{"id":2383,"date":"2019-03-26T17:32:33","date_gmt":"2019-03-26T17:32:33","guid":{"rendered":"http:\/\/www.energyregulationquarterly.ca\/?p=2383"},"modified":"2024-03-20T19:50:05","modified_gmt":"2024-03-20T19:50:05","slug":"2018-developments-in-administrative-law-relevant-to-energy-law-and-regulation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/fr\/articles\/2018-developments-in-administrative-law-relevant-to-energy-law-and-regulation","title":{"rendered":"\u00c9volution du droit administratif pertinent au droit et \u00e0 la r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie en 2018"},"content":{"rendered":"<p><strong>INTRODUCTION<\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 bien des \u00e9gards, 2018 a \u00e9t\u00e9 une ann\u00e9e charni\u00e8re dans la jurisprudence en droit administratif de la Cour supr\u00eame du Canada. \u00c0 un moment qui marque la transition de la Cour McLachlin \u00e0 la Cour Wagner, les \u00e9carts ont continu\u00e9 de se creuser entre les membres de la Cour en ce qui concerne non seulement la m\u00e9thodologie de s\u00e9lection de la norme de contr\u00f4le \u00e0 appliquer au contr\u00f4le judiciaire de la prise de d\u00e9cisions administratives, mais aussi les modalit\u00e9s selon lesquelles le contr\u00f4le de la d\u00e9cision raisonnable pr\u00e9dominante est effectu\u00e9<sup>1<\/sup>. Malgr\u00e9 cela, la plupart des observateurs ont \u00e9t\u00e9 surpris par l\u2019annonce faite par la Cour le 10 mai, en accordant l\u2019autorisation d\u2019un trio d\u2019appels (\u00ab la trilogie<sup>2<\/sup> \u00bb) et enjoignant aux parties de consacrer une partie importante de leurs observations \u00e0 un r\u00e9examen de \u00ab la nature et la port\u00e9e du contr\u00f4le judiciaire de l\u2019action administrative, telles que discut\u00e9es dans <em>Dunsmuir<\/em>[\u2026] et des affaires subs\u00e9quentes. \u00bb De toute \u00e9vidence, cette audience tenue les 4 et 6 d\u00e9cembre, qui a attir\u00e9 27 intervenants, et qui a servi \u00e0 la nomination de deux <em>amicus curiae,<\/em> a donn\u00e9 lieu \u00e0 la forte possibilit\u00e9 qu\u2019il y ait, \u00e0 un moment en 2019, un rajustement fondamental des principes concernant la conduite du contr\u00f4le judiciaire d\u2019une action administrative au Canada. Un tel rajustement peut avoir une incidence consid\u00e9rable sur l\u2019approche \u00e9labor\u00e9e dans <em>Dunsmuir c Nouveau-Brunswick<\/em><sup>3<\/sup> et sa descendance et rendre d\u00e9su\u00e8te une grande partie de la proc\u00e9dure d\u2019\u00e9laboration et de contestation de la norme d\u2019examen et de la contestation contenue dans les arr\u00eats des dix derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Aucune des affaires r\u00e9centes dans lesquelles la Cour \u00e9tait divis\u00e9e sur des questions de norme de contr\u00f4le n\u2019a port\u00e9 sur le droit et la r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie. Il est quand m\u00eame surprenant de constater que les organismes de r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie<sup>4<\/sup>, l\u2019industrie de l\u2019\u00e9nergie, les groupes d\u2019int\u00e9r\u00eat public int\u00e9ress\u00e9s ou les collectivit\u00e9s autochtones ne figurent pas parmi ceux qui ont demand\u00e9 et obtenu le statut d\u2019intervenant dans la trilogie. Je n\u2019ai toujours pas de certitude quant aux raisons expliquant ce manque de participation, mais peut-\u00eatre refl\u00e8te-t-elle le sentiment g\u00e9n\u00e9ral de satisfaction \u00e0 l\u2019\u00e9gard des principes actuels tels qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9s aux organismes de r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie de toutes all\u00e9geances ou le sentiment qu\u2019aucun de ces principes ne rev\u00eat tellement d\u2019importance lorsqu\u2019il s\u2019agit de l\u2019examen du processus d\u00e9cisionnel en mati\u00e8re de r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie par les tribunaux. Quoi qu\u2019il en soit, j\u2019attendrai l\u2019examen de l\u2019an prochain pour faire d\u2019autres commentaires sur l\u2019\u00e9tat des principes g\u00e9n\u00e9raux concernant la norme de contr\u00f4le au Canada et son incidence sur le contr\u00f4le judiciaire des organismes de r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie.<\/p>\n<p>Parmi les jugements rendus en cours d\u2019ann\u00e9e qui ont directement touch\u00e9 le droit et la r\u00e9glementation dans le secteur de l\u2019\u00e9nergie, celui qui entra\u00een\u00e9 l\u2019impact \u00e9conomique le plus important est presque assur\u00e9ment la d\u00e9cision rendue en ao\u00fbt par la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale dans <em>Tsleil-Waututh Nation c Procureur g\u00e9n\u00e9ral du Canada (\u00ab Tsleil-Waututh<\/em><sup>5<\/sup><em> \u00bb). <\/em>En concluant que le processus par lequel la demande d\u2019expansion du pipeline Trans Mountain a \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9e posait probl\u00e8me \u00e0 la fois vici\u00e9 sur le fond et sur le plan de la proc\u00e9dure, la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale a, au moins temporairement et peut-\u00eatre de fa\u00e7on permanente, fait d\u00e9railler un projet d\u2019une importance consid\u00e9rable pour l\u2019Alberta et le Canada dans son ensemble. Bien que le jugement ne renferme aucun nouveau principe en ce qui concerne l\u2019examen de la port\u00e9e de tels processus ou m\u00eame l\u2019obligation de consulter et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, de tenir compte des peuples autochtones, il fournit un exemple tr\u00e8s significatif de l\u2019application de principes accept\u00e9s aux modifications l\u00e9gislatives apport\u00e9es en 2012 au processus d\u2019approbation des pipelines interprovinciaux. Cela m\u00e9rite d\u2019\u00eatre comment\u00e9 pour cette seule raison.<\/p>\n<p>La Cour supr\u00eame du Canada a \u00e9galement rendu un jugement sur l\u2019obligation de consulter qui a eu des r\u00e9percussions importantes sur l\u2019apport de modifications l\u00e9gislatives aux processus de r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie. Dans l\u2019arr\u00eat <em>Mikisew Cree First Nation c Canada (Gouverneur g\u00e9n\u00e9ral en conseil<\/em><sup>6<\/sup><em>), <\/em>la question fondamentale consistait \u00e0 d\u00e9terminer si l\u2019obligation de consulter les peuples autochtones et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, de prendre des mesures d\u2019accommodement s\u2019\u00e9tendait au processus de pr\u00e9paration, de pr\u00e9sentation et d\u2019adoption d\u2019une loi qui touchait ou risquait de toucher les droits et les revendications des peuples autochtones. Je me servirai \u00e9galement de mon analyse de cet arr\u00eat comme tremplin pour une discussion sur un jugement de la Cour f\u00e9d\u00e9rale (ne portant pas sur la r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie) dans lequel la juge Kane a pr\u00e9cis\u00e9 la mesure dans laquelle, le cas \u00e9ch\u00e9ant, l\u2019obligation d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale en common law et la doctrine des attentes l\u00e9gitimes, pourraient \u00eatre invoqu\u00e9es dans le contexte de la prise de d\u00e9cisions \u00ab l\u00e9gislatives \u00bb \u00e0 un niveau inf\u00e9rieur \u00e0 celui de la l\u00e9gislation primaire.<\/p>\n<p>Toujours au sujet de l\u2019obligation de consulter, j\u2019\u00e9valuerai \u00e9galement les motifs de la juge Nixon dans <em>Athabasca Chipewyan First Nation v Alberta (Minister of Aboriginal Relations, Aboriginal Consultation Office)<\/em><sup>7<\/sup>. Parmi les questions soulev\u00e9es dans cette affaire, il y avait le pouvoir du <em>Aboriginal Consultation Office <\/em>de d\u00e9terminer si une obligation de consulter a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clench\u00e9e et, en supposant que ce soit le cas, si les principes d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale s\u2019appliquaient \u00e0 cette d\u00e9cision.<\/p>\n<p>Enfin, je reviendrai \u00e0 la question des droits de participation dans les proc\u00e9dures de r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie, y compris les demandes de contr\u00f4le judiciaire et les appels pr\u00e9vus par la loi. Ici, je vais traiter de deux jugements, l\u2019un portant sur l\u2019intervention dans une requ\u00eate en autorisation d\u2019appel d\u2019une d\u00e9cision de l<em>\u2019Alberta Utilities Commission <\/em>(AUC)<em>, <\/em>et l\u2019autre portant sur la qualit\u00e9 pour agir dans l\u2019int\u00e9r\u00eat public et les interventions sur une demande de contr\u00f4le judiciaire d\u2019une d\u00e9cision de l\u2019Office Canada-Terre-Neuve-et-Labrador des hydrocarbures extrac\u00f4tiers.<\/p>\n<p><strong>CONTENU DE L\u2019OBLIGATION DE CONSULTER ET DE PRENDRE DES MESURES D\u2019ACCOMMODEMENT<\/strong><\/p>\n<p><strong>(A) Introduction<\/strong><\/p>\n<p>En 2018, l\u2019obligation de consulter a continu\u00e9 d\u2019occuper une place importante dans les litiges tant dans le syst\u00e8me de la Cour f\u00e9d\u00e9rale que dans les cours sup\u00e9rieures provinciales. Ce litige comportait de nouvelles questions, notamment une reconnaissance de l\u2019obligation de consulter les groupes autochtones avant de prendre des mesures d\u2019application de la loi sous la forme de poursuites contre des Autochtones pour avoir contourn\u00e9, au nom de droits prot\u00e9g\u00e9s par la Constitution, la l\u00e9gislation f\u00e9d\u00e9rale sur les p\u00eaches<sup>8<\/sup>; un rejet de l\u2019argument selon lequel la Couronne a toujours \u00e9t\u00e9 une partie appropri\u00e9e (et n\u00e9cessaire) aux proc\u00e9dures dans lesquelles le d\u00e9faut de consulter les peuples autochtones \u00e9tait au c\u0153ur d\u2019une demande de contr\u00f4le judiciaire ou d\u2019une autre forme de contestation<sup>9<\/sup>; comment parvenir \u00e0 la r\u00e9conciliation dans le cadre du processus de consultation et d\u2019accommodement de droits ancestraux concurrents, l\u2019un traditionnel (bien que reconnu dans une entente avec la Couronne) et l\u2019autre issu d\u2019un trait\u00e9 conclu avec la Couronne<sup>10<\/sup>; et la mesure dans laquelle l\u2019obligation de consulter s\u2019applique aux travaux li\u00e9s \u00e0 la pr\u00e9servation de l\u2019int\u00e9grit\u00e9 d\u2019un pipeline existant<sup>11<\/sup>. Aucune de ces affaires ne mettait en cause la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale, provinciale ou territoriale et il reste donc \u00e0 d\u00e9terminer si les principes adopt\u00e9s et appliqu\u00e9s seront approuv\u00e9s \u00e0 ces niveaux sup\u00e9rieurs.<\/p>\n<p>Pour les besoins des pr\u00e9sentes, je me contenterai de signaler simplement qu\u2019ils m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre pris en consid\u00e9ration. Je limiterai plut\u00f4t mon expos\u00e9 \u00e0 deux affaires de r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie<sup>12<\/sup> dans lesquelles la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale a appliqu\u00e9 les principes de consultation et d\u2019accommodement \u00e9nonc\u00e9s dans la d\u00e9cision de 2016 de la Cour annulant l\u2019acceptation par le gouverneur en conseil de la recommandation de la commission d\u2019examen conjoint d\u2019approuver la demande du projet pipelinier Northern Gateway, soit <em>Nation Gitxaala c Canada (\u00ab Gitxaala<\/em><sup>13<\/sup><em> \u00bb). <\/em>Je parlerai \u00e9galement de l\u2019autre motif important sur lequel, dans <em>Tsleil-Waututh<\/em><sup>14<\/sup>, la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale a annul\u00e9 le d\u00e9cret du gouverneur en conseil enjoignant \u00e0 l\u2019<em>Office national de l\u2019\u00e9nergie<\/em> de d\u00e9livrer un certificat de commodit\u00e9 et de n\u00e9cessit\u00e9 publiques dans le contexte de la demande d\u2019approbation d\u2019un agrandissement des installations pipelini\u00e8res existantes de Trans Mountain.<\/p>\n<p><strong>(B)<em> Nation crie de Bigstone<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Le premier des deux jugements est <em>Bigstone Cree Nation v Nova Gas Transmission Ltd (\u00ab Bigstone Cree Nation<\/em><sup>15<\/sup><em> \u00bb). <\/em>Comme dans l\u2019affaire <em>Gitxaala, <\/em>il s\u2019agissait de contester un d\u00e9cret (fond\u00e9 sur les recommandations d\u2019un rapport de <em>l\u2019Office national de l\u2019\u00e9nergie <\/em>(\u00ab l\u2019Office \u00bb) et d\u2019enjoindre \u00e0 celui-ci de publier une d\u00e9claration de d\u00e9cision d\u2019\u00e9valuation environnementale et de d\u00e9livrer un certificat de commodit\u00e9 et de n\u00e9cessit\u00e9s publiques. L\u2019objet de la demande \u00e9tait l\u2019un des cinq tron\u00e7ons vis\u00e9s par une demande pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 l\u2019Office par Nova en vue de l\u2019approbation d\u2019un projet d\u2019agrandissement de son r\u00e9seau de transport de gaz existant dans le nord de l\u2019Alberta. Le tron\u00e7on en question se trouvait sur le territoire de la Premi\u00e8re nation crie de Bigstone, et la demande de contr\u00f4le judiciaire de la Premi\u00e8re nation all\u00e9guait une violation de l\u2019obligation de consulter en common law et de l\u2019article 35(1) de la <em>Loi constitutionnelle de 1982.<\/em><\/p>\n<p>Apr\u00e8s un examen attentif des diverses \u00e9tapes du processus d\u2019approbation<sup>16<\/sup> et en se reportant aux principes r\u00e9gissant l\u2019obligation de consulter les peuples autochtones et, s\u2019il y a lieu, de prendre des mesures d\u2019accommodement, en particulier au jugement rendu par la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale dans l\u2019affaire <em>Gitxaala, <\/em>le juge d\u2019appel de Montigny, qui a rendu le jugement au nom d\u2019un groupe compos\u00e9 de lui-m\u00eame, des juges d\u2019appel Gauthier et Near, a rejet\u00e9 la demande de contr\u00f4le judiciaire. La Couronne s\u2019\u00e9tait acquitt\u00e9e de ses obligations.<\/p>\n<p>Fait peut-\u00eatre important, le jugement de la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale dans l\u2019affaire <em>Gitxaala <\/em>a \u00e9t\u00e9 rendu public le 23 juin 2016, six jours seulement apr\u00e8s que le gouverneur en conseil a prolong\u00e9 les d\u00e9lais prescrits par la loi pour rendre une d\u00e9cision finale sur la demande de Nova Gas. Ainsi, le gouverneur en conseil a eu l\u2019occasion d\u2019\u00e9valuer le jugement de la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale et, en particulier, les lacunes critiques que les juges d\u2019appel Dawson et Stratas (s\u2019exprimant au nom de la majorit\u00e9) ont relev\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9tape de l\u2019examen du gouverneur en conseil de ce projet. Dans l\u2019ensemble, ils ont conclu qu\u2019il n\u2019y avait pas eu suffisamment de dialogue constructif \u00e0 cette \u00e9tape, un manquement \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 des questions vraiment pr\u00e9occupantes pour la Premi\u00e8re nation, dont celles relatives \u00e0 de nouveaux \u00e9l\u00e9ments de preuve et de nouveaux arguments, qu\u2019il n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 tenu compte de la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une prorogation du d\u00e9lai pour permettre \u00e0 la Couronne de s\u2019acquitter de ses obligations, et que les motifs invoqu\u00e9s par le gouverneur en conseil pour rejeter les arguments de la Premi\u00e8re nation et accepter les recommandations de la Commission mixte \u00e9taient inad\u00e9quats.<\/p>\n<p>Dans l\u2019affaire <em>Bigstone Cree Nation, <\/em>le juge d\u2019appel de Montigny a conclu que la Commission avait \u00e9vit\u00e9 tous ces \u00e9cueils. Bien que les raisons fournies par le gouverneur en conseil n\u2019aient pas \u00e9t\u00e9 beaucoup plus d\u00e9taill\u00e9es que celles donn\u00e9es dans <em>Gitxaala, <\/em>le pr\u00e9ambule du d\u00e9cret mentionnait explicitement non seulement le rapport de l\u2019Office, mais aussi le Rapport sur la consultation et l\u2019accommodement des Autochtones de la Couronne (\u00ab RCAAC \u00bb) pr\u00e9par\u00e9 par le Bureau de gestion des grands projets (\u00ab BGGP \u00bb) (situ\u00e9 au sein de Ressources naturelles Canada) et une partie officiellement reconnue du processus global. Comme le gouverneur en conseil avait le droit de s\u2019en remettre \u00e0 d\u2019autres acteurs administratifs pour s\u2019acquitter de son obligation de consulter et, s\u2019il y a lieu, de prendre des mesures d\u2019accommodement, une simple mention dans le d\u00e9cret de ce recours suffisait pour incorporer les rapports et les interactions entre l\u2019Office et le BGGP dans les processus du gouverneur en conseil. En outre, dans la mesure o\u00f9 le gouverneur en conseil s\u2019est dit satisfait que ces processus aient repr\u00e9sent\u00e9 un acquittement des responsabilit\u00e9s de la Couronne, cela constituait une indication suffisante de l\u2019attention de la Couronne \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la question et de l\u2019acceptation que l\u2019obligation de consulter et de prendre des mesures d\u2019accommodement avait \u00e9t\u00e9 respect\u00e9e, une conclusion raisonnable dans ce cas-ci compte tenu des consultations men\u00e9es tout au long du processus. De plus, \u00e9tant donn\u00e9 que le gouverneur en conseil a express\u00e9ment r\u00e9pondu \u00e0 l\u2019une des pr\u00e9occupations critiques de la Premi\u00e8re nation, la protection du caribou, et qu\u2019il a approuv\u00e9 les conditions d\u2019accommodement recommand\u00e9es par l\u2019Office pour atteindre cet objectif, on ne peut pas affirmer que le gouverneur en conseil ou que le processus n\u2019a pas tenu compte de l\u2019impact \u00e9ventuel du projet sur le caribou.<\/p>\n<p>Un autre facteur critique \u00e9tait aussi en cause dans cette affaire : la conduite de la Premi\u00e8re nation. Dans le dernier paragraphe de son \u00e9valuation de la phase du processus o\u00f9 intervient le gouverneur en conseil, le juge d\u2019appel de Montigny a reproch\u00e9 \u00e0 la Premi\u00e8re nation de ne pas avoir particip\u00e9 \u00e0 des \u00e9tapes importantes du processus :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Compte tenu de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, conjugu\u00e9 \u00e0 la d\u00e9cision de la Nation Bigstone de ne pas participer proactivement au processus post\u00e9rieur aux consultations de l\u2019Office, \u00e0 son omission d\u2019\u00e9voquer express\u00e9ment la question des effets \u00e9ventuels du projet sur le caribou \u00e0 l\u2019une ou l\u2019autre des r\u00e9unions avec le BGGP et de son d\u00e9faut de se pr\u00e9valoir de la possibilit\u00e9 de fournir des commentaires sur l\u2019\u00e9bauche du RCAC, je suis d\u2019avis que la Nation Bigstone n\u2019a pas \u00e9tabli que ses pr\u00e9occupations n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 prises en compte et que des mesures d\u2019accommodement connexes n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 prises<sup>17<\/sup>.<\/p>\n<p>Tout comme la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale dans l\u2019affaire <em>Gitxaala <\/em>avait des le\u00e7ons \u00e0 tirer \u00e0 propos de ses responsabilit\u00e9s, la Premi\u00e8re nation crie de Bigstone a aussi re\u00e7u des instructions sur la n\u00e9cessit\u00e9 de participer au processus et de le respecter<sup>18<\/sup>.<\/p>\n<p><strong>(C) <em>Tsleil-Waututh<\/em><sup>19<\/sup> et la saga de Trans Mountain : si proche et si loin<sup>20<\/sup><\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 la suite d\u2019un examen long et approfondi du processus suivi par <em>l\u2019Office national de l\u2019\u00e9nergie <\/em>(\u00ab l\u2019Office \u00bb) et le gouverneur en conseil (\u00ab le Canada \u00bb) qui a men\u00e9 \u00e0 l\u2019approbation de la demande de Trans Mountain Pipeline ULC (\u00ab Trans Mountain \u00bb) visant l\u2019agrandissement de son r\u00e9seau pipelinier existant, la juge d\u2019appel Dawson a rendu le jugement d\u2019un comit\u00e9 de la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale, qui r\u00e9unissait \u00e9galement les juges d\u2019appel de Montigny et Woods, et qui faisait \u00e9tat de deux d\u00e9fauts critiques.<\/p>\n<p><strong>i. D\u00e9cision relative \u00e0 la d\u00e9termination de la port\u00e9e<\/strong><\/p>\n<p>Premi\u00e8rement, l\u2019Office a err\u00e9 dans la d\u00e9termination de la port\u00e9e de la demande en d\u00e9terminant que le transport maritime li\u00e9 au projet ne faisait pas partie du \u00ab projet d\u00e9sign\u00e9 \u00bb. En ce qui concerne l\u2019article 2 de la <em>Loi canadienne sur l\u2019\u00e9valuation environnementale <\/em>(la \u00ab LCEE<sup>21<\/sup> \u00bb), il ne s\u2019agissait pas d\u2019\u00ab activit\u00e9s concr\u00e8tes qui sont accessoires \u00bb aux autres activit\u00e9s concr\u00e8tes qui constituaient une composante du projet.<\/p>\n<p>Cette d\u00e9termination a eu pour effet que l\u2019Office n\u2019\u00e9tait pas tenu d\u2019effectuer certaines \u00e9valuations en vertu de cette loi ni des \u00e9valuations en vertu de la <em>Loi sur les esp\u00e8ces en p\u00e9ril <\/em>(\u00ab LEP<sup>22<\/sup> \u00bb), m\u00eame si le transport maritime associ\u00e9 au projet ou g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par celui-ci risquait d\u2019entra\u00eener des r\u00e9percussions n\u00e9gatives sur la population d\u2019\u00e9paulards r\u00e9sidents du sud. Ainsi, l\u2019examen de ces questions par l\u2019Office s\u2019est limit\u00e9 \u00e0 la disposition relative \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat public g\u00e9n\u00e9ral de la <em>Loi sur l\u2019Office national de l\u2019\u00e9nergie<\/em><sup>23<\/sup> et \u00e0 une disposition sur les effets cumulatifs de la LCEE.<\/p>\n<p>La juge d\u2019appel Dawson a rejet\u00e9 l\u2019interpr\u00e9tation qu\u2019a faite l\u2019Office de la signification de l\u2019article 2 et de son application aux faits. Ses pr\u00e9occupations \u00e9taient en partie fond\u00e9es sur le fait que l\u2019Office n\u2019avait pas fourni de motifs suffisants pour justifier son interpr\u00e9tation du terme pertinent. Et dans la mesure o\u00f9 l\u2019Office avait fond\u00e9 sa position sur la proposition selon laquelle il ne pouvait inclure dans la port\u00e9e du \u00ab projet d\u00e9sign\u00e9 \u00bb la navigation maritime parce qu\u2019elle \u00e9tait r\u00e9glement\u00e9e ailleurs, il a err\u00e9. En effet, on a omis de \u00ab prendre en compte<sup>24<\/sup> \u00bb cette question importante, et on s\u2019est content\u00e9 de faire une affirmation. De fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale, elle \u00e9tait d\u2019avis que l\u2019Office avait mal interpr\u00e9t\u00e9 le terme critique de la LCEE. Dans la mesure o\u00f9 l\u2019Office avait fourni une justification, ce n\u2019\u00e9tait \u00ab pas appuy\u00e9 par le r\u00e9gime l\u00e9gislatif<sup>25<\/sup> \u00bb.<\/p>\n<p>Toutefois, elle a ensuite examin\u00e9 si l\u2019Office s\u2019\u00e9tait acquitt\u00e9 efficacement de ses responsabilit\u00e9s en vertu des dispositions pertinentes des deux lois lorsqu\u2019il a port\u00e9 son attention sur la disposition relative \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat public g\u00e9n\u00e9ral de la <em>Loi sur l\u2019Office national de l\u2019\u00e9nergie<\/em><sup>26<\/sup> et sur l\u2019article de la LCEE traitant des effets cumulatifs<sup>27<\/sup>. Apr\u00e8s un examen attentif, elle a conclu que ces \u00e9l\u00e9ments du rapport de l\u2019Office n\u2019\u00e9taient pas un substitut ad\u00e9quat pour une \u00e9valuation en vertu de la LCEE<sup>28<\/sup> et de la LEP<sup>29<\/sup> au motif que les r\u00e9percussions associ\u00e9es au transport maritime, y compris ses effets sur la population d\u2019\u00e9paulards, faisaient partie du projet d\u00e9sign\u00e9.<\/p>\n<p>Dans la mesure o\u00f9 le gouverneur en conseil avait fond\u00e9 sa d\u00e9cision enjoignant \u00e0 l\u2019Office de d\u00e9livrer un certificat de commodit\u00e9 et de n\u00e9cessit\u00e9s publiques sur le rapport de l\u2019Office et sans remettre en question sa position sur ces questions, cette d\u00e9cision a \u00e9t\u00e9 ternie par les erreurs de l\u2019Office<sup>30<\/sup>. Autrement dit, l\u2019Office, en raison de ses erreurs, n\u2019avait pas remis au gouverneur en conseil un \u00ab rapport \u00bb qui \u00e9tait une condition pr\u00e9alable \u00e0 la prise d\u2019une d\u00e9cision par le gouverneur en conseil<sup>31<\/sup>. Dans ses conclusions, la juge d\u2019appel Dawson a expliqu\u00e9 la conclusion de la Cour en ces mots :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">La conclusion de l\u2019Office selon laquelle le projet n\u2019\u00e9tait pas susceptible d\u2019entra\u00eener des effets environnementaux n\u00e9gatifs importants \u00e9tait un \u00e9l\u00e9ment central de son rapport. L\u2019omission injustifi\u00e9e d\u2019\u00e9valuer les effets du transport maritime en vertu de la <em>Loi canadienne sur l\u2019\u00e9valuation environnementale <\/em>(2012) et la conclusion erron\u00e9e qui en a r\u00e9sult\u00e9 au sujet des effets du projet \u00e9taient si cruciale que le gouverneur en conseil ne pouvait, sur le plan fonctionnel, effectuer le genre d\u2019\u00e9valuation des effets environnementaux du projet et de l\u2019int\u00e9r\u00eat public que la loi exige [traduction]<sup>32<\/sup>.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait donc \u00ab d\u00e9raisonnable que le gouverneur en conseil s\u2019appuie sur \u00bb le rapport [traduction]<sup>33<\/sup>.<\/p>\n<p><strong>ii. Obligation de consulter<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019analyse de la juge Dawson quant \u00e0 savoir si la Couronne a manqu\u00e9 \u00e0 son obligation de consulter occupe 283 paragraphes de son jugement. Elle a soutenu que le cadre g\u00e9n\u00e9ral du processus<sup>34<\/sup> communiqu\u00e9 aux groupes autochtones par le Canada \u00e9tait ad\u00e9quat pour respecter les obligations impos\u00e9es par le devoir de consulter et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, de tenir compte des droits et des revendications des peuples autochtones. Il a \u00e9tabli les r\u00e8gles de base pour l\u2019ex\u00e9cution de la phase III du processus, l\u2019\u00e9tape du gouverneur en conseil. Il s\u2019agissait notamment d\u2019un engagement du Canada \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019un processus de consultation de la phase III qui porterait sur deux questions :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">a. Y\u2019a-t-il des pr\u00e9occupations laiss\u00e9es en suspens concernant les r\u00e9percussions du projet sur les droits ancestraux ou issus de trait\u00e9s, potentiels ou \u00e9tablis?<\/p>\n<p>et<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">b. Y\u2019a-t-il des mesures d\u2019accommodement progressives que la Couronne devrait envisager pour r\u00e9gler les pr\u00e9occupations en suspens<sup>35<\/sup>?<\/p>\n<p>C\u2019est toutefois au cours de la mise en \u0153uvre de la phase III du processus que des lacunes se sont produites. La conception qu\u2019a la Cour de la mise en \u0153uvre de la phase III du processus reposait en grande partie sur le caract\u00e8re central d\u2019un \u00ab dialogue bidirectionnel significatif [traduction]<sup>36<\/sup> \u00bb. Il aurait d\u00fb y avoir \u00ab un dialogue attentif, r\u00e9fl\u00e9chi et significatif de la part du Canada en r\u00e9ponse aux pr\u00e9occupations exprim\u00e9es par les demandeurs autochtones [traduction]<sup>37<\/sup> \u00bb. Au lieu de cela, l\u2019\u00e9quipe de consultation de la Couronne :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">[\u2026] a limit\u00e9 son mandat \u00e0 \u00e9couter et \u00e0 consigner les pr\u00e9occupations des demandeurs autochtones, puis \u00e0 les communiquer aux d\u00e9cideurs [traduction]<sup>38<\/sup>.<\/p>\n<p>Bref, ses membres ont agi comme des \u00ab preneurs de notes [traduction]<sup>39<\/sup> \u00bb et non, \u00e0 quelques exceptions pr\u00e8s, comme des participants \u00e0 un dialogue.<\/p>\n<p>La juge d\u2019appel Dawson a \u00e9galement cern\u00e9 deux autres obstacles \u00e0 une consultation significative :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">La r\u00e9ticence du Canada \u00e0 tenir compte de tout \u00e9cart par rapport aux conclusions et aux conditions recommand\u00e9es par l\u2019Office et son opinion erron\u00e9e selon laquelle il n\u2019avait pas la capacit\u00e9 d\u2019imposer d\u2019autres conditions \u00e0 Trans Mountain [traduction]<sup>40<\/sup>.<\/p>\n<p>En ce qui concerne le cadre de la phase III, elle a \u00e9galement critiqu\u00e9 la tardivet\u00e9 de l\u2019\u00e9valuation de la Couronne, au moyen d\u2019un rapport de consultation de la Couronne sur les r\u00e9percussions du projet sur les demandeurs autochtones, dans le processus. Dans la mesure o\u00f9 la deuxi\u00e8me version du pr\u00e9sent rapport indiquait que le projet n\u2019aurait pas \u00ab une grande incidence sur l\u2019exercice des int\u00e9r\u00eats autochtones des demandeurs \u00bb, le Canada n\u2019a pas donn\u00e9 \u00e0 ces demandeurs suffisamment de temps pour fournir des commentaires d\u00e9taill\u00e9s [traduction]<sup>41<\/sup>.<\/p>\n<p><strong>iii. Recours<\/strong><\/p>\n<p>Les conclusions de la Cour sur ces deux questions critiques ont entra\u00een\u00e9 l\u2019annulation du d\u00e9cret contenant la d\u00e9cision du gouverneur en conseil acceptant le rapport de l\u2019Office et ordonnant la d\u00e9livrance d\u2019un certificat de commodit\u00e9 et n\u00e9cessit\u00e9 publiques. De plus, l\u2019affaire a \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9e au gouverneur en conseil pour \u00ab r\u00e9examen rapide [traduction]<sup>42<\/sup> \u00bb.<\/p>\n<p>En ce qui concerne le premier d\u00e9faut, le d\u00e9cret de remise comprenait \u00e9galement une directive selon laquelle le gouverneur en conseil, \u00e0 son tour, renvoie la question de la port\u00e9e \u00e0 l\u2019Office pour r\u00e9examen par rapport aux diverses questions pr\u00e9occupantes soulev\u00e9es par la Cour, comme l\u2019a r\u00e9it\u00e9r\u00e9 l\u2019ordonnance corrective<sup>43<\/sup>. Pour ce qui est de l\u2019absence de consultations ad\u00e9quates, le gouverneur en conseil a re\u00e7u la directive de \u00ab reprendre les consultations de la phase III<sup>44<\/sup> \u00bb.<\/p>\n<p><strong>iv. Commentaires<\/strong><\/p>\n<p>Les motifs de la juge d\u2019appel Dawson dans <em>Tsleil-Waututh <\/em>ont couvert beaucoup de territoire. En ce qui concerne plus particuli\u00e8rement l\u2019obligation de consulter, son analyse comprenait une \u00e9valuation intensive de la fa\u00e7on dont le processus \u00e9voluait. Il n\u2019y a pas lieu d\u2019examiner en d\u00e9tail cet aspect crucial du jugement. Il ne faut pas non plus oublier que la Cour a rejet\u00e9 la grande majorit\u00e9 des contestations portant sur les aspects fondamentaux et proc\u00e9duraux du processus. Ici aussi, les contraintes d\u2019espace ne permettent pas un examen complet des motifs pour lesquels les divers demandeurs ont \u00e9chou\u00e9. Toutefois, j\u2019ai choisi trois aspects du jugement qui rel\u00e8vent du droit administratif pour faire de brefs commentaires.<\/p>\n<ul style=\"padding-left: 30px;\">\n<li>La cible appropri\u00e9e d\u2019une demande de contr\u00f4le judiciaire<\/li>\n<\/ul>\n<p>L\u2019affaire <em>Tsleil-Waututh <\/em>comprenait le regroupement de diverses demandes de contr\u00f4le judiciaire, dont certaines attaquaient le rapport de l\u2019Office et d\u2019autres visaient \u00e0 casser la d\u00e9cision du gouverneur en conseil. Dans son jugement<sup>45<\/sup>, la juge d\u2019appel Dawson a conclu que la seule cible appropri\u00e9e d\u2019une demande de contr\u00f4le judiciaire \u00e9tait la d\u00e9cision du gouverneur en conseil. R\u00e9affirmant la d\u00e9cision de la Cour (rendue par elle-m\u00eame et le juge d\u2019appel Stratas dans <em>Gitxaala Nation<\/em><sup>46<\/sup>), elle a qualifi\u00e9 le rapport de l\u2019Office de \u00ab non justiciable<sup>47<\/sup> \u00bb. Le contr\u00f4le judiciaire (du moins en ce qui concerne ce qui constitue une \u00ab question \u00bb susceptible de contr\u00f4le aux fins du paragraphe 18.1(1) de la <em>Loi sur les Cours f\u00e9d\u00e9rales<\/em><sup>48<\/sup><em>) <\/em>\u00e9tait limit\u00e9 aux \u00ab d\u00e9cisions concernant des int\u00e9r\u00eats juridiques et pratiques [traduction]<sup>49<\/sup> \u00bb. Le rapport de l\u2019Office n\u2019a pas franchi ce seuil; il a omis \u00ab d\u2019affecter des droits juridiques, d\u2019imposer des obligations juridiques ou de causer des effets pr\u00e9judiciables<sup>50<\/sup> \u00bb. Le rapport n\u2019a pas eu de cons\u00e9quences juridiques<sup>51<\/sup>. Il renfermait une s\u00e9rie de recommandations qui n\u2019avaient aucun effet juridique ou pratique ind\u00e9pendant<sup>52<\/sup>. La juge d\u2019appel Dawson a \u00e9galement renforc\u00e9 cette caract\u00e9risation du r\u00f4le de l\u2019Office en soulignant que tout d\u00e9faut dans le rapport et les processus de l\u2019Office pourrait \u00eatre corrig\u00e9 par le gouverneur en conseil<sup>53<\/sup>, et que, s\u2019il n\u2019est pas corrig\u00e9 (comme dans le cas qui nous occupe), le d\u00e9faut de corriger la situation pourrait faire l\u2019objet d\u2019une demande de contr\u00f4le judiciaire de la d\u00e9cision du gouverneur en conseil; si la d\u00e9cision du gouverneur en conseil reposait sur un rapport de l\u2019Office \u00ab comportant des lacunes importantes [traduction]\u00bb, elle faisait l\u2019objet d\u2019un contr\u00f4le judiciaire<sup>54<\/sup>. Bref, selon la juge d\u2019appel Dawson, la d\u00e9cision <em>Gitxaala <\/em>n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 mal jug\u00e9e sur ce point.<\/p>\n<p>Dans mon examen de la jurisprudence pertinente de 2016<sup>55<\/sup>, j\u2019ai exprim\u00e9 des pr\u00e9occupations au sujet de cet aspect de l\u2019affaire <em>Gitxaala, <\/em>et je ne suis toujours pas convaincu malgr\u00e9 la r\u00e9\u00e9valuation d\u00e9taill\u00e9e de la juge d\u2019appel Dawson dans l\u2019affaire <em>Gitxaala <\/em>qui maintient ce point<sup>56<\/sup>. Bien que je ne m\u2019oppose pas \u00e0 ce que la Cour supprime les neuf demandes de contr\u00f4le judiciaire du rapport de l\u2019Office, je ne suis pas \u00e0 l\u2019aise avec la justification de la justiciabilit\u00e9 de cette ligne de conduite. \u00c0 mon avis, ce n\u2019est pas une question de justiciabilit\u00e9 au sens conventionnel du terme. De toute \u00e9vidence, les questions en cause dans les contestations du rapport de l\u2019Office sont des questions qui peuvent \u00eatre r\u00e9gl\u00e9es par un tribunal; elles repr\u00e9sentent des cas types se pr\u00eatant \u00e0 un contr\u00f4le judiciaire. De plus, l\u2019Office, de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale ou dans cette situation particuli\u00e8re, ne peut assur\u00e9ment pas \u00e0 tous \u00e9gards demeurer \u00e0 l\u2019abri des proc\u00e9dures des tribunaux, comme en t\u00e9moigne le privil\u00e8ge parlementaire. Il s\u2019agit d\u2019une mesure corrective et non d\u2019une question de justiciabilit\u00e9.<\/p>\n<p>Il est beaucoup plus appropri\u00e9 de qualifier l\u2019annulation des demandes de contr\u00f4le judiciaire d\u2019exercice du pouvoir discr\u00e9tionnaire d\u2019accorder r\u00e9paration au motif que le gouverneur en conseil est ou \u00e9tait en mesure de corriger les d\u00e9fauts du processus ci-dessous. Bien s\u00fbr, on pourrait pr\u00e9tendre que ce n\u2019est qu\u2019une question de terminologie, et que la diff\u00e9rence entre l\u2019approche dans <em>Gitxaala <\/em>et la mienne n\u2019a aucune cons\u00e9quence pratique. Cependant, la r\u00e9alit\u00e9 est que cela peut faire une diff\u00e9rence. L\u2019approche dans Gitxaala n\u2019admet pas d\u2019exceptions; l\u2019Office lui-m\u00eame ne peut jamais, en vertu de ce r\u00e9gime l\u00e9gislatif particulier, \u00eatre mis en cause dans une demande de contr\u00f4le judiciaire. Une conclusion de manque de justiciabilit\u00e9 entra\u00eene cette cons\u00e9quence. Mais il peut fort bien y avoir des situations dans lesquelles une attaque pr\u00e9ventive contre les processus de l\u2019Office est appropri\u00e9e, par exemple, dans le cas d\u2019une crainte raisonnable de partialit\u00e9 de la part de l\u2019Office ou de l\u2019un de ses membres ou d\u2019une all\u00e9gation d\u2019absence de comp\u00e9tence en la mati\u00e8re. Le fait de ne pas reconna\u00eetre ces situations cr\u00e9e une lacune qui pourrait entra\u00eener une perte consid\u00e9rable de temps et de ressources avant d\u2019avoir l\u2019occasion de soulever la question \u00e0 l\u2019\u00e9tape du gouverneur en conseil.<\/p>\n<ul style=\"padding-left: 30px;\">\n<li>\u00c9l\u00e9ments des motifs du gouverneur\u00a0en conseil<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le procureur g\u00e9n\u00e9ral de la Colombie-Britannique a demand\u00e9 un examen parce que le gouverneur en conseil n\u2019avait pas respect\u00e9 l\u2019obligation<sup>57<\/sup> l\u00e9gale de justifier sa d\u00e9cision. Pour ces raisons, le procureur g\u00e9n\u00e9ral a soutenu que les motifs devaient \u00eatre expos\u00e9s dans le d\u00e9cret et nulle part ailleurs.<\/p>\n<p>La juge d\u2019appel Dawson a rejet\u00e9 cette conception \u00e9troite des motifs du gouverneur en conseil. Le fait de limiter l\u2019\u00e9valuation des motifs aux termes du d\u00e9cret ne reconnaissait pas le caract\u00e8re inappropri\u00e9 de traiter le d\u00e9cret comme \u00e9tant le d\u00e9p\u00f4t exclusif du gouverneur en conseil, compte tenu de la \u00ab nature l\u00e9gislative et du format standard d\u2019un d\u00e9cret<sup>58<\/sup> \u00bb. Ce n\u2019\u00e9tait pas un v\u00e9hicule appropri\u00e9 pour toutes sortes de raisons. En l\u2019esp\u00e8ce, les motifs comprenaient \u00e9galement la note explicative jointe et publi\u00e9e dans la Gazette du Canada avec le d\u00e9cret. Les documents mentionn\u00e9s dans la note explicative et les documents auxquels on renvoie dans la note explicative, y compris le rapport de consultation de la Couronne et le rapport de l\u2019Office, incluant les annexes tenant compte du fait que le d\u00e9cret a adopt\u00e9 les recommandations de l\u2019Office relativement \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat public<sup>59<\/sup>. En appliquant de nouveau <em>Gitxaala<\/em><sup>60<\/sup> et conform\u00e9ment aux conclusions des tribunaux dans l\u2019affaire <em>Bigstone Cree Nation, <\/em>la juge d\u2019appel Dawson a conclu que, eu \u00e9gard \u00e0 tous ces documents, le gouverneur en conseil s\u2019\u00e9tait acquitt\u00e9 de l\u2019obligation l\u00e9gale d\u2019\u00ab expliquer les motifs \u00bb dans son d\u00e9cret. Cette conclusion ne peut gu\u00e8re \u00eatre contest\u00e9e.<\/p>\n<ul style=\"padding-left: 30px;\">\n<li>Norme de contr\u00f4le pour les questions de droit administratif<\/li>\n<\/ul>\n<p>Comme on pouvait s\u2019y attendre, la juge d\u2019appel Dawson a conclu que la norme de contr\u00f4le appropri\u00e9e pour les divers \u00e9l\u00e9ments de fond de la d\u00e9cision du gouverneur en conseil \u00e9tait celle de la d\u00e9cision raisonnable<sup>61<\/sup>. Toutefois, l\u2019explication qu\u2019elle a donn\u00e9e de ce que sous-entendait la conduite de l\u2019examen du caract\u00e8re raisonnable contenait un \u00e9l\u00e9ment qui sugg\u00e9rait un engagement moins que total \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019approche empreinte de d\u00e9f\u00e9rence qui sous-tend l\u2019examen du caract\u00e8re raisonnable. Faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une autorit\u00e9 ant\u00e9rieure (y compris encore une fois l\u2019affaire <em>Gitxaala<\/em>), la juge d\u2019appel Dawson a adopt\u00e9 une version de l\u2019examen du caract\u00e8re raisonnable qui comprenait un examen minutieux de la d\u00e9cision faisant l\u2019objet de l\u2019examen pour en d\u00e9terminer la conformit\u00e9 \u00ab \u00e0 la port\u00e9e et \u00e0 la justification du r\u00e9gime l\u00e9gislatif<sup>62<\/sup> \u00bb. La cour de r\u00e9vision devait s\u2019assurer que la d\u00e9cision du gouverneur en conseil avait \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9e \u00ab dans les limites \u00e9tablies par le r\u00e9gime l\u00e9gislatif [traduction]<sup>63<\/sup> \u00bb. Plus loin, la juge d\u2019appel Dawson poursuit sur ce th\u00e8me. Le caract\u00e8re raisonnable exigeait que \u00ab la d\u00e9cision soit prise conform\u00e9ment aux dispositions de la loi [traduction]<sup>64<\/sup> \u00bb. En ce qui concerne le contr\u00f4le du caract\u00e8re raisonnable, le d\u00e9cideur demeure \u00ab limit\u00e9 dans les r\u00e9sultats qu\u2019il peut obtenir en vertu de la loi [traduction]<sup>65<\/sup> \u00bb.<\/p>\n<p>Il est relativement facile de voir cette articulation du processus de contr\u00f4le du caract\u00e8re raisonnable comme introduisant en fait un \u00e9l\u00e9ment important de la d\u00e9cision correcte, du moins dans le discernement du sens des dispositions l\u00e9gislatives et m\u00eame dans l\u2019application aux faits des dispositions l\u00e9gislatives pertinentes.<\/p>\n<p>En effet, ce point de vue de la juge Dawson sur ce que signifie le contr\u00f4le du caract\u00e8re raisonnable est confirm\u00e9 par la fa\u00e7on dont elle \u00e9value l\u2019interpr\u00e9tation et l\u2019application par l\u2019Office des dispositions l\u00e9gislatives concernant les \u00e9valuations environnementales et les \u00e9valuations des esp\u00e8ces en p\u00e9ril dans le contexte (dont il a \u00e9t\u00e9 question plus t\u00f4t) de l\u2019incidence du transport maritime. Ainsi, elle commence par d\u00e9crire la question de savoir si le transport maritime li\u00e9 au projet faisait partie du \u00ab projet d\u00e9sign\u00e9 \u00bb comme n\u2019\u00e9tant pas une simple question d\u2019interpr\u00e9tation de la loi, mais plut\u00f4t une \u00ab question mixte de fait et de droit lourdement impr\u00e9gn\u00e9e par la preuve \u00bb [traduction]<sup>66<\/sup>. Cette cat\u00e9gorisation signifierait normalement que, sauf peut-\u00eatre lorsqu\u2019il y a une question de droit pure et facile \u00e0 isoler, une instance r\u00e9visionnelle ferait preuve de d\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la d\u00e9cision de l\u2019Office sur les questions pertinentes.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, tout au long de la discussion sur cette question, la juge d\u2019appel Dawson semble certainement s\u2019engager sur la base de la d\u00e9cision correcte quant au raisonnement de l\u2019Office et au processus d\u2019application de droit\/des faits. Il s\u2019agit d\u2019un examen d\u00e9taill\u00e9 de la fa\u00e7on dont l\u2019Office a abord\u00e9 ces questions et des faits qui sous-tendent cette discussion sur laquelle les conclusions de l\u2019Office ont \u00e9t\u00e9 fond\u00e9es. Dans une situation o\u00f9 l\u2019articulation et l\u2019application de la norme de la d\u00e9cision raisonnable peuvent avoir \u00e9t\u00e9 cruciales, c\u2019est inqui\u00e9tant.<\/p>\n<p>Si l\u2019on doit trouver une justification, il se peut, toutefois, que l\u2019Office n\u2019ait pas expliqu\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9ment pourquoi il a accept\u00e9, pour des raisons d\u2019interpr\u00e9tation de la loi, que le transport maritime li\u00e9 au projet ne faisait pas partie du \u00ab projet d\u00e9sign\u00e9 \u00bb au sens de l\u2019article 2 de la LCEE. En effet, on peut discerner un certain bien-fond\u00e9 \u00e0 cet \u00e9gard dans les conditions selon lesquelles la Cour a renvoy\u00e9 l\u2019affaire au gouverneur en conseil pour un nouveau d\u00e9cret de remise visant l\u2019Office. Ce d\u00e9cret de remise enjoignait \u00e0 l\u2019Office de \u00ab r\u00e9examiner, en se fondant sur des principes, si le transport maritime li\u00e9 au projet est accessoire au projet [traduction]<sup>67<\/sup> \u00bb. Il n\u2019a pas ordonn\u00e9 \u00e0 l\u2019Office de r\u00e9examiner la question au motif que la navigation li\u00e9e au projet \u00e9tait accessoire au projet. En d\u2019autres termes, le d\u00e9cret de remise reconnaissait implicitement la responsabilit\u00e9 premi\u00e8re de l\u2019Office de d\u00e9terminer le sens de la loi en ce qui a trait \u00e0 la d\u00e9cision relative \u00e0 la port\u00e9e. Pour ce qui est de la position de l\u2019Office sur cette question, elle s\u2019est effondr\u00e9e \u00e0 la suite d\u2019une combinaison de facteurs, soit une d\u00e9faillance de l\u2019articulation et, dans la mesure o\u00f9 il y avait une justification, l\u2019adoption d\u2019une position qui ne r\u00e9sistait pas \u00e0 l\u2019examen selon une norme de la d\u00e9cision raisonnable. On donnait maintenant \u00e0 l\u2019Office une autre occasion d\u2019examiner la question et de justifier toute conclusion entra\u00eenant le m\u00eame effet.<\/p>\n<p><strong>PARLEMENT ET ASSEMBL\u00c9ES L\u00c9GISLATIVES, ET L\u2019OBLIGATION DE CONSULTER<\/strong><\/p>\n<p>On consid\u00e8re g\u00e9n\u00e9ralement comme axiomatique que les tribunaux canadiens traiteront comme non justiciable toute tentative d\u2019imposer des obligations d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale en common law au Parlement et aux assembl\u00e9es l\u00e9gislatives en ce qui concerne la pr\u00e9sentation et l\u2019adoption de mesures l\u00e9gislatives<sup>68<\/sup>.<\/p>\n<p>Ainsi, en 1991, dans le <em>Renvoi relatif au R\u00e9gime d\u2019assistance publique du Canada (C-B)<\/em><sup>69<\/sup><em>, <\/em>la Cour a rejet\u00e9 une tentative de la Colombie-Britannique d\u2019invoquer la doctrine des attentes l\u00e9gitimes pour contester la validit\u00e9 des modifications apport\u00e9es au <em>R\u00e9gime d\u2019assistance publique du Canada<\/em><sup>70<\/sup>. Nonobstant les dispositions de la Loi et les accords conclus en vertu de celle-ci, la province ne pouvait pas invoquer la doctrine selon laquelle son consentement \u00e9tait n\u00e9cessaire avant de pouvoir pr\u00e9senter et adopter une loi de modification. La version canadienne des attentes l\u00e9gitimes ne s\u2019appliquait pas \u00e0 la reconnaissance des droits fondamentaux. De plus, la Colombie-Britannique n\u2019avait aucune pr\u00e9tention l\u00e9gale d\u2019\u00eatre m\u00eame consult\u00e9e dans le cadre du processus l\u00e9gislatif.<\/p>\n<p>Par la suite, en 1999, dans <em>Wells c Terre-Neuve<\/em><sup>71<\/sup> la Cour a r\u00e9it\u00e9r\u00e9 cette derni\u00e8re position dans un contexte diff\u00e9rent. Wells avait soutenu que l\u2019Assembl\u00e9e l\u00e9gislative de Terre-Neuve-et-Labrador lui devait une obligation d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale lorsqu\u2019elle a adopt\u00e9 une loi qui l\u2019a en fait destitu\u00e9 de son poste de \u00ab repr\u00e9sentant des consommateurs \u00bb au sein du <em>Newfoundland Public Utilities Board <\/em>en abolissant le poste dans le cadre de la restructuration de cet office. Apr\u00e8s avoir d\u00e9clar\u00e9 que les actions du gouvernement n\u2019\u00e9taient pas fond\u00e9es sur un animus personnel envers Wells<sup>72<\/sup>, la Cour a de nouveau refus\u00e9 d\u2019assujettir l\u2019Assembl\u00e9e et ses processus \u00e0 une obligation implicite d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale en common law.<\/p>\n<p>La question a de nouveau \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9e en 2003 dans <em>Authorson c Canada<\/em><sup>73<\/sup>. Dans cette affaire, invoquant le paragraphe 1a) de la <em>D\u00e9claration canadienne des droits<\/em><sup>74<\/sup><em>, <\/em>l\u2019auteur, un repr\u00e9sentant du demandeur, a plaid\u00e9 que le Parlement devait \u00e0 une cat\u00e9gorie d\u2019anciens combattants invalides l\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale avant la promulgation d\u2019une loi retirant toute revendication d\u2019int\u00e9r\u00eat que les anciens combattants auraient pu avoir \u00e0 l\u2019\u00e9gard de sommes que le minist\u00e8re des Anciens Combattants d\u00e9tenait en leur nom. Malgr\u00e9 la garantie de l\u2019\u00ab application r\u00e9guli\u00e8re de la loi \u00bb pr\u00e9vue au paragraphe 1a) lorsque le \u00ab droit de la personne \u00e0[\u2026] la jouissance de la propri\u00e9t\u00e9 [traduction] \u00bb \u00e9tait retir\u00e9, cela ne s\u2019\u00e9tendait pas au processus l\u00e9gislatif. Le juge Major, qui a rendu le jugement de la Cour, a formul\u00e9 la conclusion suivante piteusement :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Le droit \u00e0 l\u2019application r\u00e9guli\u00e8re de la loi ne peut entraver le droit de l\u2019organe l\u00e9gislatif d\u2019\u00e9tablir sa propre proc\u00e9dure. Si la D\u00e9claration canadienne des droits conf\u00e9rait un tel pouvoir, elle modifierait la Constitution canadienne qui, dans le pr\u00e9ambule de la Loi constitutionnelle de 1867, \u00e9tablit une constitution reposant sur les m\u00eames principes que celle du Royaume\u2011Uni. Or, jamais de pareils droits pr\u00e9l\u00e9gislatifs d\u2019ordre proc\u00e9dural n\u2019ont exist\u00e9 au Royaume\u2011Uni. Il s\u2019ensuit que la D\u00e9claration canadienne des droits ne conf\u00e8re pas un tel pouvoir<sup>75<\/sup>.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, cela n\u2019a pas emp\u00each\u00e9 la Premi\u00e8re nation crie Mikisew d\u2019entamer des proc\u00e9dures dans lesquelles elle a affirm\u00e9 que l\u2019obligation constitutionnelle de consulter et, s\u2019il y a lieu, de prendre des mesures d\u2019accommodement s\u2019appliquait \u00e0 l\u2019\u00e9laboration, \u00e0 la pr\u00e9sentation et \u00e0 l\u2019adoption de mesures l\u00e9gislatives qui touchaient les droits et les revendications des Premi\u00e8res nations. Le contexte en \u00e9tait un qui a particuli\u00e8rement retenu l\u2019attention du secteur de l\u2019\u00e9nergie, \u00e0 savoir le projet de loi omnibus de 2012 du gouvernement Harper<sup>76<\/sup>, dont un \u00e9l\u00e9ment important \u00e9tait les modifications \u00e0 la l\u00e9gislation f\u00e9d\u00e9rale sur la protection de l\u2019environnement et les p\u00eaches. La Premi\u00e8re nation a all\u00e9gu\u00e9 que ces modifications pourraient avoir un effet n\u00e9gatif sur ses droits ancestraux et qu\u2019elle aurait d\u00fb \u00eatre consult\u00e9e dans le cadre du processus l\u00e9gislatif et, plus particuli\u00e8rement, en ce qui concerne sa demande de contr\u00f4le judiciaire, au cours de l\u2019\u00e9laboration du projet de loi.<\/p>\n<p>En effet, la Premi\u00e8re nation a eu gain de cause devant la Cour f\u00e9d\u00e9rale<sup>77<\/sup>, mais la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale a infirm\u00e9 la d\u00e9cision du juge Hughes et rejet\u00e9 la demande de contr\u00f4le judiciaire<sup>78<\/sup>. En appel devant la Cour supr\u00eame du Canada<sup>79<\/sup>, la Premi\u00e8re nation n\u2019a pas obtenu gain de cause. Il y a eu quatre jugements distincts dans lesquels les neuf membres de la Cour ont \u00e9tabli des positions diff\u00e9rentes. En raison des contraintes d\u2019espace, il n\u2019est pas possible de proc\u00e9der \u00e0 un examen complet de chacun des quatre jugements. Toutefois, le r\u00e9sum\u00e9 suivant des points saillants devrait fournir une explication ad\u00e9quate des raisons pour lesquelles la Premi\u00e8re nation n\u2019a pas eu gain de cause.<\/p>\n<p>Premi\u00e8rement, il y avait une question sur laquelle les neuf juges \u00e9taient apparemment d\u2019accord<sup>80<\/sup>. La demande de contr\u00f4le judiciaire, qu\u2019elle ait \u00e9t\u00e9 examin\u00e9e en vertu des articles 17 ou 18 et 18.1 de la <em>Loi sur les Cours f\u00e9d\u00e9rales<\/em><sup>81<\/sup><em>, <\/em>a \u00e9t\u00e9 mal interpr\u00e9t\u00e9e. Bien que le paragraphe 17(1) conf\u00e9rait \u00e0 la Cour f\u00e9d\u00e9rale une comp\u00e9tence concurrente \u00ab dans les cas de demande de r\u00e9paration contre la Couronne \u00bb avec la Couronne d\u00e9finie au paragraphe 2(1) comme \u00e9tant la Reine \u00ab du chef du Canada \u00bb, elle ne s\u2019\u00e9tendait pas aux membres de l\u2019ex\u00e9cutif lorsqu\u2019ils exer\u00e7aient \u00ab un pouvoir l\u00e9gislatif \u00bb. \u00c0 ces fins, le pouvoir l\u00e9gislatif englobait la pr\u00e9paration et le d\u00e9p\u00f4t d\u2019un projet de loi ainsi que le processus de son adoption, de son d\u00e9p\u00f4t au Parlement jusqu\u2019\u00e0 la sanction royale. Pour ce qui est d\u2019une demande de contr\u00f4le judiciaire en vertu des articles 18 et 18.1, le pouvoir de la Cour f\u00e9d\u00e9rale se limitait \u00e0 un \u00ab office f\u00e9d\u00e9ral, une commission ou un autre tribunal \u00bb. En vertu du paragraphe 2(2), \u00ab le S\u00e9nat, la Chambre des communes, [et] tout comit\u00e9 de l\u2019une ou l\u2019autre chambre \u00bb a \u00e9t\u00e9 exclu de la d\u00e9finition d\u2019\u00ab office f\u00e9d\u00e9ral \u00bb. Cela aussi a donn\u00e9 lieu \u00e0 l\u2019immunit\u00e9 des membres de l\u2019ex\u00e9cutif contre la possibilit\u00e9 d\u2019un contr\u00f4le judiciaire en vertu des articles 18 et 18.1 lorsqu\u2019ils exer\u00e7aient des fonctions l\u00e9gislatives.<\/p>\n<p>En soi, cela ne voulait pas dire que la Premi\u00e8re nation n\u2019avait aucun motif d\u2019action ou de contr\u00f4le judiciaire en raison de la violation all\u00e9gu\u00e9e des obligations de consultation de la Couronne lorsqu\u2019elle prenait des d\u00e9cisions touchant les droits des Autochtones et les revendications non r\u00e9gl\u00e9es. Cela aurait pu signifier que la Premi\u00e8re nation s\u2019\u00e9tait tout simplement retrouv\u00e9e devant le mauvais tribunal et aurait d\u00fb en fait entamer ses proc\u00e9dures devant une cour sup\u00e9rieure provinciale appropri\u00e9e. Toutefois, la Cour a ensuite examin\u00e9 l\u2019all\u00e9gation de manquement \u00e0 l\u2019obligation de consulter sur le fond et a conclu, par une majorit\u00e9 de sept contre deux, que l\u2019ex\u00e9cutif agissant en sa qualit\u00e9 de l\u00e9gislateur (en adoptant la pr\u00e9paration<sup>82<\/sup>, le d\u00e9p\u00f4t et l\u2019adoption de la l\u00e9gislation) n\u2019avait aucune obligation ex\u00e9cutoire de consultation envers les Premi\u00e8res nations touch\u00e9es ou \u00e9ventuellement touch\u00e9es. Cette conclusion a \u00e9t\u00e9 expliqu\u00e9e de diverses fa\u00e7ons dans les trois jugements pertinents en faisant r\u00e9f\u00e9rence au privil\u00e8ge parlementaire, \u00e0 la s\u00e9paration des pouvoirs, \u00e0 la souverainet\u00e9 parlementaire et aux principes g\u00e9n\u00e9raux de la common law canadienne selon lesquels les protections implicites de l\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale ne s\u2019appliquent pas aux fonctions l\u00e9gislatives.<\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 la majorit\u00e9, la juge Abella (avec qui la juge Martin \u00e9tait d\u2019accord<sup>83<\/sup>), faisant la distinction entre <em>Authorson et le Renvoi relatif au R\u00e9gime d\u2019assistance publique du Canada<\/em><sup>84<\/sup> a conclu que l\u2019obligation de consulter fond\u00e9e sur l\u2019honneur de la Couronne et enracin\u00e9e dans l\u2019article 35 de la <em>Loi constitutionnelle de 1982 <\/em>l\u2019emportait sur l\u2019immunit\u00e9 normale des pouvoirs ex\u00e9cutif et l\u00e9gislatif lorsqu\u2019ils \u00e9taient engag\u00e9s dans le processus de l\u00e9gislation primaire. C\u2019\u00e9tait un principe constitutionnel transcendant. Toutefois, elle a \u00e9galement soutenu qu\u2019il ne serait pas appropri\u00e9 d\u2019accorder un redressement tant que la loi pertinente n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 en vigueur<sup>85<\/sup> et, m\u00eame alors, il serait exceptionnel que la cour de r\u00e9vision d\u00e9clare la loi inconstitutionnelle. La ligne de conduite pr\u00e9f\u00e9rable consisterait \u00e0 faire une d\u00e9claration pr\u00e9cisant que l\u2019obligation de consulter n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 respect\u00e9e<sup>86<\/sup>. La juge Abella a \u00e9galement exprim\u00e9 l\u2019avis que la nature de l\u2019obligation de consultation devrait refl\u00e9ter le contexte plut\u00f4t diff\u00e9rent en cause lorsque l\u2019obligation \u00e9tait rattach\u00e9e \u00e0 l\u2019ex\u00e9cutif dans un r\u00f4le l\u00e9gislatif plut\u00f4t qu\u2019administratif<sup>87<\/sup>.<\/p>\n<p>En ce sens, les jugements des juges Karakatsanis et Abella se sont un peu rapproch\u00e9s, dans la mesure o\u00f9 la juge Karakatsanis a \u00e9mis des hypoth\u00e8ses sur la possibilit\u00e9 d\u2019une d\u00e9claration selon laquelle la Couronne n\u2019avait pas agi honorablement en promulguant une loi sans s\u2019engager dans une consultation appropri\u00e9e<sup>88<\/sup>. Le juge Brown s\u2019est montr\u00e9 exasp\u00e9r\u00e9 par ce qu\u2019il consid\u00e9rait comme une d\u00e9formation de la premi\u00e8re partie de son jugement, o\u00f9 elle (avec le juge en chef Wagner et le juge Gascon) avait rejet\u00e9 l\u2019application de l\u2019obligation de consulter au processus l\u00e9gislatif<sup>89<\/sup>. Cependant, m\u00eame le juge Brown semblait pr\u00eat \u00e0 accepter que le d\u00e9faut de proc\u00e9der \u00e0 des consultations puisse \u00eatre un facteur dans toute \u00e9valuation \u00e0 l\u2019\u00e9tape de la justification d\u2019une contestation de la substance d\u2019une loi en vertu de l\u2019article 35 de la <em>Loi constitutionnelle de 1982<\/em><sup>90<\/sup><em>. <\/em>Le juge Rowe (avec qui la juge C\u00f4t\u00e9 et le juge Moldaver \u00e9taient d\u2019accord) a exprim\u00e9 son accord avec le jugement du juge Brown<sup>91<\/sup> et a ajout\u00e9 en ce qui a trait au cadre de l\u2019infraction\/la justification aux fins de l\u2019\u00e9valuation des revendications qui concernent l\u2019article 35 :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">En plus d\u2019autres facteurs, y compris l\u2019indemnisation et la r\u00e9duction au minimum de l\u2019infraction, toute consultation pr\u00e9alable est prise en compte pour d\u00e9terminer si la violation est justifi\u00e9e<sup>92<\/sup>.<\/p>\n<p>En d\u2019autres termes, bien qu\u2019il n\u2019y ait aucune obligation ex\u00e9cutoire de consulter dans le cadre du processus l\u00e9gislatif, la pr\u00e9sence, l\u2019absence ou l\u2019\u00e9tendue r\u00e9elle de la consultation peut \u00eatre un facteur pertinent pour d\u00e9terminer si des atteintes l\u00e9gislatives aux droits des Autochtones peuvent \u00eatre justifi\u00e9es. En bref, bien qu\u2019il y ait une nette majorit\u00e9 appuyant la proposition selon laquelle l\u2019obligation de consulter ne peut \u00eatre appliqu\u00e9e directement comme si l\u2019ex\u00e9cutif agissait \u00e0 titre l\u00e9gislatif, le concept peut tout de m\u00eame s\u2019immiscer indirectement dans les actions all\u00e9guant des infractions \u00e0 l\u2019article 35. Quant \u00e0 savoir comment cela fonctionne pr\u00e9cis\u00e9ment, il faudra attendre un approfondissement ou une clarification judiciaire plus pouss\u00e9e.<\/p>\n<p>La perspective de l\u2019adoption du projet de loi C-262, <em>Loi visant \u00e0 assurer l\u2019harmonie des lois f\u00e9d\u00e9rales avec la D\u00e9claration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones <\/em>(\u00ab DNUDPA \u00bb)<sup>93<\/sup> est imminente et elle sera nomm\u00e9e <em>D\u00e9claration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. <\/em>Ce projet de loi a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 par la Chambre des communes le 30 mai 2018 et, \u00e0 la fin de 2018, en \u00e9tait \u00e0 l\u2019\u00e9tape de la deuxi\u00e8me lecture au S\u00e9nat. Si elle est adopt\u00e9e dans sa forme actuelle, elle reconna\u00eetra que la DNUDPA constitue \u00ab un instrument universel garantissant les droits internationaux de la personne et trouve application au Canada<sup>94<\/sup> \u00bb. L\u2019article 19 <em>de la D\u00e9claration <\/em>est le plus \u00e9loquent pour les fins actuelles :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Les \u00c9tats se concertent et coop\u00e8rent de bonne foi avec les peuples autochtones int\u00e9ress\u00e9s \u2013 par l\u2019interm\u00e9diaire de leurs propres institutions repr\u00e9sentatives \u2013 avant d\u2019adopter et d\u2019appliquer des mesures <strong>l\u00e9gislatives <\/strong>ou administratives susceptibles de concerner les peuples autochtones, afin d\u2019obtenir leur consentement pr\u00e9alable, donn\u00e9 librement et en connaissance de cause [caract\u00e8res gras ajout\u00e9s].<\/p>\n<p>Dans quelle mesure cela changera-t-il le paysage juridique \u00e0 l\u2019\u00e9gard duquel les peuples autochtones demandent \u00e0 participer aux processus l\u00e9gislatifs<sup>95<\/sup>?<\/p>\n<p><strong>OBLIGATION DE CONSULTER LES PEUPLES AUTOCHTONES \u2013 \u00c9QUIT\u00c9 PROC\u00c9DURALE, ATTENTES L\u00c9GITIMES ET \u00c9LABORATION DE LOIS ET DE POLITIQUES SUBORDONN\u00c9ES<sup>96<\/sup><\/strong><\/p>\n<p><strong>(A) Contexte<\/strong><\/p>\n<p>Comme il a \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9 dans la section pr\u00e9c\u00e9dente, parmi les diverses justifications que les membres de la Cour supr\u00eame ont donn\u00e9es pour refuser l\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale \u00e0 la Premi\u00e8re nation crie Mikisew dans le contexte de la l\u00e9gislation primaire, il y avait la position g\u00e9n\u00e9rale selon laquelle l\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale en common law ne s\u2019appliquait \u00e0 aucune fonction l\u00e9gislative. Ainsi, dans le <em>Renvoi relatif au R\u00e9gime d\u2019assistance publique du Canada<\/em><sup>97<\/sup><em>, <\/em>le juge Sopinka s\u2019est appuy\u00e9 sur deux des principaux jugements de la Cour supr\u00eame du Canada de l\u2019\u00e9poque en cette mati\u00e8re, soit <em>Procureur G\u00e9n\u00e9ral du Canada c Inuit Tapirisat<\/em><sup>98<\/sup> et <em>Martineau c Comit\u00e9 de discipline de l\u2019Institution de Matsqui<\/em><sup>99<\/sup><em>. <\/em>Dans le premier cas, il s\u2019agissait d\u2019un appel au gouverneur en conseil (Cabinet) de la d\u00e9cision d\u2019un organisme de r\u00e9glementation, et le juge Estey, qui rendait le jugement de la Cour, a soutenu que les appels au Cabinet n\u2019\u00e9taient assujettis \u00e0 aucune obligation d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale en common law puisque le Cabinet agissait \u00e0 titre de l\u00e9gislateur. Dans le deuxi\u00e8me cas, le juge Dickson (alors juge) a fait une affirmation souvent cit\u00e9e :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Une d\u00e9cision purement administrative, fond\u00e9e sur des motifs g\u00e9n\u00e9raux d\u2019ordre public, n\u2019accordera normalement aucune protection proc\u00e9durale \u00e0 l\u2019individu, et une contestation de pareille d\u00e9cision devra se fonder sur un abus de pouvoir discr\u00e9tionnaire. De m\u00eame, on ne pourra soumettre \u00e0 la surveillance judiciaire les organismes publics qui exercent des fonctions de nature l\u00e9gislative<sup>100<\/sup>.<\/p>\n<p>En effet, dans le <em>R\u00e9gime d\u2019assistance publique du Canada, <\/em>le juge Sopinka semblait accepter que cette exclusion de toutes les fonctions l\u00e9gislatives de la port\u00e9e de l\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale de la common law n\u2019a pas pu \u00eatre contourn\u00e9e en s\u2019appuyant sur la doctrine des attentes l\u00e9gitimes.<\/p>\n<p>Bien que l\u2019Inuit Tapirisat ait \u00e9t\u00e9 marginalis\u00e9 dans la mesure o\u00f9 il a soutenu que les appels au Cabinet \u00e9taient de nature l\u00e9gislative<sup>101<\/sup>, la proposition g\u00e9n\u00e9rale selon laquelle les obligations en mati\u00e8re d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale ne sont pas li\u00e9es \u00e0 des fonctions purement l\u00e9gislatives (comme on l\u2019a constat\u00e9 dans cette affaire et dans le Renvoi relatif au R\u00e9gime d\u2019assistance publique du Canada) semble toujours \u00eatre une partie accept\u00e9e du droit canadien. Cela se refl\u00e8te dans le jugement du juge Rowe dans l\u2019arr\u00eat <em>Mikisew Cree <\/em>o\u00f9, en r\u00e9f\u00e9rence aux deux jugements, il d\u00e9clare que les \u00ab principes g\u00e9n\u00e9raux du contr\u00f4le judiciaire \u00bb<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">[&#8230;] ne permettent pas aux tribunaux de contr\u00f4ler des d\u00e9cisions de nature l\u00e9gislative pour des motifs d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale [&#8230;] R\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, le gouvernement n\u2019a pas \u00e0 faire preuve d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale dans l\u2019exercice de fonctions l\u00e9gislatives<sup>102<\/sup>.<\/p>\n<p>En fait, la zone d\u2019exclusion peut s\u2019\u00e9tendre encore plus largement, en ce sens que le juge Dickson dans <em>Martineau <\/em>a parl\u00e9 non seulement de la prise de d\u00e9cisions l\u00e9gislatives, mais aussi de toute \u00ab d\u00e9cision purement administrative, fond\u00e9e sur des motifs g\u00e9n\u00e9raux d\u2019ordre public \u00bb. On en discerne d\u2019autres \u00e9chos dans le jugement du juge Le Dain (pour la Cour) rendu en 1985 dans l\u2019affaire <em>Cardinal c Directeur de l\u2019\u00c9tablissement Kent<\/em><sup>103<\/sup><em>, <\/em>dans lequel il a d\u00e9crit le seuil de l\u2019implication d\u2019une obligation d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale en common law dans les termes suivants :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Cette Cour a confirm\u00e9 que, \u00e0 titre de principe g\u00e9n\u00e9ral de common law, une obligation de respecter l\u2019\u00e9quit\u00e9 dans la proc\u00e9dure incombe \u00e0 tout organisme public qui rend des d\u00e9cisions administratives qui ne sont pas de nature l\u00e9gislative et qui touchent les droits, privil\u00e8ges ou biens d\u2019une <strong>personne <\/strong>[caract\u00e8res gras ajout\u00e9s]<sup>104<\/sup>.<\/p>\n<p>Cela peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 comme renfor\u00e7ant le sentiment que l\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale en common law est ax\u00e9e sur la prise de d\u00e9cisions qui touche les droits, les privil\u00e8ges et les int\u00e9r\u00eats d\u2019une personne ou d\u2019un groupe distinct de personnes. Il n\u2019a rien \u00e0 voir avec l\u2019exercice de vastes pouvoirs d\u2019\u00e9laboration de politiques (qu\u2019ils soient de nature l\u00e9gislative ou non) qui ont une incidence sur le public en g\u00e9n\u00e9ral ou sur des segments de la population de fa\u00e7on non diff\u00e9renci\u00e9e.<\/p>\n<p>Dans cette section de l\u2019examen, je vais me concentrer sur deux questions concernant cet aspect de l\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale en common law. Premi\u00e8rement, le projet de loi s\u2019applique-t-il directement \u00e0 l\u2019obligation de consulter et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, d\u2019accommoder les peuples autochtones? Deuxi\u00e8mement, repr\u00e9sente-t-il toujours la common law en ce qui concerne la prise de d\u00e9cisions l\u00e9gislatives dans des contextes autres que l\u2019\u00e9laboration, la pr\u00e9sentation et l\u2019adoption de lois primaires? Ces deux questions sont tr\u00e8s pertinentes pour la prise de r\u00e8glements et, plus g\u00e9n\u00e9ralement, pour les fonctions d\u2019\u00e9laboration de politiques des responsables de la politique et de la r\u00e9glementation du secteur de l\u2019\u00e9nergie.<\/p>\n<p><strong>(B) L\u2019obligation de consulter et l\u2019\u00e9laboration de lois et de\u00a0politiques subordonn\u00e9es<sup>105<\/sup><\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 la diff\u00e9rence des implications qui pourraient \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9es dans la d\u00e9claration du juge Rowe ci-dessus dans l\u2019arr\u00eat <em>Mikisew Cree, <\/em>la juge Karakatsanis \u00e9tait pour sa part tr\u00e8s claire. Elle a soulign\u00e9 que son jugement ne s\u2019\u00e9tendait pas \u00e0 la consultation sur la promulgation de lois subordonn\u00e9es; il s\u2019agissait de mesures ex\u00e9cutives et non l\u00e9gislatives<sup>106<\/sup>. De plus, le fait que la juge Abella (avec qui la juge Martin \u00e9tait en accord) aurait accept\u00e9 que l\u2019obligation est associ\u00e9e aux processus de la l\u00e9gislation primaire r\u00e9v\u00e8le manifestement qu\u2019elle ne s\u2019opposerait pas \u00e0 son application \u00e0 d\u2019autres processus d\u2019\u00e9laboration de lois et de politiques.<\/p>\n<p>Il convient \u00e9galement de mentionner que le juge d\u2019appel de Montigny, qui a rendu le jugement majoritaire de la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale dans l\u2019arr\u00eat <em>Mikisew Cree, <\/em>a pris soin de distinguer<sup>107<\/sup> le jugement de la Cour d\u2019appel de l\u2019Alberta dans l\u2019affaire <em>Tsuu T\u2019ina First Nation v Alberta (Minister of Environment)<\/em><sup>108<\/sup><em>. <\/em>Dans cette affaire, le juge O\u2019Brien, en rendant le jugement de la Cour, avait maintenu que l\u2019obligation de consulter \u00e9tait li\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9laboration d\u2019un plan de gestion de l\u2019eau qui avait \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9 et adopt\u00e9 par d\u00e9cret<sup>109<\/sup>. M\u00eame si le juge de Montigny n\u2019est pas all\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 exprimer une opinion quant \u00e0 la justesse de l\u2019affaire <em>Tsuu T\u2019ina, <\/em>il a clairement vu la situation de fait comme \u00e9tant diff\u00e9rente de celle dont la Cour \u00e9tait saisie dans l\u2019arr\u00eat <em>Mikisew Cree. <\/em>L\u2019arr\u00eat <em>Tsuu T\u2019ina <\/em>portait sur les actions d\u2019un \u00ab d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 [du gouverneur en conseil] en vertu d\u2019une autorit\u00e9 l\u00e9gislative [traduction]<sup>110<\/sup>.<\/p>\n<p>Plus t\u00f4t, dans l\u2019affaire <em>Rio Tinto Alcan Inc c Conseil tribal Carrier Sekani<\/em><sup>111<\/sup><em>, <\/em>la Cour supr\u00eame a reconnu que l\u2019application de l\u2019obligation de consulter dans le contexte d\u2019une \u00ab d\u00e9cision strat\u00e9gique prise en haut lieu \u00bb ou des points cl\u00e9s du processus d\u2019\u00e9laboration des politiques. Ce sens de l\u2019obligation de consulter qui s\u2019applique \u00e0 l\u2019ensemble du processus d\u00e9cisionnel du gouvernement, y compris aux mesures l\u00e9gislatives sous la forme de r\u00e8glements, de d\u00e9crets et de r\u00e8glements municipaux, a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 reconnu dans le jugement du juge Bruce de la Cour supr\u00eame de la Colombie-Britannique dans <em>Bande indienne d\u2019Adams Lake c Lieutenant gouverneur en conseil<\/em><sup>112<\/sup><em>. <\/em>Dans ce cas, faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019affaire <em>Tsuu T\u2019ina<\/em><sup>113<\/sup><em>, <\/em>elle a soutenu que l\u2019obligation de consulter pouvait s\u2019appliquer au processus de constitution d\u2019une municipalit\u00e9 par d\u00e9cret. Bien que le jugement ait \u00e9t\u00e9 infirm\u00e9 pour d\u2019autres motifs, ce renversement n\u2019\u00e9tait aucunement fond\u00e9 sur l\u2019inapplicabilit\u00e9 de l\u2019obligation de consulter \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019une loi subordonn\u00e9e.<\/p>\n<p>Compte tenu de ce contexte, \u00e0 tout le moins, le jugement rendu par la Cour dans l\u2019arr\u00eat <em>Mikisew Cree <\/em>ne peut pas et ne doit pas \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 comme faisant autorit\u00e9 pour la proposition selon laquelle l\u2019obligation de consulter ne s\u2019\u00e9tend pas \u00e0 une action \u00ab l\u00e9gislative \u00bb de quelque nature que ce soit. Autrement dit, il n\u2019y a pas de lien n\u00e9cessaire entre le seuil g\u00e9n\u00e9ralement accept\u00e9 et l\u2019obligation d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale de la common law et l\u2019existence d\u2019une obligation de consulter. De plus, l\u2019\u00e9quilibre des pouvoirs semble jusqu\u2019\u00e0 maintenant pencher en faveur d\u2019une limitation de la port\u00e9e d\u2019application de l\u2019arr\u00eat Mikisew Cree aux processus de la l\u00e9gislation primaire, ce qui cr\u00e9e la possibilit\u00e9 d\u2019appliquer l\u2019obligation de consulter dans tous les autres contextes l\u00e9gislatifs et d\u00e9cisionnels.<\/p>\n<p>La seule r\u00e9serve que j\u2019exprimerais, cependant, concerne les recours, particuli\u00e8rement en ce qui concerne le d\u00e9faut de consulter les peuples autochtones au sujet des d\u00e9crets. Dans les affaires <em>Tsuu T\u2019ina<\/em><sup>114<\/sup> et <em>Adams Lake Indian Band<\/em><sup>115<\/sup><em>, <\/em>les tribunaux ont exprim\u00e9 des pr\u00e9occupations quant \u00e0 savoir si la cassation constituait une mesure corrective appropri\u00e9e \u00e0 un d\u00e9cret en conseil pour lequel il n\u2019y avait pas eu de consultation ad\u00e9quate ou aucune consultation. Sans trancher d\u00e9finitivement cette question, les deux cours ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 un jugement d\u00e9claratoire comme indication appropri\u00e9e de tout d\u00e9faut de consultation dans le cadre de processus aboutissant \u00e0 un d\u00e9cret. Pour ma part, je ne vois pas pourquoi la cassation ne serait pas un recours appropri\u00e9 dans de tels cas, m\u00eame si je conc\u00e8de qu\u2019en mati\u00e8re d\u2019exercice du pouvoir discr\u00e9tionnaire de r\u00e9paration, un tribunal pourrait fort bien se limiter \u00e0 un jugement d\u00e9claratoire (je reviens \u00e0 cette question ci-dessous dans le contexte de contestations de lois subordonn\u00e9es au nom de l\u2019obligation d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale de la common law).<\/p>\n<p><strong>(C) \u00c9quit\u00e9 proc\u00e9durale et \u00e9laboration de lois et de politiques subordonn\u00e9es<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019obligation de consulter les peuples autochtones et les principes d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale de la common law, tout en ayant beaucoup en commun et en suivant parfois des voies parall\u00e8les, ont des fondements diff\u00e9rents. Plus important encore, l\u2019obligation de consulter est un imp\u00e9ratif constitutionnel et l\u2019obligation d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale en common law est justement de m\u00eame nature, une obligation qui est g\u00e9n\u00e9ralement assujettie \u00e0 la primaut\u00e9 l\u00e9gislative et qui n\u2019a pas de statut constitutionnel officiel<sup>116<\/sup>. Ainsi, toute reconnaissance du fait que l\u2019obligation de consulter s\u2019\u00e9tend \u00e0 la fois \u00e0 l\u2019\u00e9laboration de lois et \u00e0 l\u2019\u00e9laboration de politiques subordonn\u00e9es n\u2019a pas n\u00e9cessairement de ramifications quant au seuil de l\u2019application des principes de l\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale en common law. Ce seuil demeure une question \u00e0 part enti\u00e8re.<\/p>\n<p>Il est certain que le seuil de la common law a \u00e9t\u00e9 am\u00e9lior\u00e9 dans une certaine mesure au fil des ans. Ainsi, en 1980<sup>117<\/sup>, dans le contexte de la r\u00e9vision d\u2019un r\u00e8glement municipal, la Cour supr\u00eame a statu\u00e9 que, m\u00eame si le r\u00e8glement \u00e9tait de nature l\u00e9gislative, son adoption exigeait n\u00e9anmoins l\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale pour le promoteur touch\u00e9 parce qu\u2019il r\u00e9glait un litige juridique en cours entre la municipalit\u00e9 et le promoteur. Bien que le produit final ait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 sous forme l\u00e9gislative, le processus \u00e9tait essentiellement ax\u00e9 sur la prise de d\u00e9cisions individuelles<sup>118<\/sup>. J\u2019ai aussi d\u00e9j\u00e0 not\u00e9 le changement efficace apport\u00e9 par la Cour supr\u00eame dans la cat\u00e9gorisation des appels au Cabinet, qui sont pass\u00e9s de mesures l\u00e9gislatives \u00e0 des mesures administratives ou quasi judiciaires \u00e0 des fins d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale. N\u00e9anmoins, la sagesse conventionnelle a continu\u00e9 de pr\u00e9valoir, \u00e0 savoir que les v\u00e9ritables fonctions l\u00e9gislatives (y compris les r\u00e8glements et les d\u00e9crets en conseil) et l\u2019\u00e9laboration de politiques ou de r\u00e8gles de port\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale ne b\u00e9n\u00e9ficient pas de protections d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale en common law<sup>119<\/sup>.<\/p>\n<p>Le jugement rendu en 2018 par la juge Kane \u00e0 la Cour f\u00e9d\u00e9rale dans <em>Canada (Procureur g\u00e9n\u00e9ral) c Alliance de la Fonction publique du Canada <\/em>(\u00ab SCFP \u00bb)<sup>120<\/sup> en est un exemple patent. Elle a \u00e9galement soulev\u00e9 la question litigieuse de savoir si la doctrine des attentes l\u00e9gitimes pouvait \u00eatre appliqu\u00e9e pour contourner l\u2019exclusion des fonctions l\u00e9gislatives de la port\u00e9e de l\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale de la common law.<\/p>\n<p>L\u2019enjeu en l\u2019esp\u00e8ce \u00e9tait la validit\u00e9 des modifications apport\u00e9es \u00e0 la r\u00e9glementation pr\u00e9cisant le nombre minimal d\u2019agents de bord qui devaient \u00eatre d\u00e9ploy\u00e9s sur les vols commerciaux en proportion du nombre de si\u00e8ges disponibles. Le Syndicat canadien de la fonction publique (le \u00ab Syndicat \u00bb) repr\u00e9sentant les agents de bord a demand\u00e9 le contr\u00f4le judiciaire de ce r\u00e8glement en raison du non-respect des principes d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale de la common law et, plus particuli\u00e8rement, du non-respect des attentes l\u00e9gitimes du Syndicat en mati\u00e8re de consultation.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s un examen approfondi des arguments et des autorit\u00e9s, la juge Kane a r\u00e9sum\u00e9 ses conclusions en ces mots :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Il n\u2019y a pas d\u2019obligation d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale \u00e0 respecter, et la doctrine des attentes l\u00e9gitimes \u2013 qu\u2019elle soit consid\u00e9r\u00e9e comme une doctrine autonome ou un \u00e9l\u00e9ment de l\u2019obligation d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale \u2013 ne s\u2019applique pas dans le contexte de la prise de r\u00e8glements. Le processus l\u00e9gislatif, y compris les mesures l\u00e9gislatives subordonn\u00e9es, est exempt\u00e9 des exigences d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale [traduction]<sup>121<\/sup>.<\/p>\n<p>En plaidant contre cette position conventionnelle, entre autres arguments, le Syndicat avait exhort\u00e9 la juge Kane \u00e0 reclassifier l\u2019adoption d\u2019une l\u00e9gislation subordonn\u00e9e en une action ex\u00e9cutive plut\u00f4t qu\u2019une action l\u00e9gislative. Il \u00e9tait clair que la Cour n\u2019\u00e9tait pas susceptible de prendre cette mesure compte tenu du poids de l\u2019autorit\u00e9. Plus cr\u00e9dible, cependant, l\u2019Union a \u00e9galement fait valoir que, m\u00eame si les fonctions l\u00e9gislatives \u00e9taient encore g\u00e9n\u00e9ralement exclues des obligations d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale, cette exclusion pouvait \u00eatre contourn\u00e9e si les conditions pr\u00e9alables normales pour l\u2019invocation des attentes l\u00e9gitimes de droits de participation pouvaient \u00eatre satisfaites.<\/p>\n<p>Le jugement du Canada<sup>122<\/sup> sur lequel le Syndicat s\u2019est appuy\u00e9 le plus largement pour soutenir cette proposition \u00e9tait le jugement concordant rendu par le juge d\u2019appel Evans dans <em>Apotex Inc c Canada <\/em>(Procureur g\u00e9n\u00e9ral)<sup>123<\/sup> <em>(\u00ab Apotex \u00bb)<\/em> dans lequel il avait plaid\u00e9 en faveur de la reconnaissance de la doctrine des attentes l\u00e9gitimes dans le contexte de la prise de r\u00e8glements. Tout en admettant que ces fonctions aient normalement \u00e9t\u00e9 exclues de la port\u00e9e de l\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale en common law, il a adopt\u00e9 une version de la doctrine des attentes l\u00e9gitimes qui a permis \u00e0 celle-ci de s\u2019appliquer m\u00eame lorsque la fonction \u00e9tait de nature l\u00e9gislative, tant sur le plan de la forme que du fond. Toutefois, les deux autres membres de la Cour ont exprim\u00e9<sup>124<\/sup> un profond scepticisme quant \u00e0 la position du juge Evans sur cette question.<\/p>\n<p>Sur la voie de la r\u00e9futation de l\u2019argument fond\u00e9 sur la position du juge Evans, la juge Kane a reconnu que d\u2019autres juges<sup>125<\/sup> ne l\u2019avaient pas enti\u00e8rement rejet\u00e9. Toutefois, en r\u00e9pondant aux forts doutes exprim\u00e9s par les juges D\u00e9cary et Sexton dans <em>Apotex, <\/em>en fin de compte, la juge Kane a \u00e9galement fait r\u00e9f\u00e9rence au jugement de la Cour f\u00e9d\u00e9rale dans l\u2019affaire <em>Association des pilotes de Lignes internationales c Urbino<\/em><sup>126<\/sup><em>. <\/em>Le juge Pinard avait alors appliqu\u00e9 <em>Apotex <\/em>et d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019il n\u2019avait pas modifi\u00e9 la loi en ce qui concerne la non-application de la doctrine des attentes l\u00e9gitimes dans un contexte de r\u00e9glementation<sup>127<\/sup>. De plus, un comit\u00e9 de la Cour divisionnaire de l\u2019Ontario, dans l\u2019affaire The Cash Store Financial Services Inc v Ontario (Consumer Services)<sup>128<\/sup>, tout en d\u00e9clarant express\u00e9ment qu\u2019il ne tranchait pas la question, a fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la position adopt\u00e9e par les juges d\u2019appel D\u00e9cary et Sexton dans Apotex, \u00ab comme \u00e9tant certainement la position dominante dans la jurisprudence [traduction]\u00bb.<\/p>\n<p>Il est \u00e9galement important de souligner que dans <em>Apotex<\/em>, le juge Evans a soutenu que la doctrine des attentes l\u00e9gitimes n\u2019\u00e9tait pas autrement d\u00e9clench\u00e9e par les faits de l\u2019esp\u00e8ce. En outre, il a statu\u00e9 que, m\u00eame si les attentes l\u00e9gitimes de l\u2019entreprise n\u2019avaient pas \u00e9t\u00e9 satisfaites, il n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 appropri\u00e9 de casser ou d\u2019annuler le r\u00e8glement. Si le Cabinet avait approuv\u00e9 le r\u00e8glement en ignorant les engagements pris par le ministre quant \u00e0 la proc\u00e9dure, il n\u2019y avait pas lieu d\u2019intervenir. De toute fa\u00e7on, le secret des affaires du Cabinet pr\u00e9empterait tout examen effectif visant \u00e0 d\u00e9terminer si un ou l\u2019ensemble des membres du Cabinet connaissait lesdits engagements. Autrement dit, l\u2019entreprise aurait d\u00fb adopter une ligne de conduite pr\u00e9ventive pendant que le r\u00e8glement \u00e9tait encore en cours d\u2019\u00e9laboration et d\u2019\u00e9valuation au niveau minist\u00e9riel. Compte tenu de ces restrictions \u00e0 l\u2019obtention d\u2019un redressement, on est forc\u00e9 de se demander si la reconnaissance du fait que des attentes l\u00e9gitimes pouvaient \u00eatre d\u00e9clench\u00e9es dans le cadre de l\u2019\u00e9laboration de la r\u00e9glementation aurait \u00e9t\u00e9, dans la plupart des cas, une victoire vide. Cela soul\u00e8ve \u00e9galement la question de savoir si, m\u00eame apr\u00e8s l\u2019approbation du r\u00e8glement, le d\u00e9faut du ministre de r\u00e9pondre aux attentes l\u00e9gitimes d\u2019un demandeur pourrait \u00eatre attaqu\u00e9, en quelque sorte, de fa\u00e7on collat\u00e9rale, comme \u00e9tant une atteinte \u00e0 la validit\u00e9 du r\u00e8glement.<\/p>\n<p>La question qui reste \u00e9galement \u00e0 r\u00e9gler est la mesure dans laquelle le jugement en l\u2019esp\u00e8ce (et d\u2019autres pr\u00e9c\u00e9dents concernant des r\u00e8glements) s\u2019applique dans d\u2019autres contextes, comme les r\u00e8glements pris par les organismes de r\u00e9glementation<sup>129<\/sup>, l\u2019\u00e9laboration de r\u00e8glements municipaux et l\u2019\u00e9laboration de politiques et de lignes directrices par divers organismes gouvernementaux et de r\u00e9glementation.<\/p>\n<p>Dans son jugement, la juge Kane semble accorder beaucoup d\u2019importance au fait que la cible de cette demande de contr\u00f4le judiciaire est le gouverneur en conseil (ou le Cabinet). En particulier, elle souligne la r\u00e9serve naturelle qui s\u2019applique \u00e0 l\u2019examen des r\u00e8glements pris par le Cabinet. Citant le jugement de la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale dans l\u2019affaire <em>Canadian Council for Refugees v Canada<\/em><sup>130<\/sup><em>, <\/em>elle note comment<sup>131<\/sup>, dans cette affaire<sup>132<\/sup>, la Cour a assimil\u00e9 le pouvoir du gouverneur en conseil de prendre des r\u00e8glements \u00e0 celui des d\u00e9put\u00e9s d\u2019\u00e9dicter des lois, et elle a ensuite affirm\u00e9 que l\u2019examen des r\u00e8glements n\u2019est possible que pour invalidit\u00e9 constitutionnelle ou <em>ultra vires, <\/em>et non pour iniquit\u00e9 proc\u00e9durale<sup>133<\/sup>.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019appui de sa position dans <em>Apotex <\/em>selon laquelle la doctrine des attentes l\u00e9gitimes pouvait s\u2019appliquer \u00e0 la prise de r\u00e8glements par le gouverneur en conseil, le juge Evans s\u2019est appuy\u00e9 en partie<sup>134<\/sup> sur le jugement majoritaire de la Cour supr\u00eame prononc\u00e9 par le juge Sopinka dans <em>Association des r\u00e9sidents du vieux St-Boniface inc c Winnipeg (Ville)<\/em><sup>135<\/sup><em>. <\/em>Le juge Sopinka avait refus\u00e9 d\u2019appliquer la doctrine des attentes l\u00e9gitimes au motif qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas appropri\u00e9 d\u2019ajouter d\u2019autres obligations de consultation \u00e0 un processus qui offrait d\u00e9j\u00e0 des possibilit\u00e9s de participation ad\u00e9quates<sup>136<\/sup>. Toutefois, cet arr\u00eat faisait suite \u00e0 une d\u00e9claration dans laquelle il avait \u00e9nonc\u00e9 les principes des attentes l\u00e9gitimes de fa\u00e7on \u00e0 laisser entendre qu\u2019ils s\u2019appliquaient aux conseillers municipaux lorsqu\u2019il s\u2019agissait de d\u00e9terminer s\u2019il fallait adopter ou modifier un r\u00e8glement de zonage<sup>137<\/sup>. Dans SCFP, la juge Kane a soulign\u00e9<sup>138<\/sup> cet aspect des motifs du juge Evans, mais pas de fa\u00e7on \u00e0 soulever des doutes au sujet de son analyse de l\u2019arr\u00eat <em>Association des r\u00e9sidents du vieux St-Boniface inc c Winnipeg (Ville), <\/em>mais plut\u00f4t pour statuer qu\u2019ils ne s\u2019appliquaient pas \u00e0 la prise de r\u00e8glements par le Cabinet.<\/p>\n<p>En effet, au-del\u00e0 de la question des attentes l\u00e9gitimes, l\u2019arr\u00eat <em>Association des r\u00e9sidents du vieux St-Boniface inc c Winnipeg (Ville) <\/em>se distingue par le fait qu\u2019il a appliqu\u00e9 un crit\u00e8re de partialit\u00e9 modifi\u00e9 aux conseillers municipaux pour d\u00e9terminer s\u2019il y avait lieu d\u2019approuver une modification au r\u00e8glement de zonage. Ce sentiment que le principe de l\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale peut \u00eatre d\u00e9clench\u00e9 dans les cas de r\u00e8glements relatifs \u00e0 l\u2019utilisation des terres et au zonage persiste encore aujourd\u2019hui, comme en t\u00e9moigne le jugement rendu en 2018 par le juge Gates de la Cour du Banc de la Reine de l\u2019Alberta dans <em>Gruman v Canmore (Town)<\/em><sup>139<\/sup><em>. <\/em>Il a alors conclu que l\u2019obligation d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale s\u2019appliquait \u00e0 un r\u00e8glement de zonage ayant de vastes r\u00e9percussions sur la collectivit\u00e9. M\u00eame si la d\u00e9cision en l\u2019esp\u00e8ce \u00e9tait de nature plus l\u00e9gislative que juridictionnelle, le juge Gates<sup>140 <\/sup>a trait\u00e9 ce facteur comme \u00e9tant pertinent pour d\u00e9terminer le niveau ou l\u2019intensit\u00e9 de l\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale et non comme un facteur emp\u00eachant la Cour d\u2019appliquer les principes de l\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale en common law. On peut certainement soutenir que la r\u00e8gle normale selon laquelle l\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale ne s\u2019applique pas aux fonctions l\u00e9gislatives a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9e dans ce cas par les dispositions de la loi pertinente. N\u00e9anmoins, cela fournit un autre indicateur de la r\u00e9partition de ce qui a \u00e9t\u00e9 per\u00e7u comme une ligne de d\u00e9marcation claire aux fins du seuil d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale entre les fonctions l\u00e9gislatives, d\u2019une part, et les processus administratifs et d\u00e9cisionnels, d\u2019autre part<sup>141<\/sup>.<\/p>\n<p>Il convient \u00e9galement de rappeler que, dans le contexte de l\u2019obligation de consulter, le juge Phelan de la Cour f\u00e9d\u00e9rale (dans un jugement ent\u00e9rin\u00e9 par la Cour d\u2019appel) a statu\u00e9 qu\u2019elle s\u2019appliquait \u00e0 la phase d\u2019\u00e9laboration des r\u00e8gles de proc\u00e9dure d\u2019un projet (le Projet gazier de la vall\u00e9e du Mackenzie) qui avait des r\u00e9percussions n\u00e9gatives sur les peuples autochtones<sup>142<\/sup>.<\/p>\n<p>J\u2019ai donc l\u2019impression qu\u2019il y a beaucoup \u00e0 approfondir au regard de l\u2019observation suivante de la professeur Kate Glover :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Compte tenu de la tendance jurisprudentielle \u00e0 s\u2019\u00e9loigner de la distinction entre les d\u00e9cisions administratives, quasi judiciaires et judiciaires, les affaires <em>Wells et Cardinal <\/em>ne devraient probablement pas \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9es comme une exemption cat\u00e9gorique de l\u2019obligation d\u2019\u00e9quit\u00e9 pour toutes les d\u00e9cisions l\u00e9gislatives. Au contraire, dans chaque cas de prise de d\u00e9cision, la nature de la d\u00e9cision devrait \u00eatre examin\u00e9e attentivement pour en d\u00e9terminer le v\u00e9ritable caract\u00e8re et s\u2019il s\u2019agit du type de d\u00e9cision qui devrait \u00eatre soustraite \u00e0 l\u2019obligation d\u2019\u00e9quit\u00e9 de la common law [traduction]<sup>143<\/sup>.<\/p>\n<p>Toutefois, ce qui est \u00e9galement clair, c\u2019est qu\u2019il faudra un cas comme le jugement de la juge Kane dans <em>Syndicat <\/em>pour aller devant la Cour supr\u00eame du Canada si l\u2019on veut adopter cette conception un peu plus fluide du seuil d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale. \u00c0 tout le moins, il faut reconna\u00eetre que m\u00eame si l\u2019on accepte que les appels au Cabinet ne soient plus consid\u00e9r\u00e9s comme \u00e9tant de nature \u00ab l\u00e9gislative \u00bb, ce terme couvre un large \u00e9ventail de processus d\u00e9cisionnels. Ils vont de la l\u00e9gislation primaire \u00e0 l\u2019\u00e9laboration informelle de r\u00e8gles et d\u2019\u00e9nonc\u00e9s de politique. Compte tenu de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, il est n\u00e9cessaire de r\u00e9\u00e9valuer si, dans ce domaine, un r\u00e9gime universel doit r\u00e9gir le franchissement du seuil d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale, sans parler de l\u2019intensit\u00e9 de toute obligation d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale si le seuil \u00e9tait franchi. Il est clairement n\u00e9cessaire d\u2019apporter des am\u00e9liorations assorties de principes.<\/p>\n<p><strong>L\u2019OBLIGATION DE CONSULTER ET L\u2019<em>ALBERTA ABORIGINAL CONSULTATION OFFICE<\/em><\/strong><\/p>\n<p>L<em>\u2019Alberta Aboriginal Consultation Office <\/em>(\u00ab ACO<sup>144<\/sup> \u00bb) a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en 2013, non pas en vertu d\u2019une loi primaire ou subordonn\u00e9e, mais en vertu de la <em>Policy on Consultation with First Nations on Land and Resource Management, <\/em>2013<sup>145<\/sup>. Il est administr\u00e9 par le minist\u00e8re des Relations avec les Autochtones et s\u2019acquitte de ses fonctions au sein de ce minist\u00e8re. Dans le cadre de son mandat, en vertu de l\u2019arr\u00eat\u00e9 minist\u00e9riel, il est charg\u00e9 d\u2019\u00e9valuer si, en ce qui concerne les demandes relatives \u00e0 des projets \u00e9nerg\u00e9tiques, la Couronne a l\u2019obligation de consulter un groupe autochtone et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, si elle s\u2019est acquitt\u00e9e de cette obligation. Cet examen comprend les questions relevant de la comp\u00e9tence de l<em>\u2019Alberta Energy Regulator <\/em>(\u00ab AER \u00bb), qui est explicitement exclue, dans le cadre de l\u2019examen des questions dont elle est saisie, de l\u2019\u00e9valuation du caract\u00e8re ad\u00e9quat de la consultation de la Couronne relativement aux droits des peuples autochtones reconnus et confirm\u00e9s en vertu de la Partie II de la <em>Loi constitutionnelle de 1982<\/em><sup>146<\/sup>.<\/p>\n<p>En 2014, l\u2019ACO avait d\u00e9termin\u00e9 qu\u2019il n\u2019y avait pas d\u2019obligation de consulter une Premi\u00e8re nation au sujet d\u2019une demande relative \u00e0 un projet gazier pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 l\u2019AER<sup>147<\/sup>. L\u2019AER a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019examen de la demande, qui a \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9e \u00e0 la fin de 2014 (il est int\u00e9ressant de noter que, m\u00eame si l\u2019ACO a d\u00e9termin\u00e9 qu\u2019il n\u2019y avait pas d\u2019obligation de consulter la Premi\u00e8re nation, le promoteur a tenu des consultations et la Premi\u00e8re nation a obtenu la qualit\u00e9 pour agir devant l\u2019AER).<\/p>\n<p>\u00c0 ce moment-l\u00e0, la Premi\u00e8re nation a demand\u00e9 un contr\u00f4le judiciaire non pas de l\u2019approbation du projet par l\u2019AER, mais de la d\u00e9cision de l\u2019ACO selon laquelle l\u2019obligation de consulter n\u2019\u00e9tait pas d\u00e9clench\u00e9e. Dans ce contexte, tout en demandant l\u2019annulation de cette d\u00e9cision, elle n\u2019a pas demand\u00e9 une ordonnance renvoyant l\u2019affaire \u00e0 l\u2019ACO, mais plut\u00f4t diverses formes de mesures de redressement d\u00e9claratoire<sup>148<\/sup>. Il n\u2019est pas surprenant que cette \u00ab nouvelle<sup>149<\/sup> \u00bb proc\u00e9dure de contr\u00f4le judiciaire ait \u00e9t\u00e9 contest\u00e9e au motif de son caract\u00e8re th\u00e9orique. Inutile de pr\u00e9ciser que la juge Nixon de la Cour du Banc de la Reine de l\u2019Alberta a rejet\u00e9 une contestation du bien-fond\u00e9 de la d\u00e9cision de l\u2019ACO selon laquelle l\u2019obligation de consulter n\u2019\u00e9tait pas d\u00e9clench\u00e9e. Cependant, elle a statu\u00e9 que quatre des autres questions soulev\u00e9es par la Premi\u00e8re nation comportaient des \u00ab controverses actives [traduction]<sup>150<\/sup> \u00bb et a autoris\u00e9 la poursuite du traitement de la requ\u00eate relativement \u00e0 ces questions. Deux de ces questions comportent des dimensions qui rel\u00e8vent du droit administratif :<\/p>\n<ol style=\"padding-left: 30px;\">\n<li>L\u2019ACO a-t-il le pouvoir de d\u00e9terminer si <strong><em>l\u2019obligation de consulter <\/em><\/strong>de la Couronne est d\u00e9clench\u00e9e?<\/li>\n<li>L\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale intervient-elle dans la d\u00e9termination de l\u2019existence <strong><em>d\u2019une obligation de consulter<\/em><\/strong>?<\/li>\n<\/ol>\n<p>L\u2019argument de la Premi\u00e8re nation \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la premi\u00e8re question ne reposait pas sur une interpr\u00e9tation du mandat de l\u2019ACO tel qu\u2019il est \u00e9nonc\u00e9 dans la politique pertinente et dans l\u2019arr\u00eat\u00e9 minist\u00e9riel. Il \u00e9tait plut\u00f4t fond\u00e9 sur l\u2019utilisation de ces instruments comme moyen de conf\u00e9rer ce pouvoir \u00e0 l\u2019ACO. Il \u00e9tait all\u00e9gu\u00e9 qu\u2019il aurait d\u00fb \u00eatre fond\u00e9 sur une loi, et non sur une politique ou un arr\u00eat\u00e9 minist\u00e9riel. Ainsi, la juge Nixon a qualifi\u00e9 cette question de \u00ab v\u00e9ritable question de comp\u00e9tence \u00bb pour laquelle la d\u00e9cision correcte constituait la norme de contr\u00f4le appropri\u00e9e [traduction]<sup>151<\/sup>.<\/p>\n<p>Pour faire valoir cet argument, la Premi\u00e8re nation s\u2019est fond\u00e9e principalement sur l\u2019arr\u00eat <em>Rio Tinto Alcan Inc c Conseil tribal Carrier Sekani<\/em><sup>152<\/sup> selon lequel la question de savoir si un tribunal administratif avait comp\u00e9tence pour d\u00e9terminer s\u2019il existait une obligation de consulter d\u00e9pendait d\u2019une attribution de pouvoir par la loi. Ind\u00e9pendamment de l\u2019exactitude de la description que la Premi\u00e8re nation a faite de la d\u00e9cision pertinente dans <em>Carrier Sekani, <\/em>la juge Nixon a conclu que cette d\u00e9cision \u00e9tait inapplicable dans le contexte actuel. Elle s\u2019appliquait aux tribunaux cr\u00e9\u00e9s par la loi, et non \u00e0 la prise de d\u00e9cisions au sein de la structure du gouvernement central<sup>153<\/sup>. La Couronne \u00e9tait responsable de l\u2019ex\u00e9cution de l\u2019obligation de consulter et, dans le cas en l\u2019esp\u00e8ce, elle avait le droit d\u2019agir par l\u2019entremise des ministres et de leurs minist\u00e8res. Dans ce contexte, la Couronne pourrait, sans une loi, \u00e9tablir des r\u00e9gimes et des politiques administratifs pour l\u2019exercice de ses responsabilit\u00e9s, y compris la d\u00e9signation de l\u2019endroit o\u00f9, dans la structure du gouvernement central, la consultation aurait lieu. En l\u2019esp\u00e8ce, les conditions de la cr\u00e9ation de l\u2019ACO et de la politique minist\u00e9rielle et de l\u2019arr\u00eat\u00e9 minist\u00e9riel pertinents ont conf\u00e9r\u00e9 ce pouvoir, y compris le pouvoir de d\u00e9cider si l\u2019obligation de consulter a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clench\u00e9e, \u00e0 l\u2019ACO agissant dans le cadre administratif du minist\u00e8re des Relations avec les Autochtones. Rien au sujet de cette structure n\u2019\u00e9tait douteux sur le plan constitutionnel<sup>154<\/sup>. Cela laisse peu ou pas de place pour contester cette analyse.<\/p>\n<p>Il en va de m\u00eame pour la r\u00e9ponse de la juge Nixon \u00e0 la deuxi\u00e8me question. Qu\u2019elle soit examin\u00e9e dans le contexte de l\u2019\u00e9tendue des obligations globales d\u00e9coulant de l\u2019obligation de consulter ou, comme dans le cas en l\u2019esp\u00e8ce, en faisant principalement r\u00e9f\u00e9rence au seuil d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale de la common law, l\u2019ACO se devait d\u2019agir \u00e9quitablement envers la Premi\u00e8re nation pour d\u00e9terminer quand l\u2019obligation de consulter \u00e9tait d\u00e9clench\u00e9e.<\/p>\n<p>Dans cette d\u00e9cision<sup>155<\/sup>, la juge Nixon s\u2019est fond\u00e9e sur deux d\u00e9cisions ant\u00e9rieures de la Cour du Banc de la Reine de l\u2019Alberta<sup>156<\/sup> et a appliqu\u00e9 le crit\u00e8re \u00e9nonc\u00e9 dans <em>Baker c Canada (Ministre de la Citoyennet\u00e9 et de l\u2019Immigration)<\/em><sup>157<\/sup>. La d\u00e9termination par l\u2019ACO de l\u2019obligation de consulter \u00e9tait de nature administrative et touchait les \u00ab droits, privil\u00e8ges ou biens d\u2019une personne<sup>158<\/sup> \u00bb. Il s\u2019agissait d\u2019une d\u00e9cision qui d\u00e9terminait si la Premi\u00e8re nation avait un droit \u00e0 la consultation en vertu de l\u2019article 35 de la <em>Loi constitutionnelle de 1982 <\/em>et qui serait finale (sous r\u00e9serve bien s\u00fbr d\u2019un contr\u00f4le judiciaire) si l\u2019ACO d\u00e9terminait qu\u2019il n\u2019y avait pas d\u2019obligation de consulter.<\/p>\n<p>La juge Nixon a ensuite examin\u00e9 l\u2019\u00e9tendue des obligations de l\u2019ACO en mati\u00e8re d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale. Ce faisant, elle a exprim\u00e9<sup>159<\/sup> certaines pr\u00e9occupations au sujet de l\u2019application de l\u2019analyse formelle en cinq parties de l\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale dans <em>Baker. <\/em>Elle voulait \u00e9viter d\u2019imposer un processus qui \u00e9tait \u00ab assimilable \u00e0 un mod\u00e8le de proc\u00e8s de d\u00e9termination des droits [traduction]\u00bb. Un tel contexte contradictoire irait \u00e0 l\u2019encontre des objectifs de r\u00e9conciliation des principes r\u00e9gissant l\u2019obligation de consulter et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, de prendre des mesures d\u2019accommodement.<\/p>\n<p>Pour la juge Nixon, l\u2019obligation d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale, \u00e0 toutes fins utiles, a commenc\u00e9 lorsque l\u2019ACO a appris que la Premi\u00e8re nation contesterait son point de vue pr\u00e9liminaire selon lequel il n\u2019y avait pas d\u2019obligation de consulter<sup>160<\/sup>. \u00c0 ce moment\u2011l\u00e0, l\u2019ACO \u00e9tait tenu de donner avis de son intention de trancher la question<sup>161<\/sup> et de d\u00e9crire la proc\u00e9dure qu\u2019il se proposait de suivre et les \u00e9l\u00e9ments de preuve qui seraient requis pour satisfaire au crit\u00e8re de d\u00e9clenchement de l\u2019obligation de consulter, ainsi que les d\u00e9lais pertinents<sup>162<\/sup>. Par la suite, une participation significative signifiait que la Premi\u00e8re nation aurait la possibilit\u00e9 et, en fait, le devoir de pr\u00e9senter des \u00e9l\u00e9ments de preuve \u00e0 l\u2019appui de son affirmation voulant que l\u2019obligation de consulter avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9clench\u00e9e<sup>163<\/sup>. La juge Nixon a ensuite achev\u00e9 le processus et a reconnu que l\u2019ACO devait fournir les motifs de sa d\u00e9cision, des motifs qui montraient que l\u2019ACO avait \u00ab tenu pleinement et \u00e9quitablement compte des renseignements et des \u00e9l\u00e9ments de preuve pr\u00e9sent\u00e9s par la Premi\u00e8re nation [traduction]<sup>164<\/sup> \u00bb.<\/p>\n<p>Plus t\u00f4t dans son jugement<sup>165<\/sup>, la juge Nixon a d\u00e9clar\u00e9 que, parce que la Premi\u00e8re nation ne demandait pas un d\u00e9cret de remise visant l\u2019ACO pour un examen plus approfondi, elle ne se pencherait pas \u00ab sur la question de savoir si une obligation d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale a \u00e9t\u00e9 viol\u00e9e en l\u2019esp\u00e8ce [traduction]\u00bb. Toutefois, apr\u00e8s avoir esquiss\u00e9 les grandes lignes de la proc\u00e9dure \u00e0 suivre, elle a continu\u00e9 de soutenir que l\u2019ACO n\u2019avait pas respect\u00e9 ces exigences proc\u00e9durales<sup>166<\/sup>. \u00c9tant donn\u00e9 que sa d\u00e9claration finale se limitait \u00e0 la proposition selon laquelle l\u2019obligation d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale s\u2019appliquait aux d\u00e9cisions relatives \u00e0 l\u2019obligation de consulter, on peut supposer que l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du processus d\u2019\u00e9laboration du contenu du principe de l\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale, y compris l\u2019observation selon laquelle le processus propos\u00e9 ne devrait pas imposer \u00ab un fardeau trop \u00e9lev\u00e9 \u00e0 l\u2019ACO [traduction]<sup>167<\/sup> \u00bb, ne repr\u00e9sentait rien de plus qu\u2019un avis ou une remarque incidente par nature. Quoi qu\u2019il en soit, il peut en effet servir de guide utile \u00e0 l\u2019ACO, en particulier lorsqu\u2019il est lu avec la d\u00e9claration suppl\u00e9mentaire de la juge Nixon selon laquelle, comme le reconna\u00eet le jugement de la Cour du Banc de la Reine, l\u2019ACO a adopt\u00e9 un processus conforme aux faits en cause dans <em>Fort Chipewyan Metis Nation of Alberta Local #125 v Alberta<\/em><sup>168<\/sup><em>.<\/em><\/p>\n<p><strong>DROITS DE PARTICIPATION<\/strong><\/p>\n<p>Dans l\u2019enqu\u00eate sur les faits marquants de l\u2019an dernier<sup>169<\/sup>, j\u2019ai trich\u00e9 en incluant une analyse du deuxi\u00e8me jugement rendu par la Cour supr\u00eame du Canada en 2018, <em>Delta Air Lines Inc c Luk\u00e1cs<\/em><sup>170<\/sup><em>. <\/em>Il s\u2019agissait d\u2019un jugement important sur les principes r\u00e9gissant l\u2019\u00e9valuation par un organisme de r\u00e9glementation de la question de savoir si, et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, dans quelles circonstances une personne pouvait faire valoir l\u2019int\u00e9r\u00eat public pour d\u00e9poser une \u00ab plainte \u00bb au sujet des politiques d\u2019une compagnie a\u00e9rienne concernant le transport de personnes ob\u00e8ses.<\/p>\n<p>En 2018, il y a eu d\u2019autres d\u00e9veloppements<sup>171<\/sup> relatifs \u00e0 la l\u00e9gislation et \u00e0 la r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie dans la loi r\u00e9gissant les droits de participation<sup>172<\/sup>.<\/p>\n<p><strong>(A) Interventions dans les demandes d\u2019autorisation ou d\u2019appel<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019affaire <em>Balancing Pool c ENMAX Energy Corporation<\/em><sup>173<\/sup> a soulev\u00e9 la question des circonstances dans lesquelles la Cour d\u2019appel de l\u2019Alberta autorisera des interventions ou l\u2019ajout de parties dans une requ\u00eate en autorisation de pr\u00e9senter une demande de contr\u00f4le judiciaire ou en autorisation d\u2019interjeter appel d\u2019une d\u00e9cision de l<em>\u2019Alberta Utilities Commission <\/em>(\u00ab AUC \u00bb) sur une question de droit ou de comp\u00e9tence.<\/p>\n<p>Trois entreprises du secteur de l\u2019\u00e9nergie avaient demand\u00e9 l\u2019autorisation d\u2019interjeter appel devant la Cour d\u2019appel de l\u2019Alberta d\u2019une d\u00e9cision de l<em>\u2019<\/em>AUC, d\u00e9cision qui faisait suite \u00e0 la d\u00e9cision ant\u00e9rieure de l\u2019organisme de r\u00e9glementation selon laquelle une r\u00e8gle, la \u00ab r\u00e8gle de perte de ligne [traduction]\u00bb, adopt\u00e9e par l<em>\u2019Alberta Electric Systems Operator <\/em>(\u00ab AESO \u00bb), concernant la r\u00e9partition des co\u00fbts de la \u00ab perte \u00bb d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 dans le cadre du transport, \u00e9tait ill\u00e9gale. Dans le cadre de la phase de redressement de l\u2019affaire, l\u2019AUC a demand\u00e9 \u00e0 l\u2019AESO de \u00ab r\u00e9\u00e9mettre les factures pour les frais ou les cr\u00e9dits pour perte de lignes de transport aux parties qui d\u00e9tenaient des contrats de transport d\u2019approvisionnement [\u00ab STS \u00bb] lorsque les frais ou les cr\u00e9dits ont \u00e9t\u00e9 engag\u00e9s pour la premi\u00e8re fois [traduction] \u00bb. Cela a produit \u00e0 la fois des gagnants et des perdants. Parmi les perdants, il y avait les trois entreprises qui demandaient la permission d\u2019interjeter appel. Parmi les gagnants, mentionnons Milner Power Inc., ATCO Power Corporation, Trans Alta Corporation et le Balancing Pool, \u00ab une entit\u00e9 statutaire financ\u00e9e par les consommateurs d\u2019\u00e9nergie de l\u2019Alberta [traduction]<sup>174<\/sup> \u00bb. Milner Power, le plaignant initial et ATCO ont \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9s intim\u00e9s dans la requ\u00eate en autorisation d\u2019appel, contrairement \u00e0 Trans Alta et du Balancing Pool. Ces deux entreprises ont demand\u00e9 \u00e0 \u00eatre ajout\u00e9es comme intim\u00e9s ou, \u00e0 d\u00e9faut, comme intervenants.<\/p>\n<p>Les principes g\u00e9n\u00e9raux concernant l\u2019ajout de parties et la reconnaissance des intervenants \u00e0 une requ\u00eate en autorisation d\u2019appel ont \u00e9t\u00e9 \u00e9nonc\u00e9s dans la d\u00e9cision rendue par le juge Hunt dans <em>Carbon Development Partnership v Alberta (Energy and Utilities Board)<\/em><sup>175<\/sup><em>. <\/em>Pour \u00eatre ajout\u00e9 en tant que partie, il a fallu qu\u2019un demandeur d\u00e9montre \u00ab un int\u00e9r\u00eat juridique dans l\u2019issue de l\u2019instance [traduction] \u00bb. Pour \u00eatre ajout\u00e9 en tant que partie, il a fallu qu\u2019un demandeur d\u00e9montre \u00ab un int\u00e9r\u00eat juridique \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019issue de l\u2019instance [traduction]<sup>176<\/sup> \u00bb. Si ce seuil \u00e9tait franchi, le juge des requ\u00eates devait ensuite d\u00e9terminer s\u2019il \u00e9tait \u00ab juste et pratique<sup>177<\/sup> \u00bb d\u2019ajouter le requ\u00e9rant et si l\u2019int\u00e9r\u00eat de celui-ci serait ad\u00e9quatement prot\u00e9g\u00e9 seulement s\u2019il obtenait le statut de partie<sup>178<\/sup>. La juge d\u2019appel Paperny, la juge de premi\u00e8re instance dans cette affaire<sup>179<\/sup>, citant encore une fois <em>Carbon Development<\/em><sup>180<\/sup><em>, <\/em>a soulign\u00e9 qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un pouvoir inh\u00e9rent qui devrait \u00eatre exerc\u00e9 avec parcimonie.<\/p>\n<p>En l\u2019absence d\u2019autorisation d\u2019appel, il n\u2019y a pas d\u2019appel et, par cons\u00e9quent, aucun int\u00e9r\u00eat, juridique ou \u00e9conomique, qui peut \u00eatre directement touch\u00e9 par la requ\u00eate (du moins imm\u00e9diatement) [traduction]<sup>181<\/sup>.<\/p>\n<p>Elle a \u00e9galement fait remarquer que, compte tenu de l\u2019\u00e9troitesse de l\u2019enqu\u00eate de la Cour \u00e0 l\u2019\u00e9tape de la requ\u00eate en autorisation, il \u00e9tait rare que la Cour soit \u00e9clair\u00e9e par des observations de \u00ab multiples parties \u00bb. De plus, si la permission d\u2019interjeter appel a \u00e9t\u00e9 accord\u00e9e, il est demeur\u00e9 loisible \u00e0 ceux qui revendiquaient un int\u00e9r\u00eat de demander et d\u2019obtenir un statut \u00e0 cette \u00e9tape du processus<sup>182<\/sup>.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, la juge d\u2019appel Paperny a conclu que Balancing Pool avait d\u00e9montr\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait appropri\u00e9 de lui accorder le statut de partie dans la requ\u00eate en autorisation d\u2019appel dans les circonstances en cause. En ce qui concerne le premier obstacle, la d\u00e9monstration d\u2019un int\u00e9r\u00eat juridique, elle a expliqu\u00e9 que Balancing Pool n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 partie au d\u00e9but de la proc\u00e9dure, mais a pr\u00e9cis\u00e9 qu\u2019il en \u00e9tait ainsi parce que \u00ab ses int\u00e9r\u00eats juridiques et financiers \u00e0 ce moment\u2011l\u00e0 \u00e9taient ind\u00e9termin\u00e9s, inconnus ou inexistants [traduction]<sup>183<\/sup> \u00bb. Cependant, tout le contexte a chang\u00e9 lorsque, beaucoup plus tard, dans un processus qui avait dur\u00e9 de nombreuses ann\u00e9es, il a acquis un grand nombre de contrats de STS et est ainsi devenu un gagnant ou un perdant possible \u00e0 l\u2019\u00e9tape de redressement. Ainsi, Balancing Pool est devenu un participant actif \u00e0 l\u2019\u00e9tape du redressement des proc\u00e9dures. Il s\u2019est agi alors davantage de la fa\u00e7on dont les proc\u00e9dures se sont d\u00e9roul\u00e9es \u00ab que d\u2019un manque d\u2019int\u00e9r\u00eat juridique ou de qualit\u00e9 pour agir [traduction]<sup>184<\/sup> \u00bb qui a fait en sorte qu\u2019il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9 comme intim\u00e9 dans la requ\u00eate en autorisation d\u2019interjeter appel d\u00e8s le d\u00e9part.<\/p>\n<p>Pour ce qui est des autres exigences pour satisfaire au crit\u00e8re rigoureux de jonction d\u2019appels en qualit\u00e9 de partie intim\u00e9e \u00e0 une requ\u00eate en autorisation d\u2019appel, Balancing Pool se trouvait dans une situation diff\u00e9rente de celles des intim\u00e9s existants et de Trans Alta. Il avait acquis ses contrats de STS non par la n\u00e9gociation commerciale, mais par l\u2019exercice de son r\u00f4le statutaire en mati\u00e8re de protection des int\u00e9r\u00eats des consommateurs. Il repr\u00e9sentait donc \u00ab des int\u00e9r\u00eats distincts et g\u00e9n\u00e9raux par rapport aux autres parties d\u00e9sign\u00e9es [traduction]\u00bb et \u00e9tait en mesure de fournir une \u00ab perspective unique [traduction]\u00bb dans le contexte de la d\u00e9termination de la requ\u00eate en autorisation d\u2019appel et de sa port\u00e9e. La juge Paperny a \u00e9galement tenu compte de la volont\u00e9 de Balancing Pool de respecter le calendrier existant, y compris les contraintes de pages<sup>185<\/sup>.<\/p>\n<p>En revanche, bien que Trans Alta puisse \u00eatre touch\u00e9e par l\u2019issue \u00e9ventuelle de tout appel, la juge Paperny a conclu qu\u2019il n\u2019avait pas \u00e9tabli qu\u2019il offrirait une perspective unique en ce qui concerne la requ\u00eate en autorisation d\u2019appel ou les conditions sur lesquelles un tel appel pourrait d\u00e9pendre par la suite<sup>186<\/sup>. Ses int\u00e9r\u00eats pourraient \u00eatre prot\u00e9g\u00e9s ad\u00e9quatement par la possibilit\u00e9 suppl\u00e9mentaire de demander le statut de partie ou d\u2019intervenant si la juge de la Cour d\u2019appel acc\u00e9dait \u00e0 la requ\u00eate en autorisation d\u2019appel<sup>187<\/sup>.<\/p>\n<p>En fin de compte, le gain de cause de Balancing Pool quant \u00e0 sa requ\u00eate visant \u00e0 l\u2019ajouter comme intim\u00e9 d\u00e9pendait de ce qui semble \u00eatre un ensemble de faits les plus inhabituels. Par cons\u00e9quent, bien qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un exemple int\u00e9ressant et rare d\u2019exercice du pouvoir judiciaire discr\u00e9tionnaire d\u2019ajouter une partie ou un intervenant \u00e0 l\u2019\u00e9tape de la requ\u00eate en autorisation d\u2019appel, il est peu probable que cela entra\u00eene une hausse des taux de succ\u00e8s de demandes comparables. Bref, l\u2019int\u00e9grit\u00e9 globale des principes d\u00e9finis dans Carbon Development est pr\u00e9serv\u00e9e et la nature exceptionnelle du succ\u00e8s de ces requ\u00eates a \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>(B) Contr\u00f4le judiciaire des d\u00e9cisions\u00a0des organismes de r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie \u2013 Qualit\u00e9 pour agir dans l\u2019int\u00e9r\u00eat public et demandes de\u00a0statut d\u2019intervenant<sup>188<\/sup><\/strong><\/p>\n<p>Dans <em>David Suzuki Foundation v Canada-Newfoundland and Labrador Offshore Petroleum Board (\u00ab David Suzuki \u00bb)<\/em><sup>189<\/sup><em>, <\/em>cinq organismes de protection de l\u2019environnement ont pr\u00e9sent\u00e9 une demande de contr\u00f4le judiciaire d\u2019une d\u00e9cision de <em>l\u2019Office Canada-Terre-Neuve-et-Labrador des hydrocarbures extrac\u00f4tiers <\/em>(\u00ab l\u2019Office \u00bb). Par cette d\u00e9cision, en d\u00e9cembre 2016, l\u2019Office a autoris\u00e9 <em>Corridor Ressources <\/em>(\u00ab Corridor \u00bb) \u00e0 c\u00e9der un permis d\u2019exploration p\u00e9troli\u00e8re et gazi\u00e8re existant qui aurait expir\u00e9 au d\u00e9but de 2017 et \u00e0 le remplacer par un nouveau permis de quatre ans. En fait, cela signifie que Corridor aurait \u00e9t\u00e9 titulaire d\u2019un permis pour le m\u00eame site pendant pr\u00e8s de 13 ans. La contestation des groupes environnementaux \u00e9tait fond\u00e9e sur une disposition de la l\u00e9gislation pertinente qui limitait les permis d\u2019exploration \u00e0 une dur\u00e9e de neuf ans sans possibilit\u00e9 de prolongation ou de renouvellement<sup>190<\/sup>. La question essentielle \u00e9tait de savoir si, en droit, cette disposition pouvait \u00eatre \u00e9vit\u00e9e par la cession d\u2019un permis existant et la d\u00e9livrance d\u2019un nouveau permis.<\/p>\n<p>Dans un jugement tr\u00e8s prudent et tr\u00e8s instructif, la juge Chaytor de la Cour supr\u00eame de Terre-Neuve-et-Labrador, dans le contexte d\u2019une demande pr\u00e9sent\u00e9e par l\u2019Office (appuy\u00e9e par Corridor) en vue d\u2019une d\u00e9cision pr\u00e9alable au proc\u00e8s sur une question de droit, a conclu que les cinq groupes de protection de l\u2019environnement devraient \u00eatre autoris\u00e9s \u00e0 pr\u00e9senter leur demande de contr\u00f4le judiciaire fond\u00e9e sur la qualit\u00e9 pour agir dans l\u2019int\u00e9r\u00eat public. Ce faisant, elle a appliqu\u00e9 les principes actuels de la qualit\u00e9 pour agir dans l\u2019int\u00e9r\u00eat public \u00e9labor\u00e9s par le juge Cromwell dans la d\u00e9cision rendue par la Cour supr\u00eame du Canada dans l\u2019arr\u00eat <em>Canada (Procureur g\u00e9n\u00e9ral) c Downtown Eastside Sex Workers United Against Violence Society (\u00ab Downtown Eastside \u00bb)<\/em><sup>191<\/sup><em>.<\/em><\/p>\n<p>Au d\u00e9part, elle a r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 juste titre \u00e0 l\u2019argument des groupes selon lequel, puisque la question a \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9e dans le contexte d\u2019une demande de l\u2019Office, il incombait \u00e0 l\u2019Office d\u2019\u00e9tablir que les groupes ne devraient pas avoir qualit\u00e9 pour agir dans l\u2019int\u00e9r\u00eat public. Ind\u00e9pendamment du contexte, il incombait aux groupes de \u00ab persuader la Cour que la qualit\u00e9 pour agir devrait \u00eatre accord\u00e9e [traduction]<sup>192<\/sup> \u00bb. Toutefois, elle a finalement \u00e9t\u00e9 convaincue que les groupes s\u2019\u00e9taient acquitt\u00e9s de ce fardeau.<\/p>\n<p>Dans l\u2019arr\u00eat <em>Downtown Eastside, <\/em>le juge Cromwell a \u00e9nonc\u00e9 le crit\u00e8re de la qualit\u00e9 pour agir dans l\u2019int\u00e9r\u00eat public d\u2019une fa\u00e7on qui a modifi\u00e9 ou, peut-\u00eatre de fa\u00e7on plus pr\u00e9cise, clarifi\u00e9 l\u2019approche ant\u00e9rieure de la Cour pour d\u00e9terminer si un demandeur de contr\u00f4le judiciaire \u00e9tait admissible :<\/p>\n<ol style=\"padding-left: 30px;\">\n<li>si l\u2019affaire soul\u00e8ve une question justiciable s\u00e9rieuse;<\/li>\n<li>si la partie qui a intent\u00e9 la poursuite a un int\u00e9r\u00eat r\u00e9el ou v\u00e9ritable dans son issue;<\/li>\n<li>si la poursuite propos\u00e9e constitue une mani\u00e8re raisonnable et efficace de soumettre la question \u00e0 la cour<sup>193<\/sup>.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Auparavant, dans l\u2019arr\u00eat <em>Conseil canadien des \u00c9glises c Canada (Ministre de l\u2019Emploi et de l\u2019Immigration)<\/em><sup>194<\/sup>, le juge Cory, rendant le jugement de la Cour supr\u00eame, avait formul\u00e9 le troisi\u00e8me \u00e9l\u00e9ment du crit\u00e8re de fa\u00e7on quelque peu diff\u00e9rente.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">[\u2026] y\u2019a\u2011t\u2011il une autre mani\u00e8re raisonnable et efficace de soumettre la question \u00e0 la cour?<\/p>\n<p>Dans le contexte de ce qu\u2019il consid\u00e9rait comme \u00ab la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019exercer le pouvoir discr\u00e9tionnaire de reconna\u00eetre ou non la qualit\u00e9 pour agir \u00bb, le juge Cromwell a \u00e9galement, comme l\u2019a soulign\u00e9 la juge Chaytor<sup>195<\/sup>, statu\u00e9 que les trois \u00e9l\u00e9ments du crit\u00e8re ne devaient pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme une \u00ab liste de contr\u00f4le rigide \u00bb, mais plut\u00f4t \u00ab comme des consid\u00e9rations connexes devant \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9es ensemble, plut\u00f4t que s\u00e9par\u00e9ment, et de mani\u00e8re t\u00e9l\u00e9ologique<sup>196<\/sup> \u00bb. La r\u00e9articulation du troisi\u00e8me crit\u00e8re et l\u2019\u00e9laboration de la fa\u00e7on d\u2019approcher les trois crit\u00e8res devaient se r\u00e9v\u00e9ler importantes dans les proc\u00e9dures subs\u00e9quentes dans <em>Downtown Eastside <\/em>et <em>David Suzuki.<\/em><\/p>\n<p>Dans un premier temps, la juge Chaytor a rejet\u00e9 l\u2019argument de l\u2019Office voulant que la question ne devait pas faire l\u2019objet d\u2019une d\u00e9cision judiciaire parce que le but ultime des groupes \u00e9tait la cessation des forages dans le golfe du Saint-Laurent et, dans le cadre de cet objectif global, une condamnation du caract\u00e8re ad\u00e9quat et du calendrier des processus d\u2019\u00e9valuation environnementale<sup>197<\/sup>. Il s\u2019agissait d\u2019une description erron\u00e9e de la nature de la demande de contr\u00f4le judiciaire; il s\u2019agissait de l\u2019examen de la d\u00e9cision de l\u2019Office sur une simple question de droit. Cette description de la requ\u00eate des groupes \u00e9tait \u00e9galement pertinente pour la deuxi\u00e8me composante du premier crit\u00e8re. M\u00eame s\u2019il s\u2019agissait d\u2019une question justiciable, \u00e9tait-elle s\u00e9rieuse? Tout d\u2019abord, la juge Chaytor a soulign\u00e9 que les lois en question (f\u00e9d\u00e9rales et de Terre-Neuve-et-Labrador) avaient un \u00e9l\u00e9ment constitutionnel en ce sens qu\u2019elles impliquaient une collaboration provinciale-f\u00e9d\u00e9rale pour la cr\u00e9ation d\u2019un conseil repr\u00e9sentant les deux int\u00e9r\u00eats, mais aussi le maintien de la comp\u00e9tence sur certaines questions par chacune des parties gouvernementales<sup>198<\/sup>. Deuxi\u00e8mement, elle a fait la distinction entre ce qui \u00e9tait en cause en l\u2019esp\u00e8ce (une question d\u2019interpr\u00e9tation de la loi et la question de savoir si l\u2019Office avait agi dans les limites de son pouvoir l\u00e9gal) et une contestation du bien-fond\u00e9 d\u2019une d\u00e9cision prise dans l\u2019exercice d\u2019un pouvoir statutaire \u00e9tabli<sup>199<\/sup>. En outre, il s\u2019agissait d\u2019une question qui n\u2019avait jamais \u00e9t\u00e9 soumise aux tribunaux et qui ne se limitait pas aux faits de cette affaire particuli\u00e8re; elle d\u00e9terminerait pour l\u2019avenir si l\u2019Office pourrait exercer ses pouvoirs l\u00e9gaux de cette fa\u00e7on. Par ailleurs, tout cela se d\u00e9roulait \u00ab dans le contexte [de la d\u00e9limitation du r\u00f4le de l\u2019Office] en mati\u00e8re de gestion des ressources extrac\u00f4ti\u00e8res [\u2026] une question qui pourrait avoir de vastes ramifications et r\u00e9percussions sur les citoyens de cette province et peut-\u00eatre m\u00eame au-del\u00e0 [traduction]<sup>200<\/sup> \u00bb.<\/p>\n<p>En ce qui concerne le deuxi\u00e8me crit\u00e8re, l\u2019Office a contest\u00e9 le statut des groupes au motif qu\u2019une pr\u00e9occupation sinc\u00e8re pour la protection du golfe du Saint-Laurent ne se traduisait pas par un int\u00e9r\u00eat r\u00e9el ou v\u00e9ritable dans la d\u00e9termination de la question en cause dans leur demande de contr\u00f4le judiciaire. M\u00eame si l\u2019Office avait mal interpr\u00e9t\u00e9 sa loi habilitante comme autorisant la cession et la novation, il pourrait tout de m\u00eame lancer un nouveau processus d\u2019appel d\u2019offres relativement \u00e0 la zone couverte par la licence de Corridor<sup>201<\/sup>. En rejetant cet argument, la juge Chaytor a soulign\u00e9 l\u2019importance pour l\u2019Office d\u2019exercer son pouvoir dans les \u00ab limites qui lui sont impos\u00e9es par la loi [traduction]<sup>202<\/sup> \u00bb. En tant qu\u2019organismes vou\u00e9s \u00e0 la protection et \u00e0 la pr\u00e9servation du golfe, les groupes s\u2019int\u00e9ressaient davantage \u00e0 cette question que \u00ab la plupart des membres du public [traduction]<sup>203<\/sup> \u00bb. La juge Chaytor r\u00e9capitule ensuite<sup>204<\/sup> la participation importante des groupes au processus r\u00e9glementaire et, en particulier, ses interventions sur cette question. Cela a \u00e9tabli \u00ab un int\u00e9r\u00eat r\u00e9el ou v\u00e9ritable dans son issue [traduction]<sup>205<\/sup> \u00bb.<\/p>\n<p>En ce qui concerne le troisi\u00e8me \u00e9l\u00e9ment critique du crit\u00e8re \u00e9tabli dans l\u2019arr\u00eat <em>Downtown Eastside, <\/em>la juge Chaytor a r\u00e9it\u00e9r\u00e9<sup>206<\/sup> les quatre facteurs non exhaustifs d\u00e9finis par le juge Cromwell<sup>207<\/sup> comme \u00e9tant \u00e0 la base de ce crit\u00e8re :<\/p>\n<ol style=\"padding-left: 30px;\">\n<li>la capacit\u00e9 du requ\u00e9rant de pr\u00e9senter sa demande;<\/li>\n<li>la question de savoir si l\u2019affaire rev\u00eat un int\u00e9r\u00eat public suffisant pour transcender les int\u00e9r\u00eats des personnes les plus touch\u00e9es par la d\u00e9cision de l\u2019Office;<\/li>\n<li>s\u2019il y a d\u2019autres fa\u00e7ons de pr\u00e9senter la question qui n\u00e9cessiteraient une utilisation plus efficiente et plus efficace des ressources judiciaires et qui supposeraient un contexte contradictoire plus propice;<\/li>\n<li>le potentiel et l\u2019incidence des proc\u00e9dures sur les droits des autres personnes qui sont touch\u00e9es de fa\u00e7on \u00e9gale ou plus directe<sup>208<\/sup>.<\/li>\n<\/ol>\n<p>L\u2019Office n\u2019a pas contest\u00e9 le premier de ces facteurs \u00e0 consid\u00e9rer. L\u2019importance de l\u2019int\u00e9r\u00eat public avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 reconnue dans la conclusion de la Cour sur le premier crit\u00e8re. Le troisi\u00e8me facteur \u00e0 consid\u00e9rer \u00e9tait le plus litigieux, mais a pench\u00e9 en faveur des groupes sous l\u2019articulation de ce crit\u00e8re par le juge Cromwell. D\u2019autres intervenants de l\u2019industrie, y compris les concurrents de Corridor, ont peut-\u00eatre eu un int\u00e9r\u00eat plus direct dans l\u2019instance que les collectivit\u00e9s des Premi\u00e8res nations. Toutefois, pour quelque raison que ce soit, peut-\u00eatre parce qu\u2019ils pouvaient b\u00e9n\u00e9ficier \u00e0 l\u2019avenir de la d\u00e9cision de l\u2019Office sur la conduite de leurs propres entreprises, ils avaient choisi de ne pas lancer de contestation. En outre<sup>209<\/sup>, la Cour supr\u00eame avait, d\u00e8s le d\u00e9but de l\u2019\u00e9volution des principes de la qualit\u00e9 pour agir dans l\u2019int\u00e9r\u00eat public (bien que dans un contexte constitutionnel), accept\u00e9, lorsque les personnes les plus directement touch\u00e9es n\u2019avaient pas lanc\u00e9 de contestation, qu\u2019il \u00e9tait appropri\u00e9 que la Cour reconnaisse le statut de ceux qui sont moins directement touch\u00e9s ou qui repr\u00e9sentent l\u2019int\u00e9r\u00eat public<sup>210<\/sup>. Pour ce qui est de l\u2019utilisation efficiente des ressources judiciaires, cela r\u00e9glerait la question une fois pour toutes dans un contexte juridictionnel appropri\u00e9<sup>211<\/sup>. En effet, certains de ces m\u00eames facteurs faisaient partie de l\u2019\u00e9laboration par la Cour du quatri\u00e8me crit\u00e8re \u2013 l\u2019incidence sur les personnes qui sont directement touch\u00e9es. Apr\u00e8s avoir r\u00e9p\u00e9t\u00e9 qu\u2019il y avait des raisons pour lesquelles les personnes les plus directement touch\u00e9es pourraient ne pas \u00eatre int\u00e9ress\u00e9es \u00e0 contester la d\u00e9cision de l\u2019Office<sup>212<\/sup>, la juge Chaytor a reconnu que les int\u00e9r\u00eats de certaines des personnes les plus directement touch\u00e9es, ou de l\u2019ensemble de celles-ci, par le maintien de la d\u00e9cision de l\u2019Office seraient en fait repr\u00e9sent\u00e9s de fa\u00e7on appropri\u00e9e lors de l\u2019audition de la demande de contr\u00f4le judiciaire par la comparution de Corridor qui avait obtenu le statut d\u2019intervenant<sup>213<\/sup>.<\/p>\n<p>Comme on pouvait s\u2019y attendre, la juge Chaytor, en se fondant sur son \u00e9valuation du crit\u00e8re de l\u2019arr\u00eat <em>Downtown Eastside, <\/em>a d\u00e9termin\u00e9 que les groupes devraient \u00eatre reconnus comme ayant qualit\u00e9 pour agir dans l\u2019int\u00e9r\u00eat public pour pr\u00e9senter une demande de contr\u00f4le judiciaire. Toutefois, ce faisant<sup>214<\/sup>, elle a r\u00e9it\u00e9r\u00e9 que leur contestation doit se limiter \u00e0 la question pr\u00e9cise de savoir si l\u2019Office pourrait, relativement \u00e0 la question d\u2019interpr\u00e9tation ou d\u2019autorit\u00e9, pour reprendre les mots de Nigel Bankes, \u00ab contourner des dispositions relatives aux conditions maximales [traduction]<sup>215<\/sup> \u00bb.<\/p>\n<p>Cette perception des limites de la demande de contr\u00f4le judiciaire des groupes \u00e9tait cruciale en ce qui concerne la deuxi\u00e8me partie du jugement de la juge Chaytor dans laquelle elle a \u00e9valu\u00e9 la demande distincte de statut d\u2019intervenant de diverses collectivit\u00e9s des Premi\u00e8res nations.<\/p>\n<p>Bien que les groupes autochtones aient un int\u00e9r\u00eat dans l\u2019affaire, comme en t\u00e9moigne leur participation au processus r\u00e9glementaire<sup>216<\/sup>, la juge Chaytor<sup>217<\/sup> a conclu que leur int\u00e9r\u00eat n\u2019\u00e9tait pas suffisant pour justifier l\u2019exercice du pouvoir discr\u00e9tionnaire de la Cour en leur faveur. Dans la mesure o\u00f9 ils voulaient remettre en question le bien-fond\u00e9 de la d\u00e9cision de l\u2019Office et introduire discr\u00e8tement des questions concernant l\u2019obligation de consulter, ils soulevaient des questions qui n\u2019\u00e9taient pas pertinentes au litige tel qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9fini par les groupes de protection de l\u2019environnement. Cet \u00e9largissement des enjeux, malgr\u00e9 les assurances des groupes autochtones \u00e0 l\u2019effet contraire, risquait de cr\u00e9er des retards indus et de nuire \u00e0 la r\u00e9partition efficace de l\u2019affaire et de priver les parties de leur droit de d\u00e9finir la port\u00e9e du litige<sup>218<\/sup>. La juge Chaytor s\u2019est \u00e9galement demand\u00e9 si les questions que les groupes autochtones voulaient soulever pouvaient \u00eatre trait\u00e9es de fa\u00e7on satisfaisante dans le dossier dont la Cour \u00e9tait actuellement saisie, malgr\u00e9 la volont\u00e9 des groupes de traiter ce dossier<sup>219<\/sup> s\u00e9par\u00e9ment. Par ailleurs, pour ce qui est de la v\u00e9ritable question soulev\u00e9e dans la demande de contr\u00f4le judiciaire, il ne s\u2019agissait pas d\u2019une question :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">[\u2026] que les intervenants vis\u00e9s cherchent \u00e0 aborder. Ils reconnaissent qu\u2019ils n\u2019ont rien pu apporter \u00e0 la discussion sur la question de l\u2019interpr\u00e9tation de la loi qui serait diff\u00e9rente des observations des demandeurs. \u00c0 cet \u00e9gard, les intervenants vis\u00e9s n\u2019ont pas fait valoir le lien qui justifie la suffisance de leur int\u00e9r\u00eat \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la question fondamentale dont la Cour est saisie [traduction]<sup>220<\/sup>.<\/p>\n<p>Bref, dans la mesure o\u00f9 les groupes autochtones ont cherch\u00e9 \u00e0 \u00e9largir la port\u00e9e du litige, ils ne satisfaisaient pas au crit\u00e8re du statut d\u2019intervenant. De plus, \u00e9tant donn\u00e9 leur concession selon laquelle ils n\u2019avaient rien de diff\u00e9rent \u00e0 ajouter aux arguments des demandeurs de la qualit\u00e9 pour agir dans l\u2019int\u00e9r\u00eat public sur la question pr\u00e9cise dont la Cour est saisie, ils n\u2019avaient aucune pr\u00e9tention aux droits de participation, m\u00eame limit\u00e9s \u00e0 cette question.<\/p>\n<p class=\"footnote\">* Professeur <em>\u00e9m\u00e9rite, <\/em>Facult\u00e9 de droit, Universit\u00e9 Queen\u2019s. La discussion dans le cadre de cet examen annuel de l\u2019application de l\u2019obligation de consulter en vue de la prise de d\u00e9cisions l\u00e9gislatives est une version r\u00e9vis\u00e9e d\u2019une section d\u2019un document que j\u2019ai pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 la 2018 BC CLE Annual Administrative Law Conference, le 26 novembre 2018.<\/p>\n<ol class=\"footnote\">\n<li>Voir <em>Delta Airlines Inc c Luk\u00e1cs, <\/em>2018 CSC 2; <em>Williams Lake Indian Band c Canada (Affaires autochtones et du D\u00e9veloppement du Nord); West Fraser Mills Ltd c Colombie\u2011Britannique (Workers\u2019 Compensation Appeal Tribunal), <\/em>2018 CSC 22; <em>Groia c Barreau du Haut\u2011Canada, <\/em>2018 CSC 27; <em>Canada (Commission canadienne des droits de la personne) c Canada (Procureur g\u00e9n\u00e9ral), <\/em>2018 CSC 31; <em>Law Society of British Columbia c Trinity Western University, <\/em>2018 CSC 32; <em>Trinity Western University c Barreau du Haut\u2011Canada, <\/em>2018 CSC 33 et <em>Chagnon v Syndicat de la fonction publique et parapublique du Qu\u00e9bec, <\/em>2018 CSC 39.<\/li>\n<li>En r\u00e9alit\u00e9, il n\u2019y en a que deux depuis <em>Bell Canada et al c Procureur g\u00e9n\u00e9ral du Canada et National Football League et al c Procureur g\u00e9n\u00e9ral du Canada, <\/em>2017 CAF 249 ont \u00e9t\u00e9 regroup\u00e9es en une seule instance devant la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale. L\u2019autre appel porte sur le jugement de la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale dans <em>Ministre de la Citoyennet\u00e9 et de l\u2019Immigration c Alexander Vavilov, <\/em>2017 CAF 132.<\/li>\n<li>2008 CSC 9, [2008] 1 RCS 190.<\/li>\n<li>Dans le cas des organismes de r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie, cela peut avoir refl\u00e9t\u00e9 un degr\u00e9 consid\u00e9rable d\u2019optimisme par rapport \u00e0 l\u2019\u00e9tat actuel de la loi en ce qui a trait \u00e0 leurs activit\u00e9s. De plus en plus, dans le domaine de la r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie, la d\u00e9f\u00e9rence est dominante, comme en t\u00e9moignent la s\u00e9lection et l\u2019application restreinte de la norme de contr\u00f4le de la d\u00e9cision raisonnable, ainsi qu\u2019une r\u00e9ticence \u00e0 se laisser s\u00e9duire par la classification des questions comme des questions de comp\u00e9tence \u00ab v\u00e9ritable \u00bb n\u00e9cessitant un contr\u00f4le suivant la norme de la d\u00e9cision correcte. En 2018, on a relev\u00e9 plusieurs exemples de cette posture de retenue : voir par exemple <em>Tribute Resources Inc c Ontario (Commission de l\u2019\u00e9nergie), <\/em>2018 ONSC 265 (C div); <em>Colchester (County) Tatamagouche Water Utility c Wall, <\/em>2018 NSCA 67; <em>Antigonish (Town) v Nova Scotia (Utility and Review Board), <\/em>2018 NSCA 8 et <em>Fort Hills Energy Corp v Alberta (Ministry of Energy), <\/em>2018 ABQB 905 (m\u00eame s\u2019il y a eu une annulation partielle). Les d\u00e9cisions de la Cour d\u2019appel de l\u2019Alberta sur les requ\u00eates en autorisation d\u2019interjeter appel de l\u2019<em>Alberta Utilities Commission <\/em>et de l\u2019<em>Alberta Energy Regulator<\/em> en t\u00e9moignent \u00e9galement. En effet, c\u2019est dans ce contexte que l\u2019on trouve la d\u00e9fense la plus articul\u00e9e depuis longtemps du r\u00f4le central des organismes de r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie et de la nature exceptionnelle de l\u2019intervention judiciaire. Il s\u2019agit du jugement rendu par le juge d\u2019appel O\u2019Ferrall dans <em>Capital Power Corp v Alberta (Utilities Commission), <\/em>2018 ABCA 437. Ce jugement important fait l\u2019objet d\u2019un commentaire distinct dans ce num\u00e9ro de la publication trimestrielle. Il se rapporte \u00e9galement \u00e0 mon commentaire pr\u00e9c\u00e9dent sur la norme de contr\u00f4le et sa pertinence pour les requ\u00eates en autorisation d\u2019appel : David J. Mullan, \u00ab \u00c9volution du droit administratif pertinent au droit et \u00e0 la r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie en 2016 \u00bb (2017) 5 ERQ 15 aux pp 29 et 30.<\/li>\n<li>2018 CAF 153.<\/li>\n<li>2018 CSC 40.<\/li>\n<li>2018 ABQB 262.<\/li>\n<li><em>R v Martin, <\/em>2018 NSSC 141. La poursuite a \u00e9t\u00e9 intent\u00e9e dans le cadre d\u2019une entente entre la Couronne et la Premi\u00e8re nation concern\u00e9e. Toutefois, le juge Gogan, dans le contexte de l\u2019all\u00e9gation de justification constitutionnelle de la Couronne pour toute atteinte aux droits des accus\u00e9s, a accept\u00e9 l\u2019argument selon lequel la Premi\u00e8re nation aurait d\u00fb \u00eatre consult\u00e9e avant que la poursuite ne soit intent\u00e9e.<\/li>\n<li><em>Xeni Gwet\u2019in First Nations v British Columbia (Chief Inspector of Mines), <\/em>2018 BCSC 1425. Le juge Branch a soutenu (aux paragraphes 35 et 63) que parce que l\u2019obligation de consulter impliquait l\u2019honneur de la Couronne, la Couronne n\u2019\u00e9tait pas une partie appropri\u00e9e, rempla\u00e7ant le procureur g\u00e9n\u00e9ral comme d\u00e9fenseur des actes du fonctionnaire qui a pris la d\u00e9cision pertinente. Voir cependant <em>Adams Lake Indian Band v British Columbia (Lieutenant Governor in Council), <\/em>2011 BCSC 266 (r\u00e9vision pour d\u2019autres motifs : 2012 BCCA 333), o\u00f9 il est accept\u00e9 que le lieutenant-gouverneur en conseil est l\u2019intim\u00e9 appropri\u00e9 d\u2019une demande de r\u00e9vision et d\u2019annulation d\u2019une d\u00e9cision prise par d\u00e9cret.<\/li>\n<li><em>Gamlaxyeltxw v British Columbia (Minister of Forests, Lands &amp; Natural Resource Operations), <\/em>2018 BCSC 440.<\/li>\n<li><em>Aroland First Nation v Transcanada Pipelines Ltd., <\/em>2018 ONSC 4469, o\u00f9 le juge Matheson a conclu qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas appropri\u00e9 de trancher cette question dans le contexte d\u2019un processus de jugement sommaire partiel.<\/li>\n<li><em>Bigstone Cree Nation c Nova Gas Transmission Ltd, supra<\/em> note 7, et <em>Tsleil-Waututh Nation et al c Procureur g\u00e9n\u00e9ral du Canada et al, <\/em>2018 CAF 153. Cela faisait partie du flux continu de litiges dans lesquels les tribunaux ont \u00e9t\u00e9 appel\u00e9s \u00e0 interpr\u00e9ter, \u00e0 \u00e9laborer et \u00e0 appliquer aux faits dont ils sont saisis les principes de l\u2019obligation de consulter les \u00e9nonc\u00e9s dans ce qui est maintenant une jurisprudence tr\u00e8s vaste de la Cour supr\u00eame du Canada. Parmi les exemples les plus importants en 2018, mentionnons <em>Mi\u2019kmaq of Prince Edward Island v Prince Edward Island, <\/em>2018 PEISC 20 et <em>Eabametoong First Nation v Ontario (Minister of Northern Development and Mines), <\/em>2018 ONSC 4316 (C div).<\/li>\n<li>2016 CAF 187. (J\u2019ai comment\u00e9 ce jugement dans mon analyse de 2016 : <em>supra<\/em> note 5, aux pp 19-26.)<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 6.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 13. (Pour d\u2019autres commentaires, voir David V. Wright, \u00ab Duty to Consult in the Bigstone Pipeline Case: A Northern Gateway sequel and TMX prequel? \u00bb (6 juin 2018), en ligne : Ablawg, &lt;<a href=\"http:\/\/ablawg.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/Blog_DVW_Bigstone_FCA.pdf\">http:\/\/ablawg.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/Blog_DVW_Bigstone_FCA.pdf<\/a>&gt;).<\/li>\n<li>Le processus de mobilisation pr\u00e9coce, l\u2019\u00e9tape de l\u2019audience de l\u2019Office, l\u2019\u00e9tape de la recommandation de l\u2019Office et l\u2019\u00e9tape suivant le rapport de l\u2019Office.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 13 au para 76. Voir aussi aux para 39-43.<\/li>\n<li>Pour plus de d\u00e9tails sur d\u2019autres aspects du jugement, y compris la revendication rejet\u00e9e selon laquelle la Nation crie de Bigstone aurait d\u00fb recevoir plus de financement, voir le blogue de David V. Wright, <em>supra<\/em>, note 16.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em>, note 6. Pour d\u2019autres commentaires, voir Martin Olszynski, \u00ab Federal Court of Appeal quashes Trans Mountain Pipeline Approval : The Good, the Bad, and the ugly \u00bb (6 septembre 2018), en ligne : Ablawg, &lt;<a href=\"http:\/\/ablawg.ca.wp-content\/uploads\/2018\/09\/Blog_MO_TMX_Sept2018.pdf\">http:\/\/ablawg.ca.wp-content\/uploads\/2018\/09\/Blog_MO_TMX_Sept2018.pdf<\/a>&gt;; Robert Hamilton, \u00ab Uncertainty and Indigenous Consent : What the Trans-Mountain decision says us about the current state of the Duty to Consult \u00bb (10 septembre 2018), en ligne : Ablawg, &lt;<a href=\"http:\/\/ablawg.ca.wp-content\/uploads\/2018\/09\/Blog_RH_TMX_Sept2018.pdf\">http:\/\/ablawg.ca.wp-content\/uploads\/2018\/09\/Blog_RH_TMX_Sept2018.pdf<\/a>&gt;; David V. Wright, <em>Tsleil-Waututh Nation v Canada : <\/em>A case of easier say than done \u00bb (11 septembre 2018), en ligne : Ablawg, &lt;<a href=\"http:\/\/ablawg.ca.wp-content\/uploads\/2018\/09\/Blog_DVW_TMX_Sept2018.pdf\">http:\/\/ablawg.ca.wp-content\/uploads\/2018\/09\/Blog_DVW_TMX_Sept2018.pdf<\/a>&gt;.<\/li>\n<li>Cole Porter, 1941, pour le film \u00ab You will Never Get Rich \u00bb, interpr\u00e9t\u00e9 par Fred Astaire.<\/li>\n<li>LC 2012, ch 19.<\/li>\n<li>LC 2012, ch 29.<\/li>\n<li><em>Loi sur l\u2019Office national de l\u2019\u00e9nergie, <\/em>LRC 1985, ch N-7.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 5 au para 399.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 409.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 23, alin\u00e9a 52 (2)e)<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 21, alin\u00e9a 19 (1)a).<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em>, alin\u00e9a 52<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 22, alin\u00e9a 79.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 5 au para 439.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 409.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 470.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 473.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> aux para 74-75.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 75.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 558.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 559.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 558.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 562.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em>.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> aux para 562 et 761.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 769.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> aux para 769-70.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 771.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> aux para 170-202.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 6.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 202.<\/li>\n<li>LRC 1985, ch F-7.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 5 aux para 175-178.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 175, citant <em>Air Canada c Administration portuaire de Toronto, <\/em>2011 CAF 347, [2013] 3 RCS 605 au para 29.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 179.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 180.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 82.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 201.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 4 aux pp 21-23.<\/li>\n<li>Martin Olszynski, dans son blogue sur le jugement (<em>supra<\/em> note 19), critique cet aspect de fa\u00e7on cinglante en faisant remarquer que, d\u00e8s 1998, la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale avait autoris\u00e9 une contestation d\u2019un rapport en vertu d\u2019un r\u00e9gime l\u00e9gislatif semblable dans le contexte d\u2019une demande de contr\u00f4le judiciaire de la nature d\u2019une interdiction pour emp\u00eacher le d\u00e9cideur final (un ministre) de donner suite \u00e0 un rapport intitul\u00e9 <em>Alberta Wilderness Assn v Canada (Minister of Fisheries and Oceans), <\/em>[1999] 1 CF 483 (CAF).<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 23, alin\u00e9a 54(2).<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 5 au para 478.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> aux para 478-479.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 479.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> aux para 204-23.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 214.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> citant <em>Conseil des Innus de Ekuanitshit c Canada (Procureur g\u00e9n\u00e9ral), <\/em>2015 CAF 189 au para 44.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 217.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em>.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 391.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 769.<\/li>\n<li>Voir par exemple Kate Glover, \u00ab The Principles and Practices of Procedural Fairness \u00bb dans Colleen M. Flood et Lorne Sossin, <em>Administrative Law in Context, <\/em>Toronto, EMP Ltd., 2018 aux pp 183 \u00e0 219.<\/li>\n<li>[1991] 2 RCS 525.<\/li>\n<li>RSC 1970, ch C-1.<\/li>\n<li>[1999] 3 RCS 199.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 58.<\/li>\n<li>2003 CSC 39, [2003] 2 RCS 40.<\/li>\n<li>LC 1960, c 44; LRC 1985, annexe III.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 41.<\/li>\n<li><em>Loi sur l\u2019emploi, la croissance et la prosp\u00e9rit\u00e9 durable, <\/em>LC 2012, ch 19.<\/li>\n<li>2014 CF 1244, 470 FTR 243. J\u2019ai discut\u00e9 de ce jugement dans \u00ab \u00c9volution du droit administratif pertinent au droit et \u00e0 la r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie en 2014 \u00bb (2015) 3 ERQ 17 aux pp 29-30.<\/li>\n<li>2016 CAF 311, [2017] 3 RCF 298. J\u2019ai r\u00e9sum\u00e9 ce jugement dans mon examen de 2016 : <em>supra<\/em> note 5 \u00e0 16 n6.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 7.<\/li>\n<li>Voir par exemple les motifs du juge Karakatsanis, auxquels ont souscrit le juge en chef Wagner et le juge Gascon, <em>Ibid<\/em> aux para 13 \u00e0 18.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 48.<\/li>\n<li>Autrement dit, les principes normaux de la non-justiciabilit\u00e9 et de l\u2019inapplicabilit\u00e9 des obligations d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale de la common law \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la pr\u00e9sentation et de l\u2019adoption d\u2019une loi primaire ne pourraient \u00eatre contourn\u00e9s en ciblant les \u00e9tapes pr\u00e9paratoires avant le d\u00e9p\u00f4t d\u2019un projet de loi.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 7 aux para 55-98.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> aux para 89-90. Aucune de ces affaires ne portait sur des droits constitutionnels officiels. En ce qui concerne Authorson, la juge Abella a d\u00e9clar\u00e9 (au para 89) que, contrairement \u00e0 la <em>Loi constitutionnelle de 1982, <\/em>la D\u00e9claration des droits \u00ab s\u2019applique uniquement aux lois \u00e9dict\u00e9es \u00bb.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 93.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> aux para 96-97.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 92.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> aux para 48 et 82.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> aux para 103-104.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 145.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 148.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 154.<\/li>\n<li>PL C-262, <em>Loi visant \u00e0 assurer l\u2019harmonie des lois f\u00e9d\u00e9rales avec la D\u00e9claration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, <\/em>1\u00e8re sess, 42e leg, 2015-2016-2017-2018. Pour des commentaires d\u00e9taill\u00e9s, voir Nigel Bankes, \u00ab Implementing UNDRIP: some reflections on Bill C-262 \u00bb (22 novembre 2018), en ligne : Ablawg, &lt;<a href=\"http:\/\/ablawg.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/Blog_NB_Bill_C-262\u00ac_Legislative_Implementation_of_UNDRIP_November2018.pdf\">http:\/\/ablawg.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/Blog_NB_Bill_C-262\u00ac_Legislative_Implementation_of_UNDRIP_November2018.pdf<\/a>&gt;.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em>, art 1.<\/li>\n<li>Pour une discussion plus approfondie, voir Sarah Morales, \u00ab Supreme Court of Canada should have recognized UNDRIP in <em>Mikisew Cree Nation v Canada <\/em>\u00bb, <em>Canadian Lawyer Magazine, <\/em>29 octobre 2018, en ligne: &lt;<a href=\"http:\/\/www.canadianlawyermag.com\/author\/sarah-morales\/supreme-court-of-canada-should-have-recognized-undrip-in-mikisew-cree-nation-v-canada-16410\">http:\/\/www.canadianlawyermag.com\/author\/sarah-morales\/supreme-court-of-canada-should-have-recognized-undrip-in-mikisew-cree-nation-v-canada-16410<\/a>&gt;.<\/li>\n<li>Il est, bien s\u00fbr, important de se rappeler qu\u2019il y a toute une gamme de situations dans lesquelles les lois, le gouvernement ou l\u2019organisme ont adopt\u00e9 des proc\u00e9dures r\u00e9glementaires et qui font en sorte qu\u2019une grande partie des activit\u00e9s d\u2019\u00e9laboration de lois et de politiques sont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9es d\u2019une participation de la part des groupes concern\u00e9s. Voir Gus Van Harten et al, <em>Administrative Law: Cases, Text, and Materials, <\/em>7e ed, Toronto, 2015 au chap 7 pour un \u00e9chantillon de ces dispositions. En effet, cela s\u2019\u00e9tend \u00e0 la mobilisation des groupes autochtones, comme en fait \u00e9tat Consultation et accommodement des Autochtones \u2014 Lignes directrices actualis\u00e9es \u00e0 l\u2019intention des fonctionnaires f\u00e9d\u00e9raux pour respecter l\u2019obligation de consulter, cit\u00e9 par le juge d\u2019appel Montigny, s\u2019exprimant au nom de la majorit\u00e9 des juges de la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale dans l\u2019arr\u00eat Mikisew Cree, <em>supra<\/em> note 78 au para 61. Toutefois, voir Zachary Davis, \u00ab The Duty to Consult and Legislative Action \u00bb (2016) 79 Sask L Rev 17, pour une description de l\u2019ensemble disparate de politiques provinciales sur la consultation des peuples autochtones en ce qui concerne l\u2019action l\u00e9gislative envisag\u00e9e.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 69.<\/li>\n<li>[1980] 2 RCS 735.<\/li>\n<li>[1980] 1 RCS 602.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> \u00e0 la p 628.<\/li>\n<li>Voir les motifs du juge Rothstein dans <em>Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada c Canada (Procureur g\u00e9n\u00e9ral), <\/em>[2014] 2 RCS 135 au para 39, d\u00e9clarant que la position du juge Estey sur la justice naturelle et les appels au Cabinet \u00ab ne repr\u00e9sente peut-\u00eatre pas la mani\u00e8re actuelle dont on consid\u00e8re l\u2019application de la justice naturelle. \u00bb \u00c9tant donn\u00e9 que la Cour est extr\u00eamement r\u00e9ticente \u00e0 reconna\u00eetre que l\u2019une de ses d\u00e9cisions ant\u00e9rieures n\u2019est plus une bonne d\u00e9cision en droit ou une d\u00e9cision erron\u00e9e, \u00e7a vaut ce que \u00e7a vaut!<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 7 au para 168.<\/li>\n<li>[1985] 2 RCS 643.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> \u00e0 la p 653.<\/li>\n<li>Pour plus de d\u00e9tails sur cette question, voir Zachary Davis, \u00ab The Duty to Consult and Legislative Action \u00bb (2016), 79 Sask L Rev 17; Andrew Green, \u00ab Delegation and Consultation: How the Administrative State Functions and the Importance of Rules \u00bb, chapitre 8, dans Flood et Sossin, <em>supra<\/em> note 68 aux pp 307 \u00e0 328-30; Van Harten, Heckman, Mullan and Promislow, <em>supra<\/em> note 96 aux pp 609-11.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 7 au para 51.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 78 au para 33.<\/li>\n<li>2010 ABCA 137.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> aux para 48-57.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 78 au para 33.<\/li>\n<li>2010 CSC 43 au para 44.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 10 aux para 119-29.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 124.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 108 aux para 52-56.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 10 aux para 198-211.<\/li>\n<li>\u00c0 moins, bien s\u00fbr, qu\u2019une affirmation du droit \u00e0 l\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale puisse se situer dans une norme constitutionnelle pr\u00e9cise, comme l\u2019article 7 de la <em>Charte canadienne des droits et libert\u00e9s <\/em>et sa garantie du droit aux principes de justice fondamentale lorsque la prise de d\u00e9cisions touche le droit \u00e0 la vie, la libert\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 de la personne.<\/li>\n<li><em>Homex Realty and Development Co c Wyoming (Village), <\/em>[1980] 2 RCS 1011.<\/li>\n<li>En effet, ce type d\u2019analyse a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9 \u00e0 des d\u00e9crets propres \u00e0 des individus particuliers. Voir par exemple Desjardins c Bouchard, [1983] 2 CF 641 (CA) (D\u00e9cret r\u00e9voquant la r\u00e9habilitation) et, plus r\u00e9cemment, <em>Oberlander c Canada (Attorney General), <\/em>2004 CAF 2013, [2005] 1 RCF 3 (D\u00e9cret r\u00e9voquant la citoyennet\u00e9 canadienne).<\/li>\n<li>Voir par exemple <em>Canadian Association of Regulated Importers c Procureur g\u00e9n\u00e9ral du Canada et al, <\/em>[1994] 2 RCF 247 (CA) (D\u00e9cision minist\u00e9rielle ayant pour effet de modifier la politique des quotas) et <em>M\u00e9decins canadiens pour les soins aux r\u00e9fugi\u00e9s c Canada (Procureur g\u00e9n\u00e9ral), <\/em>2014 CF 651 aux para 421-440 (D\u00e9cret modifiant les droits aux soins de sant\u00e9 des demandeurs d\u2019asile). Dans cette derni\u00e8re affaire, aux para 421-424, le juge McTavish semble avoir rejet\u00e9 un argument l\u00e9gitime fond\u00e9 sur les attentes \u00e0 l\u2019\u00e9gard des faits, par opposition \u00e0 un principe selon lequel il ne pouvait pas s\u2019appliquer \u00e0 une mesure \u00ab l\u00e9gislative \u00bb au moins sous la forme d\u2019un d\u00e9cret.<\/li>\n<li>2018 CF 518.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 157.<\/li>\n<li>Le Syndicat a \u00e9galement invoqu\u00e9 la jurisprudence du Royaume-Uni.<\/li>\n<li>[2000] 4 CF 264 (CA).<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> aux para 20-22.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 120 aux para 150-151 (y compris le juge Binnie dans <em>Centre hospitalier Mont-Sina\u00ef c Qu\u00e9bec (Ministre de la Sant\u00e9 et des Services sociaux),<\/em> 2001 CSC 41, [2001] 2 RCS 281 au para 34, il a fait r\u00e9f\u00e9rence au jugement Evans, mais a d\u00e9clar\u00e9 que \u00ab cette question reste \u00e0 trancher \u00bb.)<\/li>\n<li>2004 CF 1387.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 21.<\/li>\n<li>2013 ONSC 6440, 117 OR (3d) 786 (C div) aux para 24-25.<\/li>\n<li>Pour le contexte, voir <em>Bell Canada c Procureur g\u00e9n\u00e9ral du Canada, <\/em>2016 CAF 217.<\/li>\n<li>2008 CAF 229, [2009] 3 RCF 136.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 120 au para 121.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 130 au para 53.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 120 au para 123.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 123 aux para 104-105.<\/li>\n<li>[1990] 3 RCS 1170.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> \u00e0 la p 1204.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em>.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 120 au para 138.<\/li>\n<li>2018 ABQB 507.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> aux para 97-98.<\/li>\n<li>Pour un commentaire critiquant cet aspect des motifs du juge Gates au motif qu\u2019il a err\u00e9 en droit en ne rejetant pas les arguments en faveur de l\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale en common law relativement \u00e0 une d\u00e9cision l\u00e9gislative et selon la protection proc\u00e9durale des objecteurs, voir Shaun Fluker, \u00ab Peaks of Grassi Development in Canmore : Procedural Fairness and Municipal Bylaws? \u00bb (15 ao\u00fbt 2018), en ligne : Ablawg, &lt;<a href=\"http:\/\/ablawg.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/Blog_SF_Gruman_August2018.pdf\">http:\/\/ablawg.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/Blog_SF_Gruman_August2018.pdf<\/a>&gt;.<\/li>\n<li><em>Dene Tha\u2019 First Nation v Canada (Minister of the Environment), <\/em>2006 CF 1354, 303 FTR 106, conf. par 2008 CAF 20.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 68 \u00e0 219.<\/li>\n<li>Voir \u00ab About Us \u00bb, en ligne : &lt;www.indigenous.alberta.ca\/573.cfm&gt;.<\/li>\n<li>\u00c9largi aux M\u00e9tis le 4 avril 2016 par la <em>Policy on Consultation with Metis Settlements on Land and Natural Resource Management <\/em>du gouvernement de l\u2019Alberta, 2015.<\/li>\n<li><em>Responsible Energy Development Act, <\/em>SA 2012, ch R-71.3, art 21.<\/li>\n<li>Pour un r\u00e9sum\u00e9 des protocoles pertinents concernant l\u2019interaction entre l\u2019AER et l\u2019ACO lorsque la question de la consultation est pertinente pour une instance de l\u2019AER, voir \u00ab <em>Alberta Energy Regulator <\/em>(AER) and the <em>Aboriginal Consultation Office <\/em>\u00bb, en ligne : &lt;www.indigenous.alberta.ca\/ACO-AER.cfm&gt;.<\/li>\n<li><em>Athabasca Chipewyan First Nation v Alberta (Minister of Aboriginal Relations, Aboriginal Consultation Office), supra<\/em> note 8.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 4.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 52.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 61.<\/li>\n<li>2010 CSC 43, [2010] 2 RCS 650 au para 60. En fait, au para 60, la juge en chef McLachlin s\u2019inqui\u00e9tait de la distinction entre le fait de savoir si un tribunal administratif avait le pouvoir de mener des consultations, une capacit\u00e9 qui d\u00e9pendait d\u2019une autorisation l\u00e9gislative expresse ou implicite, et la d\u00e9termination de l\u2019existence d\u2019une obligation de consulter, un pouvoir qui d\u00e9coule vraisemblablement de la capacit\u00e9 d\u2019un tribunal administratif de trancher des questions de droit.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 8 au para 66.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> aux para 60-69.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> aux para 102-109.<\/li>\n<li><em>Fort Chipewyan Metis Nation of Alberta Local #125 v Alberta, <\/em>2016 ABQB 713 and <em>Metis Nation of Alberta Association Fort McMurray Local 1935 v Alberta, <\/em>2016 ABQB 712.<\/li>\n<li>[1999] 2 RCS 817.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 20.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 8 au para 110. Ce point a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 r\u00e9it\u00e9r\u00e9 au para 120.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> aux para 113-115.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 115.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 116.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em>.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 117.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 101.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 118.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 119.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em>.<\/li>\n<li>David J. Mullan, \u00ab \u00c9volution du droit administratif pertinent au droit et \u00e0 la r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie en 2017 \u00bb (2018) 6 ERQ 19 aux pp 19-24.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 2.<\/li>\n<li>J\u2019ai omis de prendre en consid\u00e9ration les dispositions participatives du projet de loi C-69, <em>Loi \u00e9dictant la Loi sur l\u2019\u00e9valuation d\u2019impact et la Loi sur la R\u00e9gie canadienne de l\u2019\u00e9nergie, modifiant la Loi sur la protection de la navigation et apportant des modifications corr\u00e9latives \u00e0 d\u2019autres lois. <\/em>En date du 12 d\u00e9cembre, le projet de loi avait franchi l\u2019\u00e9tape de la deuxi\u00e8me lecture au S\u00e9nat et avait \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9 au Comit\u00e9. Pour obtenir des d\u00e9tails et des commentaires, voir Kristen van de Biezenbos, \u00ab Your Concerns Have Been Noted : Citizen Participation in Pipeline Regulatory Processes Under the Proposed Impact Assessment Act \u00bb (28 f\u00e9vrier 2018), en ligne : Ablawg, &lt;<a href=\"http:\/\/ablawg.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/Blog_KvdB_BillC69.pdf\">http:\/\/ablawg.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/Blog_KvdB_BillC69.pdf<\/a>&gt;.<\/li>\n<li>Pour une d\u00e9cision relative \u00e0 l\u2019\u00e9nergie qui distingue Luk\u00e1cs, voir <em>Normtek Radiation Services v Alberta (Environmental Appeal Board), <\/em>2018 ABQB 911. La juge Ashcroft a conclu qu\u2019une restriction l\u00e9gislative <em>(Environmental Protection and Enhancement Act, <\/em>RSA 2000, ch E-12, sous-alin\u00e9a 91(1)a)(i)) concernant le droit d\u2019interjeter appel d\u2019une d\u00e9cision de la Commission d\u2019appel pour des personnes \u00ab directement touch\u00e9es \u00bb emp\u00eachait une personne d\u2019exercer son droit d\u2019appel au motif de la qualit\u00e9 pour agir dans l\u2019int\u00e9r\u00eat public.<\/li>\n<li>2018 ABCA 143. (Pour un commentaire plus d\u00e9taill\u00e9 sur ce jugement, voir Nigel Bankes, \u00ab Applications for Party Status in a Permission to Appeal Application \u00bb (24 avril 2018), en ligne : Ablawg, &lt;<a href=\"http:\/\/ablawg.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/Blog_Status.pdf\">http:\/\/ablawg.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/Blog_Status.pdf<\/a>&gt;. En fin de compte, la requ\u00eate en autorisation d\u2019appel a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e : <em>Capital Power Corporation v Alberta (Utilities Commission), supra<\/em> note 5. Fait int\u00e9ressant, le r\u00e9seau commun d\u2019\u00e9quilibrage n\u2019est pas inscrit comme partie \u00e0 la requ\u00eate et n\u2019a vraisemblablement pas particip\u00e9.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 25.<\/li>\n<li>2007 ABCA 231.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 9.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em>.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em>.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 173 au para 22.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 175 au para 6.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 173 au para 21.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em>.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 24.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em>.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 25.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 26.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 27.<\/li>\n<li>Pour plus de commentaires, voir Nigel Bankes, \u00ab Public Interest Standing for NGOs to Test Whether CNLOPD can Effect an End-Run Around Maximum Term Provisions\u201d (17 juillet 2018), en ligne : Ablawg, &lt;<a href=\"http:\/\/ablawg.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/07\/Blog_NB_DavidSuzuki_July2018.pdf\">http:\/\/ablawg.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/07\/Blog_NB_DavidSuzuki_July2018.pdf<\/a>&gt;.<\/li>\n<li>2018 NLSC 146.<\/li>\n<li><em>Loi de mise en \u0153uvre de l\u2019Accord atlantique Canada-Terre-Neuve-et-Labrador, <\/em>LC 1987 ch 3 au para 69(2).<\/li>\n<li>2012 CSC 45, [2012] 2 RCS 524.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 189 au para 15.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 191 au para 37.<\/li>\n<li>[1992] 1 RCS 236 \u00e0 la p 253.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 189 au para 19.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 191 au para 36.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 189 aux para 21-22.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 24. Je dirais toutefois que le simple fait qu\u2019une d\u00e9cision comporte un exercice discr\u00e9tionnaire du pouvoir susceptible de contr\u00f4le selon la norme de la d\u00e9cision raisonnable fond\u00e9e sur la d\u00e9f\u00e9rence ne signifie pas qu\u2019une question ne peut pas \u00eatre s\u00e9rieuse aux fins du crit\u00e8re <em>Downtown Eastside.<\/em> De plus, m\u00eame si la juge Chaytor semble adopter cette position, les deux autorit\u00e9s cit\u00e9es (aux para 25-27) ne semblent pas aller aussi loin.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> aux para 25-27.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 28.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 30.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 31.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em>.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> aux para 32-34.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 34.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 37.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 191 au para 51.<\/li>\n<li>Je paraphrase la paraphrase de la juge Chaytor de l\u2019extrait pertinent du jugement du juge Cromwell.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 45.<\/li>\n<li><em>McNeil v Nova Scotia (Board of Censors), <\/em>[1976] 2 RCS 265.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 189 au para 46.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> aux para 47-50.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 51.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 54.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 215.<\/li>\n<li><em>Supra<\/em> note 189 au para 65.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> aux para 66-68.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> aux para 70-72.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> aux para 73-76.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 67.<\/li>\n<\/ol>\n<p><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 bien des \u00e9gards, 2018 a \u00e9t\u00e9 une ann\u00e9e charni\u00e8re dans la jurisprudence en droit administratif de la Cour supr\u00eame du Canada.[&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[],"coauthors":[22],"class_list":["post-2383","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles","volume-volume-7-issue-1-2019"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.4 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>\u00c9volution du droit administratif pertinent au droit et \u00e0 la r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie en 2018 - Publication trimestrielle sur la r\u00e8glementation de l\u2019\u00e9nergie<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/articles\/2018-developments-in-administrative-law-relevant-to-energy-law-and-regulation\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"[:en]2018 Developments in Administrative Law Relevant to Energy Law and Regulation[:fr]\u00c9volution du droit administratif pertinent au droit et \u00e0 la r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie en 2018[:] - Publication trimestrielle sur la r\u00e8glementation de l\u2019\u00e9nergie\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"[:en]2018 was in many ways a landmark year in the Supreme Court of Canada\u2019s Administrative Law jurisprudence. 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