1996] 2 R.C.S. 723, a soulev\u00e9 la question que la Cour supr\u00eame du Canada n\u2019a pas tranch\u00e9e dans l\u2019arr\u00eat <i>R. c. Sparrow<\/i>, [1990] 1 R.C.S. 1075, \u00e0 savoir : Comment faut-il s\u2019y prendre pour d\u00e9finir les droits ancestraux reconnus et confirm\u00e9s par le paragraphe 35(1) de la <i>Loi constitutionnelle de 1982<\/i>? Pour constituer un droit ancestral, une activit\u00e9 doit \u00eatre un \u00e9l\u00e9ment d\u2019une coutume, pratique ou tradition faisant partie int\u00e9grante de la culture distinctive du groupe autochtone qui revendique le droit en question. Constituent des droits ancestraux les coutumes, pratiques et traditions qui marquent la continuit\u00e9 avec les coutumes, pratiques et traditions qui existaient avant le contact avec les Europ\u00e9ens.<\/p>\n<ul>\n<li>\n<h5><i style=\"font-size: 0.83em;\">Delgamuukw c. Colombie-Britannique, <\/i><span style=\"font-size: 0.83em;\">[1997] 3 R.C.S. 1010 [<\/span><i style=\"font-size: 0.83em;\">Delgamuukw<\/i><span style=\"font-size: 0.83em;\">].<\/span><\/h5>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cet appel a port\u00e9 sur le contenu du titre aborig\u00e8ne, la fa\u00e7on dont l\u2019article 35 de la <i>Loi constitutionnelle de 1982<\/i> prot\u00e8ge le titre aborig\u00e8ne et les \u00e9l\u00e9ments de preuve requis pour \u00e9tablir le titre aborig\u00e8ne. La Cour a jug\u00e9 que le titre aborig\u00e8ne comprend le droit d\u2019utiliser et d\u2019occuper de fa\u00e7on exclusive les terres d\u00e9tenues en vertu de ce titre pour diff\u00e9rentes fins qui ne doivent pas n\u00e9cessairement \u00eatre des aspects de coutumes, pratiques et traditions autochtones faisant partie int\u00e9grante d\u2019une culture autochtone distinctive. Pour \u00e9tablir le bien fond\u00e9 de la revendication d\u2019un titre aborig\u00e8ne, le groupe autochtone qui revendique le titre doit d\u00e9montrer qu\u2019il occupait les terres en question au moment o\u00f9 la Couronne a affirm\u00e9 sa souverainet\u00e9 sur ces terres.<\/p>\n<p>La Cour n\u2019a toutefois pas d\u00e9termin\u00e9 avec pr\u00e9cision <i>le lieu<\/i>, les droits ancestraux ou le titre aborig\u00e8ne s\u2019appliquent et n\u2019a pas d\u00e9fini avec pr\u00e9cision leur contenu. On a laiss\u00e9 le soin de les d\u00e9finir dans le cadre de nouvelles actions en justice ou de les \u00e9tablir dans le cadre de n\u00e9gociations de trait\u00e9s. Comme il a \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, un certain nombre de groupes autochtones dans la province participent actuellement \u00e0 des n\u00e9gociations de trait\u00e9 avec la Couronne, alors que d\u2019autres groupes autochtones cherchent \u00e0 faire valoir le titre aborig\u00e8ne ou les droits ancestraux devant les tribunaux. Dans l\u2019intervalle, le lieu d\u2019application <i>pr\u00e9cis<\/i> du titre aborig\u00e8ne en Colombie-Britannique et dans d\u2019autres r\u00e9gions reste ind\u00e9fini. En l\u2019absence d\u2019une telle d\u00e9finition, ces groupes autochtones ont <i>revendiqu\u00e9<\/i> un titre et des droits ancestraux sur de vastes \u00e9tendues de terre de la Couronne. Bon nombre de ces \u00ab territoires traditionnels.\u00bb revendiqu\u00e9s empi\u00e8tent sur les revendications territoriales des voisins.<\/p>\n<p>La d\u00e9finition de droits ancestraux et de titre aborig\u00e8ne est toujours en cours d\u2019\u00e9laboration :<\/p>\n<ul>\n<li>En ce qui a trait aux droits ancestraux, la Cour supr\u00eame du Canada a examin\u00e9 un certain nombre de revendications particuli\u00e8res visant des droits pr\u00e9cis. Par exemple, la Cour s\u2019est pench\u00e9e r\u00e9cemment sur un certain nombre de revendications visant les droits de p\u00eache commerciale<a href=\"#q17\"><sup>17<\/sup><\/a>.<\/li>\n<li>En ce qui a trait au titre aborig\u00e8ne, la Cour supr\u00eame du Canada a eu l\u2019occasion de se prononcer sur cette question<a href=\"#q18\"><sup>18<\/sup><\/a>, et elle a actuellement une affaire tr\u00e8s importante \u00e0 d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 qui est susceptible d\u2019offrir l\u2019occasion de pr\u00e9ciser davantage la nature du titre aborig\u00e8ne<a href=\"#q19\"><sup>19<\/sup><\/a>.<\/li>\n<li>La Cour supr\u00eame du Canada a \u00e9galement rendu une s\u00e9rie de d\u00e9cisions sur les droits des M\u00e9tis<a href=\"#q20\"><sup>20<\/sup><\/a>.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le message fondamental de la partie I est que, pour bien commencer, il faut que tous les participants (organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie et parties qui comparaissent devant eux) comprennent le contexte juridique applicable des groupes autochtones qui peuvent participer aux processus r\u00e9glementaires. Les organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie, dont la comp\u00e9tence est restreinte aux fronti\u00e8res provinciales, territoriales et canadiennes, peuvent entendre les groupes autochtones dans ces trois contextes juridiques. Certains groupes peuvent avoir des droits issus de trait\u00e9s (fond\u00e9s sur des accords historiques ou modernes) alors que de nombreux autres ont revendiqu\u00e9 ou \u00e9tabli des droits ancestraux. Comprendre le contexte peut permettre d\u2019\u00e9viter les erreurs qui pourraient se produire dans l\u2019application de la jurisprudence, des pratiques ou des principes qui ont \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9s ou analys\u00e9s dans un contexte juridique diff\u00e9rent. La bonne compr\u00e9hension du contexte juridique des droits ancestraux et issus de trait\u00e9s est importante lorsque l\u2019on tient compte de l\u2019obligation de la Couronne de consulter, qui est examin\u00e9e dans la partie II.<\/p>\n<h3><b>Partie II : L\u2019obligation de consulter<\/b><a href=\"#q21\"><sup>21<\/sup><\/a><b><\/b><\/h3>\n<h4><b>L\u2019obligation de consulter \u2013 Origine et aper\u00e7u de la jurisprudence<\/b><\/h4>\n<p>Une des premi\u00e8res constatations au sujet de l\u2019obligation de consulter est qu\u2019elle trouve ses origines principalement dans le droit jurisprudentiel (et demeure une loi faite par les juges). Contrairement \u00e0 bon nombre des enjeux auxquels font face les organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie (qui sont fond\u00e9s sur une loi, un r\u00e8glement ou une politique gouvernementale), la loi relative \u00e0 l\u2019obligation de la Couronne de consulter est essentiellement le fruit de la jurisprudence. M\u00eame si les politiques de consultation et (r\u00e9cemment) la l\u00e9gislation ont commenc\u00e9 \u00e0 jouer un r\u00f4le plus important, c\u2019est encore la jurisprudence qui joue les accords dominants.<\/p>\n<p>L\u2019obligation de consulter a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 soumise \u00e0 maintes reprises \u00e0 l\u2019examen des tribunaux dans le cas des secteurs non couverts par un trait\u00e9 du Canada, particuli\u00e8rement en Colombie-Britannique. On a fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la consultation de la Couronne dans le contexte de la discussion sur les droits ancestraux<a href=\"#q22\"><sup>22<\/sup><\/a> et le titre aborig\u00e8ne<a href=\"#q23\"><sup>23<\/sup><\/a>, mais la port\u00e9e et l\u2019\u00e9tendue de toute obligation juridique restait ind\u00e9termin\u00e9e. \u00c0 la fin des ann\u00e9es 1990 et au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, le d\u00e9bat a fait rage dans les tribunaux inf\u00e9rieurs pour d\u00e9terminer quand, le cas \u00e9ch\u00e9ant, la Couronne a une \u00ab obligation de consulter \u00bb dans les circonstances o\u00f9 les droits ancestraux et le titre aborig\u00e8ne ont \u00e9t\u00e9 revendiqu\u00e9s, mais non encore prouv\u00e9s.<\/p>\n<p>Cette question a \u00e9t\u00e9 trait\u00e9e par la Cour supr\u00eame du Canada en 2004 lorsqu\u2019elle a rendu deux arr\u00eats de principe sur l\u2019obligation de la Couronne de consulter : <i>Nation ha\u00efda c. Colombie-Britannique (ministre des For\u00eats)<\/i>, 2004 CSC 73 et <i>Premi\u00e8re Nation Tlingit de Taku c. Colombie-Britannique (Directeur d\u2019\u00e9valuation de projet)<\/i>, 2004 CSC 74. Ces deux affaires sont survenues dans des r\u00e9gions de la Colombie-Britannique o\u00f9 des trait\u00e9s n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 sign\u00e9s historiquement entre la Couronne (les gouvernements f\u00e9d\u00e9ral et\/ou provincial) et les Premi\u00e8res nations.<\/p>\n<p>D\u00e8s le d\u00e9but, il est apparu clairement pour la Cour supr\u00eame du Canada (et de nombreux observateurs) que la compr\u00e9hension de l\u2019obligation de consulter ne faisait que commencer. Dans l\u2019arr\u00eat <i>Ha\u00efda<\/i>, la Cour a indiqu\u00e9 ce qui suit :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">\u00ab Il s\u2019agit de la premi\u00e8re affaire du genre \u00e0 \u00eatre soumise \u00e0 la Cour. Notre t\u00e2che se limite modestement \u00e0 \u00e9tablir le cadre g\u00e9n\u00e9ral d\u2019application, dans les cas indiqu\u00e9s, de l\u2019obligation de consultation et d\u2019accommodement avant que les revendications de titre et droits ancestraux soient tranch\u00e9es. Au fur et \u00e0 mesure de l\u2019application de ce cadre, les tribunaux seront appel\u00e9s, conform\u00e9ment \u00e0 la m\u00e9thode traditionnelle de la Common Law, \u00e0 pr\u00e9ciser l\u2019obligation de consultation et d\u2019accommodement. \u00bb (paragraphe 11)<\/p>\n<p>Ce travail de \u00ab pr\u00e9ciser \u00bb l\u2019obligation de consultation se poursuit depuis, y compris les d\u00e9cisions occasionnelles rendues par la Cour supr\u00eame du Canada. Les \u00e9tapes importantes comprennent les suivantes :<\/p>\n<ul>\n<li>En 2005, la Cour supr\u00eame du Canada a appliqu\u00e9 ce nouveau cadre de l\u2019obligation de la Couronne de consulter dans le contexte d\u2019un trait\u00e9 historique (Trait\u00e9 n<sup>o<\/sup> 8 sign\u00e9 en 1899). <i>Premi\u00e8re nation crie Mikisew c. Canada (Ministre du Patrimoine canadien)<\/i>, 2005 CSC 69<a href=\"#q24\"><sup>24<\/sup><\/a>.<\/li>\n<li>En 2010, la Cour supr\u00eame du Canada a appliqu\u00e9 ce cadre dans le contexte d\u2019un trait\u00e9 moderne (sign\u00e9 en 1997). <i>Beckman c. Premi\u00e8re Nation de Little Salmon\/Carmacks<\/i>, 2010 CSC 53<a href=\"#q25\"><sup>25<\/sup><\/a>.<\/li>\n<li>\u00c9galement en 2010, la Cour supr\u00eame du Canada a r\u00e9affirm\u00e9 comment ce cadre fonctionne dans un contexte de secteurs non couverts par trait\u00e9, en s\u2019attachant en particulier \u00e0 d\u00e9terminer si des violations pass\u00e9es des droits ancestraux peuvent faire na\u00eetre l\u2019obligation de consulter et (plus important encore pour le sujet de cet article) \u00e0 examiner le r\u00f4le que joue un tribunal administratif dans la consultation et le contr\u00f4le de celle-ci. <i>Rio Tinto Alcan Inc. et BC Hydro c. Conseil tribal Carrier Sekani<\/i>, 2010 CSC 43.<\/li>\n<li>Plus r\u00e9cemment en 2013, la Cour supr\u00eame du Canada s\u2019est pench\u00e9e sur la question de savoir \u00e0 qui est due l\u2019obligation de consultation de la Couronne \u2014 y compris si des particuliers peuvent revendiquer une obligation de consulter ou invoquer des droits issus de trait\u00e9s \u2014 et quelle est la proc\u00e9dure appropri\u00e9e pour soulever des all\u00e9gations de consultation inad\u00e9quates. <i>Behn c. Moulton Contracting Ltd<\/i>, 2013 CSC 26.<\/li>\n<\/ul>\n<p>L\u2019analyse qui suit examinera les principaux aspects de cette jurisprudence, en mettant l\u2019accent sur les questions qui sont d\u2019un int\u00e9r\u00eat primordial pour les organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie.<\/p>\n<h4><b>Le cadre de l\u2019obligation de consultation dans les secteurs non couverts par trait\u00e9 \u2013 <\/b><b><i>Ha\u00efda<\/i><\/b><\/h4>\n<p>Dans l\u2019arr\u00eat <i>Ha\u00efda<\/i>, la Cour a jug\u00e9 que le gouvernement est tenu \u00e0 une obligation de consulter les peuples autochtones et que cette obligation d\u00e9coule du principe de \u00ab l\u2019honneur de la Couronne \u00bb. En attendant le r\u00e8glement des revendications des Autochtones, la Cour supr\u00eame du Canada a d\u00e9termin\u00e9 que l\u2019obligation de la Couronne \u00ab prend naissance lorsque la Couronne a connaissance, concr\u00e8tement ou par imputation, de l\u2019existence potentielle du droit ou titre ancestral et envisage des mesures susceptibles d\u2019avoir un effet pr\u00e9judiciable sur celui ci \u00bb<a href=\"#q26\"><sup>26<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>La port\u00e9e et l\u2019\u00e9tendue de l\u2019obligation de consulter et d\u2019accommoder varient selon les circonstances. En termes g\u00e9n\u00e9raux, l\u2019\u00e9tendue de l\u2019obligation d\u00e9pend de l\u2019\u00e9valuation pr\u00e9liminaire de deux variables : la solidit\u00e9 de la preuve \u00e9tayant l\u2019existence du droit ou du titre revendiqu\u00e9 et la gravit\u00e9 des effets pr\u00e9judiciables potentiels sur le droit ou le titre revendiqu\u00e9<a href=\"#q27\"><sup>27<\/sup><\/a>. Cela produit un \u00ab continuum \u00bb de consultation. \u00c0 une extr\u00e9mit\u00e9 du continuum, on retrouve les cas o\u00f9 la revendication de titre est peu solide, le droit ancestral limit\u00e9 ou le risque d\u2019atteinte faible. Dans ces cas, les seules obligations seraient d\u2019aviser les int\u00e9ress\u00e9s, de leur communiquer des renseignements et de discuter avec eux des questions soulev\u00e9es par suite de l\u2019avis<a href=\"#q28\"><sup>28<\/sup><\/a>. \u00c0 l\u2019autre extr\u00e9mit\u00e9 du continuum, on retrouve les cas o\u00f9 la revendication repose sur une preuve \u00e0 premi\u00e8re vue solide, o\u00f9 le droit et l\u2019atteinte potentielle sont d\u2019une haute importance pour les Autochtones et o\u00f9 le risque de pr\u00e9judice non indemnisable est \u00e9lev\u00e9. Dans de tels cas, il peut s\u2019av\u00e9rer n\u00e9cessaire de tenir une \u00ab.consultation approfondie \u00bb en vue de trouver une solution provisoire acceptable<a href=\"#q29\"><sup>29<\/sup><\/a>. Bien que les exigences pr\u00e9cises puissent varier selon les circonstances, la consultation requise dans ces cas pourrait comporter la possibilit\u00e9 de pr\u00e9senter des observations, la participation officielle \u00e0 la prise de d\u00e9cisions et la pr\u00e9sentation de motifs montrant que les pr\u00e9occupations des Autochtones ont \u00e9t\u00e9 prises en compte et de pr\u00e9ciser quelle a \u00e9t\u00e9 l\u2019incidence de ces pr\u00e9occupations sur la d\u00e9cision. Cette liste n\u2019est pas exhaustive et ne doit pas n\u00e9cessairement \u00eatre suivie dans chaque cas. D\u2019autres cas se situent entre ces deux extr\u00eames. Il faut proc\u00e9der au cas par cas. Il faut \u00e9galement faire preuve de souplesse, car le degr\u00e9 de consultation n\u00e9cessaire peut varier \u00e0 mesure que se d\u00e9roule le processus et que de nouveaux renseignements sont mis au jour. La Cour supr\u00eame du Canada a d\u00e9termin\u00e9 que la \u00ab question d\u00e9cisive \u00bb dans toutes les situations consiste \u00e0 d\u00e9terminer \u00ab ce qui est n\u00e9cessaire pour pr\u00e9server l\u2019honneur de la Couronne et pour concilier les int\u00e9r\u00eats de la Couronne et ceux des Autochtones \u00bb<a href=\"#q30\"><sup>30<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Des consultations men\u00e9es de bonne foi peuvent donc faire na\u00eetre \u00ab l\u2019obligation d\u2019accommoder.\u00bb. Lorsque la revendication repose sur une preuve \u00e0 premi\u00e8re vue solide et que la d\u00e9cision que le gouvernement entend prendre risque de porter atteinte de mani\u00e8re appr\u00e9ciable aux droits vis\u00e9s par la revendication, l\u2019obligation d\u2019accommodement pourrait exiger \u00ab l\u2019adoption de mesures pour \u00e9viter un pr\u00e9judice irr\u00e9parable ou pour r\u00e9duire au minimum les cons\u00e9quences de l\u2019atteinte jusqu\u2019au r\u00e8glement d\u00e9finitif de la revendication sous jacente \u00bb<a href=\"#q31\"><sup>31<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Le droit d\u2019\u00eatre consult\u00e9 au sujet des activit\u00e9s propos\u00e9es sur les terres de la Couronne ne donne pas aux groupes autochtones un droit de \u00ab veto \u00bb<a href=\"#q32\"><sup>32<\/sup><\/a>. Il n\u2019y a pas obligation de parvenir \u00e0 un accord.<\/p>\n<p>Les tierces parties, comme les entreprises p\u00e9troli\u00e8res et gazi\u00e8res ou les soci\u00e9t\u00e9s mini\u00e8res et foresti\u00e8res priv\u00e9es, n\u2019ont pas d\u2019obligation juridique de consulter. Cela ne signifie toutefois pas qu\u2019elles n\u2019ont aucun r\u00f4le \u00e0 jouer :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">\u00ab La Couronne demeure seule l\u00e9galement responsable des cons\u00e9quences de ses actes et de ses rapports avec des tiers qui ont une incidence sur des int\u00e9r\u00eats autochtones. <span style=\"text-decoration: underline;\">Elle peut d\u00e9l\u00e9guer certains aspects proc\u00e9duraux de la consultation \u00e0 des acteurs industriels qui proposent des activit\u00e9s d\u2019exploitation<\/span>; cela n\u2019est pas rare en mati\u00e8re d\u2019\u00e9valuations environnementales \u00bb<a href=\"#q33\"><sup>33<\/sup><\/a>. [Le soulignement a \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9.]<\/p>\n<p>La port\u00e9e et l\u2019\u00e9tendue de la d\u00e9l\u00e9gation des \u00ab.aspects proc\u00e9duraux \u00bb de la consultation (et la fa\u00e7on dont une telle d\u00e9l\u00e9gation s\u2019effectue) sont une source de d\u00e9bat constant. En pratique, il arrive souvent que la majeure partie de l\u2019obligation de consultation incombe aux promoteurs industriels.<\/p>\n<p>Comme il en est question dans la partie III, cette observation est particuli\u00e8rement importante dans le contexte du r\u00f4le de l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie, lorsque le demandeur est le plus souvent un \u00ab.promoteur industriel qui cherche \u00e0 effectuer un d\u00e9veloppement particulier \u00bb. La capacit\u00e9 de la Couronne de d\u00e9l\u00e9guer des \u00ab.aspects proc\u00e9duraux.\u00bb de la consultation aux promoteurs industriels qui cherchent \u00e0 effectuer un d\u00e9veloppement particulier est importante dans le contexte de la d\u00e9termination du r\u00f4le des organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie, qui pourraient avoir un r\u00f4le \u00e0 jouer dans l\u2019\u00e9valuation du caract\u00e8re ad\u00e9quat de la consultation men\u00e9e par un promoteur (priv\u00e9), mais qui pourraient, ou non, avoir un r\u00f4le \u00e0 jouer dans l\u2019\u00e9valuation du caract\u00e8re ad\u00e9quat de la consultation men\u00e9e par la Couronne \u00e0 l\u2019\u00e9gard du m\u00eame projet.<\/p>\n<h5><i>Le cadre pr\u00e9voit un processus administratif<\/i><\/h5>\n<p>La d\u00e9cision en cause dans l\u2019affaire <i>Ha\u00efda<\/i> n\u2019\u00e9tait pas le fruit d\u2019un tribunal administratif (encore moins d\u2019un organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie quasi judiciaire). La Cour a n\u00e9anmoins formul\u00e9 quelques observations sur la fa\u00e7on dont un r\u00e9gime administratif pourrait constituer un forum appropri\u00e9 pour traiter de l\u2019obligation de la Couronne de consulter :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Dans les affaires complexes ou difficiles, le gouvernement peut d\u00e9cider de recourir \u00e0 un m\u00e9canisme de r\u00e8glement des diff\u00e9rends comme la m\u00e9diation ou un r\u00e9gime administratif mettant en sc\u00e8ne des d\u00e9cideurs impartiaux<a href=\"#q34\"><sup>34<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>La Cour a \u00e9galement d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019il incombe au gouvernement de choisir la mani\u00e8re de structurer un tel processus :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Il est loisible aux gouvernements de mettre en place des r\u00e9gimes de r\u00e9glementation fixant les exigences proc\u00e9durales applicables aux diff\u00e9rents probl\u00e8mes survenant \u00e0 diff\u00e9rentes \u00e9tapes, et ainsi de renforcer le processus de conciliation et r\u00e9duire le recours aux tribunaux<a href=\"#q35\"><sup>35<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Tout en soulignant que \u00ab la province n\u2019a pas encore \u00e9tabli de m\u00e9canisme \u00e0 cette fin \u00bb, la Cour a toutefois d\u00e9crit sommairement quelle norme de contr\u00f4le devrait s\u2019appliquer \u00e0 tout processus administratif qui pourrait \u00eatre instaur\u00e9 \u00e0 cette fin<a href=\"#q36\"><sup>36<\/sup><\/a>. La Cour a conclu cette analyse avec une autre r\u00e9f\u00e9rence qui semble indiquer des parall\u00e8les entre ce domaine du droit des Autochtones et du droit r\u00e9glementaire\/administratif : \u00ab l\u2019\u00e9l\u00e9ment central n\u2019est pas le r\u00e9sultat, mais le processus de consultation et d\u2019accommodement \u00bb<a href=\"#q37\"><sup>37<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Cette analyse sera reprise et pr\u00e9cis\u00e9e dans des affaires ult\u00e9rieures (notamment dans l\u2019affaire <i>Carrier Sekani<\/i>). En premier lieu, il convient cependant d\u2019examiner l\u2019arr\u00eat connexe d\u2019<i>Ha\u00efda<\/i> \u2014 <i>Taku River<\/i> \u2014 pour en tirer des enseignements concernant le r\u00f4le des processus administratifs et du processus d\u00e9cisionnel.<\/p>\n<h5><i>Le cadre appliqu\u00e9 \u00e0 un processus administratif (non quasi judiciaire) &#8211; Taku River<\/i><\/h5>\n<p>Le jugement de la Cour supr\u00eame du Canada dans l\u2019affaire <i>Premi\u00e8re Nation Tlingit de Taku River c. Colombie-Britannique (Directeur d\u2019\u00e9valuation de projet)<\/i>, 2004 CSC 74 a \u00e9t\u00e9 rendu en m\u00eame temps que le jugement <i>Ha\u00efda<\/i>. \u00c0 la diff\u00e9rence de la d\u00e9cision gouvernementale en cause dans l\u2019affaire <i>Ha\u00efda<\/i>, le processus d\u00e9cisionnel examin\u00e9 dans l\u2019affaire <i>Taku<\/i> d\u00e9coulait d\u2019une recommandation r\u00e9sultant d\u2019un processus d\u2019\u00e9valuation environnementale se d\u00e9roulant sous un r\u00e9gime administratif reconnu sur le plan l\u00e9gislatif, m\u00eame s\u2019il ne comportait pas une audience d\u2019un tribunal r\u00e9glementaire quasi judiciaire, comme c\u2019est habituellement le cas pour les organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie. Le projet en cause concernait la r\u00e9ouverture d\u2019une ancienne mine et la construction d\u2019une route d\u2019acc\u00e8s. M\u00eame si la demande a \u00e9t\u00e9 examin\u00e9e, elle est devenue assujettie \u00e0 la <i>Environmental Assessment Act<\/i>, R.S.B.C. 1996, ch. 119, qui venait alors d\u2019\u00eatre adopt\u00e9e<a href=\"#q38\"><sup>38<\/sup><\/a>. Un des buts de l\u2019<i>Environmental Assessment Act <\/i>(tel qu\u2019il \u00e9tait \u00e9nonc\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque), au sens du paragraphe 2(e), \u00e9tait de \u00ab permettre, lors des \u00e9valuations effectu\u00e9es en vertu de la pr\u00e9sente loi, la participation\u2026 des Premi\u00e8res nations\u2026 \u00bb. La Premi\u00e8re Nation Tlingit de Taku River a \u00e9t\u00e9 invit\u00e9e \u00e0 participer au \u00ab comit\u00e9 d\u2019examen du projet \u00bb et \u00e0 divers sous-comit\u00e9s et a accept\u00e9 de le faire. Finalement, la majorit\u00e9 des membres du comit\u00e9 d\u2019examen du projet ont pr\u00e9par\u00e9 un rapport \u00e9crit faisant \u00e9tat des recommandations pour renvoyer la demande de certificat d\u2019approbation de projet aux ministres pour d\u00e9cision. La Premi\u00e8re nation a exprim\u00e9 son d\u00e9saccord avec les recommandations contenues dans le rapport et a pr\u00e9par\u00e9 son propre rapport faisant \u00e9tat de ses pr\u00e9occupations \u00e0 l\u2019\u00e9gard du processus et de la proposition. Les ministres ont approuv\u00e9 le projet propos\u00e9 et un certificat d\u2019approbation de projet a \u00e9t\u00e9 \u00e9mis, sous r\u00e9serve de conditions d\u00e9taill\u00e9es.<\/p>\n<p>La Cour supr\u00eame du Canada a statu\u00e9 que la province avait l\u2019obligation de consulter la Premi\u00e8re Nation Tlingit de Taku River avant de d\u00e9cider de rouvrir la mine<a href=\"#q39\"><sup>39<\/sup><\/a>. Elle a estim\u00e9 que l\u2019acceptation de la revendication de titre de la Premi\u00e8re Nation Tlingit de Taku River en vue de la n\u00e9gociation d\u2019un trait\u00e9 dans le cadre du processus de la Commission des trait\u00e9s de la C.-B. constituait une preuve <i>prima facie <\/i>du bien-fond\u00e9 de ses revendications d\u2019un titre et de droits ancestraux et que le risque de cons\u00e9quences n\u00e9gatives sur les revendications de la Premi\u00e8re Nation Tlingit de Taku River \u00e9tait \u00e9lev\u00e9<a href=\"#q40\"><sup>40<\/sup><\/a>. La Cour a conclu que la Premi\u00e8re Nation Tlingit de Taku River \u00ab avait le droit de s\u2019attendre \u00e0 des consultations plus pouss\u00e9es que le strict minimum et \u00e0 une volont\u00e9 de r\u00e9pondre \u00e0 ses pr\u00e9occupations qui puisse \u00eatre qualifi\u00e9e d\u2019accommodement \u00bb<a href=\"#q41\"><sup>41<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Toutefois, apr\u00e8s examen du processus qui a donn\u00e9 lieu \u00e0 l\u2019\u00e9valuation environnementale, la Cour a conclu que la consultation men\u00e9e par la province a \u00e9t\u00e9 suffisante<a href=\"#q42\"><sup>42<\/sup><\/a>. La Cour a notamment confirm\u00e9 que la province n\u2019\u00e9tait pas tenue d\u2019\u00e9tablir un processus de consultation distinct pour r\u00e9pondre aux pr\u00e9occupations des Autochtones, mais que cette consultation pouvait se faire dans le cadre du processus administratif existant.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">\u00ab La province n\u2019\u00e9tait pas tenue de mettre sur pied, pour l\u2019examen des pr\u00e9occupations de la PNTTR [Premi\u00e8re Nation Tlingit de Taku River], une proc\u00e9dure sp\u00e9ciale de consultation diff\u00e9rente de celle \u00e9tablie par l\u2019<i>Environmental Assessment Act<\/i>, qui requiert express\u00e9ment la consultation des Autochtones concern\u00e9s \u00bb<a href=\"#q43\"><sup>43<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>En examinant la large participation de la Premi\u00e8re Nation Tlingit de Taku River \u00e0 plusieurs \u00e9tapes de l\u2019\u00e9valuation, la Cour a estim\u00e9, qu\u2019\u00e0 la fin de l\u2019\u00e9valuation, les pr\u00e9occupations de la PNTTR avaient \u00e9t\u00e9 bien comprises et qu\u2019elles avaient \u00e9t\u00e9 analys\u00e9es en profondeur. Par cons\u00e9quent, la Couronne \u00ab s\u2019est pleinement acquitt\u00e9e de son obligation de consultation \u00bb<a href=\"#q44\"><sup>44<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>La Cour a indiqu\u00e9 que de nouvelles consultations plus d\u00e9taill\u00e9es seraient tenues \u00e0 l\u2019\u00e9tape d\u2019approbation du permis pour le projet, qui permettrait \u00e9galement \u00e0 la Couronne de continuer de s\u2019acquitter de son obligation de consulter les Autochtones et, s\u2019il y a lieu, de trouver des accommodements aux pr\u00e9occupations des Autochtones.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">\u00ab Le comit\u00e9 d\u2019examen du projet a conclu que certaines pr\u00e9occupations non encore examin\u00e9es pourraient \u00eatre \u00e9tudi\u00e9es de fa\u00e7on plus efficace \u00e0 l\u2019\u00e9tape du permis, dans le contexte plus large de la n\u00e9gociation de trait\u00e9s ou lors de la planification d\u2019une strat\u00e9gie d\u2019utilisation du territoire. \u2026 Il ne fait donc aucun doute que le comit\u00e9 d\u2019examen du projet, et par voie de cons\u00e9quence les ministres, ont examin\u00e9 la question de savoir dans quelle mesure les pr\u00e9occupations de la PNTTR devaient faire l\u2019objet d\u2019accommodements \u00e0 ce stade du projet et dans quelles autres instances celle-ci pourrait continuer de participer au processus. On s\u2019attend \u00e0 ce que, \u00e0 chacune des \u00e9tapes (permis, licences et autres autorisations) ainsi que lors de l\u2019\u00e9laboration d\u2019une strat\u00e9gie d\u2019utilisation du territoire, la Couronne continue de s\u2019acquitter honorablement de son obligation de consulter la PNTTR et, s\u2019il y a lieu, de trouver des accommodements aux pr\u00e9occupations de celle-ci \u00bb<a href=\"#q45\"><sup>45<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Il ressort clairement de l\u2019analyse des arr\u00eats <i>Ha\u00efda<\/i> et <i>Taku<\/i> que le cadre de l\u2019obligation de consulter comprenait, d\u00e8s le d\u00e9but, la pr\u00e9vision d\u2019un r\u00f4le important pour la prise de d\u00e9cisions administratives dans le processus d\u2019examen environnemental et r\u00e9glementaire existant, m\u00eame si ce processus ne r\u00e8gle pas tous les probl\u00e8mes en suspens. Une meilleure clarification du r\u00f4le des organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie pourrait prendre encore quelques ann\u00e9es. Toutefois, les grandes lignes de l\u2019approche qui se d\u00e9gage \u00e9taient visibles dans les d\u00e9cisions ant\u00e9rieures rendues par la Cour.<\/p>\n<h4><b>L\u2019obligation de consultation dans les secteurs couverts par trait\u00e9 historique \u2013 Mikise<\/b><\/h4>\n<p>Apr\u00e8s l\u2019\u00e9tablissement du cadre de l\u2019obligation de consultation en 2004, une des premi\u00e8res questions a \u00e9t\u00e9 de d\u00e9terminer comment l\u2019obligation de consulter s\u2019applique dans le contexte des droits issus de trait\u00e9s. En 2005, la Cour s\u2019est pench\u00e9e sur l\u2019obligation de consulter dans le contexte d\u2019un trait\u00e9 historique : le Trait\u00e9 n<sup>o<\/sup> 8 sign\u00e9 en 1899.<\/p>\n<p>Cette affaire portait sur la contestation de l\u2019approbation minist\u00e9rielle d\u2019une proposition visant le r\u00e9tablissement d\u2019une route d\u2019hiver \u00e0 travers le parc national Wood Buffalo. La Premi\u00e8re nation crie Mikisew, une nation signataire du Trait\u00e9 n<sup>o<\/sup> 8, s\u2019opposait \u00e0 la construction de la route propos\u00e9e parce qu\u2019elle porterait atteinte aux droits de chasse et de pi\u00e9geage issus du Trait\u00e9 n<sup>o<\/sup> 8. Parcs Canada a fourni une trousse d\u2019information standard sur cette route \u00e0 la Premi\u00e8re nation, et cette derni\u00e8re a \u00e9t\u00e9 invit\u00e9e \u00e0 participer \u00e0 des journ\u00e9es portes ouvertes d\u2019information avec le grand public. Parcs Canada n\u2019a tenu une consultation directe avec la Premi\u00e8re nation au sujet de cette route et au sujet des moyens d\u2019att\u00e9nuer les r\u00e9percussions de cette route sur les droits issus du trait\u00e9 qu\u2019une fois que des d\u00e9cisions importantes au sujet de cette route avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 prises. La Premi\u00e8re nation a contest\u00e9 la d\u00e9cision du ministre du Patrimoine canadien et du ministre responsable de Parcs Canada d\u2019autoriser la construction de la route parce que le ministre n\u2019a pas consult\u00e9 de fa\u00e7on appropri\u00e9e la Premi\u00e8re nation au sujet de cette route.<\/p>\n<p>Le Trait\u00e9 n<sup>o<\/sup> 8 contient la clause suivante (qui est incluse dans des termes similaires dans la plupart des autres trait\u00e9s num\u00e9rot\u00e9s)<a href=\"#q46\"><sup>46<\/sup><\/a> :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">\u00ab Et Sa Majest\u00e9 la Reine convient par les pr\u00e9sentes avec les dits indiens qu\u2019ils auront le droit de se livrer \u00e0 leurs occupations ordinaires de la chasse au fusil, de la chasse au pi\u00e8ge et de la p\u00eache dans l\u2019\u00e9tendue de pays c\u00e9d\u00e9e telle que ci-dessus d\u00e9crite, subordonn\u00e9es \u00e0 tels r\u00e8glements qui pourront \u00eatre faits de temps \u00e0 autre par le gouvernement du pays agissant au nom de Sa Majest\u00e9 et <span style=\"text-decoration: underline;\">sauf et except\u00e9 tels terrains qui de temps \u00e0 autre pourront \u00eatre requis ou pris pour des fins d\u2019\u00e9tablissements, de mine, de commerce de bois, ou autres objets<\/span> \u00bb. [Le soulignement a \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9.]<\/p>\n<p>La Cour a confirm\u00e9 que le Trait\u00e9 n<sup>o<\/sup> 8 pr\u00e9voyait la \u00ab prise \u00bb de terres c\u00e9d\u00e9es pour diff\u00e9rentes fins, mais a constat\u00e9 que le trait\u00e9 n\u2019a pas pr\u00e9cis\u00e9 le processus par lequel une telle prise devait se faire. La Cour s\u2019est servie de l\u2019obligation de consulter pour combler cette lacune proc\u00e9durale :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Tant le contexte historique que les in\u00e9vitables tensions sous jacentes \u00e0 la mise en \u0153uvre du Trait\u00e9 n<sup>o<\/sup> 8 commandent un <i>processus<\/i> par lequel des terres peuvent \u00eatre transf\u00e9r\u00e9es d\u2019une cat\u00e9gorie (celle des terres sur lesquelles les Premi\u00e8res nations conservent des droits de chasse, de p\u00eache et de pi\u00e9geage) \u00e0 l\u2019autre (celle des terres sur lesquelles elles n\u2019ont pas ces droits). Le contenu du processus est dict\u00e9 par l\u2019obligation de la Couronne d\u2019agir honorablement<a href=\"#q47\"><sup>47<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>La Cour a estim\u00e9 que le Trait\u00e9 n<sup>o<\/sup> 8 conf\u00e8re aux Cris Mikisew des droits substantiels (de chasse, de p\u00eache et de pi\u00e9geage) ainsi que le droit de nature proc\u00e9durale d\u2019\u00eatre consult\u00e9s par rapport aux atteintes aux droits substantiels. La Cour supr\u00eame a d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019\u00e9tant donn\u00e9 que la prise a un effet pr\u00e9judiciable sur le droit de chasser et de pi\u00e9ger issu du trait\u00e9 de la Premi\u00e8re nation, Parcs Canada \u00e9tait tenu de consulter les Cris Mikisew avant de prendre une d\u00e9cision.<\/p>\n<p>La Cour a signal\u00e9 qu\u2019une \u00e9chelle variable des obligations de consultation s\u2019applique dans un contexte li\u00e9 \u00e0 un trait\u00e9 aussi bien que dans un contexte non li\u00e9 \u00e0 un trait\u00e9. Toutefois, au lieu de la \u00ab solidit\u00e9 de la revendication \u00bb (pour un droit revendiqu\u00e9, mais non encore prouv\u00e9) la Cour parle de la \u00ab sp\u00e9cificit\u00e9 de la promesse faite dans le trait\u00e9 \u00bb. La seconde variable (l\u2019effet pr\u00e9judiciable) reste \u00e0 peu pr\u00e8s la m\u00eame, avec la Cour d\u00e9clarant que \u00ab l\u2019effet pr\u00e9judiciable, comme l\u2019\u00e9tendue de l\u2019obligation de la Couronne, est une question de degr\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p>Le trait\u00e9 historique modifie clairement la fa\u00e7on dont l\u2019obligation de consultation s\u2019applique. La Cour a jug\u00e9 que m\u00eame si la route d\u2019hiver est susceptible d\u2019avoir un effet sur les droits de chasse et de pi\u00e9geage issus du trait\u00e9 des Mikisew, il s\u2019agit d\u2019une route d\u2019hiver relativement peu importante sur des terres \u00ab c\u00e9d\u00e9es \u00bb par les Cris Mikisew lorsqu\u2019ils ont sign\u00e9 le Trait\u00e9 no 8. En cons\u00e9quence, l\u2019autre extr\u00e9mit\u00e9 du continuum de consultation \u00e9tait prise en compte. Cela signifie que Parcs Canada aurait d\u00fb aviser les Mikisew et aurait d\u00fb les faire participer directement pour solliciter leurs points de vue et s\u2019efforcer de r\u00e9duire au minimum les effets pr\u00e9judiciables du projet sur leurs droits. Comme Parcs Canada a d\u00e9termin\u00e9 unilat\u00e9ralement des questions importantes comme le trac\u00e9 de la route avant de rencontrer les Cris Mikisew, la Cour a jug\u00e9 que l\u2019obligation de la Couronne de consulter n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 satisfaite ad\u00e9quatement.<\/p>\n<h4><b>L\u2019obligation de consultation dans les secteurs couverts par trait\u00e9 moderne &#8211; <\/b><b><i>Little Salmon<\/i><\/b><b><\/b><\/h4>\n<p>Les d\u00e9cisions de 2004-2005 \u00e9noncent comment l\u2019obligation de consultation s\u2019applique dans les secteurs non couverts par trait\u00e9 et les secteurs couverts par trait\u00e9 historique. En 2010, la Cour supr\u00eame du Canada a rendu sa d\u00e9cision dans l\u2019affaire <i>Beckman c. Premi\u00e8re Nation de Little Salmon\/Carmacks<\/i> qui traite de la fa\u00e7on dont l\u2019obligation de la Couronne de consulter les groupes autochtones au sujet de ses d\u00e9cisions s\u2019applique dans le contexte des ententes modernes sur les revendications territoriales.<\/p>\n<p>L\u2019affaire a pour origine l\u2019<i>Entente d\u00e9finitive de la Premi\u00e8re Nation de Little Salmon\/Carmacks<\/i> (\u00ab.l\u2019entente d\u00e9finitive \u00bb) de 1997, que la Premi\u00e8re Nation Little Salmon\/Carmacks a conclue avec les gouvernements du Yukon et du Canada<a href=\"#q48\"><sup>48<\/sup><\/a>. En 2001, le gouvernement a re\u00e7u une demande pour une concession de terres agricoles de quelque 65 hectares des terres de la Couronne du Yukon dans le territoire traditionnel vis\u00e9 par l\u2019entente d\u00e9finitive. Cette entente pr\u00e9voyait que les membres de la Premi\u00e8re Nation de Little Salmon\/Carmacks aient des droits d\u2019acc\u00e8s aux terres de la Couronne dans leur territoire traditionnel aux fins de r\u00e9colte de subsistance \u00e0 l\u2019exception de celles faisant l\u2019objet d\u2019un contrat de vente, comme c\u2019est le cas de cette demande. La demande a \u00e9t\u00e9 examin\u00e9e dans le cadre d\u2019une s\u00e9rie de processus d\u2019examen administratifs, notamment :<\/p>\n<ul>\n<li>Un \u00ab examen pr\u00e9liminaire \u00bb effectu\u00e9 par la Direction de l\u2019agriculture et la Direction des terres ainsi que le Secr\u00e9tariat des revendications territoriales;<\/li>\n<li>Un examen technique plus approfondi effectu\u00e9 par le Comit\u00e9 d\u2019examen des demandes concernant les terres agricoles (\u00ab CEDTA \u00bb), un organisme ant\u00e9rieur au trait\u00e9 et qui n\u2019a rien \u00e0 voir avec celui ci; (Le CEDTA a recommand\u00e9 au demandeur de red\u00e9limiter sa parcelle de terre pour des raisons li\u00e9es aux caract\u00e9ristiques du sol et \u00e0 des pr\u00e9occupations non pr\u00e9cis\u00e9es concernant l\u2019environnement, la faune et la flore ainsi que le pi\u00e9geage. Le demandeur s\u2019est conform\u00e9 \u00e0 cette recommandation.)<\/li>\n<li>Un palier d\u2019examen sup\u00e9rieur effectu\u00e9 par le Comit\u00e9 d\u2019examen des demandes d\u2019ali\u00e9nation de terres (\u00ab CEDAT \u00bb), un comit\u00e9 compos\u00e9 de repr\u00e9sentants d\u2019organismes f\u00e9d\u00e9raux, territoriaux et provinciaux ainsi que de Premi\u00e8res nations, dont la Premi\u00e8re Nation de Little Salmon\/Carmacks. Le CEDAT est \u00e9galement ant\u00e9rieur au trait\u00e9 et n\u2019a rien \u00e0 voir avec celui ci.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Dans une lettre envoy\u00e9e au CEDAT, la Premi\u00e8re Nation de Little Salmon\/Carmacks a exprim\u00e9 ses pr\u00e9occupations \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la demande. Cependant, aucun repr\u00e9sentant de la Premi\u00e8re Nation de Little Salmon\/Carmacks n\u2019a pris part \u00e0 la r\u00e9union et n\u2019a demand\u00e9 l\u2019ajournement de l\u2019examen. Les pr\u00e9occupations soulev\u00e9es dans la lettre ont \u00e9t\u00e9 prises en compte par le CEDAT, mais celui-ci a finalement approuv\u00e9 la demande. Le directeur de la Direction de l\u2019agriculture du gouvernement du Yukon (le \u00ab directeur \u00bb) a examin\u00e9 et confirm\u00e9 l\u2019approbation du CEDAT.<\/p>\n<p>La Premi\u00e8re Nation de Little Salmon\/Carmacks a demand\u00e9 un contr\u00f4le judiciaire de la d\u00e9cision du directeur d\u2019approuver la demande. Deux questions principales se posaient : 1. Le gouvernement du Yukon avait-il l\u2019obligation de consulter la Premi\u00e8re Nation de Little Salmon\/Carmacks et, s\u2019il y a lieu, de l\u2019accommoder au-del\u00e0 de ce qui \u00e9tait express\u00e9ment requis par l\u2019entente d\u00e9finitive? 2. Si oui, quelle port\u00e9e de consultation s\u2019av\u00e9rait n\u00e9cessaire et le gouvernement s\u2019est-il acquitt\u00e9 de cette obligation?<\/p>\n<p>La Cour supr\u00eame du Canada a rendu deux jugements : un appuy\u00e9 par sept juges et l\u2019autre par deux juges. Bien que ces deux jugements soient techniquement des motifs \u00ab concordants.\u00bb (car il y a eu entente sur la d\u00e9cision \u00e0 l\u2019\u00e9gard de cette affaire donn\u00e9e), ils repr\u00e9sentent des points de vue fondamentalement diff\u00e9rents sur la fa\u00e7on dont l\u2019obligation de consulter doit s\u2019appliquer dans le contexte des trait\u00e9s modernes.<\/p>\n<h5><i>La d\u00e9cision majoritaire<\/i><\/h5>\n<p>S\u2019exprimant au nom des sept juges de la majorit\u00e9, le juge Binnie a soulign\u00e9 que l\u2019entente d\u00e9finitive pr\u00e9sente un \u00ab juste \u00e9quilibre des int\u00e9r\u00eats \u00bb et que les trait\u00e9s du Yukon visent notamment \u00e0 substituer \u00e0 des proc\u00e9dures ponctuelles co\u00fbteuses en temps et en argent des m\u00e9canismes juridiques mutuellement accept\u00e9s qui sont efficaces tout en \u00e9tant \u00e9quitables.<\/p>\n<p>Relativement \u00e0 la premi\u00e8re question (si l\u2019obligation de consulter s\u2019applique), les juges majoritaires ont conclu que \u00ab l\u2019obligation de consulter d\u00e9coule du principe de l\u2019honneur de la Couronne, qui s\u2019applique ind\u00e9pendamment de l\u2019intention expresse ou implicite des parties.\u00bb. Selon la majorit\u00e9 :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">\u2026 il fallait rem\u00e9dier \u00e0 la lacune proc\u00e9durale suscit\u00e9e par l\u2019absence de mise en \u0153uvre du chapitre 12, et la Premi\u00e8re nation a eu tout \u00e0 fait raison \u00e0 mon avis d\u2019invoquer l\u2019obligation de consulter et d\u2019\u00e9tablir un cadre de proc\u00e9dure appropri\u00e9<a href=\"#q49\"><sup>49<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Les juges majoritaires ont d\u00e9clar\u00e9 ce qui suit.: \u00ab.Les parties ont la possibilit\u00e9 de s\u2019entendre sur les modalit\u00e9s de la consultation, mais la Couronne ne peut pas se soustraire \u00e0 son obligation de traiter honorablement avec les Autochtones \u00bb<a href=\"#q50\"><sup>50<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>\u00ab Lorsqu\u2019un trait\u00e9 r\u00e9cent a \u00e9t\u00e9 conclu, la premi\u00e8re \u00e9tape consiste \u00e0 en examiner les dispositions et \u00e0 tenter de d\u00e9terminer les obligations respectives des parties et l\u2019existence, dans le trait\u00e9 lui m\u00eame, d\u2019une forme quelconque de consultation. Si un processus de consultation a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli dans le trait\u00e9, les dispositions du trait\u00e9 indiqueront la port\u00e9e de l\u2019obligation de consulter \u00bb.<\/p>\n<p>Ils ont soulign\u00e9 que \u00ab l\u2019honneur de la Couronne peut ne pas <i>toujours<\/i> exiger la consultation. Les parties peuvent, dans leur trait\u00e9, n\u00e9gocier un m\u00e9canisme diff\u00e9rent qui permet malgr\u00e9 tout, dans son r\u00e9sultat, de pr\u00e9server l\u2019honneur de la Couronne \u00bb<a href=\"#q51\"><sup>51<\/sup><\/a>. Toutefois, dans cette affaire, les juges majoritaires ont conclu que l\u2019entente d\u00e9finitive n\u2019exclut pas l\u2019obligation de consulter et, au besoin, d\u2019accommoder.<\/p>\n<p>Relativement \u00e0 la deuxi\u00e8me question (\u00e0 savoir la port\u00e9e de la consultation qui s\u2019av\u00e9rait n\u00e9cessaire et si l\u2019obligation de consulter a \u00e9t\u00e9 respect\u00e9e), les juges majoritaires ont examin\u00e9 la d\u00e9finition n\u00e9goci\u00e9e de consultation contenue dans l\u2019entente d\u00e9finitive et ont estim\u00e9 qu\u2019elle constitue un \u00e9nonc\u00e9 raisonnable du contenu de la consultation \u00ab au bas du continuum \u00bb. Ils ont conclu que \u00ab la consultation <i>a effectivement<\/i> \u00e9t\u00e9 rendue possible et <i>a bel et bien<\/i> eu lieu dans le cadre du processus du CEDAT \u00bb<a href=\"#q52\"><sup>52<\/sup><\/a>. Les juges majoritaires ont confirm\u00e9 que \u00ab la participation \u00e0 un forum cr\u00e9\u00e9 pour d\u2019autres besoins peut tout de m\u00eame satisfaire \u00e0 l\u2019obligation de consulter si, <i>pour l\u2019essentiel<\/i>, un niveau appropri\u00e9 de consultation a \u00e9t\u00e9 rendu possible \u00bb<a href=\"#q53\"><sup>53<\/sup><\/a>. Les juges majoritaires ont conclu que selon les faits les exigences de l\u2019obligation de consulter ont \u00e9t\u00e9 respect\u00e9es.<\/p>\n<p>La Premi\u00e8re nation a fait valoir qu\u2019il y avait une obligation juridique non seulement de tenir une consultation au plan proc\u00e9dural, mais d\u2019offrir des \u00ab mesures concr\u00e8tes d\u2019accommodement.\u00bb. Dans cette affaire, l\u2019accommodement doit in\u00e9vitablement, \u00e0 ses yeux, entra\u00eener le rejet de la demande. Les juges majoritaires ont fermement rejet\u00e9 cet argument et ont conclu que \u00ab le trait\u00e9 lui m\u00eame ou l\u2019ensemble des circonstances ne donnent en aucun cas ouverture \u00e0 une obligation d\u2019accommodement \u00bb<a href=\"#q54\"><sup>54<\/sup><\/a>.<\/p>\n<h5><i>La d\u00e9cision minoritaire<\/i><\/h5>\n<p>S\u2019exprimant au nom des deux juges minoritaires, la juge Deschamps \u00e9tait d\u2019accord avec les conclusions, mais pour des raisons diff\u00e9rentes. Les juges minoritaires ont soulign\u00e9 que l\u2019entente d\u00e9finitive \u00e9tait le fruit d\u2019intenses n\u00e9gociations entre les deux parties.<\/p>\n<p>C\u2019est faire affront \u00e0 l\u2019objectif m\u00eame de la n\u00e9gociation d\u2019un trait\u00e9 que d\u2019ajouter \u00e0 ces dispositions une obligation additionnelle de consultation. Une telle approche constitue un recul, qui a pour effet de saper les engagements pris par les parties l\u2019une \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019autre et de miner l\u2019objectif de r\u00e9conciliation par la n\u00e9gociation. Cet affront met en p\u00e9ril les processus de n\u00e9gociation actuellement en cours dans l\u2019ensemble du pays.<\/p>\n<p>Les juges minoritaires ont indiqu\u00e9 que \u00ab les tribunaux doivent toutefois veiller \u00e0 ce que cette obligation de consultation ne soit pas d\u00e9natur\u00e9e et invoqu\u00e9e d\u2019une mani\u00e8re qui compromette la n\u00e9gociation au lieu de la favoriser \u00bb.<\/p>\n<p>La diff\u00e9rence fondamentale entre la position des juges majoritaires et des juges minoritaires \u00e9tait que les juges minoritaires rejetaient la th\u00e8se de l\u2019existence d\u2019un \u00ab hiatus proc\u00e9dural \u00bb dans cette affaire et ne souscrivaient pas \u00e0 la surimposition au trait\u00e9 du r\u00e9gime jurisprudentiel de l\u2019obligation de consultation.<\/p>\n<p>La juge Deschamps (au nom des juges minoritaires) a convenu en principe que <i>s\u2019il<\/i> y avait une lacune proc\u00e9durale dans un trait\u00e9 r\u00e9cent, l\u2019obligation jurisprudentielle de consultation <i>pourrait<\/i> s\u2019appliquer pour combler cette lacune. Les juges minoritaires ont examin\u00e9 les dispositions provisoires du trait\u00e9 et conclu qu\u2019aucune lacune de ce genre n\u2019a pu \u00eatre constat\u00e9e dans le trait\u00e9 en question<a href=\"#q55\"><sup>55<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>La juge Deschamps semblait faire une distinction entre l\u2019obligation de consulter dans le contexte de droits revendiqu\u00e9s, mais non encore prouv\u00e9s et l\u2019obligation de consulter dans le contexte d\u2019un trait\u00e9, en allant jusqu\u2019\u00e0 d\u00e9clarer qu\u2019il serait \u00ab trompeur \u00bb de consid\u00e9rer l\u2019obligation de consulter comme \u00e9tant la m\u00eame obligation dans ces deux contextes :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Par ailleurs, lorsque, comme dans l\u2019affaire <i>Mikisew<\/i>, l\u2019obligation de consultation de r\u00e9gime jurisprudentiel doit \u00eatre mobilis\u00e9e afin de combler une lacune du trait\u00e9, cette obligation conna\u00eet alors un ph\u00e9nom\u00e8ne de diff\u00e9renciation. En effet, en pr\u00e9sence d\u2019un trait\u00e9, l\u2019obligation jurisprudentielle de consultation remplit une fonction bien distincte de celle de l\u2019obligation de consultation en cause dans les affaires <i>Nation ha\u00efda<\/i> et <i>Taku River<\/i>, si bien qu\u2019il serait trompeur d\u2019assimiler ces deux obligations. Certes, il s\u2019agit dans les deux cas d\u2019une obligation constitutionnelle, fond\u00e9e sur le principe de l\u2019honneur de la Couronne qui doit pr\u00e9sider aux relations entre celle-ci et les peuples autochtones lorsque les droits constitutionnels \u2014 ancestraux ou issus de trait\u00e9s \u2014 des seconds sont en jeu. Cependant, il est important de bien distinguer, d\u2019une part, l\u2019obligation de consultation qui s\u2019impose \u00e0 la Couronne pr\u00e9alablement \u00e0 la prise de mesures ou dispositions qui risquent d\u2019enfreindre les droits ancestraux d\u2019un peuple autochtone et, d\u2019autre part, l\u2019obligation minimale en mati\u00e8re de consultation de la partie autochtone qui s\u2019applique imp\u00e9rativement \u00e0 la Couronne relativement \u00e0 l\u2019exercice par celle-ci des droits que la premi\u00e8re lui a reconnus par trait\u00e9<a href=\"#q56\"><sup>56<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Les juges minoritaires ont examin\u00e9 les dispositions de l\u2019entente d\u00e9finitive elle-m\u00eame \u2014 en particulier le processus d\u2019\u00e9valuation convenu dans l\u2019entente d\u00e9finitive qui s\u2019applique \u00e0 la demande \u2014 et ont conclu que des dispositions dans l\u2019entente d\u00e9finitive r\u00e9gissent pr\u00e9cis\u00e9ment la question de savoir si la Couronne est tenue de consulter la Premi\u00e8re nation avant d\u2019exercer son droit de c\u00e9der des terres.<\/p>\n<p>Ces processus pr\u00e9voyaient non seulement la consultation de la nation autochtone concern\u00e9e, mais aussi sa participation \u00e0 l\u2019\u00e9valuation du projet. Une telle participation impliquait un niveau de consultation sup\u00e9rieur \u00e0 celui qui aurait \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 sur l\u2019obligation faite par la jurisprudence \u00e0 cet \u00e9gard. En cons\u00e9quence, rien, en l\u2019esp\u00e8ce, ne saurait justifier le recours \u00e0 une obligation externe \u00e0 celle pr\u00e9vue par l\u2019Entente d\u00e9finitive.<\/p>\n<p>Les juges minoritaires ont conclu que le processus qui a men\u00e9 \u00e0 la d\u00e9cision concernant la demande respectait les dispositions de l\u2019entente d\u00e9finitive et qu\u2019il n\u2019existait aucun motif juridique permettant de conclure que l\u2019obligation de consultation de la Couronne a \u00e9t\u00e9 viol\u00e9e.<\/p>\n<h5><i>R\u00e9percussions de la d\u00e9cision<\/i><\/h5>\n<p>La d\u00e9cision dans l\u2019affaire <i>Little Salmon\/Carmacks<\/i> de m\u00eame que la d\u00e9cision de la Cour supr\u00eame du Canada dans l\u2019affaire <i>Moses<\/i><a href=\"#q57\"><sup>57<\/sup><\/a> ont constitu\u00e9 pour la Cour supr\u00eame les premi\u00e8res occasions d\u2019appliquer la jurisprudence sur l\u2019obligation de la Couronne de consulter dans le contexte des ententes sur les revendications territoriales et des trait\u00e9s modernes.<\/p>\n<p>Pour bon nombre des ententes modernes sur les revendications territoriales existantes, particuli\u00e8rement les ententes pr\u00e9c\u00e9dentes et celles conclues au Yukon, dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut (susmentionn\u00e9es), le r\u00e9sultat de la d\u00e9cision des juges majoritaires est qu\u2019il y aura une incertitude persistante quant \u00e0 savoir si le gouvernement a l\u2019obligation de consulter les groupes autochtones lors de la prise de d\u00e9cisions de gestion des terres et des ressources et l\u2019\u00e9tendue de cette obligation. M\u00eame si l\u2019arr\u00eat <i>Little Salmon\/Carmacks <\/i>indique que les gouvernements peuvent, dans le cadre de la n\u00e9gociation des trait\u00e9s, mieux cerner et d\u00e9finir l\u2019\u00e9tendue de l\u2019obligation de consultation, il n\u2019en demeure pas moins que, lorsque cela n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 fait dans les trait\u00e9s existants, l\u2019obligation jurisprudentielle de consultation continuera de s\u2019appliquer et d\u2019\u00eatre une source \u00e9ventuelle de conflits entre les gouvernements et les signataires autochtones des trait\u00e9s \u00e0 savoir si l\u2019obligation est d\u00e9clench\u00e9e et ce qu\u2019elle exige des gouvernements.<\/p>\n<p>Certains trait\u00e9s modernes r\u00e9cents, comme l\u2019Accord d\u00e9finitif de la Premi\u00e8re Nation de Tsawwassen en Colombie-Britannique, comportent des dispositions pr\u00e9cisant que les trait\u00e9s contiennent une \u00ab liste exhaustive des obligations de consultation qui incombent au Canada et \u00e0 la Colombie-Britannique.\u00bb<a href=\"#q58\"><sup>58<\/sup><\/a>. L\u2019arr\u00eat <i>Little Salmon\/Carmacks<\/i> reconna\u00eet que les tribunaux doivent s\u2019en remettre aux intentions des parties lorsqu\u2019elles sont clairement exprim\u00e9es dans le trait\u00e9 et lorsqu\u2019elles ne sont pas incompatibles avec l\u2019honneur de la Couronne. On peut s\u2019attendre \u00e0 ce que les futurs trait\u00e9s continuent d\u2019indiquer avec plus de pr\u00e9cision la mani\u00e8re dont les parties souhaitent que l\u2019obligation de consulter qui incombe \u00e0 la Couronne s\u2019applique.<\/p>\n<p>En ce qui a trait au respect de l\u2019obligation de consulter, il est \u00e0 noter que les neuf juges de la Cour supr\u00eame du Canada \u00e9taient unanimes pour conclure que les mesures prises par le gouvernement du Yukon \u00e9taient ad\u00e9quates pour s\u2019acquitter de l\u2019obligation de la Couronne de consulter. De toute \u00e9vidence, donner la possibilit\u00e9 aux Premi\u00e8res nations de participer \u00e0 un forum cr\u00e9\u00e9 pour d\u2019autres besoins peut tout de m\u00eame satisfaire \u00e0 l\u2019obligation de consulter si, pour l\u2019essentiel, un niveau appropri\u00e9 de consultation a \u00e9t\u00e9 rendu possible. Au regard des faits de cette affaire : la Premi\u00e8re nation n\u2019a pas pris part \u00e0 la r\u00e9union, a fait part de ses pr\u00e9occupations par lettre et ces pr\u00e9occupations ont \u00e9t\u00e9 prises en compte par le d\u00e9cideur, la Cour a conclu que les exigences de l\u2019obligation de consulter ont \u00e9t\u00e9 respect\u00e9es.<\/p>\n<h4><b>Questions particuli\u00e8res \u2013 Les erreurs du pass\u00e9<\/b><\/h4>\n<p>En plus de pr\u00e9ciser la fa\u00e7on dont l\u2019obligation de consulter s\u2019applique diff\u00e9remment selon les contextes juridiques (secteurs non couverts par trait\u00e9, couverts par trait\u00e9 historique et couverts par trait\u00e9 moderne), la jurisprudence a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 aux prises avec un certain nombre de questions relatives \u00e0 la d\u00e9termination de la port\u00e9e. Deux d\u2019entre elles seront examin\u00e9es dans le cadre de cet article \u00e9tant donn\u00e9 leur importance pour les organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie : (i) la question des violations pass\u00e9es et (ii) la question de savoir \u00e0 qui est due l\u2019obligation de consultation.<\/p>\n<p>Dans l\u2019affaire <i>Rio Tinto<\/i>, la Cour a formul\u00e9 des observations sur la signification de griefs pass\u00e9s ou de violations pass\u00e9es dans le contexte de ce qui est requis pour \u00e9tablir la possibilit\u00e9 que la mesure de la Couronne ait un effet sur une revendication autochtone ou un droit ancestral.:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">\u00ab La [Premi\u00e8re nation] doit \u00e9tablir un lien de causalit\u00e9 entre la mesure ou la d\u00e9cision envisag\u00e9e par le gouvernement et un effet pr\u00e9judiciable \u00e9ventuel sur une revendication autochtone ou un droit ancestral. Un acte fautif commis dans le pass\u00e9, telle l\u2019omission de consulter, ne suffit pas\u2026<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Une atteinte sous jacente ou continue, m\u00eame si elle ouvre droit \u00e0 d\u2019autres recours, ne constitue pas un effet pr\u00e9judiciable lorsqu\u2019il s\u2019agit de d\u00e9terminer si une d\u00e9cision gouvernementale particuli\u00e8re emporte l\u2019obligation de consulter\u2026<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Il faut d\u00e9terminer si une revendication ou un droit est susceptible d\u2019\u00eatre compromis par la mesure ou la d\u00e9cision <i>actuelle<\/i> du gouvernement. L\u2019atteinte ant\u00e9rieure et continue, y compris l\u2019omission de consulter, ne fait na\u00eetre l\u2019obligation de consulter que si la d\u00e9cision actuelle risque d\u2019avoir un nouvel effet d\u00e9favorable sur une revendication actuelle ou un droit existant \u00bb<a href=\"#q59\"><sup>59<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Cette clarification du droit concernant l\u2019obligation de consultation a permis de pr\u00e9ciser davantage l\u2019objet des audiences devant les organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie. Avant cette d\u00e9cision, un d\u00e9bat important intervenait dans les audiences r\u00e9glementaires quant \u00e0 savoir si la port\u00e9e de l\u2019obligation de consulter n\u00e9cessitait une consultation en ce qui a trait aux installations d\u00e9j\u00e0 en place que l\u2019on associait d\u2019une certaine mani\u00e8re \u00e0 l\u2019objet de la demande port\u00e9e devant l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie. On peut trouver deux exemples relativement \u00e0 une proc\u00e9dure engag\u00e9e devant la British Columbia Utilities Commission :<\/p>\n<ul>\n<li>Dans la proc\u00e9dure concernant le transport d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 des terres int\u00e9rieures aux basses terres continentales (Interior to Lower Mainland [projet ILM]) de la British Columbia Transmission Corporation (BCTC), une question primordiale pendant la consultation et dans les \u00e9l\u00e9ments de preuve et les arguments des intervenants des Premi\u00e8res nations pr\u00e9sent\u00e9s devant la Commission \u00e9tait l\u2019affirmation que BCTC\/BC Hydro ont manqu\u00e9 \u00e0 leur obligation de consulter sur les lignes de transport d\u2019\u00e9lectricit\u00e9, les emprises et d\u2019autres actifs associ\u00e9s aux lignes construites dans les ann\u00e9es 1960 et 1970 (les \u00ab actifs existants.\u00bb). La violation historique des droits ancestraux revendiqu\u00e9s a aliment\u00e9 les discussions entre BCTC\/BC Hydro et les Premi\u00e8res nations. Toutefois, \u00e0 la suite de la publication de la d\u00e9cision de la Cour dans l\u2019affaire <i>Rio Tinto<\/i>, les intervenants de la Premi\u00e8re nation ont retir\u00e9 leurs pr\u00e9tentions sur les actifs existants<a href=\"#q60\"><sup>60<\/sup><\/a>.<\/li>\n<li>Cette question a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9e dans la proc\u00e9dure concernant la proposition de BC Hydro (un repr\u00e9sentant de la Couronne) d\u2019acqu\u00e9rir aupr\u00e8s de Teck Metals Ltd. un tiers d\u2019une participation indivise dans le barrage Waneta et les actifs connexes. Le barrage Waneta est une installation hydro\u00e9lectrique d\u00e9j\u00e0 existante qui a \u00e9t\u00e9 construite dans les ann\u00e9es 1950 et qui est fonctionnelle depuis. BC Hydro exigeait l\u2019approbation de la British Columbia Utilities Commission (BCUC) dans le but de d\u00e9terminer si cette acquisition \u00e9tait dans l\u2019int\u00e9r\u00eat public. Dans sa d\u00e9cision dat\u00e9e du 12 mars 2010, la BCUC a admis que (i) BC Hydro avait une obligation de consulter et (ii) que la BCUC devait examiner le caract\u00e8re ad\u00e9quat de cette consultation. La BCUC a cependant rejet\u00e9 la position des Premi\u00e8res nations qui \u00e9tait que BC Hydro avait une obligation de consultation et d\u2019accommodement par rapport \u00e0 des violations et des griefs pass\u00e9s<a href=\"#q61\"><sup>61<\/sup><\/a>. Les trois groupes des Premi\u00e8res nations ont demand\u00e9 l\u2019autorisation d\u2019interjeter appel de la d\u00e9cision de la Commission devant la Cour d\u2019appel de la C.-B. au motif notamment que la Commission a commis une erreur dans son examen de la question des violations pass\u00e9es. Ces demandes d\u2019autorisation d\u2019appel \u00e9taient en examen (et donnent un aper\u00e7u des questions qui restent en suspens) lorsque la Cour supr\u00eame du Canada a rendu sa d\u00e9cision dans l\u2019affaire <i>Rio Tinto<\/i>. Apr\u00e8s la d\u00e9cision de la Cour supr\u00eame, les trois demandes d\u2019autorisation d\u2019appel ont \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9es.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\u00c0 la lumi\u00e8re de la d\u00e9cision dans l\u2019affaire <i>Rio Tinto,<\/i> manifestement les organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie concentreront leurs efforts sur le projet et la demande qui leur sont pr\u00e9sent\u00e9s, l\u2019analyse portera exclusivement sur les effets pr\u00e9judiciables d\u00e9coulant de la d\u00e9cision actuelle, non sur les effets pr\u00e9judiciables plus vastes du projet qui s\u2019y rattachent. Des d\u00e9cisions judiciaires subs\u00e9quentes<a href=\"#q62\"><sup>62<\/sup><\/a> ont clarifi\u00e9 ou pr\u00e9cis\u00e9 ce principe, mais ne l\u2019ont pas modifi\u00e9.<\/p>\n<h4><b>Questions particuli\u00e8res \u2013 \u00c0 qui est due l\u2019obligation de consultation?<\/b><\/h4>\n<p>L\u2019incertitude quant \u00e0 la d\u00e9termination du groupe autochtone \u00e0 consulter peut survenir dans un contexte li\u00e9 \u00e0 un trait\u00e9 comme dans un contexte non li\u00e9 \u00e0 un trait\u00e9.<\/p>\n<p>Dans la d\u00e9cision <i>Behn c. Moulton Contracting Ltd<\/i>, 2013 CSC 26 rendue en mai 2013, la Cour supr\u00eame du Canada s\u2019est pench\u00e9e sur les questions visant \u00e0 savoir \u00e0 qui est due l\u2019obligation de consultation et la proc\u00e9dure \u00e0 suivre pour contester le caract\u00e8re ad\u00e9quat d\u2019une consultation. Les Behn sont des membres individuels de la Premi\u00e8re Nation de Fort Nelson. Aucune partie n\u2019a soumis de contestation judiciaire de la validit\u00e9 de certains permis d\u2019exploitation foresti\u00e8re d\u00e9livr\u00e9s \u00e0 <i>Moulton Contracting Ltd<\/i>. Toutefois, lorsque Moulton a tent\u00e9 d\u2019acc\u00e9der \u00e0 l\u2019un des sites, les Behn ont \u00e9rig\u00e9 un camp qui, dans la pratique, bloquait l\u2019acc\u00e8s aux sites d\u2019exploitation foresti\u00e8re de l\u2019entreprise. Moulton a intent\u00e9 une action en justice. En d\u00e9fense \u00e0 cette action, les Behn ont all\u00e9gu\u00e9 l\u2019invalidit\u00e9 des permis parce qu\u2019ils auraient \u00e9t\u00e9 d\u00e9livr\u00e9s sans que soit respect\u00e9e l\u2019obligation de la Couronne de consultation et qu\u2019ils violeraient leurs droits de chasse et de pi\u00e9geage issus du Trait\u00e9 n<sup>o<\/sup> 8.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re question abord\u00e9e par la Cour \u00e9tait de savoir si les Behn, en tant que membres de la collectivit\u00e9 autochtone, pouvaient invoquer un manquement \u00e0 l\u2019obligation de consultation. La Cour a confirm\u00e9 que l\u2019obligation de consultation existe pour la protection des droits collectifs des peuples autochtones et qu\u2019elle est due au groupe autochtone qui en est titulaire. Un groupe autochtone peut autoriser un individu ou un organisme \u00e0 le repr\u00e9senter en vue de faire valoir ses droits ancestraux ou issus d\u2019un trait\u00e9, mais en l\u2019esp\u00e8ce une telle autorisation n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 accord\u00e9e.<\/p>\n<p>De nombreux organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie, d\u2019autres d\u00e9cideurs de la Couronne et promoteurs de projets ont consacr\u00e9 des efforts pour tenter d\u2019\u00e9tablir \u00ab qui parle au nom de la nation \u00bb dans un processus de consultation. De nombreux observateurs esp\u00e9raient que cette d\u00e9cision offrirait une plus grande certitude quant \u00e0 savoir \u00e0 qui est due l\u2019obligation de consultation de la Couronne. La conclusion de la Cour selon laquelle l\u2019obligation \u00ab est due au groupe autochtone titulaire des droits prot\u00e9g\u00e9s par l\u2019article 35, qui sont par nature des droits collectifs \u00bb fournit des pr\u00e9cisions<a href=\"#q63\"><sup>63<\/sup><\/a>. Il reste toutefois une certaine incertitude juridique quant \u00e0 la d\u00e9termination du groupe autochtone qui d\u00e9tient les droits prot\u00e9g\u00e9s par l\u2019article 35.<\/p>\n<p>La d\u00e9termination du titulaire r\u00e9el des droits est \u00e9galement un sujet qui a donn\u00e9 lieu \u00e0 de longs litiges. Par exemple, dans l\u2019affaire <i>William v. British Columbia<\/i>, 2012 BCCA 285, la Cour d\u2019appel de la C.-B. a reconnu que lorsque qu\u2019il n\u2019y a personne qui poss\u00e8de le pouvoir de parler au nom de la collectivit\u00e9 (ou pire, lorsqu\u2019il y a des instances concurrentes qui soutiennent avoir un tel pouvoir), cela peut nuire \u00e0 la consultation<a href=\"#q64\"><sup>64<\/sup><\/a>. N\u00e9anmoins, la Cour d\u2019appel a confirm\u00e9 la conclusion du juge de premi\u00e8re instance selon laquelle la d\u00e9finition du titulaire r\u00e9el des droits est une question qui est d\u00e9termin\u00e9e principalement du point de vue du collectif autochtone lui-m\u00eame<a href=\"#q65\"><sup>65<\/sup><\/a>. La Cour supr\u00eame du Canada a entendu un appel de cette affaire en novembre 2013, mais la d\u00e9cision n\u2019a pas encore \u00e9t\u00e9 rendue. Par cons\u00e9quent, tant sur le plan juridique que factuel, des incertitudes demeurent concernant la fa\u00e7on de d\u00e9terminer, selon les termes de l\u2019affaire Behn, \u00ab le groupe autochtone titulaire des droits prot\u00e9g\u00e9s par l\u2019article 35 \u00bb \u00e0 qui est due l\u2019obligation de consultation.<\/p>\n<p>Dans l\u2019affaire <i>Behn<\/i>, la Cour a \u00e9galement trait\u00e9 d\u2019une question connexe : \u00e0 savoir si les droits issus de trait\u00e9s peuvent \u00eatre invoqu\u00e9s par les membres individuels d\u2019une collectivit\u00e9 autochtone. La Cour a indiqu\u00e9 que certains droits ancestraux ou issus de trait\u00e9s peuvent poss\u00e9der des attributs \u00e0 la fois collectifs et individuels, et il se peut fort bien que, lorsque les circonstances s\u2019y pr\u00eatent, des membres d\u2019une collectivit\u00e9 puissent les invoquer \u00e0 titre individuel. Toutefois, la Cour a jug\u00e9 qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas n\u00e9cessaire de \u00ab trancher de fa\u00e7on d\u00e9finitive et compl\u00e8te \u00bb dans le contexte de cette affaire. La r\u00e9ticence de la Cour \u00e0 r\u00e9soudre d\u00e9finitivement cette question est quelque peu d\u00e9cevante (bien que compr\u00e9hensible) et laisse (pour le moment) sans r\u00e9ponse la question de ce qui pourrait constituer des \u00ab circonstances s\u2019y pr\u00eatant \u00bb dans lesquelles un membre individuel peut invoquer des droits ancestraux ou issus de trait\u00e9s (et si de telles circonstances peuvent en outre n\u00e9cessiter une consultation avec ces membres individuels). La Cour avait d\u00e9j\u00e0 envoy\u00e9 des signaux comme quoi les membres individuels n\u2019\u00e9taient pas des parties n\u00e9cessaires \u00e0 une consultation. Dans l\u2019affaire <i>Little Salmon<\/i>, la Cour a examin\u00e9 la situation d\u2019un trappeur individuel et a conclu que le droit du trappeur \u00ab constituait un avantage d\u00e9riv\u00e9 qu\u2019il tenait de l\u2019int\u00e9r\u00eat collectif de la premi\u00e8re nation dont il \u00e9tait membre \u00bb et qu\u2019il \u00ab n\u2019\u00e9tait pas, \u00e0 titre individuel, une partie n\u00e9cessaire \u00e0 la consultation.\u00bb<a href=\"#q66\"><sup>66<\/sup><\/a>. L\u2019analyse non exhaustive de la Cour dans l\u2019affaire <i>Behn<\/i> fait en sorte que d\u2019autres actions en justice sur ce point sont in\u00e9vitables.<\/p>\n<h4><b>Conclusion de la partie II<\/b><\/h4>\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, m\u00eame si des r\u00e9ponses \u00e0 de nombreuses importantes questions et bon nombre de pr\u00e9cisions ont \u00e9t\u00e9 apport\u00e9es sur l\u2019obligation de consultation et d\u2019accommodement de la Couronne, de nombreuses questions tout aussi vastes et importantes restent \u00e0 r\u00e9soudre. Ces pr\u00e9cisions suppl\u00e9mentaires ne seront probablement apport\u00e9es \u2014 \u00ab conform\u00e9ment \u00e0 la m\u00e9thode traditionnelle de la Common Law.\u00bb \u2014 que graduellement, par petites touches. Bien qu\u2019il soit encore trop t\u00f4t pour d\u00e9terminer si les dix prochaines ann\u00e9es de jurisprudence seront aussi intenses que les dix derni\u00e8res ann\u00e9es, il subsiste un grand nombre d\u2019importantes questions qui attendent encore que la Cour se prononce de mani\u00e8re d\u00e9finitive \u00e0 leur sujet.<\/p>\n<p>La prochaine partie traitera du r\u00f4le d\u2019un organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019obligation de consultation de la Couronne. Le champ d\u2019action de l\u2019organisme de r\u00e9glementation est d\u00e9termin\u00e9 et circonscrit par le gouvernement (f\u00e9d\u00e9ral ou provincial) qui l\u2019a cr\u00e9\u00e9, la comp\u00e9tence de nombreux organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie est donc limit\u00e9e ou diff\u00e9renci\u00e9e par les fronti\u00e8res politiques provinciales ou territoriales. Toutefois, tel qu\u2019il est mentionn\u00e9 dans les parties I et II du pr\u00e9sent article, les diff\u00e9rents contextes juridiques applicables aux groupes autochtones (trait\u00e9s historiques, trait\u00e9s modernes ou secteurs non couverts par trait\u00e9) ne sont pas restreints ou limit\u00e9s aux fronti\u00e8res provinciales ou territoriales. Une seule province peut compter (et donc un seul organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie peut entendre) des groupes autochtones sans trait\u00e9 ou pour lesquels un trait\u00e9 historique ou un trait\u00e9 moderne a \u00e9t\u00e9 conclu.<\/p>\n<h3><b>Partie III \u2013 Le r\u00f4le d\u2019un organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019obligation de consultation de la Couronne<\/b><a href=\"#q67\"><sup>67<\/sup><\/a><b><\/b><\/h3>\n<p>Le principal argument invoqu\u00e9 dans cette partie est qu\u2019il n\u2019y a pas de r\u00e9ponse universellement applicable \u00e0 la question suivante : Quel est le r\u00f4le de l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie? La r\u00e9ponse d\u00e9pendra du mandat statutaire confi\u00e9 \u00e0 l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie dans le contexte de la demande examin\u00e9e. Comme on le verra plus loin, on pourrait tirer des indications de l\u2019examen de la mani\u00e8re dont le processus de r\u00e9glementation s\u2019inscrit dans tout le processus d\u00e9cisionnel. Par ailleurs, le r\u00f4le de l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie peut varier selon la nature du demandeur qui compara\u00eet devant lui, en particulier si ce demandeur est un repr\u00e9sentant de la Couronne ou une partie priv\u00e9e. La pr\u00e9sente partie exposera d\u2019abord les grandes lignes des principes g\u00e9n\u00e9raux, puis se penchera sur trois \u00e9tudes de cas pour examiner comment ces principes s\u2019appliquent dans le contexte d\u2019un certain nombre d\u2019organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie canadiens.<\/p>\n<h4><b>Le r\u00f4le de l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie \u2013 principaux g\u00e9n\u00e9raux<\/b><\/h4>\n<p>Dans l\u2019arr\u00eat <i>Rio Tinto<\/i>, la Cour a abord\u00e9 directement les principes juridiques sous-jacents au r\u00f4le d\u2019un organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie par rapport \u00e0 l\u2019obligation de la Couronne de consulter :<\/p>\n<p>\u00ab L\u2019obligation du tribunal administratif de se pencher sur la consultation et sur la port\u00e9e de celle ci d\u00e9pend de la mission que lui confie sa loi constitutive. Un tribunal administratif doit s\u2019en tenir \u00e0 l\u2019exercice des pouvoirs que lui conf\u00e8re sa loi habilitante. \u2026le r\u00f4le d\u2019un tribunal administratif en ce qui a trait \u00e0 la consultation tient \u00e0 ses obligations et \u00e0 ses attributions l\u00e9gales.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Le l\u00e9gislateur peut d\u00e9cider de lui d\u00e9l\u00e9guer l\u2019obligation de la Couronne de consulter. Comme le signale la Cour dans l\u2019arr\u00eat <i>Nation ha\u00efda<\/i>, il est loisible aux gouvernements de mettre en place des r\u00e9gimes de r\u00e9glementation fixant les exigences proc\u00e9durales de la consultation aux diff\u00e9rentes \u00e9tapes du processus d\u00e9cisionnel relatif \u00e0 une ressource.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Sinon, il peut lui confier le seul pouvoir de d\u00e9cider si une consultation ad\u00e9quate a eu lieu, l\u2019exercice de ce pouvoir faisant d\u00e8s lors partie de son processus d\u00e9cisionnel. En pareil cas, le tribunal administratif ne participe pas \u00e0 la consultation. Il s\u2019assure plut\u00f4t que la Couronne s\u2019est acquitt\u00e9e de son obligation de consulter une Premi\u00e8re nation en particulier sur un \u00e9ventuel effet pr\u00e9judiciable de la d\u00e9cision en cause sur ses droits ancestraux.<\/p>\n<p>Le tribunal administratif appel\u00e9 \u00e0 examiner une question ayant trait \u00e0 une ressource et ayant une incidence sur des int\u00e9r\u00eats autochtones peut n\u2019avoir ni l\u2019une ni l\u2019autre de ces obligations, n\u2019avoir que l\u2019une d\u2019elles ou avoir les deux, selon les attributions que lui conf\u00e8re le l\u00e9gislateur\u2026\u00bb<a href=\"#q68\"><sup>68<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Ce droit du l\u00e9gislateur de d\u00e9terminer le mandat d\u2019un tribunal d\u00e9bouche sur l\u2019un des quatre sc\u00e9narios suivants :<\/p>\n<ul>\n<li>l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie remplit le r\u00f4le qui consiste \u00e0 mener une consultation;<\/li>\n<li>l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie remplit le r\u00f4le qui consiste \u00e0 \u00e9valuer le caract\u00e8re ad\u00e9quat de la consultation;<\/li>\n<li>l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie remplit les deux r\u00f4les susmentionn\u00e9s;<\/li>\n<li>l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie ne remplit aucun des r\u00f4les susmentionn\u00e9s.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Lorsqu\u2019il fait face \u00e0 des questions relatives \u00e0 l\u2019obligation de consulter, la premi\u00e8re t\u00e2che de l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie (et de ceux qui doivent compara\u00eetre devant lui) devrait \u00eatre de d\u00e9terminer lequel des sc\u00e9narios susmentionn\u00e9s s\u2019applique. Trop souvent le d\u00e9bat \u2014 dans les universit\u00e9s et les salles d\u2019audience \u2014 s\u2019est concentr\u00e9 sur le r\u00f4le que l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie <i>devrait<\/i> jouer et la l\u00e9gitimit\u00e9 ou l\u2019efficacit\u00e9 des autres moyens par lesquels la Couronne peut mener une consultation ou \u00e9valuer son caract\u00e8re ad\u00e9quat. Un passage souvent invoqu\u00e9 \u00e0 cet \u00e9gard est la d\u00e9claration de la Cour selon laquelle : \u00ab un tribunal sp\u00e9cialis\u00e9 jouissant \u00e0 la fois de l\u2019expertise et du pouvoir requis pour trancher une question de droit est le mieux plac\u00e9 pour trancher une question constitutionnelle se rapportant \u00e0 son mandat l\u00e9gal \u00bb<a href=\"#q69\"><sup>69<\/sup><\/a>. Peu importe toutefois qui peut \u00eatre dans la meilleure position pour trancher (et il s\u2019agit souvent d\u2019une question d\u2019opinions \u00e0 savoir qui est le mieux plac\u00e9), il est clair que lorsqu\u2019il est question du r\u00f4le de l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie et de l\u2019obligation de consulter, le choix appartient au gouvernement. L\u2019enqu\u00eate judiciaire appropri\u00e9e d\u00e9pend de l\u2019intention du l\u00e9gislateur.<\/p>\n<p>Alors que la question juridique peut \u00eatre claire, malheureusement la r\u00e9ponse n\u2019est pas toujours \u00e9vidente. Dans la grande majorit\u00e9 des cas, les fondements l\u00e9gislatifs des organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie d\u2019aujourd\u2019hui ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tablis \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 l\u2019obligation de consulter n\u2019\u00e9tait pas (comme elle l\u2019est aujourd\u2019hui) une question qui retenait beaucoup l\u2019attention. En l\u2019absence d\u2019indications claires, les organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie devront essayer de trouver des indices dans leur cadre l\u00e9gislatif actuel.<\/p>\n<p>Deux indices cl\u00e9s sont (i) le pouvoir d\u2019examiner les questions de droit et (ii) le pouvoir de r\u00e9paration accord\u00e9 \u00e0 l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">\u00ab Tant son pouvoir l\u00e9gal d\u2019examiner une question de droit que celui d\u2019accorder r\u00e9paration sont pertinents pour circonscrire sa comp\u00e9tence<i>.<\/i>: <i>Conway<\/i>. Ils sont donc aussi pertinents pour d\u00e9terminer si un tribunal administratif particulier est tenu d\u2019effectuer une consultation ou de se pencher sur la consultation, ou s\u2019il n\u2019a aucune obligation en la mati\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">\u2026 Pour qu\u2019il puisse consulter une Premi\u00e8re nation au sujet d\u2019une ressource avant le r\u00e8glement d\u00e9finitif de revendications, il doit y \u00eatre express\u00e9ment ou implicitement autoris\u00e9. Le pouvoir de consulter, qui est distinct du pouvoir de d\u00e9terminer s\u2019il existe une obligation de consulter, ne peut \u00eatre inf\u00e9r\u00e9 du simple pouvoir d\u2019examiner une question de droit. La consultation comme telle n\u2019est pas une question de droit. Il s\u2019agit d\u2019un processus constitutionnel distinct, souvent complexe, et dans certaines circonstances, d\u2019un droit mettant en jeu : faits, droit, politique et compromis. Par cons\u00e9quent, le tribunal administratif d\u00e9sireux d\u2019effectuer lui m\u00eame la consultation doit avoir le pouvoir de r\u00e9paration n\u00e9cessaire pour faire ce \u00e0 quoi on l\u2019exhorte relativement \u00e0 la consultation\u2026<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Le tribunal administratif dot\u00e9 du pouvoir de se prononcer sur le caract\u00e8re ad\u00e9quat de la consultation, mais non du pouvoir d\u2019effectuer celle ci, doit accorder la r\u00e9paration qu\u2019il juge indiqu\u00e9e dans les circonstances, conform\u00e9ment aux pouvoirs de r\u00e9paration qui lui sont express\u00e9ment ou implicitement conf\u00e9r\u00e9s par sa loi habilitante.\u00bb<a href=\"#q70\"><sup>70<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Il n\u2019est pas pertinent \u00e0 l\u2019enqu\u00eate de se demander s\u2019il y a ou non un autre tribunal administratif ou r\u00e9glementaire qui peut ou qui va exercer ce r\u00f4le. La Couronne ne peut se soustraire \u00e0 son obligation envers les peuples autochtones simplement en choisissant de ne pas assigner l\u2019une de ces fonctions ou les deux (\u00e0 savoir, mener une consultation et\/ou \u00e9valuer le caract\u00e8re ad\u00e9quat de la consultation) \u00e0 un organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie particulier. La Cour a pr\u00e9cis\u00e9, dans l\u2019arr\u00eat <i>Rio Tinto<\/i>, que l\u2019honneur de la Couronne ne peut \u00eatre d\u00e9clin\u00e9.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">\u00ab On peut craindre en effet qu\u2019en privant un tribunal administratif du pouvoir d\u2019examiner les questions relatives \u00e0 la consultation ou en r\u00e9partissant le pouvoir de statuer en la mati\u00e8re entre plusieurs tribunaux administratifs de mani\u00e8re qu\u2019aucun d\u2019eux ne puisse se pencher sur l\u2019obligation de consulter que font na\u00eetre certaines mesures gouvernementales, le gouvernement se soustraie de fait \u00e0 cette obligation.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">\u2026l\u2019obligation de consulter les peuples autochtones, qui na\u00eet lorsque le gouvernement prend une d\u00e9cision susceptible d\u2019avoir un effet pr\u00e9judiciable sur leurs int\u00e9r\u00eats, est une obligation constitutionnelle qui fait intervenir l\u2019honneur de la Couronne et qui doit \u00eatre respect\u00e9e. Si le r\u00e9gime administratif mis en place par le l\u00e9gislateur ne peut rem\u00e9dier aux \u00e9ventuels effets pr\u00e9judiciables d\u2019une d\u00e9cision sur des int\u00e9r\u00eats autochtones, les Premi\u00e8res nations touch\u00e9es doivent alors s\u2019adresser \u00e0 une cour de justice pour obtenir la r\u00e9paration voulue : <i>Nation ha\u00efda<\/i>, paragraphe 51 \u00bb<a href=\"#q71\"><sup>71<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>M\u00eame s\u2019il peut encore subsister un d\u00e9bat d\u2019orientation l\u00e9gitime quant \u00e0 savoir o\u00f9 ou par qui l\u2019obligation de consulter doit \u00eatre assum\u00e9e ou jug\u00e9e, un tel d\u00e9bat d\u2019orientation devrait \u00eatre s\u00e9par\u00e9 de tout d\u00e9bat <i>juridique<\/i> \u00e0 savoir si l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie joue un r\u00f4le pour mener \u00e0 bien la consultation ou \u00e9valuer le caract\u00e8re ad\u00e9quat de la consultation. La question juridique qu\u2019il faut poser est la suivante : Quel r\u00f4le le l\u00e9gislateur a-t-il assign\u00e9 \u00e0 l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie?<\/p>\n<p>La situation n\u2019est pas diff\u00e9rente de la situation qui est survenue apr\u00e8s l\u2019adoption de la <i>Charte<\/i>, alors que des questions avaient \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9es au sujet du r\u00f4le des tribunaux administratifs dans l\u2019application de la <i>Charte<\/i>. En effet, par suite de l\u2019adoption de la <i>Charte<\/i>, de longs d\u00e9bats juridiques et d\u2019orientation ont eu lieu (devant les tribunaux et \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur des tribunaux) au sujet du r\u00f4le des tribunaux administratifs dans l\u2019application et l\u2019interpr\u00e9tation de la <i>Charte<\/i>. Finalement, la Cour supr\u00eame du Canada a pr\u00e9cis\u00e9 que le principe directeur \u00e9tait de d\u00e9terminer l\u2019intention du l\u00e9gislateur<a href=\"#q72\"><sup>72<\/sup><\/a>. Ce faisant, la Cour a indiqu\u00e9 clairement qu\u2019elle \u00e9tait ouverte \u00e0 ce que les l\u00e9gislateurs expriment plus clairement leur intention. L\u2019Alberta<a href=\"#q73\"><sup>73<\/sup><\/a> et la Colombie-Britannique<a href=\"#q74\"><sup>74 <\/sup><\/a>\u00a0ont accept\u00e9 l\u2019invitation de la Cour et ont adopt\u00e9 des lois pr\u00e9cisant le r\u00f4le des tribunaux administratifs \u00e0 l\u2019\u00e9gard des questions constitutionnelles. Il subsiste certaines difficult\u00e9s de d\u00e9finition de \u00ab question constitutionnelle \u00bb attribuables \u00e0 la mani\u00e8re dont ce terme est d\u00e9fini dans cette l\u00e9gislation, et un d\u00e9bat est d\u00e9j\u00e0 en cours concernant la mesure dans laquelle l\u2019obligation de consulter invoque de telles \u00ab questions constitutionnelles.\u00bb<a href=\"#q75\"><sup>75<\/sup><\/a>. Il est n\u00e9anmoins maintenant clair dans la loi que l\u2019intention du l\u00e9gislateur est le principe directeur, et les l\u00e9gislateurs sont invit\u00e9s \u00e0 exprimer clairement leur intention concernant le r\u00f4le des organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie. Comme nous en traiterons ci-apr\u00e8s (concernant l\u2019Alberta), certains l\u00e9gislateurs ont donn\u00e9 suite \u00e0 l\u2019invitation faite par la Cour et d\u00e9finissent express\u00e9ment le r\u00f4le des organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019obligation de consulter.<\/p>\n<h5><i>Diff\u00e9rentes structures d\u00e9cisionnelles en mati\u00e8re de r\u00e9glementation<\/i><\/h5>\n<p>Des orientations suppl\u00e9mentaires pourraient \u00eatre obtenues en examinant comment le r\u00f4le de l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie s\u2019inscrit dans la prise de d\u00e9cisions globale ou le processus d\u2019approbation d\u2019un projet. Il est utile d\u2019\u00e9tablir une distinction entre quelques sc\u00e9narios de base :<\/p>\n<ul>\n<li>Certains organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie prennent la d\u00e9cision finale qui permet \u00e0 un promoteur d\u2019aller de l\u2019avant avec un projet. Par exemple, il peut revenir \u00e0 l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie d\u2019accorder un certificat d\u2019utilit\u00e9 publique, une licence, un permis ou une autorisation.<\/li>\n<li>Certains organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie prennent une \u00ab.d\u00e9cision.\u00bb relative \u00e0 une telle autorisation; cette d\u00e9cision est toutefois soumise \u00e0 l\u2019approbation ou \u00e0 la confirmation du gouverneur en conseil (ou du lieutenant-gouverneur en conseil) ou du ou des ministres avant que la d\u00e9cision de l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie ne devienne effective<a href=\"#q76\"><sup>76<\/sup><\/a>. Par ailleurs, certains organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie formulent une \u00ab recommandation \u00bb \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019une telle autorisation; la d\u00e9cision finale est toutefois prise par le gouverneur en conseil (ou le lieutenant-gouverneur en conseil) ou le ou les ministres.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Il est important de mentionner qu\u2019un seul organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie peut compter plus d\u2019une variante de structure d\u00e9cisionnelle dans sa loi constitutive. En effet, l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie peut prendre des d\u00e9cisions finales relativement \u00e0 certains types de demandes, alors que ses d\u00e9cisions prises (ou recommandations formul\u00e9es) en vertu d\u2019autres articles de sa loi constitutive peuvent \u00eatre li\u00e9es uniquement au premier stade du processus d\u00e9cisionnel et \u00eatre soumises \u00e0 d\u2019autres dispositions prises par le (lieutenant) gouverneur en conseil.<\/p>\n<p>Comme nous le verrons ci-dessous, ces diff\u00e9rentes structures d\u00e9cisionnelles peuvent entra\u00eener diff\u00e9rentes exigences concernant l\u2019obligation de consulter \u00e0 diff\u00e9rentes \u00e9tapes du processus.<\/p>\n<h5><i>Diff\u00e9rents types de demandeurs<\/i><\/h5>\n<p>Un autre facteur dont il faut tenir compte est la question de savoir si la partie qui compara\u00eet devant l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie est un repr\u00e9sentant de la Couronne ou une partie priv\u00e9e. Le r\u00f4le d\u2019un organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie peut diff\u00e9rer d\u2019un sc\u00e9nario \u00e0 l\u2019autre. Tel qu\u2019il est mentionn\u00e9 \u00e0 la partie II, la Couronne a l\u2019obligation juridique de consulter, bien que la Couronne puisse d\u00e9l\u00e9guer certains aspects proc\u00e9duraux de la consultation \u00e0 des promoteurs industriels. Le r\u00f4le propre de l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie peut \u00eatre bien diff\u00e9rent au cours de l\u2019examen d\u2019une demande provenant d\u2019un promoteur industriel (priv\u00e9) par rapport \u00e0 une demande de la Couronne ou d\u2019un agent de celle-ci.<\/p>\n<p>Comme nous le verrons dans l\u2019analyse ci-dessous, certains organismes de r\u00e9glementation (et tribunaux) ont correctement \u00e9tabli une distinction claire entre le r\u00f4le de l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie lors de l\u2019examen d\u2019une demande pr\u00e9sent\u00e9e par un repr\u00e9sentant de la Couronne et d\u2019une demande pr\u00e9sent\u00e9e par une partie priv\u00e9e.<\/p>\n<h4><b>Le r\u00f4le de l\u2019organisme de r\u00e9glementation : trois \u00e9tudes de cas<\/b><\/h4>\n<p>On doit garder \u00e0 l\u2019esprit les facteurs susmentionn\u00e9s lorsqu\u2019on examine la jurisprudence ci-dessous. Il est facile de commettre une erreur lorsqu\u2019on tente de transposer les constatations d\u2019une affaire (relative \u00e0 une mesure l\u00e9gislative diff\u00e9rente, \u00e0 une structure d\u00e9cisionnelle diff\u00e9rente ou \u00e0 un type de demandeur diff\u00e9rent) \u00e0 une autre situation. Les \u00e9tudes de cas pr\u00e9sent\u00e9es ci-dessous permettront d\u2019examiner la jurisprudence existante et en cours d\u2019\u00e9laboration relative \u00e0 la <i>British Columbia Utilities Commission (BCUC)<\/i>, l\u2019Office national de l\u2019\u00e9nergie et le <i>Alberta Energy Regulator<\/i><a href=\"#q77\"><sup>77<\/sup><\/a>.<\/p>\n<h5><i>La British Columbia Utilities Commission<\/i><\/h5>\n<p>La Cour supr\u00eame du Canada a appliqu\u00e9 ses crit\u00e8res \u00e0 la <i>BC Utilities Commission<\/i> apr\u00e8s avoir \u00e9nonc\u00e9 les principes g\u00e9n\u00e9raux dans l\u2019arr\u00eat <i>Rio Tinto<\/i>. Le premier facteur pris en compte a \u00e9t\u00e9 la <i>Utilities Commission Act<\/i> qui conf\u00e8re \u00e0 la Commission le pouvoir de trancher des questions de droit.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">\u00ab Le pouvoir d\u2019un tribunal administratif de statuer en droit emporte celui de trancher une question constitutionnelle dont il est r\u00e9guli\u00e8rement saisi, sauf lorsqu\u2019il est clairement \u00e9tabli que le l\u00e9gislateur a voulu le priver d\u2019un tel pouvoir\u2026 \u00bb<a href=\"#q78\"><sup>78<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>De plus, la disposition l\u00e9gislative en litige (\u00e0 l\u2019\u00e9poque) a aussi habilit\u00e9 la Commission \u00e0 tenir compte de \u00ab tout autre \u00e9l\u00e9ment jug\u00e9 pertinent \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019int\u00e9r\u00eat public \u00bb.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">\u00ab L\u2019aspect constitutionnel de l\u2019obligation de consulter fait na\u00eetre un int\u00e9r\u00eat public sp\u00e9cial qui \u00e9carte la pr\u00e9dominance de l\u2019angle \u00e9conomique dans la consultation pr\u00e9vue par la <i>Utilities Commission Act<\/i> \u00bb<a href=\"#q79\"><sup>79<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Enfin, la Cour a conclu que \u00ab l\u2019intention du l\u00e9gislateur de soustraire \u00e0 la comp\u00e9tence de la Commission la question de savoir si la Couronne s\u2019est acquitt\u00e9e de son obligation de consulter les titulaires des droits ancestraux en cause ne ressort ni de l\u2019<i>Administrative Tribunals Act<\/i> ni de la <i>Constitutional Question Act<\/i> \u00bb<a href=\"#q80\"><sup>80<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>La Cour a donc jug\u00e9 que (i) la Commission avait le pouvoir de d\u00e9terminer si une consultation ad\u00e9quate a eu lieu, toutefois, (ii) la Commission n\u2019\u00e9tait pas autoris\u00e9e \u00e0 entreprendre elle m\u00eame la consultation et \u00e0 s\u2019acquitter de l\u2019obligation constitutionnelle de la Couronne<a href=\"#q81\"><sup>81<\/sup><\/a>. Certains commentateurs semblent estimer qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une conclusion qui s\u2019applique avec la m\u00eame force \u00e0 tous les organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie dans toutes les circonstances. Cependant, loin de constituer des conclusions universellement applicables, les conclusions de la Cour dans l\u2019arr\u00eat <i>Carrier Sekani<\/i> concernant la BCUC \u00e9taient fermement fond\u00e9es sur le contexte particulier de l\u2019affaire. Il est important de souligner que la demande devant la BCUC \u00e9tait une demande dont la d\u00e9cision finale lui revenait<a href=\"#q82\"><sup>82<\/sup><\/a>. Il ne s\u2019agissait pas d\u2019une demande pour laquelle la d\u00e9cision de la BCUC \u00e9tait soumise \u00e0 l\u2019approbation du lieutenant-gouverneur en conseil ou d\u2019une autre autorit\u00e9 d\u00e9cisionnelle. Il n\u2019y a pas eu d\u2019autre arr\u00eat dans le processus d\u00e9cisionnel par lequel la d\u00e9cision finale a \u00e9t\u00e9 prise ou qui aurait pu permettre de d\u00e9terminer le caract\u00e8re ad\u00e9quat de la consultation \u00e0 l\u2019\u00e9gard de cette d\u00e9cision.<\/p>\n<p>Il est \u00e9galement important de souligner que la Commission examinait une demande de BC Hydro, un repr\u00e9sentant de la Couronne. Cela eu une incidence directe sur l\u2019examen de la Cour.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">\u00ab BC Hydro est une soci\u00e9t\u00e9 d\u2019\u00c9tat qui agit au nom de la Couronne. Nul ne pr\u00e9tend s\u00e9rieusement que le CA\u00c9 de 2007 n\u2019\u00e9quivaut pas \u00e0 une mesure projet\u00e9e par la province de la Colombie-Britannique \u00bb<a href=\"#q83\"><sup>83<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>La consultation (ou l\u2019absence de consultation) men\u00e9e par le demandeur (un repr\u00e9sentant de la Couronne) relevait clairement de la port\u00e9e de la demande devant la Commission. (Cette situation diff\u00e8re de celle analys\u00e9e ci-dessous dans laquelle le demandeur est une partie priv\u00e9e, et la Couronne [et la preuve de ses efforts de consultation] ne comparait pas devant l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie.)<\/p>\n<p>Nigel Bankes a fait valoir avec vigueur le contraire et a laiss\u00e9 entendre que rien ne laisse croire que \u00ab l\u2019int\u00e9r\u00eat public sp\u00e9cial \u00bb est attribuable au fait que le demandeur de l\u2019approbation statutaire dans <i>Carrier Sekani<\/i> \u00e9tait un repr\u00e9sentant de la Couronne<a href=\"#q84\"><sup>84<\/sup><\/a>. Avec le plus grand respect (et j\u2019ai beaucoup de respect pour Nigel Bankes), ce dont ce commentaire et d\u2019autres commentaires semblables ne semblent pas tenir compte est qu\u2019un organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie a le pouvoir de trancher des questions constitutionnelles qui se posent \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la demande qui lui est soumise, non des questions constitutionnelles en g\u00e9n\u00e9ral. Si la Couronne n\u2019est pas une partie devant l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie, il n\u2019y a pas de fondement pour \u00e9largir le mandat de l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie en ce qui a trait \u00e0 l\u2019\u00e9valuation du caract\u00e8re ad\u00e9quat de la consultation par la Couronne.<\/p>\n<p>La BCUC a clairement reconnu l\u2019importance d\u2019avoir un repr\u00e9sentant de la Couronne comme demandeur. En mars 2010<a href=\"#q85\"><sup>85<\/sup><\/a>, la Commission a publi\u00e9 le document \u00ab 2010 First Nations Information Filing Guidelines for Crown Utilities<a href=\"#q86\"><sup>86<\/sup><\/a> \u00bb. L\u2019accent mis sur les demandes et les documents d\u00e9pos\u00e9s par une <span style=\"text-decoration: underline;\">entreprise de service public de la Couronne<\/span> t\u00e9moigne de la situation unique qui se produit lorsqu\u2019un repr\u00e9sentant de la Couronne est \u00e9galement le promoteur industriel qui compara\u00eet devant l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie.<\/p>\n<p>Le contexte particulier de l\u2019arr\u00eat <i>Rio Tinto <\/i>et de la loi constitutive de la BCUC ne peut \u00eatre ignor\u00e9. Les conclusions de la Cour relatives \u00e0 la BCUC ne peuvent \u00eatre appliqu\u00e9es universellement \u00e0 tous les organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie. Cela peut facilement conduire \u00e0 des erreurs que de tenter de transposer les conclusions de la Cour relatives \u00e0 la BCUC dans un contexte diff\u00e9rent sur le plan de la loi constitutive, de la structure d\u00e9cisionnelle ou du type de demandeur. Ce contraste peut appara\u00eetre si l\u2019on examine un sc\u00e9nario o\u00f9 il y a une structure d\u00e9cisionnelle diff\u00e9rente (comme dans le cas de l\u2019Office national de l\u2019\u00e9nergie) et une partie priv\u00e9e (qui n\u2019est pas un repr\u00e9sentant de la Couronne).<\/p>\n<h5><i>Office national de l\u2019\u00e9nergie<\/i><\/h5>\n<p>Dix ans avant que l\u2019obligation de la consultation soit \u00e9nonc\u00e9e par la Cour supr\u00eame du Canada (en 2004 dans les arr\u00eats <i>Ha\u00efda<\/i> et <i>Taku<\/i>), cette derni\u00e8re a examin\u00e9 les processus r\u00e9glementaires et administratifs de l\u2019Office national de l\u2019\u00e9nergie (ON\u00c9) en ce qui a trait \u00e0 l\u2019obligation fiduciaire du gouvernement \u00e0 l\u2019\u00e9gard des Premi\u00e8res nations dans certaines circonstances. Dans l\u2019affaire <i>Qu\u00e9bec (Procureur g\u00e9n\u00e9ral) c. Canada (Office national de l\u2019\u00e9nergie)<\/i>, la Cour a formul\u00e9 des observations au sujet du processus d\u2019audience de l\u2019ON\u00c9 :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Lors des plaidoiries, les avocats des appelants ont reconnu que l\u2019on ne pouvait soutenir que les cours de justice, en tant que cr\u00e9ation du gouvernement, avaient une telle obligation dans l\u2019exercice de leurs fonctions judiciaires. \u00c0 mon avis, les facteurs qui servent \u00e0 d\u00e9terminer si une telle obligation r\u00e9git le processus d\u00e9cisionnel de l\u2019Office en mati\u00e8re de d\u00e9livrance de licences d\u2019exportation diff\u00e8rent peu de ceux qui sont appliqu\u00e9s aux cours de justice. L\u2019Office remplit \u00e0 cet \u00e9gard une fonction quasi judiciaire : <i>Committee for Justice and Liberty c. Office national de l\u2019\u00e9nergie<\/i>, [1978] 1 R.C.S. 369, \u00e0 la p. 385. Bien que cette caract\u00e9risation ne soit peut \u00eatre pas assortie de toutes les exigences de nature proc\u00e9durale et autres applicables \u00e0 une cour de justice, <span style=\"text-decoration: underline;\">elle est en soi incompatible avec l\u2019exigence voulant qu\u2019il existe des rapports d\u2019une extr\u00eame bonne foi entre l\u2019Office et une partie qui compara\u00eet devant lui<\/span>\u2026<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">En cons\u00e9quence, je conclus que les rapports fiduciaires entre l\u2019\u00c9tat et les appelants n\u2019imposent pas \u00e0 l\u2019Office une obligation de prendre des d\u00e9cisions dans l\u2019int\u00e9r\u00eat des appelants, ou encore de modifier son processus d\u2019audience de fa\u00e7on \u00e0 imposer des exigences additionnelles de divulgation. Lorsque l\u2019on d\u00e9finit ainsi l\u2019obligation fiduciaire, elle n\u2019incombe pas davantage \u00e0 ces tribunaux qu\u2019aux cours de justice. Ainsi, l\u2019Office n\u2019avait aucune obligation de cette nature dans l\u2019exercice de son pouvoir d\u00e9cisionnel.<\/p>\n<p>En outre, m\u00eame si notre Cour devait supposer que l\u2019Office, dans le cadre de son analyse, aurait d\u00fb tenir compte de l\u2019existence de rapports fiduciaires entre l\u2019\u00c9tat et les appelants, je suis convaincu, pour les motifs que j\u2019ai mentionn\u00e9s relativement \u00e0 la proc\u00e9dure suivie par l\u2019Office, que les mesures qu\u2019il a prises auraient permis de satisfaire aux exigences d\u2019une telle obligation. Rien n\u2019indique que les appelants n\u2019ont pas eu pleinement l\u2019occasion d\u2019\u00eatre entendus. Ils ont eu acc\u00e8s \u00e0 tous les \u00e9l\u00e9ments de preuve d\u00e9pos\u00e9s devant l\u2019Office, ont pu pr\u00e9senter des arguments et une r\u00e9plique et ont \u00e9galement eu le droit de contre interroger les t\u00e9moins assign\u00e9s par l\u2019intim\u00e9e Hydro Qu\u00e9bec<a href=\"#q87\"><sup>87<\/sup><\/a>\u2026<\/p>\n<p>Dans la foul\u00e9e des affaires <i>Ha\u00efda<\/i>, <i>Taku<\/i> et <i>Mikisew<\/i>, certains commentateurs \u00e9clair\u00e9s ont laiss\u00e9 entendre que la d\u00e9cision de 1994 pourrait ne plus s\u2019appliquer. Cet avis semble \u00eatre n\u00e9 de la conclusion que les organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie (comme l\u2019ON\u00c9) devaient eux-m\u00eames \u00eatre assimil\u00e9s \u00e0 la Couronne dont les d\u00e9cisions pouvaient d\u00e9clencher une obligation de consultation. Je crois humblement que ce point de vue est erron\u00e9. Bien que l\u2019obligation fiduciaire et l\u2019obligation de consulter servent des fins diff\u00e9rentes et surviennent dans des circonstances diff\u00e9rentes<a href=\"#q88\"><sup>88<\/sup><\/a>, ces deux obligations (l\u2019obligation fiduciaire et l\u2019obligation de consulter) trouvent leur origine dans l\u2019honneur de la Couronne. Il n\u2019est plus n\u00e9cessaire d\u2019imposer \u00e0 un organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie l\u2019obligation de consulter, comme cela \u00e9tait de lui imposer une obligation fiduciaire. Tel qu\u2019il est pr\u00e9cis\u00e9 ci-dessous, la d\u00e9cision dans l\u2019affaire <i>Qu\u00e9bec (Procureur g\u00e9n\u00e9ral) c. Canada (Office national de l\u2019\u00e9nergie)<\/i> rec\u00e8le encore des enseignements utiles dans l\u2019examen du r\u00f4le de l\u2019ON\u00c9 par rapport \u00e0 l\u2019obligation de consulter \u2014 particuli\u00e8rement dans les circonstances o\u00f9 (contrairement \u00e0 l\u2019affaire <i>Rio Tinto<\/i>) le demandeur est une partie priv\u00e9e et non un repr\u00e9sentant de la Couronne.<\/p>\n<p>L\u2019ON\u00c9 a (et avait) \u00e9galement une structure d\u00e9cisionnelle diff\u00e9rente de celle du processus de la BCUC pris en compte dans l\u2019affaire <i>Rio Tinto<\/i>. Avant les modifications r\u00e9centes (examin\u00e9es ci-dessous), l\u2019Office national de l\u2019\u00e9nergie \u00e9tait un exemple d\u2019un organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie qui, dans le cadre de certaines demandes, a pris des d\u00e9cisions qui devaient \u00eatre approuv\u00e9es par le gouverneur en conseil. L\u2019ancienne version de l\u2019article 52 de la <i>Loi sur l\u2019Office national de l\u2019\u00e9nergie<\/i> stipulait ce qui suit :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">\u00ab <span style=\"text-decoration: underline;\">Sous r\u00e9serve de l\u2019agr\u00e9ment du gouverneur en conseil, l\u2019Office peut<\/span>, s\u2019il est convaincu de son caract\u00e8re d\u2019utilit\u00e9 publique, tant pour le pr\u00e9sent que pour le futur, <span style=\"text-decoration: underline;\">d\u00e9livrer un certificat<\/span> \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019un pipeline; ce faisant, il tient compte de tous les facteurs qu\u2019il estime pertinents\u2026 \u00bb<\/p>\n<p>Cette structure d\u00e9cisionnelle en deux \u00e9tapes ouvrait deux avenues possibles pour une contestation juridique. Au titre de l\u2019ancienne version de l\u2019article 52 de la <i>Loi sur l\u2019Office national de l\u2019\u00e9nergie<\/i>, ces deux avenues \u00e9taient les suivantes :<\/p>\n<ul>\n<li>un appel (avec autorisation) de la d\u00e9cision de l\u2019ON\u00c9;<\/li>\n<li>un contr\u00f4le judiciaire de l\u2019approbation du gouverneur en conseil.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces deux contestations ont \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9es \u00e0 la suite de trois d\u00e9cisions distinctes de l\u2019ON\u00c9 en 2007-2008 \u00e0 l\u2019\u00e9gard de trois pipelines diff\u00e9rents et des trois approbations subs\u00e9quentes octroy\u00e9es par d\u00e9cret pour la d\u00e9livrance de trois certificats d\u2019utilit\u00e9 publique pour les projets suivants : le projet de pipeline Keystone<a href=\"#q89\"><sup>89<\/sup><\/a>, le projet de pipeline Southern Lights<a href=\"#q90\"><sup>90<\/sup><\/a> et le projet d\u2019agrandissement du pipeline Alberta Clipper<a href=\"#q91\"><sup>91<\/sup><\/a>.<\/p>\n<h5><i>i.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 D\u00e9cisions de l\u2019Office national d\u2019\u00e9nergie<\/i><\/h5>\n<p>Dans chacune de ces trois instances, l\u2019ON\u00c9 a entendu de nombreux groupes autochtones, dont certains qui lui ont demand\u00e9 de se pencher sur une question de comp\u00e9tence, \u00e0 savoir si l\u2019obligation de la Couronne de consulter a \u00e9t\u00e9 remplie conform\u00e9ment aux crit\u00e8res \u00e9tablis dans l\u2019arr\u00eat <i>Ha\u00efda<\/i>. L\u2019Office a estim\u00e9, en statuant sur les demandes visant un pipeline dont il \u00e9tait saisi, qu\u2019il n\u2019avait pas l\u2019obligation de d\u00e9terminer si l\u2019honneur de la Couronne a \u00e9t\u00e9 sauvegard\u00e9 au sens de l\u2019arr\u00eat <i>Ha\u00efda<\/i>, mais il a estim\u00e9 que la consultation organis\u00e9e par le promoteur aupr\u00e8s des Premi\u00e8res nations s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e conform\u00e9ment aux directives de d\u00e9p\u00f4t et au processus r\u00e9glementaire. Par exemple, dans la d\u00e9cision relative au projet de Southern Lights, l\u2019Office a d\u00e9clar\u00e9 ce qui suit :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">\u00ab L\u2019Office n\u2019est pas d\u2019accord avec la position de Standing Buffalo selon laquelle, avant que l\u2019Office ne puisse examiner le fond de la demande de certificat, il doit d\u00e9terminer la solidit\u00e9 de la revendication de Standing Buffalo et \u00e9valuer le caract\u00e8re ad\u00e9quat de la consultation de la Couronne. La proc\u00e9dure de l\u2019Office vise \u00e0 ce que l\u2019Office comprenne pleinement les pr\u00e9occupations des peuples autochtones \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019un projet, avant de rendre sa d\u00e9cision. Les Autochtones qui ont des int\u00e9r\u00eats \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019un projet ont la possibilit\u00e9 de participer \u00e0 la proc\u00e9dure r\u00e9glementaire \u00e0 plusieurs niveaux. L\u2019Office p\u00e8se et analyse la nature des pr\u00e9occupations autochtones et les effets qu\u2019un projet pourrait avoir sur ces int\u00e9r\u00eats dans le cadre de son \u00e9valuation globale de l\u2019int\u00e9r\u00eat public du projet. L\u2019Office est d\u2019avis que la proc\u00e9dure qu\u2019il a suivie dans l\u2019\u00e9valuation du Projet de Southern Lights donne l\u2019assurance que ses d\u00e9cisions \u00e0 l\u2019\u00e9gard du Projet seront prises dans le respect de tous les imp\u00e9ratifs l\u00e9gaux.\u00bb<a href=\"#q92\"><sup>92<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>L\u2019ON\u00c9 a rendu une d\u00e9cision favorable concernant les trois pipelines et par la suite le gouverneur en conseil a donn\u00e9 son approbation (sous la forme d\u2019un d\u00e9cret) \u00e0 l\u2019\u00e9gard des trois pipelines.<\/p>\n<h5><i>ii.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Litiges port\u00e9s devant la Cour f\u00e9d\u00e9rale \u2013 contestation de l\u2019approbation du gouverneur en conseil<\/i><\/h5>\n<p>Plusieurs Premi\u00e8res nations<a href=\"#q93\"><sup>93<\/sup><\/a> qui n\u2019ont pas particip\u00e9 aux audiences de l\u2019Office national de l\u2019\u00e9nergie ont pr\u00e9sent\u00e9 des demandes de contr\u00f4le judiciaire<a href=\"#q94\"><sup>94<\/sup><\/a> contestant les trois d\u00e9crets (qui ont permis d\u2019approuver les trois d\u00e9cisions de l\u2019ON\u00c9). La Cour f\u00e9d\u00e9rale a rejet\u00e9 les demandes de contr\u00f4le judiciaire. Dans l\u2019affaire <i>Brokenhead Ojibway<\/i>, la Cour f\u00e9d\u00e9rale a d\u00e9clar\u00e9 ce qui suit :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\"><span style=\"text-decoration: underline;\">La Couronne<\/span>, lorsqu\u2019elle d\u00e9termine si elle a l\u2019obligation de consulter les groupes autochtones et dans quelle mesure elle doit consulter relativement \u00e0 des projets ou \u00e0 des op\u00e9rations qui peuvent avoir des effets sur les int\u00e9r\u00eats de ces groupes, <span style=\"text-decoration: underline;\">peut tenir compte des occasions de consultation offertes dans le cadre des processus d\u2019examen r\u00e9glementaire ou environnemental existants <\/span>: \u2026Ces processus d\u2019examen peuvent se r\u00e9v\u00e9ler suffisants pour r\u00e9pondre aux pr\u00e9occupations des groupes autochtones et la Couronne a toujours l\u2019obligation de d\u00e9terminer s\u2019ils sont ad\u00e9quats dans une situation donn\u00e9e. Il ne s\u2019agit pas d\u2019une d\u00e9l\u00e9gation de l\u2019obligation de la Couronne de consulter, mais uniquement d\u2019une qui permet \u00e0 la Couronne de dire qu\u2019elle est convaincue que les pr\u00e9occupations des groupes autochtones ont \u00e9t\u00e9 prises en consid\u00e9ration et, s\u2019il y a lieu, ont fait l\u2019objet d\u2019accommodements : voir <i>Ha\u00efda<\/i>, ci-dessus, au paragraphe 53 et <i>Taku<\/i>, ci-dessus, au paragraphe 40<a href=\"#q95\"><sup>95<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>M\u00eame lorsque la d\u00e9cision finale appartient au gouvernement, le processus de l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie peut jouer un r\u00f4le de soutien si ce n\u2019est pas un r\u00f4le central. De nombreux groupes autochtones n\u2019ont pas tenu compte du r\u00f4le des organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie (et d\u2019autres processus et tribunaux administratifs) sous pr\u00e9texte qu\u2019ils avaient droit \u00e0 un processus distinct qui se concentrait exclusivement sur leurs int\u00e9r\u00eats. Ils l\u2019ont fait souvent en se fondant sur un passage de l\u2019arr\u00eat <i>Premi\u00e8re nation crie Mikisew,<\/i> indiquant que, dans les circonstances de l\u2019esp\u00e8ce, la Couronne \u00ab devait aviser les Mikisew et amorcer un dialogue directement avec eux et non\u2026 apr\u00e8s coup lorsqu\u2019une consultation publique g\u00e9n\u00e9rale a \u00e9t\u00e9 tenue aupr\u00e8s des utilisateurs du parc \u00bb<a href=\"#q96\"><sup>96<\/sup><\/a>. Dans l\u2019affaire <i>Brokenhead<\/i>, la Cour a indiqu\u00e9 clairement que le processus de l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie (dans ce cas l\u2019ON\u00c9) a un r\u00f4le important \u00e0 jour et qu\u2019il ne faut pas laisser \u00e9chapper cette occasion.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">\u00ab Le fait que les Premi\u00e8res nations du Trait\u00e9 1 ne se soient pas pr\u00e9values enti\u00e8rement de l\u2019occasion qui leur \u00e9tait offerte de se faire entendre devant l\u2019ON\u00c9 ne justifie pas leur demande pour une consultation distincte par la Couronne, ou \u00e0 sa discr\u00e9tion. Dans la mesure o\u00f9 les collectivit\u00e9s autochtones ont facilement acc\u00e8s aux instances r\u00e9glementaires pour soumettre leurs pr\u00e9occupations au sujet de projets comme celui-ci, elles ont la responsabilit\u00e9 d\u2019y participer. Les Premi\u00e8res nations ne peuvent pas se plaindre de l\u2019absence de consultations par la Couronne lorsqu\u2019elles n\u00e9gligent d\u2019utiliser les options offertes pour obtenir r\u00e9paration. \u2026 Ceci pr\u00e9suppose bien entendu que les processus r\u00e9glementaires existants sont accessibles et ad\u00e9quats et qu\u2019ils offrent aux Premi\u00e8res nations une v\u00e9ritable possibilit\u00e9 de participation \u00bb<a href=\"#q97\"><sup>97<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Cela ne veut pas dire que le processus de l\u2019ON\u00c9 (ou d\u2019un autre organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie) permettra toujours de s\u2019acquitter \u00e0 lui seul de l\u2019obligation de consulter qui d\u00e9coule de la d\u00e9cision du gouverneur en conseil. Il s\u2019agissait d\u2019un cas o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 constat\u00e9 que les projets de pipeline avaient une incidence assez mineure \u2014 \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019ils \u00e9taient localis\u00e9s sur des terres qui, dans la majeure partie, sont priv\u00e9es et ont \u00e9t\u00e9 perturb\u00e9es dans le pass\u00e9 \u2014 et o\u00f9 la Cour a jug\u00e9 que la preuve \u00e9tait insuffisante pour indiquer des effets nocifs importants. De plus, les terres en question \u00e9taient vis\u00e9es par un trait\u00e9 historique (le Trait\u00e9 n 1). Dans ces circonstances, le processus de l\u2019ON\u00c9 \u00e0 lui seul \u00e9tait suffisant pour s\u2019acquitter de cette obligation, m\u00eame en l\u2019absence de toute nouvelle consultation pour appuyer la d\u00e9cision du gouverneur en conseil. Toutefois, La Cour a reconnu qu\u2019il peut y avoir des circonstances o\u00f9 le processus de l\u2019Office peut \u00eatre, \u00e0 lui seul, insuffisant.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">\u00ab Toutefois, je n\u2019ai aucun doute que si l\u2019un des projets de pipeline avait travers\u00e9 ou avait eu des effets consid\u00e9rables sur des terres publiques non allou\u00e9es vis\u00e9es par une revendication territoriale non r\u00e9gl\u00e9e, une obligation de consulter beaucoup plus grande aurait \u00e9t\u00e9 d\u00e9clench\u00e9e. Puisqu\u2019il s\u2019agit l\u00e0 du type de questions que le processus de l\u2019ONE n\u2019est pas con\u00e7u pour traiter, la Couronne aurait sans doute eu une obligation ind\u00e9pendante de consulter dans un tel contexte \u00bb<a href=\"#q98\"><sup>98<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>La d\u00e9cision de la Cour f\u00e9d\u00e9rale n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 port\u00e9e en appel.<\/p>\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, ce que la Cour semble dire c\u2019est que la Couronne peut s\u2019appuyer sur des processus d\u2019examen r\u00e9glementaire ou environnemental existants (comme ceux de nombreux organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie) dans sa prise de d\u00e9cisions. Il est important de noter que la d\u00e9cision de la Couronne en cause ici \u00e9tait le d\u00e9cret, <i>non<\/i> la d\u00e9cision de l\u2019Office. Dans certaines circonstances, ces processus existants peuvent s\u2019av\u00e9rer suffisants pour respecter les exigences de consultation, sans qu\u2019il soit n\u00e9cessaire pour la Couronne de mener une consultation additionnelle ind\u00e9pendante. Toutefois, dans d\u2019autres circonstances (particuli\u00e8rement lorsque les effets pr\u00e9judiciables potentiels du projet sont plus importants), la Couronne peut \u00eatre tenue de mener une consultation suppl\u00e9mentaire des groupes autochtones pour \u00e9clairer son propre processus d\u00e9cisionnel.<\/p>\n<h5><i>iii.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Litiges port\u00e9s devant la Cour f\u00e9d\u00e9rale d\u2019appel \u2013 contestation de d\u00e9cisions de l\u2019Office national de l\u2019\u00e9nergie<\/i><\/h5>\n<p>Parall\u00e8lement, un certain nombre de groupes autochtones qui avaient particip\u00e9 au processus de l\u2019ONE pour ces trois m\u00eames pipelines ont interjet\u00e9 quatre appels distincts<a href=\"#q99\"><sup>99<\/sup><\/a> qui contestaient trois d\u00e9cisions de l\u2019Office national de l\u2019\u00e9nergie de d\u00e9livrer des certificats d\u2019utilit\u00e9 publique. Ces quatre appels ont \u00e9t\u00e9 entendus en m\u00eame temps par la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale.<\/p>\n<p>La d\u00e9cision de la Cour dans l\u2019affaire <i>Premi\u00e8re nation dakota de Standing Buffalo c. Enbridge Pipelines Inc. (\u00ab Standing Buffalo \u00bb)<\/i><a href=\"#q100\"><sup>100<\/sup><\/a>, a soulev\u00e9 la \u00ab nouvelle question \u00bb \u00e0 savoir :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">s\u2019il fallait qu\u2019avant de statuer sur les demandes, l\u2019ON\u00c9 d\u00e9termine si la Couronne, qui n\u2019\u00e9tait pas partie aux demandes et n\u2019a pas pris part aux audiences, avait l\u2019obligation, en vertu de l\u2019arr\u00eat <i>Nation ha\u00efda<\/i>, de consulter les Premi\u00e8res nations au sujet des effets pr\u00e9judiciables que les projets pourraient avoir sur elles et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, si elle s\u2019\u00e9tait bien acquitt\u00e9e de cette obligation<a href=\"#q101\"><sup>101<\/sup><\/a> ?<\/p>\n<p>La Cour a conclu que l\u2019ON\u00c9 lui-m\u00eame n\u2019avait pas \u00e0 mener une consultation :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">\u00ab \u2026que l\u2019ON\u00c9 lui-m\u00eame n\u2019assume pas d\u2019obligation de type de l\u2019arr\u00eat <i>Nation ha\u00efda<\/i> et que m\u00eame les appelants n\u2019ont pas pr\u00e9tendu qu\u2019il \u00e9tait assujetti \u00e0 une telle obligation. L\u2019ON\u00c9 est un organisme quasi judiciaire (voir <i>Qu\u00e9bec (Procureur g\u00e9n\u00e9ral) c. Canada (Office national de l\u2019\u00e9nergie)<\/i>, [1994] 1 R.C.S. 159, page 184), et, selon moi, il n\u2019agit pas comme entit\u00e9 ou mandataire de la Couronne lorsqu\u2019il exerce ses fonctions quasi judiciaires.\u00bb<a href=\"#q102\"><sup>102<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>La Cour a fait observer (citant la d\u00e9cision rendue dans l\u2019affaire <i>Qu\u00e9bec (Procureur g\u00e9n\u00e9ral) c. Canada (Office national de l\u2019\u00e9nergie)<\/i> que, dans l\u2019exercice de sa fonction d\u00e9cisionnelle, l\u2019ON\u00c9 doit se conformer aux r\u00e8gles constitutionnelles et, notamment, \u00e0 l\u2019article 35. La Cour n\u2019a gu\u00e8re eu de mal \u00e0 conclure qu\u2019elle l\u2019avait fait :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">\u00ab \u2026l\u2019ON\u00c9 devait statuer sur trois demandes de certificat d\u2019utilit\u00e9 publique. Chaque demande constitue un processus distinct, dans lequel un demandeur donn\u00e9 cherche \u00e0 obtenir une approbation visant un projet d\u00e9termin\u00e9. Le processus met l\u2019accent sur le demandeur, auquel l\u2019ON\u00c9 impose d\u2019importantes obligations de consultation. Chaque demandeur doit consulter les groupes autochtones, d\u00e9finir leurs pr\u00e9occupations et tenter d\u2019y r\u00e9pondre, \u00e0 d\u00e9faut de quoi l\u2019ON\u00c9 peut imposer des mesures d\u2019accommodement. Ce processus fait, \u00e0 mon avis, en sorte que le demandeur prenne d\u00fbment compte des droits ancestraux existants qui sont reconnus et confirm\u00e9s au paragraphe 35(1) de la Constitution. En veillant \u00e0 ce que le demandeur respecte ces droits ancestraux, l\u2019ON\u00c9 d\u00e9montre, \u00e0 mon avis, qu\u2019il exerce sa fonction d\u00e9cisionnelle conform\u00e9ment aux r\u00e8gles de cette disposition constitutionnelle.\u00bb<a href=\"#q103\"><sup>103<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, la Cour a conclu que l\u2019exigence d\u2019exercer sa fonction d\u00e9cisionnelle conform\u00e9ment aux r\u00e8gles constitutionnelles ne faisait <i>pas<\/i> en sorte que l\u2019ON\u00c9 \u00e9tait tenu de d\u00e9terminer si la Couronne assumait une obligation de type <i>Nation ha\u00efda<\/i> et s\u2019en \u00e9tait acquitt\u00e9e avant de rendre une d\u00e9cision \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la demande dont elle \u00e9tait saisie dans les cas o\u00f9 le demandeur est un acteur priv\u00e9 (et non un repr\u00e9sentant de la Couronne). La Cour a jug\u00e9 que ces questions peuvent \u00eatre tranch\u00e9es par un tribunal judiciaire comp\u00e9tent.<\/p>\n<p>En ce qui a trait \u00e0 l\u2019affaire <i>Standing Buffalo<\/i>, la Cour d\u2019appel a formul\u00e9 des observations sur le r\u00f4le du processus de l\u2019ON\u00c9 (et a insist\u00e9 sur son utilit\u00e9) d\u2019une mani\u00e8re qui rappelle les commentaires de la Cour f\u00e9d\u00e9rale dans l\u2019affaire <i>Brokenhead<\/i> :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">\u00ab \u2026 la capacit\u00e9 d\u2019un groupe autochtone de saisir le tribunal judiciaire comp\u00e9tent de questions relatives \u00e0 l\u2019existence d\u2019une obligation de type de l\u2019arr\u00eat <i>Nation ha\u00efda<\/i> \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019objet d\u2019une demande de certificat d\u2019utilit\u00e9 publique et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, sur la port\u00e9e et l\u2019ex\u00e9cution de cette obligation fasse conclure que ce groupe devrait refuser de compara\u00eetre devant l\u2019ON\u00c9 \u00e0 l\u2019\u00e9gard du processus d\u2019examen de cette demande. Nous le r\u00e9p\u00e9tons, ce processus met l\u2019accent sur les obligations du demandeur du certificat d\u2019utilit\u00e9 publique; il \u00e9tablit un cadre pratique et efficace au moyen duquel le groupe autochtone peut demander des assurances \u00e0 l\u2019\u00e9gard des incidences du projet sur des questions qui le touchent. Bien que le groupe autochtone soit libre de d\u00e9cider de ce qu\u2019il fera, il serait malheureux qu\u2019il ne se pr\u00e9vale pas de la possibilit\u00e9 offerte par ce processus de faire examiner les questions qui le pr\u00e9occupent de fa\u00e7on directe et concr\u00e8te.\u00bb<sup><a href=\"#q104\">104<\/a><\/sup>.<\/p>\n<h5><i>iv.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Embouteillage \u00e0 la Cour supr\u00eame du Canada \u2013 Standing Buffalo et Rio Tinto <\/i><\/h5>\n<p>La Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale (par les juges No\u00ebl, Layden-Stevenson et Ryer) a rejet\u00e9 les appels de <i>Standing Buffalo<\/i> le 23 octobre 2009. Moins de deux semaines plus tard, le 5 novembre 2009, la Cour supr\u00eame du Canada a accord\u00e9 la permission d\u2019en appeler de l\u2019arr\u00eat rendu par la Cour d\u2019appel de la C-B. dans l\u2019appel de l\u2019affaire <i>Rio Tinto<\/i><a href=\"#q105\"><sup>105<\/sup><\/a>. Les Premi\u00e8res nations concern\u00e9es par l\u2019affaire <i>Standing Buffalo<\/i> ont demand\u00e9 l\u2019autorisation d\u2019interjeter appel devant la Cour supr\u00eame du Canada et ont \u00e9galement demand\u00e9 que l\u2019appel soit examin\u00e9 selon une proc\u00e9dure acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e et entendu en m\u00eame temps que l\u2019appel de <i>Rio Tinto<\/i>. La Cour supr\u00eame du Canada a plut\u00f4t choisi de laisser les demandes d\u2019autorisation d\u2019appel en suspens jusqu\u2019\u00e0 ce que l\u2019appel de l\u2019affaire <i>Rio Tinto<\/i> soit entendu et jug\u00e9. Certaines des Premi\u00e8res nations requ\u00e9rantes (la Premi\u00e8re nation dakota de <i>Standing Buffalo <\/i>et la Premi\u00e8re nation de Moosomin) et des compagnies pipelini\u00e8res touch\u00e9es (Enbridge Pipelines Inc. et TransCanada Keystone Pipeline GP Ltd.) ont demand\u00e9 et ont obtenu le droit de se joindre \u00e0 l\u2019appel de <i>Rio Tinto <\/i>\u00e0 titre d\u2019intervenants. Ainsi, la port\u00e9e des questions soulev\u00e9es dans l\u2019appel de <i>Standing Buffalo <\/i>s\u2019est retrouv\u00e9e devant la Cour supr\u00eame du Canada lorsqu\u2019elle a examin\u00e9 et jug\u00e9 l\u2019appel de <i>Rio Tinto<\/i>.<\/p>\n<p>La Cour supr\u00eame du Canada a rendu sa d\u00e9cision dans l\u2019appel Rio Tinto (susmentionn\u00e9) le 28 octobre 2010. Quelques semaines plus tard, le 2 d\u00e9cembre 2010, la Cour a rejet\u00e9 la demande d\u2019autorisation d\u2019aller en appel dans l\u2019affaire <i>Standing Buffalo<\/i><a href=\"#q106\"><sup>106<\/sup><\/a>. (Il est \u00e9galement \u00e0 noter que, dans l\u2019intervalle, le 19 novembre 2010, la Cour a rendu sa d\u00e9cision relativement \u00e0 l\u2019appel de <i>Little Salmon<\/i> [susmentionn\u00e9].)<\/p>\n<p>\u00c0 la suite du rejet par la Cour supr\u00eame de la demande d\u2019interjeter appel dans l\u2019affaire <i>Standing Buffalo<\/i>, on ne peut b\u00e9n\u00e9ficier de l\u2019opinion de la Cour supr\u00eame du Canada sur le r\u00f4le de l\u2019ON\u00c9, comme elle est expos\u00e9e dans la d\u00e9cision rendue par la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale<a href=\"#q107\"><sup>107<\/sup><\/a>. Certains commentateurs ont d\u00e9plor\u00e9 que l\u2019autorisation d\u2019en appeler ait \u00e9t\u00e9 refus\u00e9e et sont d\u2019avis que cela laisse planer de l\u2019incertitude sur le droit<a href=\"#q108\"><sup>108<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Ce qui est clair, c\u2019est que la Cour supr\u00eame du Canada \u2014 ayant r\u00e9cemment donn\u00e9 des indications claires sur le r\u00f4le des tribunaux de r\u00e9glementation dans l\u2019arr\u00eat <i>Rio Tinto<\/i> \u2014 \u00e9tait soulag\u00e9e de ne pas avoir \u00e0 r\u00e9examiner cette question aussi rapidement dans le contexte particulier de l\u2019ON\u00c9.<\/p>\n<p>\u00c9tant donn\u00e9 que la d\u00e9cision de la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale dans l\u2019affaire <i>Standing Buffalo<\/i> a \u00e9t\u00e9 rendue avant la d\u00e9cision de la Cour supr\u00eame du Canada dans l\u2019affaire <i>Rio Tinto<\/i>, il n\u2019est pas surprenant que la terminologie employ\u00e9e et l\u2019analyse faite dans l\u2019arr\u00eat <i>Standing Buffalo<\/i> ne correspondent pas pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 l\u2019analyse faite dans l\u2019arr\u00eat <i>Rio Tinto<\/i>. Cependant, en r\u00e9sum\u00e9, ce que les tribunaux semblent avoir conclu au sujet du processus r\u00e9glementaire de l\u2019ON\u00c9 et du processus d\u2019approbation du gouverneur g\u00e9n\u00e9ral (comme on l\u2019appelait \u00e0 l\u2019\u00e9poque) est que :<\/p>\n<ul>\n<li>L\u2019ON\u00c9 (comme la BCUC) ne remplit pas le r\u00f4le qui consiste \u00e0 mener la consultation par la Couronne;<\/li>\n<li>L\u2019ON\u00c9 remplit le r\u00f4le qui consiste \u00e0 \u00e9valuer le caract\u00e8re ad\u00e9quat de la consultation men\u00e9e par la partie (priv\u00e9e);<\/li>\n<li>L\u2019ON\u00c9 ne remplit pas le r\u00f4le qui consiste \u00e0 \u00e9valuer le caract\u00e8re ad\u00e9quat de la consultation men\u00e9e par la Couronne (lorsque la Couronne n\u2019est pas une partie entendue et lorsque la d\u00e9cision de la Couronne [\u00e0 savoir, le d\u00e9cret] est prise apr\u00e8s le processus r\u00e9glementaire de l\u2019ON\u00c9);<\/li>\n<li>L\u2019approbation du gouverneur en conseil de la d\u00e9cision de l\u2019ON\u00c9 peut s\u2019appuyer sur le processus r\u00e9glementaire existant, comme se lib\u00e9rer (en tout ou en partie) de l\u2019obligation de consulter. Dans certaines circonstances, le processus r\u00e9glementaire peut \u00eatre suffisant en soi, mais dans d\u2019autres circonstances, la Couronne peut devoir mener une autre consultation directe afin d\u2019acquitter l\u2019obligation de consulter.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Certains se demandent comment le processus de l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie qui ne remplit pas le r\u00f4le qui consiste \u00e0 consulter ou \u00e0 \u00e9valuer le caract\u00e8re ad\u00e9quat de la consultation peut ensuite s\u2019appuyer sur la Couronne pour se lib\u00e9rer (en tout ou en partie) de l\u2019obligation de la Couronne de consulter. La r\u00e9ponse est assez simple. Si le tribunal n\u2019est pas charg\u00e9 de consulter et\/ou d\u2019\u00e9valuer le caract\u00e8re ad\u00e9quat de la consultation par la Couronne, le processus suivi devant l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie et sa d\u00e9cision peuvent n\u00e9anmoins aider la Couronne \u00e0 respecter son obligation d\u2019agir honorablement si le mandat statutaire de l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie exige qu\u2019il tienne suffisamment compte des int\u00e9r\u00eats des Premi\u00e8res nations dans ces circonstances. Le processus d\u2019un organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie peut fournir un soutien proc\u00e9dural important en faisant en sorte que les Premi\u00e8res nations obtiennent :<\/p>\n<ol style=\"list-style-type: lower-alpha;\">\n<li style=\"list-style-type: lower-alpha;\">un avis suffisant d\u2019une proposition;<\/li>\n<li style=\"list-style-type: lower-alpha;\">toute l\u2019information n\u00e9cessaire en temps utile;<\/li>\n<li style=\"list-style-type: lower-alpha;\">la possibilit\u00e9 d\u2019entreprendre une consultation directe avec le demandeur ou d\u2019assister aux audiences des instances r\u00e9glementaires et de pr\u00e9senter ou d\u2019obtenir des \u00e9l\u00e9ments de preuve;<\/li>\n<li style=\"list-style-type: lower-alpha;\">la possibilit\u00e9 d\u2019exprimer leurs int\u00e9r\u00eats et leurs pr\u00e9occupations, en soumettant des pr\u00e9sentations \u00e0 l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie;<\/li>\n<li style=\"list-style-type: lower-alpha;\">une prise en consid\u00e9ration compl\u00e8te, \u00e9quitable et s\u00e9rieuse de ces pr\u00e9sentations dans la formulation d\u2019une d\u00e9cision, d\u2019une recommandation ou des conditions \u00e0 imposer \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019un projet.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Ces \u00e9l\u00e9ments contribuent \u00e0 satisfaire aux exigences relatives \u00e0 l\u2019obligation de consulter de la Couronne<a href=\"#q109\"><sup>109<\/sup><\/a>. S\u2019il est bien men\u00e9, le processus d\u2019un organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie peut fournir ces \u00e9l\u00e9ments et contribuer \u00e0 pr\u00e9server l\u2019honneur de la Couronne. Dans certaines circonstances, ce processus peut \u00eatre suffisant en soi pour appuyer une d\u00e9cision de la Couronne; dans certains cas, cependant, il en faudrait peut-\u00eatre plus.<\/p>\n<p>Cela semble coh\u00e9rent avec la fa\u00e7on dont l\u2019ON\u00c9 a compris et d\u00e9crit son r\u00f4le par la suite. Par exemple, dans la d\u00e9cision de mars 2010 de l\u2019ON\u00c9 \u00e0 l\u2019\u00e9gard du projet de pipeline Keystone XL, l\u2019Office a expos\u00e9 plus en d\u00e9tail son opinion sur la fa\u00e7on dont son processus s\u2019inscrit dans le respect de l\u2019obligation qu\u2019a la Couronne de consulter.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">\u00ab L\u2019Office est r\u00e9gi par diverses exigences l\u00e9gislatives et exigences de Common Law, et il constitue un tribunal d\u2019archives autonome et ind\u00e9pendant du gouvernement du Canada. Il n\u2019\u00e9quivaut pas \u00e0 la \u00ab Couronne.\u00bb, car il s\u2019agit d\u2019un tribunal ind\u00e9pendant non assujetti aux directives de la Couronne\u2026 En ce qui touche l\u2019obligation qu\u2019a la Couronne de consulter les Autochtones, cette structure l\u00e9gislative pr\u00e9sente des probl\u00e8mes particuliers auxquels ne sont pas expos\u00e9s les minist\u00e8res f\u00e9d\u00e9raux dirig\u00e9s par des ministres de la Couronne. Compte tenu de la structure l\u00e9gislative particuli\u00e8re que le Parlement a \u00e9tablie en 1959 aux termes de la <i>Loi sur l\u2019Office national de l\u2019\u00e9nergie<\/i>, la Couronne a d\u00e9cid\u00e9 qu\u2019elle comptera sur le processus de l\u2019ON\u00c9 comme moyen de satisfaire \u00e0 certaines de ses obligations de consulter relativement \u00e0 des questions qui rel\u00e8vent du\u00a0 mandat de l\u2019ON\u00c9, ou \u00e0 l\u2019ensemble de celles-ci. Cela ne signifie pas que la Couronne a d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 son devoir de consulter \u00e0 l\u2019Office. L\u2019Office a comp\u00e9tence pour examiner si un projet est conforme \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat public et, dans le cadre de cet examen, il soup\u00e8se les co\u00fbts et les avantages du projet, y compris ses effets \u00e9ventuels sur les int\u00e9r\u00eats des Autochtones.\u00bb<a href=\"#q110\"><sup>110<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Ces observations \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019ON\u00c9 ne constituent pas non plus des conclusions universellement applicables \u00e0 l\u2019ensemble des organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie. Encore une fois, il est essentiel d\u2019examiner le r\u00f4le de l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie tel qu\u2019il est stipul\u00e9 dans la loi. L\u2019obligation d\u2019un organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie de se pencher sur la consultation et sur la port\u00e9e de celle ci d\u00e9pend de la mission que lui confie sa loi constitutive ou habilitante. Ce r\u00f4le peut diff\u00e9rer selon la nature de la structure d\u00e9cisionnelle et de la nature du demandeur (repr\u00e9sentant de la Couronne ou partie priv\u00e9e) qui compara\u00eet devant lui.<\/p>\n<h5><i><\/i><i>v.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Office national de l\u2019\u00e9nergie \u2013 l\u00e9gislation actuelle<\/i><\/h5>\n<p>Depuis que les d\u00e9cisions examin\u00e9es ci-dessus ont \u00e9t\u00e9 rendues par les tribunaux, des articles pertinents de la <i>Loi sur l\u2019Office national de l\u2019\u00e9nergie <\/i>ont \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9s. Ces modifications r\u00e9centes changent l\u00e9g\u00e8rement les r\u00f4les respectifs de l\u2019ON\u00c9 et du gouverneur en conseil, bien que la port\u00e9e des facteurs dont tient compte l\u2019Office reste inchang\u00e9e. Le tableau ci-dessous pr\u00e9sente un comparatif de l\u2019ancienne version de l\u2019article 52 (prise en compte par la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale dans l\u2019affaire<i> Standing Buffalo<\/i>) et de la version r\u00e9vis\u00e9e (que l\u2019on retrouve actuellement dans la <i>Loi sur l\u2019Office national de l\u2019\u00e9nergie<\/i>) avec les modifications mises en \u00e9vidence.<\/p>\n<p>Alors que l\u2019Office national de l\u2019\u00e9nergie anciennement \u00ab d\u00e9livrait \u00bb un CUP \u00ab sous r\u00e9serve de l\u2019agr\u00e9ment \u00bb du gouverneur en conseil, l\u2019Office formule maintenant une \u00ab recommandation \u00bb motiv\u00e9e \u00e0 savoir si le certificat devrait \u00eatre d\u00e9livr\u00e9. L\u2019article 54 de la <i>Loi sur l\u2019Office national de l\u2019\u00e9nergie<\/i> actuelle stipule que, une fois que l\u2019Office a pr\u00e9sent\u00e9 son rapport en application des articles 52 ou 53, le gouverneur en conseil peut, par d\u00e9cret (a) donner \u00e0 l\u2019Office instruction de d\u00e9livrer un certificat ou (b) donner \u00e0 l\u2019Office instruction de rejeter la demande de certificat. Ensemble, les articles 52 et 54 de la loi actuelle clarifient les r\u00f4les respectifs de l\u2019Office et du gouverneur en conseil. Manifestement, la d\u00e9cision de donner \u00e0 l\u2019Office \u00ab instruction \u00bb de d\u00e9livrer un certificat ou de rejeter la demande de certificat incombe au gouverneur en conseil en vertu du paragraphe 54(1) de la <i>Loi<\/i>. L\u2019article 55 de la loi pr\u00e9voit que tout d\u00e9cret pris en vertu du paragraphe 54(1) peut \u00eatre contest\u00e9 (avec l\u2019autorisation de la Cour) par voie de contr\u00f4le judiciaire par la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale.<\/p>\n<p>Compte tenu de l\u2019\u00e9tablissement de lignes de responsabilit\u00e9 claires (et de lignes claires pour contester les d\u00e9cisions qui en r\u00e9sultent), il est entendu que tout jugement concernant la l\u00e9gitimit\u00e9 ou la constitutionnalit\u00e9 d\u2019une d\u00e9cision que le gouverneur en conseil peut prendre d\u00e9passe clairement le mandat d\u2019une commission d\u2019examen de l\u2019ON\u00c9. La commission d\u2019examen conjoint qui a examin\u00e9 la demande du projet Enbridge Northern Gateway est demeur\u00e9e fid\u00e8le \u00e0 cette approche dans sa d\u00e9cision rendue le 9 avril 2013 :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">La commission ne peut se prononcer sur la constitutionnalit\u00e9 des d\u00e9cisions qui ne rel\u00e8vent pas de son mandat. Cela englobe la d\u00e9cision finale du GEC de donner ou non \u00e0 l\u2019Office instruction de d\u00e9livrer un certificat et de d\u00e9terminer comment l\u2019Office appliquera la l\u00e9gislation relative \u00e0 la d\u00e9livrance d\u2019un certificat. La d\u00e9cision du GEC et de la d\u00e9livrance \u00e9ventuelle d\u2019un certificat sera prise bien apr\u00e8s la publication du rapport de la commission. Ces d\u00e9cisions et mesures d\u00e9passent le mandat de la commission. Conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 55 de la<i> Loi sur l\u2019Office national de l\u2019\u00e9nergie, <\/i>toute d\u00e9cision du GEC peut \u00eatre contest\u00e9e devant la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale par voie de contr\u00f4le judiciaire<a href=\"#q111\"><sup>111<\/sup><\/a>. [Traduction]<\/p>\n<p>La commission d\u2019examen conjoint a publi\u00e9 son rapport final le 19 d\u00e9cembre 2013 et a d\u00e9crit son r\u00f4le comme suit sous la rubrique \u00ab Participation de groupes autochtones \u00e0 l\u2019audience \u00bb.<\/p>\n<p>Notre processus d\u2019audience a offert une occasion \u00e0 la population autochtone de se renseigner davantage sur le projet et de faire en sorte que soient consign\u00e9s au dossier :<\/p>\n<ul>\n<li>leurs connaissances traditionnelles rela-tivement aux effets environ-nementaux;<\/li>\n<li>les r\u00e9percussions que tout changement au milieu d\u00e9coulant du projet pourrait avoir sur leur utilisation actuelle des terres et des ressources \u00e0 des fins traditionnelles;<\/li>\n<li>la nature et la port\u00e9e de leurs droits ancestraux et issus de trait\u00e9s, potentiels ou \u00e9tablis, les effets du projet sur ces droits et les mesures appropri\u00e9es pour \u00e9viter ou att\u00e9nuer ces effets.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les peuples autochtones ont particip\u00e9 au processus d\u2019audience final \u00e0 titre d\u2019intervenants et par l\u2019entremise de la preuve orale, des expos\u00e9s oraux et des lettres de commentaires. Ils ont \u00e9t\u00e9 nombreux \u00e0 assister aux s\u00e9ances d\u2019information et d\u2019audience.<\/p>\n<p>Selon l\u2019entente concernant l\u2019examen conjoint du projet, le processus a permis de recueillir des renseignements sur la nature et la port\u00e9e des droits ancestraux et issus de trait\u00e9s, potentiels ou \u00e9tablis, susceptibles d\u2019\u00eatre touch\u00e9s par le projet, ainsi que sur les r\u00e9percussions que le projet pourrait entra\u00eener sur ces droits. Les groupes autochtones et d\u2019autres parties nous ont transmis un nombre consid\u00e9rable d\u2019\u00e9l\u00e9ments de preuve \u00e0 ce sujet \u00bb<sup><a href=\"#q112\">112<\/a>,<a href=\"#q113\">113<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p>En vertu des versions ancienne et nouvelle de son mandat l\u00e9gislatif, le processus de l\u2019Office est bien con\u00e7u pour obtenir et entendre les \u00e9l\u00e9ments de preuve relatifs aux int\u00e9r\u00eats des Autochtones et aux r\u00e9percussions \u00e9ventuelles d\u2019un projet propos\u00e9 et en tenir compte. L\u2019Office examinera \u00e9galement le processus de consultation men\u00e9 par les demandeurs (priv\u00e9s) qui comparaissent devant lui. Ce processus peut \u00eatre suivi par la Couronne lorsqu\u2019elle prend sa propre d\u00e9cision, p. ex., pour d\u00e9terminer si l\u2019on donne \u00e0 l\u2019Office instruction de d\u00e9livrer un certificat. Dans certaines circonstances, la Couronne peut avoir acquis la conviction que la consultation directe entre le promoteur et les groupes autochtones, associ\u00e9 \u00e0 l\u2019acc\u00e8s des groupes autochtones au processus de l\u2019organisme de r\u00e9glementation, a pr\u00e9serv\u00e9 l\u2019honneur de la Couronne. Dans d\u2019autres circonstances (notamment lorsque les r\u00e9percussions \u00e9ventuelles d\u2019un projet ont un plus grand potentiel d\u2019effets pr\u00e9judiciables), la Couronne peut choisir d\u2019entreprendre d\u2019autres consultations afin de s\u2019assurer que l\u2019honneur de la Couronne est pr\u00e9serv\u00e9<a href=\"#q114\"><sup>114<\/sup><\/a>. Le caract\u00e8re ad\u00e9quat de la d\u00e9cision finale de la Couronne peut \u00eatre contest\u00e9, avec l\u2019autorisation de la Cour, par voie de contr\u00f4le judiciaire par la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale. Cela est tout \u00e0 fait conforme aux principes \u00e9tablis par la d\u00e9cision de la Cour dans l\u2019affaire <i>Carrier Sekani<\/i>.<\/p>\n<h5><i>Organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie de l\u2019Alberta<\/i><\/h5>\n<p>M\u00eame si l\u2019espace et le temps qui restent ne permettent pas une analyse approfondie, un bref commentaire s\u2019impose sur les d\u00e9veloppements r\u00e9cents (et continus) concernant la pratique r\u00e9glementaire et en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie en Alberta.<\/p>\n<p>Les questions au sujet du r\u00f4le des organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie par rapport \u00e0 l\u2019obligation de consulter ont \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9es un certain nombre de fois en lien avec l\u2019Energy Resources Conservation Board (ERCB) (ancien organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie ) de l\u2019Alberta.<\/p>\n<p>Dans la d\u00e9cision Osum<a href=\"#q115\"><sup>115<\/sup><\/a>, l\u2019ERCB a estim\u00e9 ne pas avoir la comp\u00e9tence pour d\u00e9terminer si la Couronne s\u2019est acquitt\u00e9e de son obligation de consulter la Premi\u00e8re Nation de Cold Lake et de trouver des accommodements \u00e0 ses pr\u00e9occupations concernant les effets pr\u00e9judiciables d\u00e9coulant d\u2019un projet de sables bitumineux. L\u2019ERCB a \u00e9tabli une distinction fond\u00e9e sur le fait que le demandeur qui compara\u00eet devant lui n\u2019est pas un repr\u00e9sentant de la Couronne:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">L\u2019ERCB n\u2019est pas convaincu que dans cette affaire, pour laquelle le promoteur n\u2019est ni la Couronne ni un repr\u00e9sentant de la Couronne et n\u2019a donc pas \u00e0 s\u2019acquitter d\u2019une obligation constitutionnelle, son mandat de veiller \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat public s\u2019\u00e9tend \u00e0 l\u2019\u00e9valuation du caract\u00e8re ad\u00e9quat de la conduite de la Couronne (consultation) qui n\u2019est pas encore effectu\u00e9e<a href=\"#q116\"><sup>116<\/sup><\/a>. [Traduction]<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la d\u00e9cision de l\u2019ERCB, la Premi\u00e8re nation a conclu une entente avec le promoteur et a retir\u00e9 son objection au projet. N\u00e9anmoins, la Premi\u00e8re nation a demand\u00e9 l\u2019autorisation d\u2019en appeler de la d\u00e9cision de l\u2019ERCB au motif que la question \u00e9tait de port\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale. La Cour d\u2019appel de l\u2019Alberta a rejet\u00e9 la demande d\u2019appel, au motif que la question \u00e9tait th\u00e9orique. La Cour a \u00e9galement soulign\u00e9 que cette question allait bient\u00f4t \u00eatre soumise \u00e0 l\u2019ERCB dans le contexte d\u2019un litige concret qui, \u00e0 premi\u00e8re vue, concerne la m\u00eame question que celle que le demandeur cherche \u00e0 faire valoir devant cette Cour<a href=\"#q117\"><sup>117<\/sup><\/a>. [Traduction]<\/p>\n<p>Le litige pendant auquel la Cour d\u2019appel faisait r\u00e9f\u00e9rence \u00e9tait l\u2019avis de question constitutionnelle d\u00e9pos\u00e9e par la Premi\u00e8re Nation Chippewan d\u2019Athabasca dans le cadre du projet de la mine Jackpine de Shell. L\u2019entente concernant l\u2019\u00e9tablissement d\u2019une commission d\u2019examen conjoint pour ce projet stipulait clairement que la commission d\u2019examen conjoint peut recevoir de l\u2019information des groupes autochtones sur la nature et la port\u00e9e des droits ancestraux ou issus de trait\u00e9s, potentiels ou \u00e9tablis, dans la r\u00e9gion du projet, ainsi que de l\u2019information sur les effets environnementaux n\u00e9gatifs \u00e9ventuels que le projet est susceptible d\u2019avoir sur les droits ancestraux ou issus de trait\u00e9s, potentiels ou \u00e9tablis<a href=\"#q118\"><sup>118<\/sup><\/a> et qu\u2019elle peut utiliser cette information pour formuler des recommandations qui ont trait \u00e0 la mani\u00e8re dont le projet pourrait avoir des effets pr\u00e9judiciables sur les droits ancestraux ou issus de trait\u00e9s revendiqu\u00e9s par les participants (section 6.2) [Traduction]<a href=\"#q119\"><sup>119<\/sup><\/a>. Il est toutefois ressorti clairement de l\u2019entente ce qui suit :<\/p>\n<p>Nonobstant les articles 6.1 et 6.2, la commission d\u2019examen conjoint n\u2019est pas tenue en vertu de cette entente de trancher en ce qui a trait \u00e0 :<\/p>\n<ol style=\"list-style-type: lower-alpha;\">\n<li style=\"list-style-type: lower-alpha;\">la validit\u00e9 des droits ancestraux ou issus de trait\u00e9s revendiqu\u00e9s par un participant ou la l\u00e9gitimit\u00e9 de telles revendications;<\/li>\n<li style=\"list-style-type: lower-alpha;\">la port\u00e9e de l\u2019obligation de la Couronne de consulter un groupe autochtone;<\/li>\n<li style=\"list-style-type: lower-alpha;\">savoir si la Couronne s\u2019est acquitt\u00e9e de ses obligations de consulter ou d\u2019accommoder en ce qui concerne les droits reconnus et confirm\u00e9s \u00e0 l\u2019article 35 de la <i>Loi constitutionnelle de 1982<\/i>.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Dans la d\u00e9cision Jackpine<a href=\"#q120\"><sup>120<\/sup><\/a>, la commission d\u2019examen conjoint constitu\u00e9e en vue d\u2019examiner la demande du projet d\u2019expansion de la mine Jackpine a rendu une d\u00e9cision interlocutoire dans laquelle elle conclut qu\u2019elle n\u2019avait pas comp\u00e9tence pour d\u00e9cider si la Couronne a respect\u00e9 son obligation de consulter les peuples autochtones.<\/p>\n<p>Certains commentateurs ont laiss\u00e9 entendre que les d\u00e9cisions de l\u2019ERCB dans les affaires Osum et Jackpine t\u00e9moignent d\u2019une certaine r\u00e9ticence \u00e0 traiter de l\u2019obligation de consulter comme des autres questions de droit constitutionnel<a href=\"#q121\"><sup>121<\/sup><\/a>. Je suis plut\u00f4t d\u2019avis que l\u2019ERCB a bien cern\u00e9 la diff\u00e9rence d\u00e9coulant de la pr\u00e9sence d\u2019un demandeur priv\u00e9 (non un repr\u00e9sentant de la Couronne) et bien compris les limites expresses impos\u00e9es \u00e0 la commission d\u2019examen conjoint. Jusqu\u2019\u00e0 maintenant, les tribunaux semblent d\u2019accord.<\/p>\n<p>La Premi\u00e8re Nation Chippewan d\u2019Athabasca et la Nation m\u00e9tisse de la r\u00e9gion 1 de l\u2019Alberta ont demand\u00e9 l\u2019autorisation d\u2019en appeler de la d\u00e9cision Jackpine. La Cour d\u2019appel de l\u2019Alberta a encore une fois rejet\u00e9 la demande d\u2019appel.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">M\u00eame si les questions de comp\u00e9tence soulev\u00e9es par les demandeurs sont int\u00e9ressantes dans l\u2019abstrait, il n\u2019est pas justifi\u00e9 d\u2019accorder l\u2019autorisation d\u2019en appeler, car les r\u00e9ponses \u00e0 ces questions n\u2019auront pas d\u2019incidence sur le r\u00e9sultat de cette audience. La commission d\u2019examen conjoint n\u2019est pas tenue de se prononcer sur la question de savoir si la Couronne s\u2019est acquitt\u00e9e de ses obligations de consulter. La commission d\u2019examen conjoint a manifestement d\u00e9cid\u00e9 de ne pas traiter de cette question, du moins \u00e0 cette \u00e9tape des d\u00e9lib\u00e9rations. Elle a le droit de le faire<a href=\"#q122\"><sup>122<\/sup><\/a>. [Traduction]<\/p>\n<p>Une demande d\u2019autorisation d\u2019interjeter appel devant la Cour supr\u00eame du Canada a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e<a href=\"#q123\"><sup>123<\/sup><\/a>.<\/p>\n<h5><i>i.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Nouvelle loi albertaine<\/i><\/h5>\n<p>Depuis le 17 juin 2013, un nouvel organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie de l\u2019Alberta, l\u2019Alberta Energy Regulator, remplace l\u2019ERCB. L\u2019article 21 de la <i>Responsible Energy Development Act<\/i>, SA 2012, c R-17.3 pr\u00e9cise que le nouvel organisme de r\u00e9glementation n\u2019aura ni l\u2019obligation de consulter ni l\u2019obligation d\u2019avoir acc\u00e8s aux consultations de la Couronne en ce qui concerne :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">\u00ab Les consultations de la Couronne avec les peuples autochtones.\u00a0L\u2019organisme de r\u00e9glementation n\u2019a pas comp\u00e9tence en mati\u00e8re d\u2019\u00e9valuation du caract\u00e8re ad\u00e9quat de la consultation par la Couronne li\u00e9e aux droits autochtones tels qu\u2019ils sont reconnus et affirm\u00e9s au titre de la partie II de la <i>Loi constitutionnelle de 1982<\/i> \u00bb.<\/p>\n<p>Certains commentateurs ont d\u00e9cri\u00e9 le retrait des questions li\u00e9es \u00e0 l\u2019obligation de consulter du forum de r\u00e9glementation. Par exemple, selon Nigel Bankes :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Cela m\u00e8nera-t-il \u00e0 la certitude et \u00e0 une approbation acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e ou \u00e0 plus de d\u00e9lais et d\u2019incertitude? Je soup\u00e7onne que les r\u00e9ponses seront diff\u00e9rentes selon les lecteurs, mais j\u2019ai de la difficult\u00e9 \u00e0 voir comment cela pourrait nous mener \u00e0 une prise de d\u00e9cisions \u00e9clair\u00e9e et int\u00e9gr\u00e9e. En fait, cela ressemble \u00e0 un guichet unique pour tout, sauf les d\u00e9cisions qui mettent en jeu l\u2019obligation de consulter<a href=\"#q124\"><sup>124<\/sup><\/a>. [Traduction]<\/p>\n<p>Bien qu\u2019il y ait certainement un d\u00e9bat d\u2019<i>orientation<\/i> l\u00e9gitime \u00e0 tenir autour de la question \u00e0 savoir si un organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie devrait jouer un r\u00f4le dans l\u2019exercice de l\u2019obligation de consulter ou dans l\u2019\u00e9valuation du caract\u00e8re ad\u00e9quat de cette consultation, le d\u00e9bat juridique a \u00e9t\u00e9 r\u00e9gl\u00e9. La Cour supr\u00eame du Canada a indiqu\u00e9 clairement que \u00ab l\u2019obligation du tribunal administratif de se pencher sur la consultation et sur la port\u00e9e de celle-ci d\u00e9pend de la mission que lui confie sa loi constitutive.\u00bb<a href=\"#q125\"><sup>125<\/sup><\/a>. Le l\u00e9gislateur albertain r\u00e9pond clairement \u00e0 cette invitation et \u00e9nonce clairement le mandat que la loi conf\u00e8re (et ne conf\u00e8re pas) \u00e0 l\u2019Alberta Energy Regulator. \u00c9tant donn\u00e9 l\u2019absence de contestation de la loi, la r\u00e9ponse du l\u00e9gislateur est d\u00e9terminante<a href=\"#q126\"><sup>126<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 la clart\u00e9 de l\u2019\u00e9nonc\u00e9 concernant l\u2019intention du l\u00e9gislateur, il semble encore y avoir des probl\u00e8mes de transition et de d\u00e9finition \u00e0 r\u00e9gler concernant la port\u00e9e ad\u00e9quate des questions constitutionnelles \u00e0 prendre en compte. Le 18 octobre 2013, la Premi\u00e8re Nation de Fort McKay a obtenu l\u2019autorisation d\u2019en appeler de la d\u00e9cision de l\u2019Alberta Energy Regulator relativement au projet de Dover Operating Corp. (aujourd\u2019hui Brion Energy)<a href=\"#q127\"><sup>127<\/sup><\/a>. La Cour d\u2019appel (par le juge Frans Slatter) a accord\u00e9 l\u2019autorisation d\u2019en appeler relativement \u00e0 deux questions:<\/p>\n<ol style=\"list-style-type: lower-alpha;\">\n<li style=\"list-style-type: lower-alpha;\">L\u2019Energy Resources Conservation Board ou l\u2019Alberta Energy Regulator a-t-il commis une erreur de droit ou de comp\u00e9tence justifiant l\u2019annulation dans l\u2019\u00e9valuation du type de questions constitutionnelles qu\u2019il pouvait ou devait examiner en vertu de sa comp\u00e9tence g\u00e9n\u00e9rale sur les questions de droit, ou en vertu de l\u2019<i>Administrative Procedures and Jurisdiction Act<\/i>?<\/li>\n<li style=\"list-style-type: lower-alpha;\">Et dans l\u2019affirmative, une telle erreur justifiant l\u2019annulation dans la d\u00e9finition de la port\u00e9e des questions constitutionnelles a-t-elle un effet, justifiant l\u2019annulation, sur l\u2019approbation d\u00e9finitive du projet par l\u2019Alberta Energy Regulator<a href=\"#q128\"><sup>128<\/sup><\/a>?<\/li>\n<\/ol>\n<p>Cette d\u00e9cision aurait clairement \u00e9t\u00e9 une \u00e0 surveiller de pr\u00e8s, puisqu\u2019elle aurait pu fournir plus de pr\u00e9cision sur le r\u00f4le de l\u2019EAR dans l\u2019examen des droits ancestraux et issus de trait\u00e9s au sens de l\u2019<i>Administrative Procedures and Jurisdiction Act<\/i><a href=\"#q129\"><sup>129<\/sup><\/a>. Cependant, alors qu\u2019on arrive \u00e0 la conclusion de cet article, la Premi\u00e8re nation et le promoteur de projet ont conclu une entente de r\u00e8glement, et l\u2019appel qui \u00e9tait en attente a \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9. Les questions de d\u00e9finition en vertu de la l\u00e9gislation de l\u2019Alberta demeureront non r\u00e9solues pour le moment.<\/p>\n<p>Comme on l\u2019a vu pr\u00e9c\u00e9demment (dans l\u2019analyse de la l\u00e9gislation de la C.-B. en lien avec l\u2019affaire <i>Rio Tinto<\/i>), le traitement l\u00e9gislatif des \u00ab.questions constitutionnelles \u00bb dans la loi n\u2019est pas toujours r\u00e9dig\u00e9 d\u2019une mani\u00e8re qui consid\u00e8re express\u00e9ment (et clarifie) le r\u00f4le de l\u2019organisme de r\u00e9glementation en ce qui concerne l\u2019obligation de consulter. Toutefois, \u00e9tant donn\u00e9 l\u2019\u00e9nonc\u00e9 tr\u00e8s clair \u00e0 l\u2019article 21 de la <i>Responsible Energy Development Act<\/i>, le r\u00f4le de l\u2019Alberta Energy Regulator par rapport \u00e0 l\u2019obligation de consulter semble \u00eatre \u00e9tabli<a href=\"#q130\"><sup>130<\/sup><\/a>.<\/p>\n<h4><b>Conclusion<\/b><\/h4>\n<p>Dans le d\u00e9bat portant sur l\u2019obligation de consulter et le r\u00f4le de l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie, ce qu\u2019il faut, ce n\u2019est pas une r\u00e9ponse unique et universelle qui convient \u00e0 toutes les situations et qui s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e difficile \u00e0 obtenir dans le contexte du droit des Autochtones et du droit r\u00e9glementaire\/administratif. Il faut plut\u00f4t une plus grande connaissance (i) des diff\u00e9rents contextes juridiques qui s\u2019appliquent aux groupes autochtones (trait\u00e9 historique, trait\u00e9 moderne ou secteur non couvert par trait\u00e9); (ii) des diff\u00e9rences qui en r\u00e9sultent dans l\u2019objet et la port\u00e9e de l\u2019obligation de la Couronne de consulter dans chaque contexte juridique; et (iii) du mandat pr\u00e9cis confi\u00e9 \u00e0 l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie par sa loi constitutive.<\/p>\n<p>Les organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie pourraient \u00eatre tenus de s\u2019acquitter de l\u2019obligation de consulter, de l\u2019obligation d\u2019\u00e9valuer le caract\u00e8re ad\u00e9quat de la consultation men\u00e9e par d\u2019autres, de ces deux obligations ou d\u2019aucune des deux. Deux indices cl\u00e9s sont le pouvoir d\u2019examiner les questions de droit et le pouvoir de r\u00e9paration accord\u00e9 \u00e0 l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie. On peut tirer des indications par un examen de la mani\u00e8re dont le processus de r\u00e9glementation s\u2019inscrit dans tout le processus d\u00e9cisionnel. Par ailleurs, le r\u00f4le de l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie peut varier selon la nature du demandeur qui compara\u00eet devant lui, en particulier si le demandeur est un repr\u00e9sentant de la Couronne ou une partie priv\u00e9e. Les diverses combinaisons et permutations de ces diff\u00e9rents facteurs ne pr\u00eatent pas \u00e0 des solutions universelles qui s\u2019appliquent \u00e0 tous les organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie. Au contraire, le message cl\u00e9 en est un que les praticiens en droit administratif devraient conna\u00eetre : cela d\u00e9pend. En effet, cela d\u00e9pend du statut et de la nature de la demande et m\u00eame de la nature du demandeur. Cette diversit\u00e9 ne doit pas \u00eatre d\u00e9cri\u00e9e, mais pleinement accept\u00e9e, car les organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie trouvent leur juste place dans le processus d\u00e9cisionnel et leur propre r\u00f4le \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019obligation de la Couronne de consulter.<\/p>\n<p><a href=\"#top\">^haut de la page<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p><sup><a name=\"q1\"><\/a>1<\/sup> Keith Bergner, associ\u00e9 au sein du cabinet d\u2019avocats Lawson Lundell, LLP, pratique le droit autochtone, le droit r\u00e9glementaire et le droit de l\u2019\u00e9nergie. http:\/\/www.lawsonlundell.com\/team-Keith-Bergner.html<\/p>\n<p>La publication trimestrielle sur la r\u00e8glementation de l\u2019\u00e9nergie a pour politique de d\u00e9clarer le fait qu\u2019un collaborateur agit \u00e0 titre d\u2019avocat ou d\u2019avocat adjoint dans le cadre d\u2019affaires judiciaires ou d\u2019audiences r\u00e9glementaires \u00e9voqu\u00e9es dans un article ou un commentaire d\u2019arr\u00eat. Dans un esprit de totale transparence, il convient de noter que Lawson Lundell et Keith Bergner agissent \u00e0 titre d\u2019avocats ou, dans la plupart des cas, \u00e0 titre d\u2019avocats adjoints d\u2019une partie ou d\u2019un participant des audiences r\u00e9glementaires et des proc\u00e9dures judiciaires en appel \u00e9num\u00e9r\u00e9es ci dessous et \u00e9voqu\u00e9es dans le pr\u00e9sent article.<\/p>\n<p>D\u00e9cisions judiciaires :<\/p>\n<p><i>Rio Tinto Alcan Inc. c Conseil tribal Carrier Sekani<\/i>, 2010 CSC 43, [2010] 2 RCS 650. (Chris Sanderson, c.r., Keith Bergner et Laura Bevan repr\u00e9sentent l\u2019intim\u00e9 British Columbia Hydro and Power Authority.)<\/p>\n<p><i>Beckman c Premi\u00e8re Nation de Little Salmon\/Carmacks<\/i>, 2010 CSC 53. (Brad Armstrong, c.r., et Keith Bergner de Lawson Lundell et Penelope Gawn et Lesley McCullough du minist\u00e8re de la Justice du Yukon repr\u00e9sentent l\u2019appelant le gouvernement du Yukon.)<\/p>\n<p><i>Premi\u00e8re nation dakota de Standing Buffalo c Enbridge Pipelines Inc.<\/i>, 2009 CAF 308; l\u2019autorisation d\u2019interjeter appel devant la Cour supr\u00eame du Canada a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e en d\u00e9cembre 2010. (Lewis Manning et Keith Bergner repr\u00e9sentent l\u2019intim\u00e9 l\u2019Association canadienne des producteurs p\u00e9troliers.)<\/p>\n<p><i>Conseil tribal Carrier Sekani c British Columbia Utilities Commission<\/i>, 2009 BCCA 67, affaire port\u00e9e en appel devant la Cour supr\u00eame du Canada. (Chris Sanderson, c.r., Keith Bergner repr\u00e9sentent l\u2019intim\u00e9 British Columbia Hydro and Power Authority.)<\/p>\n<p><i>Premi\u00e8re Nation de Kwikwetlem c British Columbia Utilities Commission<\/i>, 2009 BCCA 68. (Keith Bergner et Angela Bespflug repr\u00e9sentent l\u2019intim\u00e9 British Columbia Hydro and Power Authority.)<\/p>\n<p><i>Premi\u00e8re Nation ojibway de Brokenhead c Canada (procureur g\u00e9n\u00e9ral)<\/i>, 2009 FC 484. (Lewis Manning et Keith Bergner repr\u00e9sentent l\u2019intervenant l\u2019Association canadienne des producteurs p\u00e9troliers.)<\/p>\n<p>Instances r\u00e9glementaires :<\/p>\n<p>Rapport de la commission d\u2019examen conjoint du projet pipelinier Northern Gateway, d\u00e9cembre 2013. (Keith Bergner repr\u00e9sente l\u2019intervenant l\u2019Association canadienne des producteurs p\u00e9troliers.)<\/p>\n<p>Projet de transport d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 des terres int\u00e9rieures aux basses-terres continentales, British Columbia Transmission Corporation, British Columbia Utilities Commission, d\u00e9cision rendue apr\u00e8s r\u00e9examen le 3 f\u00e9vrier 2011. (Keith Bergner et Michelle Jones repr\u00e9sentent British Columbia Hydro and Power Authority.)<\/p>\n<p><sup><a name=\"q2\"><\/a>2<\/sup>\u00a0 <i>Rio Tinto Alcan Inc. c Conseil tribal Carrier Sekani<\/i>, 2010 CSC 43 au para 2, [2010] 2 RCS 650 [Rio Tinto].<\/p>\n<p><sup><a name=\"q3\"><\/a>3<\/sup>\u00a0 \u00c9dict\u00e9e comme l\u2019annexe B de la <i>Loi de 1982 sur le Canada<\/i> (R-U), 1982, c 11.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q4\"><\/a>4<\/sup>\u00a0 Pour obtenir de plus amples renseignements sur la conclusion de trait\u00e9s au Canada, y compris sur les textes et les cartes des trait\u00e9s, consultez les documents d\u2019Affaires autochtones et D\u00e9veloppement du Nord Canada, en ligne : &lt;<a href=\"http:\/\/www.aadnc-aandc.gc.ca\/fra\/1100100028574\/1100100028578\">http:\/\/www.aadnc-aandc.gc.ca\/fra\/1100100028574\/1100100028578<\/a>&gt;.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q5\"><\/a>5<\/sup>\u00a0 <i>R c Marshall<\/i>, [1999] 3 RCS 456 [<i>Marshall<\/i>]; la demande d\u2019une nouvelle audience a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e <i>R c Marshall<\/i>, [1999] 3 RCS 533.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q6\"><\/a>6<\/sup>\u00a0 Voir par exemple : <i>R c Badger<\/i>, [1996] 1 RCS 771 aux para 52-58.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q7\"><\/a>7<\/sup>\u00a0 Affaires autochtones et D\u00e9veloppement du Nord Canada, en ligne : &lt;<a href=\"http:\/\/www.aadnc-aandc.gc.ca\/DAM\/DAM-INTER-HQ\/STAGING\/texte-text\/htoc_1100100032308_fra.pdf\">http:\/\/www.aadnc-aandc.gc.ca\/DAM\/DAM-INTER-HQ\/STAGING\/texte-text\/htoc_1100100032308_fra.pdf<\/a>&gt;.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q8\"><\/a>8<\/sup>\u00a0 Il n\u2019est pas rare dans le cas des trait\u00e9s historiques d\u2019entendre le terme \u00ab couvrent \u00bb une partie de la province. Par exemple, on vous dira que le Trait\u00e9 no 8 \u00ab couvre \u00bb des parties du nord-est de la C.-B., le nord de l\u2019Alberta, la Saskatchewan et la partie sud des Territoires du Nord-Ouest. Toutefois, \u00e9tant donn\u00e9 que dans de nombreuses r\u00e9gions, particuli\u00e8rement dans les provinces des Prairies, la conclusion des trait\u00e9s a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 la cr\u00e9ation des provinces des Prairies, il serait plus exact de dire que ces provinces \u00ab couvrent \u00bb le territoire des trait\u00e9s.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q9\"><\/a>9<\/sup>\u00a0 <i>Beckman c Premi\u00e8re Nation de Little Salmon\/Carmacks<\/i>, 2010 CSC 53 au para 12, [2010] 3 RCS 103 [<i>Beckman<\/i>] [<i>Little Salmon<\/i>].<\/p>\n<p><sup><a name=\"q10\"><\/a>10<\/sup> \u00a0Les modalit\u00e9s principales des ententes sur des revendications territoriales avec les Premi\u00e8res nations du Yukon sont \u00e9nonc\u00e9es dans l\u2019<i>Accord-cadre d\u00e9finitif <\/i>(l\u2019\u00ab ACD \u00bb). Entre autres, l\u2019ACD comprend des dispositions relatives \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 des terres par les Premi\u00e8res nations du Yukon (\u00ab terres vis\u00e9es par le r\u00e8glement \u00bb) et \u00e0 la gestion des terres et des ressources au Yukon. Les ententes d\u00e9finitives mises en \u0153uvre jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent englobent les dispositions de l\u2019ACD.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q11\"><\/a>11<\/sup>\u00a0 L\u2019entente d\u2019autonomie gouvernementale de la bande indienne sechelte se distingue quelque peu des nombreuses ententes d\u00e9crites ci-dessus, puisqu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie par une loi. Consultez : <i>Loi sur l\u2019autonomie gouvernementale de la bande indienne sechelte<\/i>, LC 1986, c 27.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q12\"><\/a>12<\/sup>\u00a0 Affaires autochtones et D\u00e9veloppement du Nord Canada, en ligne : &lt;<a href=\"http:\/\/www.aadnc-aandc.gc.ca\/DAM\/DAM-INTER-HQ-AI\/STAGING\/texte-text\/mprm_pdf_modrn-treaty_1383144351646_fra.pdf\">http:\/\/www.aadnc-aandc.gc.ca\/DAM\/DAM-INTER-HQ-AI\/STAGING\/texte-text\/mprm_pdf_modrn-treaty_1383144351646_fra.pdf<\/a>&gt;.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q13\"><\/a>13<\/sup>\u00a0 Commission des trait\u00e9s de la C.-B., en ligne : &lt;<a href=\"http:\/\/www.bctreaty.net\/files\/negotiations.php\">http:\/\/www.bctreaty.net\/files\/negotiations.php<\/a>&gt;.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q14\"><\/a>14<\/sup>\u00a0 L\u2019observateur attentif de la carte constatera, que m\u00eame s\u2019il y a de nombreuses revendications territoriales issues de trait\u00e9s qui se chevauchent, il y a \u00e9galement de vastes \u00e9tendues qui ne sont pas vis\u00e9es par des revendications territoriales issues de trait\u00e9s. Il y a un grand nombre de Premi\u00e8res nations de la C.-B. qui ont choisi de poursuivre le r\u00e8glement de leurs revendications hors du contexte du processus \u00e9tabli par la Commission des trait\u00e9s de la C.-B.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q15\"><\/a>15<\/sup>\u00a0 Comme il a \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, les principales exceptions sont (i) de petites parties de l\u2019\u00eele de Vancouver qui sont vis\u00e9es par les trait\u00e9s Douglas sign\u00e9s avant la Conf\u00e9d\u00e9ration; (ii) la partie nord-est de la province, qui est vis\u00e9e par le Trait\u00e9 no 8 sign\u00e9 apr\u00e8s la Conf\u00e9d\u00e9ration; (iii) le trait\u00e9 moderne des Nisga\u2019a (2000) et le nombre relativement modeste des trait\u00e9s modernes achev\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 ce jour dans le cadre du processus de la Commission des trait\u00e9s de la C.-B., notamment l\u2019Accord d\u00e9finitif de la Premi\u00e8re Nation de Tsawwassen (2009) et l\u2019Accord d\u00e9finitif des Premi\u00e8res nations maa-nulthes (2011).<\/p>\n<p><sup><a name=\"q16\"><\/a>16<\/sup>\u00a0 <i>Calder et a.l c Procureur g\u00e9n\u00e9ral de la Colombie-Britannique<\/i>, [1973] RCS 313 [<i>Calder<\/i>].<\/p>\n<p><sup><a name=\"q17\"><\/a>17<\/sup>\u00a0 Consultez l\u2019affaire <i>Bande indienne des Lax Kw\u2019alaams c Canada (Procureur g\u00e9n\u00e9ral)<\/i>, 2011 CSC 56, [2011] 3 RCS 535. Consultez \u00e9galement l\u2019affaire <i>Bande indienne Ahousaht c Canada (Procureur g\u00e9n\u00e9ral)<\/i>, 2012 BCCA 404, dont la demande d\u2019autorisation d\u2019interjeter appel a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e par la Cour supr\u00eame du Canada le 30 janvier 2014.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q18\"><\/a>18<\/sup>\u00a0 Voir <i>Marshall<\/i>, <i>supra<\/i> note 5; <i>R c Bernard<\/i>, 2005 CSC 43, [2005] 2 RCS 220.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q19\"><\/a>19<\/sup>\u00a0 Consultez la d\u00e9cision de la Cour d\u2019appel de la C.-B. dans l\u2019affaire <i>William c Colombie-Britannique<\/i>, 2012 BCCA 285. La Cour supr\u00eame du Canada a accord\u00e9 l\u2019autorisation d\u2019interjeter appel, et l\u2019appel a \u00e9t\u00e9 entendu en novembre 2013. La d\u00e9cision est en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q20\"><\/a>20<\/sup>\u00a0 <i>R c Powley<\/i>, 2003 CSC 43, [2003] 2 RCS 207; <i>Manitoba Metis Federation Inc. c Canada (Procureur g\u00e9n\u00e9ral)<\/i>, 2013 CSC 14; <i>R c Hirsekorn<\/i>, 2013 ABCA 242, la demande d\u2019autorisation d\u2019interjeter appel a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e dans l\u2019affaire <i>Hirsekorn c Sa Majest\u00e9 la Reine<\/i>, 2014 CanLII 2421.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q21\"><\/a>21<\/sup>\u00a0 Certaines sections de la partie II et de la partie III s\u2019inspirent d\u2019id\u00e9es mises de l\u2019avant au d\u00e9part dans un article de Chris W. Sanderson, c.r., K. Bergner et Michelle S. Jones \u00ab The Crown\u2019s Duty to Consult Aboriginal Peoples: Towards an understanding of the source, purpose and limits of the duty \u00bb (l\u2019obligation de la couronne de consulter les peuples autochtones : vers une compr\u00e9hension de la source, de l\u2019objectif et des limites de cette obligation) (2012) 49:1 Alberta LJ, .<\/p>\n<p><sup><a name=\"q22\"><\/a>22<\/sup>\u00a0 Par exemple, dans la d\u00e9cision de 1990 rendue dans <i>Sparrow<\/i>, l\u2019examen de la Cour de la \u00ab justification \u00bb pour la violation des droits ancestraux a d\u00e9gag\u00e9 certaines des questions \u00e0 prendre en compte, notamment si le groupe autochtone concern\u00e9 a \u00e9t\u00e9 consult\u00e9 au sujet des mesures mises en \u0153uvre.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q23\"><\/a>23<\/sup>\u00a0 Par exemple, dans la d\u00e9cision de 1997 rendue dans\u00a0 <i>Delgamuukw<\/i> au para 168, l\u2019examen de la Cour de la \u00ab justification \u00bb de l\u2019atteinte au titre aborig\u00e8ne comprenait les observations suivantes : \u00ab Il y a toujours obligation de consultation. La question de savoir si un groupe autochtone a \u00e9t\u00e9 consult\u00e9 est pertinente pour d\u00e9cider si l\u2019atteinte au titre aborig\u00e8ne est justifi\u00e9e, au m\u00eame titre que le fait pour la Couronne de ne pas consulter un groupe autochtone au sujet des conditions auxquelles des terres d\u2019une r\u00e9serve sont c\u00e9d\u00e9es \u00e0 bail peut constituer un manquement \u00e0 l\u2019obligation de fiduciaire de celle-ci en Common Law \u00bb.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q24\"><\/a>24<\/sup>\u00a0 <i>Premi\u00e8re nation crie Mikisew c Canada (Ministre du Patrimoine canadien)<\/i>, 2005 CSC 69 (dans le respect du Trait\u00e9 n<sup>o<\/sup> 8 sign\u00e9 en 1899) [<i>Mikisew<\/i>].<\/p>\n<p><sup><a name=\"q25\"><\/a>25<\/sup>\u00a0 <i>Beckman<\/i>, <i>supra<\/i> note 9 (dans le respect d\u2019un trait\u00e9 sign\u00e9 en 1997).<\/p>\n<p><sup><a name=\"q26\"><\/a>26<\/sup>\u00a0 <i>Nation ha\u00efda c Colombie-Britannique (ministre des For\u00eats)<\/i>, 2004 CSC 73 au para 35 [<i>Ha\u00efda<\/i>]. Dans l\u2019arr\u00eat Rio Tinto, supra note 2 au para 31, la Cour a confirm\u00e9 que cette condition lorsque l\u2019obligation de consulter prend naissance (dans les secteurs non couverts par trait\u00e9) comporte trois \u00e9l\u00e9ments : (1) la connaissance par la Couronne, r\u00e9elle ou imput\u00e9e, de l\u2019existence possible d\u2019une revendication autochtone ou d\u2019un droit ancestral; (2) la mesure envisag\u00e9e de la Couronne; et (3) la possibilit\u00e9 que cette mesure ait un effet pr\u00e9judiciable sur une revendication autochtone ou un droit ancestral.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q27\"><\/a>27<\/sup>\u00a0 <i>Ibid<\/i> au para 39.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q28\"><\/a>28<\/sup>\u00a0 <i>Ibid<\/i> au para 43.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q29\"><\/a>29<\/sup>\u00a0 <i>Ibid<\/i> au para 44.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q30\"><\/a>30<\/sup>\u00a0 <i>Ibid<\/i> au para 45.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q31\"><\/a>31<\/sup>\u00a0 <i>Ibid<\/i> au para 47.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q32\"><\/a>32<\/sup>\u00a0 <i>Ibid<\/i> au para 48.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q33\"><\/a>33<\/sup>\u00a0 <i>Ibid<\/i> au para 53.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q34\"><\/a>34<\/sup>\u00a0 <i>Ibid<\/i> au para 44.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q35\"><\/a>35<\/sup>\u00a0 <i>Ibid<\/i> au para 51.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q36\"><\/a>36<\/sup>\u00a0 <i>Ibid<\/i> aux para 60 \u00e0 63.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q37\"><\/a>37<\/sup>\u00a0 <i>Ibid<\/i> au para 63.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q38\"><\/a>38<\/sup>\u00a0 La <i>Environmental Assessment Act<\/i> de la C.-B. de 1996 a ult\u00e9rieurement \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9e en 2002 (SBC 2002, c 43).<\/p>\n<p><sup><a name=\"q39\"><\/a>39<\/sup>\u00a0 <i>Prem\u00e8re nation Tlinglit de Taku River c Colombie-Britannique (Directeur d\u2019\u00e9valuation de projet)<\/i>, 2004 CSC 74 aux para 23-28 [Taku].<\/p>\n<p><sup><a name=\"q40\"><\/a>40<\/sup>\u00a0 <i>Ibid<\/i> au para 30.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q41\"><\/a>41<\/sup>\u00a0 <i>Ibid<\/i> au para 32.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q42\"><\/a>42<\/sup>\u00a0 <i>Ibid<\/i> au para 39.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q43\"><\/a>43<\/sup>\u00a0 <i>Ibid<\/i> au para 40.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q44\"><\/a>44<\/sup>\u00a0 <i>Ibid<\/i> au para 41.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q45\"><\/a>45<\/sup>\u00a0 <i>Ibid<\/i>\u00a0 au para 46.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q46\"><\/a>46<\/sup>\u00a0 Certains des trait\u00e9s num\u00e9rot\u00e9s utilisent des termes l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rents, m\u00eame si l\u2019importance de cette diff\u00e9rence n\u2019est pas une question qui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9solue. La Cour supr\u00eame du Canada a accord\u00e9 une autorisation d\u2019appel relativement au Trait\u00e9 n<sup>o<\/sup> 3. Consultez : <i>Keewatin c Ontario (ministre des Ressources naturelles)<\/i>, 2013 ONCA 158; l\u2019autorisation d\u2019interjeter appel est accord\u00e9e dans l\u2019affaire <i>Keewatin c Ministre des Ressources naturelles<\/i>,\u00a0 2013 CanLII 59883.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q47\"><\/a>47<\/sup>\u00a0 <i>Mikisew, supra<\/i> note 24 au para 33.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q48\"><\/a>48<\/sup>\u00a0 En vertu de cette entente d\u00e9finitive, Little Salmon\/Carmacks a re\u00e7u certains avantages, notamment un titre \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019une superficie de 2 589 kilom\u00e8tres carr\u00e9s de terres, une indemnisation p\u00e9cuniaire exc\u00e9dant 34 millions de dollars, une possibilit\u00e9 de partage des redevances, des mesures de d\u00e9veloppement \u00e9conomique et des droits relatifs \u00e0 la r\u00e9colte des ressources halieutiques, fauniques et foresti\u00e8res. De plus, la Premi\u00e8re Nation de Little Salmon\/Carmacks, avec d\u2019autres Premi\u00e8res nations du Yukon, a obtenu l\u2019autorisation de nommer des membres \u00e0 des conseils de cogestion traitant de la gestion des p\u00eaches et de la faune, de l\u2019\u00e9valuation des activit\u00e9s de d\u00e9veloppement, de l\u2019am\u00e9nagement du territoire et d\u2019autres questions li\u00e9es \u00e0 la gestion des ressources renouvelables dans leurs territoires traditionnels.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q49\"><\/a>49<\/sup>\u00a0 <i>Little Salmon, supra<\/i> note 9 au para 38.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q50\"><\/a>50<\/sup>\u00a0 <i>Ibid<\/i>\u00a0 au para 61.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q51\"><\/a>51<\/sup>\u00a0 <i>Ibid<\/i>\u00a0 au para 71.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q52\"><\/a>52<\/sup>\u00a0 <i>Ibid<\/i>\u00a0 au para 39.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q53\"><\/a>53<\/sup>\u00a0 <i>Ibid<\/i>\u00a0 au para 39.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q54\"><\/a>54<\/sup>\u00a0 Nigel Bankes a critiqu\u00e9 la d\u00e9cision des juges majoritaires, il a indiqu\u00e9 qu\u2019\u00e0 son avis le contenu de l\u2019obligation de consultation \u00e9nonc\u00e9e par la Cour dans cette affaire n\u2019est pas sup\u00e9rieur \u00e0 celui qui serait obtenu par l\u2019application des principes normalis\u00e9s du droit administratif. Cette vue \u00e9triqu\u00e9e de l\u2019obligation de consulter ne contribue gu\u00e8re \u00e0 l\u2019objectif constitutionnel de r\u00e9conciliation intersoci\u00e9tale. Consulter l\u2019article \u00ab Little Salmon and the juridical nature of the duty to consult and accommodate \u00bb (en anglais seulement) affich\u00e9 le 10 d\u00e9cembre 2010 sur le site \u00e0 l\u2019adresse suivante.: &lt;<a href=\"http:\/\/www.bctreaty.net\/files\/negotiations.php\">http:\/\/ablawg.ca\/2010\/12\/10\/little-salmon-and-the-juridical-nature-of-the-duty-to-consult-and-accommodate\/<\/a>&gt;.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q55\"><\/a>55<\/sup>\u00a0 <i>Little Salmon, supra<\/i> note 9 au para 124, juge Deschamps.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q56\"><\/a>56<\/sup>\u00a0 <i>Ibid<\/i> au para 19.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q57\"><\/a>57<\/sup>\u00a0 <i>Qu\u00e9bec (Procureur g\u00e9n\u00e9ral) c Moses<\/i>, 2010 CSC 17.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q58\"><\/a>58<\/sup>\u00a0 Consultez, par exemple, les articles 45 et 46 de l\u2019Accord d\u00e9finitif de la Premi\u00e8re Nation de Tsawwassen, 8 d\u00e9cembre 2006.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q59\"><\/a>59<\/sup>\u00a0 <i>Rio Tinto, supra<\/i> note 2 aux para 45, 48-49.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q60\"><\/a>60<\/sup>\u00a0 <i>British Columbia Transmission Corporation (BCTC), Reconsideration of the Interior to Lower Mainland (ILM) Transmission Project, Decision<\/i>, 3 f\u00e9vrier 2011 (en anglais seulement). Cette proc\u00e9dure \u00e9tait un \u00ab r\u00e9examen \u00bb d\u2019une d\u00e9cision ant\u00e9rieure (5 ao\u00fbt 2008) de la British Columbia Utilities Commission d\u2019accorder un certificat d\u2019utilit\u00e9 publique (CUP) \u00e0 la BCTC pour le projet ILM. Au cours de cette proc\u00e9dure, la Commission a d\u00e9cid\u00e9 qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas n\u00e9cessaire d\u2019examiner le caract\u00e8re ad\u00e9quat des efforts de consultation et d\u2019accommodement des Premi\u00e8res nations relativement au projet ILM. Cette d\u00e9cision a \u00e9t\u00e9 port\u00e9e en appel, et le 18 f\u00e9vrier 2009, la Cour d\u2019appel de la C.-B. a rendu sa d\u00e9cision dans l\u2019affaire <i>Kwikwetlem First Nation v British Columbia (Utilities Commission)<\/i>, 2009 BCCA 68 (d\u00e9cision rendue au m\u00eame moment que la d\u00e9cision de la Cour d\u2019appel de la C.-B. dans l\u2019affaire <i>Carrier Sekani<\/i>, qui a ensuite \u00e9t\u00e9 port\u00e9e en appel devant la Cour supr\u00eame du Canada). Dans l\u2019affaire <i>Kwikwetlem<\/i>, la Cour a suspendu le CUP et a enjoint la Commission de r\u00e9examiner la question de la consultation des Premi\u00e8res nations et de d\u00e9terminer si l\u2019obligation de la Couronne de consulter et d\u2019accommoder les Premi\u00e8res nations a \u00e9t\u00e9 respect\u00e9e le 5 ao\u00fbt 2008, la date \u00e0 laquelle le CUP a \u00e9t\u00e9 accord\u00e9. Consultez \u00e9galement : <i>Upper Nicola Indian Band v British Columbia (Environment)<\/i>, 2011 BCSC 388 (en anglais seulement), qui traite d\u2019une contestation du certificat d\u2019\u00e9valuation environnementale pour le projet ILM.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q61\"><\/a>61<\/sup>\u00a0 <i>BCUC Order G-12-10, Reasons for Decision<\/i> page 28. Voir : &lt;<a href=\"http:\/\/www.bcuc.com\/Documents\/Orders\/2010\/DOC_24485_G-12-10_BCH_Waneta-Decision.pdf\">http:\/\/www.bcuc.com\/Documents\/Orders\/2010\/DOC_24485_G-12-10_BCH_Waneta-Decision.pdf<\/a>&gt; (en anglais seulement). Le 5 ao\u00fbt 2010, la BCUC a rejet\u00e9 une demande de r\u00e9examen. BCUC G-126-10. Voir : &lt;<a href=\"http:\/\/www.bcuc.com\/Documents\/Decisions\/2010\/DOC_25967_Sinixt-Nation_BCH-Waneta-Reconsideration-Decision-Web.pdf\">http:\/\/www.bcuc.com\/Documents\/Decisions\/2010\/DOC_25967_Sinixt-Nation_BCH-Waneta-Reconsideration-Decision-Web.pdf<\/a>&gt; (en anglais seulement). Dans un esprit de totale transparence : Lawson Lundell a repr\u00e9sent\u00e9 BC Hydro dans la proc\u00e9dure de la BCUC et les appels connexes.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q62\"><\/a>62<\/sup>\u00a0 Voir par ex : <i>Upper Nicola Indian Band v British Columbia (Environment)<\/i>, <i>supra<\/i> note 60; <i>West Moberly First Nations v British Columbia (Chief Inspector of Mines)<\/i>, 2011 BCCA 247, autorisation d\u2019interjeter appel rejet\u00e9 <i>Sa Majest\u00e9 la Reine c les Premi\u00e8res nations de West Moberly<\/i>, 2012 CanLII 8361; et <i>Louis v British Columbia (Minister of Energy, Mines, and Petroleum Resources)<\/i>, 2013 BCCA 412 (en anglais seulement), autorisation de pourvoi devant la Cour supr\u00eame du Canada refus\u00e9e 204 CanLII 8257.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q63\"><\/a>63<\/sup>\u00a0 <i>Behn c Moulton Contracting Ltd.<\/i>, 2013 CSC 26 au para 30 [<i>Behn<\/i>].<\/p>\n<p><sup><a name=\"q64\"><\/a>64<\/sup>\u00a0 <i>William<\/i>, <i>supra<\/i> note 19 au para 142.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q65\"><\/a>65<\/sup>\u00a0 <i>Ibid<\/i> au para 149.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q66\"><\/a>66<\/sup>\u00a0 <i>Beckman<\/i>, <i>supra<\/i> note 9 au para 35.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q67\"><\/a>67<\/sup>\u00a0 \u00c0 diverses occasions au cours de ces derni\u00e8res ann\u00e9es, j\u2019ai eu l\u2019immense privil\u00e8ge d\u2019avoir plusieurs discussions avec David Mullan au sujet de l\u2019obligation de la Couronne de consulter et du r\u00f4le des organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie. Il a partag\u00e9 g\u00e9n\u00e9reusement ses connaissances encyclop\u00e9diques du droit administratif et son enthousiasme et son int\u00e9r\u00eat marqu\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la pratique (et avant cette pratique) des organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie. Ces discussions et ses \u00e9crits sur le sujet m\u2019ont pouss\u00e9 et m\u2019ont aid\u00e9 \u00e0 d\u00e9velopper une r\u00e9flexion sur ces questions. Consultez : D. Mullan, \u00ab The Supreme Court and the Duty to Consult Aboriginal Peoples: A Lifting of the Fog? \u00bb 24 C.J.A.L.P 233 (en anglais seulement) et D. Mullan, \u00ab Droit administratif et r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie \u2013 \u00e9viter les pi\u00e8ges \u2013 les dix r\u00e8gles \u2013 perspective sur dix ans \u00bb, Vol. 1 <i>publication trimestrielle sur la r\u00e8glementation de l\u2019\u00e9nergie <\/i>13, particuli\u00e8rement la section 14 : \u00ab Obligation de consulter les peuples autochtones \u00bb.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q68\"><\/a>68<\/sup>\u00a0 <i>Rio Tinto<\/i>, <i>supra<\/i> note 2 aux para 55-58.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q69\"><\/a>69<\/sup>\u00a0 <i>R c Conway<\/i>, 2010 CSC 22 au para 6, [2010] 1 RCS 765.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q70\"><\/a>70<\/sup>\u00a0 <i>Rio Tinto<\/i>, <i>supra<\/i> note 2 aux para 58-61.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q71\"><\/a>71<\/sup>\u00a0 <i>Ibid<\/i> aux para 62-62.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q72\"><\/a>72<\/sup>\u00a0 Voir : <i>Nouvelle-\u00c9cosse (Workers\u2019 Compensation Board) c Martin<\/i>, 2003 CSC 54, [2003] 2 RCS 504; <i>Paul c Colombie-Britannique (Forest Appeals Commission)<\/i>, 2003 CSC 55, [2003] 2 RCS 585.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q73\"><\/a>73<\/sup>\u00a0 Voir : <i>Administrative Procedures and Jurisdiction Act<\/i>, RSA 2000, c A-3, article 16 et <i>Designation of Constitutional Decision Makers Regulation<\/i>, Alta Reg 69\/2006 (en anglais seulement).<\/p>\n<p><sup><a name=\"q74\"><\/a>74<\/sup>\u00a0 Voir : <i>Administrative Tribunals Act<\/i>, SBC 2004, c 45, articles 43-45 (en anglais seulement).<\/p>\n<p><sup><a name=\"q75\"><\/a>75<\/sup>\u00a0 Dans l\u2019affaire <i>Rio Tinto<\/i>, <i>supra<\/i> note 2 au para 72, la Cour s\u2019est pench\u00e9e sur la demande du l\u00e9gislateur de la C.-B. en ce qui concerne la BCUC et a conclu que cela n\u2019emp\u00eache pas la BCUC de d\u00e9terminer le caract\u00e8re ad\u00e9quat de la consultation li\u00e9e \u00e0 la demande dont il est saisi. La Cour a constat\u00e9 que \u00ab l\u2019intention du l\u00e9gislateur de soustraire \u00e0 la comp\u00e9tence de la Commission la question de savoir si la Couronne s\u2019est acquitt\u00e9e de son obligation de consulter les titulaires des droits ancestraux en cause ne ressort ni de l\u2019<i>Administrative Tribunals Act<\/i> ni de la <i>Constitutional Question Act<\/i> \u00bb.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q76\"><\/a>76<\/sup>\u00a0 Il existe une variante de cette structure lorsque l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie prend une d\u00e9cision qui est finale sous r\u00e9serve de la capacit\u00e9 d\u2019un ministre (ou d\u2019un autre intervenant gouvernemental) d\u2019annuler cette d\u00e9cision.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q77\"><\/a>77<\/sup>\u00a0 Ces trois organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie ont \u00e9t\u00e9 choisis parce que la question de leur droit \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019obligation de consulter a suscit\u00e9 plus de contestations judiciaires, ou du moins je connais davantage la jurisprudence existante relative \u00e0 ces trois organismes de r\u00e9glementation.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q78\"><\/a>78<\/sup>\u00a0 <i>Rio Tinto<\/i>, <i>supra<\/i> note 2 au para 69.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q79\"><\/a>79<\/sup>\u00a0 <i>Ibid<\/i> au para 70.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q80\"><\/a>80<\/sup>\u00a0 <i>Ibid<\/i> au para 72.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q81\"><\/a>81<\/sup>\u00a0 <i>Ibid<\/i> au para 74.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q82\"><\/a>82<\/sup>\u00a0 La Commission devait, en application de la version actuelle de l\u2019article 71 de la <i>Utilities Commission Act<\/i>, RSBC 1996, c 473, d\u00e9terminer si la vente d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 \u00e9tait dans l\u2019int\u00e9r\u00eat public. La Commission avait le pouvoir de d\u00e9clarer inapplicable le contrat de vente d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 qui, selon elle, n\u2019\u00e9tait pas dans l\u2019int\u00e9r\u00eat public compte tenu de la liste pr\u00e9cise de facteurs, dont \u00ab tout autre \u00e9l\u00e9ment jug\u00e9 pertinent eu \u00e9gard \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat public \u00bb. L\u2019article 71 de la <i>Utilities Commission Act<\/i>, RSBC 1996, c 473 a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9e depuis.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q83\"><\/a>83<\/sup>\u00a0 <i>Rio Tinto, supra<\/i> note 2 au para 8.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q84\"><\/a>84<\/sup>\u00a0 Nigel Bankes \u00ab Who decides if the Crown has met its duty to consult and accommodate? \u00bb (6 septembre 2012), \u00e0 la p 5, en ligne : &lt;<a href=\"http:\/\/ablawg.ca\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/Blog_NB_Who_Decides_Sept-20123.pdf\">http:\/\/ablawg.ca\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/Blog_NB_Who_Decides_Sept-20123.pdf<\/a>&gt; (en anglais seulement).<\/p>\n<p><sup><a name=\"q85\"><\/a>85<\/sup>\u00a0 \u00c0 la suite des d\u00e9cisions du 18 f\u00e9vrier 2009 de la Cour d\u2019appel de la Colombie-Britannique dans l\u2019affaire <i>Carrier Sekani Tribal Council v British Columbia (Utilities Commission)<\/i>, 2009 BCCA 67 et <i>Kwikwetlem First Nation v British Columbia (Utilities Commission)<\/i>, 2009 BCCA 68.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q86\"><\/a>86<\/sup>\u00a0 BCUC Order G\u201051\u201010 (18 mars 2010) : &lt;<a href=\"http:\/\/www.bcuc.com\/Documents\/Guidelines\/2010\/DOC_25327_G-51-10_2010-First-Nations-Information-Filing-Guidelines.pdf\">http:\/\/www.bcuc.com\/Documents\/Guidelines\/2010\/DOC_25327_G-51-10_2010-First-Nations-Information-Filing-Guidelines.pdf<\/a>&gt; (en anglais seulement).<\/p>\n<p><sup><a name=\"q87\"><\/a>87<\/sup>\u00a0 <i>Qu\u00e9bec (Procureur g\u00e9n\u00e9ral) c Canada (Office national de l\u2019\u00e9nergie)<\/i>, [1994] 1 RCS 159, 1994 CanLII 113 (CSC), 31.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q88\"><\/a>88<\/sup>\u00a0 Voir l\u2019analyse de Sanderson et coll., <i>supra<\/i> note 2 \u00e0 la p 835.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q89\"><\/a>89<\/sup>\u00a0 Motifs de d\u00e9cision OH-1-2007 de l\u2019ONE (6 septembre 2007) et d\u00e9cret n<sup>o<\/sup> CP 2007-1786 (22 novembre 2007).<\/p>\n<p><sup><a name=\"q90\"><\/a>90<\/sup>\u00a0 Motifs de d\u00e9cision OH-3-2007 de l\u2019ONE (19 f\u00e9vrier 2008) et d\u00e9cret n<sup>o<\/sup> CP 2008-856 (8 mai 2008).<\/p>\n<p><sup><a name=\"q91\"><\/a>91<\/sup>\u00a0 Motifs de d\u00e9cision OH-4-2007, de l\u2019ONE (22 f\u00e9vrier 2008) et d\u00e9cret n<sup>o<\/sup> CP 2008-857 (8 mai 2008).<\/p>\n<p><sup><a name=\"q92\"><\/a>92<\/sup>\u00a0 Voir, <i>Enbridge Southern Lights LP (Re)<\/i>, 2008 LNCNEB 1 (No OH-3-2007), aux para 56-57.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q93\"><\/a>93<\/sup>\u00a0 Nation ojibway de Brokenhead, Premi\u00e8re nation Long Plain, Premi\u00e8re nation de Swan Lake, Premi\u00e8re nation de Fort Alexander, Premi\u00e8re Nation anishinabe de Roseau River, Premi\u00e8re nation de Peguis et Premi\u00e8re nation de Sandy Bay (collectivement, les \u00ab Premi\u00e8res nations du Trait\u00e9 n<sup>o<\/sup> 1 \u00bb).<\/p>\n<p><sup><a name=\"q94\"><\/a>94<\/sup>\u00a0 Il y a eu un contr\u00f4le judiciaire pour chaque d\u00e9cret, pour un total de trois. Voir les dossiers de la Cour f\u00e9d\u00e9rale : T-225-08, T-921-08 et T-925-08.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q95\"><\/a>95<\/sup>\u00a0 <i>Brokenhead Ojibway First Nation v Canada (Attorney General)<\/i>, 2009 FC 484 au para 25 [<i>Brokenhead Ojibway<\/i>]. Cette d\u00e9claration a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e par la Cour d\u2019appel de l\u2019Alberta dans l\u2019affaire<i> Tsuu T\u2019ina Nation v Alberta (Environment)<\/i>, 2010 ABCA 137 au para 104.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q96\"><\/a>96<\/sup>\u00a0 <i>Mikisew, supra<\/i> note 24 au para 64.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q97\"><\/a>97<\/sup>\u00a0 <i>Brokenhead Ojibway, supra<\/i> note 95 au para 42.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q98\"><\/a>98<\/sup>\u00a0 <i>Ibid<\/i> au para 44.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q99\"><\/a>99<\/sup>\u00a0 La Premi\u00e8re nation dakota de <i>Standing Buffalo<\/i> a lanc\u00e9 trois contestations judiciaires distinctes d\u00e9coulant de trois d\u00e9cisions de l\u2019Office national de l\u2019\u00e9nergie de d\u00e9livrer des certificats d\u2019utilit\u00e9 publique (CPCN) relativement \u00e0 trois projets de pipeline : le projet de pipeline Keystone, le projet de pipeline Southern Lights et le projet de pipeline Alberta Clipper. Les Premi\u00e8res nations de Sweetgrass et de Moosimin ont lanc\u00e9 une contestation suppl\u00e9mentaire d\u00e9coulant d\u2019une d\u00e9cision de l\u2019ONE li\u00e9e au projet Alberta Clipper \u2014 pour un total de quatre appels. Consultez les dossiers de la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale : 08-A-25, 08-A-28, 08-A-29 et 08-A-30.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q100\"><\/a>100<\/sup>\u00a0 <i>Premi\u00e8re nation dakota de Standing Buffalo c Enbridge Pipelines Inc.<\/i>, 2009 CAF 308 [<i>Standing Buffalo<\/i>].<\/p>\n<p><sup><a name=\"q101\"><\/a>101<\/sup>\u00a0 <i>Ibid<\/i> au para 2.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q102\"><\/a>102<\/sup>\u00a0 <i>Ibid<\/i> au para 34.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q103\"><\/a>103<\/sup>\u00a0 <i>Ibid<\/i> au para 40.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q104\"><\/a>104<\/sup>\u00a0 <i>Ibid<\/i> au para 44.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q105\"><\/a>105<\/sup>\u00a0 <i>Rio Tinto Alcan Inc. c Conseil tribal Carrier Sekani &#8211; et &#8211; British Columbia Utilities Commission<\/i>, 2009 CanLII 61380.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q106\"><\/a>106<\/sup>\u00a0 La demande d\u2019autorisation d\u2019appel dans l\u2019affaire <i>Standing Buffalo<\/i> a \u00e9t\u00e9 examin\u00e9e et rejet\u00e9e par le m\u00eame groupe de juges de la Cour qui avait accord\u00e9 l\u2019autorisation de l\u2019appel de <i>Rio Tinto<\/i>. Consultez 2010 CanLII 70763 (CSC), 2010 CanLII 70737 (CSC), 2010 CanLII 78628 (CSC), 2010 CanLII 74561 (CSC) et 2010 CanLII 70764 (CSC). Lorsqu\u2019elle rejette des demandes en autorisation d\u2019appel, la Cour supr\u00eame du Canada n\u2019en pr\u00e9cise pas les raisons.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q107\"><\/a>107<\/sup>\u00a0 Peut-\u00eatre parce que la demande d\u2019autorisation d\u2019interjeter appel \u00e9tait toujours pendante au moment o\u00f9 la d\u00e9cision \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019appel de <i>Rio Tinto<\/i> a \u00e9t\u00e9 prise, la Cour supr\u00eame du Canada n\u2019a pas fait mention de la d\u00e9cision rendue par la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale dans l\u2019affaire <i>Standing Buffalo<\/i> et n\u2019a pas formul\u00e9 d\u2019observations \u00e0 son sujet (m\u00eame si de nombreuses parties de l\u2019appel <i>Standing Buffalo<\/i> ont particip\u00e9 \u00e0 l\u2019appel de <i>Rio Tinto<\/i> \u00e0 titre d\u2019intervenants).<\/p>\n<p><sup><a name=\"q108\"><\/a>108<\/sup>\u00a0 D. Mullan, <i>supra<\/i> note 67, 24 CJALP 233 \u00e0 259 : \u00ab \u2026 la Cour supr\u00eame, dans un souci de clarifier les choses sur la question de la consultation dans le cadre des tribunaux, aurait d\u00fb accorder l\u2019autorisation d\u2019en appeler dans l\u2019affaire <i>Standing Buffalo<\/i>. L\u2019arr\u00eat <i>Carrier Sekani<\/i>,<i> supra<\/i> note 2, n\u2019a pas permis de r\u00e9soudre toutes les questions soulev\u00e9es par la d\u00e9cision de la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale. \u00bb [Traduction]<\/p>\n<p><sup><a name=\"q109\"><\/a>109<\/sup>\u00a0 Voir <i>Mikisew<\/i>, <i>supra<\/i> note 24 au para 64; citant l\u2019opinion exprim\u00e9e par le juge Finch dans l\u2019arr\u00eat <i>Halfway River First Nation v British Columbia (Ministry of Forests)<\/i> 999 BCCA 470 aux para 159-160, [1999] 64 BCLR (3d) 206.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q110\"><\/a>110<\/sup>\u00a0 <i>TransCanada Keystone Pipeline GP Ltd. (Re)<\/i>, 2010 LNCNEB 2 (N<sup>o<\/sup> OH-1-2009) au para 87.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q111\"><\/a>111<\/sup>\u00a0 D\u00e9cision de la commission d\u2019examen conjoint rendue le (9 avril 2013) \u00e0 la p 6 (en anglais seulement).<\/p>\n<p><sup><a name=\"q112\"><\/a>112<\/sup>\u00a0 Voir le rapport de la commission d\u2019examen conjoint sur le projet Enbridge Northern Gateway, Volume 1 \u00ab.Connexions \u00bb, section 2.2.1.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q113\"><\/a>113<\/sup>\u00a0 Il est \u00e0 noter qu\u2019un certain nombre de groupes autochtones et environnementaux ont intent\u00e9 une poursuite \u00e0 la cour f\u00e9d\u00e9rale d\u2019appel pour contester ou annuler le rapport de la commission d\u2019examen conjoint. \u00c9tant donn\u00e9 qu\u2019on n\u2019en est qu\u2019aux premi\u00e8res \u00e9tapes de ce litige et compte tenu de la participation de l\u2019auteur \u00e0 titre de conseiller d\u2019un intervenant dans le processus d\u2019examen conjoint, je dois malheureusement m\u2019abstenir de formuler tout commentaire sur ce litige en cours dans le pr\u00e9sent article.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q114\"><\/a>114<\/sup>\u00a0 Une analyse semblable du processus de l\u2019Office (en vertu de l\u2019ancienne version de la loi) a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 faite dans l\u2019article de Sanderson et. coll., <i>supra<\/i> note 20 aux p 848-849, publi\u00e9 dans la revue <i>Alberta Law Review<\/i> (en anglais seulement).<\/p>\n<p><sup><a name=\"q115\"><\/a>115<\/sup>\u00a0 Projet Taiga de la soci\u00e9t\u00e9 Osum Oil Sands Corp., raisons de la d\u00e9cision du 17 juillet 2012 de l\u2019ERCB de d\u00e9poser un avis d\u2019une question de droit constitutionnel.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q116\"><\/a>116<\/sup>\u00a0 <i>Ibid<\/i> \u00e0 la p 7.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q117\"><\/a>117<\/sup>\u00a0 <i>Cold Lake First Nations v Alberta (Energy Resources Conservation Board)<\/i>, 2012 ABCA 304 au para 6 (en anglais seulement).<\/p>\n<p><sup><a name=\"q118\"><\/a>118<\/sup>\u00a0 <i>Entente concernant la constitution d\u2019une commission d\u2019eamen conjoint pour le projet d\u2019epansion de la mine Jackpine<\/i>, en ligne: Agence canadienne d\u2019\u00e9valuation environnementale &lt;<a href=\"http:\/\/www.ceaa.gc.ca\/050\/documents\/52084\/52084E.pdf\">http:\/\/www.ceaa.gc.ca\/050\/documents\/52084\/52084E.pdf<\/a>&gt; au para 6.1.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q119\"><\/a>119<\/sup> <i>Ibid<\/i> au para 6.2.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q120\"><\/a>120<\/sup> Projet d\u2019expansion de la mine Jackpine, D\u00e9cision de la commission d\u2019examen conjoint rendue le 26 octobre 2012.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q121\"><\/a>121<\/sup>\u00a0 Voir J. Promislow, \u00ab Irreconcilable? The Duty to Consult and Administrative Decision Makers \u00bb, 26 CJALP aux p 251-266 (en anglais seulement).<\/p>\n<p><sup><a name=\"q122\"><\/a>122<\/sup>\u00a0 <i>M\u00e9tis Nation of Alberta Region 1 v Joint Review Panel<\/i>, 2012 ABCA 352 au para 20 (en anglais seulement).<\/p>\n<p><sup><a name=\"q123\"><\/a>123<\/sup>\u00a0 <i>Premi\u00e8re Nation des Chipewyans d\u2019Athabasca c Energy Resources Conservation Board, agissant en sa qualit\u00e9 de partie de la commission d\u2019examen conjoint et commission d\u2019examen conjoint<\/i>, 2013 CanLII 18847.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q124\"><\/a>124<\/sup>\u00a0 Nigel Bankes, Ablawg, \u00ab Bill 2 the Responsible Energy Development Act and the Duty to Consult \u00bb (19 novembre 2012), en ligne : &lt;<a href=\"http:\/\/ablawg.ca\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/Blog_NB_Bill2_Duty_to_Consult_Nov2012.pdf\">http:\/\/ablawg.ca\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/Blog_NB_Bill2_Duty_to_Consult_Nov2012.pdf<\/a>&gt; (en anglais seulement).<\/p>\n<p><sup><a name=\"q125\"><\/a>125<\/sup>\u00a0 <i>Rio Tinto, supra <\/i>note 2 au para 55.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q126\"><\/a>126<\/sup> Dans l\u2019arr\u00eat <i>Rio Tinto<\/i>, la Cour s\u2019est d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment abstenue de r\u00e9pondre \u00e0 la question de savoir si une mesure gouvernementale qui peut faire na\u00eetre l\u2019obligation de consulter s\u2019entend aussi d\u2019une mesure l\u00e9gislative au para 44. Donc, la question de savoir si la loi \u00e9tablissant le processus de r\u00e9glementation peut \u00eatre contest\u00e9e de la sorte reste \u00e0 d\u00e9terminer.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q127\"><\/a>127<\/sup>\u00a0 Demande de la Dover Operating Corp. pour un projet d\u2019extraction du bitume dans la r\u00e9gion des sables bitumineux d\u2019Athabasca : Dover Operating Corp. Application for a Bitumen Recovery Scheme Athabasca Oil Sand Area 2013 ABAER 014, 6 ao\u00fbt 2013. <i>Fort McKay First Nation v Alberta Energy Regulator<\/i>, 2013 ABCA 355 (en anglais seulement). Il convient de noter que la d\u00e9cision de l\u2019AER doit \u00eatre soumise \u00e0 l\u2019approbation du lieutenant-gouverneur en conseil.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q128\"><\/a>128<\/sup>\u00a0 L\u2019autorisation d\u2019en appeler a \u00e9t\u00e9 refus\u00e9e relativement \u00e0 deux autres questions soulev\u00e9es par les demandeurs, qui \u00e9taient d\u00e9finies comme suit dans leur avis d\u2019appel :<\/p>\n<p>Le tribunal a-t-il commis une erreur de droit ou de comp\u00e9tence en raison de son interpr\u00e9tation restrictive de sa comp\u00e9tence d\u2019enqu\u00eate et de sa comp\u00e9tence r\u00e9paratrice lui permettant d\u2019examiner et de trancher, respectivement, la question des effets cumulatifs sur l\u2019environnement?<\/p>\n<p>Le tribunal a-t-il commis une erreur de droit ou de comp\u00e9tence en raison de la proc\u00e9dure par laquelle il visait \u00e0 tirer des conclusions relatives aux effets du projet sur les droits issus de trait\u00e9s de la Premi\u00e8re nation de Fort McKay qui sont prot\u00e9g\u00e9s par la Constitution?<\/p>\n<p><sup><a name=\"q129\"><\/a>129<\/sup>\u00a0 RSA 2000, c A-3.<\/p>\n<p><sup><a name=\"q130\"><\/a>130<\/sup>\u00a0 La question de l\u2019obligation de consulter peut \u00eatre encore susceptible de recours en ce qui concerne la d\u00e9cision (qui se fait encore attendre) du lieutenant-gouverneur en conseil, semblable au sc\u00e9nario de l\u2019affaire <i>Brokenhead Ojibway <\/i>(susmentionn\u00e9e).<\/p>\n<p><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction L\u2019automne prochain, le 18 novembre 2014, dix ann\u00e9es se seront \u00e9coul\u00e9es depuis que la Cour supr\u00eame du Canada a rendu deux d\u00e9cisions sources : Nation ha\u00efda c. 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