{"id":104,"date":"2013-11-14T23:58:33","date_gmt":"2013-11-14T23:58:33","guid":{"rendered":"http:\/\/www.energyregulationquarterly.ca\/?p=104"},"modified":"2022-06-24T15:34:19","modified_gmt":"2022-06-24T15:34:19","slug":"regulators-and-the-courts-a-ten-year-perspective-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/fr\/articles\/regulators-and-the-courts-a-ten-year-perspective-1","title":{"rendered":"Droit administratif et r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie \u2013 \u00e9viter les pi\u00e8ges \u2013 les dix r\u00e8gles \u2013 perspective sur dix ans"},"content":{"rendered":"<p><\/p>\n<div>\n<h2>Introduction<\/h2>\n<p><b>L<\/b>e pr\u00e9sent article s\u2019\u00e9tale sur une p\u00e9riode de dix ans en ce sens qu\u2019il repr\u00e9sente le niveau d\u2019\u00e9volution actuel d\u2019un document de base que j\u2019ai eu l\u2019honneur de pr\u00e9senter \u00e0 l\u2019occasion du \u00a0cours \u00a0annuel \u00a0sur\u00a0 \u00a0la\u00a0 \u00a0r\u00e9glementation de CAMPUT, organisme regroupant les r\u00e9gulateurs en \u00e9nergie et de services publics du Canada. La nature de cette pr\u00e9sentation et le titre du pr\u00e9sent article sont inspir\u00e9s de Gordon Kaiser, \u00e0 la suggestion duquel j\u2019ai cibl\u00e9, au cours de la plupart de ces neuf pr\u00e9sentations, les pi\u00e8ges dans lesquels peuvent tomber les r\u00e9gulateurs en \u00e9nergie et de services publics, notamment au cours de leurs activit\u00e9s de r\u00e9glementation et du processus d\u2019audience. Tout a commenc\u00e9 avec une liste de dix r\u00e8gles qui devaient guider ces r\u00e9gulateurs, mais cette liste s\u2019est maintenant allong\u00e9e \u00e0 dix-sept! Toutefois, cela n\u2019indique pas n\u00e9cessairement qu\u2019il y ait eu, le long du parcours, des nids-de-poule de plus en plus nombreux et de plus en plus larges.<\/p>\n<p>Bien s\u00fbr, pour la plupart, sinon pour tous les r\u00e9gulateurs, plusieurs principes exprim\u00e9s dans le pr\u00e9sent article sont maintenant enracin\u00e9s dans leur m\u00e9moire, dans leurs habitudes de travail et leurs r\u00e8gles de pratique, ainsi que dans leurs proc\u00e9dures, si bien qu\u2019ils ne constituent maintenant qu\u2019un rappel pour \u00e9viter \u00a0que ces r\u00e9gulateurs ne deviennent nonchalants, mais \u00e9galement et de fa\u00e7on plus importante, un document d\u00e9montrant \u00e0 quel point le processus de r\u00e9glementation de l\u2019\u00e9nergie \u00a0et des services publics est devenu complexe et est maintenant ax\u00e9 sur les meilleures pratiques. Cependant, cela ne signifie pas qu\u2019il n\u2019y ait pas eu de nouveaux probl\u00e8mes ou que toutes les questions ayant suscit\u00e9 la controverse et le doute aient \u00e9t\u00e9 r\u00e9solus de fa\u00e7on satisfaisante. Ainsi, comme le soulignera le pr\u00e9sent article, il y a toujours des questions non r\u00e9solues en ce qui concerne le droit de compara\u00eetre \u00e0 des audiences sur la r\u00e9glementation et l\u2019impact sur ces audiences administratives de \u00a0l\u2019obligation de \u00a0consulter \u00a0les \u00a0autochtones. \u00a0Certaines \u00a0de mes explications et recommandations ne sont, en fait, que provisoires, puisque les pr\u00e9cisions en mati\u00e8re de loi, \u00a0qu\u2019elles \u00a0soient \u00a0internes ou qu\u2019elles proviennent des tribunaux, sont toujours attendues.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>Commen\u00e7ons avec la liste actuelle des principes :<\/p>\n<p>1) Veuillez indiquer avec pr\u00e9cision les secteurs \u00a0du \u00a0public, \u00a0de\u00a0 \u00a0l\u2019industrie\u00a0 \u00a0et du gouvernement que vous devriez aviser d\u2019une audience imminente sur la r\u00e9glementation.<\/p>\n<p>2) Soyez au courant des principes et des dispositions l\u00e9gislatives sur les parties, les intervenants et d\u2019autres qualit\u00e9s pour ester en justice lors des audiences.<\/p>\n<p>3) P\u00e9chez par exc\u00e8s de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 lorsque surviennent des questions de divulgation.<\/p>\n<p>4) Veillez toujours, gr\u00e2ce \u00e0 votre capacit\u00e9 de contr\u00f4ler les proc\u00e9dures que vous pr\u00e9sidez ou \u00e0 l\u2019aide de vos r\u00e8gles de proc\u00e9dure ou de pratique, \u00e0 ce que les questions en litige soient tri\u00e9es et pr\u00e9cises et \u00e0 ce que la pr\u00e9sentation de la preuve au cours des diverses proc\u00e9dures pr\u00e9alables \u00e0 l\u2019audience soit simplifi\u00e9e.<\/p>\n<p>5) Cependant, ne tentez pas de trop judiciariser les proc\u00e9dures : vous \u00eates un r\u00e9gulateur d\u00e9tenant un mandat d\u2019int\u00e9r\u00eat public et non un tribunal p\u00e9nal.<\/p>\n<p>6) Sans aller vite ou agir de fa\u00e7on d\u00e9brid\u00e9e, vous reconnaissez la flexibilit\u00e9 qui vous est octroy\u00e9e du fait de n\u2019\u00eatre g\u00e9n\u00e9ralement pas li\u00e9 par les r\u00e8gles de la preuve applicables dans la proc\u00e9dure des tribunaux ordinaires.<\/p>\n<p>7) De fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale, ne \u00a0permettez pas aux parties de prendre en main le d\u00e9roulement de l\u2019audience. Faites r\u00e9gner la discipline. N\u00e9anmoins, lors de l\u2019audience, respectez le protocole et \u00e9coutez. Derri\u00e8re tout \u00e9change houleux entre les avocats et les t\u00e9moins repose la possibilit\u00e9 d\u2019engendrer une crainte raisonnable de partialit\u00e9.<\/p>\n<p>8)Lorsque des motifs de partialit\u00e9 et de manque d\u2019ind\u00e9pendance sont soulev\u00e9s, qu\u2019ils soient reli\u00e9s \u00e0 vos r\u00f4les et associations ant\u00e9rieurs ou \u00e0 votre comportement lors de l\u2019audience, vous reconnaissez que vous \u00eates tenu de les g\u00e9rer. Cependant, vu l\u2019int\u00e9r\u00eat public que servent les arbitres exp\u00e9riment\u00e9s et la possibilit\u00e9 d\u2019une contestation fond\u00e9e sur la partialit\u00e9 \u00e0 laquelle peuvent avoir recours les parties dans leur recherche d\u2019un tribunal favorable, ne vous disqualifiez pas trop rapidement.<\/p>\n<p>9) Les organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie doivent g\u00e9n\u00e9ralement \u00eatre ind\u00e9pendants du gouvernement qui les nomme. En cons\u00e9quence, veillez \u00e0 ne pas cr\u00e9er de relations chaleureuses avec le ministre ou le personnel du minist\u00e8re et veillez particuli\u00e8rement \u00e0 r\u00e9sister \u00e0 toute incitation \u00e0 discuter avec eux de questions en instance.<\/p>\n<p>10) Agissez de fa\u00e7on \u00a0pr\u00e9ventive \u00a0lorsque vous \u00eates au courant d\u2019implications et d\u2019associations ant\u00e9rieures qui pourraient susciter des pr\u00e9occupations chez l\u2019un ou plusieurs des participants. Divulguez tous les faits aux parties et demandez si l\u2019une d\u2019entre elles s\u2019oppose \u00e0 votre participation.<\/p>\n<p>11) Reconnaissez que les normes concernant la partialit\u00e9 et un manque d\u2019ind\u00e9pendance peuvent varier en fonction du r\u00f4le que joue un organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie. Ces normes peuvent notamment \u00eatre plus strictes dans le cas des proc\u00e9dures d\u2019application ou de conformit\u00e9 qu\u2019elles ne le sont dans le cas de vastes audiences publiques sur la r\u00e9glementation.<\/p>\n<p>12) En plus de g\u00e9rer les d\u00e9fis li\u00e9s \u00e0 votre participation qui s\u2019appuient sur une crainte raisonnable de partialit\u00e9, vous avez \u00e9galement une obligation juridique de g\u00e9rer les contestations constitutionnelles (y compris les droits d\u00e9coulant de la Charte ou les droits des peuples autochtones) de votre comp\u00e9tence et des proc\u00e9dures et m\u00eame du r\u00e9gime statutaire aux termes duquel vous agissez.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>13) N\u2019h\u00e9sitez pas \u00e0 consulter d\u2019autres membres de votre organisme de m\u00eame que des avocats de l\u2019organisme et autres membres du personnel, m\u00eame si ces consultations portent sur des questions \u00e0 propos de l\u2019audience en cours, mais reconnaissez les restrictions l\u00e9gitimes qui s\u2019imposent \u00e0 de telles consultations.<\/p>\n<p>14) En mati\u00e8re de consultations, pr\u00eatez attention \u00e0 la port\u00e9e que pourront avoir vos proc\u00e9dures sur les droits, les int\u00e9r\u00eats et les revendications des peuples autochtones et aux obligations proc\u00e9durales sp\u00e9ciales que peuvent engendrer de telles situations, particuli\u00e8rement lorsque l\u2019obligation constitutionnelle de la Couronne de consulter est en cause.<\/p>\n<p>15) Pr\u00eatez une attention particuli\u00e8re aux exigences du droit l\u00e9gislatif et de la Common Law pour justifier vos d\u00e9cisions.<\/p>\n<p>16) Prenez notamment soin de bien justifier les d\u00e9rogations \u00e0 votre propre jurisprudence ou aux principes g\u00e9n\u00e9raux de la th\u00e9orie de r\u00e9glementation.<\/p>\n<p>17) N\u2019ayez seulement recours \u00e0 l\u2019utilisation de grands principes juridiques que lorsque cela s\u2019av\u00e8re absolument n\u00e9cessaire. Si possible, rendez votre d\u00e9cision \u00e0 la lumi\u00e8re d\u2019un examen m\u00e9ticuleux \u00a0des \u00a0faits, \u00a0de la complexit\u00e9 de votre propre r\u00e9gime statutaire et du droit \u00e9labor\u00e9 par votre propre jurisprudence ou les pr\u00e9c\u00e9dents jurisprudentiels de l\u2019organisme. Les tribunaux respecteront habituellement votre expertise et appliqueront une norme de contr\u00f4le rigoureuse si votre d\u00e9cision est bien justifi\u00e9e.<\/p>\n<p>Je vous explique maintenant en d\u00e9tails chacune de ces dix-sept propositions, avec renvois \u00e0 plusieurs autorit\u00e9s gouvernementales et lois.<\/p>\n<h3>1.\u00a0\u00a0 Avis<\/h3>\n<p>Pr\u00e9alablement \u00e0 toute initiative en mati\u00e8re de r\u00e9glementation ayant le potentiel de toucher un grand nombre de personnes, les organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie devront pr\u00e9ciser la fa\u00e7on d\u2019\u00e9mettre un avis qui r\u00e9ponde aux exigences de la Common Law, de leurs lois constitutives et de leurs r\u00e8gles de proc\u00e9dures.<\/p>\n<p>La jurisprudence r\u00e9gissant ce secteur date d\u2019il y a presque trente ans dans <i>R<\/i><i>e Central Ontario Coalition and Ontario Hydro<\/i><a href=\"#f2\"><sup>2<\/sup><\/a>. Dans cet arr\u00eat, la Cour divisionnaire de l\u2019Ontario a abord\u00e9 la question du caract\u00e8re suffisant de l\u2019avis \u00e9mis par un comit\u00e9 mixte (la Commission des affaires municipales de l\u2019Ontario et la Commission d\u2019\u00e9valuation environnementale de l\u2019Ontario) qui examinait une proposition pour un projet important de ligne de transport d\u2019\u00e9lectricit\u00e9. Vu le nombre de personnes et de groupes potentiellement vis\u00e9s par cette \u00a0proposition, de m\u00eame que l\u2019incidence disparate qu\u2019aurait la proposition, le Comit\u00e9 mixte \u00a0avait \u00a0pr\u00e9vu un ensemble d\u2019avis personnels \u00e0 certains particuliers et \u00e0 certaines municipalit\u00e9s et d\u2019avis publi\u00e9s au moyen d\u2019annonces dans les journaux. Bien que le choix des modalit\u00e9s n\u2019ait pas \u00e9t\u00e9 per\u00e7u comme un probl\u00e8me par la Cour divisionnaire, cette derni\u00e8re conclut n\u00e9anmoins qu\u2019il n\u2019y avait pas eu d\u2019avis suffisant parce que l\u2019annonce dans les journaux \u00e9tait non seulement trompeuse mais n\u2019offrait pas suffisamment de renseignements sur l\u2019emplacement des lignes de transport propos\u00e9es<a href=\"#f3\"><sup>3<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>L\u2019arr\u00eat \u00a0<i>1657575 \u00a0Ontario \u00a0Ltd. \u00a0v. \u00a0Hamilton (City)<\/i><a href=\"#f4\"><sup>4<\/sup><\/a> a plus r\u00e9cemment r\u00e9affirm\u00e9 l\u2019arme \u00e0 double tranchant que constitue l\u2019exigence d\u2019\u00e9mettre un avis concernant \u00a0des \u00a0audiences en instance : s\u2019assurer que l\u2019avis est port\u00e9 \u00e0 l\u2019attention de ceux dont les int\u00e9r\u00eats sont vis\u00e9s de fa\u00e7on significative et qu\u2019elle offre suffisamment de renseignements pour informer ces derniers de la nature de ce qui est propos\u00e9 et de ses incidences possibles sur leurs droits et int\u00e9r\u00eats. Cependant, il est \u00e9galement clair que l\u2019avis sera acceptable \u00e0 condition qu\u2019il soit pr\u00e9cis et qu\u2019il offre suffisamment de renseignements sur les droits de participation et les divers \u00e9ch\u00e9anciers et qu\u2019il pr\u00e9cise o\u00f9 trouver des renseignements suppl\u00e9mentaires<a href=\"#f5\"><sup>5<\/sup><\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>N\u00e9anmoins, comme il sera \u00a0expliqu\u00e9 \u00a0de fa\u00e7on plus d\u00e9taill\u00e9e ci-dessous, il peut y avoir des situations o\u00f9 les avis sont sujets \u00e0 des obligations particuli\u00e8res s\u2019il est possible qu\u2019une requ\u00eate puisse toucher aux droits et int\u00e9r\u00eats des peuples autochtones, notamment ceux \u00a0dont les revendications ne sont pas encore r\u00e9solues. De telles situations exigeront presque toujours de l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie qu\u2019il fournisse un avis \u00ab personnel \u00bb et pr\u00e9cis aux peuples autochtones concern\u00e9s.<\/p>\n<h2>2.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Parties, intervenants et droit de compara\u00eetre<\/h2>\n<p>La question de l\u2019avis est inextricablement li\u00e9e \u00e0 la question de d\u00e9terminer les parties, les intervenants \u00a0ou \u00a0autres \u00a0types \u00a0de \u00a0participants ayant le droit de compara\u00eetre \u00e0 une audience.<\/p>\n<p>En \u00a0Alberta, \u00a0il \u00a0existe \u00a0depuis \u00a0longtemps une norme r\u00e9gie par la loi. L\u2019article 1 de l\u2019<i>Administrative Procedures and Jurisdiction Act<\/i><a href=\"#f6\"><sup>6<\/sup><\/a>, une loi de proc\u00e9dure g\u00e9n\u00e9rale toujours applicable \u00e0 l\u2019<i>Alberta Utilities \u00a0Commission<\/i>, de m\u00eame qu\u2019\u00e0 la <i>Surface Rights Board <\/i>et \u00e0 la <i>Natural Resources Conservation Board<\/i>, d\u00e9finit \u00e0 titre de partie (et donc autoris\u00e9e \u00e0 \u00e9mettre des avis et \u00e0 d\u00e9tenir des droits de participation) toute personne<\/p>\n<p>&#8230;dont les droits seront touch\u00e9s par l\u2019exercice d\u2019un pouvoir conf\u00e9r\u00e9 par la loi ou par un acte ou une action effectu\u00e9 aux termes de ce pouvoir.<\/p>\n<p>Cependant, dans le contexte d\u2019audiences qui ont une incidence sur le grand public, cette d\u00e9finition suscite in\u00e9vitablement une question : quels sont ces \u00ab droits \u00bb ? La loi constitutive des deux principaux organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie de \u00a0la \u00a0province \u00a0tente de pr\u00e9ciser cette d\u00e9finition en exigeant la tenue d\u2019audiences ou en accordant le statut d\u2019intervenant habituellement \u00e0 ceux qui seront \u00ab vis\u00e9s directement et subiront un pr\u00e9judice \u00bb par suite de proc\u00e9dures devant l\u2019<i>A<\/i><i>lberta Utilities Commission <\/i>ou <i>l<\/i><i>\u2019Alberta Energy Regulator<\/i><a href=\"#f7\"><sup>7<\/sup><\/a>. Cette norme est similaire au crit\u00e8re traditionnel visant \u00e0 d\u00e9terminer la personne qui a le droit de demander un contr\u00f4le judiciaire, mais elle ne \u00a0s\u2019applique \u00a0pas \u00a0automatiquement, \u00a0comme le souligne clairement toute la jurisprudence \u00e0 ce sujet. Il s\u2019agit, en effet, du r\u00e8glement sur l\u2019\u00e9nergie le plus contest\u00e9 dans la province.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>Dans l\u2019arr\u00eat <i>Dene Th\u00e1 First Nation v. Alberta (Energy and Utilities Board)<\/i><a href=\"#f8\"><sup>8<\/sup><\/a>, la Cour d\u2019appel de l\u2019Alberta a divis\u00e9 le crit\u00e8re en deux parties :<\/p>\n<p>Le premier crit\u00e8re est un crit\u00e8re juridique et le deuxi\u00e8me, un crit\u00e8re factuel. Le crit\u00e8re juridique consiste \u00a0\u00e0 \u00a0se \u00a0demander si la r\u00e9clamation, le droit ou l\u2019int\u00e9r\u00eat revendiqu\u00e9 est reconnu par la loi. Le second crit\u00e8re consiste \u00e0 \u00e9tablir si la Commission poss\u00e8de des renseignements d\u00e9montrant que la requ\u00eate soumise \u00e0 la Commission peut porter pr\u00e9judice directement \u00e0 de tels int\u00e9r\u00eats ou droits. Le deuxi\u00e8me crit\u00e8re est un crit\u00e8re factuel<a href=\"#f9\"><sup>9<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Cette distinction est importante, car en classant comme factuelle la deuxi\u00e8me partie du crit\u00e8re, la Cour refusait d\u2019exercer son contr\u00f4le judiciaire sur la d\u00e9cision de la Commission \u00e0 cette \u00e9tape. Le droit de demander l\u2019autorisation d\u2019interjeter appel se limite \u00e0 des questions de droit et de comp\u00e9tence. En cons\u00e9quence, une composante majeure de la d\u00e9cision du droit \u00e0 un avis et du droit de participation est laiss\u00e9e au pouvoir discr\u00e9tionnaire de l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie, lequel pouvoir \u00e9chappe \u00e0 tout contr\u00f4le judiciaire. Ceci peut \u00e9galement \u00eatre le cas si la question du droit de compara\u00eetre est une question mixte de droit et de fait dont il n\u2019est pas ais\u00e9 d\u2019extirper les importantes questions juridiques en jeu<a href=\"#f10\"><sup>10<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>En ce qui a trait \u00e0 l\u2019aspect \u00ab reconnu par la loi \u00bb du crit\u00e8re, la Cour d\u2019appel a bien reconnu les droits des propri\u00e9taires fonciers dont les droits de la propri\u00e9t\u00e9 auraient subi un pr\u00e9judice \u00e0 la suite d\u2019un litige soumis \u00e0 l\u2019adjudication de l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie<a href=\"#f11\"><sup>11<\/sup><\/a>. Dans de tels cas, en effet, l\u2019exigence peut fr\u00e9quemment porter sur un avis personnel plut\u00f4t que sur un simple avis dans une annonce de journal ou d\u2019autres m\u00e9dias<a href=\"#f12\"><sup>12<\/sup><\/a>. Toutefois, ce qui constitue un droit de propri\u00e9t\u00e9 \u00e0 ces fins est \u00e9galement une question ouverte. Toute forme d\u2019expropriation, y compris la cr\u00e9ation de servitudes de passage, r\u00e9pond assur\u00e9ment \u00e0 cette d\u00e9finition. En outre, l\u2019<i>E<\/i><i>nergy and Utilities Board <\/i>pr\u00e9c\u00e9dente avait reconnu dans la Directive 29 de l\u2019EUB qu\u2019elle \u00e9tait tenue de fournir un avis aux propri\u00e9taires fonciers qui se trouvaient \u00e0 proximit\u00e9 de tout projet propos\u00e9.<\/p>\n<p>La Cour d\u2019appel de l\u2019Alberta a cependant convenu que les effets directs et pr\u00e9judiciables d\u2019un int\u00e9r\u00eat reconnu en droit faisaient l\u2019objet de limites. Le fait d\u2019\u00eatre un d\u00e9fenseur de l\u2019environnement de longue date, m\u00eame si la terre dont il est question est utilis\u00e9e \u00e0 des fins r\u00e9cr\u00e9atives, n\u2019est pas suffisant<a href=\"#f13\"><sup>13<\/sup><\/a>. En effet, le fait que l\u2019organisme de r\u00e9glementation ait demand\u00e9 \u00e0 un promoteur de s\u2019adresser \u00e0 un consultant n\u2019est pas suffisant en soi pour reconna\u00eetre le droit de compara\u00eetre de ce promoteur<a href=\"#f14\"><sup>14<\/sup><\/a>. De fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale, la Cour a statu\u00e9 qu\u2019il n\u2019y a pas de reconnaissance du droit de compara\u00eetre dans l\u2019int\u00e9r\u00eat public ni dans les dispositions applicables \u00e0 cet effet ni dans les d\u00e9cisions largement \u00a0discr\u00e9tionnaires<a href=\"#f15\"><sup>15<\/sup><\/a>. \u00a0En \u00a0outre, \u00a0une all\u00e9gation g\u00e9n\u00e9rale de possibilit\u00e9 d\u2019incidence \u00e9conomique \u00e9ventuelle est insuffisante<a href=\"#f16\"><sup>16<\/sup><\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>En outre, lorsqu\u2019il s\u2019agit de revendications telles que l\u2019incidence possible sur la sant\u00e9 de ceux qui habitent \u00e0 proximit\u00e9 du projet propos\u00e9<a href=\"#f17\"><sup>17<\/sup><\/a>, la Cour a conclu qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une question sur laquelle ceux qui demandent la reconnaissance de leur qualit\u00e9 pour agir doivent fournir des preuves et que l\u2019\u00e9valuation \u00a0de \u00a0ces \u00a0preuves est une question de fait \u00e0 \u00eatre tranch\u00e9e par l\u2019organisme de r\u00e9glementation, qui ne se pr\u00eate pas \u00e0 une demande d\u2019autorisation d\u2019interjeter appel<a href=\"#f18\"><sup>18<\/sup><\/a>. Cependant, plus \u00a0r\u00e9cemment, \u00a0dans le cadre d\u2019une autre demande en mati\u00e8re de sant\u00e9 soumise \u00e0 l\u2019<i>E<\/i><i>nergy Resources Conservation Board <\/i>pr\u00e9c\u00e9dente qui visait \u00e0 obtenir le statut d\u2019intervenant, la Cour d\u2019appel de l\u2019Alberta a indiqu\u00e9 qu\u2019elle pouvait avoir une perception plus lib\u00e9rale de ce qui constitue un \u00ab effet direct et pr\u00e9judiciable \u00bb. Dans <i>K<\/i><i>elly v. Alberta (Energy Resources Conservation Board)<\/i><a href=\"#f19\"><sup>19<\/sup><\/a>, la Cour a convenu que la question visant \u00e0 \u00e9tablir si un \u00ab droit \u00bb mis en cause n\u2019\u00e9tait pas la seule question de droit en jeu pour fins d\u2019appel aux termes des dispositions applicables<a href=\"#f20\"><sup>20<\/sup><\/a>. Elle a \u00e9galement conclu que le crit\u00e8re \u00e0 utiliser afin d\u2019\u00e9tablir si une personne avait \u00e9t\u00e9 vis\u00e9e directement et subi un pr\u00e9judice consistait \u00e0 se demander si cette personne<\/p>\n<p>\u2026serait vis\u00e9e de fa\u00e7on diff\u00e9rente ou \u00e0 un degr\u00e9 diff\u00e9rent que les autres membres du public<a href=\"#f21\"><sup>21<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Toutefois, ces conditions n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 retenues \u00e0 titre de crit\u00e8re. De plus, quiconque revendiquait un statut d\u2019intervenant n\u2019\u00e9tait pas vraiment tenu de prouver qu\u2019il serait directement vis\u00e9 et qu\u2019il subirait un pr\u00e9judice. Le r\u00f4le de Commission consistait \u00e0 \u00e9valuer l\u2019ampleur du \u00a0risque \u00a0plut\u00f4t \u00a0que \u00a0de \u00a0chercher \u00e0 \u00e9tablir si \u00a0le \u00a0demandeur \u00a0avait \u00a0prouv\u00e9 \u00a0que le risque \u00e9tait une certitude. Autrement, le crit\u00e8re juridique n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9 correctement<a href=\"#f22\"><sup>22<\/sup><\/a>. Ce crit\u00e8re juridique s\u2019appuyait sur les principes suivants :<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>Le droit d\u2019intervention pr\u00e9vu par la Loi a pour objectif de permettre \u00e0 quiconque qui a des pr\u00e9occupations l\u00e9gitimes de pouvoir s\u2019exprimer sur l\u2019octroi de permis pour des puits de gaz et de p\u00e9trole qui auront une incidence reconnaissable sur leurs droits, tout en \u00e9liminant les demandes de \u00a0ceux qui n\u2019ont qu\u2019un int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral dans le d\u00e9veloppement des ressources (mais pas de \u00ab droit \u00bb \u00e0 revendiquer), et qui se m\u00ealent de ce qui ne les regardent pas<a href=\"#f23\"><sup>23<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>En effet, cette conception plus large du r\u00f4le des intervenants affectait la question des d\u00e9pens. La Commission a conclu, lors de la nouvelle audience ordonn\u00e9e par la Cour sur les demandes de permis d\u2019exploitation des puits, que les intervenants n\u2019avaient pas d\u00e9montr\u00e9 que leurs int\u00e9r\u00eats en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 exigeaient que des conditions suppl\u00e9mentaires soient impos\u00e9es sur l\u2019octroi de permis d\u2019exploitation des puits. La Commission a donc refus\u00e9 d\u2019accorder les d\u00e9pens r\u00e9clam\u00e9s par les intervenants au motif qu\u2019ils n\u2019\u00e9taient pas touch\u00e9s directement et qu\u2019ils ne subiraient pas de pr\u00e9judice. Toutefois, en appel<a href=\"#f24\"><sup>24<\/sup><\/a>, la Cour d\u2019appel a conclu que le droit aux d\u00e9pens ne d\u00e9pendait pas du degr\u00e9 de succ\u00e8s qu\u2019obtiendraient les intervenants \u00e0 l\u2019audience. \u00c0 ce titre, en renvoyant \u00e0 la Commission la question des d\u00e9pens \u00e0 payer \u00e0 l\u2019intervenant, la Cour a r\u00e9sum\u00e9 ses conclusions comme suit :<\/p>\n<p>Plus \u00a0pr\u00e9cis\u00e9ment, \u00a0la\u00a0 \u00a0possibilit\u00e9\u00a0 \u00a0d\u2019un effet pr\u00e9judiciable sur l\u2019utilisation et l\u2019occupation des terres peut donner droit \u00e0 des d\u00e9pens. En outre, bien que le montant des d\u00e9pens soit laiss\u00e9 \u00e0 la discr\u00e9tion de la Commission, l\u2019issue m\u00eame \u00a0de \u00a0l\u2019audience et l\u2019absence, en r\u00e9trospective, de v\u00e9ritables effets pr\u00e9judiciables ne prive pas en soi un demandeur de d\u00e9pens<a href=\"#f25\"><sup>25<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Bien qu\u2019en Alberta ces questions aient \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9es dans le cadre d\u2019un certain r\u00e9gime statutaire, \u00a0dans \u00a0la \u00a0mesure \u00a0o\u00f9\u00a0 \u00a0celui-ci refl\u00e8te bien les principes de Common Law g\u00e9n\u00e9ralement accept\u00e9s sur le droit d\u2019\u00eatre entendu lors de proc\u00e9dures administratives<a href=\"#f26\"><sup>26<\/sup><\/a>, rien ne porte \u00e0 croire que ces pr\u00e9c\u00e9dents jurisprudentiels auront quelque port\u00e9e que ce soit sur les autres organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du pays. Il est \u00e9galement important de prendre conscience des dimensions pratiques \u00a0de \u00a0cette \u00a0question. Il faut faire la distinction, d\u2019une part, entre l\u2019autorisation de participation significative demand\u00e9e notamment par ceux dont les droits et int\u00e9r\u00eats sont imm\u00e9diatement et directement touch\u00e9s par une proposition ainsi que par les membres du grand public, et l\u2019importance d\u2019autre part, pour les organismes de r\u00e9glementation de s\u2019acquitter de leurs fonctions d\u2019une mani\u00e8re efficace et en temps opportun. Il n\u2019est donc pas \u00e9tonnant que, lorsque la qualit\u00e9 pour agir rel\u00e8ve d\u2019une d\u00e9cision de nature discr\u00e9tionnaire, les tribunaux, soit en soulignant cette nature discr\u00e9tionnaire, soit, comme en Alberta, en cat\u00e9gorisant cette question comme \u00e9tant partiellement une question de fait, s\u2019en remettent aux d\u00e9cisions rendues \u00e0 cet \u00e9gard par les organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie.<\/p>\n<p>Cette pr\u00e9occupation d\u2019assurer que les audiences administratives se d\u00e9roulent de fa\u00e7on efficace a manifestement inspir\u00e9 les nouvelles dispositions sur la qualit\u00e9 pour agir de la <i>Loi canadienne sur l\u2019\u00e9valuation environnementale (2012), LC 2012<\/i>, adopt\u00e9e en 2012 dans le cadre des mesures l\u00e9gislatives de mise en \u0153uvre du budget f\u00e9d\u00e9ral, la <i>Loi sur l\u2019emploi, la croissance et la prosp\u00e9rit\u00e9 durable<\/i><a href=\"#f27\"><sup>27<\/sup><\/a>. Il s\u2019agit d\u2019une loi complexe et je ne m\u2019attarderai pas sur tous les d\u00e9tails. Je vous soulignerai simplement que le l\u2019aspect le plus controvers\u00e9 et potentiellement le plus limitatif des dispositions de la nouvelle Loi sur la qualit\u00e9 pour agir concerne les audiences devant le Comit\u00e9 de l\u2019Office \u00a0national \u00a0de \u00a0l\u2019\u00e9nergie \u00a0et la Commission d\u2019examen et d\u2019\u00e9valuation en mati\u00e8re d\u2019environnement dans le cadre de certains projets, y compris, par exemple, les demandes li\u00e9es aux pipelines. Les \u00ab parties int\u00e9ress\u00e9es \u00bb \u00a0ont \u00a0la \u00a0possibilit\u00e9 \u00a0de \u00a0participer \u00e0 de tels projets<a href=\"#f28\"><sup>28<\/sup><\/a>. Il convient de souligner qu\u2019aux termes de l\u2019article 2(a), une personne est une \u00ab partie int\u00e9ress\u00e9e \u00bb si l\u2019organisme de r\u00e9glementation estime que la personne est<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>\u2026 directement vis\u00e9e par la r\u00e9alisation du projet ou &#8230;poss\u00e8de des renseignements pertinents ou une expertise appropri\u00e9e.<\/p>\n<p>Aux termes de l\u2019 <i>A<\/i><i>r<\/i><i>ticle 55.2 Guidance \u2013 Participation in a Facilities Hearing<\/i><a href=\"#f29\"><sup>29<\/sup><\/a>, qui exige d\u00e9sormais que quiconque d\u00e9sire avoir le droit de participer \u00e0 un projet d\u00e9sign\u00e9, remplisse un formulaire de demande de dix pages afin de fournir des renseignements visant \u00e0 \u00e9tablir qu\u2019il fait partie de l\u2019une des deux cat\u00e9gories d\u00e9finies \u00e0 l\u2019article 2(a).<\/p>\n<p>Bien que cette nouvelle l\u00e9gislation ait \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e en r\u00e9ponse \u00e0 plus de 4000 inscriptions pour des \u00a0droits \u00a0de \u00a0participation \u00a0dans \u00a0le cadre d\u2019audiences sur le projet de pipeline Northern Gateway, nous\u00a0 n\u2019avons\u00a0 pas\u00a0 encore la preuve que les nouvelles exigences sont aussi restreignantes que le pr\u00e9disent plusieurs groupes environnementaux. Il y a, \u00e0 cet \u00e9gard, trois aspects \u00e0 souligner : 1. L\u2019octroi de qualit\u00e9 pour agir est \u00a0exprim\u00e9e \u00a0en \u00a0termes \u00a0subjectifs et sera sujet \u00e0 la discr\u00e9tion de l\u2019organisme de r\u00e9glementation; 2. La \u00a0premi\u00e8re \u00a0cat\u00e9gorie, \u00a0\u00e0 la diff\u00e9rence de la loi albertaine, n\u2019exige pas que soit d\u00e9montr\u00e9 un effet pr\u00e9judiciable, mais seulement un effet direct; une d\u00e9finition possiblement plus large; 3. et l\u2019aspect possiblement le plus important \u00e0 \u00a0souligner est que la deuxi\u00e8me cat\u00e9gorie \u00e0 l\u2019article 2(a) pr\u00e9sente le nouveau concept, potentiellement large (tant dans les syst\u00e8mes de droit statutaire que dans les syst\u00e8mes de Common Law) des personnes poss\u00e9dant \u00ab des renseignements pertinents ou une expertise appropri\u00e9e \u00bb. Peut- \u00eatre \u00e9ventuellement et contrairement \u00e0 ce que semblaient \u00eatre les intentions du gouvernement, cette formule statutaire \u00e9largira-t-elle, au lieu de restreindre, les possibilit\u00e9s de participation dans le cadre de projet d\u00e9sign\u00e9s!<\/p>\n<h2>3.\u00a0\u00a0 Interrogatoire pr\u00e9alable et divulgation<a href=\"#f30\"><sup>30<\/sup><\/a><\/h2>\n<p>La Common Law sur la divulgation par les tribunaux et organismes administratifs et, notamment, la proc\u00e9dure de divulgation pr\u00e9alable \u00e0 l\u2019audience, n\u2019est \u00e9tonnamment pas tr\u00e8s \u00e9toff\u00e9e. En ce qui concerne les organismes de r\u00e9glementation qui ont un vaste mandat d\u2019int\u00e9r\u00eat public et qui appliquent des r\u00e8glements \u00e9conomiques, la Common Law n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s explicite sur la mesure dans laquelle ces types de tribunaux doivent, au cours de l\u2019\u00e9tape de divulgation pr\u00e9alable \u00e0 l\u2019audience, fournir des documents qu\u2019ils d\u00e9tiennent, notamment des rapports du personnel et d\u2019autres d\u00e9clarations de principes<a href=\"#f31\"><sup>31<\/sup><\/a>. En effet, ceci \u00e9tait le cas m\u00eame dans le cadre de \u00a0proc\u00e9dures \u00a0de \u00a0conformit\u00e9 ou d\u2019application r\u00e9glementaire<a href=\"#f32\"><sup>32<\/sup><\/a>. C\u2019est aussi presque s\u00fbrement le cas pour les organismes majeurs de r\u00e9glementation qui ont \u00e9labor\u00e9 des principes de divulgation pr\u00e9alable \u00e0 l\u2019audience au moyen de r\u00e8gles et pratiques de proc\u00e9dure, souvent avec la participation des parties int\u00e9ress\u00e9es et g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 \u00a0la \u00a0satisfaction de celles-ci<a href=\"#f33\"><sup>33<\/sup><\/a>. Je pr\u00e9sume \u00e9galement que les demandes d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019information ont pouss\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9laboration de ces r\u00e8gles et pratiques face \u00e0 toute r\u00e9ticence \u00e0 fournir toute la divulgation requise.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>Je n\u2019insisterai donc pas sur ce point, mais je voudrais simplement souligner que la Cour supr\u00eame, dans \u00a0un \u00a0contexte \u00a0fort \u00a0diff\u00e9rent, a soulign\u00e9 l\u2019importance pour les autorit\u00e9s statutaires de faciliter la participation en fournissant aux parties l\u2019acc\u00e8s, pr\u00e9alablement \u00e0 l\u2019audience, aux documents entre les mains du d\u00e9cideur qui sont essentiels \u00e0 l\u2019habilet\u00e9 de ces parties \u00e0 d\u00e9battre des points en litige jug\u00e9s importants pour le tribunal. Il s\u2019agit, dans l\u2019arr\u00eat <i>M<\/i><i>ay c. \u00c9tablissement Ferndale<\/i><a href=\"#f34\"><sup>34<\/sup><\/a>, d\u2019une d\u00e9cision de transf\u00e9rer des d\u00e9tenus \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du syst\u00e8me carc\u00e9ral et la documentation en question est une matrice de notation utilis\u00e9e pour d\u00e9terminer la cote de s\u00e9curit\u00e9 et les conditions de d\u00e9tention. Bien que la Cour ait rejet\u00e9<a href=\"#f35\"><sup>35<\/sup><\/a> la demande d\u2019obligations de divulgation trop g\u00e9n\u00e9rale faite aux avocats dans un cadre d\u2019accusations criminelles, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019arr\u00eat <i>R. c. Stinchcombe<\/i><a href=\"#f36\"><sup>36<\/sup><\/a>, elle a reconnu que le d\u00e9tenu avait droit, pour des raisons d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale, \u00e0 la matrice en question. Bien que cet arr\u00eat ait \u00e9t\u00e9 rendu dans un tout autre cadre que celui des organismes de \u00a0r\u00e9glementation qui doivent rendre des d\u00e9cisions majeures, polycentriques, ou appliquer des r\u00e8glements d\u2019ordre \u00e9conomique dans l\u2019int\u00e9r\u00eat \u00a0public<a href=\"#f37\"><sup>37<\/sup><\/a>, ce jugement de la Cour supr\u00eame \u00a0d\u00e9montre une grande g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9gard des droits de divulgation.<\/p>\n<p>Ceci pourrait \u00e9galement indiquer que la Cour serait moins ouverte aux arguments qui l\u2019ont emport\u00e9 en 1980 dans l\u2019arr\u00eat <i>P<\/i><i>r<\/i><i>ocureur g\u00e9n\u00e9ral du Canada c. Inuit Tapirisat et autre<\/i><a href=\"#f38\"><sup>38<\/sup><\/a>, o\u00f9, aux fins d\u2019obtenir des documents dans le but de participer \u00e0 un\u00a0 appel\u00a0 interjet\u00e9\u00a0 au\u00a0 Cabinet\u00a0 , la Cour a apparemment conclu que ceux qui travaillent \u00e0 l\u2019\u00e9laboration de politiques sur une vaste \u00e9chelle agissaient \u00e0 titre de l\u00e9gislateurs et n\u2019\u00e9taient pas li\u00e9s par les principes tr\u00e8s stricts d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale. Je ne crois pas que nous puissions encore nous appuyer sur ce jugement, sauf dans le cas bien pr\u00e9cis d\u2019appels au Cabinet. Il est \u00e9galement \u00e9vident que la Cour supr\u00eame sera probablement plus dispos\u00e9e \u00e0 reconna\u00eetre des demandes pour une plus vaste divulgation lorsqu\u2019un organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie doit travailler \u00a0\u00e0 \u00a0appliquer ou \u00e0 faire respecter des politiques et o\u00f9 il y a<i> <\/i>possibilit\u00e9 de sanctions, y compris des peines p\u00e9cuniaires et des pertes de licences.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>Bien que la question se complique lorsqu\u2019il s\u2019agit de l\u2019utilisation par un organisme de r\u00e9glementation de son pouvoir d\u2019exiger que soient pr\u00e9sent\u00e9s certains renseignements (de son propre chef ou \u00e0 \u00a0la \u00a0demande \u00a0de \u00a0l\u2019une des parties) et des droits d\u2019acc\u00e8s des parties \u00e0 ces renseignements (contrairement aux renseignements pr\u00e9sent\u00e9s par l\u2019organisme lui- m\u00eame), le crit\u00e8re normal pour une ordonnance de production de \u00a0tels \u00a0renseignements \u00a0sera le crit\u00e8re de la pertinence de ceux-ci<a href=\"#f39\"><sup>39<\/sup><\/a>. En outre, une fois les documents pr\u00e9sent\u00e9s, la pr\u00e9somption g\u00e9n\u00e9rale sera \u00e0 l\u2019effet que les autres parties et les intervenants auront le droit d\u2019exiger la production de ces documents en invoquant des principes d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale et d\u2019acc\u00e8s \u00e0 des renseignements possiblement pertinents<a href=\"#f40\"><sup>40<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>L\u2019arr\u00eat <i>R<\/i><i>e Toronto Hydro-Electric System Ltd<\/i>.<a href=\"#f41\"><sup>41<\/sup><\/a> confirme ces d\u00e9cisions dans le cadre de la r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie, o\u00f9 la Commission de l\u2019\u00e9nergie de l\u2019Ontario, apr\u00e8s avoir examin\u00e9 la loi applicable, a \u00a0conclu que m\u00eame si l\u2019arr\u00eat <i>S<\/i><i>tinchcombe <\/i>ne \u00a0pouvait \u00eatre appliqu\u00e9 dans le \u00a0cadre \u00a0de \u00a0proc\u00e9dures de conformit\u00e9 (ne menant pas \u00e0 la perte de licence)<a href=\"#f42\"><sup>42<\/sup><\/a>, \u00a0la \u00a0partie \u00a0vis\u00e9e \u00a0par \u00a0les \u00a0proc\u00e9dures avait n\u00e9anmoins droit \u00e0 la divulgation de tous les documents que la Commission avait en sa possession qui \u00e9taient pertinents \u00e0 l\u2019objet de l\u2019audience, et non seulement \u00e0 la divulgation des documents sur lesquels \u00a0l\u2019avocat \u00a0charg\u00e9 de la conformit\u00e9 pr\u00e9voyait s\u2019appuyer. La Commission a toutefois rejet\u00e9 la demande de la soci\u00e9t\u00e9 vis\u00e9e pour une ordonnance exigeant la production d\u2019autres renseignements qui \u00e9taient entre les mains de tiers . La demande \u00e9tait trop g\u00e9n\u00e9rale et manquait de pr\u00e9cision. En rendant sa d\u00e9cision, la Commission a d\u00e9clar\u00e9 :<\/p>\n<p>Il rel\u00e8ve certes de la comp\u00e9tence de la Commission d\u2019ordonner \u00e0 des tiers de produire des documents, mais cette \u00e9tape inhabituelle ne peut \u00eatre franchie que lorsque les documents vis\u00e9s sont clairement pertinents et que leur divulgation ne cause pas de pr\u00e9judice et n\u2019impose pas un fardeau indu aux tiers<a href=\"#f44\"><sup>44<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>En somme, l\u2019ex\u00e9cution de mandats de r\u00e9glementation \u00e0 large port\u00e9e tireront rarement profit \u00a0d\u2019une \u00a0r\u00e9sistance \u00a0soutenue \u00a0\u00e0\u00a0 \u00a0l\u2019acc\u00e8s par les parties concern\u00e9es aux documents pertinents, sauf lorsque la s\u00e9curit\u00e9 nationale est en jeu ou qu\u2019il existe d\u2019autres motifs l\u00e9gitimes gouvernementaux et dans l\u2019int\u00e9r\u00eat public visant \u00e0 prot\u00e9ger la confidentialit\u00e9, lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019autres formes de privil\u00e8ges relatifs \u00e0 la preuve ou du besoin de prot\u00e9ger le caract\u00e8re confidentiel de renseignements fournis par ceux qui sont vis\u00e9s par le r\u00e8glement (comme emp\u00eacher les concurrents d\u2019acc\u00e9der \u00e0 des donn\u00e9es cruciales)<a href=\"#f45\"><sup>45<\/sup><\/a>. Il faudrait \u00e9galement ajouter \u00e0 la liste d\u2019exceptions, \u00a0les \u00a0tentatives par certaines parties vis\u00e9es par les proc\u00e9dures, d\u2019obtenir \u00a0des \u00a0ordonnances \u00a0de \u00a0production qui ne sont pas suffisamment pr\u00e9cises ou sp\u00e9cifiques et qui ne sont, somme toute, que des \u00ab interrogatoires \u00e0 l\u2019aveuglette \u00bb<a href=\"#f46\"><sup>46<\/sup><\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<h2>4.\u00a0\u00a0 Proc\u00e9dures pr\u00e9alables \u00e0 l\u2019audience<\/h2>\n<p>Les r\u00e9gimes de divulgation et de communication pr\u00e9alables \u00e0 l\u2019audience ne sont qu\u2019un exemple des m\u00e9thodes utilis\u00e9es pour assurer le d\u00e9roulement exp\u00e9ditif des audiences. Gr\u00e2ce aux dispositions explicites de leurs lois et de leurs r\u00e8gles de pratique et de proc\u00e9dures habilitantes, les dispositions dans les lois de proc\u00e9dure g\u00e9n\u00e9rale, comme la <i>Loi sur l\u2019exercice des comp\u00e9tences l\u00e9gales<\/i><a href=\"#f47\"><sup>47<\/sup><\/a>, ontarienne et gr\u00e2ce \u00e0 leur habilet\u00e9 \u00e0 contr\u00f4ler leurs propres proc\u00e9dures, les organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie ont la capacit\u00e9 de mettre en \u0153uvre diverses formes de proc\u00e9dures pr\u00e9alables \u00e0 l\u2019audience destin\u00e9es \u00e0 rendre leurs audiences plus efficaces et mieux cibl\u00e9es. La pr\u00e9sentation de preuves pr\u00e9liminaires, et notamment les rapports d\u2019experts, les conf\u00e9rences visant \u00e0 d\u00e9finir et \u00e0 pr\u00e9ciser les faits et les questions juridiques en litige, l\u2019entente sur les expos\u00e9s de faits convenus, m\u00eames les tentatives informelles pour r\u00e9gler pr\u00e9alablement \u00e0 l\u2019audience toutes les questions en litige ou une partie d\u2019entre elles et fixer des limites sur ce qui se passera \u00e0 l\u2019audience tant en ce qui a trait \u00e0 la port\u00e9e et \u00e0 la dur\u00e9e de celle-ci, en plus d\u2019autres moyens qui, utilis\u00e9s de fa\u00e7on judicieuse, peuvent grandement aider l\u2019organisme de r\u00e9glementation \u00e0 bien s\u2019acquitter de son mandat.<\/p>\n<h2>5.\u00a0\u00a0 Judiciarisation excessive<\/h2>\n<p>Il peut sembler quelque peu fallacieux de soutenir d\u2019une part le besoin de renforcer les obligations de divulgation et \u00a0d\u2019autre \u00a0part, de mettre en garde contre la judiciarisation excessive. Il y a cependant une diff\u00e9rence entre fournir un acc\u00e8s lib\u00e9ral \u00e0 tous les documents pertinents avant et pendant l\u2019audience et tenir une audience o\u00f9 l\u2019on reconna\u00eet que les proc\u00e9dures de cette nature que tiennent les organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie dans les audiences ne sont pas des proc\u00e8s criminels ou civils et que les questions en litige se pr\u00eateront souvent d\u2019elles-m\u00eames \u00e0 une r\u00e9solution au moyen de techniques autres que les proc\u00e8s judiciaires traditionnels.<\/p>\n<p>Ici, encore une fois, je pr\u00e9sume que la plupart des organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie ont bien reconnu cette r\u00e9alit\u00e9 \u00a0et ont trouv\u00e9 d\u2019autres techniques dans le cadre d\u2019audiences sur l\u2019\u00e9laboration de r\u00e8glements portant sur les avis et les commentaires. \u00c0 d\u00e9faut de quoi ces questions de conception seront soulev\u00e9es au cours du processus de planification pr\u00e9alable \u00e0 l\u2019audience pour certaines requ\u00eates.<\/p>\n<p>Cependant, il peut \u00eatre profitable de sugg\u00e9rer que ceci repr\u00e9sente un d\u00e9fi permanent, notamment lorsque de nouvelles dimensions surgissent, comme les droits proc\u00e9duraux des peuples autochtones dont les droits et int\u00e9r\u00eats sont touch\u00e9s par des audiences administratives. Il faudra toujours avoir recours \u00e0 des solutions cr\u00e9atives et coop\u00e9ratives pendant que le processus de r\u00e9glementation continue \u00e0 \u00e9voluer, qu\u2019il devient v\u00e9ritablement plus complexe et que les divers syst\u00e8mes se recoupent de plus en plus, et les pressions pour la participation d\u2019intervenants continuent de se faire sentir avec toute initiative importante en mati\u00e8re de r\u00e9glementation.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<h2 style=\"text-align: left;\" align=\"center\">6.\u00a0\u00a0 Preuve<\/h2>\n<p>Bien qu\u2019il soit difficile d\u2019\u00e9mettre des r\u00e8gles g\u00e9n\u00e9rales sur la preuve r\u00e9gissant les tribunaux et organismes administratifs, dans l\u2019arr\u00eat <i>R. v. Deputy Industrial Injuries Commissioner<\/i><a href=\"#f48\"><sup><i>48<\/i><\/sup><\/a>, dans un passage qui s\u2019est impos\u00e9 de lui-m\u00eame aux auteurs de l\u2019un des textes les plus importants en droit administratif au Canada<a href=\"#f49\"><sup>49<\/sup><\/a>, le Lord juge (comme il s\u2019appelait \u00e0 l\u2019\u00e9poque) Diplock \u00e9nonce une liste de principes applicables dans la plupart des cadres :<\/p>\n<p>i) Les tribunaux administratifs ne sont pas li\u00e9s par les r\u00e8gles de la preuve applicables aux tribunaux judiciaires;<\/p>\n<p>ii) Ils ne sont pas contraints \u00e0 agir seulement selon la r\u00e8gle de la \u00ab meilleure preuve \u00bb;<\/p>\n<p>iii) Leurs d\u00e9cisions doivent toutefois s\u2019appuyer sur des documents qui \u00ab d\u00e9montrent logiquement l\u2019existence ou la non- existence de faits pertinents \u00e0 l\u2019objet du litige ou qui d\u00e9montrent la probabilit\u00e9 ou l\u2019improbabilit\u00e9 que se produise \u00e9ventuellement un \u00e9v\u00e9nement qui serait pertinent au litige \u00bb;<\/p>\n<p>iv) Toute preuve \u00e0 l\u2019appui doit avoir une valeur probante;<\/p>\n<p>v) Pourvu que la preuve ne s\u2019\u00e9loigne pas trop des mises en garde aux sous-paragraphes iii et iv, le poids \u00e0 attribuer \u00e0 cette preuve rel\u00e8vera du d\u00e9cideur.<\/p>\n<p>En pratique, cela veut dire que, par comparaison \u00a0avec \u00a0les \u00a0tribunaux \u00a0ordinaires, les tribunaux administratifs peuvent plus facilement admettre la preuve par ou\u00ef-dire, prendre connaissance d\u2019office de faits et ne pas rechercher uniquement la meilleure \u00a0preuve ou celle qui est la plus exacte<a href=\"#f50\"><sup>50<\/sup><\/a>; ils peuvent \u00e9galement \u00eatre plus flexibles dans la fa\u00e7on de pr\u00e9senter ou de produire la preuve et avoir plus de latitude dans l\u2019utilisation qu\u2019ils font des t\u00e9moins-experts.<\/p>\n<p>En outre, bien qu\u2019il y ait des situations, telle que la discipline professionnelle, o\u00f9 les r\u00e8gles sur la preuve de tribunaux normaux seront beaucoup plus pertinentes ou \u00a0appropri\u00e9es, les principes du juge Diplock sont ceux sur lesquels les organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie peuvent presque en tout temps s\u2019appuyer. Dans les demandes de contr\u00f4le judiciaire et dans les appels pr\u00e9vus par la loi, les tribunaux traitent habituellement les questions portant sur la preuve comme \u00a0des \u00a0questions qui rel\u00e8vent de la comp\u00e9tence de l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie. La d\u00e9claration suivante du juge Iacobucci dans le jugement de la Cour supr\u00eame du Canada qu\u2019il a rendu dans l\u2019arr\u00eat <i>Q<\/i><i>u\u00e9bec (Procureur g\u00e9n\u00e9ral) c. Canada (Office national de l\u2019\u00e9nergie) <\/i>:<\/p>\n<p>Dans l\u2019exercice de sa fonction d\u00e9cisionnelle, l\u2019Office a le pouvoir discr\u00e9tionnaire de d\u00e9terminer la preuve qui est pertinente relativement \u00e0 sa d\u00e9cision. On n\u2019a pas d\u00e9montr\u00e9 en l\u2019esp\u00e8ce que ce pouvoir a \u00e9t\u00e9 exerc\u00e9 ill\u00e9gitimement de fa\u00e7on \u00e0 entra\u00eener une divulgation insuffisante aux appelants<a href=\"#f51\"><sup>51<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>En effet, bien que la Cour supr\u00eame du Canada adopte habituellement le point de vue que l\u2019exactitude doit servir de norme pour \u00e9valuer les \u00a0all\u00e9gations \u00a0d\u2019iniquit\u00e9 \u00a0proc\u00e9durale<a href=\"#f52\"><sup>52<\/sup><\/a>,\u00a0 \u00a0il est clair que les tribunaux n\u2019examinent pas l\u2019exercise de la discr\u00e9tion sur les questions li\u00e9es \u00e0 la preuve \u00e0 la lumi\u00e8re de cette norme. Le caract\u00e8re raisonnable des all\u00e9gations aura plut\u00f4t la cote dans l\u2019univers post-<i>Dunsmuir<\/i><a href=\"#f53\"><sup>53<\/sup><\/a>. En outre, d\u00e9terminer si ces all\u00e9gations sont de nature d\u00e9raisonnable ne signifie pas que \u00ab la cour de r\u00e9vision [doive] r\u00e9\u00e9valuer la preuve \u00bb<a href=\"#f54\"><sup>54<\/sup><\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>Une telle approche fait \u00e9galement l\u2019objet de dispositions l\u00e9gislatives dans certains ressorts juridiques; celles-ci peuvent \u00eatre de nature g\u00e9n\u00e9rale ou s\u2019appliquer uniquement aux organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie. Ainsi, aux termes de l\u2019article 9 de l\u2019<i>A<\/i><i>dministrative Procedures and Jurisdiction Act <\/i>de l\u2019Alberta<a href=\"#f55\"><sup>55<\/sup><\/a>, une loi qui s\u2019applique \u00e0 la plupart des organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie (mais non au nouvel organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie), il est pr\u00e9vu qu\u2019il n\u2019est pas n\u00e9cessaire que la preuve soit donn\u00e9e sous serment et que les d\u00e9cideurs \u00e0 qui s\u2019applique la Loi ne sont pas tenus d\u2019adh\u00e9rer aux r\u00e8gles sur la preuve applicables aux proc\u00e9dures criminelles et civiles. L\u2019article 18 de la <i>A<\/i><i>lberta Utilities Commission Act<\/i><a href=\"#f56\"><sup>56<\/sup><\/a> et l\u2019article 47 de la <i>R<\/i><i>esponsible Energy Development Act <\/i>vont dans le m\u00eame sens<a href=\"#f57\"><sup>57<\/sup><\/a>. Ils stipulent que ni l\u2019<i>A<\/i><i>lberta Utilities Commission <\/i>ni <i>l<\/i><i>\u2019Alberta Energy Regulator <\/i>ne sont li\u00e9s \u00a0par \u00a0les \u00a0r\u00e8gles sur la preuve qui s\u2019appliquent aux proc\u00e9dures judiciaires. En fait, les seuls autres renvois directs \u00e0 la preuve dans l\u2019<i>A<\/i><i>dministrative Procedures and Jurisdiction Act <\/i>se trouvent \u00e0 l\u2019article 4, qui exige une chance raisonnable de fournir des preuves, tant de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale<a href=\"#f58\"><sup>58<\/sup><\/a> que dans le cadre de r\u00e9ponses \u00e0 fournir sur les documents entre les mains du d\u00e9cideur, et l\u2019article 5 qui permet le contre-interrogatoire lorsque celui-ci s\u2019av\u00e8re n\u00e9cessaire pour obtenir des r\u00e9ponses ou pour examiner les \u00e9l\u00e9ments de preuve. Outre ces dispositions, le pouvoir l\u00e9gislatif a accord\u00e9 l\u2019autorit\u00e9 \u00e0 la Commission ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie, aux articles 76(1)(e) et 61, respectivement, \u00a0de \u00a0leurs\u00a0 \u00a0lois\u00a0 \u00a0constitutives, le pouvoir d\u2019adopter des r\u00e8gles de pratique r\u00e9gissant la proc\u00e9dure et les audiences<a href=\"#f59\"><sup>59<\/sup><\/a>. En exer\u00e7ant ce pouvoir, la Commission, \u00e0 l\u2019article 1 de ses R\u00e8gles de pratique, a stipul\u00e9 que<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>Ces r\u00e8gles doivent \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9es de fa\u00e7on lib\u00e9rale dans l\u2019int\u00e9r\u00eat public pour assurer que la d\u00e9cision rendue sur le fond soit la plus juste, la plus rapide et la plus exp\u00e9ditive possible dans chaque instance devant la Commission.<\/p>\n<p>En Ontario, la Commission de l\u2019\u00e9nergie de l\u2019Ontario est habituellement r\u00e9gie par la <i>Loi sur l\u2019exercice des comp\u00e9tences l\u00e9gales<\/i><a href=\"#f60\"><sup>60<\/sup><\/a>, et l\u2019article 15 de cette loi pr\u00e9voit, en partie, ce qui suit :<\/p>\n<p>(1) Sous r\u00e9serve des paragraphes (2) et (3), le tribunal peut admettre \u00a0en \u00a0preuve au cours d\u2019une audience, qu\u2019ils soient ou non offerts sous serment ou sous affirmation solennelle et qu\u2019ils soient ou non recevables en justice,<\/p>\n<p>(a) des preuves testimoniales;<\/p>\n<p>(b)\u00a0 des \u00e9crits et des objets, qui sont pertinents \u00e0 l\u2019objet de l\u2019instance m\u00eame et peut fonder sa d\u00e9cision sur eux. Il peut toutefois exclure ce qui est inutilement r\u00e9p\u00e9titif.<\/p>\n<p>(2)\u00a0 Est inadmissible en preuve au cours d\u2019une audience :<\/p>\n<p>(a) ce qui serait inadmissible en preuve devant un tribunal judiciaire en raison d\u2019un privil\u00e8ge reconnu en droit de la preuve<a href=\"#f61\"><sup>61<\/sup><\/a>; ou<\/p>\n<p>(b) ce qui est inadmissible en vertu de la loi qui donne lieu \u00e0 l\u2019instance ou d\u2019une autre loi.<\/p>\n<p>(3)Rien dans le paragraphe (1) ne l\u2019emporte sur les dispositions d\u2019une loi qui limite express\u00e9ment la mesure dans laquelle des preuves testimoniales, des \u00e9crits ou des objets peuvent \u00eatre admis ou utilis\u00e9s en preuve dans une instance ou les fins auxquelles ils peuvent l\u2019\u00eatre.<\/p>\n<p>Il en r\u00e9sulte que les organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie sont dot\u00e9s de larges pouvoirs discr\u00e9tionnaires sur les questions li\u00e9es \u00e0 la preuve et que les tribunaux d\u2019instance sup\u00e9rieure et les tribunaux d\u2019appel font preuve de retenue \u00e0 cet \u00e9gard. Il y a toutefois des limites. Ainsi, il pourra y avoir davantage de contraintes sur le pouvoir discr\u00e9tionnaire d\u2019un tribunal lorsqu\u2019il s\u2019agit de proc\u00e9dures d\u2019application ou de conformit\u00e9 r\u00e9glementaire pouvant entra\u00eener des sanctions, telles les amendes et la perte de licence et de privil\u00e8ges. En outre, comme l\u2019indique clairement le Lord juge Diplock, les concepts tels la pertinence<a href=\"#f62\"><sup>62<\/sup><\/a> et la valeur probante imposeront habituellement des limites aux tribunaux et ce, \u00a0quelle \u00a0que soit l\u2019autorit\u00e9 dont ils disposent de ne pas adh\u00e9rer \u00e0 toute la panoplie des principes et r\u00e8gles applicables aux instances judiciaires. Ces limites peuvent \u00e9galement rev\u00eatir une forme constitutionnelle ou quasi-constitutionnelle, telles les r\u00e8gles \u00a0sur \u00a0les \u00a0privil\u00e8ges \u00a0relatifs \u00a0\u00e0 la preuve<a href=\"#f63\"><sup>63<\/sup><\/a> ou \u00eatre impos\u00e9es au nom de \u00ab l\u2019application r\u00e9guli\u00e8re de la loi \u00bb, conform\u00e9ment aux articles 1(a) de la <i>D<\/i><i>\u00e9claration des droits de l\u2019Alberta <\/i>et de la <i>D<\/i><i>\u00e9claration canadienne des droits<\/i>, aux r\u00e8gles statutaires ou aux r\u00e8gles de Common Law selon lesquelles les organismes de r\u00e9glementation ne sont pas li\u00e9s par les r\u00e8gles normales sur la preuve<a href=\"#f64\"><sup>64<\/sup><\/a>. Plus fr\u00e9quemment, toutefois, une \u00a0cour \u00a0de \u00a0r\u00e9vision \u00a0sera \u00a0appel\u00e9e \u00e0 r\u00e9viser les d\u00e9cisions sur la preuve d\u2019un tribunal en fonction dans le cas de violation des principes d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale ou d\u2019autres fautes en mati\u00e8re de droit administratif qui ne tiennent pas compte des \u00e9l\u00e9ments pertinents et qui tiennent compte de ceux qui ne le sont pas.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>Dans un cadre de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie, <i>Sarg Oils Ltd. v. Alberta (Energy and Utilities Board)<\/i><a href=\"#f65\"><sup>65<\/sup><\/a> offre un excellent\u00a0 exemple. En\u00a0 \u00a0accordant\u00a0 \u00a0le\u00a0 \u00a0droit\u00a0 \u00a0d\u2019interjeter\u00a0 \u00a0l\u2019appel d\u2019une ordonnance qui obligeait Sarg Oils \u00e0 abandonner des puits et d\u2019autres installations, le juge de la Cour d\u2019appel a conclu<a href=\"#f66\"><sup>66<\/sup><\/a> que la Commission, en refusant d\u2019admettre certaines preuves, avait mal \u00e9valu\u00e9 la port\u00e9e de la demande du requ\u00e9rant et l\u2019avait ainsi priv\u00e9 d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale, ce qui constituait un \u00ab argument tout \u00e0 fait d\u00e9fendable \u00bb<a href=\"#f67\"><sup>67<\/sup><\/a>. En d\u2019autres termes, la d\u00e9cision de la Commission d\u00e9passait son autorit\u00e9 discr\u00e9tionnaire en mati\u00e8re de preuve puisqu\u2019elle avait mal compris l\u2019enjeu en cause et avait ainsi omis d\u2019entendre le requ\u00e9rant. Il faudrait cependant ajouter que les distinctions ne s\u2019\u00e9tablissent pas toujours aussi ais\u00e9ment et que, par cons\u00e9quent, la t\u00e2che de diff\u00e9rencier entre une d\u00e9cision discr\u00e9tionnaire sur la preuve et les autres formes d\u2019erreurs sera \u00e0 la fois difficile et fera souvent l\u2019objet de controverses<a href=\"#f68\"><sup>68<\/sup><\/a>.<\/p>\n<h2>7.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Avocats, parties et intervenants indisciplin\u00e9s<\/h2>\n<p>Il suffira cependant pour les organismes administratifs de prendre conscience des pressions de judiciarisation et d\u2019\u00e9laborer des techniques proc\u00e9durales qui servent d\u2019antidote \u00e0 ces pressions. Entre l\u2019\u00e9laboration de r\u00e8gles sur la proc\u00e9dure et la dynamique m\u00eame de la salle d\u2019audience, une autre dimension \u00e9mergera : la capacit\u00e9 des avocats, notamment, mais aussi des t\u00e9moins, des parties \u00a0et \u00a0des \u00a0intervenants de prendre en charge ou de changer la physionomie de l\u2019audience. Sans un leadership fort et des interventions d\u00e9cisives fr\u00e9quentes, notamment de la part de la personne qui pr\u00e9side le comit\u00e9 d\u2019audience, les audiences peuvent s\u2019\u00e9garer et perdre un temps pr\u00e9cieux \u00e0 se pencher sur des documents peu pertinents ou totalement d\u00e9nu\u00e9s de pertinence. Il faut porter une attention particuli\u00e8re \u00e0 la \u00a0qualification des experts et limiter de fa\u00e7on appropri\u00e9e les t\u00e9moignages d\u2019experts. Les comit\u00e9s d\u2019audience doivent aussi prendre conscience du fait que les retards et les distractions sont souvent dus \u00e0 une pr\u00e9paration insuffisante de la part des avocats, voire de leur insouciance \u00e0 l\u2019\u00e9gard des retards caus\u00e9s. Comme dans les instances devant d\u2019autres tribunaux, il y a, en outre, le probl\u00e8me des participants qui ne sont \u00a0pas \u00a0repr\u00e9sent\u00e9s par un avocat ou qui sont repr\u00e9sent\u00e9s par un avocat inexp\u00e9riment\u00e9. Toutes ces situations doivent \u00eatre pr\u00e9vues et des strat\u00e9gies \u00e9labor\u00e9es afin qu\u2019elles soient g\u00e9r\u00e9es et que l\u2019audience se d\u00e9roule harmonieusement.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>Les participants peuvent \u00e9videmment venir \u00e0 bout de la patience m\u00eame des arbitres les plus tol\u00e9rants<a href=\"#f69\"><sup>69<\/sup><\/a>. En outre, il faut toutefois r\u00e9sister \u00e0 la tentation d\u2019entrer dans l\u2019ar\u00e8ne et d\u2019engager le combat contre les avocats, les parties, les intervenants ou les t\u00e9moins indisciplin\u00e9s comme ceux-ci l\u2019entendent. Bien qu\u2019il existe tr\u00e8s peu d\u2019exemples de demandes de contr\u00f4le judiciaire dont la r\u00e9ussite est attribuable au travail des arbitres (ou encore des avocats affect\u00e9s au tribunal) lors d\u2019audiences<a href=\"#f70\"><sup>70<\/sup><\/a>, il n\u2019en reste pas moins que la courtoisie doubl\u00e9e de fermet\u00e9 est presque toujours la meilleure approche. M\u00eame si des sautes d\u2019humeur occasionnelles peuvent \u00eatre accueillies avec indulgence par une cour de r\u00e9vision, une hostilit\u00e9 \u00a0soutenue \u00a0\u00e0 \u00a0l\u2019\u00e9gard de quelque participant que ce soit durant l\u2019audience ne sera probablement pas tol\u00e9r\u00e9e. Il importe \u00e9galement de ne pas accueillir certaines prises de position ou argumentations avec une antipathie \u00e9vidente en d\u00e9montrant sa mauvaise humeur \u00e0 cet \u00e9gard, ou m\u00eame de l\u2019irritation et de l\u2019impatience. Aux antipodes de ces manifestations ouvertes d\u2019hostilit\u00e9, il y a, par contre, des arbitres dont le comportement inappropri\u00e9 prend la forme de favoritisme et de flatterie. En somme, les arbitres doivent, d\u2019une part, essayer de trouver un bon \u00e9quilibre entre le besoin de garder le contr\u00f4le sur l\u2019audience et de progresser \u00e0 un rythme appropri\u00e9 et d\u2019autre part, le besoin de se comporter d\u2019une mani\u00e8re conforme aux meilleures traditions du d\u00e9cideur calme, attentif et impartial.<\/p>\n<h2>8.\u00a0\u00a0 Contestations li\u00e9es \u00e0 la partialit\u00e9 \u2013 \u00c0 qui incombe la responsabilit\u00e9 ?<\/h2>\n<p>Comment les tribunaux g\u00e8rent les contestations de leurs instances qui s\u2019appuient sur une crainte raisonnable de partialit\u00e9, comme l\u2019a soulign\u00e9 la Cour d\u2019appel de Terre-Neuve dans l\u2019arr\u00eat <i>Communications, Energy and Paperworkers Union of Canada, Local 60N v. Abitibi Consolidated Company of Canada<\/i><a href=\"#f71\"><sup>71<\/sup><\/a>, est une question qui demeure sans vraie r\u00e9ponse.<\/p>\n<p>Dans le cadre d\u2019un comit\u00e9 au sein d\u2019un organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie, deux questions se posent : Le comit\u00e9 a-t-il la comp\u00e9tence d\u2019entendre une contestation en mati\u00e8re de partialit\u00e9 ? Si cela est le cas et si la contestation porte sur la participation d\u2019un membre du comit\u00e9 (plut\u00f4t que celle de tous les membres de ce comit\u00e9), qui rend la d\u00e9cision \u00e0 cet \u00e9gard, le comit\u00e9 ou le membre qui fait l\u2019objet de la contestation ?<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>Quant \u00e0 la premi\u00e8re question, la Cour d\u2019appel de Terre-Neuve, dans le cadre d\u2019un comit\u00e9 arbitral tripartite, refl\u00e9taient bien les l\u2019\u00e9quilibre de l\u2019autorit\u00e9 canadienne en la mati\u00e8re en concluant que, non seulement le tribunal est comp\u00e9tent pour rendre une d\u00e9cision sur le fond, mais qu\u2019aussi, en g\u00e9n\u00e9ral, il devrait le faire<a href=\"#f72\"><sup>72<\/sup><\/a>. Par la suite, il rel\u00e8ve de la cour de justice, dans le cadre d\u2019un contr\u00f4le judiciaire, de d\u00e9terminer, en s\u2019appuyant sur le dossier \u00e9labor\u00e9 par le tribunal sur cette question et les documents suppl\u00e9mentaires \u00e0 l\u2019appui de tout affidavit, si la d\u00e9cision du tribunal (qui rejette habituellement la requ\u00eate en r\u00e9cusation) doit \u00eatre renvers\u00e9e<a href=\"#f73\"><sup>73<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Cependant, la Cour d\u2019appel eut plus de mal \u00e0 d\u00e9terminer si la d\u00e9cision devait \u00eatre rendue collectivement par le comit\u00e9 ou par le membre particulier du comit\u00e9 qui faisait l\u2019objet de la contestation. Apr\u00e8s avoir examin\u00e9 des opinions et points de vue divergents, la Cour a conclu que cette d\u00e9cision relevait, en fait, du membre lui-m\u00eame. Elle s\u2019appuyait dans cette d\u00e9cision sur les arbitrages en mati\u00e8re de droit du travail, qui pr\u00f4nent \u00ab l\u2019efficacit\u00e9 et la r\u00e9solution rapide des griefs entre employ\u00e9s et employeurs \u00bb<a href=\"#f74\"><sup>74<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>\u00c0 mon avis, c\u2019est l\u00e0 la meilleure attitude \u00e0 adopter, tout au moins pour la plupart des tribunaux et organismes administratifs. La contestation dans un tel cas, qui est fond\u00e9e sur des faits se rapportant \u00e0 un certain arbitre et connus de celui-ci, est de nature personnelle et il est tout \u00e0 fait appropri\u00e9 que cette personne rende une d\u00e9cision \u00e0 cet \u00e9gard en premi\u00e8re instance.<\/p>\n<p>En outre, comme l\u2019a soulign\u00e9 l\u2019arr\u00eat <i>SOS-Save Our St. Clair Inc. v. Toronto (City)<\/i><a href=\"#f75\"><sup>75<\/sup><\/a>, les autres membres du comit\u00e9 ne seront pas d\u00e9pourvus de recours s\u2019ils sont en d\u00e9saccord avec la d\u00e9cision de ce membre. Dans cette affaire, o\u00f9 l\u2019un des trois juges d\u2019un comit\u00e9 de la Cour divisionnaire de l\u2019Ontario faisait l\u2019objet d\u2019une contestation, le juge en question avait rejet\u00e9 la requ\u00eate en r\u00e9cusation. Bien qu\u2019ils aient soutenu le droit de ce juge \u00e0 rendre cette d\u00e9cision de son propre chef, les deux autres juges, qui \u00e9taient en d\u00e9saccord avec lui sur cette question, d\u00e9termin\u00e8rent que, consciencieusement<a href=\"#f76\"><sup>76<\/sup><\/a>, ils ne pouvaient continuer \u00e0 agir comme membres du comit\u00e9. Ils ont donc rendu ensemble une ordonnance accueillant la requ\u00eate du requ\u00e9rant.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>Mis \u00e0 part ce type de d\u00e9saccord entre les membres d\u2019un comit\u00e9, toute contestation de la d\u00e9cision d\u2019un arbitre particulier rel\u00e8ve du contr\u00f4le judiciaire des tribunaux ordinaires. En outre, le tribunal administratif n\u2019est pas tenu d\u2019ajourner la s\u00e9ance simplement parce qu\u2019il y a menace de requ\u00eate ou parce qu\u2019une requ\u00eate a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e<a href=\"#f77\"><sup>77<\/sup><\/a>. Toutefois, comme l\u2019indiquent les faits dans l\u2019arr\u00eat <i>Committee for Justice and Liberty v. National Energy Board <\/i><a href=\"#f78\"><sup>78<\/sup><\/a>, lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une contestation s\u00e9rieuse et que l\u2019on est au tout d\u00e9but d\u2019un processus de r\u00e9glementation qui sera de longue dur\u00e9e, il peut y avoir d\u2019excellentes raisons pratiques de suspendre l\u2019audience jusqu\u2019\u00e0 ce que la question de la contestation soit r\u00e9gl\u00e9e par les tribunaux.<\/p>\n<p>Pour arriver \u00e0 conclure si seul le membre du comit\u00e9 ou le comit\u00e9 tout entier devrait se r\u00e9cuser, il est toutefois essentiel de se rappeler que les int\u00e9r\u00eats de la justice administrative sont tr\u00e8s mal desservis par une approche qui cherche trop \u00e0 m\u00e9nager les int\u00e9r\u00eats des uns et des autres. La simple all\u00e9gation de partialit\u00e9 est visiblement insuffisante et la norme qui s\u2019applique \u00e0 la personne qui demande la r\u00e9cusation est une norme tr\u00e8s exigeante. Les motifs \u00e0 cet \u00e9gard sont \u00e9vidents. Il y va de l\u2019int\u00e9r\u00eat public que les \u00a0d\u00e9cideurs \u00a0d\u00e9sign\u00e9s ne soient pas disqualifi\u00e9s d\u2019exercer le \u00a0r\u00f4le que leur a conf\u00e9r\u00e9 la loi pour des motifs peu convaincants ou discutables. C\u2019est en effet dans l\u2019int\u00e9r\u00eat public que les membres doivent s\u2019acquitter des t\u00e2ches qui leur ont \u00e9t\u00e9 confi\u00e9es. En outre, le renoncement trop rapide par suite d\u2019une requ\u00eate en r\u00e9cusation concernant un seul membre du comit\u00e9 ou le comit\u00e9 tout entier donne un avantage consid\u00e9rable aux parties qui sont \u00e0 la \u00ab recherche d\u2019un tribunal favorable \u00bb.<\/p>\n<p>Les principes sur lesquels doivent reposer ces d\u00e9cisions sont tr\u00e8s clairement \u00e9nonc\u00e9s dans l\u2019instance finale du <i>Lavesta Area Group <\/i>et de l\u2019anc\u00eatre de l\u2019<i>Alberta Utilities Commission<\/i>, l\u2019<i>Alberta Energy and Utilities Board<\/i>. La Cour d\u2019appel, dans cette affaire, a d\u2019abord soulign\u00e9 que<\/p>\n<p>[l]a norme en ce qui concerne la crainte de partialit\u00e9 est tr\u00e8s exigeante. La norme est celle de l\u2019observateur raisonnable, et non celle d\u2019une personne avec une conscience tr\u00e8s sensible ou scrupuleuse&#8230; Les motifs doivent \u00eatre des motifs s\u00e9rieux qui s\u2019appuient sur une r\u00e9elle vraisemblance ou probabilit\u00e9, et non sur un soup\u00e7on\u2026. Les simples affirmations sont insuffisantes\u2026. \u00c0 la lumi\u00e8re se son mandat l\u00e9gislatif, il y a une forte pr\u00e9somption que la Commission et ses comit\u00e9s s\u2019acquitteront de fa\u00e7on appropri\u00e9e de leurs t\u00e2ches et en toute impartialit\u00e9\u2026.<a href=\"#f79\"><sup>79<\/sup><\/a><\/p>\n<p>La Cour critiqua ensuite la position adopt\u00e9e par le pr\u00e9sident de cette Commission :<\/p>\n<p>Il est \u00e0 souligner que le pr\u00e9sident ant\u00e9rieur n\u2019avait pas uniquement song\u00e9 \u00e0 disqualifier \u00e0 l\u2019avenir tous les membres ayant d\u00e9j\u00e0 si\u00e9g\u00e9 sur des comit\u00e9s pr\u00e9alables qui avaient examin\u00e9 la question en litige. Il avait, en outre, apparemment song\u00e9 \u00e0 s\u2019abstenir de nommer des membres existants de la Commission, que ceux-ci aient particip\u00e9 ou non \u00e0 ces comit\u00e9s ant\u00e9rieurs. Cette norme d\u00e9passe largement le cadre de toute norme de Common Law sur la crainte raisonnable de partialit\u00e9<a href=\"#f80\"><sup>80<\/sup><\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>Les cons\u00e9quences d\u00e9coulant d\u2019une telle norme pour un comit\u00e9 ou pour un membre du comit\u00e9 face \u00e0 une requ\u00eate de r\u00e9cusation sont \u00e9normes!<\/p>\n<h2>9.\u00a0\u00a0\u00a0 Relations avec le ministre et les fonctionnaires<\/h2>\n<p>L\u2019une des r\u00e8gles fondamentales sur le d\u00e9roulement d\u2019audiences de tribunaux et organismes administratifs est l\u2019interdiction pour ceux qui pr\u00e9sident ces tribunaux ou organismes d\u2019avoir des communications ex parte avec les parties ou intervenants \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de la salle d\u2019audience. Cette r\u00e8gle prend une dimension accrue de menace \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance lorsqu\u2019il s\u2019agit de communications avec un ministre ou un fonctionnaire int\u00e9ress\u00e9 de pr\u00e8s \u00e0 la cause, et, plus particuli\u00e8rement, lorsque le tribunal ou l\u2019organisme rel\u00e8ve du \u00a0ministre. \u00a0Comme l\u2019a d\u2019abord affirm\u00e9 le juge Le Dain de la Cour supr\u00eame du Canada dans <i>V<\/i><i>alente c. La Reine<\/i>, les communications entre un tribunal ou organisme et le ministre de qui rel\u00e8ve le tribunal ou l\u2019organisme, notamment en ce qui concerne une question alors en litige ou en instance devant le tribunal ou l\u2019organisme, font craindre le manque d\u2019ind\u00e9pendance institutionnelle et individuelle<a href=\"#f81\"><sup>81<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>La question s\u2019est \u00e0 nouveau pos\u00e9e dans l\u2019arr\u00eat <i>Shaw v. Alberta (Utilities Commission)<\/i><a href=\"#f82\"><sup>82<\/sup><\/a>. Dans cette affaire, le juge de la Cour d\u2019appel Berger J.A. a accord\u00e9 le droit d\u2019interjeter appel d\u2019une d\u00e9cision de la Commission fond\u00e9e sur les communications \u00a0qui \u00a0avaient \u00a0eu \u00a0lieu \u00a0entre le ministre de \u00a0qui \u00a0relevait \u00a0la \u00a0Commission, le pr\u00e9sident et l\u2019avocat de celle-ci. Lesdites communications avaient donn\u00e9 l\u2019impression que l\u2019intervention du Ministre avait pu dicter la suspension par la Commission de son examen de trois projets. S\u2019appuyant sur les documents soumis \u00e0 la Cour, le juge de la Cour d\u2019appel Berger, en accordant le droit d\u2019interjeter appel sur une question de droit, conclut qu\u2019il \u00e9tait plausible que cela<\/p>\n<p>\u2026puisse causer une crainte de partialit\u00e9 chez une personne raisonnable, laquelle crainte aurait pu \u00eatre caus\u00e9e par l\u2019ing\u00e9rence ou l\u2019influence d\u2019un membre \u00a0du \u00a0cabinet de l\u2019Alberta qui aurait recommand\u00e9 la nomination de certains membres de la Commission et fix\u00e9 leurs salaires<a href=\"#f83\"><sup>83<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Lors de l\u2019audition de l\u2019appel, la cour de l\u2019Alberta n\u2019a rien conclu sur cet argument<a href=\"#f84\"><sup>84<\/sup><\/a>. La strat\u00e9gie appropri\u00e9e \u00e0 adopter \u00a0est \u00a0toutefois \u00a0\u00e9vidente. \u00c0 moins d\u2019une interaction explicite autoris\u00e9e aux termes de la \u00a0loi \u00a0entre \u00a0un \u00a0organisme de r\u00e9glementation et la \u00a0branche \u00a0ex\u00e9cutive du gouvernement, il vaut mieux \u00e9viter les communications avec les ministres et avec les fonctionnaires qui peuvent compromettre l\u2019int\u00e9grit\u00e9 de l\u2019audience du tribunal ou de l\u2019organisme ou, de fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale, l\u2019ind\u00e9pendance du tribunal ou de l\u2019organisme tout entier ou celle de ses membres.<\/p>\n<h2>10.\u00a0\u00a0 D\u00e9voiler les circonstances sur lesquelles pourrait s\u2019appuyer une contestation<\/h2>\n<p>Tel que soulign\u00e9 \u00e0 la proposition 8 ci-dessus, il arrive que les cours de r\u00e9vision et les cours d\u2019appel lancent un avertissement aux arbitres de ne pas se r\u00e9cuser trop facilement. N\u00e9anmoins, les membres des tribunaux et organismes doivent prendre conscience des dangers de supprimer des renseignements qui pourraient susciter des contestations fond\u00e9es sur la crainte de partialit\u00e9 ou de manque d\u2019ind\u00e9pendance, m\u00eame s\u2019ils croient que les renseignements en question ne \u00a0constitueraient \u00a0probablement pas une raison suffisante pour une r\u00e9cusation. M\u00eame s\u2019il est appropri\u00e9 que la personne touch\u00e9e prenne elle-m\u00eame la d\u00e9cision initiale sur sa r\u00e9cusation, il est important que cette personne soit bien inform\u00e9e des points de vue contradictoires \u00e0 cet \u00e9gard. Il ne faut pas non plus encourager les arbitres \u00e0 se r\u00e9jouir lorsque les parties touch\u00e9es ne peuvent fournir les renseignements sur lesquels elles pourraient possiblement s\u2019appuyer pour d\u00e9poser une requ\u00eate de r\u00e9cusation cr\u00e9dible. Il arrive souvent que ces renseignements soient bien connus de l\u2019arbitre. Toutefois, m\u00eame dans les situations o\u00f9 les renseignements peuvent \u00eatre disponibles sans recherche approfondie, la r\u00e9putation du membre ou du tribunal tout entier est en p\u00e9ril si le membre adopte l\u2019attitude qu\u2019il rel\u00e8ve des parties elles-m\u00eames d\u2019effectuer les recherches et de trouver les renseignements n\u00e9cessaires \u00e0 cet effet. La divulgation compl\u00e8te et franche est l\u2019unique solution\u00a0 sens\u00e9e.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>Ici, encore une fois, les faits de l\u2019arr\u00eat <i>SOS- Save Our St. Clair Inc. v. Toronto (City) <\/i>servent d\u2019inspiration. Le fait que, dans cette affaire, l\u2019un des juges ait omis de faire une divulgation compl\u00e8te et franche a \u00e9ventuellement exacerb\u00e9 le probl\u00e8me et mis dans l\u2019embarras les deux autres juges de la Cour<a href=\"#f85\"><sup>85<\/sup><\/a>.<\/p>\n<h2>11.\u00a0\u00a0 Divers principes sur la prise de d\u00e9cision impartiale et ind\u00e9pendante<\/h2>\n<p><br clear=\"all\" \/>Il y a plus de vingt ans, le juge Cory, rendant le jugement de la Cour supr\u00eame du Canada dans l\u2019arr\u00eat <i>N<\/i><i>ewfoundland Telephone Co. c. Terre-Neuve (Board of Commissioners of Public Utilities)<\/i><a href=\"#f86\"><sup>86<\/sup><\/a>, se pronon\u00e7ait sur la question de l\u2019application des principes de prise de d\u00e9cision impartiale en mati\u00e8re de r\u00e8glements sur les services publics. \u00c0 une \u00e9chelle globale, il acceptait que les normes pour ces commissions ne soient pas celles qui s\u2019appliquaient strictement\u00a0 \u00a0aux\u00a0 \u00a0commissions\u00a0 \u00a0d\u2019arbitrage, o\u00f9 la norme d\u2019\u00e9valuation appropri\u00e9e \u00e9tait la norme traditionnelle de la neutralit\u00e9 judiciaire. L\u2019exp\u00e9rience pr\u00e9alable ainsi que les points de vue bien arr\u00eat\u00e9s sur des questions de politique, devraient, au lieu de disqualifier les candidats \u00e0 ces commissions, \u00a0\u00eatre \u00a0consid\u00e9r\u00e9s \u00a0comme un atout. Cons\u00e9quemment, le crit\u00e8re normal de crainte raisonnable de partialit\u00e9 ne devrait pas \u00eatre appliqu\u00e9, du moins au cours de l\u2019\u00e9tape pr\u00e9alable des proc\u00e9dures d\u2019application de la r\u00e9glementation. Le crit\u00e8re doit plut\u00f4t \u00eatre \u00ab nettement moins s\u00e9v\u00e8re \u00bb<a href=\"#f87\"><sup>87<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>La partie qui conteste l\u2019habilit\u00e9 [sic] des membres ne peut en obtenir la r\u00e9cusation que si elle \u00e9tablit que l\u2019affaire a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9jug\u00e9e au point de rendre vain tout argument contraire<a href=\"#f88\"><sup>88<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Par la suite, au stade de l\u2019audience, \u00a0les membres de ces organismes de r\u00e9glementation doivent \u00eatre plus prudents et se comporter d\u2019une mani\u00e8re conforme \u00e0 ce \u00e0 quoi on peut normalement s\u2019attendre de ceux qui pr\u00e9sident des audiences<a href=\"#f89\"><sup>89<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Il n\u2019y a aucune raison de croire que la conception des organismes de r\u00e9glementation a chang\u00e9 depuis que le juge Cory a rendu ce jugement. Ce qui a toutefois chang\u00e9, comme dans le domaine des exigences d\u2019\u00e9quit\u00e9 \u00a0proc\u00e9durale en mati\u00e8re de divulgation, de communication et d\u2019application des r\u00e8gles normales sur la preuve, c\u2019est dans la prise de conscience qu\u2019il y a une diff\u00e9rence entre les r\u00e8gles et les principes qui s\u2019appliquent lorsqu\u2019un organisme de r\u00e9glementation travaille dans le cadre de r\u00e8glements d\u2019int\u00e9r\u00eat public \u00e0 large port\u00e9e et lorsque ce m\u00eame organisme agit dans le cadre de proc\u00e9dures de conformit\u00e9 ou d\u2019application.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>Tel qu\u2019illustr\u00e9 dans l\u2019arr\u00eat <i>R<\/i><i>o<\/i><i>wan v. Ontario Securities Commission<\/i><a href=\"#f90\"><sup>90<\/sup><\/a>, il y aura peu d\u2019occasions o\u00f9 les instances d\u2019un organisme de r\u00e9glementation seront de nature suffisamment p\u00e9nale pour invoquer les protections pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019article 11(d) de la <i>Charte canadienne des droits et libert\u00e9s<\/i><a href=\"#f91\"><sup>91<\/sup><\/a> et sa garantie d\u2019un droit \u00e0 un proc\u00e8s par un tribunal ind\u00e9pendant et impartial pour tout inculp\u00e9 . N\u00e9anmoins, dans le cadre de proc\u00e9dures d\u2019application r\u00e9glementaire, les exigences impos\u00e9es aux arbitres par les principes de prise de d\u00e9cision impartiale et ind\u00e9pendante seront probablement quelque peu plus strictes et plus proches des normes applicables aux d\u00e9cisions arbitrales sur les droits.<\/p>\n<p>Cela sera d\u2019autant plus \u00e9vident si les interactions pr\u00e9alables avec les intim\u00e9s et leurs avocats dans le cadre de proc\u00e9dures d\u2019application r\u00e9glementaire et l\u2019historique des politiques de d\u00e9fense d\u2019application portant sur la question en litige devant le tribunal de l\u2019organisme pourraient faire l\u2019objet de disqualification<a href=\"#f92\"><sup>92<\/sup><\/a>. Mais, de fa\u00e7on plus importante, dans la mesure (aux termes de lois, telle la <i>R<\/i><i>esponsible Energy Development Act de l\u2019Alberta<\/i>, ou de r\u00e8gles et m\u00eame de pratiques des organismes) o\u00f9 ceux qui sont charg\u00e9s de l\u2019application de la loi et de poursuites au sein d\u2019organismes de r\u00e9glementation sont \u00a0s\u00e9par\u00e9s de ceux qui exercent un r\u00f4le d\u2019arbitrage, il y aura, de toute \u00e9vidence, une tendance accrue au sein des cours de justice \u00e0 consid\u00e9rer comme probl\u00e9matique tout chevauchement entre ces fonctions.<\/p>\n<p>L\u2019unique\u00a0\u00a0 \u00a0conclusion\u00a0\u00a0 \u00a0\u00e0\u00a0\u00a0 \u00a0titrer\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0ici\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0est de recommander aux organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie d\u2019\u00e9riger les murs qui s\u2019imposent entre leurs services charg\u00e9s de l\u2019application de la loi et des poursuites de leur personnel qui exerce un r\u00f4le d\u2019arbitrage.<\/p>\n<h3>12.\u00a0\u00a0 Questions constitutionnelles (y compris la Charte)<\/h3>\n<p>Non seulement les tribunaux et les organismes doivent-ils r\u00e9pondre aux contestations \u00e0 leur participation fond\u00e9es sur une crainte raisonnable de partialit\u00e9 ou de manque d\u2019ind\u00e9pendance, mais ils sont en g\u00e9n\u00e9ral \u00e9galement tenus de juger des questions constitutionnelles qui d\u00e9coulent des instances sur lesquelles ils pr\u00e9sident. Les questions constitutionnelles \u00e0 cet \u00e9gard comprennent celles \u00a0qui \u00a0d\u00e9coulent de la <i>Charte canadienne des droits et libert\u00e9s <\/i>et, en plus des questions d\u2019application et d\u2019interpr\u00e9tation, elles englobent \u00e9galement les contestations de la validit\u00e9 de la loi constitutive ou d\u2019autres lois pertinentes \u00a0d\u2019un \u00a0tribunal ou d\u2019un organisme. Elles peuvent, en outre, comprendre des questions li\u00e9es aux droits des autochtones d\u00e9coulant de l\u2019article 35 \u00a0de \u00a0la <i>Loi constitutionnelle de 1982 <\/i>et fond\u00e9es sur le principe de l\u2019honneur de la Couronne<a href=\"#f93\"><sup>93<\/sup><\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>L\u2019arr\u00eat <i>N<\/i><i>ouvelle-\u00c9cosse (Workers\u2019 Compensation Board) c. Martin <\/i>est l\u2019arr\u00eat de principe \u00e0 cet \u00e9gard<a href=\"#f94\"><sup>94<\/sup><\/a>. La Cour supr\u00eame, dans cette affaire, a conclu que la commission et le tribunal d\u2019appel qui la chapeaute avaient l\u2019obligation de traiter une contestation constitutionnelle selon laquelle les r\u00e8gles statutaires r\u00e9gissant une certaine cat\u00e9gorie de demandeurs \u00e9taient invalides parce qu\u2019elles \u00e9taient discriminatoires au sens de l\u2019article 15 de la <i>Charte<\/i>. M\u00eame si les tribunaux et organismes ne sont pas dot\u00e9s de la comp\u00e9tence constitutionnelle qui leur permet de faire des d\u00e9clarations d\u2019invalidit\u00e9 constitutionnelle et m\u00eame si la r\u00e8gle de la retenue judiciaire ne s\u2019applique pas \u00e0 leurs d\u00e9cisions sur les questions constitutionnelles lors d\u2019instances de contr\u00f4le judiciaire subs\u00e9quentes<a href=\"#f95\"><sup>95<\/sup><\/a>, dans la plupart des cas, ils n\u2019ont d\u2019autre choix que de traiter ces questions.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>L\u2019indice le plus clair de pr\u00e9somption presque irr\u00e9futable de comp\u00e9tence sur les questions constitutionnelles est la disposition dans la loi constitutive du tribunal ou de l\u2019organisme qui lui conf\u00e8re l\u2019autorit\u00e9 de traiter toute question de droit dont il est saisi. Toutefois, m\u00eame en l\u2019absence de tout indice l\u00e9gislatif, la position adopt\u00e9e apr\u00e8s l\u2019affaire <i>M<\/i><i>artin <\/i>est qu\u2019il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une responsabilit\u00e9 accord\u00e9e \u00e0 presque tous les tribunaux d\u2019arbitrage, et il n\u2019existe aucune raison de croire que les organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie seraient une exception \u00e0 cet \u00e9gard.<\/p>\n<p>En 2010, dans l\u2019arr\u00eat <i>R. c. Conway<\/i><a href=\"#f96\"><sup>96<\/sup><\/a>, la Cour supr\u00eame du Canada a confirm\u00e9 la comp\u00e9tence des tribunaux et organismes \u00a0administratifs en mati\u00e8re constitutionnelle en \u00a0se \u00a0servant de ces m\u00eames principes pour \u00a0d\u00e9terminer \u00a0si un tribunal ou organisme est un \u00ab tribunal comp\u00e9tent \u00bb aux fins d\u2019accorder des r\u00e9parations aux termes de l\u2019article 24(1) de la <i>Charte<\/i>. \u00c0 moins d\u2019abrogation l\u00e9gislative, si un tribunal ou organisme est autoris\u00e9 \u00e0 d\u00e9cider de questions constitutionnelles, il y a une forte pr\u00e9somption qu\u2019il a \u00e9galement la capacit\u00e9 d\u2019accorder des r\u00e9parations constitutionnelles au titre de l\u2019article 24(1). Ceci ne constitue pas toutefois la reconnaissance d\u2019une comp\u00e9tence g\u00e9n\u00e9rale ou absolue en mati\u00e8re de r\u00e9parations. Le tribunal ou l\u2019organisme devra cependant \u00eatre limit\u00e9 aux r\u00e9parations que lui accorde sa loi constitutive. Ainsi, si le tribunal ou organisme n\u2019est pas habilit\u00e9 \u00e0 accorder des dommages-int\u00e9r\u00eats ou des d\u00e9pens aux termes de sa loi constitutive, il n\u2019acquiert pas ce pouvoir \u00e0 titre de tribunal ou d\u2019organisme dot\u00e9 du pouvoir d\u2019accorder des r\u00e9parations aux termes de l\u2019article 24(1).<\/p>\n<p>L\u2019arr\u00eat <i>Martin <\/i>n\u2019a toutefois pas fait l\u2019unanimit\u00e9 et dans deux provinces, l\u2019Alberta et la Colombie- Britannique, la d\u00e9cision a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9e. Aux termes de l\u2019<i>Administrative Procedures and Jurisdiction Act<\/i><a href=\"#f97\"><sup>97<\/sup><\/a>, seuls les tribunaux d\u00e9sign\u00e9s par r\u00e8glement en vertu de l\u2019article 16 peuvent traiter les questions constitutionnelles<a href=\"#f98\"><sup>98<\/sup> <\/a>(\u00e0 moins qu\u2019il ne s\u2019agisse de l\u2019exclusion d\u2019\u00e9l\u00e9ments de preuve pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 24(2) de la <i>Charte<\/i>)<a href=\"#f99\"><sup>99<\/sup><\/a>. En fait, aux termes de la <i>Designation of Constitutional Decision Makers Regulation<\/i>, l\u2019<i>Alberta Energy and U<\/i><i>tilities Board, l\u2019Alberta Utilities Commission <\/i>et l\u2019<i>Energy Resources Conservation Board <\/i>ont toutes les comp\u00e9tences pour trancher des questions constitutionnelles, et cela est maintenant le cas \u00e9galement pour l\u2019<i>Alberta Energy Regulator<\/i><a href=\"#f100\"><sup>100<\/sup><\/a>. Toutefois, contrairement \u00e0 la situation dans l\u2019arr\u00eat <i>Martin<\/i>, l\u2019article 13 de l\u2019<i>Administrative Procedures and Jurisdiction Act <\/i>accorde le pouvoir discr\u00e9tionnaire \u00e0 tout organisme d\u00e9sign\u00e9 aux termes de l\u2019article 16 de renvoyer toute question constitutionnelle \u00e0 la Cour du Banc de la Reine.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>En Colombie-Britannique, aux termes de l\u2019<i>A<\/i><i>dministrative Tribunals Act<\/i><a href=\"#f101\"><sup>101<\/sup><\/a>, aux fins de d\u00e9terminer les questions constitutionnelles, les tribunaux r\u00e9gis par cette loi tombent sous l\u2019une des trois cat\u00e9gories suivantes : ceux qui peuvent trancher les questions constitutionnelles (article 43), ceux qui ne peuvent pas trancher les questions constitutionnelles (article 44) et ceux qui peuvent trancher des questions li\u00e9es \u00e0 la <i>Charte <\/i>(article 45). La <i>M<\/i><i>ediation and Arbitration Board<\/i>, aux termes de la <i>P<\/i><i>etroleum and Natural Gas Act<\/i><a href=\"#f102\"><sup>102<\/sup><\/a>, et la Utilities Commission, aux termes de la <i>U<\/i><i>tilities Commission Act<\/i><a href=\"#f103\"><sup>103<\/sup><\/a>, sont toutes deux r\u00e9gies par l\u2019article 44 et ne peuvent donc pas trancher les questions constitutionnelles. Toutefois, contrairement \u00e0 la situation aux termes \u00a0de \u00a0l\u2019Alberta \u00a0<i>A<\/i><i>dministrative \u00a0Procedures and Jurisdiction Act<\/i>, le terme \u00ab question constitutionnelle \u00bb a ici une d\u00e9finition plus \u00e9troite. Aux termes de l\u2019article 1, il se limite \u00e0<\/p>\n<p>\u2026toute question qui exige un avis aux termes de l\u2019article 8 de la <i>Constitutional Question Act.<\/i><\/p>\n<p>L\u2019article 8<a href=\"#f104\"><sup>104<\/sup><\/a> pr\u00e9cise que l\u2019avis doit \u00eatre donn\u00e9 lorsque<\/p>\n<p>(a)\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 la validit\u00e9 ou l\u2019applicabilit\u00e9 constitutionnelle d\u2019une loi est contest\u00e9e ou<\/p>\n<p>(b)\u00a0 lorsqu\u2019une requ\u00eate a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e pour une mesure de redressement constitutionnel.<\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 la loi \u00e9quivalente en Alberta, cette loi ne comprend pas la \u00ab d\u00e9termination de tout droit \u00bb.<\/p>\n<p>Dans l\u2019arr\u00eat <i>Rio Tinto Alcan Inc. c. Conseil tribal Carrier Sekani<\/i><a href=\"#f105\"><sup>105<\/sup><\/a>, la juge en chef McLachlin, pronon\u00e7ant le jugement d\u2019une Cour supr\u00eame unanime, a conclu que cela n\u2019emp\u00eachait pas la Utilities Commission de d\u00e9terminer si la Couronne s\u2019\u00e9tait acquitt\u00e9e de son obligation constitutionnelle\u00a0 \u00a0de\u00a0 \u00a0consulter\u00a0 \u00a0les\u00a0 \u00a0peuples autochtones au sujet d\u2019une demande encore ind\u00e9termin\u00e9e qui pourrait possiblement avoir une incidence sur une affaire dont avait \u00e9t\u00e9 saisie la Commission.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>La demande pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 la Commission \u2026 pour que le cadre de l\u2019audience soit red\u00e9fini de mani\u00e8re \u00e0 englober la question des consultations ne correspond pas \u00e0 cette d\u00e9finition. Il ne s\u2019agit pas d\u2019une contestation de la validit\u00e9 ou de l\u2019applicabilit\u00e9 constitutionnelle d\u2019une loi, ni d\u2019une demande de r\u00e9paration \u00a0fond\u00e9e sur l\u2019art. 24 de la Charte ou de l\u2019article 52 de la Loi constitutionnelle \u00a0de \u00a01982. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, les consultations vis\u00e9es \u00e0 l\u2019art. 35 de la Loi constitutionnelle de 1982 correspondent \u00e0 une question constitutionnelle \u2026 Toutefois, l\u2019intention du l\u00e9gislateur de soustraire \u00e0 la comp\u00e9tence de la Commission la question de savoir si la Couronne s\u2019est acquitt\u00e9e de son obligation de consulter les titulaires des droits ancestraux en cause ne ressort \u00a0[d\u2019aucune des dispositions pertinentes des deux lois. D\u00e8s lors, \u2026 la Commission a comp\u00e9tence constitutionnelle \u00a0pour \u00a0se\u00a0 \u00a0pencher\u00a0 \u00a0sur le caract\u00e8re ad\u00e9quat des consultations effectu\u00e9es par la Couronne relativement aux questions dont elle est r\u00e9guli\u00e8rement saisie<a href=\"#f106\"><sup>106<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Dans tous les autres \u00a0ressorts \u00a0juridiques, l\u2019arr\u00eat \u00a0<i>M<\/i><i>artin \u00a0<\/i>s\u2019applique \u00a0aux\u00a0 \u00a0organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie. Cons\u00e9quemment, il n\u2019y a \u00a0d\u2019autre \u00a0choix \u00a0que de trancher les questions \u00a0constitutionnelles et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, refuser d\u2019appliquer \u00a0les lois inconstitutionnelles. \u00c0 ce titre, les commissions vis\u00e9es (y compris les organismes de \u00a0r\u00e9glementation \u00a0d\u00e9sign\u00e9s \u00a0de \u00a0l\u2019Alberta)<a href=\"#f107\"><sup>107 <\/sup><\/a>devraient conna\u00eetre la mesure dans laquelle les obligations statutaires provinciales applicables permettent de signifier un avis sur une question constitutionnelle au procureur g\u00e9n\u00e9ral provincial et au procureur g\u00e9n\u00e9ral du Canada.<\/p>\n<p>Il est \u00e9galement important de garder \u00e0 l\u2019esprit que l\u2019une des principales raisons de la r\u00e8gle conf\u00e9rant aux tribunaux et organismes l\u2019autorit\u00e9 de trancher des questions constitutionnelles est de constituer un dossier de preuve qui facilitera un contr\u00f4le judiciaire bien fond\u00e9 qui ne fera appel \u00e0 aucune retenue judiciaire. Les tribunaux et organismes doivent donc pr\u00e9voir dans leurs r\u00e8gles sur la proc\u00e9dure des dispositions sp\u00e9ciales sur la tenue d\u2019audiences lorsque des questions constitutionnelles sont soulev\u00e9es. \u00c0 d\u00e9faut de quoi, chacun des membres des comit\u00e9s et les comit\u00e9s tout entiers, doivent, durant l\u2019\u00e9tape pr\u00e9alable \u00e0 l\u2019audience de tout litige o\u00f9 des questions constitutionnelles seront soulev\u00e9es, pr\u00e9voir, \u00e0 l\u2019aide des r\u00e8gles sur la proc\u00e9dure existantes du tribunal ou de l\u2019organisme, d\u00e9terminer la fa\u00e7on la plus appropri\u00e9e de r\u00e9soudre les litiges de nature constitutionnelle.<\/p>\n<h2>13.\u00a0\u00a0\u00a0 Consulter les membres qui ne font pas partie du comit\u00e9<\/h2>\n<p>En 1993, la Cour supr\u00eame du Canada a rejet\u00e9 la notion que l\u2019incoh\u00e9rence constituait un motif ind\u00e9pendant ou autonome de contr\u00f4le judiciaire sur les d\u00e9cisions d\u2019un tribunal ou organisme<a href=\"#f108\"><sup>108<\/sup><\/a>. La Cour d\u2019appel de l\u2019Ontario a ensuite confirm\u00e9 ce principe<a href=\"#f109\"><sup>109<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Ce qui ne signifie aucunement que la Cour supr\u00eame ne reconnaisse \u00a0pas \u00a0l\u2019importance \u00a0de la prise de d\u00e9cisions coh\u00e9rentes au sein des tribunaux et organismes administratifs. La juge \u00a0Deschamps \u00a0affirme, \u00a0en \u00a0effet, \u00a0dans \u00a0son jugement \u00a0concordant \u00a0dans \u00a0l\u2019arr\u00eat \u00a0<i>Dunsmuir c.\u00a0\u00a0 Nouveau-Brunswick<\/i><a href=\"#f110\"><sup><i>110<\/i><\/sup><\/a>,\u00a0 \u00a0qu\u2019en\u00a0\u00a0 mati\u00e8re\u00a0 \u00a0de contr\u00f4le judiciaire, \u00ab [l]a coh\u00e9rence du droit rev\u00eat une importance primordiale dans notre soci\u00e9t\u00e9 \u00a0\u00bb. \u00a0Ainsi, \u00a0bien \u00a0qu\u2019il \u00a0il \u00a0n\u2019y \u00a0ait \u00a0pas \u00a0de syst\u00e8me de pr\u00e9c\u00e9dents au sein des tribunaux administratifs<a href=\"#f111\"><sup>111<\/sup><\/a>\u00a0 \u00a0et\u00a0 \u00a0bien\u00a0 \u00a0que\u00a0 \u00a0l\u2019incoh\u00e9rence n\u2019y \u00a0constitue \u00a0pas \u00a0un \u00a0motif \u00a0autonome \u00a0de contr\u00f4le \u00a0judiciaire, \u00a0la \u00a0Cour \u00a0supr\u00eame \u00a0appuie les tribunaux et organismes qui \u00e9laborent des moyens et processus visant \u00e0 encourager la prise de d\u00e9cisions coh\u00e9rentes par leur divers membres et comit\u00e9s<a href=\"#f112\"><sup>112<\/sup><\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>En fait, l\u2019arr\u00eat <i>Domtar <\/i>avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 1990 par l\u2019arr\u00eat <i>Syndicat international des travailleurs du bois d\u2019Am\u00e9rique, section locale 2-69 c. Consolidated-Bathurst Packaging Ltd<\/i>.<a href=\"#f113\"><sup>113<\/sup><\/a>, et en 1992 par <i>Tremblay c. Qu\u00e9bec (Commission des affaires sociales)<\/i><a href=\"#f114\"><sup><i>114<\/i><\/sup><\/a>. Dans chacune de ces instances, la Cour supr\u00eame a appuy\u00e9 la pratique d\u2019assembl\u00e9es \u00a0g\u00e9n\u00e9rales \u00a0des \u00a0membres\u00a0 \u00a0pour les tribunaux administratifs afin d\u2019y discuter certaines questions en litige dont \u00e9taient saisis des membres ou comit\u00e9s du tribunal. La Cour \u00e9tait d\u2019avis que ces pratiques contribuaient \u00e0 am\u00e9liorer la coh\u00e9rence des prises de d\u00e9cisions des tribunaux et organismes, particuli\u00e8rement en ce qui concernait les tribunaux de ressorts juridiques \u00e0 volume \u00e9lev\u00e9. \u00a0Plus \u00a0r\u00e9cemment, en 2001, dans l\u2019arr\u00eat <i>E<\/i><i>llis-Don Ltd. c. Ontario (Commission des relations de travail)<\/i><a href=\"#f115\"><sup>115<\/sup><\/a>, la Cour confirmait et r\u00e9affirmait sa reconnaissance de la l\u00e9gitimit\u00e9 de telles pratiques. Il est \u00e9galement tout \u00e0 fait plausible que de telles consultations puissent avoir lieu, non seulement au niveau de la commission ou du tribunal tout entier, mais \u00e9galement au sein de groupes plus restreints ou entre les pr\u00e9sidents d\u2019audiences et les membres du personnel, y compris les avocats.<\/p>\n<p>La Cour a n\u00e9anmoins toujours \u00e9t\u00e9 consciente que de telles pratiques peuvent mettre en p\u00e9ril les principes d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale. Elles peuvent, en\u00a0 effet, constituer\u00a0 une\u00a0 menace s\u00e9rieuse \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance de ceux \u00e0 qui il incombe de rendre une d\u00e9cision (ou, comme on disait anciennement, le principe voulant que c\u2019est la personne qui entend l\u2019affaire qui doit en d\u00e9cider). C\u2019est, en effet, d\u2019une telle situation dont il s\u2019agissait (intervention inappropri\u00e9e de la part de personnes non saisies de la question) qui a contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019effondrement du processus en litige dans l\u2019arr\u00eat <i>T<\/i><i>r<\/i><i>emblay<\/i>. En outre, en fonction des discussions qui se d\u00e9roulent \u00e0 cet \u00e9gard, ces pratiques peuvent constituer une violation des principes d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale sur l\u2019avis et le droit qu\u2019ont les participants de prendre connaissance des preuves et arguments portant sur la d\u00e9cision \u00e0 prendre \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la question en litige.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>Afin de r\u00e9pondre \u00e0 ces pr\u00e9occupations, la Cour supr\u00eame a impos\u00e9 des limites sur le d\u00e9roulement des divers processus de consultations. C\u2019est pourquoi, pendant que les tribunaux \u00e9laborent ces pratiques visant la coh\u00e9rence, il est particuli\u00e8rement important que les membres et les pr\u00e9sidents, \u00e0 titre de cadres, soient inform\u00e9s de ces diverses limites.<\/p>\n<p>En ce qui concerne l\u2019ind\u00e9pendance de la prise de d\u00e9cision de chacun des membres et comit\u00e9s de tribunaux, la Cour a clairement indiqu\u00e9 que, m\u00eame si exercer une certaine influence est tout \u00e0 fait acceptable, contraindre ne l\u2019est pas. Les meilleures pratiques signifient donc que la participation \u00e0 ces divers processus de consultations doit \u00eatre optionnelle pour le ou les membres qui pr\u00e9sident l\u2019audience et les discussions doivent \u00eatre informelles, et ni la pr\u00e9sence des autres membres, ni les proc\u00e8s- verbaux, ni le vote ne doivent \u00eatre obligatoires. De fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale, ni le pr\u00e9sident ni l\u2019avocat du tribunal ou de l\u2019organisme ne devrait jouer un r\u00f4le dominant. Tenir des discussions avec, en toile de fond, un projet de d\u00e9cision pose, par ailleurs, d\u2019\u00e9normes probl\u00e8mes. Le processus adopt\u00e9 doit toujours permettre au(x) membre(s) qui pr\u00e9side(nt) de prendre sa (leur) propre d\u00e9cision finale sur la question en litige \u00e0 la suite des consultations. Finalement, bien que cela ne soit mentionn\u00e9 nulle part dans la trilogie par la Cour supr\u00eame, dans le cadre de proc\u00e9dures d\u2019application ou de conformit\u00e9, lorsqu\u2019il y a une s\u00e9paration statutaire ou une s\u00e9paration \u00a0auto-impos\u00e9e entre les fonctions de prise de d\u00e9cision et les fonctions d\u2019application et de poursuites au sein de l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie, les discussions sur une question en litige ne devraient pas comprendre ceux qui exercent des fonctions li\u00e9es \u00e0 l\u2019application ou aux poursuites<a href=\"#f116\"><sup>116<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>En ce qui concerne la pr\u00e9servation de la possibilit\u00e9 pour les participants de participer effectivement \u00e0 l\u2019audience, la Cour a conclu que, si les consultations soul\u00e8vent de nouveaux arguments de droit et de politique portant sur la d\u00e9cision finale, le membre ou le comit\u00e9 doit soumettre ces arguments aux parties avant de s\u2019appuyer sur ceux-ci dans la d\u00e9cision finale. La Cour a \u00e9galement soulign\u00e9 que les discussions \u00e0 cet \u00e9gard ne doivent jamais servir \u00e0 pr\u00e9senter de nouveaux faits ou de \u00a0nouvelles \u00a0preuves. En fait, dans l\u2019arr\u00eat <i>Consolidated-Bathurst<\/i>, la Cour a m\u00eame ajout\u00e9 qu\u2019il ne devrait y avoir aucune discussion sur les faits en cause. Ceci nous para\u00eet quelque peu excessif et ne devrait \u00eatre lu qu\u2019\u00e0 la lumi\u00e8re de l\u2019arr\u00eat <i>E<\/i><i>llis-Don<\/i>, o\u00f9 la majorit\u00e9 semblait conclure que les consultations devraient tout au moins comprendre des discussions sur la forme que devraient rev\u00eatir ces discussions afin de respecter les param\u00e8tres de tout crit\u00e8re juridique ou de toute norme \u00e9labor\u00e9e par la Commission des relations de travail.<\/p>\n<p>En somme, ces types de consultations sont d\u2019une tr\u00e8s grande valeur, mais il existe des limites de justice naturelle ou d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale \u00e0 leur l\u00e9gitimit\u00e9, que les tribunaux et organismes doivent \u00a0respecter \u00a0afin \u00a0d\u2019\u00e9viter \u00a0tout \u00a0contr\u00f4le judiciaire pour iniquit\u00e9 proc\u00e9durale<a href=\"#f117\"><sup>117<\/sup><\/a> mais, de fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale, afin de pr\u00e9server l\u2019int\u00e9grit\u00e9 du processus d\u2019audience.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<h2>14.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Obligation de consulter les peuples autochtones<a href=\"#f118\"><sup>118<\/sup><\/a><\/h2>\n<p>Parmi les d\u00e9veloppements majeurs \u00e0 signaler au sein du droit administratif canadien, au cours de la derni\u00e8re \u00a0d\u00e9cennie, \u00a0notamment en ce qui concerne les organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie, il faut mentionner l\u2019\u00e9volution de l\u2019obligation de consulter les peuples autochtones dans le cadre du processus de r\u00e9glementation. La Cour supr\u00eame a soulign\u00e9 que cette obligation de consultations s\u2019applique non seulement lorsqu\u2019une d\u00e9cision r\u00e9glementaire peut avoir une incidence sur un droit reconnu ou existant des peuples autochtones aux termes d\u2019un trait\u00e9 ou autrement, mais \u00e9galement lorsque ce droit est virtuel, en ce sens qu\u2019il est revendiqu\u00e9 mais non encore reconnu<a href=\"#f119\"><sup>119<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>La mesure dans laquelle l\u2019obligation de consulter s\u2019applique \u00e0 un organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9e \u00e0 la fin de 2006 dans l\u2019arr\u00eat <i>P<\/i><i>r<\/i><i>emi\u00e8re Nation Dene Tha\u2019 c. Canada (Ministre de l\u2019Environnement)<\/i><a href=\"#f120\"><sup>120<\/sup><\/a>, o\u00f9 le juge Phelan de la Cour f\u00e9d\u00e9rale a conclu que cette obligation s\u2019appliquait aux ministres qui participent \u00e0 l\u2019\u00e9laboration de processus d\u2019examen r\u00e9glementaire et environnemental li\u00e9 au projet de gazoduc du Mackenzie. Divers organes de r\u00e9glementation (y compris l\u2019Office national de l\u2019\u00e9nergie) ont particip\u00e9 \u00e0 la mise en place d\u2019une commission d\u2019examen conjointe \u00e0 laquelle incombait la t\u00e2che de proc\u00e9der \u00e0 une \u00e9valuation environnementale du projet. Le juge Phelan a conclu que c\u2019est au moment de la mise en place de cette commission que les ministres avaient manqu\u00e9 \u00e0 leurs obligations de consulter. M\u00eame s\u2019il y a eu \u00e9ventuellement un r\u00e8glement \u00e0 \u00a0l\u2019amiable \u00a0dans \u00a0cette \u00a0cause, la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale a conclu que le juge Phelan n\u2019avait pas commis d\u2019erreurs de principe dans sa conclusion et que le jugement \u00e9tait une application d\u2019un pr\u00e9c\u00e9dent d\u00e9j\u00e0 existant de la Cour supr\u00eame du Canada en la mati\u00e8re<a href=\"#f121\"><sup>121<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>M\u00eame si l\u2019obligation dans ce cas pr\u00e9cis s\u2019adressait formellement aux ministres concern\u00e9s \u00a0\u00e0 \u00a0qui \u00a0incombait \u00a0la\u00a0 \u00a0conception du processus, les r\u00e9percussions pour les organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie \u00e9tait \u00e9videntes. Restait encore n\u00e9anmoins \u00e0 d\u00e9terminer pour les organismes de r\u00e9glementation et les tribunaux judiciaires si cette obligation qui \u00e9tait impos\u00e9e \u00e0 la Couronne\u00a0 s\u2019appliquait\u00a0 \u00e9galement\u00a0\u00a0 aux organes ind\u00e9pendants, quasi-judiciaires. \u00c0 ceux qui pr\u00e9tendaient que les organismes de r\u00e9glementation quasi-judiciaires ind\u00e9pendants n\u2019avaient pas l\u2019obligation de consulter les peuples autochtones, le dernier mot \u00e0 cet \u00e9gard revient \u00e0 l\u2019arr\u00eat <i>Q<\/i><i>u\u00e9bec (Procureur g\u00e9n\u00e9ral) c. Canada (Office national de l\u2019\u00e9nergie)<\/i><a href=\"#f122\"><sup>122<\/sup><\/a>, o\u00f9 le juge Iacobucci de la Cour a rejet\u00e9 un argument selon lequel les exigences impos\u00e9es \u00e0 l\u2019Office en mati\u00e8re d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale \u00e0 l\u2019\u00e9gard du peuple autochtone vis\u00e9 \u00e9taient plus strictes qu\u2019elles ne le seraient normalement en Common Law. Dans la mesure o\u00f9 cet argument \u00e9tait fond\u00e9 sur l\u2019obligation fiduciaire de la Couronne envers les peuples autochtones, cette obligation n\u2019\u00e9tait pas impos\u00e9e aux organismes ind\u00e9pendants, <i>quasi<\/i>&#8211; judiciaires. Sinon, ce serait empi\u00e9ter sur leur ind\u00e9pendance.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>Toutefois, puisque l\u2019obligation de consulter et de r\u00e9pondre aux besoins s\u2019appuie sur une notion primordiale plus large de l\u2019honneur l\u2019\u00c9tat (dont les obligations fiduciaires de l\u2019\u00c9tat ne sont que l\u2019un des \u00e9l\u00e9ments), il y avait une raison de croire que l\u2019on ne pouvait plus s\u2019appuyer sur l\u2019affaire de l\u2019<i>Office national de l\u2019\u00e9nergie<\/i>. Il en a d\u00e9coul\u00e9 toute une jurisprudence qui imposait aux organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re \u00a0d\u2019\u00e9nergie \u00a0tout au moins l\u2019obligation d\u2019\u00e9valuer si la Couronne s\u2019\u00e9tait acquitt\u00e9e de son obligation de consulter et de prendre des mesures d\u2019adaptation \u00e0 l\u2019\u00e9gard des demandes dont ils seraient saisis qui pourraient avoir une incidence sur les droits, les int\u00e9r\u00eats ou les revendications \u00e0 venir des peuples autochtones<a href=\"#f123\"><sup>123<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>En 2009, ces deux aspects de la responsabilit\u00e9 des organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie li\u00e9e \u00e0 la consultation des peuples autochtones et aux mesures d\u2019adaptation prises \u00e0 l\u2019\u00e9gard de leurs droits, int\u00e9r\u00eats et revendications se sont retrouv\u00e9s dans un autre jugement o\u00f9 \u00e9tait impliqu\u00e9 l\u2019Office national de l\u2019\u00e9nergie. Dans l\u2019arr\u00eat <i>N<\/i><i>ation Ojibway de Brokenhead c. Canada (Procureur g\u00e9n\u00e9ral)<\/i><a href=\"#f124\"><sup>124<\/sup><\/a>, le juge Barnes de la Cour f\u00e9d\u00e9rale a conclu que l\u2019<i>Office national de l\u2019\u00e9nergie <\/i>\u00e9tait un forum appropri\u00e9 pour \u00e9valuer si la consultation des promoteurs avec les peuples autochtones avait \u00e9t\u00e9 ad\u00e9quate et pour mener des consultations sous \u00a0forme \u00a0d\u2019audiences. \u00a0Cela \u00a0se \u00a0d\u00e9roulait dans le cadre de demandes d\u2019utilisation et de prise de terres pour fin de projets de pipelines assujettis \u00e0 une approbation r\u00e9glementaire. Vu les circonstances entourant les questions dont \u00e9taient saisis l\u2019Office et la Cour f\u00e9d\u00e9rale, cela suffisait pour r\u00e9pondre aux exigences du principe de l\u2019honneur de la Couronne, en ce sens que le gouverneur en conseil n\u2019avait pas d\u2019obligations suppl\u00e9mentaires \u00e0 remplir dans sa d\u00e9cision d\u2019approuver ou non les projets en question. Dans le paragraphe crucial de son jugement, le juge Barnes d\u00e9clare :<\/p>\n<p>Pour d\u00e9cider si, et dans quelle mesure, la Couronne est tenue de consulter les peuples autochtones au sujet des projets ou activit\u00e9s susceptibles d\u2019avoir des incidences sur leurs int\u00e9r\u00eats, la Couronne peut l\u00e9gitimement tenir compte des m\u00e9canismes de consultation des autochtones pr\u00e9vus par le processus d\u2019examen r\u00e9glementaire ou environnemental existant (&#8230;) Ce processus d\u2019examen peut \u00eatre suffisant pour r\u00e9pondre aux \u00a0pr\u00e9occupations \u00a0des \u00a0autochtones, sous r\u00e9serve bien s\u00fbr de l\u2019obligation pr\u00e9pond\u00e9rante de la Couronne de v\u00e9rifier s\u2019ils sont suffisants dans un cas pr\u00e9cis. Il ne s\u2019agit pas d\u2019une d\u00e9l\u00e9gation de l\u2019obligation de consultation de la Couronne, mais seulement d\u2019un moyen par lequel celle-ci peut s\u2019assurer que les pr\u00e9occupations des autochtones ont \u00e9t\u00e9 entendues et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, qu\u2019on y a r\u00e9pondu<a href=\"#f125\"><sup>125<\/sup><\/a>,<\/p>\n<p>Apr\u00e8s quoi, toutefois, la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale, dans le cadre des m\u00eames proc\u00e9dures administratives, cette fois sur \u00a0des \u00a0demandes de contr\u00f4le judiciaire des propres d\u00e9cisions de l\u2019<i>Office national de l\u2019\u00e9nergie <\/i>sur ces demandes (contrairement \u00e0 l\u2019approbation de ces d\u00e9cisions par le gouverneur en conseil) a apparemment adopt\u00e9 un point de vue assez diff\u00e9rent sur l\u2019ensemble de la question en litige. Il s\u2019agissait de l\u2019arr\u00eat <i>P<\/i><i>r<\/i><i>emi\u00e8re nation dakota de Standing Buffalo c. Enbridge Pipelines Inc<\/i>.<a href=\"#f126\"><sup>126<\/sup><\/a>, o\u00f9 les peuples\u00a0\u00a0 autochtones\u00a0\u00a0 vis\u00e9s\u00a0\u00a0\u00a0 maintenaient que l\u2019Office avait l\u2019obligation d\u2019\u00e9valuer si la Couronne elle-m\u00eame s\u2019\u00e9tait bien \u00a0acquitt\u00e9e de son obligation de consulter et de prendre des mesures d\u2019accommodement \u00e0 l\u2019\u00e9gard de leurs revendications. \u00a0Apr\u00e8s \u00a0avoir \u00a0soulign\u00e9 que les peuples autochtones ne pr\u00e9tendaient aucunement que l\u2019Office avait l\u2019obligation de mener lui-m\u00eame des consultations, la Cour a non seulement convenu de cette d\u00e9rogation<a href=\"#f127\"><sup>127<\/sup><\/a>, mais a \u00e9galement rejet\u00e9 les arguments des peuples autochtones. Les organismes de r\u00e9glementation n\u2019ont pas pris part au processus d\u2019accommodement<a href=\"#f128\"><sup>128<\/sup><\/a>. Il est noter que le juge de la Cour d\u2019appel Ryer (pronon\u00e7ant le jugement de la Cour) n\u2019a pas reconnu (citant encore une fois le jugement Iacobucci) \u00a0que \u00a0l\u2019article \u00a035 de la <i>Loi constitutionnelle de 1982 <\/i>cr\u00e9ait une source s\u00e9par\u00e9e d\u2019obligations envers les peuples autochtones. Rappelons ses dispositions :<\/p>\n<p>35. (1) \u00a0Les \u00a0droits \u00a0existants \u00a0ancestraux \u00a0ou issus\u00a0\u00a0 de trait\u00e9s \u00a0des \u00a0peuples autochtones du Canada sont reconnus et confirm\u00e9s.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>(2)\u00a0\u00a0 Dans la pr\u00e9sente loi, \u00ab peuples autochtones du Canada \u00bb s\u2019entend notamment des Indiens, des Inuit et des M\u00e9tis du Canada.<\/p>\n<p>(3)\u00a0\u00a0 Il est entendu que sont compris parmi les droits issus de trait\u00e9s, dont il est fait mention au paragraphe (1), les droits existants issus d\u2019accords sur des revendications \u00a0territoriales \u00a0ou \u00a0ceux susceptibles d\u2019\u00eatre ainsi acquis.<\/p>\n<p>(4)\u00a0\u00a0 Ind\u00e9pendamment de toute autre disposition de la pr\u00e9sente loi, les droits ancestraux ou issus de trait\u00e9s vis\u00e9s au paragraphe (1) sont garantis \u00e9galement aux personnes des deux sexes.<\/p>\n<p>Toutefois, dans ce cas, les consultations des promoteurs sous l\u2019\u00e9gide de l\u2019Office et l\u2019octroi de droits de participation par celui-ci aux peuples autochtones vis\u00e9s r\u00e9pondaient aux exigences proc\u00e9durales de cette obligation<a href=\"#f129\"><sup>129<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Tout ceci suscita beaucoup de confusion. Est-ce que l\u2019obligation de consulter et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, de prendre des mesures d\u2019accommodement ne relevait jamais des organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie ? Qu\u2019en est-il de l\u2019obligation d\u2019\u00e9valuer s\u2019il y a eu autrement des consultations ad\u00e9quates et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, des mesures d\u2019accommodement? Et, dans la mesure o\u00f9 il existe une obligation s\u00e9par\u00e9e d\u00e9coulant de l\u2019article 35, lorsque celle-ci est d\u00e9clench\u00e9e, quels en sont les \u00e9l\u00e9ments et jusqu\u2019\u00e0 quel point est-elle diff\u00e9rente de l\u2019obligation de consulter d\u00e9coulant \u00a0de \u00a0l\u2019honneur\u00a0 \u00a0de\u00a0 \u00a0la\u00a0 \u00a0Couronne et de toute autre responsabilit\u00e9 s\u00e9par\u00e9e ou coordonn\u00e9e pour \u00e9valuer s\u2019il y a autrement eu des consultations\u00a0 ad\u00e9quates ?<\/p>\n<p>Plusieurs de ces questions ont \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9es dans l\u2019arr\u00eat <i>Rio Tinto Alcan Inc. c. Conseil tribal Carrier Sekani<\/i><a href=\"#f130\"><sup>130<\/sup><\/a>. Il s\u2019agissait de l\u2019appel de deux d\u00e9cisions<a href=\"#f131\"><sup>131<\/sup><\/a> \u00a0o\u00f9 la Cour d\u2019appel de la Colombie-Britannique avait conclu que la <i>B<\/i><i>ritish Columbia Utilities Commission <\/i>avait manqu\u00e9 \u00e0 ses obligations, dans le cadre de proc\u00e9dures administratives, d\u2019\u00e9valuer s\u2019il y avait eu suffisamment de \u00a0consultations \u00a0et de mesures d\u2019accommodement de l\u2019une des parties \u00e0 ces proc\u00e9dures \u00e0 titre de mandataire de la Couronne. En pronon\u00e7ant le jugement de la Cour supr\u00eame du Canada, la juge en chef McLachlin a conclu que, m\u00eame si le pouvoir l\u00e9gislatif \u00a0pouvait \u00a0imposer \u00a0une\u00a0 \u00a0obligation de consulter \u00e0 un organisme ou tribunal de r\u00e9glementation<a href=\"#f132\"><sup>132<\/sup><\/a>, il devait le faire de fa\u00e7on explicite ou par d\u00e9duction n\u00e9cessaire et que, contrairement \u00e0 l\u2019obligation d\u2019examiner des questions constitutionnelles, cette obligation ne pouvait simplement d\u00e9couler d\u2019un droit conf\u00e9r\u00e9 par la loi lui permettant d\u2019examiner des questions de droit \u00a0li\u00e9es \u00a0aux \u00a0proc\u00e9dures en cours. Comme il n\u2019y avait \u00a0pas, \u00a0dans \u00a0ce cas, de pouvoirs conf\u00e9r\u00e9s express\u00e9ment \u00a0ou par d\u00e9duction n\u00e9cessaire, la Commission n\u2019avait aucune mission ni responsabilit\u00e9 d\u2019entreprendre elle-m\u00eame des consultations avec les peuples autochtones \u00a0vis\u00e9s<a href=\"#f133\"><sup>133<\/sup><\/a>. Toutefois, la juge a \u00e9galement conclu que la Commission avait l\u2019autorit\u00e9 \u00a0de \u00a0d\u00e9terminer si les proc\u00e9dures portaient sur les droits, les int\u00e9r\u00eats ou les demandes ind\u00e9termin\u00e9es des peuples autochtones et si oui, de d\u00e9terminer si la Couronne avait men\u00e9 suffisamment de consultations et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, avait pris des mesures d\u2019accommodement ad\u00e9quates. Ceci d\u00e9coulait du pouvoir de la Commission de trancher des questions de droit dans l\u2019exercice de son autorit\u00e9 ainsi que de l\u2019exigence qu\u2019elle tienne compte de \u00ab tout autre \u00e9l\u00e9ment jug\u00e9 pertinent eu \u00e9gard \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat public \u00bb<a href=\"#f134\"><sup>134<\/sup><\/a>. Il est toutefois incertain si la pr\u00e9sence d\u2019un seul de ces facteurs aurait \u00e9t\u00e9 suffisante pour d\u00e9clencher ce pouvoir (\u00e0 vrai dire, cette obligation).<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>Il est \u00e9galement important de lire \u00e0 cet \u00e9gard le jugement subs\u00e9quent de la Cour dans l\u2019arr\u00eat <i>B<\/i><i>eckman c. Premi\u00e8re nation de Little Salmon\/ Carmacks<\/i><a href=\"#f135\"><sup>135<\/sup><\/a>. L\u2019une des questions en litige portait sur le caract\u00e8re ad\u00e9quat des efforts de consultation d\u00e9ploy\u00e9s par les d\u00e9cideurs agissant pour le compte d\u2019un minist\u00e8re. Cette \u00e9valuation s\u2019appuyait sur la pr\u00e9misse que ces organismes et repr\u00e9sentants du gouvernement constituaient la Couronne \u00e0 ces fins et que ceux-ci avaient non seulement le pouvoir (et la responsabilit\u00e9) de mener des consultations (ainsi que d\u2019\u00e9valuer les efforts de consultations d\u00e9ploy\u00e9s par d\u2019autres) mais \u00e9galement la capacit\u00e9 de r\u00e9pondre, au moins partiellement, \u00e0 l\u2019obligation \u00a0g\u00e9n\u00e9rale de la Couronne de consulter \u00a0et \u00a0de \u00a0prendre des mesures d\u2019accommodement. En d\u2019autres termes, la d\u00e9cision dans l\u2019arr\u00eat <i>C<\/i><i>arrier Sekani<\/i>, suivant laquelle le pouvoir de mener des consultations devait \u00eatre conf\u00e9r\u00e9 express\u00e9ment ou par d\u00e9duction n\u00e9cessaire, se limitait probablement aux organismes et tribunaux ind\u00e9pendants.<\/p>\n<p>Ce qui n\u2019apporte pas \u00e9videmment des r\u00e9ponses \u00e0 toutes les questions sur les consultations et les organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie. En fait, la Cour supr\u00eame n\u2019a, pour l\u2019instant du moins, apparemment pas profit\u00e9 de l\u2019occasion de combler le vide lorsque, peu apr\u00e8s la publication de l\u2019affaire <i>B<\/i><i>eckman<\/i>, a refus\u00e9 le droit d\u2019interjeter appel dans l\u2019arr\u00eat <i>P<\/i><i>r<\/i><i>emi\u00e8re nation dakota de Standing Buffalo<\/i>, une affaire sur laquelle elle avait de toute \u00e9vidence, attendu de se prononcer pr\u00e9alablement aux d\u00e9cisions dans les deux autres appels<a href=\"#f136\"><sup>136<\/sup><\/a>. Il est toutefois possible d\u2019\u00e9laborer une version plausible et raisonnablement compl\u00e8te de la relation entre les tribunaux et organismes de r\u00e9glementation et les droits de consultations des peuples autochtones en s\u2019appuyant sur deux r\u00e9centes d\u00e9cisions de la Cour supr\u00eame et les parties restantes des deux arr\u00eats \u00a0<i>Nation \u00a0Ojibway, de Brokenhead <\/i>et <i>Premi\u00e8re nation dakota de, Standing Buffalo<\/i>:<\/p>\n<p>1) Contrairement aux fonctionnaires et aux organes qui agissent sous l\u2019\u00e9gide d\u2019un minist\u00e8re ou organisme, les tribunaux et organismes de r\u00e9glementation n\u2019ont pas l\u2019autorit\u00e9 d\u2019entreprendre des consultations avec les peuples autochtones, sauf lorsque ce pouvoir leur est conf\u00e9r\u00e9 express\u00e9ment ou d\u00e9coule par d\u00e9duction n\u00e9cessaire d\u2019une loi principale. Il ne semble pas y avoir pr\u00e9sentement d\u2019exemples \u00e0 cet effet au sein des organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie.<\/p>\n<p>2) Par contre, il semble qu\u2019ils auront le pouvoir, voire l\u2019obligation, d\u2019examiner les questions en litige dont ils sont saisis afin de d\u00e9terminer si la Couronne a l\u2019obligation de consulter, et dans l\u2019affirmative, si elle a d\u00fbment rempli cette obligation<a href=\"#f137\"><sup>137<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>3) Il se peut toutefois que ce pouvoir et cette obligation fassent l\u2019objet d\u2019une exclusion l\u00e9gislative \u00a0conform\u00e9ment \u00a0\u00e0 \u00a0ce \u00a0qui \u00a0est pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article 21 de la <i>Responsible Energy Development Act <\/i>de l\u2019Alberta sur l\u2019autorit\u00e9 du tout nouveau <i>Alberta Energy Regulator<\/i><a href=\"#f138\"><sup>138<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>4) Nonobstant 1, la Couronne peut, dans le but de remplir son obligation de consulter, s\u2019appuyer sur les proc\u00e9dures adopt\u00e9es\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 par les organismes de r\u00e9glementation \u00a0en \u00a0mati\u00e8re\u00a0 \u00a0d\u2019\u00e9nergie (y compris les exigences impos\u00e9es aux promoteurs en mati\u00e8re de consultations) dans la mesure o\u00f9 les peuples autochtones ont \u00e9t\u00e9 suffisamment consult\u00e9s et que ces consultations r\u00e9pondent, au moins en partie, aux normes de cette obligations.<\/p>\n<p>5) Quelle que soit l\u2019obligation de la Couronne de consulter et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, de prendre des mesures d\u2019accommodement, les principes d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale de la Common \u00a0Law \u00a0et, de fa\u00e7on plus importante, les droits reconnus aux termes de l\u2019article 35 de la <i>Loi constitutionnelle de 1982 <\/i>imposent aux organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie des responsabilit\u00e9s proc\u00e9durales sp\u00e9ciales \u00e0 l\u2019\u00e9gard des peuples autochtones lorsque les questions dont sont saisis ces organismes visent droits, int\u00e9r\u00eats et demandes encore ind\u00e9termin\u00e9es des peuples autochtones<a href=\"#f139\"><sup>139<\/sup><\/a>. Ces responsabilit\u00e9s peuvent \u00eatre partiellement remplies en confiant les consultations aux promoteurs.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>Plus r\u00e9cemment, dans l\u2019arr\u00eat <i>B<\/i><i>ehn c. Moulton Contracting Ltd.<\/i><a href=\"#f140\"><sup>140<\/sup><\/a>, la Cour supr\u00eame a confirm\u00e9 un autre principe qui est d\u2019importance cruciale non seulement pour le d\u00e9roulement des consultations de ces organismes de r\u00e9glementation qui ont l\u2019autorit\u00e9 de consulter, mais aussi pour l\u2019\u00e9valuation des consultations de la Couronne par les organismes de r\u00e9glementation :<\/p>\n<p>L\u2019obligation de consultation existe pour la protection des droits collectifs des peuples autochtones. C\u2019est pourquoi \u00a0elle est due au groupe autochtone titulaire des droits prot\u00e9g\u00e9s par l\u2019art. 35, qui sont par nature des droits collectifs (\u2026) Un groupe autochtone peut toutefois autoriser un individu ou un organisme \u00e0 le repr\u00e9senter en vue de faire valoir ses droits garantis par l\u2019art. 35 (&#8230;)<\/p>\n<p>Sans une telle autorisation, \u00a0les \u00a0organismes de r\u00e9glementation doivent tenter \u00a0de \u00a0rep\u00e9rer les peuples autochtones vis\u00e9s pour fin d\u2019avis \u00e0 \u00e9mettre, de \u00a0consultations \u00a0\u00e0 \u00a0entreprendre et d\u2019\u00e9valuations des efforts de consultation d\u00e9ploy\u00e9s par d\u2019autres. M\u00eame si le processus de rep\u00e9rage peut lui-m\u00eame constituer un exercice compliqu\u00e9 o\u00f9 il y aura des chevauchements ou des contestations (entre les peuples autochtones et au sein de ceux-ci) de droits et de demandes, au moins il r\u00e9tr\u00e9cit le champ de ceux qui peuvent demander \u00e0 l\u2019organisme de r\u00e9glementation de rendre des comptes.<\/p>\n<p>\u00c0 la lumi\u00e8re de tout ce qui pr\u00e9c\u00e8de et, notamment, en ce qui concerne les obligations d\u2019\u00e9valuer les efforts de consultations d\u00e9ploy\u00e9s par d\u2019autres et les responsabilit\u00e9s probablement s\u00e9par\u00e9es \u00a0de \u00a0l\u2019organisme \u00a0de\u00a0 \u00a0r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie de l\u2019article 35, la fa\u00e7on la plus \u00e9vidente d\u2019\u00e9viter les pi\u00e8ges \u00e0 cet \u00e9gard pour les organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie est de prendre des mesures proactives et de mettre en place des politiques d\u00e9taill\u00e9es sur les <i>consultations <\/i>avec les peuples autochtones<a href=\"#f141\"><sup>141<\/sup><\/a>. Il est \u00e9galement important nos seulement de demander aux peuples autochtones leur apport dans l\u2019\u00e9laboration de ces politiques, mais aussi de reconna\u00eetre que les organismes de r\u00e9glementation ne s\u2019acquitteront pas de leur obligation de consulter simplement en veillant \u00e0 ce que les peuples autochtones vis\u00e9s aient des chances \u00e9gales de participer \u00e0 toute audience exactement de la m\u00eame fa\u00e7on que les autres parties et les intervenants. La jurisprudence<a href=\"#f142\"><sup>142<\/sup><\/a> reconna\u00eet \u00a0que \u00a0l\u2019honneur \u00a0de la Couronne peut engendrer des formes de consultations individualis\u00e9es et personnalis\u00e9es avec les peuples autochtones vis\u00e9s.<\/p>\n<p>En l\u2019absence de politiques sur les consultations, il peut incomber \u00e0 certains comit\u00e9s au sein d\u2019organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie \u00e0 la fois d\u2019\u00eatre \u00e0 l\u2019aff\u00fbt d\u2019une possible incidence de la r\u00e9glementation dans les propositions sur les peuples \u00a0autochtones \u00a0et de bien comprendre la fa\u00e7on de remplir leur propres obligations. Il y a un \u00e9norme danger que des d\u00e9faillances initiales puissent engendrer de tr\u00e8s longues proc\u00e9dures de contr\u00f4le judiciaire et d\u00e9courager les initiatives en mati\u00e8re de r\u00e9glementation<a href=\"#f143\"><sup>143<\/sup><\/a>.<\/p>\n<h2>15.\u00a0\u00a0 Motifs<\/h2>\n<p>Jusqu\u2019\u00e0 tout r\u00e9cemment, la \u00a0Common \u00a0Law du \u00a0Canada \u00a0ne \u00a0reconnaissait \u00a0pas \u00a0l\u2019existence d\u2019une obligation de la part des tribunaux et organismes administratifs de fournir des motifs de leurs d\u00e9cisions. Il a fallu attendre jusqu\u2019en 1999 avec l\u2019arr\u00eat <i>B<\/i><i>aker c. Canada (Ministre de la Citoyennet\u00e9 et de l\u2019Immigration)<\/i><a href=\"#f144\"><sup>144<\/sup><\/a>, et, m\u00eame alors, la Cour n\u2019a pas \u00e9tabli d\u2019exigence universelle pour la prise de d\u00e9cision administrative. Avant cela, par ailleurs, il existait, au moins dans deux provinces, des obligations de fournir des motifs dans les lois g\u00e9n\u00e9rales de proc\u00e9dure administrative : l\u2019Alberta<a href=\"#f145\"><sup>145<\/sup> <\/a>et l\u2019Ontario<a href=\"#f146\"><sup>146<\/sup><\/a>. Dans chacune d\u2019elles, ces lois g\u00e9n\u00e9rales de proc\u00e9dure s\u2019appliquaient aux organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie. Les organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie doivent donc, depuis assez longtemps, r\u00e9pondre aux exigences statutaires de fournir des motifs. En effet, \u00e0 part \u00a0possiblement une exception, laquelle sera abord\u00e9e dans la prochaine section, je crois que les organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie ont r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9viter le contr\u00f4le judiciaire portant sur le manquement \u00e0 cette obligation, qu\u2019elle soit impos\u00e9e par la Common Law ou par la loi<a href=\"#f147\"><sup>147<\/sup><\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>Ce n\u2019est toutefois pas une raison de nous complaire. Ce qui importe avant tout, en fait, ce n\u2019est pas de savoir s\u2019il y a un document \u00e9tablissant les motifs de l\u2019organisme ou du tribunal, mais plut\u00f4t la qualit\u00e9 du raisonnement de ce dernier. Des lacunes au niveau de la qualit\u00e9 peuvent entra\u00eener la contestation de l\u2019issue d\u2019une audience. La Cour supr\u00eame du Canada a r\u00e9cemment soulign\u00e9 cela dans l\u2019arr\u00eat <i>N<\/i><i>ewfoundland and Labrador Nurses\u2019 Union c. Terre-Neuve-et-Labrador (Conseil du Tr\u00e9sor)<\/i><a href=\"#f148\"><sup>148<\/sup><\/a>. La juge Abella, qui \u00a0pronon\u00e7ait \u00a0le \u00a0jugement de la Cour, a finalement apport\u00e9 une r\u00e9ponse \u00e0 un probl\u00e8me jusque l\u00e0 insoluble : est-ce que l\u2019insuffisance de motifs, plut\u00f4t que l\u2019absence de motifs, peut donner ouverture \u00e0 un contr\u00f4le judiciaire fond\u00e9 sur l\u2019iniquit\u00e9 proc\u00e9durale ? Elle a conclu que non. N\u00e9anmoins, une d\u00e9cision qui ne s\u2019appuierait pas sur des motifs suffisants, \u00e0 savoir des motifs qui r\u00e9pondent aux normes li\u00e9es \u00ab \u00e0 la justification de la d\u00e9cision, \u00e0 la transparence et \u00e0 l\u2019intelligibilit\u00e9 du processus d\u00e9cisionnel \u00bb, comme pr\u00e9cis\u00e9 dans l\u2019arr\u00eat <i>Dunsmuir c. Nouveau-Brunswick<\/i><a href=\"#f149\"><sup>149<\/sup><\/a>, pourrait faire l\u2019objet d\u2019un contr\u00f4le judiciaire au motif que la d\u00e9cision \u00e9tait d\u00e9raisonnable.<\/p>\n<p>Les cours sont toutefois conscientes des r\u00e9alit\u00e9s auxquelles sont confront\u00e9s les organismes et tribunaux administratifs. Ainsi, dans l\u2019arr\u00eat <i>Judd v. Alberta (Energy Resources Conservation Board)<\/i><a href=\"#f150\"><sup>150<\/sup><\/a>, la juge de la Cour d\u2019appel Conrad a admis :<\/p>\n<p>Procurer les motifs d\u2019une d\u00e9cision ne signifie pas que le tribunal doit discuter de chacun des \u00e9l\u00e9ments de la preuve soumise et ce sur quoi il s\u2019est appuy\u00e9 pour accepter ou rejeter chacun d\u2019entre eux : <i>J<\/i><i>ohnston v. Alberta (Energy &amp; Utilities Board) <\/i>(1997), 200 \u00a0A.R. \u00a0321 \u00a0par \u00a010. \u00a0Les \u00a0motifs \u00a0dans l\u2019ensemble doivent \u00a0indiquer \u00a0les \u00a0motifs que l\u2019ECRB a accept\u00e9 pour parvenir \u00e0 sa d\u00e9cision.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>La juge Abella a exprim\u00e9 une id\u00e9e semblable dans l\u2019arr\u00eat <i>N<\/i><i>ewfoundland and Labrador Nurses\u2019 Union<\/i><a href=\"#f151\"><sup>151<\/sup><\/a>, et s\u2019est appuy\u00e9e en ce sens sur<a href=\"#f152\"><sup>152<\/sup><\/a> une d\u00e9claration ant\u00e9rieure du juge Evans de la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale, qui affirmait qu\u2019\u00ab [o]n ne s\u2019atten[d] pas \u00e0 de la perfection \u00bb<a href=\"#f153\"><sup>153<\/sup><\/a>. Il est encore plus \u00a0important \u00a0de \u00a0souligner \u00a0qu\u2019elle a \u00e9galement accept\u00e9 \u00a0qu\u2019en \u00a0ce \u00a0qui \u00a0concerne le contr\u00f4le judiciaire, les motifs \u00a0ne \u00a0doivent pas \u00eatre examin\u00e9s s\u00e9par\u00e9ment de \u00a0la \u00a0preuve, des arguments et du processus, qui peuvent tous justifier une conclusion qui aurait pu autrement para\u00eetre d\u00e9raisonnable<a href=\"#f154\"><sup>154<\/sup><\/a>. En effet, ces documents ainsi que l\u2019\u00e9valuation des cours de r\u00e9vision elles-m\u00eames de l\u2019issue, \u00e0 la lumi\u00e8re des dispositions l\u00e9gislatives et des objectifs vis\u00e9s, peuvent se substituer \u00e0 des motifs plus complets et plus satisfaisants sur lesquels s\u2019appuierait une d\u00e9cision raisonnable qui est contest\u00e9e<a href=\"#f155\"><sup>155<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Toutefois, les organismes et tribunaux ne doivent pas se \u00a0montrer \u00a0trop \u00a0confiants \u00a0que la Cour sera toujours dispos\u00e9e \u00e0 combler les lacunes et \u00e0 discerner des justifications qui ne sont pas facilement ou \u00e0 peine apparentes apr\u00e8s un coup d\u2019\u0153il sur les motifs fournis. Une saine administration publique, notamment l\u2019\u00e9quit\u00e9 envers les parties, qui consiste \u00e0 leur expliquer les motifs de la d\u00e9cision, constitue une autre raison \u00a0fondamentale \u00a0de \u00a0prendre \u00a0au \u00a0s\u00e9rieux l\u2019obligation de fournir des \u00a0motifs \u00a0suffisants. Le juge Stratas de la Cour d\u2019appel f\u00e9d\u00e9rale, a bien exprim\u00e9 cela dans l\u2019arr\u00eat <i>Administration de l\u2019a\u00e9roport international de Vancouver c. Alliance de la fonction publique du Canada <\/i>en d\u00e9clarant que les motifs<\/p>\n<p>(\u2026) doivent garantir aux parties que leurs observations ont \u00e9t\u00e9 prises en consid\u00e9ration, permettre au tribunal de r\u00e9vision de mener un examen valable et \u00eatre transparents afin de fournir une ligne de conduite aux personnes r\u00e9glement\u00e9es<a href=\"#f156\"><sup>156<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>En outre, malgr\u00e9 les pr\u00e9cisions \u00a0apport\u00e9es par la juge Abella sur le besoin de motifs compr\u00e9hensibles et complets, la cour de r\u00e9vision et d\u2019appel, se livrant \u00e0 son propre exercice de reconstruction, pourrait ne pas \u00eatre en mesure de discerner un fondement raisonnable \u00e0 la d\u00e9cision, alors que des motifs suffisants auraient pu l\u2019exprimer clairement. En outre, lorsqu\u2019il est impossible de conclure si la d\u00e9cision est raisonnable, m\u00eame dans le cadre plus large de preuve sugg\u00e9r\u00e9 par la juge Abella, le r\u00e9sultat ultime sera un renvoi \u00e0 l\u2019organisme ou au tribunal en vue d\u2019obtenir de celui-ci des motifs plus complets et plus pr\u00e9cis. De telles issues ne sont pas dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de la justice administrative et de l\u2019efficacit\u00e9 r\u00e9glementaire.<\/p>\n<p>C\u2019est pourquoi le crit\u00e8re suivant, que le juge Iacobucci a \u00e9labor\u00e9 au nom d\u2019une Cour supr\u00eame \u00a0du \u00a0Canada \u00a0unanime \u00a0dans \u00a0l\u2019arr\u00eat <i>B<\/i><i>arreau du Nouveau-Brunswick c. Ryan<\/i><a href=\"#f157\"><sup>157<\/sup><\/a> \u00a0et qui consiste \u00e0 se demander si une d\u00e9cision est acceptable aux termes de la norme de contr\u00f4le de la d\u00e9cision d\u00e9raisonnable continue de servir de ligne de conduite aux tribunaux qui tentent d\u2019\u00e9valuer si leurs motifs sont suffisants :<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>La d\u00e9cision n\u2019est d\u00e9raisonnable que si aucun mode d\u2019analyse, dans les motifs avanc\u00e9s, ne pouvait raisonnablement amener le tribunal, au vu de la preuve, \u00e0 conclure comme il l\u2019a fait<a href=\"#f158\"><sup>158<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>En soulignant ainsi l\u2019importance du mode d\u2019analyse dans le cadre de la preuve au dossier lance un message \u00e9vident aux organismes et tribunaux administratifs : veillez \u00e0 ce que vos motifs puissent \u00eatre logiquement tir\u00e9s de la preuve et trouvez un point de rep\u00e8re dans les documents pr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 l\u2019audience.<\/p>\n<p>Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, le crit\u00e8re d\u00e9cisif pour le tribunal ou l\u2019organisme qui d\u00e9sire \u00e9noncer des motifs qui sont non seulement \u00e0 toute \u00e9preuve, mais qui r\u00e9pondent aussi aux exigences de la politique sous-tendant l\u2019obligation de fournir des motifs suffisants, est le suivant : 1) les motifs sont-ils compr\u00e9hensibles? 2) r\u00e9pondent- ils de fa\u00e7on d\u00e9taill\u00e9e \u00e0 tous les points en litige au cours de l\u2019audience? 3) fournissent-ils un fondement \u00e0 partir duquel a) les parties peuvent d\u00e9cider d\u2019interjeter appel ou faire une demande de contr\u00f4le judiciaire ? Et \u00e0 partir duquel b) la cour de r\u00e9vision peut \u00e9valuer l\u2019exactitude ou le caract\u00e8re raisonnable des conclusions tir\u00e9es ?<\/p>\n<h2>16.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 D\u00e9rogations aux pr\u00e9c\u00e9dents et aux principes g\u00e9n\u00e9raux de r\u00e9glementation<\/h2>\n<p>J\u2019ai d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9 que, dans le cadre des consultations \u00a0internes<a href=\"#f159\"><sup>159<\/sup><\/a>, \u00a0la \u00a0loi \u00a0canadienne sur le contr\u00f4le judiciaire ne reconna\u00eet pas l\u2019incoh\u00e9rence \u00e0 titre de motif autonome de contr\u00f4le judiciaire. Il semble, toutefois, y avoir une tendance de la part des cours de justice \u00e0 consid\u00e9rer que l\u2019obligation de fournir des motifs soit plus on\u00e9reuse dans les cas o\u00f9 un organisme d\u00e9roge \u00e0 ses propres pr\u00e9c\u00e9dents ou \u00e0 des principes g\u00e9n\u00e9raux de r\u00e9glementation qui ont parfois \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9s en collaboration par un organisme de r\u00e9glementation et les cours de justice dans le cadre d\u2019un contr\u00f4le judiciaire ou d\u2019un appel pr\u00e9vu par la loi.<\/p>\n<p>L\u2019un des exemples les plus clairs \u00e0 ce sujet provient du jugement dissident de juges Rothstein et Moldaver dans l\u2019arr\u00eat S<i>yndicat canadien des communications, de l\u2019\u00e9nergie et du papier, section locale 30 c. P\u00e2tes &amp; Papier Irving, Lt\u00e9e<\/i><a href=\"#f160\"><sup>160<\/sup><\/a>, o\u00f9 ils ont d\u00e9clar\u00e9 :<\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, bien que les arbitres soient libres de faire abstraction du consensus arbitral applicable et d\u2019adopter une opinion diff\u00e9rente, il leur incombe d\u2019expliquer le fondement de leur d\u00e9cision. Comme l\u2019a soulign\u00e9 la Cour, \u00ab [l]e caract\u00e8re raisonnable tient principalement \u00e0 la justification de la d\u00e9cision, \u00e0 la transparence et \u00e0 l\u2019intelligibilit\u00e9 du processus d\u00e9cisionnel \u00bb (<i>Dunsmuir<\/i>, [<i>sup<\/i><i>r<\/i><i>a <\/i>note 110]au para 47). \u00a0Puisque \u00a0les \u00a0juges ne sont pas des \u00a0t\u00e9l\u00e9pathes, \u00a0il \u00a0est \u00a0difficile de voir comment une \u00ab cour de r\u00e9vision [pourrait] comprendre le fondement de la d\u00e9cision du [conseil] sans que ce dernier explique implicitement ou explicitement pourquoi il a fait abstraction du consensus arbitral \u00bb <i>(<\/i><i>N<\/i><i>ewfoundlan<\/i><i>d and Labrador Nurses\u2019 Union c. Terre Neuve et \u00a0Labrador \u00a0(Conseil du Tr\u00e9sor) <\/i>[<i>sup<\/i><i>r<\/i><i>a <\/i>note 148]au para 16). Le contr\u00f4le judiciaire du caract\u00e8re raisonnable comprend \u00a0la \u00a0capacit\u00e9 \u00a0pour \u00a0les \u00a0tribunaux de se questionner sur l\u2019opportunit\u00e9 de se conformer ou non au consensus lorsque, dans les cas comme celui qui nous occupe, il n\u2019existe aucun fondement apparent pour d\u00e9duire qu\u2019il serait logique de ne pas le suivre<a href=\"#f161\"><sup>161<\/sup><\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p>Bien qu\u2019il \u00a0s\u2019agisse \u00a0d\u2019un \u00a0jugement \u00a0dissident, il est important de souligner que la majorit\u00e9 et la minorit\u00e9 de la Cour supr\u00eame \u00e9taient en d\u00e9saccord sur la question de la coh\u00e9rence de la jurisprudence arbitrale avec la d\u00e9cision du comit\u00e9 arbitral dans ce cas, avec la majorit\u00e9 qui appuyait, en partie, sa conclusion que la d\u00e9cision soumise au contr\u00f4le judiciaire \u00e9tait raisonnable en faisant\u00a0 valoir\u00a0 que\u00a0 l\u2019arbitre avait appliqu\u00e9 \u00ab une jurisprudence arbitrale remarquablement constante \u00bb<a href=\"#f162\"><sup>162<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Dans un contexte de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie, l\u2019id\u00e9e d\u2019obligation accrue en \u00a0ce qui a trait aux motifs dans les cas impliquant la d\u00e9rogation aux pr\u00e9c\u00e9dents et \u00e0 la th\u00e9orie r\u00e9glementaire g\u00e9n\u00e9rale appara\u00eet tr\u00e8s clairement dans l\u2019arr\u00eat <i>Power Workers\u2019 Union (Canadian Union of Public Employees, Local 1000) v. Ontario (Energy Board)<\/i><a href=\"#f163\"><sup>163<\/sup><\/a>, un jugement rendu le 4 juin 2013, seulement dix jours avant celui de la Cour supr\u00eame dans <i>Irving Pulp &amp; Paper Ltd. <\/i>Cette affaire mettait en cause l\u2019appel d\u2019une d\u00e9cision de la <i>Commission de l\u2019\u00e9nergie de l\u2019Ontario <\/i>sur la requ\u00eate g\u00e9n\u00e9rale de hausse tarifaire soumise par l\u2019<i>Ontario Power Generation<\/i>, o\u00f9 la Commission avait consid\u00e9rablement r\u00e9duit les revenus projet\u00e9s qu\u2019elle r\u00e9clamait pour couvrir ses d\u00e9dommagements nucl\u00e9aires et ses charges salariales. La Commission, dans ce cas, a trait\u00e9 les d\u00e9dommagements comme des frais projet\u00e9s qui faisaient l\u2019objet de r\u00e9vision aux termes des pr\u00e9c\u00e9dents et de la th\u00e9orie g\u00e9n\u00e9rale de r\u00e9glementation de l\u2019OEB, par \u00a0rapport \u00a0\u00e0 un \u00e9ventail de consid\u00e9rations, et comme des co\u00fbts engag\u00e9s, pr\u00e9sum\u00e9ment, encore une fois, aux termes des pr\u00e9c\u00e9dents et de la th\u00e9orie r\u00e9glementaire g\u00e9n\u00e9rale de \u00a0la \u00a0Commission, non r\u00e9ductibles sans une r\u00e9vision prudente. Nonobstant le fait que la question des frais de d\u00e9dommagement en question avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9solue par une convention collective, la Commission a refus\u00e9 de les traiter comme des co\u00fbts engag\u00e9s, possiblement au motif que les co\u00fbts engag\u00e9s \u00e0 ces fins se limitaient aux d\u00e9penses en capital, plut\u00f4t qu\u2019aux frais d\u2019exploitation. Cette conclusion (et la r\u00e9duction des revenus r\u00e9clam\u00e9s) a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e en appel \u00e0 la Cour divisionnaire par une majorit\u00e9 de cette Cour, au motif que cela \u00e9tait raisonnable<a href=\"#f164\"><sup>164<\/sup><\/a>. En reversant cette d\u00e9cision et en annulant la d\u00e9cision de la Commission \u00e0 cet \u00e9gard, la Cour d\u2019appel a conclu que cette d\u00e9cision \u00e9tait d\u00e9raisonnable et a d\u00e9clar\u00e9 :<\/p>\n<p>Nous affirmons cela pour deux raisons. Premi\u00e8rement, parce que l\u2019approche de la Commission sur ces co\u00fbts engag\u00e9s est contraire \u00e0 l\u2019approche exig\u00e9e aux termes de sa propre jurisprudence et de ce qui a \u00e9t\u00e9 accept\u00e9 [<a href=\"#f165\"><sup>165<\/sup><\/a>] par cette cour. Deuxi\u00e8mement, parce \u00a0qu\u2019il \u00a0est \u00a0d\u00e9raisonnable\u00a0 \u00a0d\u2019exiger de l\u2019OPG qu\u2019elle g\u00e8re des co\u00fbts que, conform\u00e9ment \u00e0 la loi, elle ne peut g\u00e9rer<a href=\"#f166\"><sup>166<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Bien que je ne sois pas pr\u00eat \u00e0 dire qu\u2019il s\u2019agit indirectement de contr\u00f4le judiciaire pour incoh\u00e9rence, ce jugement d\u00e9montre que les organismes de r\u00e9glementation ont l\u2019obligation de bien conna\u00eetre leurs pr\u00e9c\u00e9dents et ceux des cours de justice avant de prendre une nouvelle direction. \u00c0 d\u00e9faut de quoi, les cours de r\u00e9vision et d\u2019appel ne consentiront peut-\u00eatre pas \u00e0 entendre des arguments post-d\u00e9cisionnels portant sur des d\u00e9rogations \u00e0 une jurisprudence ant\u00e9rieure.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<h2>17.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00c9viter les d\u00e9clarations de principes \u00e0 l\u2019emporte-pi\u00e8ce<\/h2>\n<p>Depuis l\u2019arr\u00eat <i>Dunsmuir c. Nouveau- Brunswick<\/i><a href=\"#f167\"><sup>167<\/sup><\/a>, la Cour \u00a0supr\u00eame \u00a0du \u00a0Canada se montre de plus en plus favorable, au niveau th\u00e9orique, \u00e0 la norme de contr\u00f4le pr\u00e9dominante \u00a0de \u00a0raisonnabilit\u00e9 \u00a0empreinte de d\u00e9f\u00e9rence comme norme pr\u00e9sum\u00e9e \u00a0ou par d\u00e9faut. La norme de la d\u00e9cision correcte en mati\u00e8re de contr\u00f4le judiciaire est de plus en plus exceptionnelle. Dans un document pr\u00e9sent\u00e9 au Cinqui\u00e8me Forum annuel sur l\u2019\u00e9nergie \u00e0 La Malbaie, le 17 mai 2012, \u00ab Recent Developments in Administrative Law Relevant to Energy Law and Regulation \u00bb, j\u2019ai expliqu\u00e9 en d\u00e9tails cette \u00e9volution en faisant allusion \u00e0 neuf jugements de la Cour supr\u00eame du Canada rendus depuis octobre 2011. Voici un sommaire de mes conclusions :<\/p>\n<p>L\u2019arr\u00eat <i>Dunsmuir <\/i>a reconnu quatre situations o\u00f9 la norme de la d\u00e9cision correcte serait applicable. Dans ces quatre cas, les d\u00e9cisions suivantes de la Cour supr\u00eame du Canada ont soulign\u00e9 que les cours de r\u00e9vision devraient veiller \u00e0 ne pas interpr\u00e9ter trop largement leur port\u00e9e [<a href=\"#f168\"><sup>168<\/sup><\/a>]. Ce qui a contribu\u00e9 \u00e0 une augmentation consid\u00e9rable de cas o\u00f9 le contr\u00f4le du caract\u00e8re\u00a0\u00a0 \u00a0d\u00e9raisonnable\u00a0\u00a0 \u00a0empreint\u00a0\u00a0 \u00a0de d\u00e9f\u00e9rence \u00e9tait la norme requise. D\u2019autres \u00e9nonc\u00e9s dans <i>Dunsmuir <\/i>y ont contribu\u00e9 : minimiser l\u2019expertise \u00e0 titre de facteur de l\u2019analyse, consentir \u00e0 revoir la jurisprudence sur la norme de contr\u00f4le lorsqu\u2019il y a des doutes sur le bien-fond\u00e9 de la norme de contr\u00f4le utilis\u00e9e dans ces pr\u00e9c\u00e9dents et accepter le fait que le contr\u00f4le ne devrait pas n\u00e9cessairement s\u2019\u00e9tendre \u00e0 la d\u00e9cision du d\u00e9cideur exer\u00e7ant une pr\u00e9rogative ou un pouvoir conf\u00e9r\u00e9 par la loi lorsque celui-ci ne fournit pas de motifs pour sa d\u00e9cision, et notamment dans les cas o\u00f9 il n\u2019y a pas d\u2019obligation l\u00e9gislative ou en vertu de la Common Law de fournir ces motifs. En effet, m\u00eame s\u2019il y a une telle obligation, la Cour peut trouver au-del\u00e0 des motifs les justifications sur lesquelles s\u2019est appuy\u00e9 le d\u00e9cideur exer\u00e7ant une pr\u00e9rogative ou un pouvoir conf\u00e9r\u00e9 par la loi. L\u2019insuffisance des motifs ne suffit pas \u00e0 elle seule \u00e0 d\u00e9clencher le contr\u00f4le judiciaire. En outre, la Cour supr\u00eame a envoy\u00e9 un message tr\u00e8s clair aux tribunaux inf\u00e9rieurs, d\u2019abord dans l\u2019arr\u00eat <i>S<\/i><i>mith c. Alliance Pipeline Ltd.<\/i>, [<a href=\"#f169\"><sup>169<\/sup><\/a>], puis confirm\u00e9 avec emphase par le juge Rothstein dans l\u2019arr\u00eat <i>A<\/i><i>lberta (Information and Privacy Commissioner)<\/i>:<\/p>\n<p>[L]orsqu\u2019un tribunal administratif interpr\u00e8te sa propre loi constitutive ou une loi \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 son mandat et dont il a une connaissance approfondie, la d\u00e9f\u00e9rence est habituellement de mise. [<a href=\"#f170\"><sup>170<\/sup><\/a>]<\/p>\n<p>De plus, dans ce qui suit, le juge Rothstein souligne que ce n\u2019est pas une pr\u00e9somption facilement r\u00e9futable.<\/p>\n<\/div>\n<div>Toutefois, j\u2019ai ensuite fait valoir qu\u2019en ce qui concerne la question d\u2019\u00e9valuer r\u00e9ellement si une d\u00e9cision est d\u00e9raisonnable, la Cour supr\u00eame du Canada s\u2019est plusieurs fois montr\u00e9e favorable, comme le d\u00e9crit un de mes correspondants, \u00e0 la \u00ab norme de la d\u00e9cision correcte d\u00e9guis\u00e9e \u00bb. En effet, un membre retrait\u00e9 de la Cour supr\u00eame du Canada a soutenu \u00e0 peu pr\u00e8s la m\u00eame chose dans l\u2019un de ses derniers jugements, dans un jugement concordant quant \u00e0 l\u2019issue : <i>Alberta (Information \u00a0and \u00a0Privacy \u00a0Commissioner<\/i><a href=\"#f171\"><sup>171<\/sup><\/a>. Le jugement du juge Binnie reposait principalement sur le jugement des juges LeBel et Cromwell dans l\u2019arr\u00eat <i>Canada (Commission canadienne des droits de la personne) c. Canada (Procureur g\u00e9n\u00e9ral)<\/i><a href=\"#f172\"><sup>172<\/sup><\/a>.<\/div>\n<div>\n<p>Je mentionne cela car je veux souligner qu\u2019une promesse de d\u00e9f\u00e9rence n\u2019est pas toujours aussi r\u00e9confortante qu\u2019elle devrait l\u2019\u00eatre pour les tribunaux et organismes. Les cours de justice, quoique appliquant pr\u00e9tendument la \u00a0norme de d\u00e9f\u00e9rence, surtout dans le cas des questions de droit, mais aussi parfois des questions de fait<a href=\"#f173\"><sup>173<\/sup><\/a>, s\u2019appuieront fortement sur le fond de la d\u00e9cision r\u00e9vis\u00e9e. Quelles le\u00e7ons peuvent en tirer les tribunaux et organismes administratifs ?<\/p>\n<p>Premi\u00e8rement, reconna\u00eetre que si vous p\u00e9n\u00e9trez dans le monde de la Constitution, de la Common Law, du <i>Code civil <\/i>et des lois auxquelles vous n\u2019\u00eates pas souvent confront\u00e9, il y a de fortes chances que vous soyez soumis \u00e0 un contr\u00f4le de d\u00e9cision correcte ou de d\u00e9cision correcte d\u00e9guis\u00e9e.<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8mement, bien qu\u2019il puisse arriver que vous n\u2019ayez pas le choix \u00e0 cet \u00e9gard, demandez- vous s\u2019il est possible, sans contrevenir \u00e0 vos responsabilit\u00e9s, de limiter \u00a0votre \u00a0d\u00e9cision \u00a0\u00e0 la loi locale et, si cela est faisable, de vous en tenir uniquement aux faits sur lesquels s\u2019appuie votre d\u00e9cision<a href=\"#f174\"><sup>174<\/sup><\/a>. \u00c9videmment, en ne rendant que des d\u00e9cisions qui s\u2019appuient enti\u00e8rement ou presque enti\u00e8rement sur des faits ne vous permettra pas d\u2019\u00e9laborer un ensemble coh\u00e9rent de pr\u00e9c\u00e9dents. N\u00e9anmoins, comme la plupart des d\u00e9cisions reposent sur les faits, \u00e9vitez la tentation de faire des d\u00e9clarations sur la loi g\u00e9n\u00e9rale et sur le droit et la politique en mati\u00e8re de r\u00e9glementation lorsqu\u2019il vous suffit d\u2019\u00e9mettre des conclusions bas\u00e9es sur les faits.<\/p>\n<p>Troisi\u00e8mement, et ceci est reli\u00e9 \u00e0 toute la question de la r\u00e9daction des motifs, je crois qu\u2019il est important de prendre le temps de fournir des explications lorsqu\u2019il y a des chances que la nature de la question en litige soit mal d\u00e9finie; de souligner que ce qui peut \u00a0sembler \u00a0\u00eatre une question de Common Law, de droit civil ou de droit g\u00e9n\u00e9ral est, en fait, une question dans un cadre tout \u00e0 fait particulier et que les dispositions l\u00e9gislatives applicables prennent tout leur sens dans ce cadre, et non au niveau de la Common Law, du droit civil ou du droit g\u00e9n\u00e9ral<a href=\"#f175\"><sup>175<\/sup><\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<p class=\"footnote\">* David J. Mullan est un professeur de droit \u00e9m\u00e9rite \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Queens o\u00f9 il a enseign\u00e9 pendant plus de 25 ans. Le professeur Mullan \u00e9tait le premier commissaire \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9 pour la ville de Toronto et est maintenant consultant et recherchiste. Il est un membre du groupe sp\u00e9cial canadien aux termes du chapitre 19 de l\u2019ALENA. Il est souvent conf\u00e9rencier lors des s\u00e9minaires de formation juridique continue, pour les membres des cours, tribunaux et organismes.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f1\"><\/a>1\u00a0\u00a0 Certaines parties du pr\u00e9sent article sont tir\u00e9es de \u00ab Administrative Law and Energy Regulation \u00bb, un chapitre de <span style=\"text-decoration: underline;\">Energy Law and Policy <\/span>de Gordon Kaiser et Bob Heggie (r\u00e9dacteurs), Toronto, Carswell, 2011, \u00e0 la p 35.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f2\"><\/a>2\u00a0 <i>Re Central Ontario Coalition and Ontario Hydro<\/i>, (1984), 46 OR (2e) 715, 10 DLR (4e) 341 (Div Ct).<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f3\"><\/a>3\u00a0 Pour un exemple d\u2019annonce de journal relative \u00e0 une requ\u00eate \u00e0 la Commission de l\u2019\u00e9nergie de l\u2019Ontario affirmant qu\u2019il \u00ab y aura un effet sur tous les consommateurs d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 en Ontario \u00bb, voir, notamment \u00ab Ontario Energy Board, Notice of Application and Hearing \u2013 Hydro One Networks Inc. \u2013 Change to Electricity Transmission Revenue and Rates \u2013 EB-2010-002 \u00bb, <i>Kingston Whig-Standard<\/i>, Lundi 14 juin 2010, \u00e0 la p11.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f4\"><\/a>4\u00a0 \u00a0<i>1657575 Ontario Ltd. v. Hamilton (City)<\/i>, (2008), 92 OR (3e) 374 (CA).<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f3\"><\/a>5\u00a0\u00a0 Comparer \u00e0 <i>Central Ontario Coalition, supra <\/i>note 2, Re Joint Board under the Consolidated Hearings Act and Ontario Hydro (1985), 51 OR (2d) 65, 19 DLR (4e) 193 (Div Ct).<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f6\"><\/a>6\u00a0 <i>Administrative Procedures and Jurisdiction Act<\/i>, RSA, 2000, c A-3 (comme amend\u00e9). La <i>Responsible Energy Development Act<\/i>, SA 2012, c R-17.3 (adopt\u00e9e partiellement le 4 juin 2013, entr\u00e9e en vigueur le 17 juin 2013: OC 163\/2013) a remplac\u00e9 l\u2019Energy Resources Conservation Board avec l\u2019Alberta Energy Regulator. La R\u00e8gle 10 des <i>Alberta Energy Regulator Rules of Practice<\/i>, AR 99\/2013, semblait adopter la modification au r\u00e8glement sur la d\u00e9signation : L\u2019<i>Authorities Designation Regulation<\/i>, AR 64\/2003, remplace la Commission avec le nouvel organisme de r\u00e9glementation mais, en fait, la modification a simplement supprim\u00e9 l\u2019Energy Resources Conservation Board sans inclure l\u2019Alberta Energy Regulator. Voir AR 64\/2003, art 1(e).<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f7\"><\/a>7\u00a0 Voir l\u2019<i>Alberta Utilities Commission Act<\/i>, SA, c A-37.2, art 9 et <i>Responsible Energy Development Act<\/i>, SA 2012, c R-17.3, art 32, 34. (Voir \u00e9galement l\u2019article 9(2) (a)(i) (A) des <i>Alberta Energy Regulator Rules of Practice <\/i>dont les dispositions sur les intervenants sont similaires).<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f8\"><\/a>8\u00a0 <i>Th\u00e1 First Nation v. Alberta (Energy and Utilities Board)<\/i>, 2005 ABCA 68, 363 AR 234.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f9\"><\/a>9\u00a0 <i>Ibid <\/i>au para 10.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f10\"><\/a>10\u00a0 Voir <i>Prince v. Alberta (Energy Resources Conservation Board)<\/i>, 2010 ABCA 214, au para 11. Au paragraphe pr\u00e9c\u00e9dent, le juge de la Cour d\u2019appel Watson confirme <i>Dene Th\u00e1 First Nation, supra <\/i>note 8, \u00e9num\u00e9rant plusieurs jugements subs\u00e9quents de la Cour d\u2019appel de l\u2019Alberta ayant confirm\u00e9 cette conclusion. Pour un d\u00e9bat tr\u00e8s utile du lien entre les motifs d\u2019appel et les principes de Common Law r\u00e9gissant la norme de contr\u00f4le, voir H. Martin Kay, Q.C., \u201cWhat Does Reasonableness Mean?\u201d, un document pr\u00e9sent\u00e9 devant l\u2019<i>Energy Regulatory Forum<\/i>, tenu \u00e0 Calgary le 10 mai 2011.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f11\"><\/a>11\u00a0 Voir <i>Prince v. Alberta (Energy Resources Conservation Board), <\/i>2007 ABCA 194, au para 37.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f12\"><\/a>12\u00a0 <i>Ibid<\/i>.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f13\"><\/a>13\u00a0 <i>Kostuch v. Alberta (Environmental Appeal Board) <\/i>(1996), 182 AR 384, 35 Admin LR (3e) 160 (CA).<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f14\"><\/a>14\u00a0 <i>SemCAMS ULC v. Alberta (Energy Resources Conservation Board), <\/i>2010 ABCA 397.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f15\"><\/a>15\u00a0\u00a0 <i>Friends of The Athabasca Environmental Assn. v. Alberta (Public Health Advisory and Appeal Board) <\/i>(1995), 181 AR 81, 34 Admin LR (2e) 167 (CA). \u00c0 cet effet, la Cour (au para 10) a rejet\u00e9 la demande dans <i>Friends of the Island c. Canada ( Ministre des Travaux publics )<\/i>, [1993] 2 CF 229 (1re inst), o\u00f9, dans le cadre de proc\u00e9dures de <b>contr\u00f4le judiciaire<\/b>, la Cour f\u00e9d\u00e9rale \u00e9tait pr\u00eate \u00e0 reconna\u00eetre la qualit\u00e9 pour agir dans l\u2019int\u00e9r\u00eat public nonobstant les dispositions de la <i>Loi sur la Cour f\u00e9d\u00e9rale<\/i>, SRC 1985, c F-7, limitant apparemment la demande de contr\u00f4le judiciaire aux personnes \u00ab directement vis\u00e9es \u00bb : article 18.1(1). Voir \u00e9galement\u00a0 \u00a0<i>Alberta Wilderness Assn. v. Alberta (Environmental Appeal Board), <\/i>2013 ABQB 44, <i>Kostuch, supra note 13aux para 18-19 et Canadian Union of Public Employees, Local 30 v. Alberta (Public Health Advisory and Appeal Board) <\/i>(1996), 178 AR 297, 34 Admin LR (3d) 862 (CA), aux para 20-25.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f16\"><\/a>16\u00a0\u00a0 <i>ATCO Midstream Ltd. v. Energy Resources Conservation Board<\/i>, 2009 ABCA 41, 446 AR 326, aux para 9-11. Voir \u00e9galement <i>Westridge Utilities Inc. v. Alberta (Director of Environment, Southern Region)<\/i>, 2012 ABQB 681. Comparer avec <i>Cardinal River Coals Ltd. v. Alberta (Environmental Appeal Board) <\/i>(2004), 10 CELR (3e) 282 (Alta QB), refusant de s\u2019objecter \u00e0 ce que la Commission reconnaisse la qualit\u00e9 pour agir \u00e0 une personne qui offrait un service de randonn\u00e9es en nature dans la r\u00e9gion touch\u00e9e par la demande.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f17\"><\/a>17\u00a0 De toute \u00e9vidence, ceci \u00e9tait un sujet de pr\u00e9occupation lors de l\u2019audience devant l\u2019Energy Resources Conservation Board pr\u00e9c\u00e9dente, o\u00f9, selon le <i>Globe and Mail<\/i>, l\u2019organisme de r\u00e9glementation a ni\u00e9 de fa\u00e7on controvers\u00e9e la qualit\u00e9 pour agir \u00e0 plusieurs r\u00e9sidents: \u00ab Les r\u00e9sidents avertissent l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie des risques pour la sant\u00e9 provenant de raffineries \u00bb, <i>The Globe and Mail<\/i>, 12 juin 2010, \u00e0 la p A12.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f18\"><\/a>18\u00a0\u00a0 Voir <i>Prince v. Alberta (Energy Resources Conservation Board)<\/i>, 2008 A`BCA 119, aux para 20-27. Voir \u00e9galement <i>Sawyer v. Alberta (Energy and Utilities Board), <\/i>2007 ABCA 297, 422 AR 107. (Veuillez consulter <i>Kelly v. Alberta (Energy Resources Conservation Board<\/i>) 2009 ABCA 349, 464 AR 315, pour un exemple d\u2019une d\u00e9cision o\u00f9 la Cour concluait que l\u2019ERCB avait commis une erreur dans l\u2019application du crit\u00e8re juridique visant \u00e0 \u00e9tablir si une revendication d\u2019effet direct pouvait s\u2019appuyer sur des menaces \u00e0 la sant\u00e9. Voir \u00e9galement <i>Kelly v. Alberta (Energy Resources Conservation Board<\/i>, 2010 ABCA 307, la demande d\u2019autorisation d\u2019interjeter appel \u00e0 la suite du refus d\u2019accorder la qualit\u00e9 pour agir d\u00e9crite dans la note de bas de page pr\u00e9c\u00e9dente.) Cela s\u2019applique \u00e9galement dans la mesure o\u00f9 la d\u00e9cision du droit d\u2019\u00eatre entendu d\u00e9pend de la nature et de l\u2019ampleur de l\u2019incidence \u00e9conomique possible (<i>ATCO Midstream Ltd., supra <\/i>note 16 au para 10; <i>SemCAMS ULC, supra <\/i>note 14), ou d\u00e9pend du degr\u00e9 de proximit\u00e9 ou de connexion physique suffisant entre un droit revendiqu\u00e9 par des peuples autochtones et les travaux propos\u00e9s (<i>Dene Th\u00e1 First Nation, supra <\/i>note 8 au para 14; Prince, <i>supra <\/i>note 10).<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f19\"><\/a>19\u00a0 <i>Kelly v. Alberta (Energy Resources Conservation Board)<\/i>, 2011 ABCA 325, 515 AR 201.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f20\"><\/a>20\u00a0 <i>Ibid <\/i>au para 17.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f21\"><\/a>21\u00a0 <i>Ibid <\/i>au para 19.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f22\"><\/a>22\u00a0 <i>Ibid <\/i>aux para 22-26.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f23\"><\/a>23\u00a0 <i>Ibid <\/i>au para 26.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f24\"><\/a>24\u00a0 <i>Kelly v. Alberta (Energy Resources Conservation Board)<\/i>, 2012 ABCA 19, 519 AR 284.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f25\"><\/a>25\u00a0 <i>Ibid <\/i>au para 37.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f26\"><\/a>26\u00a0 Voir par ex, <i>Chemin de fer Canadien Pacifique c. Vancouver (ville), <\/i>2006 CSC 5, [2006] 1 RCS 227, aux para 38 et s, et, dans le cadre de la participation publique dans le processus d\u00e9cisionnel \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la proposition de construire un pont entre le Nouveau-Brunswick et l\u2019\u00cele-du-Prince-\u00c9douard; et le crit\u00e8re d\u2019effet direct de la <i>Loi sur la Cour f\u00e9d\u00e9rale <\/i>sur l\u2019acc\u00e8s au contr\u00f4le judiciaire, dans <i>Friends of the Island Inc. c. Canada (Ministre des Travaux publics), supra <\/i>note 15.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f27\"><\/a>27\u00a0 <i>Loi sur l\u2019emploi, la croissance et la prosp\u00e9rit\u00e9 durable, <\/i>CS 2012, c 19, art 52.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f28\"><\/a>28\u00a0 Articles 28, 43(1)c), 83 (ins\u00e9rant l\u2019article 55.2 de la <i>Loi sur l\u2019Office national de l\u2019\u00e9nergie, LRC <\/i>1985, c N-7).<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f29\"><\/a>29\u00a0 National Energy Board, <i>Section 55.2 Guidance \u2013 Participation in a Facilities Hearing<\/i>, en ligne : NEB <a href=\"http:\/\/www\/\">&lt;http:\/\/www<\/a>. neb-one.gc.ca\/clf-nsi\/rthnb\/pblcprtcptn\/pblchrng\/prtcptnthrhrnggdncs55_2-eng.pdf&gt;<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f30\"><\/a>30\u00a0 Cette partie est largement inspir\u00e9e de la pr\u00e9sentation de Gordon Kaiser au 5e Forum annuel canadien sur le droit de l\u2019\u00e9nergie qui a eu lieu \u00e0 Salt Spring Island le 19 mai 2011.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f31\"><\/a>31\u00a0 Voir par ex, <i>Toshiba Corporation c. Tribunal antidumping, <\/i>(1984) ACF no 247 (CA); 173 (<i>Trans-Quebec &amp; Maritimes Pipeline Inc. c. Office national de l\u2019\u00e9nergie <\/i>(1984), 8 Admin LR 177 (CAF); et <i>Ciba-Geigy Lt\u00e9e. c. Canada (Conseil d\u2019examen du prix des m\u00e9dicaments brevet\u00e9s<\/i>), [1994] 3 CF 425 (CA), conf (1994), 77 FTR 197.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f32\"><\/a>32\u00a0 Voir par ex, <i>CIBA-Geigy Lt\u00e9e., ibid.<\/i><\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f33\"><\/a>33\u00a0 Pour un exemple r\u00e9cent de refus d\u2019une demande d\u2019autorisation d\u2019interjeter appel d\u2019une ordonnance de divulgation, voir <i>Westridge Utilities Inc. v. Alberta (Utilities Commission), <\/i>2010 ABCA 160, 487 AR 205.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f34\"><\/a>34\u00a0 <i>May c. \u00c9tablissement Ferndale<\/i>, 2005 CSC 82, [2005] 3 RCS 809. Voir \u00e9galement <i>1657575 Ontario Ltd. v. Hamilton (City), supra <\/i>note 4 au para 25 (juge de la Cour d\u2019appel Rouleau):<\/p>\n<p class=\"footnote\">La divulgation est un \u00e9l\u00e9ment fondamental de la justice naturelle aux termes de la \u00a0common law et, dans un cadre administratif, l\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale exige qu\u2019il y ait divulgation, \u00e0 moins qu\u2019un int\u00e9r\u00eat divergeant ne l\u2019emporte.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f35\"><\/a>35\u00a0 <i>Ibid <\/i>au para 89 (juges LeBel et Fish.).<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f36\"><\/a>36\u00a0 <i>R. c. Stinchcombe<\/i>, [1991] 3 RCS 326.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f37\"><\/a>37\u00a0\u00a0 Par contre, dans le cadre des proc\u00e9dures de conformit\u00e9 de la Commission de l\u2019\u00e9nergie de l\u2019Ontario, voir l\u2019arr\u00eat <i>Summitt Energy Management Inc. v. Ontario Energy Board<\/i>, 2013 ONSC 318 aux para 96-99, o\u00f9 la Cour divisionnaire de l\u2019Ontario, apr\u00e8s avoir conclu que les proc\u00e9dures n\u2019\u00e9taient pas vraiment des proc\u00e9dures de nature p\u00e9nale, a confirm\u00e9 la conclusion de la Commission \u00e0 l\u2019effet que la demande de divulgation de la part de l\u2019organisme de services publics \u00e0 la suite d\u2019une vaste divulgation n\u2019\u00e9tait aucunement justifi\u00e9e. C\u2019\u00e9tait une \u00ab d\u00e9cision d\u00e9raisonnable \u00bb.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f38\"><\/a>38\u00a0 <i>Procureur g\u00e9n\u00e9ral du Canada c. Inuit Tapirisat et autre, <\/i>[1980] 2 RCS 735.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f39\"><\/a>39\u00a0 Voir par ex <i>Westridge Utilities Inc. v. Alberta (Utilities Commission), supra <\/i>note 33 au para 27, o\u00f9 l\u2019\u00e9valuation de la pertinence de renseignements par la Commission s\u2019appuyait sur leur caract\u00e8re raisonnable et non sur leur exactitude.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f40\"><\/a>40\u00a0 Dans le cadre de proc\u00e9dures d\u2019application tenues par la Commission des valeurs mobili\u00e8res de l\u2019Ontario, la Cour supr\u00eame n\u2019a pas simplement appliqu\u00e9 <i>Stinchcombe, supra <\/i>note 36, mais, en s\u2019appuyant sur un jugement de la Commission des valeurs mobili\u00e8res sur la pertinence des documents, a confirm\u00e9 que la Commission avait, pour des motifs raisonnables, conclu que les preuves obtenues par la contrainte devaient \u00eatre fournies \u00e0 la partie vis\u00e9e par les proc\u00e9dures: <i>Deloitte &amp; Touche LLP c. Ontario (Commission des valeurs mobili\u00e8res)<\/i>, 2003 CSC 61, [2003] 2 RCS 713 au para 22. Voir \u00e9galement l\u2019arr\u00eat <i>Re Biovail Corp.<\/i>, 2008 LNONOSC 536 (2008), 31 OSCB 7161, o\u00f9 la Commission a conclu que son personnel ne s\u2019\u00e9tait pas acquitt\u00e9 de son obligation d\u2019effectuer une divulgation convenable en fournissant \u00e0 la partie qui faisait l\u2019objet des proc\u00e9dures une vaste base de donn\u00e9es de documents sans identifier, m\u00eame de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, ceux sur lesquels il avait l\u2019intention de s\u2019appuyer et ceux qu\u2019il consid\u00e9rait autrement pertinents.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f41\"><\/a>41\u00a0 <i>Re Toronto Hydro-Electric System Ltd.<\/i>, 2009 LNONOEB 46, EB-2009-0308.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f42\"><\/a>42\u00a0 <i>Ibid <\/i>au para 24.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f43\"><\/a>43\u00a0 <i>Ibid <\/i>aux para 28-34.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f44\"><\/a>44\u00a0 <i>Ibid <\/i>au para 29. Voir \u00e9galement <i>Inter Pipeline Fund v. Alberta (Energy Resources Conservation Board), <\/i>2012 ABCA 208, 533 AR 331, o\u00f9 la Cour a fait droit au rejet d\u2019une requ\u00eate \u00e0 la Commission pour une ordonnance demandant au requ\u00e9rant de fournir d\u2019autres renseignements; en effet, conclu que les opposants avaient suffisamment de divulgation pour \u00e9tablir le bien-fond\u00e9 de leurs arguments, et qu\u2019ils pouvaient, de toute fa\u00e7on, pr\u00e9senter leur propres preuves \u00e0 l\u2019appui de leur objection.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f45\"><\/a>45\u00a0 Voir par ex, <i>McCain Foods Ltd. c. Canada (Office national des transports)<\/i>, [1993] 1 CF 583 (CA).<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f46\"><\/a>46\u00a0 <i>Ibid <\/i>au para 31<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f47\"><\/a>47 <i>Loi sur l\u2019exercice des comp\u00e9tences l\u00e9gales<\/i>, LRO 1990, c S-22 (comme amend\u00e9). Voir notamment l\u2019article 4.8 (R\u00e8glement extrajudiciaire des diff\u00e9rends) et l\u2019article 5.3 (Conf\u00e9rences pr\u00e9paratoires \u00e0 l\u2019audience). Voir \u00e9galement les articles 22 et 23 des <i>Alberta Energy Regulator Rules of Practice, <\/i>AR 99\/2013 sur les interactions pr\u00e9alables \u00e0 l\u2019audience entre les t\u00e9moins-experts et les comit\u00e9s de t\u00e9moins.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f48\"><\/a>48\u00a0 <i>R. v. Deputy Industrial Injuries Commissioner<\/i>, (1964), [1965] 1 QB 456, 488-90 (CA).<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f49\"><\/a>49\u00a0 Voir <i>David P. Jones et Anne S. de Villars, Principles of Administrative Law<\/i>, 4e \u00e9d, Toronto, Carswell, 2004 ch 9 (3) (b).<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f50\"><\/a>50\u00a0 Voir par ex, <i>Husky Oil Operations Ltd. v. Scriber<\/i>, 2013 ABQB 74 aux para 69-72.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f51\"><\/a>51\u00a0\u00a0 <i>Qu\u00e9bec (Procureur g\u00e9n\u00e9ral) c. Canada (Office national de l\u2019\u00e9nergie) <\/i>[1994], 1 RCS 159 au para 31. Voir \u00e9galement <i>Direct Energy Regulated Services v. Alberta (Energy and Utilities Board)<\/i>, 2007 ABCA 140, 404 AR 223 au para 12, concluant que la loi albertaine donnait \u00e0 la Commission \u00ab beaucoup de latitude pour d\u00e9cider le type de preuve qu\u2019elle admettrait. \u00bb \u00c0 ce sujet, voir aussi Alberta Surface Rights Board: <i>Husky Oil Operations Ltd. v. Scriber, ibid.<\/i><\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f52\"><\/a>52\u00a0\u00a0 Voir toutefois <i>Lavallee v. Alberta (Securities Commission)<\/i>, 2009 ABQB 17, 467 AR 152 (conf. 2010 ABCA 48, 474 AR 295) au para 85, qui cite <i>Alberta Securities Commission v. Brost, <\/i>2008 ABCA 326, 440 AR 7, et fait la distinction \u00e0 ces fins entre le recours \u00e0 la norme de la d\u00e9cision correcte dans le cas de litiges en mati\u00e8re de prevue qui soul\u00e8vent des questions de justice naturelle et la norme de la d\u00e9cision raisonnable pour l\u2019examen de l\u2019exercice de pouvoir discr\u00e9tionnaire en ce qui a trait \u00e0 l\u2019admission en preuve. Il faut \u00e9galement souligner que la Cour d\u2019appel dans l\u2019arr\u00eat <i>Lavallee<\/i>, aux paras 6 \u00e0 8, a conclu qu\u2019une obligation statutaire d\u2019\u00ab accueillir la preuve pertinente \u00e0 la cause qui est entendue \u00bb ne nuisait pas, dans l\u2019ensemble, au pouvoir discr\u00e9tionnaire de la Commission sur les valeurs mobili\u00e8res de refuser exceptionnellement d\u2019admettre des preuves pertinentes. Voir \u00e9galement <i>Nova Scotia (Director of Assessment) v.<\/i> <i>van Driel, <\/i>2010 NSCA 87, 296 NSR (2d) 244au para 14, un jugement post-Dunsmuir, qui maintenait que les litiges en mati\u00e8re de fardeau de la preuve dans les proc\u00e9dures d\u2019application de la r\u00e9glementation devaient \u00eatre examin\u00e9s \u00e0 la lumi\u00e8re de la norme de l\u2019exactitude. Voir, par ailleurs, <i>Big Loop Cattle Co. v. Alberta (Energy Resources Conservation<\/i> <i>Board)<\/i>, 2010 ABCA 328, 490 AR 246 au para 29, o\u00f9 le juge de la Cour d\u2019appel Rowbotham J.A. a conclu que le refus de la Commission de r\u00e9pondre \u00e0 la demande d\u2019une partie de contraindre un t\u00e9moin \u00e0 \u00eatre pr\u00e9sent avait \u00ab droit \u00e0 un degr\u00e9 \u00e9lev\u00e9 de retenue en appel. \u00bb; <i>Talisman Energy Ltd. v. Energy Resources Conservation Board<\/i>, 2010 ABCA 258, 487 AR 377, au para 23 (en toute d\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la d\u00e9cision de refuser d\u2019entendre la contre-preuve); <i>Judd v. Alberta (Energy<\/i> <i>Resources Conservation Board)<\/i>, 2011 ABCA 159, 513 AR 260 au para 27 (d\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la d\u00e9cision discr\u00e9tionnaire aux termes d\u2019une disposition l\u00e9gislative explicite qui \u00a0refusait la pr\u00e9sentation de preuve hors d\u00e9lai aux termes des <i>R\u00e8gles<\/i> <i>de pratique<\/i>); <i>Westridge Utilities Ltd. v. Alberta (Utilities Commission), supra <\/i>note 33 au para 27 (la norme du caract\u00e8re raisonnable s\u2019applique \u00e0 l\u2019ordonnance de divulgation de la \u00a0Commission; et l\u2019arr\u00eat <i>Deloitte &amp; Touche LLP v. Ontario<\/i> <i>(Securities Commission), supra <\/i>note 44, discut\u00e9 dans la partie sur la divulgation et la communication.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f53\"><\/a>53\u00a0 Voir par ex, <i>Vancouver Pile Driving Ltd. v. British Columbia (Assessor of Area No. 8 \u2013 Vancouver Sea to Sky Region)<\/i>, 2008 BCSC 810, 47 MPLR (4th) 106 aux para 117-18, sur la Property Assessment Appeal Board de la Colombie- Britannique. Dans la mesure o\u00f9 l\u2019octroi de la qualit\u00e9 pour agir est accord\u00e9 dans le cadre de la participation aux proc\u00e9dures d\u2019application de la r\u00e9glementation est un facteur d\u2019\u00e9quit\u00e9 proc\u00e9durale, il en est de m\u00eame en ce qui concerne le contr\u00f4le judiciaire de d\u00e9cisions portant sur la qualit\u00e9 pour agir : <i>Westridge Utilities Inc. v. Alberta (Director of Environment, Southern Region), supra <\/i>note 16; <i>Syndicat des travailleuses et travailleurs de ADF &#8211; CSN c. Syndicat des employ\u00e9s de Au Dragon Forg\u00e9<\/i>, 2013 QCCA 793 aux para 46-47.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f54\"><\/a>54\u00a0 <i>Canada ((Citoyennet\u00e9 et Immigration) c. Khosa, <\/i>2009 CSC 12, [2009] 1 RCS 339 au para 61 (juge Binnie).<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f55\"><\/a>55\u00a0 <i>Supra <\/i>note 6.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f56\"><\/a>56\u00a0 <i>Supra <\/i>note 7.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f57\"><\/a>57\u00a0 <i>Supra <\/i>note 6.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f58\"><\/a>58\u00a0 Pour une illustration de retenue \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019exercice du pouvoir par un organisme de r\u00e9glementation aux termes de cet article, voir l\u2019arr\u00eat <i>Talisman Energy Ltd., supra <\/i>note 52.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f59\"><\/a>59\u00a0\u00a0 Une autorit\u00e9 partag\u00e9e avec le lieutenant gouverneur en conseil dans le cas d\u2019un organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie. Voir les articles 60 et 61 de la <i>Responsible Energy Development Act.<\/i><\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f60\"><\/a>60\u00a0 <i>Loi sur l\u2019exercice des comp\u00e9tences l\u00e9gales<\/i>, LRO: 1990, c S-22 (comme modifi\u00e9).<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f61\"><\/a>61\u00a0 Cette disposition s\u2019applique vraisemblablement aux organismes de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie de l\u2019Alberta, m\u00eame s\u2019il n\u2019y a aucune allusion pr\u00e9cise \u00e0 cet \u00e9gard ni dans leurs lois constitutives ni dans la <i>Administrative Procedures and Jurisdiction Act, supra <\/i>note 6. Cet argument s\u2019appuie sur l\u2019attribution par la Cour supr\u00eame du Canada du statut quasi-constitutionnel \u00e0 diverses formes de privil\u00e8ges relatifs \u00e0 la preuve : <i>Goodis c. Ontario (Minist\u00e8re des Services correctionnels), <\/i>2006 CSC 31, [2006] 2 RCS 32 et <i>Canada (Commissaire \u00e0 la protection de la vie priv\u00e9e) c. Blood Tribe Department of Health<\/i>, 2008 CSC 44, [2008] 2 RCS 574. Pour une r\u00e9cente discussion sur les privil\u00e8ges relatifs \u00e0 la preuve au sein du processus administratif, voir Simon Ruel, \u201cWhat Privileges Arise in the Administrative Context, and When?\u201d (2013), 26 <i>Canadian Journal of Administrative Law &amp; Practice <\/i>141.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f62\"><\/a>62\u00a0 Il est utile de souligner \u00e0 cet \u00e9gard que l\u2019article 4(a) de l\u2019<i>Administrative Procedures and Jurisdiction Act <\/i>de l\u2019Alberta pr\u00e9voit que les parties \u00e0 l\u2019instance ont le droit de produire la \u00ab preuve pertinente \u00bb. On pourrait soutenir qu\u2019il est entendu que les tribunaux r\u00e9gis par cette loi n\u2019ont pas le droit d\u2019admettre de preuve non pertinente ou, tout au moins, d\u2019accorder quelque poids que ce soit \u00e0 une telle preuve<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f63\"><\/a>63\u00a0 <i>Ibid<\/i>.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f64\"><\/a>64\u00a0 Voir \u00e0 cet effet <i>Lavallee v. Alberta (Securities Commission), supra <\/i>note 52.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f65\"><\/a>65\u00a0 <i>Sarg Oils Ltd. v. Alberta (Energy and Utilities Board)<\/i>, 2008 ABCA 198. (En appel, la Cour d\u2019appel de l\u2019Alberta rejeta l\u2019argument de l\u2019appelante selon lequel la Commission avait mal compris la nature de l\u2019enjeu en cause : <i>Sarg Oils Ltd.<\/i> <i>v. Alberta <\/i>(<i>Energy and Utilities Board<\/i>, 2011 ABCA 56). (Voir \u00e9galement <i>Lavesta Area Group v. Alberta (Energy and Utilities Board<\/i>), 2007 ABCA 194, et <i>Bur v. Alberta (Energy and Utilities Board)<\/i>, 2007 ABCA 210, deux autres d\u00e9cisions sur des demandes d\u2019autorisation d\u2019interjeter appel.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f66\"><\/a>66\u00a0 <i>Ibid <\/i>au para 3. Telle est la principale composante du crit\u00e8re pour interjeter appel dans les instances sur l\u2019\u00e9nergie en Alberta. Pour des r\u00e9sum\u00e9s r\u00e9cents sur les divers facteurs dont il faut tenir compte dans ces d\u00e9cisions, voir <i>Wood Buffalo (Regional Municipality) v. Alberta (Energy and Utilities Board)<\/i>, 2007 ABCA 192, 417 AR 222 aux para 4-5 (juge de la Cour d\u2019appel Slatter) et <i>Atco Gas and Pipelines Ltd. v. Alberta (Energy and Utilities Board)<\/i>, 2008 ABCA 382 au para 10 (juge de la Cour d\u2019appel Paperny).<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f67\"><\/a>67\u00a0 <i>Ibid<\/i>. au para 8. Pour les d\u00e9cisions de la Cour supr\u00eame du Canada similaires, voir <i>Toronto Newspaper Guild c. Globe Printing Co.<\/i>, [1953] 2 RCS 18, et <i>Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec \u00e0 Trois-Rivi\u00e8res c. Larocque, <\/i>[1993] 1 RCS 471.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f68\"><\/a>68\u00a0 Voir \u00e9galement <i>Transcanada Pipelines Ltd. c. Office National de l\u2019\u00c9nergie, <\/i>2004 CAF 149, 319 NR 171, discut\u00e9 en d\u00e9tails par le juge de la Cour d\u2019appel Robertson dans l\u2019arr\u00eat <i>Enbridge Gas New Brunswick Ltd. c. Commission de l\u2019\u00e9nergie et des services publics du Nouveau-Brunswick<\/i>, 2011 NBCA 36 aux para 16-23.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f69\"><\/a>69\u00a0 Pour des r\u00e9cits qui servent d\u2019avertissement dans le cadre des tribunaux \u00a0ordinaires, voir <i>R. v. Felderhof<\/i>, [2002] OJ No. 4103, conf (2003), 68 OR (3e) 481, 235 DLR. (4e) 131 (Div Ct) (CA), et <i>Bande de Sawridge c. Canada<\/i>, 2005 CF 607, 265 FTR1; 2006 CF 656, 293 FTR 175; et 2008 CF 322, 319 FTR 217.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f70\"><\/a>70\u00a0 Voir par ex <i>Gooliah v. Canada (Ministre de la Citoyennet\u00e9 et de l\u2019Immigration) <\/i>(1967), 63 DLR (3e) 224 (CA); <i>Golomb<\/i> <i>v. Ontario (College of Physicians and Surgeons <\/i>(1976), 68 DLR (3e) 25 (Ont). Voir par ex <i>Yusuf c. Canada (Ministre de la<\/i> <i>Citoyennet\u00e9 et de l\u2019Immigration) <\/i>(1991), 7 DLR LR (2e) 86 (CAF); <i>Brett v. Ontario (Board of Directors of Physiotherapy)<\/i> (1993), 104 DLR (4e) 421 (Div Ct) (CA) (Comportement de l\u2019avocat du tribunal); <i>Baker c. Canada (Ministre de la<\/i> <i>Citoyennet\u00e9 et de l\u2019Immigration)<\/i>, [1999] 2 RCS 817 (antagonisme divulgu\u00e9 dans une audience sur dossier).<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f71\"><\/a>71\u00a0 <i>Communications, Energy and Paperworkers Union of Canada, Local 60N v. Abitibi Consolidated Company of Canada<\/i>, 2008 NCLA 4.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f72\"><\/a>72\u00a0 Cela ne signifie pas pour autant qu\u2019il n\u2019y aura pas de questions proc\u00e9durales en litige complexes qui seront soulev\u00e9es sur la fa\u00e7on de r\u00e9gler la contestation au niveau du tribunal. Dans la plupart des cas, toutefois, toute partie qui conteste devrait pouvoir fournir les faits et les arguments sur lesquels elle s\u2019appuie au moyen d\u2019une d\u00e9claration ou d\u2019un plaidoyer \u00e9crit soumis au tribunal. Le membre du comit\u00e9 qui fait l\u2019objet de la contestation pourra alors faire sa propre d\u00e9claration. Enfin, une d\u00e9cision sera rendue une fois qu\u2019auront \u00e9t\u00e9 soumises ces d\u00e9claration \u00e9crites ou verbales.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f73\"><\/a>73\u00a0 Pour l\u2019exemple d\u2019un organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie qui a finalement pris en charge une contestation fond\u00e9e sur une crainte raisonnable de partialit\u00e9, voir l\u2019histoire du <i>Lavesta Area Group <\/i>et de l\u2019<i>Alberta Energy and Utilities Board<\/i>, o\u00f9 l\u2019audience de la Commission a \u00e9t\u00e9 menac\u00e9e par le comportement inappropri\u00e9 du personnel de s\u00e9curit\u00e9 embauch\u00e9 par la Commission par suite de perturbations durant cette audience. La Commission a finalement d\u00e9clar\u00e9 de son propre chef que l\u2019audience et les d\u00e9cisions li\u00e9es \u00e0 celle-ci portant sur une crainte raisonnable de partialit\u00e9 seraient annul\u00e9es (Board Decision 2007-075), ce qui a amen\u00e9 la Cour d\u2019appel de l\u2019Alberta \u00e0 accueillir les appels qui s\u2019appuyaient sur la d\u00e9cision de la Commission: <i>Lavesta Area Group v. Alberta (Energy and Utilities Board)<\/i>, 2007 ABCA 365. \u00c0 noter, cependant, que l\u2019arr\u00eat <i>Lavesta Area Group v. Alberta (Energy and Utilities Board)<\/i>, 2009 ABCA 155, a rejet\u00e9 l\u2019argument selon lequel la Commission ne pouvait pas par la suite rendre de d\u00e9cision sur les d\u00e9pens d\u00e9coulant des instances, au motif qu\u2019il y avait une question de partialit\u00e9 institutionnelle. La Cour d\u2019appel a conclu qu\u2019il \u00e9tait appropri\u00e9 de confier l\u2019examen de cette question \u00e0 des membres de la Commission r\u00e9cemment nomm\u00e9s. Apr\u00e8s quoi, il y eut \u00e0 nouveau une contestation d\u00e9coulant de cette affaire. L\u2019enjeu ici portait sur la signification d\u2019une ligne directrice qui avait \u00e9t\u00e9 \u00e9mise par la Commission d\u2019alors, assurant que les membres qui avaient particip\u00e9 aux premi\u00e8res d\u00e9cisions contest\u00e9es ne seraient plus assign\u00e9s \u00e0 des comit\u00e9s portant sur la question en litige; l\u2019enjeu consistait \u00e9galement \u00e0 d\u00e9terminer si, de toute fa\u00e7on, la participation de ces membres dans toute instance subs\u00e9quente impliquant ce projet pourrait susciter une crainte raisonnable de partialit\u00e9. La Cour d\u2019appel a accord\u00e9 l\u2019autorisation d\u2019interjeter appel au motif que les deux questions en litige \u00e9taient des questions de droit significatives : <i>Lavesta Area Group Inc.<\/i> <i>v. Alberta (Energy and Utilities Board)<\/i>, 2011 ABCA 108, et en appel de ce jugement, 2012 ABCA 84, 522 AR 88, la Cour a conclu que le membre dont la participation \u00e9tait contest\u00e9e n\u2019avait aucun lien avec les audiences sur lesquelles s\u2019appuyaient les premi\u00e8res all\u00e9gations de partialit\u00e9, que le lien entre l\u2019audience actuelle et ces instances \u00e9tait tr\u00e8s faible et qu\u2019il s\u2019\u00e9tait \u00e9coul\u00e9 suffisamment de temps pour faire dispara\u00eetre toute trace \u00e0 cet \u00e9gard. Voir para 28 \u00e0 30.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f74\"><\/a>74\u00a0 <i>Supra <\/i>note 71 au para 35.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f75\"><\/a>75\u00a0 <i>SOS-Save Our St. Clair Inc. v. Toronto (City)<\/i>, (2005), 78 OR (3e) 331 (Div Ct).<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f76\"><\/a>76\u00a0 <i>Ibid <\/i>au para 21.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f77\"><\/a>77\u00a0 Voir Par ex <i>Ontario College of Art v. Ontario (Human Rights Commission) <\/i>(1993), 11 OR (3e) 798 (Div Ct), and <i>Air Canada c. Lorenz<\/i>, [2000] 1 CF 494 (CA).<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f78\"><\/a>78\u00a0 <i>Committee for Justice and Liberty v. National Energy Board<\/i>, [1978] 1 RCS 369.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f79\"><\/a>79\u00a0 <i>Lavesta Area Group <\/i>(2012), <i>supra <\/i>note 73 au\u00a0 para 24.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f80\"><\/a>80\u00a0 <i>Ibid <\/i>au para 27.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f81\"><\/a>81\u00a0 <i>Valente c. La Reine <\/i>[1985] 2 RCS 673.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f82\"><\/a>82\u00a0 <i>Shaw v. Alberta (Utilities Commission)<\/i>, 2012 ABCA 100.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f83\"><\/a>83\u00a0 <i>Ibid <\/i>au para 17.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f84\"><\/a>84\u00a0 <i>Shaw v. Alberta (Utilities Commission)<\/i>, 2012 ABCA 378, 513 AR 315. La cour a rejet\u00e9 l\u2019argument de Shaw selon lequel, nonobstant l\u2019autorit\u00e9 conf\u00e9r\u00e9e par la loi au Ministre de d\u00e9cider si le d\u00e9veloppement d\u2019un projet de ligne de transmission \u00e9tait n\u00e9cessaire, la Commission d\u00e9tenait encore l\u2019autorit\u00e9, du fait de son mandat en mati\u00e8re d\u2019int\u00e9r\u00eat public, de revoir cette question.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f85\"><\/a>85\u00a0\u00a0\u00a0 Voir <i>Report to the Canadian Judicial Committee of the Inquiry Committee appointed under section 63(3) of the Judges Act to conduct an investigation into the conduct of Mr. Justice Theodore Matlow, a Justice of the Ontario Superior Court of Justice<\/i>, \u00e9mis le 28 mai 2008.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f86\"><\/a>86\u00a0\u00a0\u00a0 <i>Newfoundland Telephone Co. c. Terre-Neuve (Board of Commissioners of Public Utilities)<\/i>, [1992] 1 RCS 623.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f87\"><\/a>87\u00a0\u00a0\u00a0 <i>Ibid <\/i>au para 27.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f88\"><\/a>88\u00a0\u00a0\u00a0 <i>Ibid<\/i>.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f89\"><\/a>89\u00a0 <i>Ibid<\/i>.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f90\"><\/a>90\u00a0 <i>Rowan v. Ontario Securities Commission<\/i>, 2012 ONCA 208, 110 OR (3) 492.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f91\"><\/a>91\u00a0 <i>Charte canadienne des droits et libert\u00e9s<\/i>, partie I de la <i>Loi constitutionnelle de 1982<\/i>, constituant l\u2019annexe B de la <i>loi de 1982 sur le Canada <\/i>(R-U), 1982, c 11.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f92\"><\/a>92 Voir, toutefois, <i>Summitt Energy Management Ltd. v. Ontario Energy Board, supra <\/i>note 37, qui a rejet\u00e9 une contestation fond\u00e9e sur la partialit\u00e9 au cours de proc\u00e9dures d\u2019application auxquelles participait un avocat ind\u00e9pendant dont le cabinet avait repr\u00e9sent\u00e9 les concurrents de l\u2019intim\u00e9e dans une affaire totalement distincte : \u00ab Vu le besoin d\u2019expertise de la Commission, il est fort probable que tout avocat ind\u00e9pendant dont celle-ci retiendra les services aura de l\u2019exp\u00e9rience pr\u00e9alable dans le secteur de l\u2019\u00e9nergie\u00a0 \u00bb (au para 57).<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f93\"><\/a>93\u00a0 <i>Paul c. Colombie-Britannique (Forest Appeals Commission)<\/i>, 2003 CSC 55, [2003] 2 RCS 585. Ces questions seront analys\u00e9es \u00e0 fond ci-dessous ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019article 14.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f94\"><\/a>94\u00a0 <i>Nouvelle-\u00c9cosse (Workers\u2019 Compensation Board) c. Martin<\/i>, 2003 CSC 54, [2003] 2 RCS 504.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f95\"><\/a>95\u00a0 Du moins lorsqu\u2019il s\u2019agit uniquement d\u2019une question de droit. Lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un contexte o\u00f9 le pouvoir discr\u00e9tionnaire implique des garanties et valeurs constitutionnelles, la Cour supr\u00eame du Canada reconna\u00eet maintenant la possibilit\u00e9 d\u2019un contr\u00f4le de raisonnabilit\u00e9 empreint de d\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la r\u00e9vision de pouvoirs discr\u00e9tionnaires effectu\u00e9e par des tribunaux administratifs, \u00e0 condition que le d\u00e9cideur reconnaisse les principes juridiques applicables: voir <i>Dor\u00e9 c. Barreau du Qu\u00e9bec<\/i>, 2012 CSC 12, [2012] 1 RCS 395.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f96\"><\/a>96\u00a0 \u00a0<i>R. c. Conway<\/i>, 2010 CSC 22, [2010] 1 RCS 765.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f97\"><\/a>97\u00a0 <i>Supra <\/i>note 6.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f98\"><\/a>98\u00a0\u00a0 L\u2019article 10(b) donne une d\u00e9finition large \u00e0 l\u2019expression \u00ab question de droit constitutionnel \u00bb, qui comprend non seulement les contestations se rapportant \u00e0 la Constitution canadienne et \u00e0 l\u2019<i>Alberta Bill of Rights <\/i>et \u00e0 \u00ab l\u2019applicabilit\u00e9 et la validit\u00e9 \u00bb des lois f\u00e9d\u00e9rales et albertaines, mais \u00e9galement \u00e0 \u00ab la d\u00e9termination d\u2019un droit aux termes de \u00bb la Constitution canadienne et de l\u2019<i>Alberta Bill of Rights<\/i>.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f99\"><\/a>99\u00a0 <i>Supra <\/i>note 91 art 12(1).<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f100\"><\/a>100\u00a0\u00a0 Alta. Reg. 69\/2006, Schedule 1 [comme amend\u00e9 par AR 89\/2013, art 31]. En fait, depuis le 1er janvier 2007, l\u2019Alberta Energy and Utilities Board a \u00e9t\u00e9 scind\u00e9e en deux entit\u00e9s, l\u2019Alberta Utilities Commission et l\u2019Alberta Energy Resources Conservation Board. Le r\u00e8glement a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9 \u00e0 nouveau et l\u2019Alberta Energy Regulator a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par l\u2019Energy Resources Conservation Board: voir <i>Miscellaneous Corrections (Alberta Energy Regulator) Regulation<\/i>, AR 89\/2013, article 31 (29 mai 2013, entr\u00e9 en vigueur le 17 juin 2013 aux termes de l\u2019article 49). Il faut toutefois souligner que l\u2019article 21 de la <i>Responsible Energy Development Act <\/i>pr\u00e9voit :<\/p>\n<p class=\"footnote\">L\u2019organisme de r\u00e9glementation n\u2019a pas de comp\u00e9tence pour \u00e9valuer le caract\u00e8re suffisant d\u2019une consultation avec la Couronne li\u00e9e aux droits des peuples autochtones conform\u00e9ment \u00e0 ce qui reconnu et affirm\u00e9 aux termes de la Partie II de la <i>Loi constitutionnelle<\/i>.<\/p>\n<p class=\"footnote\">L\u2019objectif de cette disposition est probablement d\u2019indiquer clairement que le nouvel organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie n\u2019a non seulement pas d\u2019autorit\u00e9 pour mener des consultations avec les peuples autochtones, mais n\u2019a pas non plus d\u2019autorit\u00e9 pour \u00e9valuer les efforts de consultation de la Couronne. Elle contredit \u00e9galement et supplante probablement l\u2019annexe 1, qui conf\u00e8re la comp\u00e9tence \u00e0 l\u2019<i>Alberta Energy Regulator <\/i>de trancher toutes les questions de droit constitutionnel dont il est saisi.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f101\"><\/a>101\u00a0 <i>Administrative Tribunals Act<\/i>, SBC 2004, c 45, art 43-45.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f102\"><\/a>102\u00a0 <i>Petroleum and Natural Gas Act<\/i>, RSBC 1996, c 361, art 13(6), modifi\u00e9 par l\u2019<i>Administrative Tribunals Act<\/i>.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f103\"><\/a>103\u00a0 <i>Utilities Commission Act<\/i>, RSBC 1996, c 473, art 2(4), modifi\u00e9 par l\u2019<i>Administrative Tribunals Act<\/i>.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f104\"><\/a>104\u00a0 <i>Constitutional Question Act<\/i>, RSBC 1996, c 68.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f105\"><\/a>105\u00a0 <i>Tinto Alcan Inc. c. Conseil tribal Carrier Sekani<\/i>, 2010 CSC 43, [2010] 2 RCS 650.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f106\"><\/a>106\u00a0 <i>Ibid <\/i>au para 72.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f107\"><\/a>107\u00a0 <i>Administrative Procedures and Jurisdiction Act, supra <\/i>note 6 art 12.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f108\"><\/a>108\u00a0 <i>Domtar Inc. c. Qu\u00e9bec (Commission d\u2019appel en mati\u00e8re de l\u00e9sions professionnelles), <\/i>[1993] 2 RCS 756.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f109\"><\/a>109\u00a0 Voir notamment, <i>National Steel Car Ltd. v. United Steelworkers of America<\/i>, <i>Local 7135<\/i>, [2006] OJ No. 4868, 218 OAC 207 au para 31\u00a0 (CA), (juge de la Cour d\u2019appel MacPherson).<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f110\"><\/a>110\u00a0 <i>Dunsmuir c. Nouveau-Brunswick<\/i>, 2008 CSC 9, [2008] 1 RCS 190.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f111\"><\/a>111\u00a0 Voir George Vegh, \u00ab Is There a Doctrine of Canadian Public Utility Law?, selon qui il ne pourra y avoir de syst\u00e8me de droit bien \u00e9tabli en mati\u00e8re de services publics au Canada jusqu\u2019\u00e0 ce que l\u2019on reconnaisse davantage la jurisprudence \u00e0 cet \u00e9gard et que l\u2019on instaure au moins un contr\u00f4le judiciaire limit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9gard des incoh\u00e9rences. (2007), 86 <i>Canadian Bar Review <\/i>319.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f112\"><\/a>112\u00a0\u00a0 Voir le jugement de la juge de la Cour d\u2019appel Feldman dans l\u2019arr\u00eat <i>Investment Dealers Association of Canada<\/i> <i>v. Taub<\/i>, 2009 ONCA 628, 98 OR 169 aux para 61-67, selon qui, afin de veiller \u00e0 ce qu\u2019un tribunal n\u2019applique pas \u00e9ventuellement, dans un autre cas, une d\u00e9cision qu\u2019une cour de r\u00e9vision aurait pr\u00e9alablement jug\u00e9 raisonnable, mais non n\u00e9cessairement bien fond\u00e9e, cr\u00e9e un probl\u00e8me de primaut\u00e9 du droit, notamment en ce qui concerne le principe suivant lequel la loi doit s\u2019appliquer de fa\u00e7on \u00e9gale \u00e0 tous ceux qu\u2019elle touche. Elle renvoyait \u00e0 cet \u00e9gard \u00e0 un raisonnement similaire du juge de la Cour d\u2019appel Juriansz dans l\u2019arr\u00eat <i>Novaquest Finishing Inc. v. Abdoulrab, <\/i>2009 ONCA 491, 95 OR (2e) 641 au para 48. Toutefois, cette id\u00e9e a par la suite \u00e9t\u00e9 tu\u00e9e dans l\u2019\u0153uf par un jugement du juge Fish J. de la Cour supr\u00eame du Canada dans un cadre de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie : <i>Smith c. Alliance<\/i> <i>Pipeline, <\/i>2011 CSC 7, [2011] 1 RCS 160. Dans cette d\u00e9cision, sans faire allusion aux arr\u00eats de l\u2019Ontario, le juge, \u00a0en r\u00e9ponse \u00e0 un argument selon lequel l\u2019existence de d\u00e9cisions de tribunaux contradictoires sur une question de droit \u00e9tait d\u00e9raisonnable, d\u00e9clara (au para 39). D\u2019ailleurs, m\u00eame avant l\u2019arr\u00eat <i>Dunsmuir<\/i>, la norme de la d\u00e9cision raisonnable a toujours \u00ab [repos\u00e9] sur l\u2019id\u00e9e qu\u2019une disposition l\u00e9gislative peut donner lieu \u00e0 plus d\u2019une interpr\u00e9tation valable, et un litige, \u00e0 plus d\u2019une solution \u00bb, de telle sorte que \u00ab la cour de r\u00e9vision doit se garder d\u2019intervenir lorsque la d\u00e9cision administrative a un fondement rationnel. \u00bb (<i>Dunsmuir <\/i>au para 41).<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f113\"><\/a>113\u00a0 <i>Syndicat international des travailleurs du bois d\u2019Am\u00e9rique, section locale 2-69 c. Consolidated-Bathurst Packaging Ltd.<\/i>, [1990] 1 RCS 282.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f114\"><\/a>114\u00a0 <i>Tremblay c. Qu\u00e9bec (Commission des affaires sociales) <\/i>[1992] 1 RCS 952.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f115\"><\/a>115\u00a0 <i>Ellis-Don Ltd. c. Ontario (Commission des relations de travail)<\/i>, 2001 CSC 4, [2001] 1 RCS 221.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f116\"><\/a>116\u00a0\u00a0 Il s\u2019agit, en d\u2019autres termes, des principes \u00e9nonc\u00e9s dans l\u2019arr\u00eat <i>2747-3174 Qu\u00e9bec Inc. c. Qu\u00e9bec (R\u00e9gie des permis d\u2019alcool)<\/i>, [1996] 3 RCS 919, dans le cadre quasi-constitutionnel de la <i>Charte des droits et libert\u00e9s de la personne <\/i>du Qu\u00e9bec<i>. <\/i>M\u00eame lorsque les droits et libert\u00e9s constitutionnels ou quasi-constitutionnels ne sont pas en jeu, les principes de la Common Law r\u00e9gissant la partialit\u00e9 et le manque d\u2019ind\u00e9pendance seraient presque assur\u00e9ment invoqu\u00e9s \u00e0 l\u2019encontre de la participation de ceux qui exercent des fonctions li\u00e9es \u00e0 l\u2019application ou aux poursuites, notamment dans le cadre de r\u00e9gimes o\u00f9, \u00e0 tous autres \u00e9gards, il y a une s\u00e9paration entre ces fonctions au sein des activit\u00e9s de l\u2019organisme de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f117\"><\/a>117\u00a0\u00a0 Dans l\u2019arr\u00eat <i>Ellis-Don<\/i>, la Cour indique clairement qu\u2019elle pourrait accorder aux tribunaux et organismes \u00a0une \u00ab pr\u00e9somption d\u2019innocence \u00bb tr\u00e8s large dans les litiges o\u00f9 il y aurait des all\u00e9gations que les limites de <i>Consolidated-<\/i> <i>Bathurst <\/i>auraient \u00e9t\u00e9 d\u00e9pass\u00e9es. Ce sera surtout sous forme d\u2019une immunit\u00e9 lorsqu\u2019il y aura contrainte \u00e0 t\u00e9moigner sur ce qui s\u2019est r\u00e9ellement pass\u00e9 durant les consultations en question.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f118\"><\/a>118\u00a0 La pr\u00e9sente partie de mon article est tir\u00e9e, dans une large mesure, de discussions que j\u2019ai eues avec Keith Bergner au cours d\u2019un certain nombre d\u2019ann\u00e9es et de discussions durant le second Energy Regulatory Forum et le 5e Forum annuel canadien sur le droit de l\u2019\u00e9nergie avec, entre autres, Chris Sanderson et Patrick Keys. Il me faut toutefois ajouter que je ne pense pas que nous ayons trouv\u00e9 de terrain d\u2019entente sur l\u2019\u00e9tat actuel du droit \u00e0 cet \u00e9gard!<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f119\"><\/a>119\u00a0\u00a0 Les arr\u00eats de principe \u00e0 cet \u00e9gard sont <i>Nation ha\u00efda c. Colombie-Britannique (Ministre des For\u00eats)<\/i>, 2004 CSC 73, [2004] 3 RCS Les arr\u00eats de principe \u00e0 cet \u00e9gard sont <i>Nation ha\u00efda c. Colombie-Britannique (Ministre des For\u00eats)<\/i>, 2004 CSC 74, [2004] 3 RCS 550; et <i>Premi\u00e8re nation crie Mikisew c. Canada (Ministre du Patrimoine canadien)<\/i>, 2005 CSC 69, [2005] 3 RCS 388.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f120\"><\/a>120\u00a0 <i>Premi\u00e8re Nation Dene Tha\u2019 c. Canada (Minist\u00e8re de l\u2019Environnement)<\/i>, 2006 CF 1354, 303 FTR 106.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f121\"><\/a>121\u00a0 <i>Canada (Minist\u00e8re de l\u2019environement) c. Premi\u00e8re nation Dene Thai, <\/i>2008 CAF 20, 378 NR 251.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f122\"><\/a>122\u00a0 <i>Supra <\/i>note 51 \u00e0 la p 183.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f123\"><\/a>123\u00a0 Voir les arr\u00eats <i>Carrier Sekani, supra <\/i>note 104, et <i>Kwikwetlem First Nation v. British Columbia (Utilities Commission)<\/i>, 2009 BCCA 68, 89 BCLR (4th) 273.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f124\"><\/a>124\u00a0 <i>Nation Ojibway de Brokenhead c. Canada (Procureur g\u00e9n\u00e9ral)<\/i>, 2009 CF 484, 345 FTR 119.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f125\"><\/a>125\u00a0 <i>Ibid <\/i>au para 25.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f126\"><\/a>126\u00a0 <i>Premi\u00e8re nation dakota de Standing Buffalo c. Enbridge Pipelines Inc<\/i>., 2009 CAF 308, [2010] 4 FCR 500.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f127\"><\/a>127\u00a0 <i>Ibid <\/i>au para 34, s\u2019appuyant sur le jugement de l\u2019Office national de l\u2019\u00e9nergie de 1994.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f128\"><\/a>128\u00a0 <i>Ibid <\/i>aux para 25-33.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f129\"><\/a>129\u00a0 <i>Ibid <\/i>aux para 36, 38 et 40. \u00c0 la lumi\u00e8re de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, la question de fond dans l\u2019arr\u00eat <i>Sweetgrass First Nation c. Canada (Office national de l\u2019\u00e9nergie)<\/i>, 2010 CF 535, 365 FTR 254 est fascinante. La Premi\u00e8re nation voulait emp\u00eacher l\u2019Office de tenir une audience jusqu\u2019\u00e0 ce que la Couronne l\u2019ait consult\u00e9 sur les droits des peuples autochtones vis\u00e9s par l\u2019instance, ce \u00e0 quoi la Couronne a r\u00e9pondu qu\u2019elle avait le droit de se fier aux processus de l\u2019Office pour remplir ses obligations de consultations. La Cour f\u00e9d\u00e9rale ne s\u2019est pas rendue au stade de l\u2019examen du fond de la question en litige et elle a conclu que de telles questions ne relevaient pas de la comp\u00e9tence de la Cour f\u00e9d\u00e9rale.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f130\"><\/a>130\u00a0 <i>Supra <\/i>note 106.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f131\"><\/a>131\u00a0 L\u2019autre arr\u00eat \u00e9tait <i>Kwikwetlem First Nation v. British Columbia (Utilities Commission), supra <\/i>note 123.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f132\"><\/a>132\u00a0\u00a0 Implicitement, cela semble aller \u00e0 l\u2019encontre de la position Iacobucci dans l\u2019arr\u00eat <i>Qu\u00e9bec (Procureur g\u00e9n\u00e9ral) c. Canada (Office national de l\u2019\u00e9nergie), supra <\/i>note 51, selon laquelle un tel pouvoir est incompatible avec l\u2019ind\u00e9pendance des organismes et tribunaux <i>quasi<\/i>-judiciaires de r\u00e9glementation.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f133\"><\/a>133\u00a0 <i>Supra <\/i>note 105 notamment aux para 56, 60, et 74.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f134\"><\/a>134\u00a0 <i>Ibid <\/i>notamment aux para 68-70.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f135\"><\/a>135\u00a0 <i>Beckman c. Premi\u00e8re nation de Little Salmon\/Carmacks<\/i>, 2010 CSC 53, [2010] 3 RCS 103.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f136\"><\/a>136\u00a0 <i>Standing Buffalo Dakota First Nation v. Enbridge Pipelines Inc.<\/i>, [2009] SCCA No. 499 (QL).<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f137\"><\/a>137\u00a0 Toutefois, dans deux d\u00e9cisions, l\u2019ECRB [<i>Energy Resources Conservation Board de l\u2019Alberta<\/i>] a d\u00e9cid\u00e9 qu\u2019elle n\u2019avait pas cette autorit\u00e9 \u00e0 cause des dispositions de sa loi constitutive et, \u00e0 la diff\u00e9rence de l\u2019affaire <i>Carrier Sekani<\/i>, <i>supra <\/i>note 106, parce que sa d\u00e9cision mettrait en cause un organisme de la Couronne \u00e0 titre de promoteur et qu\u2019elle ne porterait pas sur la question de savoir si la Couronne avait rempli son obligation de consultation dans le cadre de la demande d\u2019un promoteur du secteur priv\u00e9 : ECRB, Reasons for July 17, 2012 Decision on Notice of Question of Constitutional Law, <i>Osum Oil Sands Corp., Taiga Project<\/i>, 24 ao\u00fbt 2012 (demande d\u2019autorisation d\u2019interjeter appel rejet\u00e9e au motif que la d\u00e9cision sur la question en litige \u00e9tait pr\u00e9matur\u00e9e : <i>Cold Lake First Nations v. Alberta (Energy Resources Conservation Board)<\/i>, 2012 ABCA 304), d\u00e9cision du Joint Review Panel, Projet Jackpine Mine Expansion, 26 octobre 26 2012 (demande d\u2019autorisation d\u2019interjeter appel rejet\u00e9e au motif que cet appel ne serait d\u2019aucune utilit\u00e9 : <i>M\u00e9tis Nation of Alberta Region 1 v. Joint Review Panel, <\/i>2012 ABCA 352, 539 AR 146). En outre, comme soulign\u00e9 dans <i>Responsible Energy Development Act, 2012, supra <\/i>note 100, l\u2019article 21 de la a retir\u00e9 ce pouvoir au successeur de l\u2019ECRB, l\u2019Alberta Energy Regulator. Quant aux deux d\u00e9cisions de l\u2019ECRB, Nigel Bankes estime qu\u2019elles ont mal compris la position adopt\u00e9e par la Cour supr\u00eame dans l\u2019arr\u00eat <i>Carrier Sekani <\/i>: voir \u00ab Who decides if the Crown has met its obligation to consult and accommodate? \u00bb, ABlawg.ca, 6 septembre 2012.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f138\"><\/a>138\u00a0\u00a0 Voir \u00e9galement <i>M\u00e9tis Nation of Alberta Region 1 v. Joint Review Panel, ibid<\/i>, demande d\u2019autorisation d\u2019interjeter appel rejet\u00e9e : [2013] SCCA No. 33 (11 avril 2003), confirmant une entente entre la Couronne f\u00e9d\u00e9rale et l\u2019<i>Alberta Energy Resources Conservation Board <\/i>selon laquelle le Joint Review Panel ne pouvait trancher les questions portant sur le caract\u00e8re ad\u00e9quat des consultations de la Couronne avec les peuples autochtones.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f139\"><\/a>139\u00a0\u00a0 \u00c0 noter, toutefois, que l\u2019arr\u00eat <i>Prince v. Alberta (Energy Resources Conservation Board), supra <\/i>note 10, a rejet\u00e9 la demande d\u2019autorisation d\u2019interjeter appel d\u2019une d\u00e9cision de la Commission selon laquelle la question en litige avait pas eu d\u2019effets directs et pr\u00e9judiciables sur les int\u00e9r\u00eats des peuples autochtones.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f140\"><\/a>140\u00a0 <i>Behn c. Moulton Contracting Ltd<\/i>., 2013 CSC 26 au para 30.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f141\"><\/a>141\u00a0 Voir le jugement de la juge en chef McLachlin dans l\u2019arr\u00eat <i>Haida Nation, supra <\/i>note 119.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f142\"><\/a>142\u00a0 Et, notamment, l\u2019arr\u00eat <i>Premi\u00e8re nation crie Mikisew, supra <\/i>note 119.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f143\"><\/a>143\u00a0\u00a0 Voir les arr\u00eats suivants pour des exemples de conflits complexes qui peuvent surgir, qu\u2019il y ait eu ou non es consultations ad\u00e9quates : <i>Nlaka\u2019pamuz Nation Tribal Council v. British Columbia (Project Assessment Director, Environmental Assessment Office)<\/i>, 2009 BCSC 1275, et <i>West Moberly First Nations v. British Columbia (Ministry of Energy, Mines and Petroleum Resources)<\/i>, 2010 BCSC 359, 6 BCLR (5e) 94, conf. 2011 BCCA 247, 18 BCLR (5e) 234.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f144\"><\/a>144\u00a0 <i>Supra <\/i>note 70.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f145\"><\/a>145\u00a0\u00a0 <i>Administrative Procedures and Jurisdiction Act<\/i>, RSA 2000, c A-3, art 7(1), obligatoire pour les tribunaux \u00e0 qui s\u2019applique cette Loi lorsqu\u2019ils rendent une d\u00e9cision visant les \u00ab droits d\u2019une partie \u00bb.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f146\"><\/a>146\u00a0 <i>Loi sur l\u2019Exercice des comp\u00e9tences l\u00e9gales<\/i>, LRO 1990, c S-22, art. 17(1), exig\u00e9 si une partie en fait la demande \u00e0 un d\u00e9cideur \u00e0 qui s\u2019applique la Loi.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f147\"><\/a>147\u00a0 Voir les arr\u00eats <i>Judd v. Alberta (Energy Resources Conservation Board), supra <\/i>note 52, et <i>Regional Electricity Transmission for Albertans Assn. v. Alberta (Infrastructure and Transportation)<\/i>, 2013 ABQB 162, pour des exemples de contestations qui ont \u00e9chou\u00e9.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f148\"><\/a>148\u00a0 <i>Newfoundland and Labrador Nurses\u2019 Union c. Terre-Neuve-et-Labrador (Conseil du Tr\u00e9sor)<\/i>, 2011 CSC 62, [2011] 3 RCS 708.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f149\"><\/a>149\u00a0 <i>Supra <\/i>note 110 au para 47.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f150\"><\/a>150\u00a0 <i>Supra <\/i>note 52 au para 23.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f151\"><\/a>151\u00a0 <i>Supra <\/i>note 147 au para 16.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f152\"><\/a>152\u00a0 <i>Ibid <\/i>au para 18.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f153\"><\/a>153\u00a0 Dans l\u2019arr\u00eat <i>Alliance de la fonction publique du Canada c. Soci\u00e9t\u00e9 canadienne des postes<\/i>, 2010 CAF 56, [2011] 2 FCR 221 au para 163.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f154\"><\/a>154\u00a0\u00a0 <i>Supra <\/i>note 129 au para 18, citant le m\u00e9moire des intim\u00e9s. Voir \u00e9galement le jugement du juge Rothstein dans l\u2019arr\u00eat <i>Alberta (Information and Privacy Commissioner) c. Alberta Teachers\u2019 Association<\/i>, 2011 CSC 61, [2011] 3 RCS 654 aux para 52-56, concernant les situations o\u00f9 les motifs n\u2019\u00e9taient pas exig\u00e9s et o\u00f9 aucun d\u2019entre eux n\u2019a \u00e9t\u00e9 fourni.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f155\"><\/a>155\u00a0 Dans un cadre de r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie, voir l\u2019arr\u00eat <i>Responsible Electricity Transmission for Albertans Assn. v. Alberta (Infrastructure and Transportation), supra <\/i>note 147, exon\u00e9rant le ministre de l\u2019obligation de fournir des motifs pour autoriser le d\u00e9marrage d\u2019un projet, mais concluant (aux para 32- 42) que, m\u00eame si des motifs \u00e9taient exig\u00e9s, ils pourraient \u00eatre tir\u00e9s du dossier des proc\u00e9dures soumis en preuve \u00e0 la Cour.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f156\"><\/a>156\u00a0 <i>Administration de l\u2019a\u00e9roport international de Vancouver c. Alliance de la fonction publique du Canada, <\/i>2010 CAF 158, [2011] 4 FCR 425 au para 14.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f157\"><\/a>157\u00a0 <i>Barreau du Nouveau-Brunswick c. Ryan<\/i>, 2003 CSC 20, [2003] 1 RCS 247.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f158\"><\/a>158\u00a0 <i>Ibid <\/i>au para 61.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f159\"><\/a>159\u00a0 <i>Supra <\/i>notes 108- 12 et texte correspondant.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f160\"><\/a>160\u00a0 <i>Syndicat canadien des communications, de l\u2019\u00e9nergie et du papier, section locale 30 c. P\u00e2tes &amp; Papier Irving, Lt\u00e9e<\/i>, 2013 CSC 34 (jugement concordant de la juge en chef McLachlin).<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f161\"><\/a>161\u00a0 <i>Ibid <\/i>au para 79.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f162\"><\/a>162\u00a0 <i>Ibid <\/i>au para 16 (<i>juge <\/i>Abella J., (jugement concordant des juges LeBel, Fish, Cromwell, Karakatsanis et Wagner).<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f163\"><\/a>163\u00a0\u00a0 <i>Power Workers\u2019 Union (Canadian Union of Public Employees, Local 1000) v. Ontario (Energy Board)<\/i>, 2013 ONCA 359.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f164\"><\/a>164\u00a0 <i>Ontario Power Generation Inc. v. Ontario (Energy Board)<\/i>, 2012 ONCA 729, 109 OR (3d) 576 (Div Ct). (juge Hoy (\u00e0 l\u2019\u00e9poque) (jugement concordant de la juge Swinton et jugement dissident de la juge Aitken).<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f165\"><\/a>165\u00a0\u00a0 <i>Enbridge Gas Distribution Inc. v. Ontario (Energy Board) <\/i>(2006), 210 OAC 4 (C.A.), demande d\u2019autorisation d\u2019interjeter appel \u00e0 la CSC rejet\u00e9e, [2006] SCCA 208 (QL), et confirmant que les co\u00fbts engag\u00e9s comprennent les frais d\u2019exploitation.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f166\"><\/a>166 <em>Supra<\/em> note 164 au para 37.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f167\"><\/a>167\u00a0 <i>Supra <\/i>note 129.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f168\"><\/a>168\u00a0 L\u2019un de ces cas portait sur la norme de la d\u00e9cision correcte dans le cadre d\u2019une erreur de comp\u00e9tence. \u00c0 cet \u00e9gard, il est int\u00e9ressant de noter que le droit sur la r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie r\u00e9v\u00e8le deux excellents, rares exemples \u00e0 la suite de <i>Dunsmuir<\/i>, o\u00f9 la Cour d\u2019appel a d\u00e9fini une question en litige dont \u00e9tait saisi le tribunal comme une question de comp\u00e9tence et devant donc r\u00e9pondre \u00e0 la norme de la d\u00e9cision correcte. Voir les arr\u00eats <i>Shaw v. Alberta (Utilities Commission), supra <\/i>note 84, et <i>Newfoundland and Labrador Hydro v. Newfoundland and Labrador (Board of Commissioners of Public Utilities)<\/i>, 2012 NLCA 38, 323 Nfld &amp; PEIR 127.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f169\"><\/a>169\u00a0 <i>Supra <\/i>note 112.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f170\"><\/a>170 <em>Supra<\/em> note 154 au para 30.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f171\"><\/a>171\u00a0 <i>Ibid <\/i>au para 85.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f172\"><\/a>172\u00a0\u00a0 <i>Canada (Commission canadienne des droits de la personne) c. Canada (Procureur g\u00e9n\u00e9ral)<\/i>, 2011 CSC 53, [2011] 3 RCS 471.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f173\"><\/a>173\u00a0 Voir par ex, le jugement de la juge Abella dans l\u2019arr\u00eat <i>Alberta (\u00c9ducation) c. Canadian Copyright Licensing Agency (Access Copyright)<\/i>, 2012 CSC 37, [2012] 2 RCS 345, et la r\u00e9action \u00e0 cet \u00e9gard du juge Rothstein aux para 57-60.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f173\"><\/a>174\u00a0\u00a0 Pour un excellent exemple post-<i>Dunsmuir <\/i>illustrant qu\u2019il est parfois difficile d\u2019obtenir un contr\u00f4le judiciaire qui repose sur la norme du caract\u00e8re raisonnable dans le cadre d\u2019une d\u00e9cision ciblant les faits pertinents, voir l\u2019arr\u00eat <i>Mills v. Ontario (Workplace Safety and Insurance Appeals Tribunal)<\/i>, 2008 ONCA 436, 237 OAC 71.<\/p>\n<p class=\"footnote\"><a name=\"f175\"><\/a>175\u00a0\u00a0 La d\u00e9cision de la Cour supr\u00eame des \u00c9tats-Unis dans l\u2019arr\u00eat <i>National Labor Relations Board v. Hearst Publications Inc.<\/i>, 322 US 111 (1944), est un merveilleux exemple de ce type d\u2019approche.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction Le pr\u00e9sent article s\u2019\u00e9tale sur une p\u00e9riode de dix ans en ce sens qu\u2019il repr\u00e9sente le niveau d\u2019\u00e9volution actuel d\u2019un document de base que j\u2019ai eu l\u2019honneur de pr\u00e9senter \u00e0 l\u2019occasion du \u00a0cours \u00a0annuel \u00a0sur\u00a0 \u00a0la\u00a0 \u00a0r\u00e9glementation de CAMPUT, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[],"coauthors":[22],"class_list":["post-104","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles","volume-volume-1-fall-2013"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.2 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Regulators and the Courts: a Ten Year PerspectiveDroit administratif et r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie \u2013 \u00e9viter les pi\u00e8ges \u2013 les dix r\u00e8gles \u2013 perspective sur dix ans - Publication trimestrielle sur la r\u00e8glementation de l\u2019\u00e9nergie<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/articles\/regulators-and-the-courts-a-ten-year-perspective-1\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Regulators and the Courts: a Ten Year PerspectiveDroit administratif et r\u00e9glementation en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie \u2013 \u00e9viter les pi\u00e8ges \u2013 les dix r\u00e8gles \u2013 perspective sur dix ans - Publication trimestrielle sur la r\u00e8glementation de l\u2019\u00e9nergie\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Introduction Le pr\u00e9sent article s\u2019\u00e9tale sur une p\u00e9riode de dix ans en ce sens qu\u2019il repr\u00e9sente le niveau d\u2019\u00e9volution actuel d\u2019un document de base que j\u2019ai eu l\u2019honneur de pr\u00e9senter \u00e0 l\u2019occasion du \u00a0cours \u00a0annuel \u00a0sur\u00a0 \u00a0la\u00a0 \u00a0r\u00e9glementation de CAMPUT, [&hellip;]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/energyregulationquarterly.ca\/articles\/regulators-and-the-courts-a-ten-year-perspective-1\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Publication trimestrielle sur la r\u00e8glementation de l\u2019\u00e9nergie\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2013-11-14T23:58:33+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2022-06-24T15:34:19+00:00\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"David J. 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