{"id":1071,"date":"2015-06-14T00:00:45","date_gmt":"2015-06-14T00:00:45","guid":{"rendered":"http:\/\/www.energyregulationquarterly.ca\/?p=1071"},"modified":"2021-06-29T17:41:39","modified_gmt":"2021-06-29T17:41:39","slug":"pipelines-the-national-energy-board-and-the-federal-court","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/fr\/case-comments\/pipelines-the-national-energy-board-and-the-federal-court","title":{"rendered":"Pipelines, l\u2019Office national de l\u2019\u00e9nergie et la Cour f\u00e9d\u00e9ral"},"content":{"rendered":"<p>La construction de nouveaux pipelines ou encore l\u2019expansion, le renversement du d\u00e9bit ou le changement de vocation de pipelines existants ont toujours soulev\u00e9 la controverse au Canada. Ils ont presque toujours men\u00e9 \u00e0 des demandes de r\u00e9vision judiciaires ou d\u2019appel. Consid\u00e9rons par exemple, les efforts d\u00e9ploy\u00e9s afin d\u2019obtenir un permis pour le pipeline de gaz naturel Makenzie (et ses variantes) dans les ann\u00e9es 1970<sup>1<\/sup>, le pipeline Norman\u00a0Wells dans les ann\u00e9es 1980<sup>2<\/sup> et le pipeline Express dans les ann\u00e9es 1990<sup>3<\/sup>. Toutefois, ces exp\u00e9riences ne nous ont pas vraiment pr\u00e9par\u00e9s aux nombreuses demandes de pipeline dont l\u2019Office national de l\u2019\u00e9nergie (ONE, l\u2019Office) est actuellement saisi, ni aux nombreuses demandes de contestation soumises \u00e0 la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale par des parties int\u00e9ress\u00e9es. Plus t\u00f4t cette ann\u00e9e (2015), l\u2019Office a cr\u00e9\u00e9e une nouvelle page sur son site web afin d\u2019aider les utilisateurs \u00e0 suivre l\u2019\u00e9volution des demandes devant la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale<sup>4<\/sup>, puisqu\u2019elle est consciente de la situation.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sent article vise humblement \u00e0 fournir une description d\u00e9taill\u00e9e de l\u2019\u00e9tat d\u2019avancement des pipelines pertinents et des demandes de nature judiciaire. En premier lieu, on examinera le cadre juridique de la <em>Loi sur l\u2019Office national de l\u2019\u00e9nergie<\/em><sup>5<\/sup> (<em>LONE<\/em>) et de la <em>Loi sur les Cours f\u00e9d\u00e9rales<\/em><sup>6<\/sup>, lesquelles r\u00e9gissent le fonctionnement de l\u2019ONE et de la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale. Ensuite, des propositions importantes de pipeline et des demandes connexes de nature judiciaire seront trait\u00e9es,<\/p>\n<h2>Cadre juridique<\/h2>\n<p>Personne ne peut construire ou exploiter un pipeline interprovincial ou international sans avoir obtenu pr\u00e9alablement un certificat d\u2019utilit\u00e9 publique (CUP) d\u00e9livr\u00e9 par l\u2019ONE<sup>7<\/sup>. La proc\u00e9dure de d\u00e9livrance d\u2019un CUP oblige maintenant l\u2019ONE \u00e0 pr\u00e9parer un rapport et \u00e0 formuler une recommandation sur la d\u00e9livrance d\u2019un certificat du gouverneur en conseil; ce dernier doit soit renvoyer, accepter ou rejeter cette recommandation.<\/p>\n<p>L\u2019Office peut recommander l\u2019approbation ou le rejet; toutefois peu importe sa recommandation, elle doit indiquer les modalit\u00e9s et les conditions qu\u2019elle \u00ab\u00a0estime utile, dans l\u2019int\u00e9r\u00eat public\u00a0\u00bb<sup>8<\/sup> si le projet va de l\u2019avant. L\u2019article 22(4) de la<em> LONE<\/em> pr\u00e9cise que le rapport de l\u2019ONE \u00ab\u00a0ne constitue ni une d\u00e9cision ni une ordonnance de celui-ci\u00a0\u00bb en vertu de l\u2019article\u00a022(1) de la <em>Loi<\/em>, ce qui suppose que ce rapport ne peut \u00eatre port\u00e9 en appel devant la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale, avec l\u2019autorisation de celle-ci, sur une question de droit ou de comp\u00e9tence en vertu du m\u00eame article de la <em>Loi<\/em><sup>9<\/sup>. Cependant, cela ne signifie pas qu\u2019il ne peut y avoir de r\u00e9vision judiciaire ou de demande relativement \u00e0 un rapport en raison de l\u2019interpr\u00e9tation de l\u2019article\u00a018.5 de la <em>Loi sur les cours f\u00e9d\u00e9rales<\/em><sup>10<\/sup>. La jurisprudence semble indiquer que cet article exclut une demande de r\u00e9vision judiciaire uniquement dans la mesure o\u00f9 il est r\u00e9ellement possible d\u2019en appeler de la d\u00e9cision<sup>11<\/sup>. Le tribunal de premi\u00e8re instance de la Cour f\u00e9d\u00e9rale n\u2019a aucune comp\u00e9tence sur l\u2019ONE<sup>12<\/sup>.<\/p>\n<p>Alors que le gouverneur en conseil peut exiger de l\u2019Office qu\u2019elle reconsid\u00e8re une des recommandations ou l\u2019une des modalit\u00e9s qu\u2019elle a \u00e9mise<sup>13<\/sup> dans le cours normal des choses, le gouverneur en conseil pourrait par d\u00e9cret ordonner \u00e0 l\u2019Office d\u2019\u00e9mettre ou rejeter un certificat d\u2019utilit\u00e9 publique sous r\u00e9serve de conditions du rapport<sup>14<\/sup>. Il doit \u00eatre justifi\u00e9 avec des motifs<sup>15<\/sup>, et l\u2019article 55 de la<em> Loi<\/em> pr\u00e9voit express\u00e9ment le contr\u00f4le judiciaire, sur autorisation, \u00e0 la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale<sup>16<\/sup>.<\/p>\n<p>La construction d\u2019un nouveau pipeline de grand diam\u00e8tre d\u00e9clenchera \u00e9galement un examen en vertu de la <em>Loi canadienne sur l\u2019\u00e9valuation environnementale (2012)<\/em><sup>17<\/sup> (<em>LCEE 2012<\/em>) ou l\u2019ancienne version de ce<em>lle-ci<\/em>. Dans le pr\u00e9c\u00e9dent cadre de la <em>loi<\/em>, la participation d\u2019un organisme provincial menait les projets \u00e0 un renvoi devant la Commission d\u2019examen conjoint (CEC). Cela pouvait avoir comme effet de compliquer les conditions de l\u2019examen judiciaire de la CEC.<\/p>\n<p>Dans le cas de pipelines vis\u00e9s par un r\u00e8glement f\u00e9d\u00e9ral, un rapport de la CEC d\u00e9charge la Commission de sa responsabilit\u00e9 en vertu de la <em>LCEE<\/em> et de la <em>LONE<\/em>. Dans la mesure o\u00f9 les commissions de la <em>LCEE<\/em> ne sont pas \u00e9num\u00e9r\u00e9es en vertu de l\u2019article\u00a028 de la <em>LCF<\/em> en tant que conseil, commission ou autre type de tribunal f\u00e9d\u00e9ral sous la juridiction de surveillance exclusive de la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale, il s\u2019ensuit que tout contr\u00f4le de cet aspect de la responsabilit\u00e9 de la CEC rel\u00e8ve du tribunal de premi\u00e8re instance de la Cour f\u00e9d\u00e9rale. Par cons\u00e9quent, dans les dossiers concernant la CEC, les parties int\u00e9ress\u00e9es peuvent choisir de proc\u00e9der devant le tribunal de premi\u00e8re instance de la Cour f\u00e9d\u00e9rale (en fonction des responsabilit\u00e9s de la commission en vertu de la <em>LCEE<\/em>) ou devant la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale (en ce qui a trait aux questions relevant de l\u2019ONE)<sup>18<\/sup> . Ce fut le cas dans le litige qui a suivi l\u2019approbation du pipeline Express. Dans cette affaire, les parties int\u00e9ress\u00e9es se sont entendues pour regrouper les questions lors d\u2019une audience devant la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale. Dans ce jugement, le juge Hugesson a comment\u00e9 comme suit sur cette mani\u00e8re de proc\u00e9der<sup>19<\/sup>:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">[Traduction] bien que la proc\u00e9dure suivie par les demandeurs ne nous ait pas \u00e9t\u00e9 expos\u00e9e (puisqu\u2019il \u00e9tait clair qu\u2019au moins l\u2019une des demandes s\u2019av\u00e9rait la bonne m\u00e9thode de mise en cause), nous croyons qu\u2019il faut tout de m\u00eame la commenter bri\u00e8vement. En termes de politique juridique et d\u2019\u00e9conomie, il nous semble que, si le rapport de comit\u00e9 et la mesure subs\u00e9quente prise par une autorit\u00e9 responsable sont contest\u00e9s, ces contestations doivent dans la mesure du possible \u00eatre entendues ensemble et par la m\u00eame cour. Par cons\u00e9quent, dans les cas comme celui-ci o\u00f9 l\u2019autorit\u00e9 responsable est l\u2019une de celles \u00e9num\u00e9r\u00e9es \u00e0 l\u2019article\u00a028 de la <em>Loi sur les cours f\u00e9d\u00e9rales,<\/em> la r\u00e9vision judiciaire doit commencer devant la Cour d\u2019appel (pour l\u2019autorit\u00e9 responsable), ou \u00eatre transf\u00e9r\u00e9e \u00e0 celle-ci (pour la commission).<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Par ailleurs, dans les cas comme celui-ci, o\u00f9 l\u2019autorit\u00e9 responsable est l\u2019une de celles dont les d\u00e9cisions peuvent \u00eatre port\u00e9es en appel devant cette Cour et o\u00f9 la r\u00e9vision judiciaire est par cons\u00e9quent limit\u00e9e aux modalit\u00e9s de l\u2019article\u00a018.5 de la <em>Loi sur les cours f\u00e9d\u00e9rales<\/em>, la voie pr\u00e9f\u00e9rable consisterait \u00e0 autoriser la demande d\u2019appel. C\u2019est particuli\u00e8rement le cas en l\u2019esp\u00e8ce, o\u00f9 la commission et l\u2019autorit\u00e9 responsable sont de fait (et, selon nous, de droit) la m\u00eame entit\u00e9 m\u00eame si elles exercent leurs fonctions en vertu de plus d\u2019une loi.<\/p>\n<p>Bien que cette l\u00e9gislation peut s\u2019av\u00e9rer pertinente dans le projet du Northern Gateway d\u2019Enbridge (le projet fait l\u2019objet d\u2019une commission d\u2019examen conjoint (CEC)), il est peu probable que cette commission d\u2019examen conjoint concerne l\u2019ONE et la LCEE 2012 dans le futur puisque la LCEE 2012 accorde le pouvoir \u00e0 la l\u2019ONE de proc\u00e9der \u00e0 ses \u00e9valuations sans son approbation<sup>20<\/sup>.<\/p>\n<h2>Projets<\/h2>\n<p>Dans la perspective de la proc\u00e9dure d\u2019obtention d\u2019un CUP et de la supervision judiciaire de l\u2019ONE, regardons \u00e0 pr\u00e9sent les diff\u00e9rents projets de l\u2019ONE\/CEC qui font actuellement l\u2019objet d\u2019une r\u00e9vision judiciaire ou de demandes d\u2019appel. On se penchera sur le projet Northern Gateway d\u2019Enbridge, le projet de la canalisation\u00a09B d\u2019Enbridge, le projet d\u2019agrandissement du r\u00e9seau Trans Mountain et le projet \u00c9nergie Est de TransCanada.<\/p>\n<h2>Projet Northern Gateway d\u2019Enbridge<\/h2>\n<p>Le projet Northern Gateway d\u2019Enbridge a pour but la construction et l\u2019exploitation de deux pipelines situ\u00e9s entre Bruderhiem en Alberta et Kitimat en Colombie-Britannique, ainsi que la construction et l\u2019exploitation d\u2019un terminal maritime et d\u2019installations d\u2019arrimage et de stockage connexes \u00e0 Kitimat. Un pipeline servirait au transport du p\u00e9trole avec une capacit\u00e9 de 525\u00a0000\u00a0barils par jour tandis qu\u2019un autre servirait au transport de condensat avec une capacit\u00e9 de 193\u00a0000\u00a0barils par jour. Le projet a \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9 devant une CEC et cette derni\u00e8re a remis son rapport final sur le projet le 9\u00a0d\u00e9cembre\u00a02013<sup>21<\/sup>. En vertu de la <em>LCEE)<\/em>, la CEC avait la responsabilit\u00e9 d\u2019\u00e9valuer les effets possibles du projet sur la population, l\u2019environnement, leur importance et la mani\u00e8re dont ils pourraient \u00eatre att\u00e9nu\u00e9s, puis d\u00e9terminer si le projet satisfaisait au crit\u00e8re d\u2019utilit\u00e9 publique de la <em>LONE<\/em><sup>22<\/sup>. La CEC a recommand\u00e9 l\u2019approbation du projet, sous r\u00e9serve de 209\u00a0conditions. Ce faisant, la CEC a conclu que le projet, en combinaison avec les effets d\u2019autres projets, pourrait avoir un impact environnemental n\u00e9gatif important sur certaines populations de caribou des bois et d\u2019ours grizzly (esp\u00e8ces list\u00e9es dans la <em>Loi sur les esp\u00e8ces en p\u00e9ril<sup>23<\/sup><\/em>), suivant l\u2019application de toutes les mesures d\u2019att\u00e9nuation des risques comprises dans le projet Northern Gateway. N\u00e9anmoins, la CEC a indiqu\u00e9 que ces effets ind\u00e9sirables pourraient \u00eatre justifi\u00e9s en vertu des circonstances<sup>24<\/sup>. Parmi les circonstances particuli\u00e8res qui ont men\u00e9 \u00e0 cette conclusion, on note la diversification que subirait les march\u00e9s p\u00e9troliers et l\u2019approvisionnement en condensat au Canada, ainsi que d\u2019autres avantages \u00e9conomiques et sociaux <sup>25<\/sup>.<\/p>\n<p>Comme il a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 abord\u00e9 dans un num\u00e9ro pr\u00e9c\u00e9dent de cette <em>Publication trimestrielle<sup>26<\/sup>,<\/em> diff\u00e9rentes r\u00e9visions judiciaires et demandes d\u2019appel ont \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9es \u00e0 la suite du rapport de la CEC et de la d\u00e9cision du gouverneur en conseil. Toutes ces demandes ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9unies<sup>27<\/sup> et une audience est pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019automne\u00a02015. Mon article pr\u00e9c\u00e9dent comportait une discussion sur les plaidoiries relatifs \u00e0 ces demandes (ao\u00fbt\u00a02014) et les lecteurs voulant en savoir plus devraient s\u2019y r\u00e9f\u00e9rer<sup>28<\/sup>.<\/p>\n<p>La pr\u00e9sente partie porte sur trois d\u00e9cisions interlocutoires qui ont depuis \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es<sup>29<\/sup>. Les deux premi\u00e8res d\u00e9cisions ont \u00e9t\u00e9 rendues par le juge Stratas, le 27\u00a0janvier\u00a02015. L\u2019enjeu de la premi\u00e8re affaire, <em>Forest Ethics Advocacy Association c Northern Gateway Pipelines Inc,<sup>30<\/sup> <\/em>est simple et consistait \u00e0 savoir si l\u2019ONE devait \u00eatre ajout\u00e9 comme intim\u00e9 dans une demande particuli\u00e8re, A514-14, l\u2019ONE ayant d\u00e9j\u00e0 obtenu le statut d\u2019intim\u00e9 dans des demandes r\u00e9unies. Les appelants se sont oppos\u00e9s \u00e0 ce que l\u2019ONE obtienne le statut d\u2019intim\u00e9 indiquant qu\u2019il devrait \u00eatre trait\u00e9 comme intervenant au motif qu\u2019un tribunal n\u2019avait que des droits de participation restreints relativement \u00e0 un appel ou une r\u00e9vision judiciaire de l\u2019une de ses d\u00e9cisions. Le juge Stratas a conclu que l\u2019observation de l\u2019Office d\u00e9montrait que celui-ci \u00e9tait bien conscient des limites de sa participation mais, qu\u2019\u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019au sens technique la demande est un appel d\u2019une d\u00e9cision de l\u2019Office, celle-ci devait \u00eatre intim\u00e9.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me d\u00e9cision, <em>Gitxaala Nation c Northern Gateway Pipeline Inc<\/em><sup>31<\/sup>, rendue en janvier, traite de la mesure dans laquelle les parties sont en mesure d\u2019ajouter des affidavits au dossier. La Cour a anticip\u00e9 cette question dans son ordonnance de consolidation en d\u00e9cembre\u00a02014. Dans cette ordonnance, la Cour a d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019elle ne permettrait pas de t\u00e9moignage par affidavit concernant des questions constitutionnelles qui n\u2019ont pas d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9es devant l\u2019Office. Le motif apport\u00e9 \u00e9tait que, comme l\u2019ONE a comp\u00e9tence sur les questions constitutionnelles, tout effort pour soulever de nouvelles questions viendrait ind\u00fbment contourner l\u2019Office<sup>32<\/sup>. Dans cette demande d\u2019autorisation visant la production de preuves au dossier, le juge Stratas a not\u00e9 que la plupart des affidavits reposent sur la question de savoir s\u2019il y a obligation de consulter<sup>33<\/sup>.<\/p>\n<p>Le juge Stratas a permis le d\u00e9p\u00f4t d\u2019affidavits, mais a laiss\u00e9 la responsabilit\u00e9 \u00e0 la commission qui entend l\u2019affaire de d\u00e9terminer leur admissibilit\u00e9. Bien qu\u2019il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 clair dans quelle mesure les affidavits peuvent soulever de nouvelles questions constitutionnelles, le juge Stratas a n\u00e9anmoins fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 plusieurs pr\u00e9c\u00e9dents laissant entendre que les tribunaux sont plus souple concernant l\u2019admissibilit\u00e9 de nouvelles preuves dans les dossiers concernant les peuples autochtones<sup>34<\/sup>. En d\u00e9pit du fait, qu\u2019il ne soit pas convaincu du raisonnement, le juge Stratas a reconnu que cette question particuli\u00e8re n\u2019avait jamais \u00e9t\u00e9 prise en consid\u00e9ration par la Cour d\u2019appel auparavant<sup>35<\/sup>. Il a \u00e9galement laiss\u00e9 \u00e0 la commission charg\u00e9e d\u2019entendre l\u2019affaire le soin de trancher la question quant au crit\u00e8re d\u2019admissibilit\u00e9 d\u2019une nouvelle preuve dans un appel pr\u00e9vu par la <em>LONE<\/em>.Ce dit crit\u00e8re est \u00e9tabli dans <em>Palmer c La Reine<sup>36<\/sup><\/em> ou par une norme de droit administratif<sup>37<\/sup>.<\/p>\n<p>Dans la troisi\u00e8me affaire, <em>Gitxaala Nation c Northern Gateway Pipelines Inc<\/em><sup>38<\/sup><em>,<\/em> le juge Stratas devait rendre une d\u00e9cision sur deux demandes d\u2019intervention contest\u00e9es \u2013 l\u2019une d\u2019Amnistie Internationale (Amnistie) \u00e0 l\u2019appui des appelants et une deuxi\u00e8me de l\u2019Association canadienne des producteurs p\u00e9troliers (ACPP) \u00e0 l\u2019appui des intim\u00e9s. Le juge Stratas a pris en consid\u00e9ration les deux demandes \u00e0 la lumi\u00e8re de sa propre d\u00e9cision dans <em>Canada (Procureur g<\/em>\u00e9n\u00e9ral) c Premi\u00e8re Nation Pictou Landing<sup>39<\/sup>, dans laquelle le crit\u00e8re suivant est \u00e9tabli<sup>40<\/sup>\u00a0:<\/p>\n<ol style=\"list-style-type: upper-roman;\">\n<li>La personne qui d\u00e9sire intervenir s\u2019est-elle conforme-t-elle aux exigences proc\u00e9durales particuli\u00e8res \u00e9nonc\u00e9es \u00e0 l\u2019article 109(2) des R\u00e8gles? La preuve pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 l\u2019appui estelle pr\u00e9cise et d\u00e9taill\u00e9e? Si la r\u00e9ponse \u00e0 l\u2019une ou l\u2019autre de ces questions est n\u00e9gative, la Cour n\u2019est pas en mesure d\u2019\u00e9valuer ad\u00e9quatement les autres facteurs et doit par cons\u00e9quent refuser d\u2019accorder le statut d\u2019intervenant. Si la r\u00e9ponse aux deux questions est affirmative, la Cour est en mesure d\u2019\u00e9valuer ad\u00e9quatement les autres facteurs et de d\u00e9terminer si, selon la pr\u00e9pond\u00e9rance des probabilit\u00e9s, il convient d\u2019accorder le statut d\u2019intervenant.<\/li>\n<li>La personne qui d\u00e9sire intervenir a-telle un int\u00e9r\u00eat v\u00e9ritable dans l\u2019affaire dont la Cour est saisie, permettant ainsi de garantir \u00e0 la Cour qu\u2019elle poss\u00e8de les connaissances, les comp\u00e9tences et les ressources n\u00e9cessaires et qu\u2019elle les consacrera \u00e0 l\u2019affaire dont la Cour est saisie?<\/li>\n<li>En participant au pr\u00e9sent appel de la mani\u00e8re qu\u2019elle se propose, la personne qui d\u00e9sire intervenir fournitelle \u00e0 la Cour d\u2019autres pr\u00e9cisions et perspectives utiles qui l\u2019aideront effectivement \u00e0 la prise d\u2019une d\u00e9cision?<\/li>\n<li>Est-il dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de la justice d\u2019autoriser l\u2019intervention? Par exemple, si l\u2019affaire dont la Cour est saisie comporte-t-elle une dimension publique importante et complexe, de sorte que la Cour doit prendre connaissance d\u2019autres points de vue que ceux exprim\u00e9s par les parties \u00e0 l\u2019instance? La personne qui d\u00e9sire intervenir atelle particip\u00e9 \u00e0 des proc\u00e9dures ant\u00e9rieures concernant l\u2019affaire?<\/li>\n<li>L\u2019intervention d\u00e9sir\u00e9e estelle incompatible avec les exigences \u00e9nonc\u00e9es \u00e0 l\u2019article\u00a03 des R\u00e8gles, \u00e0 savoir de permettre \u00ab\u00a0d\u2019apporter une solution au litige qui soit juste et la plus exp\u00e9ditive et \u00e9conomique possible\u00a0\u00bb? L\u2019intervention devrait-elle \u00eatre assujettie \u00e0 des conditions qui pourraient r\u00e9pondre aux exigences pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019article\u00a03?<\/li>\n<\/ol>\n<p>Amnistie a propos\u00e9 de mettre l\u2019accent sur les questions de droit international dans le cadre de son intervention. Le juge Stratas a accept\u00e9 la demande d\u2019Amnistie, \u00e0 certaines conditions. Selon le juge, cette intervention \u00ab\u00a0[Traduction] avait une port\u00e9e trop grande\u00a0\u00bb dans la mesure o\u00f9 elle laisse entendre que \u00ab\u00a0[Traduction] le droit international est, \u00e0 plusieurs \u00e9gards, tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9ral sur toutes les questions\u00a0\u00bb<sup>41<\/sup>. Selon ce point de vue, le droit international peut s\u2019appliquer \u00e0 la question en l\u2019esp\u00e8ce, et ce, de l\u2019une de deux fa\u00e7ons. Premi\u00e8rement, s\u2019il existe plusieurs interpr\u00e9tations d\u2019une m\u00eame disposition l\u00e9gislative, la cour doit privil\u00e9gier une interpr\u00e9tation que ne placerait pas le Canada en violation de ses obligations internationales. Deuxi\u00e8mement, le droit international peut \u00e9galement s\u2019appliquer \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019un pouvoir discr\u00e9tionnaire, m\u00eame si dans ce contexte il serait probablement n\u00e9cessaire de d\u00e9montrer qu\u2019il ne serait pas raisonnable pour le d\u00e9cideur de ne pas se conformer au droit international<sup>42<\/sup>\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">[Traduction] Cette omission peut rendre la d\u00e9cision d\u00e9raisonnable, ou non. Cela d\u00e9pend en grande partie de l\u2019importance de la norme du droit international en l\u2019esp\u00e8ce, ainsi que de l\u2019\u00e9tendue de la marge d\u2019appr\u00e9ciation ou des issues acceptables pouvant se justifier qu\u2019utilise le d\u00e9cideur dans l\u2019interpr\u00e9tation et l\u2019application de la disposition l\u00e9gislative autorisant sa d\u00e9cision\u00a0: voir, par exemple, <em>Canada (ministre des Transports, de l\u2019Infrastructure et des Collectivit\u00e9s) <\/em>c<em> Jagjit Singh Farwaha<\/em>, 2014 CAF\u00a056 aux paragraphes\u00a088 \u00e0 105.<\/p>\n<p>Bien que ces deux situations repr\u00e9sentent simplement des cas o\u00f9 le droit international peut s\u2019av\u00e9rer pertinent dans l\u2019application du droit interne, plut\u00f4t qu\u2019un \u00e9nonc\u00e9 exhaustif de la pertinence du droit international, elles servent \u00e0 rappeler \u00e0 l\u2019avocat qu\u2019il ne suffit pas d\u2019invoquer le droit international, mais qu\u2019il est \u00e9galement n\u00e9cessaire de d\u00e9montrer la mani\u00e8re dont l\u2019application ce droit peut faire une diff\u00e9rence relativement au r\u00e9sultat.<\/p>\n<p>Le juge Stratas s\u2019est montr\u00e9 tr\u00e8s prudent en ce qui a trait \u00e0 la relation entre l\u2019obligation de consultation et d\u2019accommodation des peuples autochtones de la Couronne et le droit international. En l\u2019esp\u00e8ce, le juge Stratas a observ\u00e9 que<sup>43<\/sup>\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">[Traduction] Dans le cas de l\u2019obligation de consulter, les d\u00e9cisions de la Cour supr\u00eame nous lient et elles ont d\u00e9fini l\u2019obligation avec une certaine particularit\u00e9. Nous ne sommes pas libres de modifier la<em> loi de la Cour Supr\u00eame <\/em>sur le fondement d\u2019observations du droit international qui nous sont soumises. Le droit international, au mieux, peut nous aider un peu dans l\u2019interpr\u00e9tation et l\u2019application de la loi \u00e9tablie par la Cour supr\u00eame.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 cette restriction, il n\u2019en demeure pas loin qu\u2019\u00e0 plusieurs occasions de faire valoir que le droit international peut servir \u00e0 \u00e9clairer certaines questions, comme\u00a0: le contenu de l\u2019obligation de consulter, l\u2019importance du droit \u00e0 la culture, le respect qui doit \u00eatre accord\u00e9 aux conceptions autochtones de la propri\u00e9t\u00e9 et la question de ce qui peut constituer une violation injustifiable d\u2019un droit autochtone, d\u2019un titre ou d\u2019un droit conf\u00e9r\u00e9 par trait\u00e9<sup>44<\/sup>.<\/p>\n<p>Le juge Stratas a r\u00e9sum\u00e9 ses directives \u00e0 l\u2019avocat comme suit<sup>45<\/sup>\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">[Traduction] Les observations orales et \u00e9crites soumises par Amnistie Internationale doivent se limiter aux questions de droit international dans la mesure o\u00f9 elles sont pertinentes et n\u00e9cessaires \u00e0 n\u2019importe laquelle des questions soulev\u00e9es dans l\u2019appel r\u00e9uni. Amnistie Internationale doit expliquer la pertinence l\u00e9gale dont cette observation de droit international est pertinente et n\u00e9cessaire \u00e0 la d\u00e9termination d\u2019une question pr\u00e9cise et pourquoi, et fournir une r\u00e9f\u00e9rence pr\u00e9cise \u00e0 la loi \u00e9tablie ci-dessus ou \u00e0 une autre loi visant la question. Par exemple, elle devra isoler une disposition l\u00e9gislative qui est ambig\u00fce ou qui permet l\u2019exercice de plus d\u2019un pouvoir discr\u00e9tionnaire, puis indiquer la loi internationale qui s\u2019applique \u00e0 la question.<\/p>\n<p>Le juge Stratas a \u00e9galement invit\u00e9 l\u2019avocat de l\u2019intim\u00e9 \u00e0 d\u00e9terminer s\u2019il devait soumettre une demande pour d\u00e9velopper davantage dans son m\u00e9moire de faits et droit, dont la longueur avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9e, une fois qu\u2019il aura l\u2019occasion d\u2019examiner les arguments de l\u2019intervenant<sup>46<\/sup>. Le juge Stratas a rejet\u00e9 une demande pr\u00e9c\u00e9dente d\u2019Enbridge qui souhaitait d\u00e9poser un m\u00e9moire plus exhaustif<sup>47<\/sup>.<\/p>\n<p>\u00c0 certains \u00e9gards, la demande d\u2019intervention de l\u2019ACPP semble pr\u00e9senter une plus grande difficult\u00e9 que celle pos\u00e9e par la demande d\u2019Amnistie. Apr\u00e8s tout, le juge Stratas a lui-m\u00eame reconnu que<sup>48<\/sup>\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">[Traduction] L\u2019Association semble ne faire rien de plus que de pr\u00e9senter des observations que les intim\u00e9s pourraient eux-m\u00eames pr\u00e9senter. Les observations ne refl\u00e8tent pas un point de vue particulier de l\u2019Association, un groupe d\u2019entit\u00e9s dont les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques sont touch\u00e9s par le projet de pipeline Northern Gateway.<\/p>\n<p>Quels \u00e9taient alors les facteurs d\u00e9cisifs en l\u2019esp\u00e8ce qui justifiaient que l\u2019on permette \u00e0 l\u2019ACPP d\u2019intervenir (encore une fois selon certaines conditions)? Le juge Stratas se r\u00e9f\u00e9re \u00e0 trois consid\u00e9rations. Premi\u00e8rement, la Cour a reconnu que la d\u00e9cision d\u2019approuver le projet avait \u00e9t\u00e9 prise en fonction de l\u2019int\u00e9r\u00eat public (ou utilit\u00e9 publique dans l\u2019argot de la <em>LONE<\/em>) et que \u00ab\u00a0[Traduction] l\u2019Association est bien positionn\u00e9e pour discuter de la question de l\u2019int\u00e9r\u00eat public. Elle repr\u00e9sente une grande proportion du public touch\u00e9 par la d\u00e9cision ci-dessous<sup>49<\/sup>.\u00a0\u00bb La deuxi\u00e8me consid\u00e9ration pertinente semble concerner l\u2019\u00ab\u00a0\u00e9galit\u00e9 des armes\u00a0\u00bb (c\u2019est-\u00e0-dire le besoin d\u2019une \u00ab\u00a0\u00e9quit\u00e9 globale dans le processus de litige\u00a0\u00bb)<sup>50<\/sup>. Enfin, le juge Stratas a remarqu\u00e9 que l\u2019ACPP avait particip\u00e9 de mani\u00e8re importante \u00e0 la question \u00e9tudi\u00e9e. Cependant, il avait \u00e9galement des conseils et des instructions \u00e0 formuler \u00e0 l\u2019avocat de l\u2019ACPP<sup>51<\/sup>\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">[Traduction] L\u2019ACPP doit pr\u00e9senter des arguments sur les consid\u00e9rations relatives \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat public qui contribuent \u00e0 l\u2019\u00e9valuation de la Cour en ce qui a trait \u00e0 l\u2019exactitude ou \u00e0 l\u2019aspect raisonnable des d\u00e9cisions examin\u00e9es. Si l\u2019examen du caract\u00e8re raisonnable est pertinent, les observations peuvent porter sur les issues acceptables pouvant se justifier ou sur la marge d\u2019appr\u00e9ciation qui doit s\u2019appliquer aux d\u00e9cisions examin\u00e9es et sur la question de savoir si ces derni\u00e8res s\u2019inscrivent \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de ces issues ou de cette marge. Autrement dit, la version pr\u00e9liminaire du m\u00e9moire qui a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e devant cette Cour n\u2019est pas conforme aux exigences \u00e9tablies dans ce paragraphe et devra \u00eatre modifi\u00e9e.<\/p>\n<h2>Canalisation\u00a09B d\u2019Enbridge<\/h2>\n<p>La canalisation\u00a09 relie Sarnia \u00e0 Montr\u00e9al. Elle a \u00e9t\u00e9 construite par Pipelines Interprovincial Inc. (maintenant Enbridge) au milieu des ann\u00e9es 1970 dans le cadre de l\u2019intervention du gouvernement du Canada suite \u00e0 la crise de l\u2019OPEP, afin de permettre la livraison de p\u00e9trole canadien aux raffineries de Montr\u00e9al. En 1997, la soci\u00e9t\u00e9 a obtenu l\u2019autorisation de l\u2019ONE de renverser la canalisation\u00a09 pour permettre l\u2019exp\u00e9dition de p\u00e9trole de Montr\u00e9al vers les raffineries de l\u2019Ontario. L\u2019inversion du d\u00e9bit a \u00e9t\u00e9 maintenue ainsi jusqu\u2019en 2011, moment o\u00f9 Enbridge a produit une demande de renversement (c\u2019est-\u00e0-dire reprendre le d\u00e9bit original vers l\u2019est) de Sarnia \u00e0 North Westover (\u00e0 l\u2019ouest de Toronto). Ce renversement (phase\u00a01 du renversement de la canalisation\u00a09) est entr\u00e9 en vigueur en 2013 toutefois, Enbridge avait fait une autre demande pour renverser la partie restante de la canalisation\u00a09B vers Montr\u00e9al et pour augmenter la capacit\u00e9 de l\u2019ensemble de la canalisation de 240\u00a0000\u00a0barils par jour \u00e0 333\u00a0333\u00a0barils par jour. L\u2019Office a publi\u00e9 les motifs de sa d\u00e9cision recommandant l\u2019approbation de cette demande en mars\u00a02014<sup>52<\/sup>.<\/p>\n<p>Deux dossiers concernent la canalisation\u00a09B. Le premier concerne la demande de r\u00e9vision judiciaire amorc\u00e9e par Forest Ethics Advocacy Association et Donna\u00a0Sinclair. La Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale a motiv\u00e9e une d\u00e9cision relativement \u00e0 cette demande en d\u00e9cembre\u00a02014<sup>53<\/sup>. La deuxi\u00e8me demande concernait une demande d\u2019autorisation d\u2019appel soumise par la Premi\u00e8re Nation des Chippewas de la Thames. La Cour a accord\u00e9 une autorisation concernant les questions qui comprennent l\u2019obligation de consultation et d\u2019accommodement de la Couronne<sup>54<\/sup>.<\/p>\n<h3>L\u2019affaire Forest Ethics<\/h3>\n<p>Comme on le souligne ci-dessus, la demande de <em>Forest Ethics\\Sinclair<\/em> \u00e9tait une demande de r\u00e9vision judiciaire concernant trois d\u00e9cisions interlocutoires<sup>55<\/sup>. En premier lieu, l\u2019Office avait d\u00e9cid\u00e9 qu\u2019il ne prendrait pas en consid\u00e9ration les effets environnementaux et socio-\u00e9conomiques associ\u00e9s aux activit\u00e9s en amont, le d\u00e9veloppement des sables bitumineux de l\u2019Alberta et l\u2019utilisation en aval du p\u00e9trole transport\u00e9 par le pipeline. Les demandeurs ont soutenu que cette d\u00e9cision \u00e9tait d\u00e9raisonnable. En deuxi\u00e8me lieu, l\u2019Office avait \u00e9valu\u00e9 (et rejet\u00e9) le droit des demandeurs de participer aux proc\u00e9dures sur la base d\u2019un formulaire de demande de participation. Troisi\u00e8mement, les demandeurs, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment M<sup>me<\/sup>\u00a0Sinclair, ont fait valoir que l\u2019Office avait refus\u00e9 que M<sup>me<\/sup>\u00a0Sinclair exerce sa libert\u00e9 d\u2019expression en vertu de la Charte en lui refusant son droit de maintenir sa position. La Cour s\u2019est pench\u00e9e sur la question de savoir si les demandeurs pouvaient soulever des questions relatives \u00e0 la Charte dans le cas o\u00f9 de ces questions n\u2019avaient pas \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9es devant l\u2019Office; elle s\u2019est aussi questionn\u00e9e \u00e0 savoir si Forest Ethics avait la qualit\u00e9 d\u2019agir devant la Cour relativement \u00e0 la demande de r\u00e9vision judiciaire.<\/p>\n<h3>Proc\u00e9dure d\u2019\u00e9valuation du droit de participation suivie par l\u2019ONE<\/h3>\n<p>L\u2019article\u00a055.2 de la <em>LONE <\/em>\u00e9tablit deux formes de droits de participation relativement \u00e0 une demande de certificat d\u2019utilit\u00e9 publique\u00a0: (1) le droit de participer de toute personne qu\u2019il estime touch\u00e9e par le certificat et (2) le droit de participer \u00e0 la discr\u00e9tion de l\u2019Office, de toute personne qui, selon lui, \u00ab\u00a0poss\u00e8de des renseignements pertinents ou une expertise appropri\u00e9e\u00a0\u00bb. La d\u00e9cision de l\u2019Office sur ces exigences est \u00ab\u00a0sans appel\u00a0\u00bb. Afin d\u2019\u00e9valuer les demandes d\u2019intervention, l\u2019Office oblige les intervenants potentiels \u00e0 remplir le formulaire de demande de participation. L\u2019Office accorde \u00e0 certaines parties des droits d\u2019intervention complets, d\u2019autres ont l\u2019occasion de d\u00e9poser une lettre pour pr\u00e9senter leurs pr\u00e9occupations et refuse \u00e0 d\u2019autres, dont M<sup>me<\/sup>\u00a0Sinclair, toute occasion de participer davantage.<\/p>\n<p>Le choix de l\u2019instrument qu\u2019utilise l\u2019Office pour \u00e9valuer un droit de participation est de nature proc\u00e9durale. La norme de contr\u00f4le sur cette question \u00ab\u00a0est celle de la d\u00e9cision correcte avec un certain degr\u00e9 de retenue \u00e0 l\u2019\u00e9gard du choix de proc\u00e9dure de l\u2019Office\u00a0\u00bb<sup>56<\/sup>. La Cour a pr\u00e9sent\u00e9 plusieurs raisons pour mettre l\u2019accent sur l\u2019obligation de d\u00e9f\u00e9rence de l\u2019Office en relation avec ses choix<sup>57<\/sup>\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">[\u2026] dans le contexte de sa d\u00e9cision, l\u2019Office a droit \u00e0 une marge d\u2019appr\u00e9ciation consid\u00e9rable dans les circonstances de la pr\u00e9sente esp\u00e8ce. Plusieurs facteurs militent en ce sens\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>L\u2019Office est ma\u00eetre de sa propre proc\u00e9dure [&#8230;]<\/li>\n<li>L\u2019Office a une exp\u00e9rience et une expertise consid\u00e9rables dans la tenue de ses propres audiences et quant \u00e0 savoir qui devrait y participer, de quelle mani\u00e8re et dans quelle mesure. Il a \u00e9galement une exp\u00e9rience et une expertise consid\u00e9rables pour ce qui est de veiller \u00e0 ce que ses audiences traitent des questions prescrites par la <em>Loi<\/em> en temps opportun et de mani\u00e8re efficace.<\/li>\n<li>Les choix proc\u00e9duraux de l\u2019Office \u2013 en particulier, dans la pr\u00e9sente affaire, le choix de concevoir un formulaire et d\u2019exiger qu\u2019il soit rempli \u2013 appellent la retenue [&#8230;]<\/li>\n<li>L\u2019Office doit se conformer aux crit\u00e8res \u00e9nonc\u00e9s \u00e0 l\u2019article\u00a055.2 de la <em>Loi<\/em> \u2013 s\u2019\u00ab\u00a0il estime\u00a0\u00bb qu\u2019une personne est \u00ab\u00a0directement touch\u00e9e\u00a0\u00bb par l\u2019accueil ou le rejet de la demande et si une personne \u00ab\u00a0poss\u00e8de des renseignements pertinents ou une expertise appropri\u00e9e\u00a0\u00bb. Mais, il s\u2019agit l\u00e0 de termes ayant un sens large et qui laissent \u00e0 l\u2019Office un certain degr\u00e9 de latitude, de sorte que, lorsque l\u2019Office obtient des renseignements de parties int\u00e9ress\u00e9es suivant ces crit\u00e8res, un certain degr\u00e9 de latitude devrait l\u00e0 aussi lui \u00eatre accord\u00e9.<\/li>\n<li>Enfin [&#8230;] les d\u00e9cisions de l\u2019Office sont prot\u00e9g\u00e9es par une clause privative. (authorit\u00e9s omis)<\/li>\n<\/ul>\n<p>La cour a d\u00e9clar\u00e9 que \u00ab\u00a0les audiences de l\u2019Office ne sont pas une tribune t\u00e9l\u00e9phonique \u00e0 la radio \u00e0 laquelle n\u2019importe qui peut participer tout simplement en composant le num\u00e9ro. Elles ne sont pas non plus un centre de consultation o\u00f9 n\u2019importe qui peut soulever n\u2019importe quoi, peu importe \u00e0 quel point le sujet est \u00e9loign\u00e9 de la t\u00e2che de l\u2019Office consistant \u00e0 r\u00e9glementer la construction et l\u2019exploitation de pipelines acheminant du p\u00e9trole et du gaz<sup>58<\/sup>.\u00a0\u00bb De plus, la modification de la <em>Loi<\/em> en 2012 a permit d\u2019avoir deux cat\u00e9gories de participation, le Parlement signalait que les proc\u00e9dures devaient \u00eatre plus efficaces et recentr\u00e9es et que, par cons\u00e9quent, l\u2019Office avait raison de cr\u00e9er une proc\u00e9dure qui exigeait une \u00ab\u00a0d\u00e9monstration rigoureuse\u00a0\u00bb<sup>59<\/sup> de la capacit\u00e9 d\u2019apporter une contribution \u00e0 l\u2019examen de la question \u00e9tudi\u00e9e par l\u2019Office.<\/p>\n<p><em>D\u00e9cision de refuser le droit de participation de M<sup>me<\/sup><\/em>\u00a0Sinclair<\/p>\n<p>La d\u00e9cision de l\u2019Office de refuser le droit de participer \u00e0 M<em><sup>me<\/sup><\/em>\u00a0Sinclair repose sur \u00ab\u00a0 un m\u00e9lange de fond <em>et<\/em> de proc\u00e9dure\u00a0\u00bb<sup>60<\/sup>. Bien que l\u2019admission d\u2019un parti de participer soit ordinairement une question proc\u00e9durale (suivant le contr\u00f4le de la norme de la d\u00e9cision correcte, avec un degr\u00e9 de retenue \u00e0 l\u2019\u00e9gard du choix de proc\u00e9dure de l\u2019Office), il est clair qu\u2019en prenant cette d\u00e9cision, l\u2019Office a \u00e9galement examin\u00e9 les questions de pertinence et le caract\u00e8re substantiel de la preuve (c\u2019est-\u00e0-dire des questions importantes, avec un contr\u00f4le suivant la norme du caract\u00e8re raisonnable). Par contre, \u00ab\u00a0peu importe comment nous qualifions la d\u00e9cision de l\u2019Office, celui-ci m\u00e9rite qu\u2019on lui laisse une marge de man\u0153uvre importante [&#8230;] L\u2019Office a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une \u00e9valuation factuelle, en puisant dans son exp\u00e9rience en mati\u00e8re de conduite d\u2019audiences de ce genre et dans son appr\u00e9ciation du genre de parties qui font et qui ne font pas de contributions utiles \u00e0 ses d\u00e9cisions. Des questions comme celles-l\u00e0 sont du ressort de l\u2019Office, et non de la Cour<sup>61<\/sup>.\u00a0\u00bb La Cour a ensuite pr\u00e9sent\u00e9 en d\u00e9tail les motifs au soutient de sa conclusion selon laquelle la d\u00e9cision de l\u2019Office de refuser \u00e0 M<em><sup>me<\/sup><\/em>\u00a0Sinclair le droit de participer \u00e0 l\u2019instance g\u00e9n\u00e9rale \u00e9tait raisonnable<sup>62<\/sup>.<\/p>\n<p><em>D\u00e9cision de refuser \u00e0 Forest Ethics un droit de participation quant <\/em>\u00e0 la demande de r\u00e9vision judiciaire<\/p>\n<p>Selon le jugement de la Cour d\u2019appel, m\u00eame si Forest Ethics \u00e9tait un codemandeur dans la contestation des trois d\u00e9cisions interlocutoires de l\u2019Office, elle n\u2019avait pas particip\u00e9 ant\u00e9rieurement \u00e0 l\u2019affaire dont l\u2019Office \u00e9tait saisi. Il s\u2019agissait clairement d\u2019un cas classique d\u2019une \u00ab\u00a0trouble-f\u00eate\u00a0\u00bb<sup>63<\/sup>.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Elle demande \u00e0 la Cour d\u2019examiner une d\u00e9cision administrative qui ne la concerne en rien. Elle n\u2019a demand\u00e9 \u00e0 l\u2019Office aucune mesure de r\u00e9paration ni r\u00e9clam\u00e9 une quelconque qualit\u00e9 pour agir. En particulier, elle n\u2019a pr\u00e9sent\u00e9 aucune observation \u00e0 l\u2019Office concernant les trois d\u00e9cisions interlocutoires. Elle n\u2019a demand\u00e9 \u00e0 l\u2019Office aucune mesure de r\u00e9paration ni r\u00e9clam\u00e9 une quelconque qualit\u00e9 pour agir.<\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, Forest Ethics n\u2019a jamais d\u00e9montr\u00e9 qu\u2019elle devait acqu\u00e9rir le droit de participer ni qu\u2019elle ne repr\u00e9sentait une partie d\u2019int\u00e9r\u00eat public au litige en d\u00e9posant cette demande de r\u00e9vision judiciaire.<\/p>\n<h3>Questions portant sur la Charte<\/h3>\n<p>M\u00eame si ce dernier point montrait clairement que Forest Ethics ne pouvait soulever la Charte, qu\u2019en \u00e9tait-il du cas de M<em><sup>me<\/sup><\/em>\u00a0Sinclair? La Cour a soutenu que m\u00eame si dans certains cas l\u2019auteur d\u2019une demande de r\u00e9vision judiciaire serait en mesure de contester la Charte m\u00eame s\u2019il n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 le faire devant un tribunal administratif, n\u2019\u00e9tait pas le cas en l\u2019esp\u00e8ce. Il s\u2019agit plut\u00f4t ici d\u2019une affaire qui \u00e9tait r\u00e9gie par la r\u00e8gle usuelle et la bonne pratique qui exigent que le tribunal en question soit en mesure de s\u2019exprimer par le biais de sa propre opinion d\u2019expert et contextualis\u00e9e relativement \u00e0 la question constitutionnelle ou relative \u00e0 la Charte que le demandeur souhaite mettre en cause<sup>64<\/sup>.<\/p>\n<h3>Effet en amont et en aval<\/h3>\n<p>Les motifs de la Cour \u00e0 l\u2019appui de la conclusion de l\u2019Office et de sa propre conclusion quant au caract\u00e8re raisonnable de sa d\u00e9cision sur la base du caract\u00e8re pertinent (ou non) des effets en amont ou en aval sont longs, mais m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre cit\u00e9s \u00e9tant donn\u00e9 l\u2019importance de cette question dans diff\u00e9rentes proc\u00e9dures<sup>65<\/sup>\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>Les principales responsabilit\u00e9s de l\u2019Office en vertu de la [<em>LONE<\/em>] [&#8230;] comprennent la r\u00e9glementation de la construction et de l\u2019exploitation de pipelines interprovinciaux acheminant du p\u00e9trole et du gaz (voir la partie\u00a0III de la <em>Loi<\/em>).<\/li>\n<li>La <em>Loi<\/em> ne comporte aucune disposition exigeant express\u00e9ment que l\u2019Office examine des questions g\u00e9n\u00e9rales comme les changements climatiques.<\/li>\n<li>[&#8230;] [D]ans le cadre d\u2019une demande fond\u00e9e sur l\u2019article\u00a058 comme celle dont il est question en l\u2019esp\u00e8ce, l\u2019Office doit tenir compte de questions similaires \u00e0 celles qu\u2019il faut prendre en compte en vertu du paragraphe\u00a052(2) de la <em>Loi<\/em>.<\/li>\n<li>Le paragraphe\u00a052(2) de la <em>Loi<\/em> habilite l\u2019Office \u00e0 tenir compte de facteurs \u00ab\u00a0qu\u2019il estime\u00a0\u00bb \u00eatre \u00ab\u00a0directement li\u00e9s\u00a0\u00bb au pipeline et \u00eatre \u00ab\u00a0pertinents\u00a0\u00bb. Les mots \u00ab\u00a0qu\u2019il estime\u00a0\u00bb, le sens impr\u00e9cis des mots \u00ab\u00a0directement\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0li\u00e9s\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0pertinents\u00a0\u00bb, la clause privative \u00e0 l\u2019article 23 de la <em>Loi<\/em>, et la nature hautement factuelle et strat\u00e9gique des d\u00e9cisions concernant la pertinence, pris ensemble, font en sorte que la Cour devrait laisser \u00e0 l\u2019Office une grande marge d\u2019appr\u00e9ciation [&#8230;]<\/li>\n<li>En outre, lorsqu\u2019il a appliqu\u00e9 le paragraphe\u00a052(2) de la <em>Loi,<\/em> l\u2019Office pouvait raisonnablement adopter comme position que les questions g\u00e9n\u00e9rales comme les changements climatiques sont plus vraisemblablement \u00ab\u00a0directement li\u00e9es\u00a0\u00bb aux effets environnementaux d\u2019\u00e9tablissements et d\u2019activit\u00e9s en amont et en aval du pipeline, et non au pipeline luim\u00eame.<\/li>\n<li>L\u2019Office ne r\u00e9glemente pas les \u00e9tablissements et les activit\u00e9s en amont et en aval. Ces \u00e9tablissements et activit\u00e9s n\u00e9cessitent les approbations d\u2019autres organismes de r\u00e9glementation. Si ces \u00e9tablissements et activit\u00e9s ont des incidences sur les changements climatiques, et ce, d\u2019une mani\u00e8re qui appelle une intervention, c\u2019est \u00e0 ces organismes d\u2019intervenir ou, de mani\u00e8re plus g\u00e9n\u00e9rale, au Parlement d\u2019agir.<\/li>\n<li>Le paragraphe\u00a052(2) de la <em>Loi<\/em> comporte une liste de facteurs que le Parlement a estim\u00e9s pertinents [&#8230;] Chacun de ces facteurs est relativement \u00e9troit en ce sens qu\u2019il est centr\u00e9 sur le pipeline, et non sur des \u00e9tablissements et activit\u00e9s en amont ou en aval. L\u2019alin\u00e9a\u00a052(2)<em>e<\/em>) mentionne \u00ab\u00a0l\u2019int\u00e9r\u00eat public\u00a0\u00bb. Il appartenait \u00e0 l\u2019Office d\u2019interpr\u00e9ter cette expression g\u00e9n\u00e9rale. Il \u00e9tait loisible \u00e0 l\u2019Office de consid\u00e9rer que \u00ab l\u2019int\u00e9r\u00eat public \u00bb tire en quelque sorte son sens des alin\u00e9as pr\u00e9c\u00e9dant le paragraphe\u00a052(2) et du mandat g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Office \u00e0 la partie\u00a0III de la <em>Loi<\/em>. Ainsi, il \u00e9tait loisible \u00e0 l\u2019Office de consid\u00e9rer que \u00ab\u00a0l\u2019int\u00e9r\u00eat public\u00a0\u00bb se rapporte principalement au projet de pipeline lui-m\u00eame, et non aux \u00e9tablissements et activit\u00e9s en amont et en aval. (\u00c0 cet \u00e9gard, c\u2019est avec prudence qu\u2019il faut tenir compte des d\u00e9cisions ant\u00e9rieures \u00e0 l\u2019arr\u00eat <em>Dunsmuir<\/em> dans lesquelles \u00e9taient contr\u00f4l\u00e9es, selon la norme de la d\u00e9cision correcte, des d\u00e9cisions sur le sens de \u00ab\u00a0l\u2019int\u00e9r\u00eat public\u00a0\u00bb ou qui annulaient des d\u00e9cisions de l\u2019Office au motif qu\u2019il avait omis de tenir compte d\u2019un facteur que la Cour estimait pertinent [&#8230;]<\/li>\n<li>Le l\u00e9gislateur a r\u00e9cemment ajout\u00e9 le paragraphe\u00a052(2) et l\u2019article\u00a055.2 \u00e0 la <em>Loi<\/em> afin d\u2019habiliter l\u2019Office \u00e0 r\u00e9glementer de mani\u00e8re plus stricte et rigoureuse la port\u00e9e des instances dont il est saisi et les parties qui comparaissent devant lui\u00a0: <em>Loi sur l\u2019emploi, la croissance et la prosp\u00e9rit\u00e9 durables, L.C. 2012, ch. 19<\/em>, art. 83. La d\u00e9cision de l\u2019Office respecte cet objectif. La concordance entre une d\u00e9cision et des objectifs l\u00e9gislatifs est un gage ou un indicateur du caract\u00e8re raisonnable de la d\u00e9cision [&#8230;]<\/li>\n<li>La t\u00e2che de l\u2019Office \u00e9tait une t\u00e2che \u00e9minemment factuelle fond\u00e9e sur les \u00e9l\u00e9ments de preuve dont il disposait, ce qui milite en faveur d\u2019une grande marge d\u2019appr\u00e9ciation \u00e0 l\u2019Office que la Cour devrait respecter [&#8230;]. \u00c0 mon avis, la d\u00e9cision de l\u2019Office se situe \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de cette marge. [autorit\u00e9s omis]<\/li>\n<\/ul>\n<p>En conclusion, l\u2019affaire de <em>Forest Ethics<\/em> est importante pour diff\u00e9rentes raisons. Premi\u00e8rement, il contient un raisonnement portant sur les questions relatives \u00e0 la norme de contr\u00f4le en ce qui a trait \u00e0 diff\u00e9rents types de d\u00e9cisions que l\u2019ONE doit prendre. Deuxi\u00e8mement, il confirme qu\u2019une partie qui d\u00e9sire soulever des questions constitutionnelles doit le faire devant l\u2019Office et ne pas attendre une demande de r\u00e9vision judiciaire. Troisi\u00e8mement, il pr\u00e9sente des motifs d\u00e9taill\u00e9s appuyant la position de l\u2019Office selon laquelle il n\u2019est pas tenu d\u2019examiner les r\u00e9percussions des gaz \u00e0 effet de serre en amont et en aval des d\u00e9cisions en mati\u00e8re de pipeline.<\/p>\n<h2>Projet d\u2019agrandissement du r\u00e9seau de Trans Mountain<\/h2>\n<p>Le projet d\u2019agrandissement du r\u00e9seau de Trans Mountain (TMX) vise \u00e0 prolonger le syst\u00e8me de pipeline Trans Mountain existant entre Edmonton, en Alberta, et Burnaby, en Colombie-Britannique. Il comprendrait environ 987\u00a0km de nouveau pipeline, des installations nouvelles et modifi\u00e9es, comme des stations de pompage et des r\u00e9servoirs, et la r\u00e9activation de 193\u00a0km de pipeline existant. Le terminal portuaire de Westridge serait \u00e9galement agrandi. De nouvelles sections de pipeline seraient ajout\u00e9es entre Edmonton et Hinton (Alberta), Hargreaves et Darfield (C.-B.), et Black Pines et Burnaby (C.-B.). Certaines sections de pipeline, d\u00e9j\u00e0 en place, mais actuellement inutilis\u00e9es, situ\u00e9es entre Hinton, en Alberta, et Hargreaves, en Colombie-Britannique, et entre Darfield et Black Pines, en Colombie-Britannique, seront mises en service. Le prolongement ferait en sorte d\u2019augmenter la capacit\u00e9 \u00e0 pr\u00e8s de 600\u00a0000\u00a0barils par jour<sup>66<\/sup>. Les audiences devant l\u2019ONE sont toujours en cours.<\/p>\n<p>La demande a men\u00e9 \u00e0 un litige devant la Cour supr\u00eame de la Colombie-Britannique ainsi que devant la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale. Cette partie de l\u2019article porte sur ce qui sera d\u00e9nomm\u00e9 le litige \u00ab <em>visant les r\u00e8glements munipeaux de Burnaby<\/em> \u00bb. D\u2019autres questions ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9es dans le cadre de la demande du TMX, mais aucune n\u2019a men\u00e9 \u00e0 des d\u00e9cisions motiv\u00e9es des tribunaux<sup>67<\/sup>.<\/p>\n<p>Les questions en rapport \u00e0 l\u2019applicabilit\u00e9 des r\u00e8glements municipaux de Burnaby ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9es devant l\u2019ONE, devant la Cour supr\u00eame de la Colombie-Britannique et la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale. Par cons\u00e9quent, la portion de l\u2019article qui suit porte sur l\u2019\u00e9volution de la contestation des r\u00e8glements en ordre chronologique, plut\u00f4t qu\u2019une s\u00e9paration sur deux voies.<\/p>\n<p>La demande d\u2019agrandissement de TMPL pr\u00e9voit l\u2019utilisation d\u2019un droit de passage existant; toutefois, les portes ouvertes que la soci\u00e9t\u00e9 a tenues \u00e0 Burnaby en Colombie-Britannique, dans le cadre de la pr\u00e9paration de sa demande, l\u2019ont encourag\u00e9e \u00e0 \u00e9tudier une autre voie plus directe dans un secteur de la ville , qui pourrait n\u00e9cessiter le forage d\u2019un tunnel dans le mont Burnaby. Afin d\u2019\u00e9tudier la faisabilit\u00e9 du projet, la soci\u00e9t\u00e9 devait mener des \u00e9tudes et des \u00e9valuations suppl\u00e9mentaires, notamment des enqu\u00eates g\u00e9otechniques, pour lesquelles il faudrait forer dans des sites pr\u00e9cis. TMPL a tent\u00e9 d\u2019obtenir un acc\u00e8s aux sites aupr\u00e8s de la Ville de Burnaby pour une p\u00e9riode prolong\u00e9e, mais n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 en mesure d\u2019obtenir l\u2019autorisation pour ses op\u00e9rations. En r\u00e9ponse \u00e0 ce refus, TMPL a demand\u00e9 des clarifications aupr\u00e8s de l\u2019ONE quant \u00e0 sa position en vertu de l\u2019article \u00a073 de la <em>LONE<\/em> qui stipule que\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Sous r\u00e9serve des autres dispositions de la pr\u00e9sente loi [&#8230;], la compagnie peut, dans le cadre de son entreprise\u00a0:<\/p>\n<ol style=\"list-style-type: lower-alpha;\">\n<li>p\u00e9n\u00e9trer sans autorisation sur tout terrain, appartenant ou non \u00e0 la Couronne et situ\u00e9 sur le trac\u00e9 de son pipeline, et y faire les lev\u00e9s, examens ou autres pr\u00e9paratifs requis pour fixer l\u2019emplacement de celui-ci et marquer et d\u00e9terminer les parties de terrain qui y seront appropri\u00e9es;<\/li>\n<\/ol>\n<p>L\u2019Office a rendu sa d\u00e9cision dans une r\u00e9ponse le 19\u00a0ao\u00fbt\u00a02014, dans laquelle il est \u00e9nonc\u00e9 ceci<sup>68<\/sup>\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Une interpr\u00e9tation franche du libell\u00e9 de l\u2019alin\u00e9a\u00a073<em>a<\/em>) donne \u00e0 Trans Mountain la permission de p\u00e9n\u00e9trer sur des terres publiques (f\u00e9d\u00e9rales ou provinciales) ou des terrains priv\u00e9s sur lesquels passe le trac\u00e9 pr\u00e9vu d\u2019un pipeline, pour y effectuer des lev\u00e9s et des examens. L\u2019alin\u00e9a\u00a073<em>a<\/em>) n\u2019oblige pas les soci\u00e9t\u00e9s \u00e0 s\u2019entendre avec les propri\u00e9taires fonciers ou la Couronne avant d\u2019exercer leur droit d\u2019acc\u00e8s aux terrains.<\/p>\n<p>Arm\u00e9 de ce libell\u00e9, TMPL a commenc\u00e9 ses activit\u00e9s d\u2019arpentage. Elle s\u2019est rapidement faite ordonn\u00e9e par la Ville de Burnaby de cesser ses activit\u00e9s, car celles-ci enfreignaient les r\u00e8glements de la Ville. TMPL a port\u00e9 cette question devant l\u2019ONE, mettant en doute la validit\u00e9 et l\u2019applicabilit\u00e9 constitutionnelle des r\u00e8glements (expliqu\u00e9s plus en d\u00e9tail ci-dessous). La Ville de Burnaby a soumis une demande \u00e0 la Cour supr\u00eame de la Colombie-Britannique afin d\u2019obtenir une injonction fond\u00e9e sur l\u2019article\u00a0274 de la Charte communautaire. La juge\u00a0Brown a rejet\u00e9 la demande<sup>69<\/sup> et l\u2019autorisation d\u2019appel a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 refus\u00e9e<sup>70<\/sup>.<\/p>\n<p>La juge Brown a utilis\u00e9 les trois crit\u00e8res \u00e9nonc\u00e9s dans l\u2019affaire\u00a0<em>RJR-MacDonald Inc. <\/em>c<em> Canada (Procureur g\u00e9n\u00e9ral)<sup>71<\/sup>.<\/em> Elle a convenu du fait qu\u2019il y avait un probl\u00e8me grave qui devait \u00eatre entendu, mais elle croyait clairement que le probl\u00e8me serait jug\u00e9 devant l\u2019ONE plut\u00f4t que devant la Cour supr\u00eame de la Colombie-Britannique<sup>72<\/sup>, la pr\u00e9pond\u00e9rance des inconv\u00e9nients pointait dans la m\u00eame direction<sup>73<\/sup>; et il y avait une preuve contradictoire de dommage irr\u00e9parable<sup>74<\/sup>. Avant que la question ne soit pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 la Cour d\u2019appel de la Colombie-Britannique lors de la demande d\u2019autorisation d\u2019appel, l\u2019ONE avait d\u00e9j\u00e0 rendu sa d\u00e9cision sur l\u2019applicabilit\u00e9 des r\u00e8glements de Burnaby (D\u00e9cision n<sup>o\u00a0<\/sup>40 de l\u2019ONE<sup>75<\/sup>) et la Cour f\u00e9d\u00e9rale d\u2019appel avait en retour rejet\u00e9 l\u2019appel (sans motifs). Par cons\u00e9quent, la Cour d\u2019appel de la Colombie-Britannique a facilement conclu qu\u2019elle ne devait pas accorder l\u2019appel, non seulement parce que cette affaire ne serait pas entendue \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une contestation collat\u00e9rale de la d\u00e9cision de l\u2019ONE<sup>76<\/sup>, mais aussi parce que la question, du moins relativement \u00e0 l\u2019application du r\u00e8glement administratif, n\u2019\u00e9tait plus un probl\u00e8me \u00e9tant donn\u00e9 que TMPL n\u2019avait plus d\u2019autres travaux \u00e0 r\u00e9aliser sur le mont Burnaby<sup>77<\/sup>.<\/p>\n<p>Tel qu\u2019il est mentionn\u00e9 dans les paragraphes pr\u00e9c\u00e9dents, l\u2019ONE lui-m\u00eame a abord\u00e9 la question de la validit\u00e9, de l\u2019applicabilit\u00e9 et de l\u2019effet sur le plan constitutionnel des r\u00e8glements dans une d\u00e9cision importante (D\u00e9cision n<sup>o\u00a0<\/sup>40), qui \u00e0 son tour fait l\u2019objet d\u2019un appel devant la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale. En l\u2019absence de motifs de la Cour de rejeter l\u2019appel, il est important d\u2019examiner la d\u00e9cision bien motiv\u00e9e de l\u2019Office. Cette derni\u00e8re a cern\u00e9 trois enjeux qu\u2019il devait examiner. La premi\u00e8re \u00e9tait la question si l\u2019Office avait la comp\u00e9tence pour d\u00e9terminer la validit\u00e9, l\u2019applicabilit\u00e9 et l\u2019effet sur le plan constitutionnel des r\u00e8glements administratifs de Burnaby. L\u2019Office a facilement confirm\u00e9 qu\u2019elle d\u00e9tenait ce droit de regard et elle en est arriv\u00e9 \u00e0 cette conclusion \u00e9tant donn\u00e9 que le libell\u00e9 de l\u2019article\u00a011 de la <em>LONE<\/em> \u00e9tablit l\u2019ONE comme une cour de justice et que l\u2019article\u00a012 lui donne \u00ab\u00a0la comp\u00e9tence voulue pour trancher les questions de droit ou de fait\u00a0\u00bb<sup>78<\/sup>.<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me enjeu touchait le c\u0153ur du probl\u00e8me\u00a0: la validit\u00e9, l\u2019applicabilit\u00e9 et l\u2019effet. Il ne devait y avoir aucun doute sur la validit\u00e9 de la <em>LONE<\/em> ou des r\u00e8glements administratifs de Burnaby. En effet, bien que l\u2019Office ne souligne presque jamais la question, elle a d\u00e9ploy\u00e9 certains efforts dans cette d\u00e9cision et la d\u00e9cision\u00a028 d\u00e9termine le pouvoir dont dispose l\u2019Office pour ordonner l\u2019acc\u00e8s aux terres priv\u00e9es et de la Couronne aux fins d\u2019arpentage de la route et de travaux g\u00e9otechniques est rel\u00e8ve d\u2019un \u00e9l\u00e9ment clairement essentiel \u00e0 l\u2019exercice de la comp\u00e9tence globale de l\u2019Office<sup>79<\/sup>. L\u2019Office est donc tenu de consid\u00e9rer l\u2019<em>applicabilit\u00e9<\/em> des r\u00e8glements (c\u2019est-\u00e0-dire la doctrine de l\u2019immunit\u00e9 interjuridictionnelle\/ la doctrine de l\u2019exclusivit\u00e9 des comp\u00e9tence) et leur effet (c\u2019est-\u00e0-dire l\u00e0 o\u00f9 les r\u00e8glements sont en conflits avec les dispositions de la <em>LONE<\/em> et donc <em>inop\u00e9rants<\/em> en vertu de la doctrine de la pr\u00e9pond\u00e9rance f\u00e9d\u00e9rale).<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la question de l\u2019effet\/la pr\u00e9pond\u00e9rance f\u00e9d\u00e9rale, l\u2019Office a conclu qu\u2019il existait un conflit d\u2019application claire (au sens des pr\u00e9c\u00e9dents pertinents<sup>80<\/sup>) entre l\u2019article\u00a073<em>a<\/em>) de la <em>LONE<\/em> et les r\u00e8glements contest\u00e9s, et que l\u2019article\u00a073<em>a<\/em>) de la <em>Loi<\/em> avait pr\u00e9s\u00e9ance \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ce conflit, rendant ainsi ces r\u00e8glements inop\u00e9rants dans cette mesure\u00a0:<sup>81<\/sup><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">L\u2019Office est d\u2019avis qu\u2019il existe une incompatibilit\u00e9 \u00e9vidente entre le r\u00e8glement sur les parcs et l\u2019alin\u00e9a 73<em>a<\/em>) de la <em>Loi<\/em>. L\u2019article\u00a05 de ce r\u00e8glement stipule qu\u2019\u00ab\u00a0il est interdit de couper, briser, d\u00e9t\u00e9riorer, endommager, d\u00e9figurer, d\u00e9truire, souiller ou polluer un bien meuble ou des arbres, arbustes, plantes, pelouses ou fleurs se trouvant dans un parc\u00a0\u00bb. Il y a donc une interdiction \u00e9vidente d\u2019abattre un arbre, d\u2019enlever de la v\u00e9g\u00e9tation ou de creuser dans le sol, m\u00eame si le d\u00e9boisement est minime l\u00e0 o\u00f9 les arbres pourraient pr\u00e9senter un risque pour la s\u00e9curit\u00e9 lors de l\u2019ex\u00e9cution de travaux de forage. L\u2019Office ne conteste pas le caract\u00e8re environnemental de l\u2019objet du r\u00e8glement sur les parcs, mais l\u2019application de ce r\u00e8glement et la pr\u00e9sence d\u2019employ\u00e9s de Burnaby dans la zone de travail s\u00e9curitaire ont comme effet d\u2019entraver la r\u00e9alisation de l\u2019objectif f\u00e9d\u00e9ral de la <em>Loi<\/em> qui est de recueillir les renseignements n\u00e9cessaires pour permettre \u00e0 l\u2019Office de faire une recommandation en vertu de l\u2019article 52 de cette m\u00eame loi.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Il y a aussi un conflit dans la mise en \u0153uvre avec les articles 24(1) et (4) du <em>R\u00e8glement sur la circulation routi\u00e8re<\/em>. L\u2019article\u00a024(1) autorise le conseil municipal de Burnaby \u00e0 approuver des travaux le long d\u2019une route ou \u00e0 imposer des conditions pour l\u2019ex\u00e9cution de tels travaux. [&#8230;] Compte tenu du refus de Burnaby de discuter des travaux, Trans Mountain s\u2019en est charg\u00e9 de son propre chef. [&#8230;]<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">L\u2019Office juge qu\u2019il existe un conflit dans la mise en \u0153uvre entre les r\u00e8glements contest\u00e9s et la loi f\u00e9d\u00e9rale. Sur le fondement de la preuve qui lui a \u00e9t\u00e9 soumise, il est impossible de se conformer aux deux textes de loi.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la doctrine de l\u2019exclusivit\u00e9 des comp\u00e9tences, l\u2019Office a d\u00fbment reconnu qu\u2019au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es, cette doctrine a perdu en popularit\u00e9 dans une certaine mesure<sup>82<\/sup>, mais elle a aussi reconnu qu\u2019elle demeure pertinente, surtout en ce qui concerne certaines cat\u00e9gories reconnues de lois provinciales<sup>83<\/sup>. La doctrine s\u2019applique pour invalider des lois provinciales, autrement valides, qui portent atteinte au contenu essentiel d\u2019un champ d\u2019une comp\u00e9tence f\u00e9d\u00e9rale. L\u2019Office a conclu que les deux volets du crit\u00e8re (entrave et contenue essentiel) ont \u00e9t\u00e9 satisfaits et que donc, subsidiairement \u00e0 l\u2019argument de la primaut\u00e9, les r\u00e8glements contest\u00e9s doivent \u00eatre \u00ab\u00a0inapplicables dans la mesure o\u00f9 ils entravent l\u2019acc\u00e8s temporaire aux terrains vis\u00e9s par Trans Mountain pour les fins pr\u00e9vues dans\u00a0\u00bb l\u2019alin\u00e9a 73<em>a<\/em>) de la <em>Loi<\/em><sup>84<\/sup><em>.<\/em><\/p>\n<p>Les troisi\u00e8me et quatri\u00e8me questions soulev\u00e9es touchent la capacit\u00e9 de l\u2019Office \u00e0 appliquer les conclusions susmentionn\u00e9es relativement aux principaux enjeux. En l\u2019esp\u00e8ce, l\u2019Office a conclu qu\u2019elle ordonnerait une ordonnance contre Burnaby, interdisant \u00e0 la ville d\u2019appliquer ses r\u00e8glements qui emp\u00eachent TMPL d\u2019exercer les pouvoirs qui lui sont conf\u00e9r\u00e9s en vertu de l\u2019article\u00a073<em>a<\/em>) de la <em>LONE<\/em><sup>85<\/sup><em>.<\/em> Il a \u00e9galement conclu que les faits, plus particuli\u00e8rement le refus de la ville de coop\u00e9rer, fournissent des motifs convaincants pour \u00e9mettre l\u2019ordonnance<sup>86<\/sup>.<\/p>\n<p>La m\u00e9thodologie et le raisonnement de l\u2019Office sont convaincants ici, et offrent une direction utile afin de r\u00e9fl\u00e9chir sur l\u2019interaction des lois f\u00e9d\u00e9rales visant les pipelines et les lois provinciales en mati\u00e8re d\u2019environnement<sup>87<\/sup>. Les deux seront valides et, dans la plupart des cas, l\u2019exploitant de pipelines devra se conformer aux lois provinciales ainsi qu\u2019\u00e0 la <em>LONE<\/em>. Toutefois, dans les cas o\u00f9 la loi provinciale emp\u00eache la loi f\u00e9d\u00e9rale d\u2019atteindre ses objectifs, eune telle loi sera consid\u00e9r\u00e9e comme inop\u00e9rante ou inapplicable. C\u2019est regrettable que la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale ait refus\u00e9 de fournir ses propres motifs quant au refus d\u2019accorder l\u2019appel sur une question juridique autant cruciale, mais peut-\u00eatre qu\u2019il s\u2019agissait l\u00e0 d\u2019une affaire pour laquelle les raisons de l\u2019Office ne n\u00e9cessitaient pas un examen suppl\u00e9mentaire.<\/p>\n<h2>TransCanada \u2013 \u00c9nergie Est<\/h2>\n<p>\u00c9nergie Est pr\u00e9voit convertir des pipelines de gaz naturel existants entre la fronti\u00e8re de l\u2019Alberta-Saskatchewan et la r\u00e9gion d\u2019Ottawa, pour le transport de p\u00e9trole; construisant un nouveau pipeline, principalement en Alberta, au Qu\u00e9bec et au Nouveau-Brunswick, qui sera reli\u00e9 au pipeline converti; et la construction d\u2019installations connexes, de stations de pompage et de r\u00e9servoirs n\u00e9cessaires au d\u00e9placement du p\u00e9trole brut depuis l\u2019Alberta vers le Qu\u00e9bec et le Nouveau-Brunswick, y compris des installations maritimes. Au moment o\u00f9 le pr\u00e9sent article a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9, l\u2019Office n\u2019avait pas encore d\u00e9termin\u00e9 le calendrier des audiences et des emplacements.<\/p>\n<p>Jusqu\u2019ici, le principal litige intent\u00e9 contre le projet \u00c9nergie Est<sup>88<\/sup> concerne une demande produite par le Centre qu\u00e9b\u00e9cois du droit de l\u2019environnement (CQDE)<em><sup>89<\/sup><\/em> devant la Cour f\u00e9d\u00e9rale pour une injonction interlocutoire visant \u00e0 repousser toute \u00e9ch\u00e9ance de participation de l\u2019Office \u00e0 l\u2019\u00e9tude de la demande de TCPL, et ce, jusqu\u2019\u00e0 ce que le commissaire aux langues officielles ait statu\u00e9 sur la plainte d\u00e9pos\u00e9e devant lui par le CQDE, dans laquelle le CQDE demande que l\u2019ONE fournisse une traduction officielle de l\u2019ensemble de la demande d\u2019\u00c9nergie Est qui compte 23\u00a0000\u00a0pages. Le juge de Montigny a refus\u00e9 la demande pour des raisons de comp\u00e9tence et de fond. Sur la question de comp\u00e9tence, le juge de Montigny a statu\u00e9 que la cour de premi\u00e8re instance de la Cour f\u00e9d\u00e9rale n\u2019avait pas comp\u00e9tence en mati\u00e8re d\u2019appel ou de r\u00e9vision judiciaire sur l\u2019ONE, pour les raisons \u00e9nonc\u00e9es ci-dessus, et qu\u2019il ne pouvait obtenir cette comp\u00e9tence en vertu de la <em>Loi sur les langues officielles (LLO)<\/em><sup>90<\/sup><em>.<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">Dans la mesure o\u00f9 la requ\u00eate en injonction interlocutoire intent\u00e9e par les requ\u00e9rants vise essentiellement \u00e0 contester la d\u00e9cision rendue par l\u2019Office [&#8230;], il m\u2019appara\u00eet clair que cette Cour n\u2019est pas le forum appropri\u00e9 et que le v\u00e9hicule proc\u00e9dural choisi n\u2019est pas indiqu\u00e9. Il va de soi que l\u2019on ne saurait faire indirectement ce qu\u2019il n\u2019est pas permis de faire directement. La fa\u00e7on appropri\u00e9e pour les requ\u00e9rants de demander la suspension de l\u2019instance devant l\u2019Office \u00e9tait de contester la d\u00e9cision de l\u2019Office [&#8230;] devant la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale, seule comp\u00e9tente pour conna\u00eetre d\u2019un tel recours \u00e0 l\u2019encontre d\u2019une d\u00e9cision de l\u2019Office, et de demander par voie de requ\u00eate incidente la suspension de l\u2019instance devant l\u2019Office pendant la dur\u00e9e de la contestation.<\/p>\n<p>Sur la question de fond, le juge de Montigny a not\u00e9 que le CQDE devrait d\u00e9terminer que son \u00ab\u00a0recours \u00e9ventuel sous la <em>LLO<\/em> soul\u00e8ve une question s\u00e9rieuse, qu\u2019ils subiront un pr\u00e9judice irr\u00e9parable advenant le rejet de leur requ\u00eate, et que la balance des inconv\u00e9nients penche en leur faveur\u00a0\u00bb<sup>91<\/sup>. Le juge de Montigny \u00e9tait d\u2019avis que l\u2019argument du CQDE \u00e9tait sans fondement. M\u00eame s\u2019il est clair que la LLO s\u2019applique \u00e0 l\u2019ONE, tout ce que cette loi exige, c\u2019est un \u00ab\u00a0unilinguisme optionnel\u00a0\u00bb au choix de la personne qui s\u2019exprime &#8230; \u00ab\u00a0En d\u2019autres termes, c\u2019est le droit d\u2019utiliser l\u2019une ou l\u2019autre des langues officielles dans toute affaire dont est saisi un tribunal et dans les proc\u00e9dures qui en d\u00e9coulent qui est garanti, et non le droit que la langue officielle utilis\u00e9e sera comprise par la personne \u00e0 qui s\u2019adresse la plaidoirie ou la pi\u00e8ce de proc\u00e9dure [&#8230;] \u00a0\u00bb<sup>92<\/sup>.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px;\">En l\u2019absence d\u2019une disposition l\u00e9gislative claire \u00e0 cet effet, l\u2019on ne saurait imposer \u00e0 tous les tribunaux administratifs et \u00e0 tous les tribunaux vis\u00e9s par la <em>LLO<\/em> une obligation aussi on\u00e9reuse que celle de traduire tous les dossiers qui leur sont soumis. De fa\u00e7on alternative, les requ\u00e9rants ont soutenu qu\u2019ils pouvaient \u00e9galement se pr\u00e9valoir de l\u2019article\u00a012 de la <em>LLO<\/em>, lequel pr\u00e9voit que \u00ab\u00a0[l]es actes qui s\u2019adressent au public et qui sont cens\u00e9s \u00e9maner d\u2019une institution f\u00e9d\u00e9rale sont \u00e9tablis ou d\u00e9livr\u00e9s dans les deux langues officielles\u00a0\u00bb. Or, cette disposition ne peut clairement pas trouver application dans le pr\u00e9sent contexte, puisque la demande d\u00e9pos\u00e9e par \u00c9nergie Est n\u2019\u00e9mane pas de l\u2019Office<sup>93<\/sup>.<\/p>\n<p>Le juge de Montigny a poursuivi en indiquant que la <em>LLO<\/em> pourrait ne pas \u00e9puiser les revendications que pourraient soulever les requ\u00e9rants. Plus particuli\u00e8rement, il a observ\u00e9 que si \u00c9nergie Est (ou l\u2019ONE) ne fournissait pas suffisamment de documentation dans les deux langues officielles, de mani\u00e8re \u00e0 ne pas permettre \u00e0 une partie de comprendre les questions soulev\u00e9es dans la demande et de poser un jugement \u00e9clair\u00e9 sur la question de savoir si elle demande \u00e0 participer ou non, cette m\u00eame partie pourrait pr\u00e9senter une demande devant la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale pour des motifs d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale<sup>94<\/sup>.<\/p>\n<p>L\u2019affaire du CQDE est principalement importante pour illustrer les diff\u00e9rents types d\u2019arguments que les promoteurs d\u2019\u00e9nergie doivent s\u2019attendre \u00e0 rencontrer dans le d\u00e9veloppement de nouveaux projets. Cette affaire confirme aussi que la section de premi\u00e8re instance de la Cour f\u00e9d\u00e9rale ne joue aucun r\u00f4le dans la supervision de l\u2019ONE; cela revient plut\u00f4t \u00e0 la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale.<\/p>\n<h2>Conclusions<\/h2>\n<p>Notre paradigme \u00e9nerg\u00e9tique actuel est tr\u00e8s \u00e9tendu et n\u00e9cessite d\u2019importants d\u00e9veloppements lin\u00e9aires. Le recensement des demandes dont est actuellement saisi l\u2019ONE confirme que les nouveaux d\u00e9veloppements lin\u00e9aires seront vis\u00e9s par des litiges, tant en ce qui concerne les sites m\u00eames (mont Burnaby) que les aspects plus g\u00e9n\u00e9raux (les nouvelles infrastructures de pipeline prisonni\u00e8res de technologies polluantes) et supposera des \u00e9valuations connexes \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat public (national et local). Cette \u00e9tude d\u00e9montre aussi que ces int\u00e9r\u00eats soul\u00e8veront un large \u00e9ventail de questions. Les questions en l\u2019esp\u00e8ce comprennent des questions constitutionnelles (droits linguistiques, partage des comp\u00e9tences, droits autochtones et droits relatifs \u00e0 la Charte); les questions de droit international; les questions techniques touchant le droit administratif, la comp\u00e9tence de la Cour f\u00e9d\u00e9rale, la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale et les cours sup\u00e9rieures provinciales, ainsi que les questions de droit de participation et les questions de droit environnemental plus conventionnelles.<\/p>\n<p>Parmi les cas \u00e9nonc\u00e9s, bon nombre sont de nature interlocutoire et leurs fondements n\u2019ont pas encore \u00e9t\u00e9 \u00e9tablis. Bien que tout l\u2019ensemble m\u00e9rite une surveillance accrue, il sera particuli\u00e8rement important de suive le litige relatif au projet Northern Gateway afin de voir ce qu\u2019il nous r\u00e9v\u00e8le au sujet de la relation entre les tribunaux, l\u2019ONE et le gouverneur en conseil. \u00c0 suivre.<\/p>\n<p class=\"footnote\">* Nigel\u00a0Bankes, professeur de droit, University of Calgary, et professeur auxiliaire, University of Troms\u00f8.<\/p>\n<ol class=\"footnote\">\n<li>Ces demandes ont men\u00e9 \u00e0 la tenue de la commission Berger, l\u2019enqu\u00eate sur le pipeline du Nord de l\u2019Office et l\u2019une des d\u00e9cisions les plus importantes de la Cour supr\u00eame du Canada concernant la pr\u00e9sum\u00e9e partialit\u00e9 d\u2019un membredu tribunal\u00a0: <em>Committe for Justice and Liberty c L\u2019Office national de l\u2019\u00e9nergie<\/em>, [1978] 1\u00a0RCS 369.<\/li>\n<li>Voir <em>Committee for Justice and Liberty Foundation c Interprovincial Pipe Line (NW) Ltd<\/em>, [1982] 1 CF619 (CAF).<\/li>\n<li>Voir l <em>Alberta Wilderness Association <\/em>c<em> Express Pipelines Ltd <\/em>(1996), 137 DLR (4<sup>th<\/sup>) 177 (CAF).<\/li>\n<li>Voir le site web de l\u2019Office en ligne\u00a0: &lt;<a href=\"https:\/\/www.neb-one.gc.ca\/index-fra.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/www.neb-one.gc.ca\/index-fra.html<\/a>&gt; et aller sous l\u2019onglet Demandes et d\u00e9p\u00f4ts, puis choisir Contestations judiciaires.<\/li>\n<li><em>Loi sur l\u2019Office national de l\u2019\u00e9nergie,<\/em> LRC 1985, ch N-7 [<em>LONE<\/em>]<em>.<\/em><\/li>\n<li><em>Loi sur les Cours f\u00e9d\u00e9rales<\/em> LRC 1985, ch F-7.<\/li>\n<li><em>LONE<\/em>, <em>supra<\/em> note 5, art 30 et 31.<\/li>\n<li><em>LONE<\/em>, <em>supra <\/em>note 5, art 52\u00a0(1).<\/li>\n<li>Toutefois, il est important de mentionner que les rapports de l\u2019Office peuvent aborder les questions d\u2019utilit\u00e9 publique vis\u00e9es par l\u2019article\u00a052 et les probl\u00e8mes li\u00e9s aux droits vis\u00e9s par la Partie\u00a0IV de la <em>LONE<\/em>. On pr\u00e9sume que ces questions se pr\u00eatent \u00e0 une proc\u00e9dure d\u2019autorisation d\u2019appel en vertu de l\u2019article\u00a022, m\u00eame s\u2019il est souvent difficile de d\u00e9terminer s\u2019il s\u2019agit de questions de droit ou de comp\u00e9tence (particuli\u00e8rement \u00e9tant donn\u00e9 l\u2019orientation tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9rale qu\u2019offre la <em>LONE<\/em>, voir l\u2019article\u00a062). Et m\u00eame s\u2019il est possible de surmonter cet obstacle, la norme de contr\u00f4le judiciaire est celle du caract\u00e8re raisonnable. Voir l\u2019affaire <em>British Columbia Hydro and Power Authority c West Coast Transmission Ltd;<\/em> [1981] 2\u00a0CF\u00a0646 et <em>TransCanada Pipelines Ltd. c Canada (Office national de l\u2019\u00e9nergie)<\/em>, 2004\u00a0CAF\u00a0149.<\/li>\n<li>L\u2019article\u00a018.5 stipule que \u00ab\u00a0lorsqu\u2019une loi f\u00e9d\u00e9rale pr\u00e9voit express\u00e9ment qu\u2019il peut \u00eatre interjet\u00e9 appel devant [&#8230;] la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale [&#8230;] cette d\u00e9cision ou cette ordonnance ne peut, dans la mesure o\u00f9 elle est susceptible d\u2019un tel appel, faire l\u2019objet de contr\u00f4le, de restriction, de prohibition, d\u2019\u00e9vocation, d\u2019annulation ni d\u2019aucune autre intervention, sauf en conformit\u00e9 avec cette loi\u00a0\u00bb (l\u2019auteur souligne).<\/li>\n<li>La d\u00e9cision comprend les affaires <em>Union of Nova Scotia Indians c Maritimes and Northeast Pipeline Management Ltd.<\/em> (1999) CanLII 7556 (CAF) et <em>Forest Ethics Advocacy Association c Canada (Office national de l\u2019\u00e9nergie),<\/em> 2014\u00a0CAF\u00a0245 [<em>Forest Ethics Advocacy Association<\/em>]. Par contre, ces d\u00e9cisions ne sont probablement pas d\u00e9terminantes, \u00e9tant donn\u00e9 que les parties doivent quand m\u00eame d\u00e9montrer que le rapport et les recommandations de l\u2019Office en vertu de l\u2019article\u00a052 repr\u00e9sentent une \u00ab\u00a0d\u00e9cision\u00a0\u00bb suffisante pour qu\u2019elles soient susceptibles de r\u00e9vision judiciaire, mais cela ne devrait pas \u00eatre trop difficile\u00a0: voir\u00a0\u00e9galement <em>Abel and Advisory Review Board<\/em> (1980), 119 DLR (3d) 101 (Ont. CA). Dans ce contexte, il est important de noter qu\u2019aux fins de pr\u00e9cisions du libell\u00e9 de l\u2019article\u00a022(4), on utilise l\u2019expression \u00ab\u00a0pour l\u2019application du pr\u00e9sent article\u00a0\u00bb et non, par exemple, \u00ab\u00a0\u00e0 toutes fins\u00a0\u00bb.<\/li>\n<li><em>Sweetgrass First Nation c Canada (Procureur g\u00e9n\u00e9ral)<\/em>, 2010\u00a0CF\u00a0535, <em>Centre Qu\u00e9b\u00e9cois du Droit de L\u2019Environnement<\/em>, 2015 CF 192. La d\u00e9cision pr\u00e9c\u00e9dente de la section de premi\u00e8re instance de la Cour f\u00e9d\u00e9rale dans l\u2019affaire <em>Industrial Gas Users Association c Canada<\/em> (1990), 33\u00a0FTR\u00a0217 ne fait plus autorit\u00e9 depuis les r\u00e9formes de la <em>LCF<\/em> survenues entre 1990 \u00e0 1992.<\/li>\n<li><em>LONE<\/em>, <em>supra <\/em>note 5 art 53.<\/li>\n<li><em>Ibid art 54(1).<\/em><\/li>\n<li><em>Ibid art 54(1).<\/em><\/li>\n<li><em>Voir LCF supra note 6 art 28 (1) (g).<\/em><\/li>\n<li><em>Loi canadienne sur l\u2019\u00e9valuation environnementale (2012),<\/em><strong>\u00a0<\/strong>LC 2012, ch 19 [<em>LCEE 2012<\/em>].<\/li>\n<li>Voir <em>Sweetgrass, supra<\/em>, note\u00a012 au para\u00a037.<\/li>\n<li><em>Express, supra<\/em>, note 3 aux para\u00a06-7.<\/li>\n<li><em>LCEE, supra <\/em>note 17 aux art 14(4), 15, 28-31.<\/li>\n<li>Office national de l\u2019\u00e9nergie, <em>Connexions \u2013 Rapport de la commission d\u2019examen conjoint sur le projet Enbridge Northern Gateway<\/em>, Calgary, Office national de l\u2019\u00e9nergie, 2013 [<em>Connexions<\/em>]<em>.<\/em><\/li>\n<li><em>LONE<\/em>, <em>supra <\/em>note 5, art 52.<\/li>\n<li><em>Loi sur les esp\u00e8ces en p\u00e9ril,\u00a0<\/em>LC 2002, ch 29.<\/li>\n<li><em>Connexions, supra <\/em>note<em> 21<\/em>, \u00e0 la p\u00a057.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> \u00e0 la p\u00a074.<\/li>\n<li>Nigel\u00a0Bankes, <em>Projet Northern Gateway d\u2019Enbridge\u00a0: approbation du Cabinet, mais proc\u00e9dures judiciaires complexes<\/em> (2014), Publication trimestrielle sur la r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie [<em>Bankes<\/em>].<\/li>\n<li>Voir <em>Forest Ethics Advocacy Association c Canada (Procureur G\u00e9n\u00e9ral)<\/em> 2014\u00a0CAF\u00a0182 et apparemment un d\u00e9cret suppl\u00e9mentaire du 17\u00a0d\u00e9cembre\u00a02014 dont il est fait mention dans l\u2019affaire <em>Gitxaala Nation <\/em>c<em> Canada<\/em> 2015\u00a0CAF\u00a027 au para\u00a01.<\/li>\n<li><em>Bankes, supra<\/em> note\u00a026.<\/li>\n<li>La pr\u00e9sente section est fond\u00e9e sur document d\u00e9j\u00e0 affich\u00e9 sur ABlawg, intitul\u00e9 \u00ab\u00a0An Update on the Northern Gateway Litigation\u00a0\u00bb en ligne\u00a0: ABlawg &lt;<a href=\"http:\/\/ablawg.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/Blog_NB_NGP_March2015.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/ablawg.ca\/wp-content\/uploads\/2015\/03\/Blog_NB_NGP_March2015.pdf<\/a>&gt;.<\/li>\n<li><em>Forest Ethics Advocacy Association c Gateway Pipelines Inc, <\/em>2015\u00a0CAF\u00a026.<\/li>\n<li>2015\u00a0CAF\u00a027.<\/li>\n<li>Voir la discussion sur la question ci-dessous dans le contexte de la demande pour la canalisation\u00a09B d\u2019Enbridge.<\/li>\n<li>2015\u00a0CAF\u00a027, au para 8.<\/li>\n<li><em>Chartrand v The District Manager<\/em>, 2013 BCSC 1068; <em>Tsuu T\u2019ina Nation v Alberta (Environment)<\/em>, 2008 ABQB 547, conf. dans 2010 ABCA 137; <em>Enge v Mandeville<\/em>, 2013 NWTSC 33 et <em>Pimicikamak Band v Manitoba<\/em>, 2014 MBQB 143.<\/li>\n<li>2015\u00a0CAF\u00a027 au para\u00a010.<\/li>\n<li><em>Palmer c\u00a0La reine<\/em> [1980] 1 RCS\u00a0759.<\/li>\n<li><em>Gitxaala Nation c Canada<\/em>, <em>supra,<\/em> note 31 aux para\u00a011 \u00e0 13.<\/li>\n<li><em>Gitxaala Nation c Canada<\/em>, 2015\u00a0CAF\u00a073 [<em>Amnistie<\/em>].<\/li>\n<li><em>Canada (Procureur G\u00e9n\u00e9ral) c Pictou Landing First Nation<\/em>,2014\u00a0CAF\u00a021 au para 11.<\/li>\n<li><em>Amnistie<\/em>, <em>supra<\/em> note 38 au para 5.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 11.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para\u00a018.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para\u00a019.<\/li>\n<li>Voir mon entr\u00e9e de blogue sur la d\u00e9cision de la Cour supr\u00eame du Canada relativement \u00e0 l\u2019affaire <em>Premi\u00e8re Nation de Grassy Narrows c Ontario (Ressources naturelles), <\/em>2014\u00a0CSC\u00a048, \u00ab\u00a0Grassy Narrows, Division of Powers and International Law\u00a0\u00bb en ligne\u00a0: &lt;<a href=\"http:\/\/ablawg.ca\/2014\/08\/06\/grassy-narrows-division-of-powers-and-international-law\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/ablawg.ca\/2014\/08\/06\/grassy-narrows-division-of-powers-and-international-law\/<\/a>&gt;. Pour une discussion encore plus d\u00e9taill\u00e9e sur les textes de trait\u00e9 pertinents et la litt\u00e9rature, voir Nigel\u00a0Bankes, \u00ab\u00a0Indigenous land and resource rights in the jurisprudence of the Inter American Court of Human Rights: comparisons with the draft Nordic Saami Convention\u00a0\u00bb (2011), 54 German Yearbook of International Law aux p 231 \u2013 280; \u00ab\u00a0The protection of the rights of indigenous peoples to territory through the property rights provisions of international regional human rights instruments\u00a0\u00bb (2011), 3 Yearbook of Polar Law 57 \u2013 112; et \u00ab\u00a0International human rights law and natural resources projects within the traditional territories of indigenous peoples\u00a0\u00bb (2009), 47 Alberta Law Review 457 &#8211; 495.<\/li>\n<li><em>Amnistie, supra <\/em>note<em> 38 <\/em>au para\u00a027.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para 30.<\/li>\n<li><em>Forest Ethics Advocacy Association,<\/em> 2014\u00a0CAF\u00a0182 au para 26.<\/li>\n<li><em>Amnistie, supra <\/em>note<em> 38 <\/em>au au para 32 et comparer l\u2019affaire <em>Forest Ethics Advocacy Association c Canada (office national de l\u2019\u00e9nergie)<\/em>, 2013\u00a0CAF\u00a0236; nonobstant le style de l\u2019affaire, cette d\u00e9cision (qui porte sur la canalisation\u00a09B, voir la discussion plus bas) traite, entre autres, d\u2019une demande de Valero Inc. pour intervenir \u00e0 l\u2019appui de la demande d\u2019Enbridge. Valero \u00e9tait un intervenant dans les proc\u00e9dures de l\u2019Office et a demand\u00e9 la permission d\u2019\u00eatre ajout\u00e9 \u00e0 titre d\u2019intim\u00e9 ou d\u2019intervenir dans la demande de r\u00e9vision judiciaire. Valero a fond\u00e9 sa demande sur le fait qu\u2019elle avait conclu un contrat de services de transport (CST) avec Enbridge afin de s\u00e9curiser le transport du p\u00e9trole brut canadien de l\u2019Ouest pour sa raffinerie. Le juge Stratas a rejet\u00e9 les deux options. Il a soutenu (au para 26) que l\u2019int\u00e9r\u00eat de Valero dans le CST \u00e9tait trop inh\u00e9rent, indirect ou susceptible d\u2019\u00e9ventuellement s\u2019inscrire dans les limites d\u2019un crit\u00e8re d\u2019\u00ab\u00a0effet direct\u00a0\u00bb pour \u00eatre ajout\u00e9 \u00e0 titre d\u2019intim\u00e9. Valero ne m\u00e9ritait pas non plus d\u2019\u00eatre autoris\u00e9e \u00e0 intervenir, car elle n\u2019avait pas exprim\u00e9 (aux para 37 \u00e0 39) la mani\u00e8re dont ses int\u00e9r\u00eats \u00e0 titre de raffineur \u00e9taient diff\u00e9rents de l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019Enbridge \u00e0 titre de constructeur de pipeline.<\/li>\n<li><em>Amnistie, supra <\/em>note<em> 38 <\/em>para 34.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>aux para\u00a023-36, faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Lord\u00a0Woolf, <em>Access to Justice: Interim Report to the Lord Chancellor on the Civil Justice System in England and Wales, <\/em>Londres, Lord Chancellor\u2019s Department, 1995.<\/li>\n<li><em>Amnistie, supra <\/em>note<em> 38 <\/em>au para 39.<\/li>\n<li>Office National de l\u2019\u00e9nergie, Motifs de d\u00e9cision, Pipelines Enbridge Inc, OH-002-2013, mars\u00a02014.<\/li>\n<li><em>Forest Ethics, supra<\/em> note\u00a011.<\/li>\n<li>Autorisation accord\u00e9e le 4\u00a0juin\u00a02014, dossier CAF, A-358-14; renseignements tir\u00e9s de la page web sur les contestations en cour de l\u2019ONE,<em> supra<\/em>, note\u00a04.<\/li>\n<li>Ma discussion sur cette affaire est tir\u00e9e de mon entr\u00e9e de blogue sur ABlawg sur la d\u00e9cision \u00e0 la page\u00a0en ligne\u00a0: &lt;<a href=\"http:\/\/ablawg.ca\/2014\/11\/11\/judicial-supervision-of-the-national-energy-board-neb-the-federal-court-of-appeal-defers-to-the-neb-on-key-decisions\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/ablawg.ca\/2014\/11\/11\/judicial-supervision-of-the-national-energy-board-neb-the-federal-court-of-appeal-defers-to-the-neb-on-key-decisions\/<\/a>&gt;.<\/li>\n<li><em>Forest Ethics<\/em>, supra note 11 au para 70.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para\u00a072.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para\u00a076.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para\u00a077.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 79 accent dans l\u2019original.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 82.<\/li>\n<li><em>Ibid <\/em>au para\u00a083.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 33.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> aux para 37 \u00e0 59.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para 69. Cette question a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9e dans le cadre de deux poursuites dans l\u2019audience TMX (voir la note ci-dessous\u00a066).<\/li>\n<li>De 300\u00a0000 \u00e0 890\u00a0000\u00a0barils par jour en ligne\u00a0: &lt;<a href=\"http:\/\/www.transmountain.com\/proposed-expansion\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/www.transmountain.com\/proposed-expansion<\/a>&gt;.<\/li>\n<li>Parmi les autres questions, on compte l\u2019affaire <em>Quarmby c ONE,<\/em> FCA 14-A-62 qui soulevait des questions relatives \u00e0 la Charte, l\u2019autorisation d\u2019appel aupr\u00e8s de l\u2019ONE rejet\u00e9e sans motif le 23\u00a0janvier\u00a02015, la demande d\u2019autorisation d\u2019appel devant la Cour supr\u00eame du Canada pr\u00e9sent\u00e9e le 20\u00a0mars\u00a02015; <em>Harvey c ONE<\/em>, CAF 14-A-59 ,soulevant la pertinence des questions environnementales en amont et en aval, la demande d\u2019autorisation d\u2019appel rejet\u00e9e sans motif le 24\u00a0octobre\u00a02014; <em>Ville de Vancouver c ONE<\/em>, CAF 14-A-55 , soulevant la pertinence des questions environnementales en amont et en aval, l\u2019autorisation d\u2019appel devant la CAC rejet\u00e9e sans motif le 16\u00a0octobre\u00a02014; <em>Tsleil-Waututh Nation c ONE<\/em>, CAF A-386-14, questions sur l\u2019obligation de consultation, autorisation d\u2019appel \u00e0 \u00eatre entendue. Tous ces renseignements proviennent du site web de l\u2019ONE, <em>supra<\/em> note\u00a04.<\/li>\n<li>D\u00e9cision n<sup>o<\/sup>\u00a028, telle que cit\u00e9e dans <em>Burnaby (City) v Trans Mountain Pipeline ULC<\/em>, 2014 BCSC 1820, dont le texte complet est en ligne sur le site web de l\u2019ONE ici &lt;<a href=\"https:\/\/docs.neb-one.gc.ca\/ll-eng\/llisapi.dll?func=ll&amp;objId=2498607&amp;objAction=browse&amp;viewType=1\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/docs.neb-one.gc.ca\/ll-eng\/llisapi.dll?func=ll&amp;objId=2498607&amp;objAction=browse&amp;viewType=1<\/a>&gt;.<\/li>\n<li><em>Burnaby (City) v Trans Mountain Pipeline ULC<\/em>, 2014 BCSC 1820 [<em>Burnaby<\/em>].<\/li>\n<li><em>Burnaby (City) v Trans Mountain Pipeline ULC<\/em>, 2014 BCCA 465 (autorisation d\u2019appel refus\u00e9e par Neilson JA); 2015 BCCA 78 (appel de l\u2019autorisation d\u2019appel devant l\u2019ensemble des juges refus\u00e9). En plus du litige soulev\u00e9 par la Ville de Burnaby, les activit\u00e9s de TMPL sur le mont Burnaby ont \u00e9galement d\u00e9clench\u00e9 des protestations populaires qui se sont traduites par l\u2019obtention d\u2019une injonction par TMPL pour interdire aux manifestants de d\u00e9ranger les activit\u00e9s g\u00e9otechniques et d\u2019arpentage\u00a0: voir <em>Trans Mountain Pipeline ULC v Gold<\/em>, 2014 BCSC 2133, 2014 BCSC 2403, 2015 BCSC 242. La question de comp\u00e9tence est la plus int\u00e9ressante qui a \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9e. L\u2019avocat des manifestants a fait valoir que la Cour supr\u00eame de la Colombie-Britannique n\u2019avait aucune comp\u00e9tence sur la question, \u00e9tant donn\u00e9 les dispositions de comp\u00e9tence exclusives de la <em>LONE<\/em> (alin\u00e9as\u00a011 \u00e0 13). Le juge en chef Cullen a rejet\u00e9 cet argument en concluant que TMPL avait le droit d\u2019obtenir une injonction aupr\u00e8s de la Cour sup\u00e9rieure sur la base des torts all\u00e9gu\u00e9s que les manifestants ont commis (au para 70)\u00a0: \u00ab\u00a0[Traduction] ce qui est pr\u00e9sent\u00e9 devant cette Cour est en l\u2019essence un cas de d\u00e9lit distinct qui ne rel\u00e8ve pas \u2018express\u00e9ment ou implicitement d\u2019un ensemble de lois\u2019, mais qui survient seulement de mani\u00e8re accessoire \u00e0 cet ensemble.\u00a0\u00bb Il est possible de conclure (aux para\u00a068 \u00e0 71) que l\u2019affaire aurait pu tourner autrement si l\u2019injonction avait \u00e9t\u00e9 demand\u00e9e face \u00e0 Burnaby, car cette derni\u00e8re participait aux audiences devant l\u2019Office, lesquelles se sont traduites par les ordonnances\u00a028 et 40 de l\u2019ONE (dont il est question ci-dessous), \u00ab\u00a0[Traduction] les d\u00e9fendeurs actuels ne sont pas\u00a0\u00bb. Nous avons \u00e9galement appris dans le cadre de cette affaire (au para\u00a018) que l\u2019ordonnance n<sup>o<\/sup>\u00a040 de l\u2019ONE a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e devant la Cour f\u00e9d\u00e9rale.<\/li>\n<li><em>RJR- Macdonald Inc. <\/em>c<em> Canada (Procureur g\u00e9n\u00e9ral), <\/em>[1994] 1 RCS\u00a0311. Ce faisant, la juge Brown rejetait l\u2019argument de Burnaby, selon lequel dans une affaire concernant une autorit\u00e9 publique, la Cour doit pr\u00e9sumer que le demandeur avait \u00e9tabli un dommage irr\u00e9parable et qu\u2019il \u00e9tait favoris\u00e9 par la balance des probabilit\u00e9s. La Cour a tranch\u00e9 en faveur de TMPL, selon laquelle il s\u2019agissait d\u2019une affaire d\u2019int\u00e9r\u00eats public concurrente tant \u00e0 l\u2019\u00e9chelle locale que nationale (aux para\u00a09-31).<\/li>\n<li><em>Burnaby, supra<\/em> note 69 aux para\u00a035 \u00e0 41.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> aux para\u00a051 \u00e0 52.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> aux para\u00a042 \u00e0 50.<\/li>\n<li><em>Trans Montain Pipeline ULC,<\/em> Avis de question constitutionnelle, Ordonnance d\u2019audience (23 Octobre 2014), OH-001-2014 (D\u00e9cision No 40), en ligne\u00a0: ONE &lt;<a href=\"https:\/\/docs.neb-one.gc.ca\/ll-eng\/llisapi.dll\/fetch\/2000\/90464\/90552\/548311\/956726\/2392873\/2449981\/2541380\/A97-2_-_D%C3%A9cision_no_40_-_Avis_de_motion_de_Trans_Mountain_et_l_avis_d_une_question_constitutionnelle_en_date_du_26_septembre_2014_-_A4D6G9.pdf?nodeid=2541053&amp;vernum=-2\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">https:\/\/docs.neb-one.gc.ca\/ll-eng\/llisapi.dll\/fetch\/2000\/90464\/90552\/548311\/956726\/2392873\/2449981\/2541380\/A97-2_-_D%C3%A9cision_no_40_-_Avis_de_motion_de_Trans_Mountain_et_l_avis_d_une_question_constitutionnelle_en_date_du_26_septembre_2014_-_A4D6G9.pdf?nodeid=2541053&amp;vernum=-2<\/a>&gt; [<em>D\u00e9cision No 40<\/em>].<\/li>\n<li><em>Burnaby (City) c Trans Mountain Pipeline ULC,<\/em> 2015 BCCA au para 5. Par contre, la Cour a pris soin de laisser Burnaby plaider la question constitutionnelle plus g\u00e9n\u00e9rale dans le cadre de sa demande de jugement.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> au para\u00a09.<\/li>\n<li><em>D\u00e9cision n<sup>o<\/sup><\/em>\u00a040, <em>supra <\/em>note 75 aux para 6 \u00e0 8. Les d\u00e9cisions cit\u00e9es par l\u2019Office dans ses motifs comprennent notamment <em>Cuddy Chicks Ltd. c Ontario (Commission des Relations de Travail)<\/em>, [1991] 2\u00a0RCS et <em>Westcoast Energy Inc. c Canada (Office national de l\u2019\u00e9nergie)<\/em>, [1998] 1\u00a0RCS\u00a0322. D\u2019autres d\u00e9cisions appuyant cette conclusion comprennent notamment <em>Rio Tinto Alcan Inc. c Conseil tribal Carrier Sekani<\/em>, 2010\u00a0CSC\u00a043 ainsi que la d\u00e9cision de la Cour d\u2019appel de la Colombie-Britannique, <em>supra,<\/em> note\u00a069.<\/li>\n<li><em>D\u00e9cision n<sup>o<\/sup><\/em>\u00a040, supra note 75 aux para 11 et 12.<\/li>\n<li>Ces pr\u00e9c\u00e9dents comprennent\u00a0: <em>Banque Canadienne de l\u2019Ouest <\/em>c<em> Alberta<\/em>, 2007 CSC 22, <em>Colombie-Britannique [Canadian Western Bank] (Procureur g\u00e9n\u00e9ral) c Lafarge Inc<\/em>, 2007 CSC 22, <em>Banque de Montr\u00e9al c Hall<\/em>, [1990] 1 SCR 121 et <em>Multiple Access c McCutcheon<\/em>, [1982] 2 RCS 161.<\/li>\n<li><em>D\u00e9cision n<sup>o<\/sup><\/em>\u00a040, supra note 75 aux p 12 et 13.<\/li>\n<li>Notamment en ce qui concerne l\u2019article\u00a091(24) de la <em>Loi constitutionnelle de 1867<\/em>, Indiens et terres r\u00e9serv\u00e9es pour les Indiens. Voir <em>Tsilhqot\u2019in First Nation c Colombie-Britannique<\/em> 2014 CSC 44 et pour des commentaires, voir Nigel Bankes, \u00ab\u00a0The implications of the <em>Tsilhqot\u2019in<\/em> (William) and <em>Grassy Narrows<\/em> (Keewatin) decisions of the Supreme Court of Canada for the natural resources industries\u00a0\u00bb qui para\u00eetra dans<em> Journal of Energy and Natural Resources Law<\/em> (2015).<\/li>\n<li>Voir<em> Banque canadienne de l\u2019Ouest<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a080.<\/li>\n<li><em>D\u00e9cision n<sup>o<\/sup><\/em>\u00a040, supra note 75 \u00e0 la p 15.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> \u00e0 la p 17.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> aux p 17 et 18.<\/li>\n<li>Pour consulter une discussion sur l\u2019applicabilit\u00e9 de la l\u00e9gislation provinciale en mati\u00e8re d\u2019\u00e9valuation environnementale aux pipelines r\u00e9gis par la <em>LONE<\/em>, voir Martin Olszynski, \u00ab\u00a0Whose (Pipe)line is it Anyway?\u00a0\u00bb en ligne\u00a0: ABLawg\u00a0: &lt;<a href=\"http:\/\/ablawg.ca\/2014\/12\/03\/whose-pipeline-is-it-anyway\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/ablawg.ca\/2014\/12\/03\/whose-pipeline-is-it-anyway\/<\/a>&gt;.<\/li>\n<li>Voir aussi <em>Conseil des Canadiens c ONE<\/em>, CAF\u00a014-A-32, o\u00f9 l\u2019on demande \u00e0 l\u2019ONE de dresser une liste d\u2019enjeux, demandes d\u2019appel refus\u00e9es, absence de droit de participation, 25\u00a0juillet\u00a02014, conform\u00e9ment au site web de l\u2019Office, <em>supra<\/em>, note\u00a04.<\/li>\n<li><em>Centre qu\u00e9b\u00e9cois du droit de l\u2019environnement<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a012.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> \u00e0 la p 6.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> \u00e0 la p 9.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> aux p 9 \u2013 10 (documents l\u00e9gislatifs omis).<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> \u00e0 la p11.<\/li>\n<li><em>Ibid<\/em> aux p\u00a012 et 13. La Cour a ensuite soulign\u00e9 que les requ\u00e9rants n\u2019avaient pas commis de dommages irr\u00e9parables ni caus\u00e9 de pr\u00e9judice \u00e0 cette \u00e9tape-ci des proc\u00e9dures, et que la pr\u00e9pond\u00e9rance des inconv\u00e9nients penchait en faveur de la poursuite des proc\u00e9dures de l\u2019Office sans interruption (<em>ibid<\/em> aux p\u00a013 et 14).<\/li>\n<\/ol>\n<p><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La construction de nouveaux pipelines ou encore l\u2019expansion, le renversement du d\u00e9bit ou le changement de vocation de pipelines existants ont toujours soulev\u00e9 la controverse au Canada. Ils ont presque toujours men\u00e9 \u00e0 des demandes de r\u00e9vision judiciaires ou d\u2019appel. 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